Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes et algiques. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 574-589

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 574-589
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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3° Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes
et algiques.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 574-589.
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3° Sensations cutanées et sous-cutanées. Sensations internes et algiques. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 574-
589.
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psychologique du temps,, sentiment de la durée, sentiment de com
mencement et de terminaison, changement et rythme, présence et
absence* attente, durée intellectuelle.
II. Mémoire élémentaire. Problème de la. mémoire, récit, et va
riétés du récit, procédés de narration, fabulation, présent, illusion de
déjà vu, présentification» amnésies rétrogrades et antérogrades,
amnésies localisées.
III. Organisation du temps. Degrés du réel dans les récits, apprécia
tions et délires de la mémoire,, temps des philosophes, temps des
savante, temps des historiens, progrès, évolution, temps créateur.
Les titres seuls indiquent déjà combien les questions sont envisa
gées d'un point de vue concret et vivant.
La notion générale est que le temps est édifié psychologiquement
par union de la durée avec la mémoire et le langage qui rend possible
l'acte différé et la conduite vis à vis de ce qui est absent. Le temps
# n'est pas une forme mais une construction, de l'esprit. H. P.
3Q Sen-satjons cutanées et squs-cutanées. Sensations
INTERNES ET ALGIQUES r
703. — E. SHARPEY SFîAFER. — The effects oî denervation of a
cutaneous area {Les effets de Vénervation d'une surface cutanée). —
Q. J: of exp. Ph., XIX, 1928, p. 85-107.
Après Head, Trotter et Davies, Boring, le physiologiste d'Edinv
bourg Schäfer a voulu à son tour expérimenter sur lui-même lès
■effets sensitifs des sections nerveuses. FI commença par un rameau
du cutané, à l'avant-bras gauche- (Recovery after severance of
cutaneous nerves. Brain, . 1*92 7, L, p: 538), mais n'obtenant que
<lë l'hypoesthésie par suite de suppléances dues aux rameaux voisins
(avec toujours la phase classique d'hyperalgésie) il choisit les r
ameaux terminaux du nerf cubital innervant le petit doigt ; le r
ameau innervant là face palmaire et le côté radial fut d'abord sec
tionné, et, quelques semaines après, au cours d'une nouvelle opérat
ion, le rameau innervant le côté cubital fût écrasé.
Après section ou écrasement, il y a une douleur, projetée sur le
territoire énervé, brûlure très passagère après l'opération, brûlure*
continue ensuite durant quelques semaines (irritation cicatricielle
probable). Et on observe une disparition totale des sensibilités eu*
tanées, au contact, au chaud, au froid, à la piqûre (sans examen des
modalités des sensibilités de pression profonde).
Ensuite, de façon précoce après écrasement, bien plus tardive
après section, revient la sensibilité douloureuse, sur la zone proche'
<le la cicatrice d'abord, et s'étendant progressivement jusqu'à l'extré
mité dy doigt. Quand la douleur revient, Phyperalgésie se manifeste
nettement (à des excitations par poils de von Frey, à des pressions
tin peu accentuées et répétées surtout, a des excitations nettement
chaudes ou froides).
!.. Voir aussi les n°« 93-105-107-ll2rl2ârl25-126-127-144-242-683. :
SE.VSATJOJS. CUTAJXEES. ET SOUS-CUTANEES 575
Dans le Gas de la. section, si la douleur débuta au bout de 3 mois
environ (gagnant au 7e mois l'extrémité du doigt) ce n'est qu'au
bout d'un an que commença à se manifester une sensibilité ther
mique grossière (distinction du chaud, à 4'5° et du froid à 0°), et après
15- mois (quand fut rédigé le mémoire) la sensibilité tactile n'était
absolument pas revenue.
Au contraire, après écrasement, dès le premier mois les sensibi
lités revinrent, et se montrèrent absolument normales au bout de
3 mois, Fhyperalgésie initiale ayant rétrocédé quand les autres formes
4e sensibilité se rétablissaient.
L'auteur fait quelques hypothèses sur l'hyperaigésie de retour,
envisageant en particulier la minceur de la couche de myéline (si les
fibres douloureuses ne sont pas toutefois amyéli niques) mais n'envi
sage pas celle de Beadsur ^absence d;une inhibition par le système
épiciïtique. Ii s'élève d'ailleurs très vivement contre la conception
■de Head eties expressions de ce dernier.
I! n'y a pas d'après lui de système pro topathi que, il y a un systèniB
douloureux (dbT»t" il n'envisage pas la dissociation possible), et la
douleur ne peut pas être considérée comme une forme primitive de
sensation mais au contraire comme une forme tardive, en sorte que
^expression de protopathique ne luiiconvient aucunement. H. P.
794. — W. DUL1ÈEE. — ^'irritabilité et la sensibilité frxm tissu
greffé après <wal<mes aimées. — B. B.,. XGVIII, 1928, p. 333-334.
Wn< malade atteint de lupus subit une greffe faciale d'un; lambeau
eutané du bras. Au bout de 1:5 aas on remarque que le greffon reste
pâlfe quand le malade rougit, et, chose curieuse, les caractéristiques
■d'excitabilité électrique sensitive de la peau restent celles du bras
(rhéobase a 20 volts, et chronaxie à 0,7 a) et très différentes de
■celles de la joue saine (rhéobase à 8' volts, chronaxie très élevée,
non mesurable, avec l'appareil utilisé). H. Pi
7tF5. — ALB. ZAMA. — La percezione tattiië deUa forma (La per
ception tactile de la forme). — ■ Contributi del Laboratorio dî
Psicologia e Bioïogia, Univ. dël Sacro Cuore, Milan, FV, 1928;
p. 363-383.
Expériences bien limitées et peu significatives en ce qui concerne
le problème posa.
L'auteur a donné à trois sujets des morceaux de carton découpés
•en formes géométriques, ou en silhouettes d^objets (hache, couteau,
homme, automobile, etc., etc.)
Il a constaté que la reconnaissance des formes géométriques se
faisait assez bien, que celle des objets se faisait de travers, avec
influences variées (de l'attitude, des préoccupations habituelles, etc.),
et évocation d'images visuelles. Mais quelle signification tactile peut
avoir un petit morceau de carion découpé ?
Z. se demandait si on pouvait acquérir, dans la reconnaissance des
formes, des complexes exclusivement kinesthésico-tactiles ? Cela ne
semble pas, pouvoir faire de doutßi
Pour étudier cette acquisition, il n'y a qu'à associer un nom. con
venu à une forme donnée, qui -n'aura même pas besoin. de represent 576 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ter l'ombre chinoise d'un objet vu. Mais le contour d'une silhouette
d'automobile ne peut avoir la signification de l'automobile que dans
la représentation visuelle ; pour donner un sens au morceau de car
ton correspondant (sens qui pourra être celui de l'automobile, mais-
aussi bien de toute autre chose), il faut une éducation appropriée et
nouvelle.
Le problème a été mal posé, aussi le travail n'a-t-il rien donné.
H. P.
706. — ELMER L. DE GOW1N et FORREST L. DIMMICK. — The-
tactual perception oî simple geometrical Forms (La perception tac
tile de formes simples géométriques). — J. of gen. Ps., I, 1, 1928,
p. 114-122.
En appliquant avec une pression égale sur la paume de la main du
sujet, qui est ignorant de la nature de l'expérience, une ligne, un
cercle, un triangle equilateral et un carré, on demande au sujet de
décrire ce qu'il perçoit et de le dessiner, après chaque essai. En géné
ral la ligne et le cercle sont perçus à peu près au bout des premières
applications, d'après les dessins des sujets, le triangle et le carré n'ar
rivent à peu près pas à l'être.
Mais il y a cependant des perceptions qui permettent de recon
naître les formes : si on leur donne des noms conventionnels, les
jugements exacts ne tardent pas à être constants et beaucoup plus
tôt pour le triangle et le carré que pour le cercle cette fois.
Les formes tactiles ne donneraient pas la représentation géomét
rique visuelle par elles-mêmes, mais seulement par éveil associatif
d'expériences visuelles. H. P.
707. — G. RÉVESZ. — Ueber taktile Agnosie (Sur Vagnosie tactile).
— Gr. in-8 de 138 pages. Haarlem, Ervin F, Bohn, 1928.
Dans cet ouvrage, l'auteur, après des données générales sur la
perception tactile, comparée à la perception visuelle, sur le tact et la
« forme » envisage l'agnosie tactile et l'examen des sensibilités
élémentaires et des perceptions dans les cas d'agnosie ; il relate enfin
six cas d'agnosie qu'il a examinés systématiquement.
Il distingue trois types d'agnosie d'après la Symptomatologie :
P« ahylognosie », par méconnaissance de la matière dont sont faits les .
objets, P« astéréogncsie » par méconnaissance des formes (P« amor-
phognosie concernant la des formes planes), enfin
P« achrematognosie » par des objets familiers ; il
ramène les agnosies d'après le mécanisme causal à des troubles
des fonctions sensorielles élémentaires de la peau ou de la motilité,
ou de la localisation, ou enfin des fonctions perceptrices supé
rieures. H. P.
708. — ENRIQUE MOUCHET. — Contribucion al estudio de la
sensibilidad tactil (Contribution à V étude de la sensibilité tactile). —
Revista de Criminologia, Psiquiatria..., XV, 85, 1928; extrait,
34 pages.
L'auteur a procédé chez dix sujets à des investigations haphies-
thésimétriques de façon systématique, sur la pulpe de la phalangette
en des points définis (sur une ligne médiane). SENSATIONS CUTANÉES ET SOUS-CUTANEES 577
II note, que, par répétition de la stimulation, il y a une phase brève
d'accommodation caractérisée par l'abaissement du seuil spatial de
discrimination-, puis une phase de diminution progressive de l'acuité
tactile, enfin une phase stable, avec des oscillations. Il trouve qu'il
existe, pour chaque point une acuité propre, l'un des points ayant
l'acuité la plus fine, avec décroissance progressive quand on s'éloigne
de lui (ce que l'auteur rapproche de l'acuité visuelle de la rétine). La
main gauche a en général une finesse plus grande mais sans que les
données soient à cet égard très constantes. H. P.
700. — H. DŒVENSPECK. — Festigkeitstechnische Bemerkungen
zur Schwellenbestimmung mittels Reizborste {Remarques de pré
cision technique sur la détermination des seuils avec des poils exci
tateurs). — Z. für. Sin., LIX, 1, 1928, p. 6-10.
Remarques mécaniques. La pression exercée est égale à arc2 El -p-
formule dans laquelle E est le module d'élasticité, I le moment
d'inertie, l la longueur, et a une constante qui varie de 0,25 à 4 sui
vant la manière dont les deux extrémités sont maintenues, d'où une
incertitude considérable dans ce mode de rrïesure. H. P.
710. — F. NEGRO. — Nouvelle méthode d'examen comparé de la
sensibilité tactile de zones cutanées symétriques ou limitrophes
(diaesthésie). — Journal de Neurologie et de Psychiatrie, XXVIII,
2, 1928, p. 111.
On augmente notablement une différence légère de sensibilité
en revêtant d'une couche de collodion les deux zones à comparer
(pour examens tactiles, thermiques, algiques ou électriques), ce pro
cédé « diasthésique » facilitant l'appréciation d'un trouble de sensi
bilité localisé par comparaison avec une région symétrique normale.
H. P.
711. — S. PETZOLDT. — Beiträge zur Lehre vom Vibrationssinn
{Contribution à la théorie du sens vibratoire). — Z. f. Ps. CVIII,
3-4, 1928, p. 155-194.
Cet intéressant travail continue et complète celui de Kietzmann.
L'appareil employé est un triangle formé de pièces de bois de 2 à
3 mètres de long, dans l'intérieur duquel le sujet est assis et auquel
des vibrations sont communiquées par des vibrateurs. On prend les
précautions nécessaires pour éliminer tout critère acoustique. Le
sujet place les deux mains sur un des côtés du triangle à 50 centi
mètres l'une de l'autre. Dans ces conditions il peut indiquer infaill
iblement de quel côté vient la vibration. L'attention ne se porte pas
sur ce qu'on sent dans les mains, le phénomène est objectivé, extérior
isé comme un son (et cette comparaison est souvent indiquée dans
les témoignages des sujets). Si on croise les mains, si on se place à
côté de la tige de bois de manière qu'une des mains soit en avant et
l'autre en arrière, la localisation se fait encore, mais avec moins de
sûreté. Avec une seule main, elle n'est possible que pour des vibra
tions très fortes (il faut rapprocher le vibra teur à 30 ou 15 centi
mètres). Avec les pieds elle est aussi parfaite qu'avec les mains. Elle
i'année psychologique, xxix. 37 est encore possible, mais moins sûre, avec: une main jet un pied, une
main et le front.
Comme on pouvait penser qu'avec le dispositif précédent, la» main
Cfui< est du côté de la source amortit la vibration pour Pàutre
(ce qui créerait une différence d'intensité), on a refait l'expérience
principale avec une poutre de boi» de 10 centimètres carrés de sec
tion. La localisation s'est montrée parfaite.
Au? contraire pour étudier en détail les conditions physiques d» la
perception, on s'est servi d'une corde de piano tendue qui se reflet
chissait en son milieu sur un chevalet : c'est en ce point qu'on produit
sur" chacune des deux cordes. la vibration ; le sujet place un doigt
Or il indique toujours comme provenance' le côté de là main la plus
l'approchée du' chevalet; Comme l'intensité est la même des deux
côtés, la localisation est donc fondée sur la différence des temps de
transmission de la vibration aux deux doigts.
Il semble d'abord qu'on puisse localiser une vibration égale et
continue. Il n?en est rien : les expériences^ de contrôle montrent qu'on
ne localise dans ce cas que grâce- au premier choc : l'épreuve ne réus
sit plus si on pla«e les mains sur l'appareil quand 1« diapason est
déjà en vibration.
P. a déterminé les seuils du sens vibratoire. Il a constaté qu'une
vibration faible encore, sensible isolément, peut être Mafcquëe par unfr forte synchrone sentie au même moment par l'autre main.
Mais- dans ces conditions la localisation reste possible : elle ne peut
évidemment être fondée sur une comparaison d'intensité et ne
s'expliquer que par la différence de temps.
Enfin le sens vibratoire analyse jusqu'à un certain point efreon*
tinue à localiser plusieurs vibrations simultanées de qualité diffé
rente communiquées au même objet. On peut observer dans ce do
maine des mouvements apparents semblables à ceux qu'on a étu--
dies* dans le domaine de la vue et du toucher. P. G.
712. — G. W. CRANE. — The tactual qualities of spoken vowel»
and diflhtongs (Les qualités tactiles des voyelles et des dïphton-gues
parlées). — J. of Abn. Ps., XXII, 4, 1928, p. 473-479.
L'expérience d'« audition tactile » a été effectuée avec 6 sujôts ;
3' en dehors de la portée de la voix et psychologues. Les 3 Sourds,
sujets percevaient les sons au moyen des vibrations d'un diaphragme
söüs la pulpe des doigts. Pour l'un d'eux utilisé comme contrôle, les
Séances ont été uniformes, d'une durée ne dépassant pas 1/4 d'heure.
A titre d* apprentissage on lisait d'abord au sujet deux fois de suite;
lés stimuli dans un ordre connu de lui. Ensuite on les lui soumettait
en désordre. Au cours de l'expérience on a observé pour ce sujet une
augmentation dans la reconnaissance des 6 éléments (e-er-o-an-aw)
allant fié' sujet de contrôle il à 78 %. marquait Pour un" les autre, réponses elle a qu'il été jugeait de l'ordre certaines, de 45 à notait 11 %.
d'un point d'interrogation celles dont il doutait franchement. Celles
non annotées témoignaient d'une certitude relative. Les pourcen
tages d'exactitude étaient respectivement SI', 43,6 et 57,6 %. Tout
efois, même dans le cas le plus défavorable, le nombre des réponses,
justes était* 3 fois la valeur qu'il aurait atteinte si le hasard seul
avait été en cause. M. L. CUTANÉES ET SOUS-CUTANEES 579 SENSATIONS
713. — R. H. GAULT et G. W. CRANE. — Tacttiaï patterns from
certain vowel qualities instri"mentaily communicated from a spea
ker ta a subject's- fingers {Schémas tactiles de certaines qualités vo
cales communiquées mécaniquement d'un speaker aux doigts du
sujet). — J. of gen. Ps., I, 2, 1928, p. »53-359.
G. a déjà montré la possibilité d'utiliser un vibrateur téléphonique
poiar transmettre tactileraent la parole aux sourds. Les résultats
sont encourageants, mais il convient de chercher à accroître le pou
voir d'analyse de la sensibilité vibratoire, trop grossière en ce qui
concerne la différenciation des fréquences. A cet effet, l'auteur ima
gine tu û appareil ingénieux, le télétacteur multiple, composé de 5 ré
cepteurs sélectifs, un pour chaque doigt, qui ne laissent filtrer chacun
qrt'uné régior,: déterminée dans la gamme des fréquences (au-dessous
de 250 p.S'. pour le pouce, et successivement pour les autres doigts :
250-500, 500-1000, 1000-2000, au-dessus, de 2000). Dans ces condit
ions, à chaque vocable correspond, un schéma spatial', un « pattern »
déterminé. D'après tes essais, des couples de soks comme oo-aw,
o-aw, e-er etc. (prononciation anglaise) sont distingués 20 fois sur 20
par 2 sujets, oo-ah 18 fois, o-aft 12 fois, ah-aw 8 fois. Avec le dispos
itif adopté, ce sont le pouce et le quatrième doigt qui se trouvent le
plus souvent utilisés. A. F.
714. — V. O. KNUDSEN. — « Hearing » with the sense of touch
(£'« audition » par le sens du toucher). — - J. of gen. Ps., I, 2, 1928,
p. 320-352.
Les sourds-muets pourraient-ils, grâce au toucher, saisir la musique
ou tout au moins la parole ? Des exemples célèbres, des tentatives
réceates, donnent quelque espoir à ce sujet. Tout dépend du pouvoir
d'analyse possédé par le sens tactile, comparativement à celui de
Toreille. K. procède à un inventaire systématique de la sensibilité
vibratoire, à l'aide d'un dispositif comprenant : 1° un générateur
d'oscillations électriques sinusoïdales ; 2° un vibrateur électroma
gnétique placé à la sortie de l'oscillateur ; 3° un levier oscillant, lié
au vibrateur, et sifr lequel le sujet pose son doigt ; 4° un dispositif
optique permettant Tentregistrement des ondes et la mesure des
déplacements.
La sensibilité vibratoire, mesurée par l'inverse de l'amplitude limi
naire, a été étudiée en fonction de la fréquence, entre 32 et 1600 vi
brations (la limite inférieure étant de 15 environ et la limite supé
rieure, non atteinte ici, étant probablement de l'ordre de 3 ou 4.000).
La courbe des seuils (4 sujets examinés) révèle un maximum de sen
sibilité vers 256 vibrations,' avec une amplitude correspondante de
0 (j., 1 environ alors qu'aux extrémités 10 \x sont presque nécessaires.
K. examine ensuite l'appréciation des différences d'amplitude. La
courbe du seuil différentiel relatif en fonction des amplitudes (expri
mées en multiples du seuil absolu) est tout à fait analogue à celle
qu'on obtient pour les sons : descente d'allure hyperbolique, indépen
dance vis-à-vis de la fréquence, tendance vers l'ordonnée 0,05. Mais
l'analogie ne se poursuit pas lorsqu'on s'adresse à la différenciation
des fréquences. Le rapport An/n minimum vers 256 V., vaut encore
10 % environ en ce point, et, de part et d'autre, il monte rapidement 580 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à 20 ou 30 %.Pour l'oreille, on sait qu'entre 500 et 4.000 vibrations,
la discrimination relative des fréquences descend à 0,3 %. Il ne peut
donc pas être question d'une perception tactile des formes mélo
diques. Mais, en ce qui concerne la reconnaissance des sons vocaux,
les modulations d'intensité sont probablement pïus importantes que
les variations de hauteur, et la lecture tactile de la parole doit être
alors possible, comme les expériences de Gault, le cas d'Helen
Keller, etc.. tendent à l'établir directement.
En oscillographiant les courants téléphoniques engendrés par
l'émission de mots déterminés, on peut se rendre compte, par la
forme des courbes-enveloppes, des fluctuations d'intensité attachées
à chaque vocable. La stabilité de ces schémas est assez grande lors
qu'il s'agit d'un mot prononcé plusieurs fois par une même personne.
Mais les différences, pour un même mot prononcé par plusieurs per
sonnes, sont presque aussi marquées qu'entre divers mots émanant
d'un même speaker.
Finalement, il est possible que la discrimination des fréquences,
si grossière soit-elle, soit utilisée comme auxiliaire, notamment pour
la reconnaissance des voyelles. K. pense que c'est surtout dans ce
cas-là que l'usage du toucher pourrait rendre des services aux sourds
qui, pour les consonnes devraient s'adresser plutôt aux mouvements
des lèvres. A. F.
715. — F. G. BENEDICT, V. KOROPATCHINSKY et M. D. FINN.
— Etudes sur les mesures de température de la peau. — J. de Ph.,
XXVI, 1, 1928, p. 1-15.
Nous avons déjà décrit (An. Ps., XXVIII, n° 605, p. 543) une mé
thode de Suiter et Rijnberk permettant des mesures assez précises
du rayonnement calorifique cutané. Le présent travail vient la comp
léter heureusement en décrivant une technique extrêmement sûre
de mesure de la température même de la peau. Les thermomètres
spéciaux à mercure, dits « cutanés » ne permettent en effet que des
mesures tout à fait insuffisantes en exactitude et précision. Ils sont
d'un emploi très peu commode ayant un temps ' d'établissement
souvent considérable. Le procédé décrit par les auteurs est une mé
thode thermo-électrique, basée sur l'emploi de la différence de potent
iel entre deux soudures thermiques enregistrée sur un galvanomètre
et donnant la température réelle de la peau. Les deux soudures the
rmiques sont en cuivre-constàntan. L'une est placée dans un bain à
température constante dans un thermostat, l'autre étant appliquée
sur la peau. Le thermostat comprend un récipient d'alcool de 4 litres,
isolé, enfermé dans une caisse en bois, lequel renferme une bouteille
thermos de 400 ce. (eau ou alcool) qui à son tour contient un tube à
essai de verre contenant un thermomètre à mercure et l'une des
soudures. L'alcool du grand récipient est maintenu à une tempé
rature constante à l'aide d'un thermo-régulateur bi-métallique, qui
ouvre et ferme automatiquement un circuit électrique relié à une
résistance de chauffage de manganite. La soudure d'application
est en forme d'épingle à cheveu, et protégée de façon parfaite contre
toute variation thermique extérieure. Avant chaque expérience
on étalonne le galvanomètre qui donne pratiquement un millimètre frr
SENSATIONS CUTANEES ET SOLS - CUTANEES 581
de déviation pour 4 centièmes de degré. Les auteurs déclarent qu'on
arrive facilement à faire 10 observations par minute ce qui est assez
remarquable pour un dispositif comprenant l'emploi d'un galvano
mètre.
L'ensemble de la méthode rendra certainement d'importants ser
vices, dans bien des recherches concernant le sens thermique, ou
même la sensibilité tactile, recherches dans lesqelles la température
cutanée entre toujours comme variable qu'il est impossible de
négliger. M. F.
716. — H. HAHN. — Uaber den Erregungsvorgang der Temperatur
nerven (Sur le processus d'excitation des nerfs thermiques). — A. f.
ges. Ps., LXV, 1-2, 1928, p. 41-54.
L'auteur apporte l'infirmation de la théorie de Weber selon laquelle
l'excitation des organes du chaud et du froid serait déterminée non
pas par la température absolue à un moment donné, mais seulement
par l'augmentation ou la diminution de la température, c'est-à-dire
son quotient différentiel dans l'unité de temps.
Parmi un certain nombre d'expériences dont il faut chercher
l'exposé détaillé dans d'autres publications de l'auteur (Pf. A. 1926
et 1927) une expérience cruciale consistait à maintenir la main gauche
dans de l'eau à 16° alors que la main droite se trouve dans de l'eau
à 35°. Au bout de 3 minutes la main gauche est placée de l'eau à
36° ; on attend que la sensation thermique ait atteint son maximum
(au bout de 3 secondes généralement) ; à ce moment la main droite
est placée, elle aussi, dans de l'eau à 36° ; le maximum de sensation,
atteint au bout d'une seconde généralement, est comparé à la sensa
tion éprouvée par la main gauche. Les températures des deux mains
sont alors senties comme égales, bien qu'il y ait eu, pour la main
gauche, une variation de 19° et pour la main droite de 1° seulement.
Un résultat analogue a été obtenu pour la sensation de froid avec
cette différence que, étant donnée une sensibilité inégale au froid des
deux mains du sujet (l'auteur lui-même), la température de la main
gauche devait être inférieure de 2,2° à celle de la main droite pour être
sentie subjectivement égale.
En variant ces expériences de manière à transporter en même
temps les deux mains de la température d'adaptation à la températ
ure d'excitation, H. a essayé de suivre le temps d'établissement de
la sensation et a cherché à en déduire, par le calcul, l'emplacement
probable des organes du chaud et du froid.
En constatant que la sensibilité de chaleur (42°) est plus forte à la
main gauche (1° de différence par rapport à la main droite) H. pense
que ce fait pourrait bien être dû à l'intervention des organes du
froid dans l'excitation par les températures élevées.
Enfin, de même que V. Frey avait invoqué l'hypothèse chimique
pour expliquer la sensation de pression lorsqu'on exerce une pression
constante (alors que les nerfs ne sont directement excitables que par
les variations dans l'intensité de l'excitant), H. croit avoir apporté
une preuve de la nature chimique de l'excitation thermique.
D. W. ■
562 .ANALYSES ;BIBLIOGBAPHIQÜiES
717. — HELMUT HAHN et GOTTFRIED FROHWEIN. — Sitns
mvarsus von Temperaturnerven {.Inversion des nerfs du sens
thermique), — -Zeitschrift für die gesamte physikalische Therapie,
XXXV, 4, 1928, p. 138-148.
Les sujets normaux -ont orne plus grande sensibilité au froid à la
main gauche qu'à la droite; pour paraître également froide, l'eau
doit être portée ;à droite, à une température moindre (entre >0°2 et
2°3) : eoiistatatiens faites sur 17 droitiers et-3;gauchers. 'Dans 2 cas,
(1 droitier et 1 gaucher) la sensibilité était égale, et, dans 4 cas il y
avait inversion (insuffisance mitrale dans un cas, morphinomanie
-dans un autre).
Peu de mesures ont été faites pour le sens du chaud qui n'aurait
qu'une faible dissymétrie.
A noter qu'aucun examen de la température cutanée des sujets n'a
été fait. H. P.
,718. — H. REIN «1 H. STRUGHOLD. — Die StaliaasehweUen.
der Kaltempfindung {Les seuils simultanés de la sensation de froid).
— ,Z. für B., LXXXVII, 6, p. 599-609.
Les seuils de discrimination spatiale en excitations froides simul
tanées sont un peu plus élevés que ceux qui ont été donnés pour la
pression tactile (Strughold) et pour la douleur (Schriever), ils
sont un peu moins élevés que ceux du chaud (Rein et Strughold).
^Répartition corporelle analogue et même phénomène de la ligne
médiane du corps : la discrimination (avec localisation de Fexcita-
tion gauche et de l'excitation droite) se fait pour une distance bien
moindre quand les deux excitations sont portées de part et d'autre
-de la ligne médian«. H. P.
719. — G. R. PENDLETQN. — - The cold woeptoi {Le récepteur
du froid). — Am. J. of Ps., XL, 3, 1958, :p. 353-371.
lie fait, établi par Sfcrughold, que dans la cornée les corpuscules
•de Krause sont les récepteurs du froid, donne à penser «pie dans la
peau ce sont les corpuscules de Golgi-Mazzoni qui jouent ce rôle ; hy
pothèse que Dallenbach, récemment, n'a pas pu confirmer (par la
méthode d'examen histologique de morceaux de peau, prélevés; sur
l'emplacement même de pointe de froid reconnus auparavant,
li'auteur a repris ces expériences enpremantsoin que les extirpations,
-pratiquées à l'avant-bras, atteignent bien les régions profondes du
derme : cependant il .n'a jamais rencontré de corpuscules. D'autre
part, la recherche systématique par coupes -sériées, de corpuscules de
■■G. -M., a montré leur absence d&vs les régions non dépourvues de
poils, où la sensibilité au foo id existe pourtant.
Devant ces échecs, P. a essayé de déterminer la profondeur des
^récepteurs dm fToid. Avec, comme excitants gradués, de petits
cyiiBdres de cuivre de section variée qu'on applique sur la peau, on
peu-t calculer la profondeur probable d'après le j-apport des sections
liminaires pour deux régions inégalement épaisses. Une première
méthode consistait à déterminer un seuil, à diminuer par usure la
couche cornée d'une quantité mesurable après coup sur des prélève
ments, le nouveau seuil ayant été déterminé préalablement. On uti-

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