Sensations cutanées et sous cutanées - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 414-427

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 414-427
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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3° Sensations cutanées et sous cutanées
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 414-427.
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3° Sensations cutanées et sous cutanées. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 414-427.
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414 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
■des états de conscience, mais quelque processus physiologique con
tinu, vraisemblablement, le métabolisme basai. Il espère que les
observations de clinique psychiatrique lui permettront d'apporter
des précisions sur ce point.
D. W.
J. PLASSMANN. — Psychologische Erfahrungen mit einem Zeit
signal. — Zweite Mitteilung (Constatations psychologiques faites
à Vaide d'un chronomètre. Deuxième communication). — Z. für Ps.,
XCII, 1923, p. 346-349.
Dans son précédent mémoire (Z. für Ps., LXXXVIII, p. 321,
— voir An. Ps., XXIII, p. 386), l'auteur a indiqué le retard appa
rent des signaux horaires de la Tour Eiffel du type — - et surtout
du type -. De nouvelles observations confirment ces constata
tions et montrent de plus : 1 ) Le retard des signaux du type — et du
type . Les moyennes respectives sont -4-l6aet4-18j.
A noter encore que, dans la série des signaux du type , qui
subissent comme l'auteur l'a précédemment montré, une avance
apparente, ce sont les signaux 12 et 18, donnés chacun après une
série de cinq signaux d'un type différent, qui semblent le plus
avancés. I. M.
3° Sensations cutanées et sous-cutanèes. Sensations internes
JOHN S.-B. STOPFORD. — A new conception of the elements o!
sensation ( Une conception nouvelle des éléments de la sensation). —
Brain, 45, 3-4, 1922, p. 385-414.
Stopford, professeur d'anatomie à l'Université de Manchester, a
examiné les effets de nombreuses sutures nerveuses des nerfs médian
et cubital, et fut frappé de voir des récupérations motrices complètes
qui ne s'accompagnaient pas d'un retour des capacités d'emploi de la
main, faute d'une sensibilité profonde, capable de renseigner sur
les mouvements effectués, en dépit d'une sensibilité cutanée satis
faisante.
Il a étudié la distribution terminale des filets sensitifs des nerfs et
constaté qu'aucune des branches dites cutanées ne se limitait à
l'innervation de la peau, et qu'il existait toujours des filets d'inner
vation sous cutanée, profonds, ce qui retire à une argumentation
de Head et Rivers, au sujet des effets de la section d'une branche
dite cutanée, un point d'appui essentiel (la sensibilité profonde
étant à tort supposée entièrement indemne dans le territoire innervé,
alors que les troubles constatés pouvaient relever, non seulement
de la suppression de l'innervation superficielle, mais aussi d'une
suppression au moins partielle de l'innervation profonde).
Il existe d'ailleurs une variabilité individuelle considérable dans
la distribution des territoires innervés par les diverses branches des
nerfs brachiaux.
La face palmaire du pouce, par exemple, est innervée par l'une
ou l'autre des deux branches du médian, mais l'est souvent aussi par SENSATION ET PERCEPTION 415
des rameaux du radial, et parfois même du musculo-cutané. Il y a
là des données qui sont en accord avec ce qu'ont établi les neuro-
logistes français, à la suite des blessures de guerre des nerfs du bras.
Mais l'auteur a procédé à d'intéressantes analyses de sensibilité,
dans les territoires des nerfs sectionnés (médian et cubital) et au
cours de la récupération fonctionnelle après sutures, par comparai
son avec les territoires symétriques du côté sain, au niveau de la
main. Après avoir déclaré impossible une division de la sensibilité
en superficielle et profonde, les mêmes branches nerveuses interve
nant pour la double innervation, il en vient cependant à une analyse
de la sensibilité profonde.
Les faits observés sont les suivants :
Après section du médian au poignet, il y a perte de la reconnais
sance des mouvements passifs aux articulations métacarpo-pha-
langiennes et phalangiennes des doigts innervés, avec un certain
pouvoir de localisation, très grossier, conservé sur le territoire
cutané du nerf ; mais la moindre pression est perçue et, à
l'algomètre (par pression), le seuil est plus bas que du côté sain.
Si la section a porté sur le nerf à Pavant-bras, avant la séparation
de la branche du fléchisseur superficiel des doigts, il y a habituell
ement perte complète de la sensibilité à toutes les formes d'excitation
sur l'index, mais parfois une partie de ce doigt garde, à la base, une
certaine sensibilité, avec reconnaissance du contact-pression, sans
localisation, et douleur à la pression excessive (seuil très élevé).
Quand la section a lieu en haut du bras, on obtient les effets clas
siques, avec une extension variable de l'anesthésie complète à tous
les stimuli, territoire plus étendu d'anesthésie à la piqûre (sur lequel
la douleur profonde peut avoir son seuil plus bas que du côté sain,
soit une hyperalgésie profonde), et plus étendu encore d'anesthésie
au contact superficiel.
Les faits sont analogues pour la section du cubital et la section
double du cubital et du médian.
Quand on suit la récupération fonctionnelle après suture, on voit
revenir très tôt dans les territoires complètement anesthésiques
la reconnaissance du contact-pression, et la douleur par pression
grande ; il revient, en général, une certaine capacité de localisation
mais très grossière, avec erreurs considérables. C'est le stade de
retour à la sensibilité protopathique superficielle de Head. Plus
tardivement, il se montre un progrès dans la capacité de localisation,
accompagnant une certaine reconnaissance des mouvements passifs
des articulations ; à ce moment les tests d'excitation avec des poils
-et avec le compas (discrimination), montrent le retour de la sensibil
ité épicritique.
Dès lors, Stopf ord juge possible d'établir, pour la sensibilité pro
fonde, la même division qu'a établie Head pour la superf
icielle, en une forme protopathique (reconnaissance grossière du
contact-pression) et une forme épicritique (reconnaissance des
mouvements des articulations). Il n'attribue pas le retard de la
seconde forme, au cours de la récupération après suture, à une diffé-
Tence de vitesse de régénération de deux catégories de fibres (l'h
ypothèse de Ranson sur l'attribution de la sensibilité douloureuse
à des fibres amyéliniques, ne paraissant pas en accord avec les 416 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
données d'Adrian sur l'excitabilité des diverses fibres des nerfs),
mais à une inégale de vitesse de récupération de la capacité fonc
tionnelle d'un groupe de fibres à connexions corticales pour la
sensibilité discriminative fine, et d'un groupe à, connexions thala-
miques assurant une forme affective plus grossière de sensibilité.
La sensibilité d'ordre spatial serait plus lente à reprendre son
fonctionnement que la sensibilité thermique grossière, la sensibilité
douloureuse cutanée et la douleur à la pression profonde.
En ce qui concerne les rapports de la sensibilité à la pression et
de la douleur à la pression, l'auteur ne peut les préciser : il n'en a
jamais rencontré de dissociation, mais pense toutefois qu'elles sont
dissociables.
Il se pourrait cependant que la forme liminaire de l'excitation de
fibres assurant une répercussion douloureuse au niveau du thalamus,
avec de fQrtes pressions, assure une connaissance grossière de la
pression sans tonalité douloureuse nette. Quoi qu'il en soit de ce
point, la distinction de Stopford et la conception générale qu'il
expose sont d'un très grand intérêt.
H. P.
DŒBELI. — Contribution à l'étude des sensibilités. — Ar. Su. de
Neur., 9, 1-2, 1921.
L'auteur examine quelques points intéressants :
II pose la question de la sensibilité à l'humide, et réserve celle-ci
à la muqueuse de la région bucco-naso-pharyngée, la peau n'assu
rant pas les perceptions d'humidité.
Il étudie expérimentalement la démangeaison en employant le
poil à gratter, qui se plante dans la peau : le mécanisme de la démang
eaison est celui de l'irritation légère des organes de la douleur, la
démangeaison est le premier stade de l'impression douloureuse ;
en effet, là où il y a analgésie, la démangeaison n'apparaît pas.
Dœbeli attribue aux organes cutanés des régions voisines des ar
ticulations la sensibilité aux mouvements passifs, ce qui implique
l'existence d'une proprioceptive d'origine superficielle.
Enfin, il a examiné l'influence de l'ischémie d'un membre (chez
des individus normaux et des syringomyéliques) ; il note un éveil
insupportable de la sensibilité douloureuse avec forte impression
affective (ce qui indique une connexion probable avec le sympat
hique), tandis que le retour de la circulation donne lieu à des im
pressions agréables très fortes.
H. P.
J. BYRNE. — The present status of epicritic and protopathic sensi
bility and a method for the study of protopathic dissociation (Etat
actuel de la question de la sensibilité épicritique et protopathique et
méthode pour V étude de la dissociation protopathique). — J. of
Nervous and mental Disease, 55, 1922, p. 1-12.
L'auteur, par observation de cas neurologiques, en particulier de
syringomyélies, trouve, non seulement que la dissociation de Head
se confirme, mais même — à l'opposé des constatations de Head —
que les voies de conduction médullaires de la sensibilité épicritique SENSATION ET PERCEPTION 417
^comprenant les éléments critiques ou quantitatifs) et de la proto-
pathique (comprenant les éléments affectifs, douloureux,) sont
distinctes.
La divergence tient à ce que Byrne n'établit pas des divisions co
rrespondant exactement à celles de Head, et la classification qu'il
propose est la suivante, pour les différentes modalités de sensibilité
cutanée : superficielle critique ; superficielle affective ; profonde
critique ; et profonde affective ; ces quatre types auraient des te
rminaisons nerveuses fondamentalement distinctes. Il propose, en
outre, une méthode d'analyse par comparaison des sensations ob
tenues par un stimulant dans une région normale et dans la région
examinée ; il note les types de réaction introspective et objective,
qu'on peut obtenir, par exemple, avec un stimulus à 55° C. : toucher,
chaleur, « surréaction subjective » (douleurs) ; « surréaction objec
tive » (effort pour se soustraire à l'excitation), localisation, radiation,
référence, persistance, habileté à désigner le stimulus.
Il pense que sa méthode devrait être employée dans les examens
neurologiques.
H. P.
OLLI ROSENTHAL-VEIT. — Die Bedeutung der Handstellung
und der Reizbeschaffenheit für die Lokalisation taktil dargebo
tener Formen (Le rôle de la position de la main et des conditions de
V excitation dans la localisation tactile). — Ps. For., III, 1923,
p. 78-105' ,4
Série d'expériences sur la localisation des 'perceptions tactiles ou
plus exactement sur la localisation de la persistance des perceptions.
On trace sur la face dorsale de la main gauche du sujet des traits,
des lettres, des figures géométriques. Le sujet doit imiter, avec
l'index de la main droite, aussi exactement que possible la figure
tracée.
L'imitation des traits longs est, d'une manière générale, correcte.
La position de la main est sans influence. Le sujet se guide d'après
les coordonnées de la main et reproduit exactement les traits placés
dans les directions principales de celle-ci. Pour les traits placés dans
d'autres directions, il y a transposition : les traits proches de direc
tions principales sont transposés dans ces directions ; pour les autres,
le déplacement est lié à des aspects anatomiques.
Les traits courts, chiffres, lettres, dessins sont transposés dans le
système des coordonnées de l'espace. L'étendue de la transposition
dépend de la position de la main.
L'explication de cette différence est la suivante : Pour les traits
longs, on sent surtout le commencement et la fin et on les sent net
tement ; on unit ces deux points par raisonnement et construction.
Pour les traits courts, et surtout pour les lettres et figures, l'attention
est attirée sur le dessin lui-même, la main apparaît comme surface
de hasard, en quelque sorte.
I. M.
l'année psychologique, xxiy. 27 418 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
DAVID WATERSTON. — The sensory activities of the skm for
tauen ami temperature (Les activités sensorielles de la peau pour le
contact et la température). — Brain, 46, 2, 1923, p. 200-208.
L'auteur, examinant au microscope binoculaire la. surface cutanée
soumise à un attouchement proche du seuil, constate que la défor
mation engendrée est évidemment très petite, presque impercept
ible, mais que la partie superficielle de la peau se montre très
mobile, comme une membrane flottant sur un liquide, et très fac
ilement déformable. Réalisant des phlyctènes, il vérifie que l'enl
èvement d'une mince pellicule d'épithélium n'abolit pas le tact, mais
que, si l'épithélium est entièrement soulevé, on ne peut plus, au-
dessous, provoquer que des sensations douloureuses, non des sen
sations tactiles.
Aussi, d'après lui, c'est l'épithélium cutané qui est 1' « organe
récepteur » de la sensation de contact, accomplissant la fonction
de transmettre le stimulus aux terminaisons nerveuses siégeant dans
les cellules des couches plus profondes.
Mais comment se fait cette transmission, c'est ce qu'il n'envisage
pas.
Pour les impressions de chaud et de froid, trouvant que les points
excitables sont de nombre très variable d'un sujet à l'autre, et d'une
distribution apparente différente d'un examen à il pense
que leur nombre est beaucoup plus grand qu'il ne paraît, mais que
leur fonctionnement n'est pas simultané, étant soumis à une loi de
fluctuation, d'alternance, peut-être en rapport avec la fluctuation
que l'auteur a constatée (comme Krogh, mais de façon indépendante)
dans le jeu des capillaires.
Il note, par exemple, que la répétition de l'excitation, avec une
pointe métallique chauffée, d'un point de chaud, entraîne la suppres
sion de la sensation, un point voisin, qui ne l'était pas, devenant
sensible.
D'autre part, un érythème, engendré par l'action de la farine de
moutarde, rend toute la surface cutanée sensible aux excitants
thermiques ; un excitant tactile n'a pas d'action plus marquée, mais
une chaleur rayonnante, même modérée, suscite une vive douleur.
L'aspect punctiforme de la sensibilité thermique ne serait donc
qu'une apparence, due au phénomène de fluctuation.
La conception est intéressante, mais l'argumentation est loin
d'être décisive. En particulier, la sensibilité douloureuse aux exci
tants thermiques (distincte de la à la piqûre),
ne peut être confondue avec la thermique elle-même, et
Phyperalgésie de l'érythème est par là sans valeur probante.
Ensuite une excitation chaude locale répétée peut avoir pour
effet, en modifiant momentanément le zéro thermique local de rendre
inefficace l'action de la dénivellation excitatrice, sans
qu'aucune fluctuation soit en jeu. ^
Mais les observations de l'auteur méritent d'être prises en consi
dération.
H. P. SENSATION ET PERCEPTION 419
H. PIERON. — Comment se peut concevoir la « sensation » de doul
eur. — Revue générale des Sciences, 34, 12, 1923, p. 365-371. —
Le problème des sensations de douleur. — J. de Ps., 20, 5, 1923,
p. 481-489.
La douleur a tout d'abord été considérée comme un phénomène
affectif lié aux excitations intenses de tous les nerfs de sensibilité
générale ou spéciale. Puis, après la découverte des « points de dou
leur » de Von Frey (1891), la notion d'une sensation spécifique d'ori
gine cutanée ou sous-cutanée, identique à celles de tact, de chaud
ou de froid, s'introduisit dans la science, pour devenir aujourd'hui
classique.
Toutefois, Goldscheider, s'oppose encore à cette conception,
voyant dans la douleur le résultat d'une excitation intense, mais
limitée aux seuls nerfs du tact, et, plus exactement, à deux catégor
ies de nerfs du tact ayant, les uns, un seuil élevé, les autres un seuil
très bas d'excitabilité douloureuse.
La conception de Goldscheider se heurte aux phénomènes de dis
sociation entre sensibilité tactile et sensibilité douloureuse, au ni
veau des conducteurs médullaires, mal expliqués par une « irradia
tion » de l'excitation dans la moelle, comme condition de l'impression
douloureuse.
On pourrait concilier, avec les faits, la théorie précitée, en admett
ant que les deux catégories de nerfs tactiles s'articulent, à l'entrée
dans la moelle, avec deux catégories de neurones d'étape, inégalement
syntonises, des neurones tactiles spécifiques, de même chronaxie,
et ayant un seuil très bas d'excitation, et des neurones algiques,
ayant une chronaxie presque égale (fibres ayant un seuil fin de
douleur), ou une chronaxie notablement différente (seuil de douleur
plus élevé). La dissociation des conducteurs après le premier neurone
médullaire d'étape rendrait compte de tous les faits pathologiques,
à l'exception toutefois des dissociations périphériques.
L'existence indéniable de ces dernières dissociations ne permet
pas d'accepter la théorie de Goldscheider.
Et d'ailleurs, on doit bien se rendre compte qu'il n'existe pas une
forme unique de l'impression douloureuse, mais plusieurs formes,
nettement dissociables, en particulier la forme piqûre et la forme
brûlure.
Toute une série de faits permet d'attribuer les impressions dou
loureuses du type de la brûlure à des terminaisons amyéliniques,
relevant du système autonome, et agissant sur les centres affectifs
du niveau thalamique : c'est le type de la sensibilité protopathique,
qui commande des réactions grossièrement adaptées de l'organisme,
qui n'assure pas les connaissances perceptives réservées à la sensibil
ité épicritique.
Mais la piqûre, qui est prise, à tort, comme le type de la douleur
— ce qui est l'origine de toutes les discussions et confusions régnant
en cette question — constitue une sensation spécifique de type épi-
critique, indépendamment de la composante douloureuse, d'ailleurs
relativement peu intense, et renseignant sur une propriété des corps,
sur leur caractère (avec discrimination et localisation très exactes,
très fines). Mais cette sensation cutanée qui, près du seuil, n'a au- 420 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
eunement le caractère douloureux, est susceptible d'agir, non seu
lement sur les fonctions associatives corticales, pour engendrer une
réaction perceptive, mais aussi sur les fonctions affectives thala-
miques, pour déclancher des réactions instinctives, cette dualité
étant en accord partiel avec les vues de Golscheider.
Si la piqûre est une sensation cutanée spécifique liée à un appareil
nerveux indépendant, conformément à la conception de Von Frey,
la douleur n'est pas une sensation proprement dite (de type per
ceptif, épicritique) ; c'est une impression affective, qui gênerait
les fonctions de prise de connaissance et n'accompagne pas les exci
tations sensorielles en général (sauf l'impression de piqûre), mais
qui relève de l'excitation générale du système autonome delà vie
organique. Les douleurs cutanées véritables (brûlures, pincement),
relèvent d'une véritable cénesthésie cutanée, comme les douleurs
profondes relèvent de la organique.
H. P.
U. EBBECKE. — Ueber elektrische Hautreizung {Sur l'excitation
électrique de la peau). — Pf. A., 195, 1922, p. 322-323.
Etude faite avec le courant galvanique transmis à la peau par
des électrodes liquides (mèches imbibées de Ringer).
Les sensations éprouvées sont attribuées par l'auteur à trois caté
gories d'excitations : celle des troncs nerveux, celle des terminaisons,
enfin celle de la peau elle-même.
L'excitation des troncs nerveux engendre des sensations qui sont
projetées à distance, au niveau des terminaisons correspondantes,
tandis que celle des terminaisons donne lieu à des sensations très
exactement localisées au niveau de l'électrode.
Mais les sensations de chatouillement, de démangeaison, de brûl
ure, mal localisées, durant pendant le passage du courant au niveau
des électrodes, sont attribuées à la libération d'ions 0 et OH dans
la peau, entraînant des altérations analogues à celles des affections
cutanées, d'où des sensations à celles que connaissent
bien les dermatologistes.
Cette opinion de Ebbecke n'est fondée sur aucune preuve.
Les sensations protopathiques, auxquelles il attribue cette origine
indirecte, paraissent bien relever de l'excitation des branches amyé-
liniques cutanées du système autonome, et cette excitation peut
fort bien être directement amenée par le passage du courant gal
vanique qui a, comme on le sait, une influence élective sur les nerfs
sympathiques.
H. P.
CH. HENRY. — Sur une sensibilité nouvelle du tact. — J. COURT
IER. — Expériences sur une sensibilité nouvelle du tact. —
C. R., 176, 1923, p. 1744-1746 et p. 1747.
Etranges considérations sur la possibilité de percevoir la vitessa
de vibration atomique des corps et la durée de vibration de l'unité
de masse ou durée de la vibration lumineuse absorbée : des sujets
vont classer par ordre de grandeur apparente des masses égales de SENSATION ET PERCEPTION 421
deux corps différents d'égale surface, mais n'ayant pas mêmes
vitesses et mêmes durées (comme il s'agit des mêmes vibrations, la
vitesse n'est que la réciproque de la durée). S'ils les classent dans un
ordre ou dans l'ordre inverse, c'est qu'ils sont plus sensibles à un
des facteurs ou à l'autre. Et s'ils ne les classent pas du tout, ou
tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre, c'est qu'ils sont indiffé
rents ou instables : ce que l'expérience vérifie. Comme tous les cas
possibles étaient prévus, il était difficile que l'expérience ne le
vérifiât pas.
Mais on n'en croit pas ses yeux quand on voit ces élucubrations
imprimées dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences.
H. P.
KARL HANSEN. — Die Unterschiedsschwellen des Drucksinnes
bei möglichst verhinderter Reizansbreitung {Les seuils différentiels
du sens de la pression avec une extension de V excitation aussi réduite
que possible). — Z. für B., 73, p. 167-190.
L'auteur pratique ses'expériences au moyen d'un levier dont l'e
xtrémité porte un fil venant reposer sur la peau, avec une pression
d'un demi-gramme (surface de O"""2^).
L'attraction du levier par un électro-aimant ajoute à cette pres
sion fixe une pression variable, proportionnelle à l'intensité du
courant traversant cet électro- aimant.
Deux appareils semblables sont utilisés, dont l'un sert à donner
l'excitation étalon, et l'autre l'excitation de comparaison. Un disque
tournant assure un signal, puis, 1,2 seconde après, la première
excitation, et 1,6 seconde après, la seconde, les excitations durant
17 à 26 a.
Avec la petite surface d'excitation employée, pour des excitations
de 0 gr. 65 à 4 gr. 04, les seuils différentiels, en plus ou en moins
(l'auteur et Von Frey servant de sujets), passent de 29-43 0/0 à
21-24 0/0 : les seuils relatifs décroissent quand les excitations
croissent, contrairement à la loi de Weber.
En portant l'excitation sur des surfaces cutanées (cuisse), où la
densité des points sensibles est très faible, et en anesthésiant à la
novocaïne la région avoisinant le point sensible isolé, auquel se
trouve limitée l'excitation, on trouve encore plus nettement l'abai
ssement des seuils différentiels relatifs pour l'accroissement des inten
sités d'excitation (seuils de 49-56 0/0 avec 3 gr. 52, descendant
jusqu'à 20-23 0/0 avec 9 gr. 73).
Avec de grandes surfaces (20mm2 et 88mm2) les valeurs absolues
des seuils différentiels changent peu, quand on agumente l'intensité
d'excitation (assurée par un disque de laiton sur lequel vient presser
le bras de levier attiré par l'électro- aimant), d'où une diminution
du seuil relatif passant de 18 à 10 0/0 par exemple (dans la région
de l'avant-bras, peu riche en points sensibles).
La loi de Weber tiendrait, d'après l'auteur, à l'existence d'une
modification extensive corrélative de la variation d'intensité de
l'excitation (diffusion,par déformation cutanée,à un nombre variable
d'éléments sensibles), et ne vaudrait pas pour l'excitation de sur
faces constantes, et en particulier pour celle de points sensibles isolés. 422 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Et l'existence d'une sensibilité différentielle, encore assez fine,
de ces points sensibles isolément excités, constitue une preuve
décisive de la non- validité, dans ce cas, de la loi du tout ou rien, des
réponses graduées étant assurées par une terminaison nerveuse
unique.
H. P.
AL. GATTI. - Sulla sensibilta de differenza nell'eceitamento suc-
cessivo de singoli organi tattili (Sur la sensibilité différentielle à
des excitations successives des organes spéciaux du tact). — Arch,
ital. di Psic, II, 1, 1923, 28-42 et II, 3, 1923, p. 170-179.
L'auteur a expérimenté sur une partie de l'avant-bras gauche
dépourvue de poils et riche en corpuscules de Meissner (12 à 44 par
centimètre carré, selon une détermination de Kiesow). Les recherches
furent faites avec un esthésiomètre à crin, de modèle un peu spécial
mais n'apportant aucun perfectionnement sensible aux esthésio-
mètres analogues déjà en usage. Les excitations portées furent gra
duées de 1 à 8 grammes. Pour chaque gramme, l'auteur détermine
la sensibilité différentielle par des successives, selon la
méthode ordinaire.
A condition de toujours rester sur une région entièrement dé
pourvue de poils, la loi de Weber semble s'appliquer assez exacte
ment.
Le seuil différentiel moyen serait de un septième.
Le travail de Gatti. exécuté d'ailleurs sous l'autorité de Kiesow,
semble avoir été fait avec beaucoup de prudence expérimentale,
et de précision dans l'évaluation des résultats. Il est seulement re
grettable que l'auteur ait employé tin esthésiomètre vraisembla
blement peu précis puisqu'on peut lui adresser tous les reproches
graves qu'on a déjà faits aux autres s employant les
variations de la longueur d'un crin comme variation pondérale de
l'excitation.
M. F.
FANNY HALPERN. — Ueber die Beeinflussung der Tastschwelle
durch aktive Hyperämie ( A u sujet de V influence exercée sur le seuil
du tact par une hypérémie active). — Pf. A., 197, 1922, p. 81-84.
Dans un travail avec Allers (Pf. A,., 193, p. 195), l'auteur a montré
que, lorsqu'on échauffe la peau, le seuil passe par un minimum pour
une certaine température optima. Cette fois, elle examine l'influence
d'une congestion provoquée par l'action d'une lampe à vapeur de
mercure, la durée plus grande du rayonnement augmentant le taux
d'hypérémie. L'existence d'un optimum fut encore constatée chez
trois sujets, pour une congestion en rapport avec un rayonnement
de 20 à 30 minutes.
L'action congestive d'un sinapisme, d'acides, d'alcalis, a montré
une évolution analogue : le seuil s'abaisse, puis s'élève au-dessus
de la normale.
H. P.

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