Sexe. Milieu. Race. Famille. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 419-433

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 419-433
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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b) Sexe. Milieu. Race. Famille.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 419-433.
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b) Sexe. Milieu. Race. Famille. In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 419-433.
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consigne de se diriger vers la source d'un signal auditif et de revenir
ensuite au point de départ. Une sonnerie était placée derrière un
appareil photographique, le petites ampoules électriques fixées
sur la tète et les chevilles du sujet laissaient sur la plaque photogra
phique un tracé lumineux. Les résultats acquis ne suffisent pas
encore pour établir l'existence de variations typiques du comporte
ment étudié. E. S.
574. — F. L. GOODENOUGH. — Expressions oî the Emotions in
a Blind deaî child (L'expression des Emotions chez une enfant
aveugle et sourde). — J. of Abn. Ps., XXVII, 3, 1932.
L'A. a eu l'occasion d'étudier le comportement émotionnel d'une
enfant de 10 ans complètement sourde et aveugle depuis sa nais
sance, et qui n'avait jamais auparavant bénéficié d'une éducation
ou de l'apprentissage d'un langage symbolique quelconque. En effet,
ses parents, des fermiers pauvres, peuvent à peine lui apprendre
autre chose que des rudiments de propreté. Elle était douce et docile
et d'intelligence apparemment déficiente. Les expressions émotionn
elles de cette enfant présentaient une forte ressemblance avec
celles que décrivent Darwin et Spencer. Elle n'avait eu pourtant
aucune occasion d'observer les expressions des autres personnes.
Il semble donc qu'on puisse considérer ses mouvements expressifs
comme plus ou moins complètement égocentriques et prenant leur
source dans l'état interne de l'organisme, avec peu ou pas d'intention
consciente de modifier le comportement des autres, et que l'interac
tion sociale n'entre dans leur détermination que pour une très faible
part. Ceci suggère l'implication que les formes primaires des mouve
ments d'expression sont en rapport avec des facteurs « natifs » ;
chez les enfants normaux, il vient bientôt s'y ajouter des mouve
ments ayant leur source dans l'observation et l'imitation des autres ;
mais ce vernis d'origine sociale, qui complète, modifie et obscurcit
les mouvements primitifs, est moins impénétrable que ne le laisserait
supposer la tendance à la mode de sous-estimer les facteurs natifs
dans l'expression des émotions.
Huit photos sont jointes, l'une d'elles montre l'enfant dans une de
ses attitudes caractéristiques, la tête renversée en arrière, les lèvres
ouvertes, tapant sur une cuillère, avec un air d'intérêt absorbé et de
plaisir. Malheureusement l'A. n'offre aucune interprétation de cette
intéressante expression, fréquente chez les débiles mentaux qui ont
en commun avec cette jeune aveugle-sourde une personnalité fort
ement égocentrique. J. F. W.
b) Sexe. Milieu. Race. Famille x
575. — H. M. BOOK. — A psycho- physiological analysis of sex
différences. (Une analyse psycho-physiologique des différences de
sexe). — J. of Soc. Ps., III, 4, 1932, p. 434-461 .
L'application de quatre tests bêta de l'Armée aux étudiants et
1. Voir aussi les n°8 520, 555, 640, 800, 1354, 1669. 420 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
étudiantes de l'Université d'Indiana (475 sujets de chaque sexe) a
montré, en accord avec les résultats obtenus pour les mêmes tests
par Snoddy sur les enfants des écoles, une supériorité masculine
marquée dans les tests de traçage de labyrinthe d'après Porteus
(une différence de 4,9 points avec une erreur-type de la différence de
0,36) et dans le test de comptage de cubes empilés (d = 10,08,
ud — 0,86) et, d'autre part, une supériorité féminine dans le test de
collationnement de nombres (d = 7,5, cd = 0,86) et dans le test
de continuation des séries de croix et de ronds se suivant selon une
loi (d = 1,20, ad = 0,36).
Le décalage des courbes de répartition est très net.
Ces résultats, — et quelques données bibliographiques, — amènent
l'A. à caractériser la mentalité masculine par la prédominance d'une
attitude d'attention soutenue, plus lente, dirigée davantage vers
l'analyse logique ; l'esprit féminin étant au contraire supérieur
dans les activités nécessitant de l'attention aux détails et aux stimuli
variables. Et de vastes hypothèses physiologiques sont émises : l'A. se
demande s'il n'y a pas lieu de supposer chez les deux sexes, des diff
érences de perméabilité cellulaire et de durée de phase réfractaire
pour les passages des influx nerveux correspondant aux différences
de rapidité et de persévérance dans le travail mental... D. W.
576. — C. P. ARMSTRONG. — Sex differences in the mental
functioning of school children (Différences de sexe dans les fonc
tions mentales des écoliers). — J. of appl. Ps., XVI, 5, 1932, p.
559-571.
L'application de tests d'Otis, des tests muets (planchettes) de
l'Armée et des tests bêta de l'Armée à près de 500 écoliers des écoles
publiques de la 4e à la 8e année scolaire n'a point révélé de diff
érences significatives entre les sexes dans les résultats globaux de
chaque batterie de tests. Les résultats des tests, partiels révèlent,
cependant, des différences caractéristiques, les garçons se montrant
nettement supérieurs dans les tests de labyrinthes, de construction
géométrique, de cubes et de complètement d'images, alors que les
filles semblent légèrement supérieures dans le test x — o et de coll
ationnement de nombres (batterie bêta) ; pour les tests muets (pe
rformance) il y a supériorité masculine légère pour tous les tests, sauf
pour l'apprentissage du code. D. W.
577. — G. SCHMIDBERGER. — Über Geschlechtsunterschiede
in der Rechnenbegabung (Sur les différences entre les sexes dans
V aptitude au calcul). — Z. für päd. Ps., XXXIII, 2 et 4-5, 1932,
p. 70-85 et 104-165.
Cette importante étude a été effectuée sur 2.284 élèves des écoles
mixtes d'Iéna (de la 3e à la 8e année d'école primaire) et comport
ait quatre séries de problèmes : calcul mental simple ; problèmes
faisant intervenir le calcul mental ; tests particuliers (transcrire un
nombre dans un système non décimal, ajouter des signes à une série
de trois nombres de manière à la tranformer en une équation) ; la
quatrième série comportant également des tests (continuation de
séries de nombres, complètement de chiffres dans une équation). PSYCHOLOGIE DIFFERENTIELLE 421
Les résultats des deux groupes de sujets — garçons et filles — dont
l'échantillonnage fut soigneusement vérifié au point de vue de la
répartition par âge et par milieu social, — montrent, pour l'e
nsemble des épreuves, l'absence de différences significatives entre les
sexes tant au point de vue des tendances centrales que des indices
de dispersion.
Cependant, si les épreuves sont classées en groupes d'après leur
degré de difficulté, les pourcentages moyens de réussite (affectés de
poids correspondant à la difficulté de chaque problème), se trouvent
être de 5v,0 %, de 52,4 % et 65,2 % respectivement chez les garçons ;
de 49,0 % 46,4 % et 34,4 % chez les filles. La supériorité des
semble donc nette pour les épreuves plus difficiles,, et cette supérior
ité se manifeste même pour les types particuliers de problèmes pour
lesquels il y a, en moyenne, légère supériorité féminine.
Cette analyse des différences entre les sexes en fonction de la diffi
culté des tâches constitue une contribution originale et qui mériter
ait d'être étudiée dans d'autres domaines.
Enfin, les corrélations entre les notes scolaires en calcul et les notes
pour l'ensemble des matières d'enseignement se sont montrées dans
tous les groupes d'âge un peu plus élevées chez les filles (de 0,46 à
0,68 contre 0,42 à 0,59 chez les garçons). D. W.
578. — D. WEINBERG. — Contribution à l'étude expériment
ale de quelques différences de caractères chez les garçons et les
filles. — Bulletin de la Société de Sexologie, 1,2, 19?»", p. 57-66.
De tous les signes de différenciation psychologique entre les
sexes, les différences d'affectivité et de caractère semblent les plus
importantes.
L auteur a fait répondre des enfants (330 garçons et 252 filles) de
10 à 16 ans à 85 questions adaptées du questionnaire de Woodworth,
ayant trait aux habitudes de l'enfant, à ses préférences et à ses sen
timents.
Il ressort de ces expériences que même avant la puberté il paraît
exister déjà de très nettes différences sexuelles. M. H. P.
579. — A. G. DIETZE. — Some sex differences in factual memory
{Quelques différences entre sexes en matière de mémoire des faits). —
Am. J. of Ps., XLIV, 2, 1932, p. 319-322.
Aux 100 questions posées à des sujets des deux sexes à propos d'un
texte qui leur a été lu à haute voix, les hommes ont donné un peu
plus de réponses correctes que les femmes, prouvant ainsi que —
contrairement à l'opinion courante — les garçons ne sont pas tou
jours inférieurs aux filles dans les tests de mémoire. A. B.-F.
580. — H. E. JONES, H. S. CONRAD, et M. B. BLANCHARD. —
Environmental Handicap in Mental Test Performance (Influence
du milieu sur la réussite dans les tests mentaux). — Un. of Cal., V,
3, p. 63-99.
Une étude détaillée des résultats fournis par des enfants ruraux
(351 enfants appartenant à des centres de moins de 2.000 habitants)
et 921 urbains des mêmes âges — ■ 4 à 12 ans, — dans l'application de ,
422 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tests Binet-Stanford, donne une indication à propos de l'influence
possible du milieu sur les différentes catégories d'épreuves.
Dans l'ensemble, les ruraux se montrent inférieurs aux citadins
d'âge correspondant ; cette différence varie suivant les groupes d'âges
comparés et suivant la nature des exercices. Ainsi, les épreuves
écrites sont rarement réussies par les ruraux très jeunes, ce qui semble
explicable par le fait qu'habitués à jouer dehors, ils sont peu famil
iarisés avec l'usage du papier et du crayon ; ils reconnaissent difficil
ement les pièces de monnaie, ne savent pas indiquer la date, donnent
de mauvais résultats dans les épreuves de vocabulaire, tous insuccès
imputables au genre de vie, au manque d'information, plutôt qu'à
l'insuffisance intellectuelle. Les A. expliquent par ces raisons l'échec
des villageois de G à 8 ans dans l'épreuve de la « balle dans le champ »,
qui serait dû à l'incompréhension des instructions, par manque
d'entraînement verbal, et la supériorité de ce même groupe à partir
de '. 0 ans, quand le dressage scolaire les a mis à égalité avec les cita
dins, à ce point de vue.
Un autre facteur important serait la difficulté d'adaptation aux
techniques nouvelles qui défavorise les ruraux, non habitués aux
épreuves de rapidité. On peut en conclure que le milieu (h/rédité,
éducation, mode de vie) joue un rôle dans la réussite des différents
exercices, sans qu'il soit possible d'en préciser l'importance. Quelques
psychologues ont tenté d'estimer la susceptibilité des épreuves de
cette échelle à l'égard de cette influence, leur classement a donné
une corrélation movenne de 0,54 avec les résultats expérimentaux.
Les mêmes tests appliqués à des citadins appartenant aux classes
sociales élevées ont indiqué les mêmes différences et confirmé l'iné
galité d'action du milieu sur les diverses épreuves. Les A. suggèrent
la reprise de cette enquête à propos de tests spécifiques, au lieu
d'échelle composite. J. M.
581. — E. WAGNER. — Berufsumwelt und geistige Leistung bei
Jugendlichen (L'ambiance et le travail intellectuel chez la. jeunesse
professionnelle). — Peutsche Psvchologie, VII, 1 , 1930, in-8°, 67 p.
En appliquant sur 650 élèves d'une école professionnelle de Schorn-
dorf (sections de Métallurgie, de Travail du Pois, de Bâtiment et
Arts Appliqués, d'Habillement, d'Industries Alimentaires, d'Ense
ignement Commercial, d'Emplois Auxiliaires) un certain nombre de
tests, l'A. recherche s'il est possible d'établir un rapport entre divers
facteurs sociaux et professionnels et le rendement dans ces épreuves.
Les tests étudiés forment 3 groupes : I. Trois épreuves d'intell
igence (générale, technique et commerciale). II. Quatre sensor
ielles : de coup d'oeil (14 problèmes), de discrimination de couleurs
(tests d'Ostwald), de sensibilité tactile, de représentations spatiales.
III. Trois épreuves de travail (fil de fer, continuation du dessin d'un
motif ornemental, découpage et collage).
Les sujets, âgés de 15 à 17 ans, proviennent, pour la grande maj
orité, du même district '67 %). Les classes sociales sont représentées
dans les proportions suivantes : familles d'artisans : 47 %, familles
ouvrières : °9 %, paysans : 23 %, fonctionnaires et employés : 11 %.
Les résultats des tests (évalués tous sur une échelle de 5 points) PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE 423
sont présentés en tableaux de M. A. et de valeurs centrales (% des
réussites), suivant les groupes étudiés.
On remarque que, d'une façon générale, toutes les épreuves, sauf
ie coup d'œil, la discrimination des couleurs et la représentation spat
iale, décèlent une évolution régulière d'une année d'apprentissage
à l'autre.
En comparant les résultats de divers groupes, qu'il forme d'après
les renseignements sur les rapports familiaux des sujets, leur niveau
et genre d'instruction reçue avant l'entrée en apprentissage, le lieu
d'habitat (ville, petite ville, campagne), les conditions hygiéniques
de vie, la profession étudiée, etc., l'A. formule un certain nombre de
conclusions. C'est ainsi qup de bons rapports familiaux et l'homo
généité entre les métiers du père et du fils semblent favoriser les résul
tats des tests dans leur ensemble ; que les anciens élèves des écoles
« réaies » sont supérieurs à ceux des écoles populaires, que la ville
hâte le développement de certaines aptitudes, mais seulement au
début de l'apprentissage (entre 16 et 17 ans les différences entre cita
dins et campagnards s'atténuent) ; que l'alcoolisme régional et les
mauvaises conditions hygiéniques de l'habitation font baisser le
niveau du rendement. En comparant les résultats moyens de di
verses sections professionnelles, on constate la supériorité des mét
allurgistes et des élèves du cours commercial par rapport à tous les
autres sujets et ceci dans toutes les épreuves (parmi les métallurgistes,
les meilleurs sont les mécaniciens et les ferblantiers). Le rang suivant
est détenu par les sections d'art appliqué et d'habillement. Les emp
lois auxiliaires, la section d'industries alimentaires et certaines
branches du bâtiment viennent à la queue. Les apprentis des grandes
industries dépassent dans leur rendement, au début de l'apprentis
sage, ceux des petites, cette différence disparaissant pendant les
années suivantes. A. R.-G.
582. — E. WEXBERG. — Schädliche Folgen strengen Erziehung
{Suites nuisibles d'une éducation sévère). — Viertelj. für Jug.,
II, 1932, p. 124-127.
Encore une victime de l'éducation sévère, aboutissant à un néga
tivisme et à une inertie presque complètes. Par l'intervention du
directeur de l'école, l'enfant, libéré momentanément du contrôle
et des sanctions domestiques, promet de s'améliorer librement et
s'améliore. Mais c'est la famille qui, tout en reconnaissant les bien
faits de cette libre discipline, ne se résigne pas à la non-intervention !
P. G.
583. — J. KOLLERISCH. — Häusliche Umwelt und geistige
Leistungsfähigkeit (Milieu domestique et aptitude intellectuelle). —
Viertelj. f. Jug., II, 1932, p. 122-124.
Un enfant est considéré à l'école comme un débile intellectuel.
Il s'agit en réalité d'un sujet assez bien doué, que de fâcheuses condi
tions domestiques diminuent dans son travail scolaire et dans son
développement intellectuel. P. G. 424 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
584. — O. TUMLIRZ. — Umweltstörungen ( Troubles du, milieu
moral). — Vîertelj. für Jugendkunde, II, 1932, p. 120-122.
Histoire d'un écolier difficile et insociable, en révolte contre son
entourage à la suite de frictions domestiques compliquées par un
amour malheureux. Guérison rapide par un changement de milieu.
P. G.
585. — H. SCHNECKENBURGER. — Die Altersentwicklung
und Milieubedingtheit des socialethischen Verständnis beim pro
letarischen Kinde [L'âge et le milieu comme facteurs déterminant
la compréhension éthico-sociale de l'enfant prolétaire). — Z. für ang.
Ps., XLII, i93^, p. 369-447, XLIII, 1-2, p. 55-82.
Pour determiner les conceptions de morale sociale des enfants pro
létaires, S. a effectué une épreuve de description d'images sur plus
de 500 écoliers, dont environ 300 d'origine prolétarienne, les autres
étant enfants d'industriels, d'employés et fonctionnaires, de repré
sentants des carrières libérales, ou d'artisans travaillant pour leur
propre compte. Les trois images choisies représentaient des
situations qui appelaient immédiatement un jugement moral :
4° un garçon tire avec une flèche sur une petite fille portant un pot de
lait ; ï0 un petit garçon plante une aiguille dans le nez d'un vieillard
endormi ; 3° un ouvrier s'apprête à donner un coup de massue sur
un gros monsieur marchant devant lui et habillé en bourgeois cossu
avec diamants aux manchettes, breloques sur un gros ventre, etc.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre la désapprobation de l'acte représente
a varié suivant les images et a varié également suivant l'origine so
ciale des enfants, en particulier en ce qui concerne la troisième image.
Pour celle-ci les enfants prolétariens ont été bien moins sévères et le
pourcentage de ceux qui désapprouvaient l'acte semble décroître
avec l'âge (60 % de 6 à 8 ans, 41 % de 9 à 11 ans, 21 % de 10 à
14 ans) au bénéfice d'une attitude d'approbation, et surtout d'indul
gence cherchant à excuser l'ouvrier choqué par la richesse outra
geante du gros bourgeois.
L'évolution avec l'âge se traduit surtout, ainsi qu'on pouvait s'y
attendre, par l'apparition de jugements plus nuancés et d'un plus
grand nombre de motifs dans lesquels l'idée de punition ou de dom
mage matériel diminue au profit de l'idée de respect humain. Cepen
dant même les tout petits de 6 ans sont déjà capables de manifester
des sentiments nuancés de pitié. Les sentiments de sympathie sem
blent particulièrement nets chez les enfants d'origine prolétarienne.
L'attitude des enfants semble dépendre quelque peu des relations
entre leur âge et l'âge des personnages représentés sur l'image ; ils
s'identifient davantage avec ceux de leur âge. D. W.
586. — MILTON B. JENSEN. — Mental traits o! the children oî
oil industry workers [Caractères mentaux des enfants des ouvriers de
l'industrie du pétrole). — J. of appl. Ps., XVI, 6, 1932, p. 633-643.
Enquête ayant porté sur 39 garçons et 69 filles, appartenant à des
familles d'ouvriers de l'industrie pétrolière et, à titre de contrôle,
sur 24?- garçons et 256 filles appartenant à d'autres milieux sociaux.
Tests employés : Binet-Stanford, New Stanford achievement test ; DIFFÉRENTIELLE 425 PSYCHOLOGIE
pour le caractère : le « circles and squares » de Terman et un test de
sur-ou sous-estimation ; on a tenu également compte des renseigne
ments donnés par les instituteurs.
Les enfants des ouvriers de l'industrie pétrolière ne présentent,
par rapport au groupe de contrôle, aucun indice d'infériorité mentale,
physique ou affective. Ils sont même plus souvent que les autres
exempts des défauts physiques, et les instituteurs les ont jugés plus
favorablement au point de vue des habitudes scolaires, de l'adapta
tion au groupe social et de l'aptitude à jouer le rôle de meneur. Ils se
sont classés au-dessus des autres aussi en ce qui concerne les con
naissances. E. S.
587. — G. DE FEO. — Les Impressions des jeunes sur les Films de
Guerre {Enquête de VI. C. E.). — R. I. C. E. 1932, IV, 1, p. 43-53 ;
2, p. 141-150 ; 3, p. 235-243 ; 4, p. 322-330 ; 5, p. 419-432.
De différents côtés on s'est ému de l'influence que les films de
guerre pouvaient avoir, sur les enfants. Plusieurs personnalités ques
tionnées à ce sujet, ont donné des réponses contradictoires. Aussi
a- 1.- il semblé utile à PI. C. E. de procéder à une enquête dans des
pays ayant souffert de la guerre : il a commencé par l'Italie. «,
Le but a été de rechercher les impressions et les sentiments que le
film de guerre éveille chez les jeunes : enfants et adolescents, garçons
et filles, appartenant à des régions et à des milieux sociaux différents.
On leur a posé deux questions : « Que pensez-vous des films de
guerre ? Quelles idées et quels sentiments e veillent-ils en vous ? »
Pour l'Italie, on a retenu 15.730 réponses (iO.155 garçons, 5.575
filles). Les réponses exaltant la guerre donnent des motifs se rappor
tant au sentiment du devoir, au patriotisme, au culte des morts.
Malheureusement, ce sont les plus nombreuses ; I9.83i, soit 86,06 %.
Les réponses contraires à la guerre trouvent leur motif dans deux
sentiments : le sentiment chrétien de la fraternité humaine et le
sentiment d'horreur qu'inspirent la guerre, ses manifestations et ses
conséquences. Elles ne sont que 2.317 soit 13,94 %.
La proportion reste à peu près la même dans les localités secon
daires et dans les grandes villes.
Bien des réponses, prises dans leur détail, ont donné des indica
tions précieuses : 1.799 enfants par exemple ont reconnu aux films
de guerre une valeur éducative au point de vue historique, aussi, en
cette matière, — comme pour les autres d'ailleurs — les enfants pré
fèrent-ils les fils documentaires aux reconstitutions plus ou moins
romancées. Ce qui les intéresse c'est la vérité non faussée.
Une autre indication intéressante est celle que fournit l'étude
comparée des réponses avec les professions des parents. La plus
grande proportion de réflexions favorables à la guerre est fournie
par les enfants d'agriculteurs ; et, sur ce point, les enfants d'employés
et de commerçants viennent en dernier lieu.
Quant aux réflexions sur la valeur éducative et instructive des
films de guerre, ce sont les enfants d'ouvriers et les enfants d'agri
culteurs qui en ont fourni la plus grande proportion. Ce fait s'ex
plique par le peu de culture que reçoivent ces enfants dans leur
milieu où manquent les livres et les conversations familiales de carac- 426 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tère instructif. Pour ces enfants, le film satisfait un besoin de savoir
qui ne trouve pas d'aliment dans la famille, à J 'encontre des enfants
dont les parents exercent une profession liberale ou tiennent un rang
social plus élevé.
L'A. a présenté son enquête sous une forme statistique très abon
dante et du taillée. Il a cite également bien des réponses significatives.
Il n'a pas proposé de conclusion générale, attendant pour cela les.
résultats de la même enquête dans d'autres pays. L. B.
588. — M. SHERMAN et C. B. KEY. — The intelligence of isolated
mountain children {L'intelligence d'enfants montagnards isolés). —
Child Dev., III, 1932, p. 279-190.
Etude, au moyen d'une série de tests, de l'intelligence d'enfants
appartenant à une population américaine, d'origine anglo-saxonne
et irlandaise, confinée dans quatre valltes très isolées, où elle a été
autrefois refoulée par des immigrants nouveaux. Le quotient in
tellectuel est notablement inférieur à celui des enfants d'un bourg-
voisin. La discussion des résultats ne laisse place à d'autre explica
tion que l'action d'un milieu et de conditions d'adaptation défavo
rables a« développement de l'intelligence. P. G.
589. — E. UTITZ. — Bemerkungen zur Vclkscharakterologischen
Untersuchung (Remarques sur les recherches de caractérologie des
peuples).— Z. für Ps., CXXVII, 1932, p. 138-151.
A l'occasion d'impressions que lui a laissées un voyage dans les
Balkans, U. discute quelques problèmes g( néraux. Le contact des
étrangers nous donne l'impression d'exotisme ; il faut s'en défier,
essayer de comprendre, dût l'exotisme perdre à cet effort une partie
de sa fraîcheur. Comprendre, ce n'est pas d'ailleurs faire trop de place
à un certain rationalisme. Une coutume a sa fonction, mais elle peut
aussi n'être qu'une survivance. L'histoire éclaire la psychologie,
mais l'explication par les origines est à son tour insuffisante. Pour
quoi la tradition est-elle ici vivace, ici perdue ?
L'image dans laquelle le voyageur condense ses impressions est
souvent factice. Il est dangereux de voir de trop haut et de décrire
un type trop général. Une variété de types concrets est plus proche
du réel. Comment s'assurer qu'on a bien saisi des traits originaux,
et non des traits dus à une influence banale ? La méthode comparat
ive peut donner ici d'utiles contrôles. Les traits dus à une influence
extrinsèque se retrouveront chez d'autres peuples soumis aux mêmes
influences. Enfin la recherche collective et la rencontre d'observa
teurs bien doués et indépendants assurent ici, comme dans toute
science, l'objectivité. P. G.
590. — - R. P. PANIEL. — Basic considerations for valid interpre
tations of experimental studies pertaining to racial differences (Con
siderations fondamentales pour V interpretation significative des
études expérimentales concernant les différences de races). ■ — J. of
ed. Ps., XXIII, 193?, p. 11-14.
L'auteur s'élève contre les comparaisons de race du point de vue
mental, au nom des imperfections des méthodes employées. Les pré- ,
PSYCHOLOGIE DIFFERENTIELLE 427
cautions à prendre, qu'il énumère, ne sont autres que celles qui
doivent présider à toute enquête statistique sérieuse. A. B.-F.
591. — HARRY THOMSON. — Über nationale Unterschiede
des Gefühlslebens Jugendlicher (Sur les différences nationales des
réactions affectives des adolescents). — Z. für ang. Ps., XLI,1932,
p. 258-365.
Etude des réactions affectives des adolescents élèves des classes
supérieures de lycées d'Esthonie appartenant à 3 nations : estho-
niens, russes et allemands (baltiques). Cette étude est d'autant plus
intéressante que les sujets étudiés vivent les uns à côté des autres
tout en conservant les conditions de vie propres à chacune de ces
nations. 81 filles et 73 garçons furent examinés en tout. Un tableau
de misère sociale (image représentant deux enfants malheureux)
leur fut présenté et on les pria d'exprimer les sentiments éveillés
en eux par la vue de cette image. On les pria en outre de dire quelle
serait leur attitude s'ils se trouvaient non pas devant une image,
mais devant des enfants malheureux dans la vie réelle. L'article
contient les opinions des maîtres sur les sujets étudiés et tous les
résultats de l'épreuve qui fut suivie d'une autre, d'un genre tout
nouveau : les enfants furent priés d'exprimer les émotions provo
quées par l'image en laissant leur main tracer une ligne sans aucune
contrainte. Cette « ligne expressive » devait servir de fixation gra
phique de la réaction émotionnelle (méthode décrite par Krauss
dans les « Bh. Z. Ang. Ps. » 48, 1930 et que l'auteur tâche d'interpréter
au point de vue caractère-logique). Après avoir tracé la ligne, les
enfants furent priés de l'expliquer. On leur demanda également
d'indiquer la couleur qui, selon leur idée, exprimerait le mieux le
sentiment éprouvé à la vue de l'image présentée et de dire les raisons
de leur choix. D'après les réponses obtenues pour tous ces examens
les garçons allemands témoignent de peu d'émotivité, ils se placent
au point de vue pratique, montrent une grande réserve et peu de
désir de secourir les enfants. Comme les garçons, les jeunes filles all
emandes ne sont pas non plus très impressionnées par l'image, elles
ont peu de compréhension des situations sociales, éprouvent souvent
des réaction? de peur ou de dégoût. Les garçons esthoniens sont
facilement impressionnables, mais manquent de spontanéité, ils
plutôt passifs : tout en comprenant la misère des autres, ils éprouvent
peu d'intérêt et aucun besoin d'aider. L'auteur voit dans l'indiffé
rence de leur attitude, le résultat d'une suppression constante de sen
timents qui a pour suite l'impossibilité de les exprimer. Les jeunes
filles esthoniennes sont très impressionnées par l'image, elles t
émoignent d'une grande richesse de vie émotionnelle qui est toutef
ois freinée par le sens pratique. Elles paraissent charitables et comp
atissantes, mais restent assez réservées. Les garçons russes, tout en
étant très impressionnables, sont très disposés à raisonner. Ils sont
vifs, bons, prêts à secourir les malheureux, mais le facteur intellec
tuel joue chez eux un très grand rôle. Les jeunes filles, affectueuses
et actives, sont pleines de tendresse et de désir d'aider les pauvres,
de leur rendre service. Tout en signalant ces traits particuliers à
chacune des trois nations examinées, l'auteur trouve toutefois que la

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