Sensations et Perceptions - compte-rendu ; n°2 ; vol.34, pg 722-837

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L'année psychologique - Année 1933 - Volume 34 - Numéro 2 - Pages 722-837
116 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1933
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V. Sensations et Perceptions
In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 722-837.
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V. Sensations et Perceptions. In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 722-837.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1933_num_34_2_29927ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 722
Entre la durée totale du sommeil et l'âge chronologique, la corréla
tion brute est négative ; mais après élimination de l'influence de l'âge
mental, elle devient égale à + 0,39 ± 0,11. Par contre, le coefficient
de corrélation avec l'âge mental reste négatif, même après élimination
de l'influence de chronologique : — 0,71 ± 0,06. L'agitation
pendant le sommeil et le temps mis à s'endormir sont liés par les
coefficients de + 0,52 ± 0,09 pour le jour, de + 0,66 ± 0,07 pour
la nuit. A. B.-F.
1029. — M. M. REYNOLDS et H. MALLAY. — The sleep of young:
children (Le sommeil des jeunes enfants). — J. of genet. Ps.r
XLIII, 2, 1933, p. 322-351.
Un groupe de 34 enfants a été observé systématiquement, pendant
les périodes de repos, par les surveillantes d'une école maternelle..
La durée moyenne du sommeil pendant 24 heures a été de 12 h. 30 m.
à 2 ans, de 11 h. 23 m. à 3 ans, de 10 h. 57 m. à 4 ans. Les fluctuations
quotidiennes sont importantes, mais les quantités moyennes de som
meil pour la semaine entière sont assez constantes.
Des modifications dans les conditions de milieu ont pu entraîner
quelques changements du rythme et de la quantité de sommeil,
mais d'une façon générale l'auteur pense que la durée totale du
sommeil est conditionnée par l'état physiologique de l'enfant au
point de ne pouvoir être que faiblement réglée par de nouvelles
habitudes. A. B.-F.
1030. — K. T. OMWAKE et M. LORANZ. — Study of ability to
wake at a specified time (Étude de la capacité de se réveiller à une
heure déterminée). — J. of appl. Ps., XVII, 4, 1933, p. 468-474.
Sur une vingtaine d'étudiantes, il est apparu que les sujets qui
croient pouvoir se réveiller à une heure voulue y réussissent effectiv
ement mieux que pelles qui ont conscience de ne pouvoir le faire ; chez
les premières, dans 50 % des cas le réveil a eu lieu à un moment qui
ne s'écartait pas de plus d'une demi-heure de l'heure fixée. Parmi les
autres, 10 % seulement y réussissaient. On se réveille plus facilement
à l'heure voulue après 4 h. 30 du matin qu'au début de la nuit.-
D. W.
V. — Sensations et perceptions
1° Généralités
a) Lois de la sensation et de la perception. Synesthésies
Illusions et sens spatial1
1031. — E. ZINNER. — Ueber die Darstellung der Reizempfin
dungskurve ( Sw la représentation de la courbe qui relie la sensation
au stimulus). — Z. für Sin., LXIV, 3, 1933, p. 175-176.
Z. a proposé une formule trigonométrique pour exprimer, plus
exactement que parla relation fechnérienne, la relation de l'intensité
de la sensation avec celle du stimulus, et il a montré — étant astro-
1. V. aussi les n°" 9, 148-164 et 1167. .
ET PERCEPTIONS. GENERALITES 723 SENSATIONS
»orne — la validité de sa formule pour les appréciations de luminos
ités stellaires (cf. An. Ps., XXXI, n° 865).
D'après cette formule c'est la tangente à la sensation qui est pro
portionnelle au logarithme du stimulus.
Ayant pris connaissance des études de Hecht; proposant des fo
rmules de signification photochimique, à constantes différentes pour
tes bâtonnets et pour les cônes, d'après les résultats classiques de
Brodhun dont la marge énorme va de 1 à 50 millions (alors que ses
déterminations sur 8 grandeurs stellaires étaient comprises entre
1 et 1.500) il a, d'une part critiqué l'interpolation de Hecht qu'il ne
trouve pas satisfaisante, et repris d'autre part sa formule générale,
dont il trouve qu'elle peut encore s'appliquer.
Appelant N les -clartés (en réalité les logarithmes du stimulus
lumineux) et E les niveaux de sensation (avec un Eo = 140 pour
un N<, = 3,55), il reprend sous cette forme sa formule
BtgC(E0 — E) = N0-N
Avec les valeurs suivantes des constantes,
B = 1,676 C = 0,506
la comparaison des valeurs observées de Brodhun N et des valeurs
calculées (recherchant, à l'opposé de ce qu'on fait d'habitude, le
niveau de stimulus pour un niveau donné de sensation), pour une
série de niveaux pris dans là marge totale des mesures, donne les
résultats ci-dessous.
E N observé N, calculé E N observé N calculé
5,75 ' 242,9 5,74 49,3 1,75 1,82
227,3 5,25 5,18 33,2 1,25 1,24
206,5 4,75 4,67 21,3 0,75 0,64
180,2 4,25 4,17 12,5 0,25 0,04
150,8. 3,75 3,71 7,1 9,75 9,55
3,9 121,4 3,25 3,27 9,25 9,21
95,1 2,75 2,85 2 8,75 8,99
70,1 2,25 2,36 0,8 8,25 8,83
Les écarts sont, tout de même assez grands et d'autre part, la
formule, rappelons-le est purement empirique.
On ne peut vraiment pas dire qu'elle soit satisfaisante.
H. P.
1032. — W. FRÖHLICH. — Kann die Empfindungszeit gleich Null
werden (Le temps de sensation peut-il devenir nul ?). — Ps.,
Forsch., XVII, 1933, p. 343-349.
Suite d'une polémique sur le temps de sensation mesuré par la
méthode de Fröhlich. Il ressort d'une expérience de Metzger que
cette interprétation conduirait à l'idée absurde que ce temps pourrait
s'annuler. F. rejette cette conclusion ; mais le désaccord porte sur les,
faits eux-mêmes, comme le montre une courte note de Metzger,
P. G. 724 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1033. — V. v. WEIZSÄCKER. — Was lehrt die neuere Pathologie
der Sinnesorgane für die Physiologie der Sinnesleistungen ?
(Qu'enseigne la nouvelle pathologie des organes des sens à la physiolo
gie des processus sensoriels ?). — Z. für Sin., LXIV, 1-2, 1933,
p. 79-91.
Ayant fait de nombreuses recherches neuropathologiques en
employant des méthodes précises d'exploration sensorielle, l'auteur
croit pouvoir en dégager des indications théoriques générales : On ne
peut plus admettre les conceptions simplistes des fonctions sensorielles
conçues comme basées sur des processus élémentaires, en disposition
géométrique stable ; les processus sont complexes, en interaction,
avec des variabilités, des suppléances, des transformations que la
pathologie exagère mais qui existent déjà à l'état normal. W. va
jusqu'à admettre une certaine non-spécificité fonctionnelle.
H. P.
1034. — Y. RENQVIST. — Das Messen in der Sinnesphysiologie
im Lichte der Wissenschaftslogik (La mesure en physiologie des
sens à la lumière de la logique des sciences). — Forschungen und
Fortschritte, IX, 25, 1933, p. 367-368. — Ueber die begriffliche
Bestimmung der Sinnesinhalte (das Messen in der Sinnesphysiolog
ie) und Über das Webersche Gesetz ( Sur la détermination concept
uelle des contenus sensoriels — la mesure en physiologie des sens —
etsurlaloi de Weber). — Erkenntnis 111,4-6, 1933, p. 348-366.
Dans la revue de Carnap et Reichenbach, R. expose des vues qui
s'inspirent des conceptions logistiques de Carnap.
La recherche des concepts fondamentaux de la physiologie des
sens, des concepts de stimuli, représente un stade à un niveau plus
profond que celle des fondements des concepts physiques ; mais les
mêmes règles générales s'appliquent, et en particulier la mesure
représente un double aspect, de détermination topologique et de
détermination métrique. (Cf. An. Ps., XXXIII, n° 886.)
Dans une détermination de seuil absolu, on procède topologique-
ment, en rapprochant des grandeurs physiques égales de perceptions
égales (recherche d'une grandeur physique dont la valeur sera cons
tante quand lui correspondra une sensation de valeur constante, ici
la sensation liminaire).
En revanche dans la détermination des seuils différentiels on
procède métriquement, car il n'y a plus coïncidence seulement d'un
point, mais de plusieurs, correspondance d'échelles ; on ordonne deux
séries de grandeurs entre lesquelles existera une certaine relation
définie : on fait correspondre à des différences définies de la grandeur
physique du stimulus des différences égales de niveau de sensation.
La loi de Weber exprime la relation des échelles dans le cas où il y a
homogénéité, ce qui est le cas le plus simple.
A ce propos R. revient sur ses propres recherches (correspondance
des différences juste perceptibles dans la sensation de tension musc
ulaire avec les différences juste réalisables de contraction par voie
motrice) et sur les interprétations statistiques des lois de variation
(courbe en S de l'accroissement de sensation) proposées par Hecht et
par lui-même. , II. P. SENSATIONS ET PERCEPTIONS. GÉNÉRALITÉS 725
1035. — Y. RENQVIST. — Das ^Messen auf dem Gebiete der Pro-
priozeptiv und der Berührungsempfindungen (La mesure dans le
domaine des sensations proprioceptives et de contact). — Ergebnisse
der Physiologie, XXXV, 1933, p. 827-873.
Après introduction méthodologique sur les concepts de mesure
avec la distinction de Carnap, du topologique et du métrique, R.
envisage les sensations proprioceptives à ces deux points de vue ;
se fondant sur ses expériences et celles de ses collaborateurs, il
montre que, du point de vue topologique du seuil absolu, il y a
égalité des sensations de tension et des forces musculaires impri
mant le mouvement dans le cas des mouvements difficiles, et égalité
des sensations et des forces agissant sur la peau du bras dans le cas
des mouvements faciles ; or, en dépit de la double modalité réceptrice
impliquée, il y a unité de contenu pour la sensation de tension,
conduisant à un même concept du stimulus, celui de force ou de
tension.
En ce qui concerne les sensations d'extension, la topologie fait
intervenir, non seulement l'extension physique mais aussi la tension
musculaire, sans que les relations exactes des facteurs soient encore
déterminées.
La métrique (seuils différentiels) pour les sensations de tension,
a révélé une relation de la forme la plus simple": les accroissements
juste perceptibles de tension correspondent à des
égaux du stimulus (tension ou force de contraction du muscle),
la loi de Weber ne s' appliquant pas quand on envisage le stimulus
véritable ; on a une métrique isomorphe du fait que les accroissements
juste réalisables de tension musculaire par voie motrice correspondent
aux accroissements juste perceptibles. Mais, si on provoque la
contraction musculaire par stimulation électrique, la force de provoquée (et la sensation de tension corrélative)
augmente suivant une courbe en S, qui représente la variation du
nombre des unités motrices recrutées par le stimulus croissant
régulièrement (la répartition de fréquence des unités en * fonction
de leur niveau d'excitabilité propre se faisant suivant la courbe de
Gauss).
Ainsi la sensation de tension peut croître suivant une courbe
en S tout en étant directement proportionnelle au stimulus vrai,
de nature physiologique, parce que celui-ci, commandé par un
stimulus extérieur, augmente suivant cette courbe (intégrale de
probabilité).
En ce qui concerne les sensations tactiles, se fondant principal
ement sur les travaux de Von Frey et ceux de V. Bagh, encore inédits,
effectués sous sa direction R. montre que la question topologique
n'est pas encore définitivement résolue ; adoptant les résultats de
Bernfeld et Feitelberg au point de vue métrique, il admet qu'il y a
un rapport constant entre la variation de déformation cutanée
(enfoncement) juste perceptible et la grandeur de la déformation
restant encore possible à ce niveau, ce qui conduit à mettre le seuil
différentiel de la sensation tactile en rapport avec un travail constant
de déformation, et rapproche ainsi ce cas de celui de la sensation
proprioceptive. H. P. 726 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1036. — F. E. LINDER. — A statistical comparison of psyehophysieai
methods (Une comparaison statistique de méthodes psychophys
iques). — Ps. Mon., XLIV, 3, 1933, n° 199, p. 1-20.
Ce résume d'une thèse de l'Université d'Iowa a l'inconvénient de
laisser dans l'obscurité la méthode fondamentale utilisée : emploi des
tables de Tippett (Random sampling numbers) publiées dans les
Tracts for Computers de la Cambridge University Press, sous la
direction de Pearson.
L. a appliqué à des séries de nombres tirées de ces tables, en
envisageant une série de 6 points (considérés comme valeurs de
seuils) pour les probabilités (ou fréquences) 2,28 ; 11,51 ; 34,46 ;
65,54 ; 88,49 ; et 97,72 %, différentes méthodes psychophysiques afin
de fixer le point de probabilité 50 % (ou valeur médiane) définissant
un seuil.
Peut-on appliquer aux mesures psychologiques, sans plus, les
résultats de cette étude de statistique pure où joue seulement le
hasard ? En tout cas les conclusions sont qu'on peut, dans ce cas,
utiliser à son gré la méthode de calcul de Müller ou celle d'Urban
(l'augmentation de précision donnée par celle-ci étant tout à fait
négligeable), méthodes plus cohérentes que les méthodes d'interpola
tion simple, par emploi de l'intégrale de probabilité classique ou par
simple interpolation linéaire (graphiquement réalisable) ces deux der
nières méthodes donnant pour la fixation de la valeur médiane à partir
des 2 valeurs les plus voisines des résultats sensiblement équivalents
(qui tiennent à ce que dans cette partie de la courbe représentant
l'intégrale de probabilité, on a affaire à une ligne qui se confond
pratiquement avec une droite). H. P.
1037. — JOSEPH BRESSLER. — Judgment in absolute units as a
psyehophysical method (Jugement en unités absolues comme
méthode psychophysique). — Ar. of Ps., XXIII, n° 152, 1933,
m p.
La technique reste celle des stimuli constants, appliqués par paire
soulèvement de 100 grammes, puis d'un poids inconnu), mais le
sujet sait qu'il y a 11 poids, de 80 à 120 grammes, distants de
4 grammes, et il doit désigner par l'un d'eux le 2e poids soulevé,
ce qui permet ensuite d'appeler « égal » la réponse 100 grammes,
« plus » ou « moins » les autres, et d'appliquer les calculs habituels
(plus la méthode de l'erreur moyenne). B. a voulu supprimer la
réponse « égal », non comparable aux deux autres ; ainsi tous les
jugements seront également difficiles.
5 sujets ont été testés selon cette méthode et selon la méthode
classique, soit en tout 27.300 jugements, après entraînement. Toutes
les données furent traitées par la méthode Müller-Urban et par celle
de Spearman ; la première donne des valeurs légèrement plus basse«,
mais la différence n'atteint pas 0,2 %. La corrélation entre les seuils
quotidiens calculés par les 2 méthodes est 0,97 (s. inférieurs) et
0,99 (s. sup.) ; entre les indices a et h : — 0,96.
La méthode de B. a donné, par rapport à la méthode classique,
une dispersion moyenne inférieure de 18 % pour les distributions
« plus » et « moins » (différence nette chez 4 sujets) et de 20 % pour SENSATIONS ET PERCEPTIONS. GÉNÉRALITÉS 727
la distribution des jugements « égal ». soit 100 grammes (différences
nette chez 3 sujets). L'erreur constante aussi est plus faible ( — 1" gr. 8
•contre — 2 gr. 2) , le 2e poids étant surestimé. Mais la nouvelle méthode
paraît difficile à certains sujets, et B. se propose de diminuer le
nombre et augmenter l'intervalle des stimuli. G. D.
1038. — C. C. PRATT. — Time errors in the method of single
stimuli (Erreurs de temps dans la méthode des stimuli simples). —
J. of exp. Ps., XVI, 1933, p. 798-814.
L'erreur de temps, c'est-à-dire la surestimation du second stimulus,
a été expliquée par un affaiblissement rapide de la trace du premier,
qui servirait de point de comparaison pour juger le second. Mais une
erreur analogue existe dans les estimations absolues de stimuli
isolés, par exemple quand on demande d'estimer l'intensité de sons
-en les situant sur une échelle. Dans une première série où les intensités
sont égales à 4, 5, 6, 7, 8, la valeur centrale des appréciations devrait
être 6 ; en réalité elle est inférieure. Dans une seconde série où les
sons s'échelonnent de 0,5 à 2,5, la valeur centrale est au contraire
trop forte. Il faut, pour expliquer ces faits, admettre que les estima
tions « absolues » impliquent en réalité un double système de réfé
rence ; l'un plus étendu et constitué par les deux séries, peut-être
même par une expérience plus vaste, en vertu duquel les sons de la
première série paraissent forts et ceux de la deuxième faibles (par
rapport à un son moyen qui serait le centre des deux séries) ; l'autre
constitué par les sons de la série actuelle, auquel chacun de ses termes
•est rapporté. Ce seraient ces systèmes de référence qui subiraient la
-dégradation du temps ; il en résulterait que les sons faibles seraient
surestimés et les sons forts sousestimés. P. G.
1039. — G. HALL. — A repetition of Thorndike's experiment on
improvement in the estimation of lengths (Une répétition de
V expérience de Thorndike sur V amélioration dans V estimation des
longueurs). — J. of gen. Ps., IX, 1, 1933, p. 238-241.
Thorndike (1927) rapporta que seuls les sujets informés de leur
«erreur améliorent leur estimation. Des expériences de H., il résulte
que la présence de l'étalon suffit à un apprentissage, qui porte peut-
«tre sur la comparaison des mouvements d'yeux relatifs à 2 objets.
Le nombre d'étalons présents n'a pas eu d'influence. G. D.
1040. — M. PONZO. — La méthode des variations continues des
stimuli dans la vie perceptive. — J . de Ps., XXX, 1933, p. 617-638.
La méthode des variations continues des stimuli a été relativ
ement moins employée en psychologie que celle des variations gra
duelles, principalement parce qu'on croit qu'elle se prête mal à des
recherches sur la détermination des seuils de différence. L'emploi
systématique de la première méthode a mis l'auteur en présence d'une
phénoménologie subjective déconcertante et parfois invraisemblable.
Dans une première série d'expériences, la variation continue
d'un poids stimulus provoque d'amples modifications subjectives
dans le volume et la forme de l'objet stimulus et dans le schéma
•du corps du sujet. Dans une seconde série, la réduction continue ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 728
des dimensions d'un objet stimulus s'accompagne du sentiment
subjectif du rapetissement de la main qui l'embrasse. Dans une
troisième, la variation continue d'un mouvement en rapport avec la
constance d'un autre, pour ce qui regarde la direction, met en évidence
la tendance à la reconstitution de l'équilibre représentatif troublé
par des mouvements précédents. Dans une quatrième, les influences
des directions suivies dans le « conatum » d'un acte en voie d'exé
cution semblent se superposer aux tendances à l'équilibre représentat
if mises en évidence dans la série précédente. Dans une cinquième,
se manifeste nettement la tendance à une homogénéisation subjec
tive des impressions et représentations de caractère uniforme avec
celles qui sont plus différenciées. Dans une sixième, on constate les-
confluences ou les divergences des effets déterminés par les variations
continues multiples et contemporaines des stimuli. Enfin, dans une
septième, on voit s'accentuer des phénomènes de désorientation dans
l'espace, qui s'amorçaient déjà dans la précédente.
Les facteurs qui régissent toute cette phénoménologie de l'appré
ciation subjective des variations continues des stimuli semblent
dépendre des dynamismes centraux régulateurs des faits représentat
ifs, des modalités de la réaction motrice, ce qui donne à penser
qu'ils agissent aussi dans d'autres domaines de l'activité psychique.
G.- H. L.
1041. — M. URBAN. — The Weber-Fechner Law and mental measu
rement (La loi de et les mesures mentales). —
J. of exp. Ps,, XVIII, 1933, p. 221-238.
Les formules de Weber et de Fechner ne sont pas équivalentes ;
l'une affirme la constance du seuil différentiel, l'autre la propor
tionnalité des accroissements de sensation subjectivement égaux
et du logarithme de l'excitation. U. montre que les mêmes expériences
peuvent servir à apprécier les mérites respectifs de ces deux formules.
Il part des résultats de Thurstone, qui faisait classer des groupes-
de points (de 68 à 198 points) en 10 lots tels que la densité des points,
paraisse croître également d'un lot au suivant. Mais ces jugements
d'accroissements égaux sont équivalents à des jugements d'égalité
des groupes classés dans le même lot, et à des de différence
des des lots différents ; ils mesurent donc aussi
le seuil de Weber... Or la formule de Fechner représente mieux les
résultats expérimentaux que celle de Weber. P. G.
1042. — WT. KÖHLER. — Zur Psychophysik des Vergleichs und des
Raumes (Sur la psychophysique de la comparaison et de V espace)*
— Ps. Forsch., XVIII, 1933, p. 343-360.
Les recherches d'élèves de Köhler ont montré que, selon que deux:
surfaces lumineuses sont plus ou moins éloignées l'une de l'autre lat
éralement, le seuil différentiel de clarté augmente ou diminue, quand
on fixe un point intermédiaire pendant la comparaison ; l'écart dont il
s'agit est l'écart apparent des objets et non celui des images rét
iniennes. Au contraire quand l'œil se déplace librement et que les-
deux surfaces sont perçues successivement en vison fovéale, le seuil
différentiel de clarté est constant. SENSATIONS ET PERCEPTIONS. GÉNÉRALITÉS 729
Ces résultats opposés conduisent Köhler à une construction
théorique qu'on jugera peut-être audacieuse mais dont on ne contes
tera pas l'intérêt. Pour comprendre le rôle de la distance des deux
objets dans les expériences avec fixation, il admet que dans toute
comparaison il intervient un processus total semblable à la perception
d'une figure. Quand les éléments de la figure s'éloignent, le processus
physiologique cérébral qui est à la base de la comparaison de clartés
est modifié dans sa structure, dans son dynamisme.
Mais pourquoi reste-t-il au contraire constant dans la double
perception successive fovéale ? Ici le processus consiste dans la
réaction d'une trace et d'un effet actuel, qui se projettent sans doute
au même foyer cérébral, la seule distance entre eux étant la distance-
très faible qui peut exister entre les sédiments successifs qu'on sup
posera leur correspondre en profondeur. Cette superposition, consé
quence des mouvements des yeux, rendra donc le seuil indépendant,
de la distance des objets comparés.
Il est vrai que cette conception de la projection cérébrale pose
un nouveau problème. Comment le glissement des processus sur la
surface de projection cérébrale se concilie-t-il avec l'immobilité des;
objets visibles dans le déplacement volontaire du regard ? K. croit
qu'on a mal posé ce problème. La localisation spatiale est indépen
dante, en principe, de la distribution anatomique, elle dépend seul
ement des changements de structure qui s'introduisent dans le dyna
misme propre du phénomène cérébral total. P. G.
1043. — C. C. PRATT. — The time-error in psychophysical judgment*
(L'erreur de temps dans les jugements psychophysiques ). — Am. J.
of Ps., XLV, 2, 1933, p. 292-297.
Courte note critique, avec quelques expériences de soulèvements-
de poids, dans l'intention d'étudier les conditions d'apparition de
l'erreur de temps. On sait que la valeur subjective du premier-
membre d'une paire de stimuli à comparer décroît progressivement,,
ce qui amène une prépondérance des jugements de supériorité.
L'auteur fixe à 3 secondes l'intervalle à partir duquel cette décrois
sance se fait sentir. Mais, par un processus dit d'assimilation, la trace-
que le stimulus-étalon est censé laisser après lui peut être modifiée-
par un stimulus secondaire (fonds général, après une expérience-
de longue durée, ou stimulus intercalé), dans le sens d'une augmentat
ion ou d'une diminution, suivant que ce stimulus secondaire est
beaucoup plus intense, ou beaucoup moins, que l'étalon primaire..
A. F.
1044. — H. W00DR0W. — Weight-discrimination with a varying
Standard (Discrimination de poids avec un étalon variable). —
Am. J. of Ps., XLV, 3, 1933, p. 391-416.
Les comparaisons de poids se font ordinairement par rapport
à un étalon fixe, qu'on peut, il est vrai, changer d'une série d'essais
à l'autre. C'est ce qui a d'abord été fait ici, avec des poids de 110 à
200 grammes, variant de 10 en 10 grammes. Puis on a répété les.
expériences en changeant l'étalon d'une comparaison à la suivante,,
au cours d'un même essai et au hasard. 8.000 jugements ont été ,
730 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
recueillis sur 5 sujets. Le but était principalement d'étudier l'erreur
de temps, et de confronter les résultats avec la théorie de Köhler,
qui admet, après chaque excitation, la persistance, dans les centres
nerveux intéressés, de traces (ioniques) diffusant très lentement. Les
résultats ont montré, avec la méthode de l'étalon fixe, une erreur
de temps négative de même ordre pour chaque valeur d'étalon,
c'est-à-dire que les poids variables, plus souvent qu'ils ne le devraient,
sont jugés plus lourds lorsqu'ils suivent le stimulus de référence.
Avec l'autre méthode, le résultat est tout différent. L'erreur est
positive pour les étalons les plus faibles, nulle pour les moyens,
négative les plus élevés, atteignant une importance considérable
pour les valeurs les plus hautes de l'étalon.
Il est clair que l'hypothèse de Köhler ne peut rendre compte de ces
faits. L'auteur propose une autre explication. Dans la comparaison
de deux intensités, le premier stimulus place le sujet dans un état
d'attente, d'expectative vers une certaine intensité dont on figure
grossièrement le niveau (L). Ce niveau tend toujours, c'est l'hypothèse
principale, vers l'intensité moyenne de tous les stimuli de la série
(avec des coefficients plus élevés pour les plus récents), mais il tend
aussi à décroître lentement avec le temps. L'arrivée d'un stimulus
plus faible ou plus fort que le stimulus moyen fait baisser ou monter
brusquement le niveau L, quoique de façon momentanée. Le second
stimulus sera jugé par rapport à L au moment où on l'appliquera,
c'est-à-dire que le jugement sera influencé par le résidu de la perturba
tion provenant du premier stimulus : celui-ci est-il nettement plus
faible que l'intensité moyenne, il apparaîtra indûment augmenté au
moment où le second se présentera ; est-il plus fort, au contraire,
que le niveau moyen, il se trouvera subjectivement abaissé à une
râleur intermédiaire.
Il n'y a là qu'un schéma, comme le dit l'auteur lui-même, mais,
bien que reposant sur la figuration de grandeurs très mal définies,
ce schéma a le mérite de bien représenter les résultats dans leur
apparente complexité. A. F.
1045. — M. B. DUTTON et P. M. TRAILL. — A repetition of Rubin's
figure-ground experiment (Une répétition de V expérience de
Rubin sur la figure et le fond). — Br. J. of Ps., XXXIII, 4, 1933,
p. 389-400.
En reprenant le problème étudié par Rubin de l'effet de la
« figure » ou du « fond » sur la reconnaissance, D. et J. ont employé
comme tests à peu près les mêmes dessins que ceux dont s'est
servi dans ses expériences originales le psychologue de Copenhague.
Le procédé consistait à présenter à 20 personnes, pendant la durée
de 0,23 secondes, 27 dessins qui, suivant l'attitude perceptive adoptée
par le sujet apparaissaient tantôt comme une figure blanche sur un
fond noir et tantôt comme un « trou » à contour compliqué au milieu
d'une surface noire. On montrait d'abord aux sujets six dessins,
avec la consigne de saisir les figures blanches ; dans la série suivante
de 6, la était contraire : il fallait apercevoir les « fonds ».
Après l'intervalle d'un quart d'heure une série mixte composée à
moitié des 2 séries précédentes (plus 6 dessins nouveaux) était exposée

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