Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie de la sensibilité - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 469-479

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 469-479
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation.
Topographie de la sensibilité
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 469-479.
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie de la sensibilité. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26.
pp. 469-479.
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est peu étendu, souvent même fortement resserré concentriquement,
tandis que pour le blanc, il est en général presque normal. Ces alté
rations fonctionnelles sont dues, pour Hayashi, exclusivement aux
lésions des couches externes de la rétine. Le pigment de l'épithélium
pigmentaire de la rétine des Pigeons privés de cristallin, et adaptés
à l'obscurité, présente une situation toujours plus profonde que celle
des normaux. C'est à cette profonde des pigments qu'est due
l'action directement nocive, sur l'oeil privé de cristallin, des rayons
lumineux à courte longueur d'onde. P. B.
b) Sensations lumineuses et Chromatiques
V adaptation. Topographie de la Sensibilité
E. ENGELKING et F. POOS. — Ueber die Bedeutung des Stereo-
Phänomens fur die isochrome und heterochrome Hellig keits ver
gleichung (Sur la signification du« ste'réophénomène », pour la com
paraison de clarté et hétérochrome). — Ar. für O., CXIV,
1924, p. 340-379.
Le « stéréophénomène » de Pulfrich consiste en une impression
de relief, de différence de profondeur engendrée par la vision d'un
mobile avec une de clarté dans les images des deux yeux :
un pendule oscillant décrit un cercle apparent quand un verre noirci
est placé devant un des yeux. Le phénomène est dû à l'inégalité des
temps de latence des sensations de chaque œil, corrélative des diffé
rences de clarté, et Pulfrich a mis au point, sur cette base, une mé
thode générale de photométrie, et en particulier de photométrie
hétérochrome.
Deux élèves de Von Kries ont, dans ce travail, étudié de façon
approfondie le phénomène de Pulfrich et mis au point sa valeur
réelle.
Ils ont mesuré l'action quantitative, sur l'effet stéréoscopique, de
la vitesse du pendule, cet effet allant d'une profondeur de lmm,5
(pour une demi-période de 65 sec) à une de 57 millimètres (pour une
demi période de 0,30 sec) : La profondeur décroît très vite au début
quand la durée de période s'allonge, puis de plus en plus lentement
(elle est de 35 millimètres pour 1 sec, de 6mm5 pour 8 sec, 3mm5 pour
16,5 sec).
Voici la relation obtenue entre Passombrissement d'un œil et la
profondeur de l'effet, pour une vitesse constante du pendule (40 pé
riodes à la minute), chez les deux auteurs comme sujets, en indi
quant le taux de lumière transmis à l'œil assombri pour 100 trans
mis à l'autre œil :
Profondeur (en mm) 10 20 30 40 50 60
!*«<.*— - - u l:t \i 25 m,} S;;::::
le Ji. calcul 50 centimètres indique que de la distance différence et 38 des périodes temps (amplitude de latence de des 13,7cm). sensa
tions des deux yeux atteint 2,3 a pour un effet de 5 millimètres, 4,9 470 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pour un effet de 10 millimètres. En comparant les effets après adap
tation à la clarté ou à l'obscurité, toutes choses égales d'ailleurs, on
trouve que la différence des temps de latence est plus grande dans
l'adaptation à l'obscurité (24,9 a au lieu de 10,6 <r, pour un rapport
des éclairements de 100 à 6,9).
Si on a une différence de temps de 10,6 a quand le rapport des
clartés est de 16 à 1 environ, la différence passe à 6,8 s pour un rap
port de 4 à 1.
La plus petite différence dans les temps de latence des sensations
qui puisse être perçue — sous la forme de l'effet stéréoscopique
minimum, correspondant à 1 millimètres de profondeur apparente —
est de 0,4 à 0,5 <j, d'environ un demi-millième de seconde.
Au point de vue de la photometric hétérochromatique, les auteurs
se sont demandé si deux clartés jugées égales comme ayant un même
effet, comme « stereogleich » sont égales par une des autres méthodes
(par exemple celle du champ le plus petit). En comparant avec un
œil assombri par un coin réglable, l'autre œil voyant à travers un
écran rouge ou bleu, on obtient la clarté pour l'œil assombri qui
donne un effet stéréoscopique donné ; les résultats montrent une re
lation linéaire parallèle avec l'écran rouge et avec l'écran bleu.
Mais que se passe-t-il quand on a une adaptation préalable à l'obs
curité ou à une assez forte clarté ? Voici les pourcentages de lumière
transmis à l'œil obscure donnant la « stéréoégalité » dans les deux
états pour la lumière rouge et pour la bleue :
Rouge-gris Bleu-gris
Clarté Obscurité Clarté Obscurité
2,5 33 3,6 7,6
2,1 31 3,8 8,2
Ainsi un rouge qui est égal à un gris très sombre dans l'adapta
tion à la clarté l'est à un gris très clair dans l'adaptation à l'obscur
ité, tandis que le bleu sera égalisé à un gris plus clair dans le premier
cas, plus sombre dans le second. Il y a là un phénomène de Purkinje
inverse : Le rouge est plus éclairci que le bleu par l'adaptation à
l'obscurité.
Si l'on compare à la méthode du champ minimal (a) la méthode
de Pulfrich (b), on trouve un désaccord notable, d'après les pour
centages de lumière transmis à l'œil observé dans chaque cas :
E P
a b < ■i 6
Ronge 8,7 3 8 ,7 ,4 3, 4,
Bleu 6,8 1 6 ,8 ,0 9, 10,
Le gris égal au rouge dans la comparaison des clartés subjectives
est plus clair que le gris égal d'après l'effet stéréoscopique, et inver
sement le gris égal au bleu est plus sombre.
C'est que. dans la méthode de Pulfrich, la comparaison des clartés st.\s.i.i.o.N tï l'i.nuiii'rioN 471
repose sur la seule différence des temps de latence, qui n'est fonction
des seules différences de clarté que toutes choses égales d'ailleurs.
Avec des écrans colorés, des adaptations différentes de l'œil, le temps
de latence est affecté dans la mesure, selon Engelking et Poos qui
voient là une confirmation de la dualité rétinienne soutenue par leur
maître Von Kries, où interviennent davantage les cônes ou les
bâtonnets : Les cônes ont des temps de latence de sensation plus
courts que les bâtonnets ; le rouge, et l'adaptation à la clarté, mettent
en jeu les cônes ; le bleu et l'adaptation à l'obscurité tendent à mettre
en jeu surtout les bâtonnets.
Mais, à cet égard, les auteurs n'établissent pas que les différences
ne se retrouveraient pas dans la région fovéale, dépourvue de bâ
tonnets ; et l'on peut penser que les différences tiennent à une rapi
dité inégale des processus chromatiques dans les cônes, qui par leur
fonction spatiale doivent intervenir de façon prédominante dans
l'effet de relief, ou du moins y tiennent une très grande place.
Et le travail des auteurs vérifie la lenteur plus grande de la percep
tion du bleu que de celle du rouge, à clarté égale, déjà mise en évi
dence par toute une série d'expériences concordantes. H. P.
H.-N. BRADBROOKE et H.-E..ROAF. — An examination of the
sensitivity to different regions of the spectrum of individuals
with hypochromatic vision (Examen de la sensibilité lumineuse,
dans différentes régions du spectre, chez des individus ayant une
vision hypochromatique). — Q. J. of Ph. XV, 3 et 4, 1925, p. 447-
450.
Recherche entreprise dans l'intention de déterminer si l'hypo-
chromatisme est nécessairement accompagné d'une diminution de
sensibilité lumineuse pour certaines longueurs d'onde. Il s'agirait
plutôt d'un affaiblissement du pouvoir de discrimination, dans les
régions du spectre où l'individu se montre différent du normal.
A. F.
FRANKLIN O. SMITH. — An experimental study on retinal sen
sitivity and discrimination for purple under different degrees of
intensity of stimulation (Etude expérimentale de la sensibilité et du
pouvoir de pour le pourpre, avec différents degrés
d'intensité lumineuse). — J. of exp. Ps. VII, 5, 1925, p. 381-397.
Le pourpre résulte d'un mélange de couleurs (bleu et rouge). On
s'est servi, dans ces expériences, de filtres qui laissent passer des ra
diations comprises entre 650 et 700 mjx pour le rouge, 400 et 490 m;j.
pour le bleu. Les sources employées correspondant à une intensité
faible (7, 8 bougies métriques), moyenne (21 bougies métriques)
et forte (162 métriques). Les mélanges, à dosé variable,
de lumières rouge et bleue se réfléchissent sur deux surfaces à 90°. On
règle les intensités de manière que les deux surfaces soient éclairées
par des lumières monochromatiques égales (par exemple le rouge) :
puis on fait intervenir d'un côté le bleu (au moyen de diaphragmes)
jusqu'à ce qu'une différence soit perçue entre les deux surfaces :
on a donc le seuil du pourpre vers l'extrémité rouge. Prenant cette
nuance comme terme de comparaison ; on détermine une nouvelle 472 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
différence juste perceptible et ainsi de suite jusqu'au mélange em
quantités égales des deux couleurs. On procède de la même façon.
en partant de l'extrémité rouge.
Selon qu'on emploie les intensités faible, moyenne et forte, on
trouve 19, 28 et 35 degrés distincts de pourpre. Le seuil moyen,
sous l'influence du phénomène de Purkinje, est plus élevé pour le
rouge que pour le bleu (c'est-à-dire vers l'extrémité bleue que vers
l'extrémité rouge), du moins pour les faibles intensités, tandis que
le seuil est sensiblement le même des deux côtés à la grande lumière..
Les différences justes perceptibles augmentent avec les intensités
comme le veut la loi de Weber. Si l'on compare les échelles de diff
érences juste perceptibles pour le bleu et pour le rouge pris sépar
ément d'une part, et pour ces mêmes couleurs dans le mélange pourpre,,
on voit qu'elles sont sensiblement les mêmes. Cependant le seuil
du rouge pour les plus faibles intensités est plus élevé lorsqu'on le
mesure isolément que dans le mélange pourpre, ce que l'auteur at
tribue au phénomène de Purkinje. P. G.
H. GOLDMANN. — Ueber Dauerwirkungen farbiger Lichter auf
das Auge. Farbige Verstimmung und allgemeine chromatische
Lichtwirkung (Des actions prolongées de lumières colorées sur Vœil.
Désaccord chromatique et action chromatique générale de la lumière),
— Pf. A., GCX, 1925, p. 70-115.
L'auteur a procédé, sur lui-même, à une série de déterminations»
par des méthodes différentes, de ses fondamentales chromatiques,
des « Urfarben » au sens de Hering, dont la position spectrale reste
constante quand l'éclairage ou l'adaptation change, sur toutes les
régions de la rétine, et en dépit du contraste. L' « Urrot » n'est pas
spectral, c'est un rouge pourpre, complémentaire de 1' « Urgrün » à
5045 ä ; T « Urgelb » a 5680, et 1' « Urblau » complémentaire 4680.
Que se passe-t-il maintenant quand l'œil est fatigué par une l
umière monochromatique ? Il y a sur le point cardinal du spectre
correspondant à une fondamentale donnée, une action perturbat
rice, se traduisant par un déplacement de ce point, une action
« désaccordante », (verstimmend).
Cette action est systématiquement étudiée.
La « Verstimmung » s'accroît avec la durée d'action de la lumière
monochromatique.
Soit une radiation de 5885. Cherchons le point de 1' « Urgrün »,
nous trouvons 5055 avant l'action de la radiation jaune ; au bout
de 20", le vert fondamental est déplacé à 5126, au bout de 40", à
5168, au bout de 80", à 5200, au bout de 5 minutes à 5210. Quand
la radiation a cessé d'agir, le vert fondamental revient peu à peu>
à sa place primitive ; 10" après la cessation, dans une expérience,.
20" après, à 5265 ; 40" après à 5185 ; et 80" après à. il est à 5370 ;
5070.
Plus la lumière perturbatrice est intense, et plus l'effet est marqué ;
le déplacement du vert le porte à 5210 avec une' intensité, à 5400
avec une intensité un peu plus de 3 fois plus forte. Plus la lumière
de la fondamentale elle-même est intense, et plus le déplacement
est accentué (atteignant 5110 avec une intensité, 5285 avec une in
tensité 5 fois plus forte environ). ET PERCEPTION 47$ SENSATION
Enfin, la Verstimmung exercée sur une fondamentale donnée dé
pend naturellement, comme sens et comme intensité, de la longueur
d'onde de la radiation perturbatrice.
Voici, pour différentes longueurs d'onde, la position occupée par
la fondamentale verte à la suite du déplacement par action « désac
cordante » :
X verstimmend (ä). 6.520 5.885 5.715 5 530 5.265 4 975 4.755 4.670 4 500 4.29ft
Position del'Urgrlin.5.180 5.388 5.440 5.386 5 184 4.900 4 797 4.760 4.790 4 903
On voit que le vert pur est déplacé vers les grandes longueurs
-d'onde par les lumières de plus grand X (du rouge au vert jaune)
et vers les courtes par les lumières de plus court X (du bleu au
violet) avec maximum d'action, d'un côté autour du jaune pur, de
l'autre autour du bleu pur.
Les déplacements de 1' « Urgelb », du jaune pur, se font vers les
plus grandes longueurs d'onde avec le rouge et l'orangé, mais aussi
avec le violet, et vers les plus courtes avec le vert et le bleu.
Ceux de P « Urblau », du bleu pur, sont les suivants (la posi
tion initiale étant à 4680) :
X verstimmend (ä) .... 7.070 5.860 5.3S5 4.930 4.500 4.390 4.300
Position de l'Urblau.... 4.570 4.570 4.810 4 810 4.630 4.570 4 625
Les lumières de grande longueur d'onde jusque vers le jaune rac
courcissent le X de l'Urblau, ainsi que celles de longueur d'onde plus
courte (Violet), celles de d'onde moyenne (entre les posi
tions initiales de l'Urgelb et de l'Urblau), dans le vert, allongent le X.
Quant à l'Urrot, au rouge pur, il n'est pas normalement dans le
spectre, mais, du fait de la Verstimmung, il y rentre, quand on emp
loie une lumière jaune désaccordante, attirant de son côté, sur
des X plus courts, le rouge fondamental ; on le ramène ainsi à 6465,
6450, 6170, et jusqu'à 6155 (avec une radiation intense à 5530).
L'auteur établit encore que la Verstimmung ne s'exerce pas d'un
œil sur l'autre, et montre par examen de l'action désaccordante
au cours des phénomènes de contraste que cette action est antérieure
au contraste, est plus périphérique que lui.
En effet, si l'on emploie un champ jaune, au milieu de ce champ,
pour trouver le vert pur, il faut, compensant le bleuissement de
contraste, employer un vert jaune, qui est perçu comme « Urgrün ».
Mais celui-ci a-t-il, pour la Verstimmung, l'action de l'Urgrün
(qui s'exerce sur le jaune et le bleu, sur l'autre couple) comme si le
contraste précédait ou accompagnait cette action, ou bien continue
t-il d'agir comme vert jaune ? C'est ce dernier cas qui se vérifie ;
donc la modification de la perception de l'Urgrün par contraste n'en
traîne pas une modification correspondante de la Verstimmung,
qui se produit à un niveau antérieur au contraste, probablement
dans les cônes et bâtonnets, pense Goldmann, tandis que le siège
du contraste serait dans des éléments nerveux d'étape, à un stade
plus ou moins élevé de la transmission.
L'auteur n'examine pas le mécanisme de la Verstimmung au point
de vue de la théorie de Hering. Mais on en connaît le principe : La 474 ANALYSES UIBLIOGRAPHIQLES
fondamentale verte se rencontre dans un point du spectre où les ac
tions antagonistes fournissant le jaune et le bleu s'annulent exac
tement ; si l'œil est fatigué au jaune, le point d'annulation se trouve
déplacé du côté du jaune, car il faut une action plus intense sur le
processus du jaune, affaibli ; si l'œil est fatigué au bleu, c'est l'i
nverse ; donc 1' Urgrün correspondant à ce point est dé
placé vers les grands X dans le premier cas, vers les courts X dans
le second. La Verstimmung déterminée par Goldmann apparaîtrait
donc comme confirmative du schéma général deHering. Mais, comme
le rouge fondamental n'est pas dans le spectre, il n'est pas imposs
ible de rendre compte des faits le schéma de Helmholtz (où
l'on trouve l'équivalent de la fondamentale de Hering au point où
les actions de deux des processus sont juste égales, avec inégalités
si l'œil est fatigué pour l'un d'eux et déplacement corrélatif du point
dans le spectre correspondant à la Verstimmung). H. P.
SOPHIE BELAIEW-EXEMPLARSKY. — Ueber die sogenannten
« hervortretenden » Farben (A propos de couleurs qui « ressortent »).
— Z. für Ps., 96, 1925, p. 400-429.
Des surfaces colorées, également distantes, peuvent sembler être
inégalement loin de l'œil selon la couleur considérée. Le fait est
connu depuis longtemps. Il a été observé par Goethe, et étudié par
Helmholtz, Einthoven, Grünberg, Katz.
L'auteur, modifiant légèrement la technique de Katz, a amplifié
l'illusion. Ses sujets fixaient un fil noir, tendu à une distance immuable
(mais qu'il n'indique pas) d'un écran noir, entre celui-ci et les plaques
colorées qu'on déplaçait et dont le sujet devait évaluer la distance.
Il était placé à 80 centimètres de l'écran et regardait les deux plaques
à comparer à travers deux trous circulaires de l'écran de 2 cm. 7 de
diamètre.
Le phénomène est inconstant (on observe des variations indivi
duelles ou accidentelles). Mieux vaudrait parler de « tendance ».
Voici quels en sont, en gros, les caractères.
A clarté et saturation égales, le rouge apparaît toujours plus près,
vient ensuite le jaune, et loin derrière le vert et le bleu. Les sur
faces colorées paraissent plus près que des plages non colorées
(blanc, gris). La comparaison entre les couleurs et les gris est d'ail
leurs rendue difficile à cause du trouble apporté par le contraste.
Le point de fixation a une action. Lorsque, au lieu de fixer le fil,
on regarde la plage colorée elle-même, celle-ci paraît s'éloigner.
C'est surtout exact lorsque la couleur contemplée paraissait déjà
« plus loin ». Pour le rouge, on a quelquefois l'illusion contraire : la
plage paraît « encore plus près ».
L'influence de la clarté n'est pas nette (à noter que l'auteur n'a
peut-être pas assez distingué la clarté et la saturation dans certaines
de ses expériences). La saturation augmente l'illusion. D'une façon
générale, celle-ci croît avec l'augmentation de la « visibilité physio
logique totale », de la « luminosité totale « de la couleur (de la Grellheit,
vivacité, dureté, éclat, ou Eindringlichkeit, force de pénétration).
Les différentes couleurs ne donnent pas la même impression
<T « épaisseur ». Le rouge et le jaune sont plus « condensés », plus SENSATION ET PERCEPTION 475
« massifs », plus « durs ». Ils donnent une impression de matérialité,
de corporéité. Leurs distances sont précises, fermes. Le vert et, sur
tout, le bleu sont « liquides », « aériens », ce sont « des rayons de lu
mière », « des nuages ». Ils ont en quelque sorte deux limites : anté
rieure et postérieure, et c'est la limite postérieure qui semble reculée.
Le rouge et le jaune paraissent fixes. On a nettement une impres
sion de plaque. Le vert et le bleu sont diffus : ils colorent tout l'i
ntervalle entre l'écran et la plaque.
La forme des surfaces contemplées peut également paraître mod
ifiée : une plage plus saturée paraît plus convexe qu'une plage moins
saturée. A saturation égale, le jaune-rouge paraît convexe, le bleu
concave, le vert plat (à noter que les orifices de l'écran sont circu
laires).
L'interprétation générale est que, lorsque le point de fixation est
•en dehors de la plage colorée, celle-ci perd son caractère d'objet et
devient en quelque sorte une couleur pure, et ce d'autant plus que
son coefficient de visibilité totale est plus grand. I. M.
RUPPRECHT MATTHAEI. '— Ein neuer Farbenkreis {un nouveau *
cercle de couleurs). — Pf. A., CCX, 1925, p. 623-626.
Du fait des différences de clarté avec le fond, les diverses couleurs
du cercle d'Ostwald subissent des effets de contraste inégaux. Pour
les éviter, l'auteur cherche sur quel gris chaque couleur du cercle
se trouve être à égalité de clarté, et il dispose une étoile de gris,
allant de b (pour le jaune) à l (pour le violet) dans la nomenclature
4'0stwald. H. P.
M. MONJÉ. — Die Abhängigkeit des zeitlichen Verlaufes der Ge
sichts-empfindung vom zeiteichen Verlauf des Lichtreizes und
dem Adaptation zustand {La dépendance du processus temporel de
la sensation visuelle au processus temporel de Vexcûation lumineuse
et de Vétat d'adaptation). — Pf. A. CCIX, 4, 1925, p. 562-604.
Le processus de l'adaptation à l'obscurité, en particulier la posi
tion du maximum du stade critique, dépend en première ligne de la
vitesse de la fente servant à l'éclairement, c'est-à-dire à la rapidité
de l'apparition et de la disparition de l'excitation lumineuse, par
contre l'intensité et la durée de l'excitation n'ont qu'une très faible
influence sur le processus des modifications, conditionnées par l'adap
tation à l'obscurité, du temps de perception, de la durée de percep
tion et du processus temporel. Une, plus grande vitesse de la fente
lumineuse détermine un décours rapide des modifications
d'adaptation du temps de perception et de la durée de perception
(apparition plus précoce du stade critique), une augmentation plus
faible du temps de perception et de la durée de perception au stade
critique et des valeurs finales plus brèves du temps de perception
et de la durée de perception. Concordance remarquable du pro
cessus d'adaptation avec des excitations lumineuses longues et
brèves avec le processus d'adaptation avec des lumières- test de
longues et courtes longueurs d'onde. P. B. 476 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
FRITZ NOLDT. — Ueber Momentadaptation {De V adaptation ra
pide). — Z. für Ps., 97, 1925, p. 32-61.
A côté de l'adaptation à l'obscurité, phénomène lent, qui dure
une demi-heure et plus, quelques auteurs allemands distinguent une
adaptation à une baisse brusque d'éclairement, phénomène extr
êmement rapide, quasi instantané, qu'ils appellent pour cette raison
Momentadaptation (adaptation instantanée). Fr. Noldt en a entre
pris l'étude quantitative, à l'aide d'un dispositif ingénieux, dont
nous ne pouvons donner ici le détail, mais dont les principes sont les
suivants. Le sujet, assis derrière un écran, regarde un disque lumi
neux projeté sur cet écran, successivement (et sans interruption)
d'abord par une lampe A, qui donne un éclairement de 70 bougies-
mètres, et ensuite par une lampe B dont Péclairement peut être de
25 à 4.050 fois moindre. Un chronoscope de Hipp, — qui se déclenche
automatiquement au moment de l'extinction de la lampe A, et que
le sujet arrête en cessant de serrer une clef labiale (qui lui sert en
même temps pour maintenir sa tête immobile), au moment où il
perçoit la lumière B — , permet de mesurer le temps d'adaptation,
la « période aveugle ».
Au milieu du disque lumineux, qui, dans la plupart des expériences,
a 55 centimètres de diamètre, est placé un point de fixation (noir
pour la lueur A, automatiquement lumineux pour la lueur B), destiné
à maintenir les yeux immobiles.
Les expériences, faites sur quatre sujets (dont un héméralope),
ont abouti aux résultats suivants :
1° Le temps d'adaptation croît avec l'augmentation de la durée
de l'excitation A. Voici quelques chiffres :
Clarté de B = 1 /800 de A ; diamètre = 55 cm.
Durée de A en secondes
Sujets
i 2,5 5 10
Ke 1,01 (0,14) 1,94(0,37) 3,67(1,03) 5,65(1,98)
Fi 1,02(0,17) 1,07(0,26) 1,16(0,21) 4,61 1,42(0,26) (0,83) Ras 2,06(0,26) 2,87(0,51) 1,65(0,25)
(Les chiffres entre parenthèses indiquent la variation moyenne)
2° Le temps d'adaptation croît avec la diminution de l'intensité
de B :
-^Clarté» deß
i/aoo- i i /5o 1/800 1/1600 i/3aoo i/ioo i/4oo
Sujets -^
0 .48 0 0 0? Ka ,47 0 ,57 74 1 2,85 6,63 11,0
0 ,32 0 ,38 0 ,45 0 68 0 97 3,04 15,60 49,0 Ke(hémeralope) 0 ,33 0 ,37 0 ,48 0 51 0 71 1,23 3,91 Fi 16,7 ET PEBCEPTION 477 SENSATION
3° Le temps d'adaptation est lié aux dimensions du cercle lumi
neux B. Lorsque le diamètre de B passe de 0cm,4 à 55 centimètres,
le temps diminue d'abord, passe par un minimum, (autour de 10 cen
timètres =■ angle de 19°) et augmente ensuite. Le raccourcissement
initial se conçoit sans peine, l'allongement ultérieur semble lié à
la perception moins nette du contour, qui est un adjuvant, ainsi que
nous Talions voir.
4° Le temps d'adaptation croît quand on passe du centre à la péri
phérie de la rétine, sans différence notable pour les quatre directions
dans lesquelles la recherche a été effectuée (vision monoculaire dans
•ces expériences, binoculaire dans les autres).
5° Le temps d'adaptation est notablement plus court en vision
binoculaire qu'en monoculaire.
6° Les mouvements des yeux diminuent le temps d'adaptation
(sauf quand il est plus court que leur temps de réaction), de même
que les de la lueur excitante. L'action est plus grande
•dans le premier cas : le mouvement de l'Oeil exercerait une action
réparatrice sur la rétine.
7° Un contour précis de la lueur excitante B donne des temps
d'adaptation plus courts qu'un contour flou. Cette différence s'at
ténue pour des diamètres supérieurs à 30 centimètres ; les contours
sont, 8° La pour grandeur ces grandeurs, de l'ouverture peu perceptibles. pupillaire joue f un rôle. Lorsqu'on
empêche la dilatation pupillaire en B, en munissant le sujet d'une
pupille artificielle (disque de carton, avec un orifice égal à l'ouver
ture pupillaire en A), les temps sont notablement plus longs que sans
ce dispositif.
9° Les images 'consécutives ne semblent pas jouer de rôle dans le
phénomène d'adaptation. Leur temps de latence est en général plus
long que le temps d'adaptation. I. M.
NIKOLAUS FEINBERG. — Experimentelle Untersuchungen über
die Wahrnekmung im Gebiet des blinden Flecks [Recherches expé
rimentales sur la perception dans la région de la tache aveugle). —
Ps. For., VII, 1, 2, 1925, p. 16-43.
Cet article forme la 12e série des Contributions à la Psychologie de
la Forme publiées par K. Koffka. On peut percevoir quelquefois
une lumière diffuse quand un point lumineux forme son image dans
la région de la tache aveugle. Dans quelles conditions ce fait est-il
observable ?
Un travail préliminaire a permis de déterminer pour chacun des
sujets les limites exactes de la tache aveugle. Dans l'obscurité on
déplace un point lumineux le long des axes d'une étoile à huit branches
dont le centre correspond à peu près à celui de la tache, en assurant
l'immobilité de l'œil par un point de fixation latéral. On fait deux
séries de mesures : centrifuges, où l'on note l'apparition du point ;
centripètes où l'on note sa disparition ; la première donne une surface
un peu plus grande que la seconde. La tache est limitée par une
frange de perception diffuse et indécise. Avec des intensités assez
fortes, on trouve en allant du dehors au dedans les apparences
suivantes : nuée brillante avec un noyau bien limité, puis avec un

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