Sens chimiques - compte-rendu ; n°1 ; vol.56, pg 160-180

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 1 - Pages 160-180
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1956
Lecture(s) : 29
Nombre de pages : 22
Voir plus Voir moins

J. Le Magnen
Henri Piéron
A. Rapaport
3° Sens chimiques
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 160-180.
Citer ce document / Cite this document :
Le Magnen J., Piéron Henri, Rapaport A. 3° Sens chimiques. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 160-180.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1956_num_56_1_8860160 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cette intensité, elle évoluerait parallèlement (comparaisons faites sur
12 sujets).
Stevens discute enfin les résultats des méthodes de bisection (d'équi-
section). On sait que, dans ces méthodes, on demande aux sujets de
diviser un intervalle donné en deux intervalles égaux. Or, Garner, par
cette méthode, a obtenu des valeurs expérimentales qui correspondraient
à une variation de 17 à 18 db pour une variation de la sonie dans le
rapport de 1 à 2 (ou 2 à 1). Stevens a repris les mesures par cette méthode,
en se mettant à l'abri de diverses erreurs possibles. Si les résultats ne sont
pas aussi nets que ceux de Garner, il n'en reste pas moins que les valeurs
expérimentales obtenues dans les équisections sont plus élevées que celles
qu'il attendait en conséquence des résultats des autres méthodes.
Quels sont alors les résultats les plus valables ? Toute la question est
de savoir si les sujets jugent les variations de sonie plutôt en rapports,
ou plutôt en différences. Stevens opte pour la première hypothèse, et
rejette les résultats des expériences d'équisection, comme résultant de
l'emploi d'une méthode inadéquate.
Ce n'est pourtant pas aussi sûr que le pense Stevens. Car n'a-t-on pas
plus directement la notion d'égalité de sensation, aussi bien de niveaux
que de différences ? La notion de rapport n'est-elle pas secondaire ? Ne
résulte-t-elle pas de notre éducation, de connaissances acquises secondai
rement ?
Les nécessités de la vie, des rapports sociaux, etc., nous amènent à
évaluer aussi correctement que possible des grandeurs les unes par
rapport aux autres. Et ce soin de répondre aussi correctement que
possible aux rapports réels n'est-il pas une cause systématique d'erreurs
dans toutes les expériences de détermination de rapports de sensation ?
Cette cause d'erreurs est, d'ailleurs, sensible dans les résultats de quelques
auteurs.
Stevens s'interroge enfin sur l'évaluation de la sonie des sons com
plexes ; aux niveaux supérieurs à 50 db, il propose la formule :
log L = 0,03 N + S
L étant évalué en sones, N en décibels. S est un paramètre résultant du
spectre (composantes, phases respectives, etc.). Mais comment déter
miner S ?
En Appendice, Stevens donne un aperçu des méthodes utilisées par
les divers auteurs, et des travaux antérieurs.
R. Cho.
3° Sens chimiques
HODGSON (E. S.), LETTVIN (J. Y.), ROEDER (K. D.). —Physiol
ogy of a primary chemoreceptor unit (La physiologie d'une unité
réceptrice primaire) . — Science, 1955, 122, 417-418.
Les auteurs considèrent que le progrès de la de la chimio- PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 161
réception a été entravé par le fait que, dans la plupart des travaux, le
critère de l'excitation sensorielle était fourni par des réponses de comport
ement. Aussi s'attachent-ils, sur la base de nouvelles données histolo-
giques, à mettre au point une méthode électrophysiologique leur per
mettant d'étudier chez diverses mouches (Phormia, Sarcophaga, Dro-
sophila), la réponse des poils sensoriels isolés du labelium, aux stimuli
chimiques, thermiques et mécaniques.
L'analyse des tracés obtenus révèle pour chaque unité réceptrice
l'existence de deux fibres afférentes répondant, à stimulation du
poil, par des groupes de « spikes », dont l'amplitude et la fréquence
varient avec la nature du stimulus utilisé. Lors des stimulations avec
des solutions salines, acides ou alcooliques, les « spikes » de grande
amplitude sont les plus fréquents cependant que ce sont les « spikes »
de faible amplitude qui l'emportent en fréquence lors des stimulations
faites avec, des solutions sucrées. Il est intéressant de constater que les
stimuli qui augmentent la fréquence des « spikes » de faible amplitude,
sont ceux qui, chez l'insecte normal, provoquent une réponse de com
portement positive (déroulement de la trompe) alors que ce sont les
stimuli provoquant une réaction négative (réaction de rejet) qui sont à
l'origine de l'augmentation de fréquence des « spikes » de grande
amplitude. Les auteurs constatent encore que l'activité électrique des
unités chimioréceptrices des poils sensoriels des insectes, et l'activité
électrique des chimiorécepteurs des mammifères présentent un certain
nombre de caractères communs. L'adaptation est rapide et la latence
est de 10 m. /sec, moitié moins grande pour les insectes que pour les
mammifères.
Ces résultats sont, pour Hodgson et ses coll., l'évidence même de
l'existence, pour chaque poil sensoriel du labelium des mouches étudiées
d'un mécanisme de discrimination périphérique semblable à celui qui a
été postulé par Dethier, sur la base des études faites chez l'insecte avec
des méthodes de comportement.
A. R.
KERR (D. I. B.), HOGBARTH (K. E.). — An investigation of olfac
tory centrifugal fiber system (Une recherche du système de fibres
tives centrifuges). — J. Neurophysiol., 1955, 18, 362-374.
Les données se multiplient sur l'existence de voies centrifuges inner
vant les appareils sensoriels, et pouvant comporter une certaine régu
lation des processus récepteurs d'origine centrale.
Les cellules granulaires du bulbe olfactif reçoivent les terminaisons
de fibres centrifuges passant pas la commissure antérieure. Or, la section
de la commissure interrompant ces fibres centrifuges entraîne un accroi
ssement d'amplitude des réponses des fibres olfactives réceptrices, ce qui
témoigne d'une action dépressive d'origine centrale. Cet effet dépressif,
en revanche, se manifeste sous forme accrue par une stimulation de la
région rhinencéphalique basale (tubercule olfactif, cortex prépyriforme,
A. PSYCHOL. 56 11 162 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
noyau amygdaloïde). L'effet dépressif (suractivité provoquée ou spon
tanée) ne se produit plus après section des fibres centrifuges. La possi
bilité d'actions régulatrices se montre donc bien établie.
H. P.
PFAFFMANN (C). — Gustatory nerve impulses in rat, cat and
rabbit (Influx nerveux gustatifs chez le Rat, le Chat et le Lapin). — - J.
Neurophysiol., 1955, 18, 429-440.
Détermination de la sensibilité gustative de ces trois espèces en
recueillant au niveau de la corde du tympan les réponses nerveuses à des
stimulations linguales par application de solutions sapides. Déterminat
ion du seuil, les plus bas pour la quinine, et, en croissant pour l'acide
chlorhydrique, le chlorure de sodium et le saccharose. En utilisant un
intégrateur permettant d'avoir une même quantitative de la réponse
nerveuse totale, celle-ci présente un accroissement en forme de sigmoïde
en fonction du logarithme de la concentration stimulatrice.
En enregistrant les réponses de fibres isolées, on obtient des trains
d'influx dont la fréquence (pour la lre seconde) croît aussi en forme de
sigmoïde -— au moins approchée — en fonction du logarithme de la
concentration.
Les fibres isolées explorées se trouvent répondre à plus d'une caté
gorie de stimuli sapides, mais d'une fibre à l'autre varie la catégorie pour
lequel le seuil d'excitation est le plus bas.
L'auteur a noté des différences spécifiques de sensibilité entre ses
trois espèces étudiées. C'est ainsi que la quinine, plus efficace que le
sucre chez 6 chats, l'est moins au contraire chez le Lapin. Enfin, une
comparaison d'efficience de l'acide chlorhydrique avec celle des chlorures
de sodium et potassium a donné pour les trois espèces les relations
suivantes :
Rat HC1 = NaCl > KC1
Chat HC1> KG1> NaCl
Lapin HC1 > KG1 >
On voit combien P. a obtenu de données par sa méthode d'investi
gation purement physiologique.
L'absence de sensibilité au sucre que l'on avait cru trouver chez le
Chat ne s'est pas trouvée confirmée.
H. P.
LANDGREN (S.), LILJESTRAND (G.), ZOTTERMAN (Y.). —
Chemical transmission in taste fibre endings (La transmission ch
imique dans les terminaisons nerveuses gustatives). — Acta physiol.
Scand., 1954, 30, 105-114.
Landgren et coll. enregistrent sur la branche linguale du glosso-
pharyngien de la grenouille le potentiel de repos et les potentiels d'action
provoqués par le passage sur la langue, soit de l'eau de robinet, soit d'une
solution de NaCl à 2 %. Ils reprennent l'expérience en faisant précéder PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 163
le passage de l'eau ou de la solution saline d'une application sur la langue
d'acétylcholine, de produits inhibiteurs de la cholinestérase ou encore de
substances antagonistes à l'action de l'acétylcholine.
Les résultats sont les suivants : l'acétylcholine augmente, à certaines
doses, la sensibilité des récepteurs aux deux tests. Mais, après un
certain temps d'application, elle paralyse les chimiorécepteurs aussi bien
que les récepteurs du tact. Les mêmes effets sont observés avec la pros-
tigmine, la D. F. P. et la succinylcholine, cependant que la curarine n'a
qu'un effet inhibiteur.
Ces résultats sont analogues à ceux obtenus par les mêmes auteurs et
avec les mêmes substances sur les récepteurs du sinus carotidien et sont
considérés par Landgren et ses coll. comme étant la preuve de l'inte
rvention de l'acétylcholine physiologique dans le déclenchement de
l'activité sensorielle des récepteurs chimiques de tout ordre.
A. R.
LILJESTRAND (G.), ZOTTERMAN (Y.). — The water taste in
Mammals (Le goût de Veau chez les Mammifères). — Acta Physiol.
Scand., 1954, 32, 293-303.
Y a-t-il une saveur « insipide » ? La question a été discutée ; elle est
reprise par les auteurs qui pensent avoir établi des récepteurs spécifiques
pour le goût de l'eau pure.
A l'origine se trouve le fait que l'on peut distinguer de l'eau réellement
pure obtenue par distillation, de solutions salines infraliminaires (NaCl à
0,0026, sulfite de Na à 0,0014, chlorure de Ca à 0,003 ou concentrations
molaires) et de l'eau prise au robinet.
Leurs recherches ont été fondées sur l'enregistrement de potentiels
d'action des fibres gustatives au niveau de la corde du tympan chez le
Chat, le Chien et le Cochon. Lorsqu'on lave la langue avec le liquide de
Ringer (à 26-28° C), il n'y a pratiquement pas de réponse, mais, au
moment où on fait appel pour l'irrigation à de l'eau distillée, une volée
d'influx se déclenche soudainement. En interrogeant des fibres isolées,
on en trouve qui répondent effectivement à l'eau distillée et non au sel,
et d'autres au contraire répondant au sel restent au repos avec l'eau
distillée. D'où la conclusion qu'aux récepteurs du salé, de l'acide, du
sucré, de l'amer il faudrait joindre ceux de l'eau.
H. P.
COHEN (M. J.), HAGIWARA (S.), ZOTTERMAN (Y.). — The res
ponse spectrum of taste fibres in the cat : a single fibre analysis (Le
spectre de la réponse des gustatives chez le Chat : analyse de la
d' réponse 'une fibre isolée). — • Acta physiol. Scand., 1955, 33, 316-332.
Nouvelle et importante étude électrophysiologique de Zotterman et
de ses coll. de la réponse des fibres afférentes isolées de la corde du tym
pan, à la stimulation de la langue du chat par diverses solutions sapides.
4 sortes de fibres sont identifiées : 1) Les fibres répondant au passage, 164 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de l'eau pure ou de l'eau contenant de faibles quantités d'électrolytes,
sur la langue. Ces fibres sont également stimulées par des solutions de
sels organiques de Na, par la quinine et les acides minéraux dont le pH
est inférieur à 2,5. Par contre, leur activité est inhibée par les solutions
des sels inorganiques dont la concentration en anions est supérieure
à 0,03 M. ; 2) Les fibres répondant à des solutions salines dont la concen
tration est supérieure à 0,1 M. Ces fibres sont également sensibles aux
acides ; 3) Les fibres uniquement à la quinine ; 4) Les fibres
répondant seulement à la stimulation avec des acides de pH inférieur
à 2,5.
Dans la discussion de ces résultats, les auteurs cherchent et donnent
une interprétation possible du rôle physiologique des fibres répondant à
l'eau, de la relation entre le « pattern » d'impulsions afférentes et la
sensation évoquée et enfin, du mécanisme de la stimulation par l'eau
distillée des récepteurs périphériques de la langue du chat.
En ce qui concerne le rôle des fibres répondant à l'eau, leur existence
permettrait la discrimination périphérique de solutions salines dont la
concentration serait en-dessous des concentrations limites discriminées
par l'intermédiaire des fibres répondant au « salé ». D'après Zotterman, il
y a analogie entre le problème de la thermoréception et celui de la
chimioréception. Dans les 2 cas, deux types de fibres distinctes sont
nécessaires pour répondre à toute la gamme de concentrations d'un même
stimulus, chaque figre agissant dans une région qui lui est propre. Ainsi
les fibres répondant au « chaud » tout comme celles répondant au « salé »
seraient actives dans leur domaine respectif dans les régions de fortes
intensités cependant que les fibres répondant au froid et à l'eau n'agi
raient que dans les régions des faibles intensités. Ce qui a été dit pour les
fibres répondant à l'eau et au salé est également valable pour les fibres
répondant aux autres stimuli sapides. La question des récepteurs pér
iphériques n'a pas été tranchée. On ne sait pas si l'eau agit au niveau de la
langue sur des terminaisons nerveuses libres, si des spéci
fiques à l'eau existent dans les bourgeons gustatif s ou si encore, ce sont les
récepteurs spécifiques des quatre saveurs fondamentales qui répondent
également, mais par un mécanisme différent, au passage de l'eau sur la
langue. Enfin, pour expliquer la stimulation et l'inhibition de l'activité
électrique des fibres répondant à l'eau, en signalant que dans des
conditions physiologiques normales, c'est probablement l'ion Cl qui
intervient dans l'excitation des récepteurs, les auteurs suggèrent que le
passage de ces ions à travers la membrane à l'intérieur du récepteur,
inhibe le processus d'excitation cependant que le passage des ions Cl de
l'intérieur à l'extérieur de la membrane facilite au contraire le processus
d'excitation.
Les résultats obtenus par Zotterman et ses coll. ainsi que les inter
prétations proposées confirment et expliquent un grand nombre de
travaux parus ces dernières années sur le même sujet.
A. R. SENSORIELLE 165 PSYCHOPHYSIOLOGIE
BEIDLER (L. M.), FISHMAN (I. Y.), HARDIMAN (C. W.). —
Species differences in taste response (Différences interspécifiques de
la réponse gustative). — Amer. J. Physiol., 1955, 181, 235-239.
Les auteurs enregistrent, chez le Rat, le Cobaye, le Lapin, le Chat, le
Chien et le Singe, la réponse électrique des fibres isolées de la corde du
tympan aux diverses stimulations chimiques de la langue.
L'activité électrique spontanée, pendant le rinçage de la langue à
l'eau, est faible chez le Cobaye et le Chien, moyenne chez le Chat, impor
tante chez le Lapin. Cette activité peut être supprimée, cuez le Lapin, par
passage de faibles solutions de NaCl, sur la langue. Les rongeurs répon
dent mieux au NaCl, qu'au KC1, cependant que chez les carnivores
c'est le contraire qui se produit. Aussi bien les rongeurs que les
donnent une réponse électrique à la stimulation au chlorure d'ammon
ium. Le sucre est très efficace chez le Cobaye mais peu efficace chez
le Chat.
Ces résultats concordent avec les résultats obtenus par Pfafïmann
chez le Rat, le Chat et le Lapin et aboutissent à la conclusion qui s'impose,
à savoir que toute théorie concernant la sensibilité gustative et son
mécanisme doit tenir compte des différences interspécifiques.
A. R.
OTTOSON (D.). — Sustained potential awaked by olfactory stimula
tion (Potentiel soutenu évoqué par la stimulation olfactive). — Acta
physiol. Scand., 1954, 32, 384-386.
Adrian a montré l'existence de spikes en trains d'ondes, induites dans
le bulbe olfactif par la stimulation périphérique. L'auteur montre que
l'on recueille également à la surface du bulbe un potentiel continu en
réponse à la stimulation de l'organe. Lorsque l'on envoie quelques
centimètres cubes d'air odorisé dans la narine ipsilatérale, on enregistre
un potentiel, surface positive, d'environ 0,5 à 1 MV. On n'obtient aucune
réponse avec de l'air pur. L'amplitude croît avec l'intensité de la stimu
lation ainsi que la latence. Après un déclin initial, le potentiel reste
constant pendant toute la durée de la stimulation. Le temps de dispa
rition à la cessation du stimulus dépend à la fois de l'intensité et de la
durée de cette stimulation. L'auteur retrouve d'autre part les ondes
induites d'Adrian et parvient à les dissocier du potentiel continu dans
certaines conditions d'anesthésie. Le même potentiel stable en réponse à
la stimulation est retrouvé à la surface du nerf olfactif au niveau de la
lame criblée, le bulbe étant enlevé. Ceci suggère qu'il est issu des récep
teurs eux-mêmes et se transmet au bulbe.
J. Le M.
BEIDLER (L. M.). — Response of nasal epithelium to odour stimu
lation (Réponse de I 'epithelium nasal à la stimulation olfactive). —
Science, 1955, 122, 76.
L'auteur prélève l'épithélium nasal chez l'Opossum au niveau de la 166 ANALYSHS «I BLIOCUAPIITQ U KS
tache olfactive. Le fragment de tissu est placé dans une petite chambre
de lucite où les nerfs peuvent être aisément disséqués en branches de
quelques fibres ou en fibres isolées sur lesquelles les décharges sont
enregistrées. Une surface de 1 cm2 de Pépithélium peut être exposée à la
stimulation, soit par de l'air inodore, soit par un air chargé de diverses
vapeurs odorantes.
Dans la plupart des fibres ou groupes de fibres étudiés, l'auteur
trouve une activité intrinsèque ou de repos. La stimulation par les
molécules odorantes fournit une augmentation de cette activité de base
sous forme de petits spikes se transmettant à 0,4 à 1 m. /sec. Le pour
centage d'augmentation du nombre de spikes par seconde au-dessus de
l'activité de repos varie avec les divers stimuli essayés. La valeur la plus
élevée est obtenue avec l'acétate d'amyle (110 %) et la plus faible avec
le musc-xylène qui n'augmente pas l'activité de base. Un fait très impor
tant pour la connaissance du mécanisme périphérique de réceptivité est
noté en passant par l'auteur : dans un paquet de quelques fibres, les
divers neurones ne répondent pas de façon identique lorsque l'épithélium
est stimulé par une odeur donnée. Les réponses respectives de ces mêmes
fibres varient pour une autre odeur et certaines fibres, actives pour
une odeur, peuvent ne pas l'être pour une autre. L'auteur discute de la
nature olfactive et non trijéminale des fibres sur lesquelles il recueille ces
décharges. Cependant, sur une préparation également étudiée in vitro
et provenant cette fois du lapin, sur laquelle il peut dis
tinguer nettement les filets olfactifs et trijéminaux, il constate que les
stimuli précédemment utilisés fournissent des réponses dans les deux
systèmes.
J. Le M.
ADRIAN (E. D.). — Synchronised discharges from the organe of
Jacobson (Décharges synchrones de l'organe de Jacobson). — J. of
Physiol., G. B., 1954, 126 (28 p.).
Après une description de l'organe de Jacobson chez le Lapin et de son
nerf afférent (nerf voméro-nasal) le reliant au bulbe olfactif accessoire,
l'auteur rappelle les discussions et incertitudes actuelles sur les fonctions
de cet organe sensoriel dans diverses familles de vertébrés. Sur le lapin il
apporte les premières données sur sa réponse électro-physiologique. Une
électrode placée à la surface du bulbe olfactif accessoire ne recueille
rien à la présentation de stimuli odorants à la périphérie. En revanche,
une légère pression sur la paroi cartilagineuse contenant l'organe
tubulaire de Jacobson, déclenche chez l'animal anesthésié une activité
synchrone de fréquence 20 à 40 sec. Cette même activité synchrone est
retrouvée au niveau du nerf. L'auteur pense que cette dernière activité
du nerf s'impose en la synchronisant à l'activité intrinsèque du bulbe
accessoire de même que les décharges du bulbe olfactif principal sont
synchronisées par l'activité du nerf olfactif afférent.
J. Le M. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 167
GOZZANO (G.), RICCI (G.), VIZIOLI (R.). — Riposte rinencefaliche
a stimoli Olfattori (Réponses rhinencéphaliques à des stimulations
olfactives). — Arch. Fisiol. Ital., 1955, 54, 320-329.
Sur le Chat, les auteurs enregistrent l'activité bio-électrique en
réponse à la stimulation périphérique par l'acétate d'amyl dans le bulbe,
le cortex piriforme, les noyaux amygdaloïdes et l'hippocampe. L'animal
est préparé en « cerveau isolé » et non anesthésié. Ils retrouvent l'activité
déjà signalée par de nombreux auteurs et en particulier par Mac Lean
(1952), activité caractérisée par un haut voltage et une fréquence
variant durant la stimulation de 35 sec. dans le bulbe, à 10-12 dans la
région amygdalienne.
J. Le M.
ANDERSEN (P.). — Inhibitory reflexes elicitated from the trijemi-
nal and olfactory nerves in the rabbit (Réflexes inhibiteurs provoqués
à partir des nerfs trijumeau et olfactif chez le Lapin). — Acta physiol.
Scand., 1954, 30, 137-147.
Frankenhouser et Wundervold (1949) ont décrit l'inhibition réflexe
du potentiels pontané musculaire de divers muscles du Lapin lorsqu'une
goutte d'éther est déposée devant les naseaux de l'animal. L'auteur
reprend cette question et recherche les afférences intéressées dans ce
réflexe. Il enregistre Pélectromyogramme sur le quadriceps et les inter
costaux du lapin et observe les modifications du tracé à la suite d'une
stimulation à l'éther et autres stimuli des fosses nasales. Il retrouve le
phénomène décrit par les auteurs précédents. L'inhibition survient après
une latence de 1/5 de sec. et dure 20 à 60 sec. L'ablation des bulbes
olfactifs des deux côtés ne fait pas disparaître le réflexe, mais allonge les
latences pour certains stimuli. En revanche, la section du trijumeau entre
le ganglion de Gasser et la base du cerveau, abolit le réflexe. La voie
afférente est donc pour l'essentiel constituée par le trijumeau. L'auteur
précise d'autre part que les stimuli les plus efficaces sont dans l'ordre ;
NH3, mélange de toluène et d'acétate de Butyl, l'éther. Le salicylate de
methyl, l'odeur de café, Yassa fœtida, dont l'activité était réputée
purement olfactive, agissent également comme stimuli de ces réflexes à
point de départ trijéminal. Des stimulations tactiles de certaines
régions : fosses nasales, face, oreilles, provoquent également l'inhibition
des potentiels musculaires de la patte. Mais, contrairement aux stimuli
trijéminaux, ils n'agissent pas parallèlement sur les mouvements respi
ratoires et le rythme cardiaque.
L'auteur déduit de cette analyse des effets de ces stimuli mécaniques
que le facial, le glosso-pharyngien, comme le trijumeau et enfin, pour
une part, le nerf olfactif, interviennent comme voies afférentes de ce
réflexe.
J. Le M.
ARDUINI (A.), MORUZZI (G.).,— Sensory and thalamic synchro
nisation in the olfactory bulbe (Synchronisation sensorielle et thalamique ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 168
dans le bulbe olfactif). — E. E. G. clin. Neurophysiol., 1953, 5, 235-
242.
Cajal avait indiqué l'existence de fibres centrifuges aboutissant au
bulbe olfactif. On ne savait rien jusqu'à présent du rôle possible de ces
fibres et sur l'action éventuelle d'autres régions du cerveau sur l'activité
intrinsèque du bulbe. Adrian a montré le premier, on le sait, que cette
activité autonome du bulbe est synchronisée lors de la stimulation olfac
tive périphérique. Les auteurs montrent que l'on peut également réaliser
cette synchronisation en stimulant le thalamus. Ils observent qu'une
stimulation bulbo-réticulée, déclenchant une « arousal reaction » général
isée, est capable de désorganiser la synchronisation de l'activité intrin
sèque du bulbe olfactif lorsqu'elle est réalisée à partir du thalamus, mais
non lorsqu'elle est réalisée par le stimulus périphérique. L'origine tha-
lamique de la synchronisation obtenue est confirmée par section des
relations anatomiques entre bulbe olfactif et le reste du cerveau, section
qui abolit la synchronisation. Ces ondes induites à partir du thalamus,
à l'inverse de celles induites à partir de l'organe sensoriel, ne se retrou
vent pas dans les projections corticales olfactives.
J. Le M.
GREEN (J. D.), MACHNE (X.). — Unit activity of rabbit hipp
ocampus (Activité d'unités neuroniques dans Vhippocampe du lapin).
— Amer. J. PhysioL, 1955, 181, 219-224.
L'activité d'une unité neuronique de l'hippocampe a été enregistrée
chez le Lapin grâce à la technique des microélectrodes de verre. L'auteur
découvre ainsi des unités répondant spécifiquement à diverses modalités
sensorielles : stimulations visuelles, auditives, tactiles. D'autres unités
répondent à la fois à ces diverses modalités de stimulation.
Ces réponses sont constituées par des modifications du rythme
intrinsèque, caractéristiques des divers stimuli. La latence est élevée,
faisant supposer le passage préalable de nombreuses synapses. D'autres
auteurs, en particulier Mac Lean, ayant confirmé la présence dans
l'hippocampe de réponses à la stimulation olfactive, il semble que l'on
puisse considérer cette aire du rhinencéphale comme un lieu de conver
gence de multiples modalités sensorielles comprenant des convergences
sur une même unité neuronique.
J. Le M.
MAC LEAN (P. D.), HORWITZ (N. H.), ROBINSON (F.). — Olfac-
tory-like response in pyriforme area to non olfactory stimuli (Réponse
pseudo-olfactive de faire piriforme à des stimuli non olfactifs). — Yale
J. Biol. Med., 1952, 25, 159-172.
Sur trois espèces (Chat, Lapin, Singe), les auteurs identifient les ondes
induites d'Adrian recueillies sur le cortex piriforme en réponse à la
stimulation naturelle olfactive. C'est au stade intermédiaire entre
Panesthésie profonde et le réveil complet que ces ondes caractéristiques se

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.