Sensations cutanées et sous cutanées. Sensations internes - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 425-433

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 425-433
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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3° Sensations cutanées et sous cutanées. Sensations internes
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 425-433.
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3° Sensations cutanées et sous cutanées. Sensations internes. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 425-433.
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II semble d'après l'introspection des sujets que la durée maxima
qui puisse être appréhendée en bloc se trouve aux environs de 6 s
econdes pour les excitations visuelles, de 5 secondes pour les excita
tions auditives. Au delà des limites de ce « présent psychique » le
«ujet doit, à la fin de l'excitation, en rappeler le début par un effort
<ie souvenir.
En prenant position dans le débat classique, l'auteur affirme qu'à
la base de la perception de la durée il y a la perception de la succession
mais rapportée au début par une sorte « de retour en arrière » dans
l'attitude du sujet. D. W.
3° Sensations cutanées et sous cutanées
sensations internes
F. UMBERTO SAFFIOTTI. — Sulla topograîia délia sensibilita
tat tile, barica, dolorifica nella cornea (Sur la topographie de la
sensibilité tactile, borique, dolorifique de la cornée). — Mémoires
publiés à l'occasion du jubilé de Rossolimo, Moscou, 1925, p. 187-
191.
L'auteur a procédé sur lui-même, devant la glace, à une excitation
■systématique de différents points de la cornée avec un fin cheveu
(de 69 fx de diamètre) exerçant des pressions de 0,8 à 7 milligrammes.
Il note, à la marge externe, un anneau de 1 millimètre où se
trouvent quelques points tactiles, et des points insensibles, pas de
points de douleur nette ; on peut ressentir seulement, parfois, du
picotement.
Sur une surface circulaire correspondant à l'iris, il y a encore des
points insensibles, des points de tact et de pression, et quelques de douleur.
A la marge interne de l'iris, les points de douleur deviennent
nombreux, les points de tact sont rares. Dans la zone centrale,
correspondant à la pupille, il n'y a que de très rares points de pression
et quelques points de tact, mais de nombreux points de douleur à
sensibilité très vive, et, tout à fait au centre, des points donnant
tout de suite une sensation maximale intolérable.
En somme on constate, à-la périphérie, le picotement (avec réflexe
de sécrétion lacrymale, irritatif) ; dans la zone moyenne la douleur
tolerable avec réflexe palpébral défensif pouvant être inhibé ; au
centre, la douleur intolérable à laquelle correspond le réflexe pupillaire
spécifiquement douloureux.
Quelques recherches sur d'autres sujets se sont montrées confirma-
tives.
Rapprochant ces données de la topographie des terminaisons
nerveuses, Saffiotti attribue les impressions de douleur aux troncs
nerveux de provenance sclérale dont l'innervation est prévalente
dans la région centrale (avec terminaisons libres et en boutons). Les
terminaisons en plaque et en massue de la région moyenne (d'origine
sclérale et subconjonctivale) assureraient la sensibilité au tact et à"
la pression. H. P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 426
TH. HAUSMANN. — Kritisches und Ergänzendes zur Lehre von
den taktilen Empfindungen und zum Tastproblem (Observations
critiques complémentaires à la théorie des sensations tactiles et au
problème du tact), — Pf. A., GCVI, 4 et 5, 1924, p. 511-524.
La transmission périphérique de la pression ne joue aucun rôle
dans l'excitation tactile de la peau. La sensation du contact, repré
sente une qualité particulière de sensation, pour la production de
laquelle, il n'est pas nécessaire qu'une déformation entre en jeu;
elle est due en effet à des modifications de l'état de la surface de la
peau, qui sont produites par des modifications de contact, rempla
cement de l'air par un milieu solide. Il faut distinguer une telle
sensation de contact de la sensation d'attouchement qui se produit
à la suite d'une légère pression et sous une déformation minime et
qui n'est qu'une sensation de pression quantitativement très affaiblie.
La sensation de contact ne suit pas la loi des sensations de pression
établie par Frey, mais elle augmente d'intensité avec l'augmentation
de la surface de contact. Il existe une sensation de pression profonde
dont le seuil est beaucoup plus élevé que celui de la sensibilité cutanée.
Les sensations des mouvements internes (sensations endocinétiques)
jouent aussi un certain rôle dans le tact. Dans une partie des données
du tact (consistance) non seulement la sensation de la pression
entre en jeu, mais pour d'autre données (stéréognosie) c'est le com
plexe formé par ces sensations de pression et les sensations endoci
nétiques qui agit alors, mais dans la reconnaissance des différences de
niveau, le rôle principal appartient aux sensations endocinétiques.
P. B.
FRANK ALLEN et A. HOLLENBERG. — On the tactile sensory
reflex (Sur le réflexe sensoriel tactile). — Q. J., of Ph., XIV, 4,
1924, p. 351-378. — FRANK ALLEN et MOLLIE WEINBERG.
— The tactile sensory reflex (Le réflexe sensoriel tactile). — Q. J.
of Ph., XV, 3 et 4, 1925, p. 377-383.
Des variations dans la sensibilité d'un récepteur tactile sont
accompagnées de variations opposées de la persistance sensorielle :
les auteurs se sont proposé de mesurer celles-ci pour suivre celles-là
dans diverses circonstances. Ils ont d'abord imaginé une technique
ingénieuse afin d'obtenir des excitations intermittentes assez fr
équentes pour atteindre la fusion. Un jet d'air sous pression, canalisé
par un tube étroit (lmm,5 de diamètre) est dirigé vers la surface
cutanée choisie (face palmaire de l'index, lèvres). L'orifice du tube
est obturé périodiquement par un disque percé de trous qui tourne
rapidement. Les pressions ont varié de 1 centimètre à 5 centimètres
de mercure, les périodes critiques de 10 à 2 <j. La formule :
D = Ä: log P + C
qui interpole les résultats expérimentaux, montre que la durée de
persistance décroît quand l'intensité de l'excitant augmente. La
droite qui représente D en fonction de log P change brusquement
de pente une ou deux fois. De plus, pour chaque pression, on trouve SENSATION ET PERCEPTION 427
deux périodes critiques, qui correspondent sans doute aux sensibil
ités superficielle et profonde.
La fatigue préalable de la surface à l'épreuve favorise la fusion.
Celle-ci, au contraire, est plus difficilement atteinte lorsque des
surfaces cutanées voisines sont excitées : il se produit un renforc
ement réflexe de la sensibilité des terminaisons. Les influx afférents
atteignent également d'ailleurs, les terminaisons d'où sont parties les
excitations initiales, de sorte que la sensibilité d'un récepteur déter
miné résulte d'un équilibre entre les actions fatigantes et les action»
renforçatrices. L'expérience montre que pour une excitation faible,
ces dernières sont prépondérantes (light touch enhancement) ; pour
une excitation forte, c'est l'inverse, mais la fatigue disparaît plus
vite que l'augmentation de sensibilité (post enhancement).
Il est aisé de voir de quelle façon les phénomènes tactiles de contraste
(simultané ou successif) s'expliquent par cette théorie du « sensory
reflex » que les auteurs utilisent ensuite pour rendre compte de faits
plus complexes : les fluctuations de sensibilité étudiées par Waterston,
le chatouillement, l'extension de la démangeaison par grattage,
l'influence de l'humidité des surfaces, les variations pathologiques de
la sensibilité, la douleur.
Dans une partie théorique, Allen émet cette idée que la loi de
Weber-Fechner, valable pour les intensités moyennes, n'est pas
physiologiquement fondamentale, mais qu'elle représente justement
cette résultante entre les deux processus inverses dont il a été ques
tion plus haut. A. F.
D. KATZ. — Zur Psychophysik der menschlichen Hand [Contribut
ion à la psycho-physique de la main de Vhomme). — Z. für pad. Ps.,
XXVI, I et 2, p. 29-37 et 97-104.
Ces pages sont extraites d'une monographie que l'auteur fait
paraître chez Barth : Der Aufbau der Tastwelt. Elles contiennent des
remarques intéressantes et des indications brèves sur les expériences
dont il faut chercher les détails dans la monographie elle-même.
D. W.
KIITI KAWAKAMI. — Ueber die absolute Erkennung des Ortes
eines Druckreizes bei normaler nnd anormaler Lage der Haut
(Sur la connaissance absolue de la place d'un stimulus de pression
dans la position normale et anormale de la peau). — Ueber Entfer
nungstäuschungen im Gebiete des Drucksinnes (Sur les illusions de
distance dans le domaine du sens de pression). — Z. für Sin., LVI,
4, 1925, p. 195-202 et p. 203-221.
Kawakami, dans des expériences sur quatre sujets, montre que
l'erreur moyenne de localisation (en montrant avec une pointe, sous
le contrôle des yeux l'endroit préalablement touché) n'est pas plus
grande quand on a exercé l'excitation cutanée sur le dos de la main
dans les conditions normales, ou après avoir soulevé et tiré la peau.
En outre, ayant fait reproduire sur un doigt de la main gauche
une distance entre deux points tactilement perçus sur un doigt de
sa main droite, dans les conditions normales, il constate que si l'on
fait percevoir la distance entre des points des doigts ayant subi des ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 428
déplacements, il se produit des illusions, tendant à maintenir l'éva
luation de la distance qui correspondrait aux fonctions normales.
H.-P.
ADOLF SCHWAB. — Ueber aie Lokalisation zweier gleichzeitig
erzeugter Berührungsempfindungen (Sur la localisation de deux
sensations de contact simultanément provoquées). — Z. für Sin.,
LVI, 4, 1925, p. 222-240.
Recherches poursuivies à Fribourg en Brisgau sous la direction
de Skramlik, comme celles de Kawakami. On touche deux points
à des niveaux différents sur la face palmaire de l'index et du médius
de la main gauche, et le sujet doit, aussitôt après, avec une baguette,
situer la droite reliant les deux points touchés. Quand des erreurs
suffisamment grandes et systématiques se rencontrent, elles sont
qualifiées d' « illusions » . Chez trois sujets sur quatre (avec la main
gauche du moins, la main droite s'y prêtant moins) sont signalées
ainsi des « illusions» se produisant malgré les altitudes normales des
doigts. H. P.
F. KIESOW. — Zur Frage nach der Lokalisation der Haute mpfin-
dungen (Sur la question de la localisation des sensations cutanées).
— Z. für Sin., LVI, 5-6, 1925, p. 322-325.
Kiesow relève des erreurs dans les assertions de Skramlik et de
Mayer sur les expériences de localisation cutanée de Ponzo, con
sultées seulement dans des résumés, et ne considère pas comme ré-
tutée l'assertion expérimentale de Ponzo et de lui-même, que la sen
sation douloureuse de piqûre est plus exactement localisée que celle
du tact. H. P.
GOLDSCHEIDER. — Beitrag zur Lokalisation der Tastempfin
dungen (Contribution à la localisation des sensations tactiles). —
Pf. A., CCIX, 4, 1925, p. 518-525.
Etendue plus faible des champs d'irradiation des excitations sen
sibles au niveau des doigts que dans les territoires proximaux du
corps. Chaque doigt présente une segmentation marquée des terri
toires d'irradiation sensitive qui est réglée par rapport au groupe
ment des caractères cinétiques-optiques de telle façon qu'ils s'entr
ecoupent tous les deux respectivement. Le champ central de projec
tion constitue donc une sorte de système de coordination qui doit
jouer un rôle important dans la localisation des excitations tactiles.
P. B.
EMIL von SKRAMLIK. — Ueber Tastwahrnehmungen (Sur les
perceptions tactiles). — Z. für Sin., LVI, 4, 1925, p. 256-280.
Résumé d'un ensemble de recherches sur les perceptions résultant
■d'une exploration des objets, en renseignant sur les surfaces cuta
nées explorantes elles-mêmes, sans donnée bien notable. Certaines
illusions sont attribuées à une influence sur les perceptions tactiles
-des « Innervationsan triebe », des incitations volontaires, dont le
Tôle aurait besoin d'une démonstration plus décisive. H. P. SENSATION ET PERCEPTION 429
EMIL von SKRAMLIK. — Ueber Bewegungstaüschangen im Ge
biete des Tastsinnes [Sur les illusions de mouvement dans le domaine
du sens tactile). — Z. für Sin., LVI, 4, 1925, p. 241-255.
L'auteur, qui a poursuivi une investigation systématique des
illusions du tact, expose une série d'illusions de mouvement, ce
type d'illusion tactile étant peu connu.
Ces illusions sont de deux types : les unes, pour se produire exigent
un déplacement de la surface tactile sur le support profond, la peau
n'occupant plus sa position normale ; les autres se produisent en
position normale des surfaces, qui sont en mouvement, par rapport
aux objets immobiles ou en mouvement eux-mêmes, ou qui sont en
repos, tandis que les objets sont en mouvement.
Par exemple, en ce qui concerne une illusion du second groupe,
dans des conditions dont la description exigerait d'assez longs dé
veloppements, le mouvement d'un objet entre les doigts engendre
l'illusion du en sens inverse d'un autre objet immobile.
Des appareils ont été construits pour la démonstration de cer
taines de ces illusions que l'auteur compare à celles de la vue.
H. P.
P. HŒFER et A. KOHLRAUSGH. — Ueber die Schwellenempf
indung an Schmerzpunkten der Haut [Sur le seuil des sensations
de points douloureux de la peau). — Pf. A., CGV, 3 et 4, 1925, p.
447-451.
L'excitation près du seuil des points douloureux loin des points
tactiles produit, outre les sensations douloureuses habituelles, une
sensation de contact, et cela aussi bien pour les excitations isolées
que pour les excitations en série, ces sensations de contact au voisi
nage du seuil apparaissent d'abord seules, si l'on augmente légèr
ement l'excitation elles disparaissent et font place aux sensations
douloureuses, et parmi celles-ci la sensation de piqûre est la même
perçue si l'on emploie un choc d'induction isolé ou une série très
courte de chocs (1 /10 de sec). Si l'excitation est plus longue (1 /2 à
1 sec. 1 /2), toutes les autres sensations apparaissent isolées ou mélang
ées. La période de latence est de 1 /2 à 1 sec 1 /2 seulement pour de
longues excitations en série, elle est inappréciable pour les excita
tions courtes et isolées. P. B.
B. MAYER. — Beitrag zur Lokalisation von Schmerzempfindungen
[Contribution à la localisation des sensations algiques). — Z. für
Sin., LVI, 2-3, 1925, p. 141-153.
D'après les recherches faites sur 8 sujets, avec pression d'un cheveu
et d'un poil de porc piquant, la localisation est moins précise pour
l'excitation cutanée douloureuse que pour l'excitation de contact.
Sur l'avant-bras, les erreurs moyennes sont comprises entre 15
et 34 millimètres à droite et entre 15 et 36 millimètres à gauche pour
la piqûre, contre 13 à 26 et 13 à 28, respectivement, pour le tact.
H. P. 430 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
A. GDLDSCHEIÎ)ER. — Untersuchungen über den Temperaturs
inn [Recherches sur le sens thermique). — I. A. GOLDSGHEIDER
et R. EHRMANN. — Ueber die Einwirkung von Kohlensäure
und Sauerstoff auf die Wärmenerven. — Pf. À., CCVI, 1924, p. 303-
307.
Comparaison du seuil de la sensation de chaleur avec des nappes
ou des courants d'air sec et humide, de CO2 sec et humide, d'O2 sec
et humide; le seuil est plus bas en air humide que sec (24° Gels, au
lieu de 32°), il est plus bas avec l'oxygène qu'avec l'air, avec l'acide
carbonique qu'avec l'oxygène, ce qui indiquerait une action ch
imique sur les nerfs du chaud. H. P.
A. GOLDSCHEIDER et H. HAHN. — H. Chemische Reizung
und Lähmung der Temperaturnerven. Schichtungstheorie. Para
doxe Wärmeempfindung. Hitzeempfindung (//. Excitation ch
imique et paralysie des nerfs thermiques. Théorie de la stratification.
Perception thermique paradoxale. Perception thermique). — PL
• A., CCVI, 2 et 3, 1924, p. 308-324.
Les substances chimiques (HC1, INa, KC1, NHa, etc.), qui ex
citent les nerfs sensibles de la peau (nerfs conduisant les impressions
tactiles et douloureuses) excitent aussi, d'une façon analogue, les
nerfs thermiques qui réagissent suivant leurs qualités spécifiques.
Certaines substances ont même une action beaucoup plus marquée
sur les nerfs thermiques que sur les autres nerfs sensitifs cutanés.
Certains produisent plutôt des sensations de froid, et d'autres des
sensations de chaleur. L'excitation de la section d'un nerf thermique
coupé agit plus rapidement que l'excitation cutanée du même nerf.
Par injection cutanée, l'action excitante fait place à une action para
lysante. L'excitant chimique agit également sur les terminaisons ner
veuses. L'injection intradermique d'eau chloroformée, destovaïne,
de NaCl à 8 %, de cocaïne à 2 <>/<, et le badigeonnage de la peau avec
de l'acide acétique neigeux et du chloroforme paralysent plus fort
ement les nerfs qui conduisent des sensations de froid que ceux qui
conduisent les sensations de chaleur, sans cependant produire Panes-
thésie exclusivement pour le froid. La théorie de la vibration dans
des couches différentes du derme des nerfs du froid et des nerfs qui
conduisent les impressions de chaleur est contredite par les expé
riences des auteurs, les terminaisons de ces nerfs sont situées en effet
dans la même couche, entre le derme et Pépiderme. Quand on excite
également ces deux variétés de nerfs thermiques, les perceptions les
plus fortes peuvent inhiber les perceptions opposées plus faibles,
ce phénomène est dû vraisemblablement à un processus d'inhibition
qui se passe dans la substance grise de la moelle. Les auteurs con
firment enfin la théorie de Alrutz sur la sensation ardente (Hitze)
qui serait conditionnée par un mélange de sensations de chaleur et
4e sensations paradoxales de froid.
P. B. SENSATION ET PERCEPTION 431
A. GOLDSCHEIDER et G. JOACHIM OGLER. — HI. Ueber die
Wirkung von Chlorderivaten der Methans, Aethans, und Ae thy lens
sowie einiger andern Stoffe auf die Hautnerven (///. Sur Vaction
des dérivés chlorés du méthane, de Véthane et de Véthylène et de quel
ques autres substances sur les nerfs cutanés). — Pf. A. CCVI, 2 et
3. 1924, p. 325-336.
Expérimentant sur une série de dérivés chlorés du méthane, de
l'éthane et de Péthylène, les auteurs constatent que ces corps exercent
une excitation spécifique sur les nerfs thermiques et sur les nerfs
de la sensibilité tactile et douloureuse. La rapidité de l'action de ces
corps croît avec leur volatilité. Les dérivés non saturés de Péthy
lène sont plus actifs que les dérivés saturés de l'éthane et du méthane.
La sensation thermique qui apparaît la première exerce une action
inhibitrice sur la sensation thermique inverse. Tous les faits
observés parlent contre la théorie de la séparation des terminaisons
nerveuses thermiques. P. B.
A. GOLDSCHEIDER et H. HAHN. —IV. Ebbeckes Temperat
ursinntheorie. — Pf. A. CCVI, 2 et 3, 1924, p. "337-361.
Discussion de la théorie de Ebbecke.
Les sensations thermiques qui sont produites par l'afflux du sang
au niveau d'une plage cutanée anémiée sont dues à deux causes dif
férentes. Les sensations de chaleur qui suivent le réchauffement de
la peau sont déclanchées par la chaleur naturelle du sang qui agit
ici comme un excitant physique. Quand, au contraire, le refroidiss
ement de la peau est suivi d'une sensation de chaleur et que le réchauf
fement de la peau est suivi d'une de froid, ces phénomènes
paradoxaux sont conditionnés par des sensations consécutives qui
sont liées à un état d'excitabilité plus durable des nerfs thermiques
par les excitations thermiques antérieures. P. B.
A. GOLDSCHEIDER et H. HAHN — V. Ueber die Einwirkung von
Temperaturreizen auf die mechanosensiblen Nerven der Haut
(F. Sur Vaction des excitations thermiques sur les nerfs mécano
sensibles de la peau). — Pf. A., CCVIII, 3 et 4, 1925, p. 544-558.
L'observation suivante de Weber : un poids froid paraît plus lourd
qu'un poids égal plus chaud, s'explique par le fait que le refroidiss
ement excite les nerfs mécano-sensibles et aussi bien les nerfs de
sensibilité générale que les nerfs de la sensibilité à la pression. Le
réchauffement exerce une action analogue mais plus faible. P. B.
A. GOLDSCHEIDER et H. HAHN. — VI. Was empfinden wir
von den vasomotorischen Vorgängen ? ( VI. Quelles perceptions re
cevons-nous des processus vaso-moteurs?). — Pf. A. CCVIII, 3 et
4. 1925, p. 558-569.
Les processus vaso-moteurs ne nous donnent pas de perceptions
propres, il n'existe pas de perception du vasotonus. Les modifica
tions de la lumière des vaisseaux peuvent occasionner, des sensade froid et de chaud. Aucune preuve de l'existence de thermiques profondes non en rapport avec les terminaisons
nerveuses de la peau et des muqueuses, existence de phénomènes 432 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'illusion dans la localisation de ces perceptions en apparence pro
fondes. Les modifications de la lumière des vaisseaux peuvent, outrer
des sensations thermiques, provoquer également des sensations,,
par l'intermédiaire des nerfs mécanosensibles, telles que : Pares-
thésies, sensation de constriction ou de gonflement. P. B.
ROBERT H. GAULT. — Progress in experiments on interpretation
of speech by Touch {Nouvel apport expérimental sur l'interpréta
tion tactile de la parole). — J. of Abn. Ps., XX, 2, 1925, p. 118-127^
Gomme le titre l'indique, il s'agit d'une suite aux expériences pré
liminaires entreprises par l'auteur et portant sur l'interprétation
tactile de la parole (vibrations transmises à la peau, par l'intermé
diaire d'un tuyau acoustique). Elles ont été reprises cette fois sur
17 sujets sourds qui ont été appelés à identifier 10 phrases apprises
deux par deux. Comme contrôle, l'expérimentateur a varié le rythme,
la durée et l'expression, a changé la voix chargée de transmettre
les sons, a placé les sujets dans une chambre adjacente, où une per
sonne à audition normale ne percevait rien.
Les résultats obtenus semblent suffisamment encourageants pour
inciter l'auteur à poursuivre ses recherches. M. L.
H. MAGNE, A. MAYER et L. PLANTEFOL. — La sensibilité des
voies respiratoires ; une sensibilité spéciale des premières voies :
la sensibilité drimyosmique. — An. de Ph., I, 5, 1925, p. 509-545.
Magendie attribuait les sensations olfactives à l'excitation du
trijumeau, parce qu'après destruction des deux nerfs olfactifs, le-
chien sentait des « odeurs fortes ». En fait, par l'aspiration de va
peurs irritantes, il y a des réactions réflexes caractéristiques, qui
ont permis aux auteurs d'étudier la sensibilité des premières voies
respiratoires à ces excitations chimiques chez le lapin, particulièr
ement sensible, et accessoirement le chien et le cheval : on faisait cir
culer par canules trachéales, de l'air mêlé à un taux réglé, et pen
dant un temps donné, d'une vapeur d'ammoniaque, acide acétique,
chlore, brome, acroléine, etc. Et l'on enregistrait les mouvements
respiratoires, ce qui permettait de noter la réaction réflexe apnéique.
Il y a dissociation entre l'action olfactive et l'action chimique
irritante, l'hydrogène sulfuré, très odorant, ne suscitant pas de
réaction, l'oxychlorure de carbone, très peu odorant, en suscitant
une vive.
Le seuil d'action est déterminé avec précision, et se montre sens
iblement constant chez un individu donné ; il est, en grammes par
mètre cube, pour une inhalation de 30 secondes, de 0,001 avec la
bromacétone et l'acroléine, de 0,005 avec la chloropicrine, de 0,100
avec le brome et Poxychlorure de carbone, de 0,250 avec le chlore,
de 0,500 avec le carbonate de méthyle, de 20 avec le chloroforme.
Pour les voies respiratoires profondes, avec circulation pulmonaire,
les seuils sont en général bien plus élevés ; avec inhalation d'une
minute, il faut des concentrations 200 fois plus grandes avec la
chloropicrine, 1.000 fois avec l'acroléine, mais 2 fois seulement avec
le chlore ; et, avec l'oxychlorure de carbone, le seuil de concentration
est le même, mais en action plus prolongée. Il n'y a pas parallélisme- SENSATION ET PERCEPTION '433
■dans l'ensemble. La sensibilité olfactive est de beaucoup la plus
■exquise, la sensibilité des premières voies, beaucoup plus grande 'et
plus rapide que la organique du poumon, se rapproche
d'une sensibilité « sensorielle » . Cette sensibilité spéciale, assurée
par le trijumeau est appelée par les auteurs drimyosmique (de
SpifX'j;, acre).
L'examen du cas des carbonates et chlorocarbonates de méthyle
chlorés a montré un rapport entre la configuration moléculaire et
l'activité des corps en ce qui concerne leur action sur cette sensibilité
chimique. En appréciant une différence d'intensité delaréponse réflexe,
on constate que le seuil différentiel correspond à peu près à un
accroissement de 1 /10 de la concentration initiale, en sorte que la
loi de Weber peut être considérée comme valable. ■
Cette très intéressante étude permet de préciser la notion de la
-sensibilité chimique dite commune à laquelle Parker a consacré un
chapitre de son livre Smell, Taste and allied Senses. Pour ma part,
je verrais là peut-être un mode électif de réceptivité chimique du
sens algique, appartenant déjà aux nerfs cutanés; l'irritation par les
Vapeurs d'ammoniaque se manifeste sur les muqueuses et pourrait
être étudiée par le réflexe du larmoiement dans l'action sur la conjonct
ive* II existe également une irritation anale. Pour qu'on puisse
envisager une nouvelle sensibilité chimique, il faudrait établir une
capacité de différenciation qualitative des diverses vapeurs actives
en dehors du goût et de l'odorat. H. P.
4° Sensations musculaires et kinesthesie. Impressions de
position et de deplacement. fonctions labyrinthiqujes
EARL. S. RUDISILL. — Constancy of attitude m perception of
weight [La constance de V attitude dans la perception de poids). —
Am. J. of Ps., XXXVI, 4, 1925, p. 562-587.
On sait qu'on peut prendre dans l'étude de la perception plusieurs
attitudes : l'attention se porte tantôt sur l'objet, tantôt sur les sensa
tions au moyen desquelles l'objet est perçu, et même sur telle ou
telle de ces sensations. Ainsi dans la perception du poids, elle peut
porter sur les sensations tactiles au bout des doigts (attitude A), sur
les sensations kinesthésiques localisées dans le poignet ou le bras
(attitude B), enfin sur l'objet lui-même sans analyse des sensations C ou du stimulus). Les travaux précédents, où l'on a essayé
de dissocier ces attitudes [Friedländer, Fernher ger, Reid) ont surtout
montré qu'il était difficile aux sujets de les maintenir, et il a paru
nécessaire de reprendre ces expériences, avec quatre personnes déjà
entraînées à l'observation psychologique. Des poids de 84, 88, 92, 96,
100, 104 et 108 grammes sont respectivement comparés à un poids
de 100 grammes ; le sujet doit répondre : plus lourd, plus léger, ou
égal. La grandeur du soulèvement et sa vitesse sont réglées d'une
façon uniforme. Après chaque pesée, le sujet doit éliminer celle où il
n'a pas réussi à se conformer à l'instruction (A, B, ou G), ce qui
permet un contrôle statistique de la constance de son attitude. Enfin
après chaque série, on lui demande une introspection détaillée.
I/ANNKE PSYCHOLOGIQUE. XXVI. 28

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