Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie de la sensibilité. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 600-619

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 600-619
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation.
Topographie de la sensibilité.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 600-619.
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie de la sensibilité. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27.
pp. 600-619.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6370600 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
vivant à la lumière, et six de poissons à mœurs nocturnes, de poissons
« d'obscurité », dont deux ayant des yeux bien développés.
Après deux heures d'adaptation à l'obscurité, ou à forte lumière,
les poissons étaient soumis à un éclairement diffus de grandeur
définie pendant deux heures, et leurs yeux étaient fixés pour examen
des rétines.
Ainsi est déterminé l'éclairement minimum provoquant la con
traction des cônes. L'état d'adaptation préalable change ce seuil de
réaction des cônes (très différent en valeur absolue pour les divers
poissons étudiés).
Ainsi chez le goujon Gobio fluviatilis, la contraction commence
pour une intensité de 0,04 bougie Hefner après adaptation à l'obs
curité ; elle cesse dès que l'intensité atteint 0,08, soit le double,
après adaptation à la lumière. Chez le vairon Phoxinus laevis les
deux seuils sont 0,08 et 0,25, chez Abramis brama, 0,09 et 0,13.
Les modifications des bâtonnets seraient moins nettes et moins
systématiques. En ce qui concerne les migrations pigmentaires, elles
évoluent parallèlement aux réactions des cônes (avec un seuil de
même valeur chez certaines espèces, plus élevé chez les autres).
Mais l'auteur a pu distinguer chez des poissons de jour des bâton
nets de mélanine dont la mobilité est plus vive que celle des cellules
à guanine (avec, quand la lumière diminue, rétrogradation pigmen-
taire) et noté de grandes différences du comportement suivant la
région de la rétine : dans la partie inférieure, pour une certaine faible
clarté le pigment est encore en extension alors que dans la partie
supérieure il est déjà contracté.
Les migrations pigmentaires, au sujet desquelles l'auteur est sou
vent en désaccord avec Garten, paraissent être fort complexes.
Il faut d'ailleurs rappeler que la guanine, pigment réfléchissant
(et non absorbant), qui constitue un « tapis », doit jouer un rôle, non
pour isoler des éléments récepteurs, mais pour rendre à ceux-ci de la
lumière quand il n'y en a pas beaucoup : de fait, pour les poissons
vivant près de la surface, il n'y a pas de guanine dans la moitié infé
rieure de la rétine (qui reçoit l'image du ciel, très lumineuse), mais
seulement dans la moitié supérieure, (recevant l'image du fond de
l'eau) ; et la guanine (qui se rencontre en général dans les mêmes
cellules que la mélanine) ne se rétracte pas dans l'adaptation à l'obs
curité, enveloppant les cônes et formant couche réfléchissante juste
en arrière des bâtonnets. H. P.
b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation.
Topographie de la sensibilité
JEAN SAIDMAN et L.-G. DUFESTEL. — Snr la visibilité de la
portion initiale du spectee ultra-violet. — C. R., CLXXXII, 19,
1926, p. 1173-1175.
La visibilité spectrale s'étend dans les courtes longueurs d'onde
notablement plus loin qu'on ne l'admet généralement. Mais il faut MOTRICITÉ OCULAIRE 601 VISION.
des intensités très grandes de ces radiations pour qu'elles soient
perçues.
Les auteurs ont étudié la visibilité de la raie 365 dans l'ultra- violet
(avec lampe à mercure en quartz et verre Gallois). Cette raie est perçue
exactement avec la même couleur que la raie de 404 m\t.. Une égali
sation de ces deux raies se produit pour une intensité 900 à 1.000 fois
plus grande de la radiation plus courte, à laquelle l'oeil est donc
environ mille fois moins sensible qu'à l'autre radiation (et, d'après
les coefficients de visibilité plus d'un million de fois moins sensible
qu'aux radiations de 555 m\t). H. P.
J. PLASSMANN. — Die Tagessichtbarkeit der Sterne. Eine noch
anbeantwortete sinnesphysiologische Frage {La visibilité diurne
des étoiles. Un problème de physiologie des sensations non encore
étudié). — Z. für Ps, G., 1926, p. 254-259.
Depuis Aristote {De generatione animalium), de nombreux auteurs
ont noté qu'on pouvait apercevoir les étoiles de jour, du fond d'un
puits ou d'une cheminée, ou — comme on l'a signalé plus récemment
— du fond d'un silo, et qu'il était utile d'observer à travers un long
tube.
La raison de ces conseils empiriques tombe sous le sens : en con
templation ordinaire, l'œil est ébloui et l'attention dispersée ; il faut
donc limiter le champ visuel.
Pratiquement le problème se complique. Il faut choisir et bien
repérer l'étoile qu'on désire observer. Il faut, de plus, qu'elle se
trouve dans une position commode pour l'observation. Pour l'obser
vation verticale (fond d'un puits) une seule étoile de première gran
deur peut entrer en ligne de compte, et encore dans certaines condi
tions seulement, en Allemagne centrale où l'auteur a fait ses obser
vations, c'est la Gapella. Les limites géographiques de la région où
on peut l'observer sont assez étroites. Bien entendu il faut calculer,
pour chaque jour de l'année, l'heure à laquelle l'observation est
possible.
L'observation horizontale ou oblique (tunnels) présente d'autres
inconvénients (vapeurs, etc.), et on n'est pas beaucoup plus sûr de
pouvoir trouver une étoile assez visible.
En dépit de toutes ces difficultés, l'expérience est à tenter. Le calcul
montre que l'éclat de la Capella équivaut à celui d'une bougie à
579 mètres. Vénus, dans la phase où elle est à 340 degrés du soleil,
a un éclat 66 2 /3 fois supérieur : elle brille comme 1 bougie à 70 mètres.
On peut l'apercevoir, quand on en a l'habitude, même sans précaut
ions spéciales. I. M.
EMILE HAAS. — Recherches nouvelles sur la sensibilité lumineuse
différentielle successive pour la lumière blanche. — C. R.,
CLXXXII, 19, 1926, p. 1176-1178.
Un diffuseur reçoit l'image réelle d'une lentille éclairée par une
source, constituée par un filament dont on peut faire varier la hauteur
visible avec une roue-écran, une indentation dans cette roue laissant
voir tout le filament.
La recherche, dans ces conditions, du seuil différentiel successif 602 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
avec les deux yeux (après trois minutes à l'obscurité) donne les va
leurs suivantes du pourcentage perceptible de variation pour une
série d'éclairements.
Lux 0,15 0,30 0,50 1 10 50 100
Seuil 8,5 7,5 2 6,3 4 2,5 1,8
Jusqu'à 100 lux donc, la sensibilité continue à croître. H. P.
L.-L. HOLLADAY. — The fundamentals of glare and visibility
(Eblouissement et visibilité. Principes fondamentaux). — J. of Opt.
Soc, XIII, 6, 1926, p. 271-319.
Voici une importante contribution expérimentale à l'étude de
l'éblouissement, étudié par ses effets sur la sensibilité au contraste
des éclats, en vision fovéale. Des bandes ou des anneaux de papier
gris mat sont présentés sur fond blanc à un œil, dont la rétine, en
outre, subit, ou bien l'éclat parasite d'une plage occupant tout le
champ de vision (veiling-brightness, de brillance B) ou bien un
éclairement périphérique local (B bougies -mètres) dû à une source
de petites dimensions (dazzle-glare). On fait varier la brillance F du
fond, mesurée en millilamberts (ml.), jusqu'à discrimination juste
possible des objets d'épreuve, qui ont alors une brillance F — AF.
Les valeurs de A F dépendant d'abord de B ou de E. Dans le 1er cas
F -4-B
la quantité S = ■■■*„ , que l'auteur appelle sensibilité au contraste,
atteint vite une limite supérieure constante quand F + B croît (pour
25 millilamberts environ, alors que la marge explorée va jusqu'à près
de 1.000 millilamberts). Dans le second, on trouve que AF varie
à peu près proportionnellement à E et ne dépend pas, toutes autres
conditions égales, des dimensions ni de l'éclat de la source éblouis
sante, du diamètre pupillaire (E et A F s'en trouvant pareillement
affectés), ni de la participation de la tache aveugle ; mais si D est
l'angle (en degrés) formé par la ligne de vision et par la direction de
la source — quelle qu'en soit la position, pourvu que cet angle soit
réalisé — l'expression E/A F apparaît comme proportionnelle à D1.
L'auteur s'attache ensuite à montrer les analogies entre les deux
cas envisagés. Il détermine expérimentalement la brillance qui a le
même effet éblouissant qu'une source réduite, et trouve la possibilité
d'une équivalence, à condition de remplacer B par 4,3 X E /Dedans
l'expression donnant S.
On peut envisager alors le seuil différentiel comme étant la somme
de deux termes :
E
le second mettant en évidence les effets, reconnus additifs, des di
verses sources constellant le champ visuel. L'équivalence constatée
se retrouve dans le cas où la source éblouissante est une after-image.
L'effet d'une ou plusieurs sources punctiformes peut donc se ra
mener à celui d'un éclat uniforme occupant tout le champ. D'après H. , VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 603
il faut peut-être voir là plus qu'une analogie et se rappeler, sans
négliger d'autres causes possibles, que, les milieux de l'oeil n'étant pas
parfaitement transparents, de la lumière non destinée à la fovea
peut être diffusée vers elle.
L'action de différents facteurs est encore envisagée : S croît avec
l'angle sous lequel l'objet est vu, et décroît quand la longueur d'onde
augmente ; l'irradiation et l'influence de l'accommodation sont étu
diées et, plus vaguement, le caractère agréable ou désagréable des
sources ; enfin, une place de choix est réservée aux variations du
diamètre pupillaire (P). Ce diamètre est approximativement une
fonction exponentielle décroissante de la brillance à laquelle l'œil est
adapté. Lorsqu'on introduit dans le champ une source puncti-
forme (E) la loi reste la même si l'on ajoute un terme correctif fonc
tion de E et de D. Des relations empiriques sont également proposées
et de nombreuses courbes reproduites pour montrer les variations
de P sous l'influence de variations soudaines de B ou de E, et l'action
de divers facteurs : accommodation et convergence, dimensions et
brillance, des sources. A. F.
W. NUTT. — Correctness of Judgements based on Sensation Intens
ities and Time allowed for making Judgements {Exactitude des
jugements relatifs à V intensité des excitations et temps alloué pour
formuler le jugement). — J. of appl. Ps., X, 1, 1926, p. 117-128.
Expériences de discrimination de clarté, deux bandes de gris étant
exposées simultanément. Le nombre de réponses exactes pour une
différence de clarté déterminée est plus grand lorsque le temps
alloué pour une réponse (temps d'exposition ?) passe de une
à deux secondes. Deux secondes semblent être un optimum : le
nombre de réponses correctes n'augmente plus lorsqu'on laisse au
sujet tout le temps qu'il désire. D. W.
A. PRANDTL. — Die Helligkeit schraffierter Flächen. — (La clarté
des surfaces grisées). — Z. fur, Ps., XCIX, 1926, p. 221-246.
Des grisées, telles que les gravures, nous donnent des im
pressions de clarté totale de gris quasi uniforme, à des distances où
cependant nous pouvons percevoir distinctement les traits alternés,
blancs et noirs.
L'auteur a soumis le problème à une étude expérimentale. Il s'est
attaché à faire comparer, à ses sujets, les impressions de gris obtenues
dans ces conditions à des gris uniformes obtenus par la fusion de
secteur noirs et blancs d'un disque tournant. Les surfaces grises
étaient observées à deux distances : 27 cm. et 6 mètres.
Les évaluations comparatives faites par ses sujets sont assez
exactes et l'erreur moyenne assez faible (sauf chez un sujet, un peu
nerveux). Les conditions favorables à la fusion — et à une bonne
évaluation du degré de clarté — sont : un angle visuel petit pour
chaque angle de traits (c'est-à-dire des traits assez rapprochés),
l'uniformité de la disposition générale, une différence de clarté pas
trop grande entre deux membres du couple (les réponses sont plus
justes pour l'assemblage noir — gris moyen que pour l'assemblage
noir-blanc). Il faut un certain nombre de traits ; lorsqu'il n'y en a 604 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
que peu, l'œil s'attache à chacun, et on n'a pas d'impression d'en
semble, de complexe. Il ne faut pas de surface trop grande : des im
pressions de papillottement et autres viennent troubler le phénomène.
L'explication reste à trouver. L'égalisation, qui, dans la fusion est
complète, resterait ici à mi-chemin en quelque sorte, dit l'auteur.
On aurait une «impression» (Eindruck) d'égalité. Il y aurait, non une
sensation, mais un état plus complexe : un sentiment (Gefühl, feeling)
ou une attitude de la conscience (Bewusstseinslage). I. M.
KURT FIEDLER. — Das Schwarz- Weiss Problem. — {Le problème
du noir-blanc). — Neue Ps. St., II, 1926, p. 343-409.
L'auteur a fait des recherches pour vérifier l'opinion de Kirs-
chmann, que le blanc, le noir, le gris, ne peuvent être assimilés à des
couleurs, ne constituent pas des impressions élémentaires, des sensat
ions. Avec 52 sujets, en présentant derrière une fenêtre d'écran dans
des éclairages réglés, des surfaces noires, blanches, et grises, on obtient,
pour une même surface, des appréciations de noir, de blanc, et dé
gris, ce qui n'arrive pas avec une surface colorée. Les impressions
sont donc une résultante complexe et ne qualifient pas des sensations
élémentaires.
L'auteur fait une revue rapide du débat sur le noir et le blanc (en
Allemagne), en rapport avec les conceptions de son maître Kirs-
chmann, consacrant des paragraphes à Wundt et Fick; Hering;
Müller ; Helmholtz, Nagel et Von Kries ; et David Katz surtout dont les
idées sont les plus voisines à certains points de vues de celles de
Kirschmann et les plus discutées. H. P.
HUGO SCHRŒDER. — Die zahlenmäßige Bezihung zwischen
den physikalischen und physiologischen Helligkeitseinheiten
und die Pupillenweite bei verschiedener Helligkeit. — (La relation
numérique entre les unités physiques et physiologiques de clarté et le
diamètre pupillaire quand la clarté varie). — Z. für Sin., LVII, 4-5,
1926, p. 195-223.
La rétine reçoit l'image d'une surface lumineuse dont on définit
physiquement (une fois le point de départ physiologique des unités
lumineuses fixé) la brillance. Mais Péclairement de la rétine par
cette surface est modifié en fonction de l'ouverture du diaphragme
pupillaire. On a dès lors utilisé des unités physiologiques, eomme
le « photon » de Troland (dans la fixation directe, avec accommodat
ion convenable, d'une petite surface dont la brillance est d'une
bougie par mètre carré, lorsque la surface d'ouverture pupillaire
du diaphragme irien est de 1 millimètre carré) etl'«unité König »{dans
la vision d'une surface recouverte de magnésie, éelairée à 1 mètre
par une surface de platine en fusion parallèle de 1 cm*, lorsque le
diaphragme placé devant l'œil a une ouverture de 1 millimètre carré).
On a proposé un coefficient fixe permettant de passer de l'unité
physique à l'unité physiologique. Mais, comme le diamètre pupillaire
change avec l'éclairement, l'auteur a procédé à des expériences
pour déterminer la valeur du coefficient de transformation pour
divers éclairements.
Il a, dans ce but, déterminé de combien il fallait réduire physique- MOTRICITE OCULAIRE 605 VtSIOS.
ment l'éclat d'une surface regardée par un œil avec sa pupille natur
elle pour que cet éclat fût jugé égal par la méthode stéréophotomé-
trique de Pulfrich à celui de la surface regardée par l'autre œil,
muni d'un diaphragme à pupille artificielle de 1 mm1.
Voici les résultats obtenus, pour des unités physiques de luminosité
d'une surface de magnésie (calculés d'après une albedo ou coefficient
de réflectivité de 0,95), l'unité correspondant à une brillance de
30 cent-millièmes de bougie Hefner par centimètre carré, en cal
culant ce que représente en pour cent de l'ouverture de la pupille
naturelle le diaphragme de 1 mm*, (moyennes de 3 observateurs) :
Unité physique 0,1 1 10 100 1000 5 000 10000
Valeur % 7,4 13,9 8,3 9,8 12,2 14,5
Par application de ces coefficients aux photons de Troland, cor
respondent les valeurs suivantes des unités physiques de l'auteur :
Photons . . 1000 100 10 1 0,1 0,01
Unités .... 560 49 4,1 0,029 0,33 0,0026
En extrapolant d'après la courbe empirique obtenue, la corre
spondance serait de 61.000 unités pour 100.000 photons, de 0,00025
pour 0,001 photons.
Il faut d'ailleurs noter que la variabilité individuelle du diamètre
pupillaire donne toujours un caractère approximatif à une telle corre
spondance.
On pourrait se contenter d'utiliser une méthode de mesure directe
du diamètre pupillaire à différents éclairements. Cette directe,
l'auteur y a procédé par la méthode de Haab et a trouvé des valeurs,
concordant avec celles qu'il obtenait par le calcul d'après ses déter
minations stéréophotométriques. Mais ces valeurs sont très inférieures
à celles de Reeves aux faibles lumières, comme le montrent les
chiffres suivants des diamètres pupillaires en millimètres :
Eclairement (lux).. 1000 200 100 10 1 0,1 0,01
3,2' Stéréopboto métrie 3,0 4,3 3,3 3,6 3,9 4,1
Mesure directe.. . . 3,1 3,5 4,0
Mesurée de Reeves 2,8 3,6 4,0 5,3 6,4 7,2 7,6
L'auteur conclut que les valeurs de Reeves sont mauvaises.. Il y a
là un point de désaccord qui nécessite un nouvel examen. La courbe
des résultats de Reeves (que l'auteur n'avait pas établie) donne plus
confiance que celle des résultats de S.
L'auteur cite aussi quelques résultats de Couvreux, d'après un
« Bericht » (alors qu'il s'agit d'une note aux comptes rendus de l'Aca
démie des sciences !) et ne donne pas ceux où le désaccord avec ses
propres chiffres devient plus marqué. Et il ne tient pas compte des
faits, signalés par Couvreux, qui doivent intervenir dans la fixation
pratique des coefficients, à savoir qu'en vision binoculaire, les va
riations de la pupille sont différentes de ce qu'elles sont en vision 606 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
monoculaire, et que l'accommodation de 0 à 7 dioptries fait
changer le diamètre pupillaire, pour un éclairement de 0,5 lux.de
5,15 à 2,7 mm! H. P.
E. GELLHORN. — Ueber den Einfluss der Umstimmung auf die
Farbschwelle. Weitete Untersuchungen zur Kenntnis der intracorti-
calen Erregungsvorgänge in der Sehsphäre. — {De V influence de
l'adaptation sur le seuil des couleurs. Nouvelles recherches sur les
processus d'excitation intracorticaux dans la sphère visuelle). —
Pf. A. CCXIII, 1926, p. 766-778.
Etude de l'influence de l'adaptation directe et indirecte sur le
seuil des couleurs ; dans le 1er cas l'œil étudié est adapté avant l'expé
rience, dans le 2e cas l'adaptation est réalisée sur l'autre œil, de sorte
que dans ce dernier cas ne peut influencer les processus
dans la substance visuelle de l'autre œil que par la conduction in-
tracorticale des processus d'excitation. L'adaptation est homologue
quand elle est réalisée par la même couleur ou la couleur complément
aire, elle est hétérologue quand elle est réalisée par l'autre couple
de couleurs contraires. Résultats : Adaptation homologue directe : él
évation du seuil dans l'adaptation pour la même couleur, abaissement
pour la couleur contraire. Adaptation homologue indirecte, élévation
du seuil, dans les deux cas. hétérologue directe :
du seuil l'adaptation aux deux composants du couple de cou
leurs contraires. Adaptation hétérologue indirecte, même comporte
ment que dans la précédente. P. B.
M. TSCHERNING et HAROLD LARSEN. — Les anomalies de la
vision des couleurs. — La vision des couleurs. — J. de Ph., XXIV, 3,
1926, p. 475-484, et p. 492-507.
La première étude résume des séries de mesures effectuées par
Larsen dans sa thèse, de 1921, concernant les clartés spectrales
relatives chez; une série de sujets ayant la vision chromatique nor
male ou présentant des achromatopsies, une série de courbes et un ta
bleau de chiffres constituant ce résumé. Les courbes spectrales sont
d*abord établies en fixant l'intensité correspondant à 540 mp comme
égale à 10, puis elles sont régularisées en changeant toutes les valeurs
dans une proportion telle que la somme, pour toutes les longueurs
d'ondes étudiées, de ces valeurs, soit égale à 100 pour les trichro-
mates normaux et anormaux (dans le langage de la théorie de Young) ;
les coefficients obtenus sont appliqués aux dichromates.protanopes
et deutéranopes, en sorte que la surface de leur courbe se trouve ré
duite par rapport à celle des tichromates.
La comparaison de ces courbes conduit aux remarques suivantes :
Les trichromates anormaux sont caractérisés par un déplacement
général du spectre visible du côté des grandes longueurs d'ondes, du
rouge. Les protanopes sont caractérisés par le raccourcissement du
côté du rouge, et peuvent être compris comme étant privés de la com
posante rouge.
Jusqu'ici on reste dans les lignes des résumés classiques ; mais
voici les conceptions nouvelles :
Les deutéranopes ne seraient nullement des dichromates privés VISION. MOTRICITE OCULAIRE 607
de la composante verte, mais des trichromates anormaux à déplace
ment spectral vers le rouge, et privés du rouge pomme les prota-
nopes ; ce serait des protanopes anormaux à déplacement spectral
vers les grandes longueurs d'onde.
A faible intensité, les protanopes comme les normaux ont une
courbe spectrale identique à celle des monochromates (ou aveugles
totaux aux couleurs) tandis que les deutéranopes gardent une courbe
spectrale différente, toujours déplacée vers les grandes longueurs
d'onde, leur anomalie persistant -en vision crépusculaire.
Cette interprétation reste fidèle au principe de la théorie trichro-
matique. Et c'est dans la ligne de cette théorie que les auteurs ont
tenté à nouveau d'établir les courbes des trois composantes, après
les essais expérimentaux bien connus de Maxwell, de König et
Dieterici, et d'Abney, en recherchant combien il faut proportion
nellement prendre de radiations étalons (630, 515 et 475 mp.) repré
sentant autant que possible les composantes pures, pour reconsti
tuer toutes les radiations spectrales.
Comme les étalons sont eux-mêmes des composés, il faut, par
approximations successives, déterminer leur composition, et faire
dans les premiers résultats obtenus les corrections correspondantes.
C'est ce travail, impliquant de proche en proche une régularisation
progressive, qui a été fait par Abney et par König et qu'ont repris
T. et L.,en s'adressant aussi à des normaux et à des achromatopsiques.
La représentation conduit à un accord avec les déductions de l'étude
des courbes globales de clarté spectrale : on peut représenter le
spectre des trichromates anormaux en faisant subir une translation
globale de 20 m\>. vers les grandes longueurs d'onde, celui des prota
nopes en supprimant la courbe du rouge des normaux, et celui des
deutéranopes en supprimant la courbe du rouge des anormaux, ou
en faisant subir une translation au spectre des protanopes.
10' Pr 10 N
\ / /
s s /
r / 60 SO 60
On voit ces faits dans les courbes ci-jointes des auteurs (N : no
rmaux — An : trichomates anormaux — Pr : Protanopes — D : Deu
téranopes) : en trait plein gras, courbe du rouge, en trait pointillé
courbe du vert, en trait mince, du bleu-violet) ; en A, intersec
tion des courbes du vert et du rouge (575) région du jaune, en B,in- 60S ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tersection des courbes du vert et du bleu (495), région du vert-bleu
complémentaire du rouge, point neutre pour les protanopes).
Les auteurs ont cherché à déterminer les modifications des courbes
quand on augmente beaucoup ou qu'on diminue au contraire l'inten
sité du spectre, rendant compte du déplacement de la région d'intenmaxima par déplacement du sommet des courbes des couleurs
pures (sans faire appel au changement de participation des cônes
et bâtonnets, ; mais on sait que T. conçoit les bâtonnets comme les
vecteurs de la composante violette, qui existerait seule chez les
monochromates), et de l'atténuation des couleurs spectrales aux
grandes intensités par le rapprochement des courbes qui tendent
à se confondre.
Des planches représentent l'aspect du spectre pour les trichro-
mates, les dichromates et les monochromates, et l'aspect du spectre
pour des normaux à une série d'intensités différentes.
T. et L. pensent éviter, dans leur conception, toutes les difficultés
qui s'opposent à la théorie de Young ; mais ils n'ont sans doute vu
qu'une partie de ces difficultés ; et leur conception ne laisse pas de
prêter à de sérieuses objections ; elle est d'ailleurs constituée de façon
assez artificielle. H. P.
LUDWIG JANIGKI et ERNST LAU. — über die Abhängigkeit der
Farbe von der Intensität. — (Sur la dépendance de la couleur vis-
à-vis de V intensité). — Z. für Sin., LVII, 6, 1926, p. 288-293.
Les auteurs ont précisé les données relatives au seuil d'apparition
de la sensation de couleur dans le spectre, que Von Bezold avait
indiquées dès 1873, montrant que le bleu et le jaune nécessitaient des
intensités lumineuses plus fortes que le rouge, le vert et le violet. Ils
ont fait varier les intensités del à 1024 par changement d'ouverture
de la fente d'un spectroscope (méthode incorrecte car le changement
d'ouverture modifie la pureté des couleurs). Le rouge pourpré (vers
650 m\i.) le bleu (à 590) le vert (à 570), le violet sombre (à 500)
sont les premières couleurs perçues ; ensuite le bleu sombre, le rouge
cinabre, le jaune, le vert clair et l'orangé.
Mais les valeurs des intensités sont purement relatives ; on ne con
naît pas les pour les seuils absolus de visibilité lumineuse,
et le rapport entre le seuil et la saturation maxima propre de chaque
lumière monochromatique n'est pas envisagé.
Les auteurs prétendent sur ces faits concilier les théories de Hering
et de Helmholtz. H. P.
GARL ROSENCRANTZ. — Ueber die Unterschiedsemp findlichkeit
für Farbentöne bei anomalen Trichromaten. — (Sur la sensibilité
différentielle aux nuances chromatiques chez les trichromates ano
rmaux).— Zfür Sin., LVIII, 1-2, 1926, p. 5-27.
Etude de la finesse de discrimination chromatique, avec le grand
appareil de Nagel pour le mélange des couleurs (dont une descrip
tion est donnée), chez un sujet normal et deux anormaux au rouge
ou protanormaux (un moyennement et un fortement anormal).
Le tableau ci-joint indique en millimicrons les seuils différent
iels pour une série de lumières monochromatiques dont la longueur

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