Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes et algiques - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 534-547

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 534-547
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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3° Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes
et algiques
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 534-547.
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3° Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes et algiques. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 534-
547.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6463S34 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
suite par le sujet. Chaque fois le sujet doit dire le temps qu'elle lui
paraît avoir duré.
b) Epreuve du parcours : trajet de quelques minutes dans un
endroit qui ne soit pas trop familier au malade et dont il doit apprécier
la durée.
Un grand nombre d'aliénés, sous-estiment, comme font les nor
maux, la durée réelle. Sous-estimation excessive dans certains déficits
intellectuels. Surestimation inconstante dans les états d'excitation
motrice accusée et dans les états cataleptiques. Aucune relation entre
les thèmes délirants qui portent sur le temps et ces troubles d'appré
ciation élémentaire. H. W.
3° Sensations cutanées et sous-cutanées internes et algiques
588. — F. ALLEN et P.-A. MACDONALD. — The sensations of
temperature, pain and pressure (Les sensations de température, de
douleur et de pression). — Q. J. of Ph., XVIII, 4, 1927, p. 321-332.
La méthode des excitations intermittentes dont A. a fait un si
grand usage jusqu'ici va-t-elle pouvoir être appliquée à l'étude des
sensations de température et de douleur ? Toutes les tentatives
pour utiliser les stimuli normaux ayant échoué, l'auteur fait appel à
l'excitant électrique (courant continu interrompu) capable de
provoquer des sensations de froid, de douleur, et même de pression
dans certaines conditions. Dans les trois cas les résultats sont de
même allure. On ne peut ici parler de seuil de fusion, les grandes fr
équences n'étant accompagnées d'aucune sensation ; il y a seulement
un seuil d'apparition de la sensation, et si D est alors la durée d'une
onde de courant, on a :
D = k log I + c.
Avec la marge des intensités étudiées, les valeurs de D vont de
1 à 8 <r pour le froid, de 2 à 12 <r pour la douleur. Les droites repré
sentatives sont à une ou deux branches.
On peut se demander, en présence de conditions d'excitation aussi
éloignées des conditions normales, s'il est bien légitime de faire de
ces résultats une loi fondamentale du fonctionnement des appareils
sensoriels cutanés. * A. F.
589. — LUDOLPH FISCHER et JULIUS GRUNDIG. —Vergleich
von normal und tangential zur Hautoberfläche gerichteten Reizen in
ihrer Wirkung auf den Drucksinn (Comparaison de stimuli en di
rection normale ou tangentielle vis-à-vis de la surface cutanée, dans
leur action sur le sens tactile de pression). — Z. für B., LXXXVI,
1927, p. 508-515.
Avec un petit disque collé à la peau, une traction est exercée
grâce à un fil et un crochet, soit perpendiculairement à la surface
cutanée, soit parallèlement à celle-ci. CUTANEES ET SOUS-CUTANEES 535 SENSATIONS
Le rapport des seuils pour les deux modes de stimulation est de
2,2 avec une surface de 1,77 cm2 (r = 7,5 mm.), de 1,95 avec surface
de 0,8 cm* (r = 5 mm.), de 1,3 avec surface de 0,21 cm2 (r = 2,5 mm.),
de 1,2 avec surface de 0,07 cm2 (r = 1,5 mm.), le centre étant juste
placé sur un point sensible.
Les seuils tangentiels sont inférieurs, d'autant plus que la surface
est plus grande (et le nombre de points intéressés élevé).
Les auteurs attribuent l'efficacité supérieure du stimulus tangertiel
à son extension plus grande ; de fait, quand la peau est plus mobile,
son efficacité relative grandit. Sur la peau du genou fléchi ou étendu,
on trouve,\ quand la tension est plus grande même valeur des seuils
avec les deux formes de stimulation (1320 gr.), et seuil tangentiel
plus bas (400 gr. au lieu de 700), avec état relâché de la peau (rapport
de 1,75); facilitant la déformation et son extension. H. P.
590. — M. VON FREY et H. STRUGHOLD. — Ist der Drucksinn
einheitlich oder zweispaltig ? (Le sens de pression est-il unique ou
double ?)— Z. für B., LXXXVI, 2, 1927, p. 181-186. — M. VON
FREY, J. GRUNDIG et H. —Zur Frage der tiefen
Drucksinns (Sur la question du sens de pression profond). — Ibid.,
p. 227-230. — GOLDSCHEIDER. — Zur Frage der tiefen
Druckempfindungen (La question des sensations de pression pro
fondes), Klinische Wochenschrift, 1927, N° 20.
Von Frey continue à discuter avec Goldscheider et ses élèves la
question de l'existence d'un sens tactile profond distinct du sens
superficiel de la peau.
En pratiquant une anesthésie superficielle (qui ne s'étendrait pas
en profondeur, à l'inverse de ce que pense Gpldscheider) par intro
duction électroly tique, les seuils sont d'autant plus élevés que la
surface anesthésiée est plus grande (de 0 gr. 1 à 10 gr. pour 3, 8 cm2,
à 50 pour 13 cm2 et à 100 gr. pour 64 cm2), aussi bien pour la pression
que la traction ; c'est que l'excitation est due d'après les au
teurs, non à l'intervention d'un sens de pression profond qu'ils
n'admettent pas, mais à la propagation de l'excitation aux régions
voisines non anesthésiées. Alors que Cohen (Deutsche Zeitschrift für
Nervenheilkunde, 1926, t. XGIII, p. 245) a trouyé que l'injection
sous-cutanée ou intramusculaire de novocaïne entraînait une éléva
tion (au double ou au quadruple) du seuil d'excitation mécanique
de la peau déjà anesthésiée par iontophorèse, V. F., G. et S. n'ont
trouvé aucune différence et se montrent en désaccord complet avec
Cohen, non plus sur l'interprétation, mais sur le fait lui-même.
Go. discute, point par point, les arguments de Von Frey contre
l'existence d'un sens profond. H. P.
591. — M. VON FREY, L. FISCHER et J. GRUNDIG. — Beoba
chtungen über die Schwellen des Drucksinns bei bewegtem Reiz
(Observations sur les seuils du sens de pression pour un stimulus en
mouvement). — Z. für B., LXXXVI, 5, 1927, p. 503-507.
Une aiguille terminée par une bille de verre inclinée de 45° sur la
peau, tenue par un couteau suspendu entre deux vis est déplacée
par un dispositif mécanique, à des vitesses variables: Les recherches. S§l5 ANALYSES BiBLIOGRÂPHiQUÈS
sur S sujets, ont montré que le stimulus était d'autant plus1 efficace
que lé poids et la vitesse étaient plus grands. Avec 5 mgr., la sensa
tion est exceptionnelle, même à la vitesse maxima de 2,5 cm. par
seconde. Avec iO mgi1., l'excitation peut être déjà perçue à ia vitesse
minima 0,25 mm. par seconde, elle l'est assez régulièrement pour
15 cm. de parcours à là vitesse de 2,5 mm. (impression de contact
légèrement teintée dé chatouillement), sans qu'il y ait de différence
bien notable avec ià stimulation locale par des poils ; l'impression de
mouvement exige dés stimuli assez intenses et rapides. H. P^
SÖÖ. — W.-Ö. HÜLiN. — Äri experimental study of apparent tactual
movement (Etüde expérimentale de la perception tactile de mou
vement apparent). — j. of exp. Ps.,.X, 4, 1927, p. 293-320.
Après avoir étudié le mouvement apparent visible produit par
l'excitation successive de deux points de la rétine, on a recherché des
phénomènes analogues dans le domaine des autres sens : Benussi en
à décrit pour ia perception tactile. — H. emploie un appareil ana
logue ; deux contacts sont produits par la chute de deux pointes
mousses sur' l'âvant-bras ; l'appareil permet de régler la distance des
deux points touchés et là durée de l'intervalle. Les contacts durent
uniformément 150 à ; l'intervalle est tantôt positif, tantôt négatif
(c'ëst-à-dirë que le premier contact dure encore quand le second
s'établit) ; quelquefois lés deux excitations sont simultanées. Les
observateurs ont sous les yeux un tableau représentant par des
schémas lés différentes apparences qu'ils peuvent constater : deux
points simultanés distants ou confondus, deux points successifs
distants öu cöntigüs, mouvement toi al ou partiel (début ou fin
dé mouvement), rëctilignë ou courbé. Ils y ont d'eux-mêmes ajouté
une autre variété, le interne.
Le travail consiste eh une statistique de ces diverses apparences,
ciont on cherche là fréquence en fonction des intervalles dans le
temps et dés distancés dans l'espace. Par exemple sur 1Ö0 épreuves
avec une distancé de 28 mm. et Un intervalle de 75 a. entre les deux
contacts üii sujet accusé 84 impressions de succession et 16 de mou
vement, etc. On groupe tous les résultats de tous les sujets pour
constituer des tables et des graphiques. L'impression de mouvement
montre un optimum pour un intervalle de 75 cr entre les débuts des
deux excitations (qui par conséquent se superposent partiellement
dans le temps). La distance dans l'espace paraît sans importance, si
ce n'est que là fréquence de la perception du mouvement diminue
avec là distancé pour s'ânnùlër au voisinage de la valeur 150 mm. ;
on hé vérifie pas ici là loi de Körte d'après laquelle ies distances
dans le temps et dans l'espace qui corrëspoiident à l'optimum du
mouvement varieraient dans le même sens. Les appréciations subjec
tives des distancés dés points dans l'espacé dépendent à ia fois des
distances objectivés et de l'intervalle dans lé temps. Certains sujets
analysent ieù'rs impressions dé mouvement et distinguent des compos
antes tactiles (pressions), kihesthésiques et visuelles. P. Cr.
IU. — M.- j. ZIoLÊÈ et k MÉRËTtf. — Ä iurtfcër contfibutioû
to ïiiè tactual pércëptibi 6t îbrm {Nouvelles contributions à Vêtu & sensations cuîÀjtètes et sous-cutanées 5â7
de là perception tactile de la forme). — J. o£ éxp. Ps., X, 2, 1327,
p. 184-191
Quelle est l'influence de là continuité öü de la discontinuité du
contour d'un objet sur la perception tactile dé sä forme ? Ori à em
ployé des figurés de 5 millimètres d'épaisseur (triangle equilateral,
carré, triangle rectangle, pentagone, hexagone), les uriës a contours
Continus, les autres à contours ponctues (les pointes qui les consti
tuent sont séparées par dés intervalles évidés de 2 millimètres de
lotig), d'autres enfin représentées seulement par leurs sommets. Ces
figures, exécutées en modèles de plusieurs dimensions, ont été appli
quées sur la paùriié de la mairi, l'émmence thénaï et la surface volâir .-■
de l'avant-bras ait moyen d'un appareil mécanique qui assuré une
pression uniforme de 500 gr. pour toutes lès figurés. Certaines sont
plus correctement perçues que d'autres, le triangle ä un privilège
très marqué, puis viennent le carré, le pentagone : enfin l'hëxagonë
. est difficilement recoilnü. Le nombre des jugements incertains est
considérable. Leä régions se classent, tant au point de vue du nombre
des jugements corrects qu'a celui de leur clarté subjective dans l'ordre
SiliVant dé valeurs décroissantes : pouce, main, bras. Les contours
ponctuels sont un peu rriiëux perçus que les contours continus, les
fîgufëS indiquées par leurs sommets le sont moins bien, d'ailleurs elles
sont souvent confondues avec les figures ponctuelles, l'imagination
complétant la perception. L'image est mieux distinguée de la per
ception avec les grandes figures qu'avec les petites ; certains obsef-
vateurs distinguent plusieurs stades dans la définition progressive
de la forme. P. G.
594. — A.-H. SULLIVAN. — ïhe cutäüeoud perception dî âofthesS
änd hardiless (La perception cutanée de la rholleàse et dé là duré*
té). — J. bf éxp. Ps., Xj 6; 1927, p. 447-462.
En quoi consistent les perceptions de mollesse et dé dureté ? Des
analyses montrent que la première résulte de contacts irréguliëré-
rileiit distribués à l'intérieur de la zone excitée et d'un contour mal
défini) tandis que la seconde possède des caractères inverses. Des
essais de synthèse de cette perception ont donné des résultats pas*
sables* niais ottt surtout mis en évideiice le rôle des sênsatioris ther
miques. Un cylindre de bois donne l'impression de mdU qUähd il est
chaud et de dur quand il est froid. Inversement des excitations
thermiques sans contact d'un corps solide, produites par un courant
d'air chaud ou froid localisé à Une petite région de la peau, donnent
des sensations tactiles en même temps que des sensations de tempér
ature ; le chaud paraît diffus, ä contour mal défini, sans profondeur
ni densité, le froid possède les caractères inverses. L'intensité
de la pression ne joue aucun rôle dans la perception de mollesse et de
dureté ; le mouvement latéral n'est pas non plus, comme le dit Katz,
Une condition de la prfcriiiëre de ces deux perception's. P. G.
595. — J.-P. NAFE. — Détmal Sensitivity with sfeèëiàl téféirehce to
the qualities of tickle and itch (Sensibilité épidernilquë tonc'erhàhi
spécialement les qualités de chatouillement et de démangeaison). —
Ped. Sem., XXXIV, 1, 1927, p. 14-27. 538 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La sensibilité épidermique au chatouillement, que N. distingue
nettement du chatouillement profond de caractère émotionnel, a été
étudiée à l'aide de stimuli déposes lentement sur la peau par l'inte
rmédiaire d'un support et d'une vis de réglage. En aucun cas l'exc
itation d'un point isolé n'a donné naissance à des sensations de
chatouillement. Par contre, l'excitation de plusieurs points, à l'aide
d'objets mis en contact ou promenés légèrement sur la peau provoque
le chatouillement (tickle) ou la démangeaison (itch). L'auteur affirme
donc, contrairement aux observations de Murray (A qualitative
analysis of tickling... Am. J. of Ps., 1908, 289) dont ce travail est la
contre-partie, qu'il n'y a point de chatouillement avec terminaisons
nerveuses spécifiques. Le est conditionné par un
complexe de stimuli tactiles ; il peut être provoqué par le simple
mouvement d'un poil, par excitation de la peau seulement, par
excitation combinée des poils et de la peau.
D'autre part, N. ne trouve pas de différence de nature entre le
chatouillement et la démangeaison, également doués de caractères
de netteté, de spatialité, de fluctuation au cours du temps, faisant
appel à l'attention et provoquant souvent une réaction. La diff
érence entre ces deux modes de sensibilité serait seulement quantitat
ive, le chatouillement résultant d'une expérience moins intense et
moins nette que la démangeaison. A. B.-F.
596. — M. VON FREY. — Eine Bemerkung über den sogenannten
Vibrationssinn (Une remarque sur le soi-disant sens vibratoire). —
Z. für B., LXXXV, 1927, p. 539-541.
Katz et Noldt ont montré qu'on pouvait avec le doigt, sur une
surface en communication avec un diapason, percevoir des vibrations
de quelques dixièmes de micron d'amplitude, ce qui serait sans rap
port avec la capacité perceptive du sens tactile de pression, d'où
un argument en faveur de la doctrine de Katz sur l'autonomie du
sens vibratoire.
Von Frey, qui n'atlmet pas cette autonomie objecte que la consi
dération de l'énergie fournie ramène le seuil de sensibilité vibratoire
au seuil de sensibilité à la pression.
La rapidité maxima Go est égale à 2tc que. multiplie le produit
de l'amplitude par le nombre de vibrations à la seconde.
En admettant les valeurs de 50 sec~' et l\x = 10"~'f cm., on a :
G, = 3.14.10-2 cm.sec-1.
La vitesse moyenne est les deux tiers de cette valeur, et le carré
de cette vitesse devient :
G1 = 4,9.10-« cm2, sec-2.
D'après les données des auteurs, V. F. pense pouvoir donner à la
masse en jeu la valeur de 1 kilogramme.
Dès lors l'énergie cinétique, produit de la masse par le carré de la
vitesse représente :
0,25 g. cm2. sec~2 = 0,25 erg CUTANEES ET SOUS-CUTANEES 539 SENSATIONS
Or le seuil de pression sur une surface de 0,2 mma correspond à
environ 0,4 erg., et, dans l'excitation de points de pression isolés on'
arrive à obtenir une sensation avec 0,002 erg., plus de cent fois
moins que l'énergie vibratoire liminaire dans les expériences de Katz.
L'argumentation de Von Frey ne laisse pas toutefois de s'accorder
assez mal avec sa théorie du « Drucksinn ». En effet celui-ci serait
mis en jeu par une certaine déformation cutanée au niveau des récep
teurs, et la notion d'énergie ne permet pas l'évaluation réelle de
l'intensité du stimulus, la seule engendrée par l'énergie
dépensée entrant en compte.
Dès lors, ce qui compte, c'est la déformation réelle correspondant
au stimulus vibratoire d'amplitude donnée, et c'est elle qui devrait
être comparée aux déformations pouvant correspondre au seuil du
tact (avec intervention possible de phénomènes de sommation) en
tenant compte d'une intervention de la vitesse de déformation.
H. P.
597. — CBSARE COLUGGI. — Una îunzione tattile acustica (Une
fonction tactile acoustique). ■ — Atti délia R. Accad. Medico-Chi-
rurgica di Napoli, LXXVÏII. Extrait, Naples, 1926, 12 p.
C. donne le résultat de nouvelles recherches sur Eugenio Malossi,
déficient sensoriel profond, à la fois s^urd-muet, aveugle et anos-
mique, âgé de 32 ans, ayant joui de la vue jusqu'à l'âge de 6 ans, et
doué d'une habileté professionnelle très grande comme mécanicien,
construisant, d'après des données de son invention, des machines à
écrire pour aveugles.
Or Malossi possède une intéressante « audition tactile » grâce à
sa perception des vibrations : en touchant les vitres de la fenêtre,
il reconnaît des passages d'automobiles ou de trains, perçoit la
rumeur de la foule, une musique qui passe. Il distingue quelques
paroles grâce au contact de la main, mais n'est pas très éduqué dans
ce sens.
La vérification de la surdité montre que celle-ci est totale, et qu'il
n'y a aucun fonctionnement de l'oreille, ni cochléaire, ni labyrin-
thique. La perception vibratoire du diapason va de 16 à 1.500 v. d.,
avec capacité de reproduire la hauteur par la voix sans erreur de
plus d'un demi ton, du moins entre 25 et 488 v. d.
Il distingue immédiatement 258 et 290 v. d., 244 et 258 (le seuil
n'ayant pas été déterminé faute d'instrumentation appropriée).
La durée de perception du diapason qui normalement est maxima
sur le tibia et la mastoïde, est maxima chez lui à la plante des pieds
(dont la sensibilité permet la perception des bruits transmis par le
sol) et sur la pulpe des doigts.
Ceci est en faveur d'une perception réellement tactile et non d'une
transmission osseuse des vibrations au limaçon, dont la surdité ne
serait complète que pour les aériennes. H. P.
598. — R.-H. GAULT. — On the identification of certain vowel and
consonantal elements in words by their tactual qualities and
by their visual qualities as seen by the lip reader [Identification de
quelques voyelles et consonnes au moyen des qualités tactiles et visuel- ;
546 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les appréciées par ta lecture du mouvement des lèvres). — J. of
Abn. Ps., XXll, 4, 4927, p. 33-39.
Une jeune femme sourde, de 28 ans, lisant assez facilement le
mouvement dès lèvres et entraînée par de nombreuses expériences
préventives à l'interprétation tactile de ia parole (voir J. of Abn. Ps.,
4926) est soumise a 172 stimuli (mots anglais monosyllabiques),
qui sont présentés 399 fois, 20 mots devant être lus sur les lèvres,
alternant avec 20 mots, où toutes choses égales d'ailleurs, intervenait
eft outre l'interprétation tactile.
On constate dans le deuxième cas, un beaucoup plus grand pour
centage de mots reconnus. Les résultats indiquant un certain rôle
joué par les diphtongues ou les consonnes terminales, l'auteur se
propose une expérimentation méthodique dans ce sens. M. L.
599. — KURT STRAUSS et HERBERT V. VERSEN. — Untersu
chungen über die Reizschwellen des Temperatursinnes (Recherches
sur les seuils d'excitation du sens thermique). — Z. für Sin.,
LVili, 5, 1927, p. Iè6-174.
Les auteurs ont fait par la méthode de Hahn des recherches après
anesthésie par électrcsmose provoquant une élévation des seuils,
sur ^influence de l'adaptation. Après une certaine durée (de 20 à
22Ö secondes) d'action d'une température d'adaptation, le seuil du
chaud ou du froid est déterminé. Dans ces conditions ils déclarent
vérifier la loi de Hahn, de la « somme constante », ce qui signifie sim
plement l'absence dWe action propre de l'adaptation, le seuil corre
spondant toujours à un même niveau thermique du stimulus. Mais
cela prouve seulement l'inexistence de l'adaptation dans les condi
tions de l'expérience. H. P.
ÖOÖ. —M. FRANÇOIS et H. PIERON. — Les sensations de chaleur
d'apparence interne sont d'origine cutanée (Expériences par là
méthode diathermique). — C. R., CLXXXIV, 1927, p. 1669-1671.
Dans réchauffement diathermique, on a une impression de chaleur
d'apparence interne.
Quand cette impression de chaleur débute (au poignet, région de
densité maxima des courants, lorsqu'on tient les électrodes dans
les mains), il y a une élévation liminaire de la température cutanée
superficielle de 3 à 5 centièmes de degré, ce qui correspond à une
élévation plus grande au niveau des appareils récepteurs^ plus pr
ofondément situés, et en accord avec les valeurs probables du seuil
cutané.
Quand on retarde ou accélère l'élévation de température cutanée
(chlorure d'éthyle ou compresse froide ; ou arrêt circulatoire)* on
retarde ou accélère le début de la sensation de chaleur ; cette sensa
tion est retardée par une hypoesthésie thermique superficielle (sto-
vaïhe, phase tardive d'action dû menthol).
Ce sont donc bien les organes sensibles cutanés qui assurent l'im
pression de chaleur même en cas d'échauffement d'origine interne.
H. P.
éftl. — M. FRANÇOIS et ti. PIÉTON.— te la nature an phé- !
'

'
SÉNSAfl.ONS CUTANEES EJ SOÜS-CUTAJJEES 5£1
l'adaptation en matière de gençiljilijté th.erwjflf.ije. — B, B,.,
XGVII,1927J p. 562-564.
Recherches sur l'adaptation au froid par circulation d'eau dans un
brassard en caoutchouc, avec prises dés températures cutanées au
moyen d'aiguilles thermo -électriques, en faisant intervenir de façons
variées un échauffement interne par diathermie.
Voici, dans le tableau ci-joint, une série de résultats numériques
indiquant la température cutanée initiale (T. c. i.), celle du liquide
circulant (T. s.) et la température cutanée une fois l'adaptation
établie (T, c. é.), quand la sensation de froid a disparu, température
d'équilibre (ne subissant plus ultérieurement que des variations
très faibles et très lentes).
T. c j. T. s. T.e p. CpqditipDB Te.mpj
?0o 27o 25 min (Circulation siniple. I32°p 22° <î60 II 32« 20 min.
23° III 32°4 26 4 16
240 27° IV 32o 25 min
219 y ß3'*> ,28.°2 Circulation et H min. djajthermi^
16 min. VI 32°8 20o5 29°5 et diathermie " h 300 ma
20° VII 32<>5 31,»8 7 min. Circulation et diatbermie
à 450 ma.
26° 21» VI! 1 28o2 apr^s adap^- 26 min.
tation en diathermie 5e
200 ma.
IX 29p5 259 20*5 Cjrculajtion aj r§s 3iQ min.
tation en dialtiermie de
30Q ma.
20° X 34«>8 25<-5 68 min Circulation après
tation en diathermie de
^5,0 ma
23? après dia- XI 36*8 26°3 37 min.
thermi.e à 450 ma 2405 20° 30 rain. Circulation continuant XII 26°5
après diajtjb;ermj..e ia 45,0
ma suivant une
tation (à 24°).
Au cours de la diathermie, l'équilibre est obtenu, ainsi que la
suppression de la sensation de froid, à un niveau thermique cutané,
d'autant plus élevé, au bout d'un temps d'autant plus court, que
l'intensité des courants de haute fréquence est plus grande (expé
riences V, VI, VII). Une fois l'état d'indifférence obtenu, il peut être
maintenu en ramenant les courants dia thermiques à une intensité
convenable, telle que l'équilibre persiste ; si l'on continue la diather
mie avec la même intensité, la température cutanée s'élève sous le
brassard refroidissant, et la sensation de chaleur apparaît ; si l'pn
cesse complètement la diathermie (expériences VIII-IX-X), la sen.
sation de froid reparaît (ce qui montre bien qu'il n'y a pas fatigU-e
des terminaisons sensorielles) et continue, jusqu'à ce qu'un nouvel 542 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
équilibre s'établisse, d'autant plus tardivement obtenu que la dia-
thermie préalable a été plus intense et a entraîné l'adaptation à un
niveau thermique cutané plus élevé.
L'équilibre est plus lent à obtenir aussi quand la circulation froide
commence après un échauffement diathermique intérieur qui se
dissipe peu à peu pour laisser- se rétablir la température interne
normale (expériences XI et XII).
Dans le cas de l'expérience XII, après adaptation à l'eau froide
à 20° (température cutanée stable à 24°), la diathermie entraîne une
élévation thermique à 26°5, avec sensation de chaud. Quelques ins
tants après la cessation de la diathermie, le froid revient et la tempé
rature s'abaisse jusqu'au nouvel équilibre (à 24°5), qui correspond
au retour de l'indifférence.
Ni le niveau de la température cutanée, ni le temps d'action, pour
un stimulus donné, ne se trouvent en relation constante avec l'état
d'adaptation. Celui-ci est exclusivement lié à la réalisation d'un
équilibre thermique cutané, avec stabilité de la température au ni
veau des appareils récepteurs, quelles que soient les conditions de
réalisation de cet équilibre. H. P.
602 — H. PIERON. — De l'inefficacité de l'adaptation thermique
au point de vue des seuils de brûlure. — B. B., XCVII, 1927, p.
1230. (Reproduction de la note). #
« Nous avons montré, avec Marcel François, que l'adaptation the
rmique consistait en la réalisation d'un état d'équilibre de la tempé
rature cutanée. La sensation thermique implique une variation de
température, et disparaît quand l'équilibre est réalisé.
« L'adaptation au chaud ou au froid comporte une élévation ou
un abaissement déterminé du niveau thermique de la région des
organes sensibles, et, au point de vue de l'action extérieure d'un
stimulus cutané chaud ou froid, le changement du niveau initial a
pour conséquence de diminuer ou de renforcer la sensation thermique
provoquée. Le même effet est-il obtenu pour l'excitation douloureuse
de nature thermique, en particulier pour la brûlure ?
« L'expérience m'a montré qu'il n'en était rien. Normalement, la
main étant entièrement plongée dans un récipient contenant de l'eau,
le seuil de la sensation douloureuse est obtenu pour une température
de l'eau de 45° à 46°.
« Or une main ayant été « adaptée » au froid par un séjour de
10 minutes dans de l'eau à 20° et plongée dans un récipient avec
l'eau à 44° n'a pas plus que l'autre main l'impression de brûlure
douloureuse (mais seulement une sensation de chaleur plus intense) ;
le seuil reste fixé entre 45 et 46° et n'a donc pas été abaissé. De même
après dix minutes de séjour d'une main dans de l'eau à 40°, avec
adaptation, la sensation de brûlure est identique dans l'eau à 46°
à ce qu'elle est de l'autre main non adaptée.
« Ceci indique bien que la sensibilité douloureuse par échauffement
cutané répond à un mécanisme tout différent de la sensibilité à la
chaleur (de nombreux phénomènes de dissociation ayant montré
déjà l'indépendance de ces deux formes de sensibilité).
« II est probable que la douleur par brûlure est liée à un niveau

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