Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes et algiques. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 548-562

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 548-562
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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3° Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes
et algiques.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 548-562.
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3° Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes et algiques. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 548-
562.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6364548 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
diminuer l'erreur négative ou même de la rendre positive, c'est-à-dire-
d'allonger la durée subjective de l'excitation étalon. Ainsi, pour la
comparaison des points lumineux à une distance de 4 mètres sans que
le sujet sache de quel côté apparaîtront les excitations, l'erreur cons
tante a été égale à — 1,42 (moyenne de 5 sujets). L'intensité des exci
tations étant augmentée (points lumineux à 60 centimètres du sujet)
l'erreur constante devint égale à -f- 2,41. Cependant, en maintenant
la faible intensité (4 mètres) on obtint déjà une erreur constante
positive (-4- 0,46) en indiquant d'avance au sujet la direction dans
laquelle il fallait s'attendre à voir apparaître les points lumineux ; la
présentation préalable d'un point de fixation eut pour conséquence
une erreur constante de + 2,38. Lorsque la consigne recommandait
de faire particulièrement attention à Pexcitation0étalon on a trouvé
pour des excitations intenses (60'centimètres), une erreur constante
négative : — 1,68 ; alors qu'une consigne contraire a fait obtenir une
erreur positive (+ 1,15) même pour les excitations faibles (à 4 mètres).
Les expériences auditives ont donné des résultats analogues.
D. W.
KURT LEWIN. — Ein verbesserter Zeitsinnapparat (Un appareil
amélioré de mesure du sens du temps). — Ps. For., VII, 3, 1926,
p. 273-275.
L'appareil se compose d'une roue horizontale dont l'axe prolongé
porte deux leviers qui peuvent être fixés dans diverses positions.
Dans le mouvement de la roue, ils rencontrent des bornes mobiles
sur un cercle gradué : l'un des leviers en entrant en contact avec les
bornes ferme le circuit, l'autre l'ouvre. On peut faire varier les posi
tions des bornes sur le cercle, ainsi que l'angle des deux leviers, de
manière à réaliser toute sorte de combinaisons de durée et de rythme
d'un groupe complexe d'excitations. De nouvelles possibilités sont
offertes par deux autres leviers porteurs de bornes, qui peuvent être
rapidement déplacés soit isolément, soit solidairement, de manière
à intercaler dans l'intervalle d'expériences consécutives de nouvelles
excitations un rapport de temps déterminé avec celles-ci.
P. G.
3° Sensations cutanées et sous-cutanées internes et algiques
DAVID KATZ. — Der Aufbau der Tastwelt (La constitution du monde
tactile). — In-8° de 270 p. (Ergänzungsband de la Zeitschrift für
Psychologie), Leipzig, Barth, 1925. Prix : 9 mark.
Il y a un monde tactile extrêmement riche et dont l'importance
apparaît chez les aveugles avec une évidence toute particulière ; or
les données élémentaires, les qualités sensorielles paraissent très
pauvres.
C'est que, comme le montre K., il se constitue pour le tact, ainsi que
pour les sens supérieurs, des complexus perceptifs, des « formes »-
(Gestalten) caractéristiques, et la mémoire garde l'image d'une indi- CUTANEES ET SOUS-CUTANEES 549 SENSATIONS
•vidualité tactile constante (par la présence de Gedächtnistastungen,
dit K., qui modèle celles-ci sur les «Gedächtnisfarben» de Hering.
Ce mouvement a une influence « configura trice particulière », il est
« gestaltend », et l'auteur a consacré d'intéressantes recherches aux
mouvements d'exploration tactile des doigts, les enregistrant, ainsi
•que les déformations des surfaces palpatrices qu'ils entraînent.
Le rôle des sensations thermiques, de la sécrétion sudorale est objet
d'examen également.
Et une étude soigneuse est faite de la perception des surfaces, per
ception directe ou perception avec milieux interposés divers, et aussi
de la perception spatiale volumineuse (en particulier de l'épaisseur
d'après les données tactiles, non kinesthésiques).
Dans le monde tactile, dont K. suit la formation en gardant la
préoccupation constante de ses analogies avec le monde visuel, le
sens vibratoire joue un rôle dont on n'a pas toujours reconnu l'im
portance. L'auteur lui consacre une grande partie de son étude. Il
est d'ailleurs convaincu qu'il comporte une individualité sensorielle
distincte, tout comme les sens de la pression, du chaud, du froid et
de la douleur cutanée. C'est une opinion qui ne me paraît nullement
justifiée, mais qui, pour l'étude des perceptions tactiles est d'impor
tance tout à fait secondaire. Qu'il s'agisse d'une modalité des autres
sensations cutanées ou d'une qualité autonome, le rôle des impressions
vibratoires, dont Helen Keller a montré tout l'usage qu'on pouvait
faire, n'en est aucunement changé. Et les études de l'auteur sont à
cet égard fort utiles et intéressantes.
K. examine, en fin de son travail les rapports des « formes » tactiles
avec les données visuelles et kinesthésiques. Puis, se lançant dans
les considérations générales, il affirme le primat du tact, montre
l'influence notable des images verbales sur le vocabulaire et la
pensée et envisage le rôle du tact dans les problèmes pratiques de
la pédagogie et de la psychotechnique.
A qui serait tenté de considérer le tact comme un sens inférieur,
l'ouvrage de K. donnerait à réfléchir. H. P.
E. KONONOVA. — L'astéréognosie. — Enc, XXI, 7, 1926, p. 525-
533.
L'astéréognosie n'est pas la simple résultante des troubles qui
peuvent affecter les différentes sensibilités périphériques. Elle peut
être complète, l'atteinte de ces n'étant que très légère,
en tous cas les combinaisons de l'une avec les autres sont très va
riables. Le sens stéréognostique appartient au système d'association,
les sensibilités périphériques au système de projection. Les sensibilités
élémentaires paraissent avoir leurs centres dans les circonvolutions
pariétales, le sens dans les circonvolutions centrales
et plus précisément dans le tiers moyen de la pariétale ascendante.
H. W.
FR.-W. FRÖHLICH. — Ueber die Empfindungszeit des Tastsinnes
(Sur le temps de latence de la sensation tactile). — Z. für B., LXXXV,
4, 1926, p. 376-378.
F. emploie la méthode de simultanéité apparente entre une stimu- 550 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
lation électrique cutanée et la position visuellement appréciée d'un
mobile pour déterminer le temps de latence de la sensation de tact.
Pas de détails techniques sur la méthode, ni de résultats numér
iques, mais seulement des conclusions générales. Comme pour les
sensations lumineuses ou sonores, il y a dépendance du temps de
latence vis-à-vis de l'intensité (entre 0 sec. 035 et 0 sec. 160). Le st
imulus étant bref, il y a lieu d'attendre, dit F., avec des stimuli plus
prolongés, un temps de latence plus grand, comme pour la vision et
l'ouïe, d'après les résultats de Vogelsang et Monje de 1926. (C'est en
effet un résultat qui découle avec évidence de l'analyse systématique
du temps de latence sensorielle que je poursuis depuis 1912 et dont
F. continue à ne pas tenir compte !)
Le temps de latence est donné comme inversement proportionnel
au logarithme de l'intensité (type de formule qui est inadmissible,
comme je l'ai montré, car le temps de latence comporte une part irr
éductible sur laquelle du stimulus est sans action).
Des différences individuelles se montrent : Vogelsang a des temps
de latence double de ceux de F. et de Monje, aussi bien au point de
vue tactile que visuel ou auditif. H. P.
F. KIËSOW. — Nochmals zur Frage der Gültigkeit des Weberschen
Gesetzes im Gebiete der Tastempfindungen (Encore au sujet de la
validité delà loi de Weber dans le domaine des sensations tactiles). —
A. f. ges. Ps., LVI1, 3-4, 1926, p. 395-400.
Résumé de nouvelles recherches en collaboration avec Gatti, à
l'aide d'un nouvel esthésiomètre, d'ailleurs tout à fait semblable
à celui de Toulouse et Piéron, que l'auteur ne cite pas. L'excitation
d'un point tactile de l'avant-bras après destruction des organes voi
sins a donné, pour des pressions de 3,5 et 7 grammes par mm* un
seuil différentiel constant, aux environs de 1 /7 e, ce qui confirmerait,
les résultats antérieurs de Gatti. D. W.
F. KRONENBERGER et V. VON WEIZSÄCKER.— Ueber die
raumsinnlichen Leistungen im Gebiet des Drucksinnes der Hani
(Sur les processus de sensibilité spatiale dans le domaine du sen»
cutané de pression). — • Deutsche Zeitschrift für Nervenheilkunde,.
LXXXVI, 1925, p. 263-275.
Après détermination du seuil cutané de discrimination spatiale-
avec l'appareil à levier de Pauli appliquant des dentelures, les auteurs
notent que des différences spatiales inférieures à ce seuil peuvent
être reconnues qualitativement, sans jugement clair des grandeurs
d'abord, puis avec perception précise des grandeurs, la charge de la
dentelure mise en contact agissant sur l'appréciation de grandeur
{une dentelure, sous charge plus forte, paraissant plus longue).
Des arêtes sont plus finement perçues que des pointes.
Pour l'étude de la sensibilité spatiale, le seuil de Weber n'est pa&
un bon étalon de mesure, font remarquer, avec raison, les auteurs.
H. P. SENSATIONS CUTANEES ET SOUS-CUTANEES 551
MARGARET S. BROWN et GEORGE STRATTON. — The spatial
threshold of touch in blind and in seeing children {Le seuil
du toucher chez des enfants aveugles et chez des clairvoyants). —
J. of exp. Ps., VIII, 6, 1925, p. 434-442.
Les expérimentateurs sont en désaccord sur la sensibilité spatiale
de l'aveugle, jugée par les uns supérieure, par d'autres égale, par
d'autres enfin inférieure à la normale. Ces divergences seraient dues
à la différence des méthodes et au manque d'homogénéité des sujets
étudiés. L'appareil employé dans la présente recherche est une plan
chette qui porte des pointes distribuées sur deux rangées longitudi
nales qui sont parcourues par le doigt ; la distance, entre deux points
correspondants de chaque rangée qui forment une paire, varie, irr
égulièrement, de 2 millimètres à 0 mm. 3 ; chaque paire est séparée de
la suivante par une distance constante de 3 millimètres ; parfois il
n'y a qu'une seule pointe. On se rapproche ainsi des conditions de la
lecture des caractères Braille : le sujet est actif au lieu d'être passif.
(Resterait à savoir si ceci ne change pas complètement le sens de
l'expérience et si l'aveugle ne bénéficie pas ici de toute une éducation
du toucher actif, fonction complexe qu'on voulait mettre hors de
cause dans les expériences classiques, pour n'examiner que la sensi
bilité proprement dite : la question méritait une discussion). On a
cherché à rendre les deux catégories de sujets comparables (âge,
niveau intellectuel, instruction) et on a tenu compte chez certains
aveugles des restes de vision. Dans ces conditions, il y a une supér
iorité assez nette du groupe total des aveugles sur celui des clai
rvoyants. (Moyennes respectives du seuil : 1 mm. 16 et 1 mm. 78). Le
groupe à cécité partielle donne un intermédiaire (1 36), le à totale un seuil inférieur (0 mm. 97). Enfin si Von
réunit les cas de cécité totale de naissance, il s'abaisse encore
(0 mm. 92). P. G.
K.-M. DALLENBACH. — Synesthesis ; « pressury » cold {Un phéno
mène synesthésique : la sensation de pression froide). — Am. J. of
Ps., XXXVII, 4, 1926, p. 571-577.
Les expériences classiques sur les points de froid ont révélé chez
une étudiante, qui auparavant ne soupçonnait pas cette particularité,
un phénomène synesthésique nouveau : des pressions avec une pointe
froide sur des points de l'avant-bras gauche donnent une sensation
de froid dans les dents. On a fait l'étude systématique de quatre
régions (bras droit et gauche, jambe droite et gauche) ; les sensations
de froid sont tantôt localisées dans une dent, tantôt diffuses dans la
région des dents ou des joues ou même de la tête. Tantôt elles se
développent après la sensation locale de pression, tantôt elles sont
simultanées. L'importance théorique du fait est que la mère de la
jeune fille présente des phénomènes d'audition colorée, ce qui fournit
un argument à la théorie qui défend l'idée d'une prédisposition
héréditaire contre la thèse d'une origine associative accidentelle de la
synesthésie. Le fait de la variété des symptômes synesthésiques aux
différentes générations n'est pas un argument contre l'hérédité ; on
ne peut pas non plus admettre que le phénomène n'existe que du jour
où l'attention du sujet, a été attirée sur lui par les circonstances
favorables de l'expérimentation. P. G. 552 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
A. PASTORE et L. AGLIARDI. — Sülle oscillazioni delle sensazioni
di déforma zione cutanea [Sur les oscillations des sensations de défor
mation cutanée). — Ar. it. di Ps., IV, 3-4, 1925, p. 170-196.
Longue revue historique des travaux variés (Lotze, Helmholtz,
Schön et Mosso, Urbantschitsch, Lange, Münsterberg), sur la question
des oscillations se produisant dans le domaine des différentes sensa
tions au cours d'une stimulation prolongée, à laquelle succède un
exposé des recherches faites par P. et A. dans le domaine tactile.
Une balance perfectionnée permet de déposer sur la peau, par un
mouvement quasi insensible, un petit disque de carton de 3 mm. 5
de diamètre, fixé à l'un des bras, tandis qu'un contrepoids placé sur
l'autre, indique, suivant sa position, la pression exercée par le disque.
Les variations de la sensibilité sont notées, soit par enregistrement
graphique, dirigé par le sujet, soit plus simplement, par énonciation
verbale d'un certain nombre de mots convenus à l'avance pour
indiquer le sens et l'intensité des variations. Pour un poids de
0 gr. 50 et 0,75, les oscillations se produisent à un rythme d'envi
ron 18 secondes (apparition et disparition de la sensation, avec un
écart moyen de 10 secondes). Les temps seraient un peu plus longs
avec la méthode verbale, et les écarts moyens plus courts.
De nombreuses observations faites au cours de leurs expériences,
les auteurs concluent que l'appareil sensoriel, s'il a une place dans la
production de ces oscillations, ne joue cependant pas le rôle essentiel
qui ressortirait au système central par un mécanisme sur lequel il
ne croient pas que l'on puisse actuellement fournir la moindre expli
cation. M. F.
M.-J. ZIGLER et K.-M. NORTHUP. — The tactual perception
of form (La perception tactile de la forme). — • Am. J. of Ps.,
XXXVII, 3, 1926, p. 391-397.
Cinq sortes de figures géométriques planes à contours rectilignes
(carré, triangle equilateral, triangle rectangle, losange, hexagone)
sont appliquées sur la peau du bras au moyen d'une poignée et d'un
ressort qui permet d'exercer une pression uniforme ; la dimension
principale des figures varie de 5 à 25 millimètres. La vue et l'explo
ration par le toucher actif sont naturellement exclues. On distingue
quatre degrés : perception exacte, confuse, inexacte, enfin aucune
perception de forme. La précision de la perception tactile passive
des formes est médiocre ; dans aucune des expériences (même chez
un sujet qui connaissait déjà les formes des cinq objets présentés) les
-erreurs ou les incertitudes ne disparaissent complètement. La per
ception paraît avoir un caractère, tantôt immédiat comme la sensation
tactile elle-même, tantôt médiat, avec intervention d'une analyse
des caractères (nombre et grandeur des angles, direction et grandeur
des lignes), impliquant des images tactiles et visuelles. Le seuil de
la distinction des formes (correspondant à plus de 50 % de jugements
exacts) répond à une figure de dimensions 10-15 millimètres, l'opt
imum est déjà atteint pour 20 millimètres. P. G. .
SENSATIONS CUTANEES ET SOUS-CUTANEES 553
D. KATZ — Der Vibrationssinn in seiner Bedeutung für die Psycho -
technik (Le sens vibratoire et son importance pour la psychotech
nique. — Ind. Psychot., III, 12, 1926, p. 375-379.
L'auteur défend la thèse de la dualité du sens tactile : sensations
-de contact et de pression d'une part, sensations de vibrations d'autre
part, dont on ne connaît pas encore le siège anatomique mais qui se
•distinguent assez nettement des précédentes du point de vue phéno
ménologique et fonctionnel. Le sens vibratoire interviendrait dans
la perception du rugueux et du poli et permettrait de saisir des
aspérités de surface de 1 /50e de millimètre. Pratiquement, il a une
grande importance dans nombre de métiers. D. W.
ïDAVID KATZ et FRITZ NOLDT. — Ueber die kleinsten vibra-
torisch wahrnehmbaren Schwingungen (Des plus petites oscillations
vibratoires perceptibles). — Z. für Ps., XCIX, 1926, p. 104-109.
Un électro-diapason de 50 v. d. est mis en communication avec
une planchette munie d'un cône porte-objet. A ce cône est fixée une
préparation microscopique, lame et lamelle, sur laquelle on a gravé
quelques points ou traits. L'oscillation de ces points pourra être
observée et mesurée à l'aide d'un microscope, dont le grossissement
est de 2.2Ô0 diamètres. Un micromètre d'oculaire permet une mesure
très fine, puisque 1 division de son échelle donne 1 /800e de millimètre
(1^,25). Le doigt (pointe de l'ongle) touche la planchette juste au-
dessus du cône porte-objet. On mesure, après l'avoir enlevé, l'ampli
tude des vibrations qu'il a juste perçues.
La sensibilité vibratoire mesurée ainsi se révèle comme étant d'une
finesse extrême. Katz a perçu des vibrations de 0fi,6. Woldt, plus
rsensible encore, des amplitudes de 0fi,3.
Cette finesse de discrimination paraît démontrer, d'après les au
teurs, l'autonomie du sens vibratoire par rapport au toucher, bien
moins sensible. I. M.
B. H. GAULT. — On the Identification of Certain Spoken Words
by their Tactual Qualities [De V identification de certains mots parlés
au moyen de leurs qualités tactiles). — J. of appl. Ps., X, 1,
1926, p. 75-88.
A l'aide d'un appareil décrit dans un travail antérieur, l'auteur
transmet aux doigts du sujet les vibrations correspondant à des
phonèmes ou à des groupes de phonèmes. Les sujets ayant été famil
iarisés avec les différentes syllabes on a voulu voir s'ils sont capables
d'identifier des mots dont les vibrations leur sont transmises pour la
première fois.
Le nombre de réponses correctes n'a été que faiblement supérieur
à celui qu'on pouvait attendre si le hasard seul avait joué. D. W.
ROBERT H. GAULT. — Control Experiments in relation to Identi
fication of Speech Sounds by aid of tactual cues (Expériences de
Contrôle à propos de V identification de la parole au moyen d'impres
sions tactiles). — J. of Abn. Ps., XXI, 1, 1926, p. 4-13.
Il a déjà été rendu compte (voir An. Ps., 1925) des expériences
faites par l'auteur sur l'interprétation tactile de la parole. Les 554 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
résultats obtenus n'étaient intéressants que s'il était démontré qu<yv
n'entrait en ligne de compte aucune transmission par air, ou aucune
communication avec l'oreille interne par voie osseuse. Il devenait
dès lors nécessaire de préciser dans ses moindres détails la technique-
employée.
Les sujets sont enfermés dans une « chambre de réaction ». Chacun
d'eux tient dans sa main un récepteur en forme de disque analogue
à un récepteur téléphonique. L'appareil de transmission se trouve
dans une pièce à côté. Entre l'émetteur et le transmetteur, il y a un
tube amplificateur. Il y a sur un tableau noir, dans la pièce des sujets,.
la liste des stimuli (phrases, mots, diphtongues, voyelles) appelés à.
être employés dans un ordre quelconque. Après une période d'apprent
issage, on est arrivé pour les divers sujets à des valeurs de 25, 29,.
31, 45 et 70 % de reconnaissances, les stimuli étant pris au hasard
dans une liste de 66 mots. Résultats intéressants également en ce qui
concerne des combinaisons de voyelles et de diphtongues (39, 45, 69,
80 %) ainsi que pour les jours de la semaine (en moyenne 161 recon
naissances sur 280).
Pour mettre en évidence l'impossibilité de la transmission par air,,
sourdes' l'auteur fait des expériences comparées entre deux sujets,
deux, dont la première avait une audition résiduelle mesurée toute?
à Paudiomètre de 50-55, et une avance de quelque mois dans l'a
pprentissage de la méthode alors que la seconde donnait 0,0 à l'au-
diomètre et n'avait pas de pré-apprentissage.
Alors qu'entre les deux il y avait initialement une différence de
24,6 points dans la connaissance de 20 stimuli, il n'y avait plus
dans les expériences suivantes qu'une différence de 6,8 p., ceci
prouvant qu'il n'y a pas dans cette reconnaissance possibilité de
transmission par l'air.
Pour montrer qu'il y a bien impression tactile et non pas transmis
sion à l'oreille interne par voie osseuse, on isole tout l'appareil de
réception (écouteur, avant-bras du sujet, etc.) dans un système de
feutrage et on place à côté un observateur qui a les oreilles bouchées^
Chaque fois qu'une excitation parvient au sujet celui-ci prévient
l'observateur qui doit la nommer : ceci naturellement au hasard
d'après une liste qu'il a bien sous les yeux mais où les stimuli sont
différemment rangés, à moins qu'il n'y ait transmission par air.
Dans une seconde série d'expériences, l'observateur est autorisé à
glisser sa main dans une poche à l'intérieur du système de feutrage
et à prendre le récepteur dont il est isolé par cette poche épaisse, de
cette façon il perçoit directement chaque excitation, toutes choses
restant par ailleurs égales. S'il y a transmission par voie osseuse, le
pourcentage des réponses doit augmenter par rapport à la première
expérience. C'est ce qu'on ne constate pas. M. L.
ELMER A.-K. CULLER. — Thermal discrimination and Webw's
Law (Discrimination thermique et loi de Weber). — Ar. of Ps.,.
N° 81, 1926, 134 p.
Cette étude, faite avec soin, et comportant une élaboration précise
des données numériques d'après les règles de la statistique mathéma- SENSATIONS CUTANEES ET SOUS-CUTANEES
tique, repose sur des conceptions et conduit à des théories qui consti
tuent la plus belle illustration du danger des études psychophysiques r
quand fait défaut l'esprit physiologique et physique en matière de
sensations et surtout en matière de sensations thermiques ! Voyons
d'abord la méthode et les faits, puis la théorie.
Les recherches, effectuées pour la plupart sur l'auteur lui-même,-
avec toutes précautions utiles pour éviter les influences suggestives,
consistent à tremper les doigts pendant 3 à 5 minutes dans un réci
pient rempli d'eau portée à une température définie et maintenue par
un thermostat, pour réaliser « l'adaptation » thermique (état d'indif
férence), puis à les tremper, soit dans un nouveau récipient de tempé
rature différant plus ou moins du premier, pour déterminer le seuil
de l'impression de chaud ou de froid (seuil absolu), ou bien à les
tremper successivement dans deux récipients, dont le premier est à
une température définie (différente de la température d'adaptation)
et le second à une température un peu différente, pour la déterminat
ion du seuil de discrimination, du seuil différentiel.
Dans le premier cas, on utilise diverses températures d'adaptation,,
et le seuil absolu est déterminé pour ces diverses températures ; dans
le second cas la température d'adaptation reste fixée à 32° (ce qui
apparaît à l'auteur, d'après les chiffres publiés, sans confirmation
personnelle, comme étant la valeur représentant le mieux la températ
ure « normale » de la peau), et l'on emploie diverses températures
étalons, pour lesquelles est déterminé le seuil différentiel. Le seuil
différentiel se distingue du seuil absolu, pour une température donnée,
en ce que la température étalon est différente de la température
d'adaptation.
En supprimant les premières valeurs, voici pour une série de tem
pératures d'adaptation en degrés, les seuils du chaud (Se) et da
froid (S/) et leur somme (Ec), écart d'incertitude,, en centièmes de
degré (la main gauche restant en outre plus sensible que la droite).
16° 20° 24° 28° 32° 36° 40° 44° ï.
Se 6,7 5,3 3,9 3,8 4,1 6,2 8,1 7,8
7,6 5,9 4,2 3,3 3,8 5.5 7,5 8,8 SA
11,2 8,1 7,1 7,9 Eo. 14,3 .11,7 15,6 16,6
Tout lecteur peut voir, conformément aux données déjà acquises,
qu'il y a un optimum à 28° et que les seuils s'élèvent pour les tempér
atures inférieures (où le seuil de chaud est plus fin) et pour les tem
pératures supérieures (où c'est le seuil du froid qui est le plus bas)^
Mais ceci n'intéresse pas l'auteur.
Pour une température d'adaptation constante, les seuils obtenus
montrent plus d'irrégularités, tenant évidemment à ce que les condi
tions sont beaucoup plus complexes (rôle du temps en particulier). 556 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
24° 0 32° 32° 0 40° 20° 44° 48» T. 28 («) 36
s 40 ,9 138 fi 11 ,3 5 ? ?8 ,7 17 ,3 c 38, ?4, 1S,
s 49 6 1 14 ,? 7 ,8 18 f ,8 60 , 1 38 ,1 ?n, ■11. 3?;,
Ec 90 ,7 6 7 25 ,5 13 ,4 3 66 .8 35 55 70, 44, 24, 6 198,
Les chiffres obtenus avec quelques sujets autres que l'auteur
donnent des résultats analogues, deux ayant un abaissement
des seuils différentiels aux hautes températures et deux autres une
élévation continue ; il s'agit ici d'une influence variable des impres
sions douloureuses qui interviennent alors.
Sur ces données, avec des considérations mathématiques étendues,
-et en arrangeant de façon convenable les résultats, l'auteur prétend
vérifier la loi de Weber, et cela pour les seuils absolus. Le rapport de
la différence perçue à la température d'adaptation serait à peu près
constant (variant de 0,0035 à 0,0053 entre 16° et 44°).
En fait, comme il y a un optimum, il est évident que la constance
■est fausse et qu'il faut truquer pour l'obtenir. Et, théoriquement, il
est absurde d'établir le rapport d'une différence de température à
un niveau en degrés centigrades, quel que soit le moyen d'établir ce
rapport, ici par l'intermédiaire d'une équation linéaire (y = a + bx)
représentant la courbe des seuils en fonction de la température
d'adaptation, comme s'il y avait addition au seuil absolu a d'un
rseuil différentiel, b représentant la constante de Weber, une tempé
rature initiale ou terminale étant faite égale à 0, tantôt 24°, tantôt
32°. Il n'y a pas ici de mesure valable du niveau d'intensité, avec des
échelles conventionnelles.
L'auteur tire donc de ses faits une conclusion à la fois fausse et
absurde, sur la validité de la loi de Weber pour les seuils absolus de
température. La loi ne vaut pas pour les seuils différentiels ; mais
alors, la théorie intervient : utilisant les recherches de Helm et Voigt
sur l'adaptation, montrant que celle-ci est plus lente et plus difficile
à obtenir au-dessus et en dessous de 30° et d'autant plus qu'on
s'éloigne davantage de cette température, il établit un index d'adap
tation qui diminue quand on s'éloigne de la température optima et
qui intervient dans la sensibilité thermique, parce qu'il y a parallé
lisme entre la variation de la vitesse d'adaptation et celle de la sensi
bilité différentielle, et que, dès lors, le second processus lui paraît
déterminé par le premier. La loi de Weber apparaît comme fonction
inverse de l'adaptabilité, la sensibilité absolue variant positivement
avec l'index d'adaptation : un seuil bas signifie adaptabilité grande
(rapide et complète).
Et la théorie est généralisée à tous les appareils récepteurs, qui
-auraient le seuil absolu d'autant plus bas et le seuil différentiel d'au
tant plus haut que le mécanisme récepteur serait plus facilement et
plus complètement adaptable.
Cette théorie est construite sur l'adaptation thermique qui ne peut
•être envisagée que sous l'aspect d'une variation purement physique

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