Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie de la sensibilité - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 616-637

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 616-637
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation.
Topographie de la sensibilité
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 616-637.
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie de la sensibilité. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30.
pp. 616-637.
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616 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nette simultanément pour un écart assez grand des distances ; la
faible variation de l'acuité périphérique avec l'accommodation fo-
véale (Aubert) ; le phénomène d'Aubert-Foerster ; l'expérience où
Helmholtz attribua la vision indirecte, pendant un bref éclairement,
à la direction de l'attention ; l'accommodation chez les sujets sans
cristallin ; la vision des amétropes, meilleure que ne l'indiquent les
calculs de réfraction ; les perspectives réversibles ; enfin le phéno
'- G. D. mène de Plateau.
810. — M. BUCKLERS. — Experimentelle und histologische Un
tersuchungen über den Einfluss von hochkonzentrierten Ultra
violett auf das Kaninchenauge (Recherches .expérimentales et hie-_
tologiques relatives à l'influence que l'Ultraviolet concentré exerce
sur l'œil du lapin). — Ar. für O.-, CXXI, 1928, p. 73-86.
La concentration du rayonnement d'une lampe à vapeur de mer
cure sur l'œil du lapin entraîne des effets destructeurs dans la région
antérieure, effets disparaissant quand on supprime l'ultraviolet par
filtration, ce qui montre que ce n'est pas l'infra-rouge qui est re
sponsable. H. P.
b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie
. de la sensibilité 1
811. < — H. U. MÖLLER. — Untersuchungen über das Dunkelsehen
mit Tscherning 's photometrischen Gläsern (Recherches sur la .'ision
crépusculaire avec les verres photométriques de Tscherning). — In-8
de 14*9 pages, Kopenhague, Arnold Bask, 1929.
Les verres de Tscherning ont été établis de telle manière que
l'échelle de transparence soit logarithmique, laissant passer un
dixième, un centième, un millième, etc., de la lumière filtrée sans
électivité.
La clarté d'un objet se détermine d'après le numéro du verre le
plus sombre à travers lequel l'objet est encore visible.
Avec ces verres permettant pour une surface d'éclairement donné
de déterminer la visibilité minimale, l'auteur a étudié l'adaptation à
l'obscurifé.
Il a constaté une certaine adaptation pour le rouge, correspondant
à la fonction visuelle du centre de la rétine, dont l'adaptation propre
v a été constatée par des épreuves d'acuité.
Il a déterminé la courbe d'adaptation progressive avec ou sans
participation de la dilatation pupillaire (par emploi de mydriatiques
et de myotiques), et obtenu une variation logarithmique régulière.
Il a constaté une indépendance complète de l'adaptation de chacun
des deux yeux.
Il a étudié aussi la « désadaptation », c'est-à-dire l'abaissement de
sensibilité des yeux obscures quand ils sont exposés à la lumière',
constatant une chute presque immédiate, dans les premières secondes,
puis une diminution lente, avec une très grande similitude avec le
1. Voir aussi les n<* 347, 348, 1009, 1066, VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 617
processus d'adaptation. La durée de l'adaptation et celle de la dés*
daptation seraient sensiblement égales pour un même niveau de
clarté.
Une série de recherches ont été faites sur les caractéristiques de là
vision en très faible lumière.
Parmi ces caractéristiques a été recherchée l'influence du stimulus
sur le seuil de brillance visible (la détermination avec les échelons
des verres photométriques ne pouvant être que très grossière) ;
M. aurait trouvé la constance du produit de la surface parla brillance
(loi de Ricco).
Voici à cet égard les valeurs qu'il donne dans deux séries de re
cherches :
Diamètre angulaire. .. 10°30' 7°20' 4°3' 3<>9' 1°37' l^lô.
Log. de la surface 4,0 3,6 3,13 2,87 2,35 2,0 de la clarté —0,50—0,50 0 0 0,50 1,0
Somme des Log... .. 3,50 3,10 3,13 2,87 2,85 3,0
Diamètre 2°18' 1°23' l°10' 1°2' 41' 30' 27' 20' '14'
Log. surface 2,49 2,05 1,89 1,71 1,45 1,29 1,09 0,84 0,49
Log..clarté.. 0,25 0,75 1,0 1,25 1,50 1,50 1,75 1,75 2,50
Somme 2,74 2,80 2,89 2,96 2,95 2,79 2,84 2,59 2,99
Les oscillations de la somme des logarithmes, et par conséquent
du produit de la brillance par la surface n'ayant rien de systématique, ,
M. admet leur constance réelle.
Au point de vue du champ visuel, il y a un certain rétrécissement
en très faible lumière, avec scotome central, maculaire (attribué à
l'absorption lumineuse par le pigment jaune). Le est
considérable en lumière rouge, qui pour une clarté convenable, est
visible seulement dans la région maculaire centrale, où elle est en
outre seule visible (avec scotome pour le bleu et le vert, par renverse
ment du phénomène de Purkinje). Quand le rouge cesse d'être visible
la cécité centrale est complète.
Mais le lieu de sensibilité maxima en très faible lumière n'est pas
très excentrique, il se trouve presque à la limite du scotome central,
à 12° du centre dans la région nasale (comme les astronomes l'avaient
déjà remarqué).
Enfin, avec la diminution de luminosité M. a trouvé que l'abaiss
ement de l'acuité et celui de la sensibilité différentielle évoluaient, de
façon rigoureusement parallèle.
Tout cet ensemble de données obtenues par la méthode un peu
grossière mais très pratique des verres photométriques, confirme la
notion d'hétérogénéité rétinienne par dualité fonctionnelle des cônes
et bâtonnets, et, si elles ne comportent rien d'essentiellement neuf,
apportent d'utiles précisions. H. P.
812. — ALOIS HEINEMANN. — Ueber die Dunkeladaptation,
mit besonderer Rücksicht auf das Verhältnis von Moment-und
Daueradaptation, und das Purkinjesche Phänomen unter dem
Gesichtspunkte der typologischen Methode {Sur l'adaptation à
Vobscurité, en ce qui concerne particulièrement le rapport de Vadap-
tation momentanée et durable et le phénomène de Purkinje, du point
de vue de la méthode typologique). — Z. für Sin., LX, 1-2, 1929,
p. 1-70.
Dans ce travail d'un élève de Jaensch — et qui est un bel exemple ~
618 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1 de ce que des théories psychologiques peuvent apporter de confusion
et de brouillard dans les questions les plus claires de la physiologie
des sens — un certain nombre de jeunes gens et d'adultes, dont le
type, plus ou moins « intégré », a été défini, ont été étudiés au point
de vue de leur adaptation à l'obscurité, adaptation immédiate dite
momentanée (qui serait due à l'affaiblissement des processus d'exci
tation antérieure) et adaptation durable (la différence étant absol
ument arbitraire et sans fondement positif), et du phénomène de
Purkinje.
L'adaptation à l'obscurité serait meilleure dans le type intégré ;
l'adaptation momentanée serait gênée par la persistance éidétique.
De même le phénomène de Purkinje est 5 à 6 fois plus intense chez
les types les plus intégrés ; cela serait en rapport avec la nature du
processus, qui n'aurait naturellement rien à voir avec le pourpre
rétinien, avec la différence des cônes et des bâtonnets, mais serait
conditionné par des connexions fonctionnelles plus étendues, atte
ignant les couches visuelles primordiales ! H. P.
813. — T. M. FORBES. — A quantitative consideration of the
Purkinje Phenomenon [Considération du phénomène de
Purkinje). — Àm. J. of Ps., XLI, 4, p. 517-542.
Les changements de forme de la courbe de visibilité des couleurs
suivant l'état d'adapatation de l'œil, et particulièrement le décalage
du maximum vers les courtes longueurs d'onde lorsque la clarté
• environnante diminue (phénomène de Purkinje), peuvent s'expliquer
en invoquant la participation — à des taux variables suivant l'adap
tation — - de processus photochimiques distincts qui combinent leurs
effets.
Combien de substances photosensibles élémentaires suffit-il d'ad
mettre pour retrouver les résultats expérimentaux ? En utilisant les
nombres de König (l'auteur discute également les résultats plus
modernes, ceux de Sloan notamment) et en partant de la courbe de
probabilité pour représenter les courbes composantes, F. calcule que
3 processus, peut-être 4, sont nécessaires et suffisants, l'un, scoto-
pique (S), et les autres photopiques (Pu P2, P3). Naturellement, ce
qui changerait avec l'adaptation, ce serait uniquement la proportion
relative de chaque pigment et non la position de la bande d'absorp
tion dans l'échelle des longueurs d'onde. Voici quelle serait la posi
tion approximative des maxima et, pour l'adaptation eh plein jour,
les coefficients de participation relatifs à chaque substance :
P2..' Pj.... 0,605 0,548 |x 0,33 0,57
P3 0,450? < 0,04
S 0,503 0,11
8 correspond à la courbe de visibilité liminaire en fonction de À,
l'œil étant adapté à l'obscurité. Chez un achromate total étudié
par Kœnig, cette courbe restait la même à tous les niveaux d'adap
tation. On sait aussi qu'elle représente l'absorption du pourpre
rétinien. Pt est presque identique à la composante rouge de la théorie
trichromatique ; la courbe de visibilité d'un protanope étudié par K.
«îontre nettement l'absence de ce facteur. P, est identique à la com- VISION. MOTRICITE OCULAIRE 619
posante verte de la théorie d'Young-Helmholtz et coïncide avec la
courbe d'absorption du pigment rétinien de certains poissons.
Quant à la composante P3, son existence est douteuse ; les rappro
chements précédents donnent à penser qu'elle s'identifierait avec la
composante violette de la théorie trichromatique.
La sensibilité fovéale ne rentre pas dans ce cadre, mais, aux éclats
intenses, elle se trouve bien représentée par la courbe P, décalée de
10 mjji vers les ondes de grande longueur. A. F.
814. — W. S. STILES. — The effect of glare on the brightness diffe
rence threshold (L'effet de l' eblouissement sur le seuil différentiel
de luminosité). — Pr. of R. S., B., GIV, N<> 731, 1929, p. 322-351.
Quand une source éblouissante est introduite dans le champ vi
suel, le seuil différentiel de luminosité sur une surface donnée s'élève.
Des recherches ont été déjà poursuivies sur cette influence de Péblouis-
sement par Bordoni (Electrotecnica, XI, 1924, p. 585) et par Holladay
(/. of opt. Soc, 1926 et 1927).
Comme la source, jusqu'à une certaine limite de dimensions,
exerce un effet qui est fonction de l'intensité et non 4e l'éclat, S. a
utilisé une source éblouissante punctiforme, d'intensité et de position
réglable. Les sujets (au nombre de 4, appartenant au Département
de Photométrie du Laboratoire national anglais de Physique) obser
vaient une plage de 2° de dimension visuelle, où une tache réglable
centrale devait être différenciée.
Une série de valeurs de la fraction différentielle fut d'abord déter
minée sans eblouissement pour une série de brillances (exprimées en
millièmes de bougie par pied carré), dont voici un exemple chez un
sujet :
Brillance.. 1,04 5,2 10,5 20,7 42,4 95,2 124 265 520 1000 2160
Fraction.. 6,4 2,63 2,0 1,58 1,43 1,05 1,05 0,86 0,85 0,64 1,05
Le seuil différentiel relatif atteint à l'optimum (1 bougie par pied
ca'rré) une valeur voisine de 0,60 %.
Avec une source éblouissante, d'intensité croissante (éclairement
de 0,02 à 1 bougie-pied), les seuils absolus croissent linéairement avec
la brillance de la plage, à des niveaux d'autant plus élevés que l'éblouis-
sement est plus grand (pour un angle constant de 3°).
Les résultats peuvent être déduits d'une formule d'interpolation
linéaire en faisant appel à la notion « brillance équivalente » :
C'est la brillance p qui donnerait, en l'absence d'éblouissement,
la même valeur absolue du seuil différentiel, que l'on a obtenue pour
une certaine brillance B avec un eblouissement donné d'intensité E,
sous un angle 0 : .
ß = B -+- m(0)E
La valeur de m représente une constante, qui en réalité change
avec l'angle de la source éblouissante, et s'élève pour les très hautes
brillances de la plage.
Une formule pratique satisfaisante est la suivante :
4,16
E. ,
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 620
Elle se confond presque avec celle proposée par Holladay :
On peut ainsi dans d'assez larges limites prévoir l'influence éléva-
trice sur le seuil discriminatif d'une source d'éblouissement, H. P.
815. — W. S. STILES, — The scattering theory of the effect of
glare on the brigthness difference threshold (La théorie de la diffu
sion relativement à Veffet de Véblouissement sur le seuil différentiel
de luminosité). — Pr. of R. S., B., CV, N° 735, 1929, p. 131-146.
Holladay a attribué à une diffusion lumineuse par les milieux ocu
laires l'effet d'une source éblouissante sur la sensibilité différentielle
lumineuse.
Or, cet effet de diffusion ne peut suffire à expliquer quantitative
ment l'élévation du seuil, en raison du peu d'action de la surface de
la source, et de la proportion de lumière pouvant agir par diffusion,
nécessairement inférieure à celle de la perte lumineuse en traversée
directe des milieux oculaires (15 % environ).
Les résultats expérimentaux exigeraient une quantité beaucoup
plus grande de lumière diffusante. H. P.
816. — F. LOHLE. — Ueber die physiologischen Fehlerquellen der
Auslöschphotometrie (Sur les causes d'erreur physiologiques de la
photométrie d'extinction). — Z. für Sin., LX, 3-4, 1929, p. 233-248.
En stellaire, on tend à employer de plus en plus la
méthode d'égalisation de l'éclat d'une étoile avec celui, réglable à
volonté, d'une étoile artificielle.
Mais on a préconisé à nouveau l'emploi de la méthode d'extinction,
par abaissement connu de l'éclat de l'astre jusqu'à le rendre juste
invisible : des expériences avec un astre artificel ont donné à Water-
field moins de 6 % d'erreur (J. Brit. Astron. Assoc., 1926, XXXVI,
p. 260).
A ce propos l'astronome de Postdam montre quelles sont les causes
d'erreur considérables que peut impliquer cette méthode de l'appré
ciation de l'éclat liminaire pour définir l'ordre de grandeur des
étoiles.
H montre l'influence de l'adaptation à l'obscurité, celle de la région
intéressée, fpvéale ou extra-fovéale, de la rétine, celle de la clarté du
ciel (en particulier au voisinage de la lune), tout ceci au cours d'ob
servations astronomiques.
A ces causes d'erreur, il est possible de remédier, en particulier
par une observation indirecte, dans un état d'adaptation suffisant,
au cours de nuits claires sans lune.
Mais en outre, il y a des causes d'erreur plus importantes dans
l'observation astronomique, qui sont — mise à part l'influence géné
rale des oscillations dans le temps de la sensibilité lumineuse qui n'est
pas constante chez un individu donné — d'une part la couleur de
l'astre, d'autre part sa surface, étant donnée l'influence de l'angle
visuel sur le seuil de perception d'un éclat (Fauteur résumant à ce
propos les résultats de ses recherches personnelles dont il est rendu
compte ci-dessous). H. P. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 621
817. — F. LÖHLE. — Ueber die Abhängigkeit des Reizschwellen
wertes vom Sehwinkel (»Sur la dépendance du seuil d'excitation
vis-à-vis de l'angle visuel). — Z. für Physik, LIV, 1-2, 1929, p. 137-
151.
Löhle, étudiant l'influence de «la surface d'excitation sur le seuil
de l'impression lumineuse, à l'observatoire de Postdam, trouve que
la relation dépend de l'échelle des grandeurs utilisées.
Pour des diamètres inférieurs à 10' d'angle, ce qui importe c'est la
10' quantité et 7°, totale, on a une et le valeur flux liminaire constante est du constant produit de (loi la de brillance Ricco) ; par entre la
racine carrée de la surface (loi de Piper) ; enfin, au delà de 7°, la sur
face devient négligeable, et la brillance reste constante. H. P.
818. — L. C. MARTIN et T. C. RICHARDS. — The relations
between field illumination and the optical visual field for observa
tional instruments (Relations entre éclairement et champ optique
visuel pour les instruments d'observation). — Transactions of the
Optical Society of Great Britain, XXX, 1929, p. 22-33.
Pour l'observation d'objets peu lumineux dans un télescope, il y a
avantage à réduire l'étendue et la brillance du champ environnant.
Inversement, quand l'objet est plus lumineux que le champ, quand
l'éclairement est faible, il y a avantage à agrandir le champ. H. P.
819. — G. KATONA. — Zur Analyse der Hellig keitkonstanz (»Sur
l'analyse de la constance de la clarté des objets). — Ps. For., XII, î,
1929, p. 94-126.
La constance des clartés apparentes des objets est d'abord apparue
comme une propriété des objets connus, puis elle a été généralisée ;
le problème est passé de la psychologie de la mémoire à celle de la
perception. K. a essayé de réaliser les expériences les plus simples
sur les conditions qui favorisent cette perception. 11 présente deux
rectangles de papiers gris sur le fond gris du mur de la salle, éclairée
artificiellement,et projette sur celui de gauche la lumière d'une seconde
lampe enfermée dans un tube de carton : la plage lumineuse circu
laire déborde sur le fond et se limite par une frange moins lumineuse.
Le papier de gauche peut être vu à travers un écran percé de trois
ouvertures de diamètre différent ; la plus petite ne laisse voir que le.
papier rectangulaire, la moyenne laisse apercevoir, en outre, le- fond
dans sa partie lumineuse, la plut grande montre encore la zone de
pénombre qui l'entoure. Le papier de droite est vu directement.
Dans ces conditions, la partie gauche du champ, qui reçoit l'éclairage
supplémentaire est le siège de phénomènes de transformation d'au
tant plus prononcés que l'ouverture à travers laquelle on regarde est
plus grande. La plus petite donne le maximum de réduction, la plus
grande le maximum de transformation (c'est-à-dire que la teinte du
papier paraît beaucoup plus foncée qu'elle ne devrait l'être d'après
sa valeur photométrique objective). L'ouverture moyenne donne une
impression intermédiaire.
Mais, si on observe, avec cette dernière ouverture, de petites images
d'objets (photographie d'un homme, pièces de monnaies, chiffres, etc.)
placés au bord du papier de gauche, Û en résulte pour l'ensemble une1 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
valeur dé transformation supérieure à celle qu'on obtenait sans ces
objets. Même résultat si, au lieu de renforcer l'éclairage de cette
partie du champ on la diminue par rapport à du fond de
la salle (et du papier de référence).
Après avoir montré que les phénomènes de contraste ne peuvent
expliquer ces résultats, K. esquisse une théorie générale. Le point
d'appui de la transformation est l'organisation du champ au
de vue de la figure «t de la couleur (netteté des contours, caractère
objectif, opposition des couleurs, etc.). Un troisième élément peut
s'adjoindre aux précédents, sans être une condition nécessaire, la
familiarité, quand il s'agit d'objets. connus — ces conditions sont les
mêmes qui favorisent la perception de l'éclairage. Cette perception fet
la constance de la couleur des objets ne sont que deux effets paral
lèles ,deux aspects d'un même fait. P. G.
$20. — W. GURATSCH. — Der Klarheitsrelief der Gesichtsempfin-
düngen unter dem Einfluss der willkürlichen Aufmerksamkeit {Le
relief de clarté des sensations visuelles sous l'influence de Pattention
volontaire). —A. f. ges. Ps., LXX, 3-4, 1929, p. 257-310.
Reprise d'un travail de Wirth, sous la direction du maître. Il s'agit
dé la détermination des seuils différentiels d'éclairement de points
lumineux, à partir d'une intensité constante, et tantôt dans les condi
tions optima, le sujet ayant à fixer le point même dont on fait varier
l'intensité d'éclairement, tantôt un autre point déterminé, tantôt
enfin tout le champ visuel. Ce champ est constitué par un cône en
papier transparent de 25 centimètres de hauteur, dont la base de
50 centimètres de diamètre est dirigée vers le sujet et qui est unifo
rmément éclairé par transparence à l'aide de projecteurs. Une source
lumineuse supplémentaire d'intensité variable est placée derrière un
écran percé de 21 trous circulaires pouvant être refermés par dés
volets ; ce dispositif permettait, en fermant tous les volets sauf un,
de projeter sur un point déterminé du cône un éclairement supplé
mentaire, d'une durée de 0,01 seconde (obturation photographique),
le sujet devant signaler après chaque expérience la variation lumi
neuse perçue.
Conformément aux expériences antérieures, le seuil différentiel,
pour chaque point du champ conique, a été le plus bas lorsque ce
point lui-même a été fixé ; en fixant le centre du champ le seuil e,st
élevé, en moyenne, pour l'ensemble des 4 sujets et des divers points,
de 35,8 % ; en distribuant l'attention sur le champ total, le seuil
s'élève de 16,6 % au-dessus de sa valeur dans les conditions optima ;
mais, pour les points périphériques cette distribution sur le champ
total (que d'ailleurs les sujets réussissaient d'une façon inégale)
semblait (avec, d'ailleurs, des fluctuations importantes) plus favo
rable que la fixation du seul point central. D.W.
821. — M. METZGER et W. ENGEL. — Optische Untersuchungen
am Ganzfeld (Recherches optiques sur le champ total). — Ps. For.,
XIII, 1,1929, p. 1-54.
Pour obtenir un champ indéfini homogène, le sujet regarde une
surface blanche homogène teAninée à sa périphérie par des écrans VlSÎON. MOTRICITÉ OCULAIRE 623
légèrement inclinés sur le fond principal et raccordés avec lui sans
cassure ; le tout est éclairé par un projecteur ; l'ombre du sujet ne se
projette pas sur l'écran ; il est possible de faire varier l'éclairage et
de projeter, sur le fond, des images secondaires.
Un éclairage fort laisse distinguer le grain du papier ; le fond appar
aît alors comme plan. Un éclairage faible rend l'accommodation
impossible ; le fond paraît légèrement concave. Dans le premier cas
un petit rectangle projeté obliquement apparaît comme rectangulaire
et vertical : sa couleur adhère à l'objet. Dans le second la couleur
n'est pas adhérente, le fond apparaît comme une masse nébuleuse ;
la distinction de la couleur du fond et de l'éclairage devient imposs
ible ; la constance de la forme des images disparaît aussi ; le rec
tangle se projette obliquement comme un trapèze. La distance est
mal estimée ; on a l'impression d'une limite de- la vision à 25 ou
40 centimètres, qui recule à mesure que le champ s'éclaircit.
L'impression d'éclairement ou plutôt de force ou de vivacité de
la lumière est très forte avec le champ homogène. Le champ total
paraît, à éclairement beaucoup plus faible, plus énergique qu'un petit
champ secondaire pris comme terme de comparaison. Il s'agit ici
d'une impression beaucoup plus primitive que celle qu'on obtient
dans les comparaisons proprement dites de clartés ; on arrive à en
faire abstraction quand le petit champ est projeté directement sur le
grand.
Le seuil relatif pour les différences de clarté (pour les changements
brusques d'éclairement) n'est pas constant, comme l'exigerait la loi
de Weber, mais dépend de l-'intensité ; il est beaucoup moins élevé
pour le champ total que pour un champ restreint. C'est l'inverse , une augmentation progressive de clarté. M. discute toutes les j*Jà
hypothèses par lesquelles on pourrait essayer d'expliquer ces ré
sultats. - P. G.
822. — D. KATZ. — SammèlrefAat ueber Arbeiten an dem Gebiet
der Farbenwahrnehmung (Revue générale sur les travaux relatifs à
la perception des couleurs). — Ps. For., XII, 2-3, 1929,, p. 260-
,278. — E. BRUNSWICK et L. KARDOS. — Das Düßlizitäts-
prinzip in der Theorie der Farbenwahrnehmung (Le principe dual
iste dans la théorie de la perception des couleurs). — Z. f. Ps., CXI,
4-5, 1929, p. 307-320.
Passant en revue les travaux récents sur la perception des couleurs,
Katz examine ceux d'Ehlers, Fiedler, Granit, Kardos, Brunswick.
Ehlers traite à la lumière de la psychologie les problèmes de l'art .
du peintre et montre la stabilité de la mémoire des nuances de cou
leur ; mais la reconnaissance ne se fait cependant pas de la même
façon selon la série dans laquelle la couleur est présentée ; peut-être
que la dénomination joue un rôle dans la stabilité du' souvenir.
Fiedler sépare complètement, comme des phénomènes d'ordres et
de niveaux différents, là série noir-gris-blanc et celle des autres cou
leurs, à cause de l'incertitude des jugements qui s'y rapportent en
vision réduite : cette incertitude proviendrait, d'après Katz, des
difficultés de dénomination.
Granit examine les changements qu'un éclairage coloré apporte 624 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à des couleurs contrastantes, selon que l'une ou l'autre prend la
fonction de figure ou de fond. Il conclut que la couleur varie dans le
sens qui fait le mieux ressortir la forme ; K. objecte que cette, loi
n'est vérifiée que dans le domaine des perceptions médiocres (tachis-
toscopiques) très différent de celui des expériences de Granit. Il fait
des réserves sur le rôle joué par le contraste dans les transformations
des figures colorées.
KaTdos essaye de voir par des variations continues de l'éclairage
et de la couleur propre de l'objet comment se fait le discernement
de ces deux facteurs ; il rattache — de façon abstraite, selon K. —
cette dissociation à la perception d'une structure en profondeur dans
le champ visible.
Brunswick observe de très bonne heure (avant 3 ans) chez des
enfants la constance' de la couleur des objets visibles, mais croit
qu'elle se développe avec l'âge. D'accord avec lui sur les faits, K. pense
cependant que certains résultats s'expliquent par la forme de ses
expériences.
B. et K. répondent dans leur article aux critiques de Katz et de
Gelb. Dans toutes les discussions de la thèse dualiste de leur maître
Bühler, on n'a pas assezi distingué le principe général du dualisme et
les hypothèses spéciales que Bühler a suggérées, par exemple celle
de la luminosité propre de l'air. Toutes les objections de fait ne
portent en réalité que contre cette hypothèse spéciale. Quant au
principe lui-même, il affirme, comme une nécessité logique, que la
distinction de la couleur des objets et de l'éclairage doit reposer sur
une double condition physique.
[Le débat reste un peu vain, semble-t-il, tant que le principe garde
cette forme vague, et il reste acquis que, sous la forme précise pro
posée d'abord, il n'a pu se maintenir.] P. G.
823. — G. N. HUNTER. — Colour Sensitivity {Sensibilité chromat
ique). — Pr. of Royal Society of Edimburgh, XLIX, 1929, p. 232-
244.
L'auteur a utilisé la méthode de Houstoun (que nous avons
résumée déjà : An. Ps., t. XXIV, p. 472-474), mais en procédant à
une comparaison de deux plages simultanées et non pas successives
pour la détermination des échelons de sensation par mesure du seuil
différentiel le long des trois côtés du triangle des couleurs.
Une fente lumineuse est dédoublée par biprisme et à chacune des
fentes distinctes sur l'écran est accolé un système de 3 filtres com
portant un grand rectangle rouge et au-dessous un rectangle bleu et
un rectangle vert égaux juxtaposés.
Ces filtres portés par un écran mobile en deux directions perpendi
culaires peuvent être combinés de telle manière que la surface de
l'écran soit couverte par un seul, par deux ou par trois des filtres, en
toutes proportions.
Quand une égale surface des 3 filtres se trouve devant la fente on
est au centre du triangle des couleurs et »on a de la lumière blanche.
Avec une surface constante de rouge, de vert ou de bleu, on peut
changer progressivement les proportions relatives des deux autres
couleurs ; on va ainsi du vert au bleu, soit en l'absence complète de
rouge, soit avec un taux fixe donné de rouge.

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