Stratégies de compréhension de phrases doublement enchâssées par relativisation - article ; n°2 ; vol.78, pg 407-423

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L'année psychologique - Année 1978 - Volume 78 - Numéro 2 - Pages 407-423
Résumé
Pour étudier les stratégies syntaxiques intervenant dans le traitement des phrases complexes, on propose à des adultes et à des enfants de 12 ans une tâche de compréhension de phrases comportant un double enchâssement par relativisation. Pour empêcher l'utilisation de stratégies pragmatique ou sémantique, les phrases sont toutes renversables. Elles se répartissent en huit types résultant du croisement de trois facteurs à deux modalités selon la fonction des syntagmes nominaux coréférentiels dans chaque phrase noyau. Quatre structures d'enchâssement sont ainsi définies.
Les résultats montrent que, si la stratégie des NVN adjacents s'accorde aux caractéristiques les plus manifestes des performances des locuteurs, elle n'en fournit qu'une description grossière. L'analyse des effets principaux et des interactions montre d'une part que la stratégie des fonctions parallèles continue à jouer un rôle important, d'autre part que la difficulté principale du traitement se situe dans le statut de double fonction de la première constituante. Tout se passe comme si le locuteur s'efforçait, malgré l'obstacle éventuel d'une interruption, à repérer d'abord la matrice qui constitue le pivot de la phrase.
Summary
For the study of the syntactic strategies involved in the processing of complex sentences, adults and 12 year old children are given a sentence comprehension task using doubly embedded relative clauses. In order to prevent the use of pragmatic or semantic strategies, ail sentences are reversible. They are divided into eight different types obtained from the crossing of 3 two-modality factors according to the function, in each kernel sentence, of coreferential noun phrases. Four embedding structures are thus defined.
The data show that while the NVN sequence strategy parallels the most obvious characteristics of speakers' performance, it provides only a gross description of these characteristics. The analysis of both main effects and interactions shows (a) that the parallel function strategy keeps playing an important part, (b) that the main difficulty with the processing resides in the double function status of the first subordinate clause. It looks as though the speaker, notwithstanding the possible impeding of an interruption, were trying first to recognize the main clause which constitutes the sentence pivot.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1978
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G. Amy
G. Noizet
Stratégies de compréhension de phrases doublement
enchâssées par relativisation
In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 407-423.
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Amy G., Noizet G. Stratégies de compréhension de phrases doublement enchâssées par relativisation. In: L'année
psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 407-423.
doi : 10.3406/psy.1978.28255
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1978_num_78_2_28255Résumé
Résumé
Pour étudier les stratégies syntaxiques intervenant dans le traitement des phrases complexes, on
propose à des adultes et à des enfants de 12 ans une tâche de compréhension de phrases comportant
un double enchâssement par relativisation. Pour empêcher l'utilisation de stratégies pragmatique ou
sémantique, les phrases sont toutes renversables. Elles se répartissent en huit types résultant du
croisement de trois facteurs à deux modalités selon la fonction des syntagmes nominaux coréférentiels
dans chaque phrase noyau. Quatre structures d'enchâssement sont ainsi définies.
Les résultats montrent que, si la stratégie des NVN adjacents s'accorde aux caractéristiques les plus
manifestes des performances des locuteurs, elle n'en fournit qu'une description grossière. L'analyse des
effets principaux et des interactions montre d'une part que la stratégie des fonctions parallèles continue
à jouer un rôle important, d'autre part que la difficulté principale du traitement se situe dans le statut de
double fonction de la première constituante. Tout se passe comme si le locuteur s'efforçait, malgré
l'obstacle éventuel d'une interruption, à repérer d'abord la matrice qui constitue le pivot de la phrase.
Abstract
Summary
For the study of the syntactic strategies involved in the processing of complex sentences, adults and 12
year old children are given a sentence comprehension task using doubly embedded relative clauses. In
order to prevent the use of pragmatic or semantic strategies, ail sentences are reversible. They are
divided into eight different types obtained from the crossing of 3 two-modality factors according to the
function, in each kernel sentence, of coreferential noun phrases. Four embedding structures are thus
defined.
The data show that while the NVN sequence strategy parallels the most obvious characteristics of
speakers' performance, it provides only a gross description of these characteristics. The analysis of both
main effects and interactions shows (a) that the parallel function strategy keeps playing an important
part, (b) that the main difficulty with the processing resides in the double function status of the first
subordinate clause. It looks as though the speaker, notwithstanding the possible impeding of an
interruption, were trying first to recognize the main clause which constitutes the sentence pivot.L'Année Psychologique, 1978, 78, 407-423
Laboratoire de Psychologie expérimentale1
associé au CNRS
STRATÉGIES
DE COMPRÉHENSION DE PHRASES
DOUBLEMENT ENCHÂSSÉES
PAR RELATIVISATION
par Gérard Amy et Georges Noizet2
SUMMARY
For the study of the syntactic strategies involved in the processing of
complex sentences, adults and 12 year old children are given a sentence
comprehension task using doubly embedded relative clauses. In order to
prevent the use of pragmatic or semantic strategies, all sentences are rever
sible. They are divided into eight different types obtained from the crossing
of 3 two-modality factors according to the function, in each kernel sentence,
of coreferential noun phrases. Four embedding structures are thus defined.
The data show that while the NVN sequence strategy parallels the most
speakers' obvious characteristics of it provides only a gross performance,
description of these characteristics. The analysis of both main effects and
interactions shows (a) that the parallel function strategy keeps playing an
important part, (b) that the main difficulty with the processing resides in
the double function status of the first subordinate clause. It looks as though
the speaker, notwithstanding the possible impeding of an interruption, were
trying first to recognize the main clause which constitutes the sentence pivot.
1. PROBLÉMATIQUE
1.1. La compréhension d'une phrase se définit comme l'opé
ration psychologique aboutissant à attribuer un sens à une
suite de sons. Elle s'appuie sur un traitement de la phrase consis-
1. 29, avenue R. Schuman, 13621 Aix-en-Provence.
2. Ce travail a été mené avec la collaboration de P. Pehuch. 408 G. Amy et G. Noizel
tant à découper dans la suite des sons des unités signifiantes de
différents niveaux et à repérer leurs relations, telles qu'elles
existent au niveau de la structure profonde : relations entre
éléments constitutifs des phrases noyaux (relations intranu-
cléaires) et relations entre inter
nucléaires). Le traitement s'effectue grâce à des stratégies, de
nature diverse, qui toutes contribuent à l'interprétation séman
tique de la phrase. Chaque stratégie propose donc une hypothèse
sur la structure profonde, en se fondant sur des informations
sémantiques, pragmatiques ou syntaxiques recueillies par le
sujet à la surface de l'énoncé. En tant que procédure de tra
itement mise en œuvre par le sujet, elle répond aux propriétés
générales du système cognitif.
Il est commode de distinguer les stratégies selon les info
rmations sur lesquelles elles se fondent (Noizet, 1977 a). Les
stratégies sémantiques et pragmatiques s'appuient sur des indices
tels que des restrictions de sélection (phrase (1)) ou la connais
sance de la réalité (phrase (2)), qui sont souvent suffisants pour
parvenir à l'interprétation.
(1) Pierre mange une pomme.
(2) Le docteur soigne le patient.
Les stratégies syntaxiques s'appuient sur des indices d'un
autre ordre, tels que marques morphosyntaxiques ou ordre de
surface des éléments. Ces stratégies (stratégies formelles d'attr
ibution des rôles, d'après les termes de Bronckart, Sinclair et
Papandropoulou, 1976) sont indispensables pour traiter des
phrases renversables (phrase (3)) dans lesquelles sujet et objet
sont permutables.
(3) Pierre effraye Paul.
1.2. De nombreux travaux, portant sur le traitement de
phrases relatives simples et recensés par Amy et Vion (1976),
ont permis de distinguer trois sources de difficulté provoquant
des écarts significatifs dans la performance. S'il en est ainsi,
c'est que chacune crée une gêne dans l'application de la procédure
de traitement, autrement dit de la stratégie, mise en œuvre par
le locuteur.
La première source de difficulté est /' interruption de la propo
sition principale (matrice) qui fait que les relatives enchâssées
par emboîtement sont plus difficiles à traiter que les relatives
enchâssées à droite, car le locuteur parvient mal dans le premier de compréhension de phrases 409 Stratégies
cas à isoler les triplets NVN (nom-verbe-nom) constitutifs de
chaque phrase noyau.
La seconde est l'inversion de l'ordre canonique SVO (sujet-
verbe-objet) dans la proposition relative (constituante) : les
relatives respectant cet ordre (relatives introduites par qui)
sont plus faciles à traiter que les relatives en que dont le SN
relativisé, objet de la constituante, impose l'ordre OSV, ce qui
gêne une stratégie d'attribution des rôles fondée sur l'ordre de
l'actant et de l'objet.
Enfin, confondue avec l'interaction des deux premiers fac
teurs, la différence de fonction représente la troisième source de
difficulté, surtout sensible chez les jeunes enfants (3-6 ans).
Les relatives dont les SN coréférentiels possèdent des fonctions
identiques, sujet pour les relatives en qui enchâssées par emboî
tement (type SS) et objet pour les relatives en que enchâssées à
droite 00), sont plus faciles à traiter que les relatives
où la fonction des SN coréférentiels est différente (types OS
et SO). C'est l'indication d'une stratégie dite des fonctions
parallèles, mise en évidence par Sheldon (1974 a).
Ces difficultés, et les stratégies corrélatives, ont été mises en
évidence sur des phrases de degré deux (une matrice et une
constituante). Nous nous sommes demandé dans quelle mesure
les stratégies rendaient compte du traitement de phrases de
degré trois (une matrice et deux constituantes). De plus, à la
différence de recherches précédentes sur de telles phrases (Noizet
et Bastien, 1976), nous nous sommes proposé de travailler avec
un matériel autorisant exclusivement des stratégies syntaxiques
(phrases renversables).
La combinatoire des phrases fait apparaître des contraintes
intéressantes. Appelons p la matrice, q la première constituante
et r la deuxième constituante. Une phrase de degré trois s'analyse,
selon le vocabulaire proposé par Bastien et Noizet (1976), sur
deux ou trois niveaux suivant que les constituantes sont toutes
les deux enchâssées dans la matrice ou que la deuxième consti
tuante est enchâssée dans la première (fig. 1). Nous n'avons
retenu, dans notre expérience, que les phrases s'analysant sur
trois niveaux qui seules peuvent être qualifiées de doublement
enchâssées.
Il apparaît de plus que, du fait de contraintes linguistiques,
l'insertion d'une troisième phrase dans les quatre types de rela
tives simples ne permet d'engendrer que huit types de relatives
AP 15 410 G. Amy et G. Noizel
Niveau 1 op op op
t A r
Niveau 2 °5L °SL °- °E °
or Niveau 3
Fig. 1. — Graphes des phrases
comportant une ou deux subordonnées relatives
doublement enchâssées sur les seize théoriquement possibles
(tableau I). En effet, si une phrase q (de niveau 2) est enchâssée
par relativisation dans p (de niveau 1), r (de niveau 3) ne peut
s'enchâsser que sur le syntagme nominal de q non concerné par
l'enchâssement de q dans p. Si on ne respectait pas cette contrainte
Tableau I. — Les huit types de relatives
doublement enchâssées
Fonction dans p du premier SNG
Sujet Objet
— os — os sujet
Sujet ss os Fonction Fonction — oo — 00 objet dans r dans q
du premier du deuxième gg — ss sujet SNC SNC Objet so 00
— so — so objet
Les deux premières lettres renvoient, respectivement dans p et dans q,
aux fonctions du premier syntagme nominal coréférentiel (SNC) (enchâs
sement de q dans p). Les deux dernières lettres renvoient, respectivement
dans q et dans r, aux fonctions du deuxième SNC (enchâssement de r dans q).
La contrainte d'adjacence des niveaux implique que la troisième lettre soit
différente de la seconde (fonction différente dans q).
de triple coréférence, on violerait la propriété d'adjacence des
niveaux dégagée par Bastien et Noizet (1976, p. 43) selon laquelle
« les opérations non commutatives lient des structures nucléaires
situées à des niveaux adjacents », ce qui apporte une explication
d'ordre cognitif à une contrainte linguistique. Les huit types
linguistiquement réalisables, tous retenus dans l'expérience,
figurent sur le tableau II. Stratégies de compréhension de phrases 411
Les huit types de relatives doublement enchâssées se répar
tissent selon quatre structures d'enchâssement :
Structure I : un enchâssement à droite suivi d'un enchâsse
ment à droite. II : un à droite suivi d'un par emboîtement.
Structure III : un enchâssement par emboîtement suivi d'un
enchâssement à droite. IV : un par suivi d'un par emboîtement.
Nous n'avons pas retenu de phrases construites en utilisant
l'inversion stylistique qui substitue à l'ordre OSV l'ordre OVS.
Le faire revenait à donner la structure III aux phrases dérivées
de SO et la structure I à celles dérivées de 00, donc à réduire
à deux les structures. Cette remarque montre toutefois com
ment peut jouer l'inversion stylistique, de même que la trans
formation passive, dans une utilisation économique des possibil
ités combinatoires.
Il résulte de l'analyse précédente que les huit types de
relatives sont susceptibles d'être décrits comme résultant du
croisement de trois facteurs à deux modalités.
Facteur P : dans p, le premier syntagme nominal coréférentiel
(SNC) est objet (PI) ou sujet (P2) : suivant le cas, la matrice p
n'est pas ou est interrompue.
Fadeur Q: dans q, le premier SNC est sujet (Ql) ou objet (Q2) :
dans le premier cas, la première constituante q n'est pas inte
rrompue et l'ordre canonique SVO est respecté, dans le deuxième
cas, q est interrompu avec inversion de l'ordre canonique.
Facteur B : dans r, le deuxième SNC est sujet (RI) ou
objet (R2) : suivant le cas, l'ordre canonique est ou n'est pas
respecté.
1.3. Les difficultés rencontrées par le locuteur dans le
traitement de relatives doublement enchâssées résultent des
caractéristiques de l'énoncé qui gênent les procédures de tra
itement spontanément mises en œuvre. L'interruption d'une
proposition, l'inversion de l'ordre SVO sont des caractéristiques
de surface qui vont à l'encontre des stratégies correspondant à
l'archétype de la phrase (canonical-sentoid strategy, selon le terme
de Fodor, Bever et Garrett, 1974). Ainsi a-t-on pu montrer
que, pour traiter les phrases relatives simples, les adultes II. — Les quatre structures d'enchâssement (de I à IV) Tableau
et les huit types de relatives (de 1 à 8)
I Dérivée du type OS 1 soit [SVO] [SVO] [SVO] [ ] [QUI...] [QUI...]
2 soit [SVO] [SVO] [OSV] [ ] [QUI...] [QUE...]
Dérivée du type II 00 3 soit r ] [QUE... [QUI...]] [SVO] [OS [SVO] V]
4 soit [OSV] V] [ ] [QUE... [QUE...]] [SVO] [OSV]
III Dérivée du type ss 5 soit [ [QUI...] [QUI...]] [S [SVO] [OSV] [SVO] VO] soit 6 [S [SVO] VO] [ [QUI...] [QUE...]]
IV Dérivée du type so 7 soit [S [OS [SVO] [OSV] V] VO] [ [ [QUE... [QUE... [QUE...]]] [QUI...]]] 8 soit [S [OSV] VO] Stratégies de compréhension de phrases 413
(Sheldon, 1974 b) et les enfants de 11-12 ans (Amy et Vion, 1976)
utilisent préférentiellement la stratégie des NVN adjacents consis
tant, le pronom relatif étant ignoré, à grouper dans une même
unité de traitement deux noms et un verbe et à
interpréter le premier nom comme sujet. Cette stratégie soumet
le locuteur aux contraintes de la linéarité du discours. Elle
entraîne, pour des structures comportant le même nombre de
phrases noyaux (même degré), organisées sur le même nombre
de niveaux (même hauteur), des difficultés dans le traitement
des phrases relatives dans lesquelles interruption et réarrangement
des unités interviennent (type SO), alors qu'à l'inverse le tra
itement des phrases de type OS est grandement facilité.
Nous faisons l'hypothèse que ce mode de traitement, mis en
évidence sur des relatives simples, se manifeste également dans
le cas de relatives doublement enchâssées. La stratégie des NVN
adjacents permet de prédire le nombre de phrases noyaux cor
rectement traitées, selon les quatre structures d'enchâssement :
cinq phrases noyaux sur six pour la structure I, trois sur six
pour les structures II et III, une sur six pour la structure IV. Elle
permet aussi de prédire que l'ordre dans lequel le sujet traite
les noyaux correspond à d'apparition en surface des
triplets NVN. Nous faisons l'hypothèse qu'elle fonctionne aussi
bien chez les enfants de 12 ans que chez les adultes.
Mais nous faisons également l'hypothèse que cette stratégie
est trop grossière pour rendre compte de tous les détails de la
performance. Elle ne prend pas suffisamment en compte la
spécificité de la structure complexe des relatives doublement
enchâssées et, en particulier, la situation de la phrase noyau de
niveau 2. A la fois constituante du premier noyau et matrice
du troisième, cette proposition, par son statut de double fonction,
pourrait concentrer sur elle toutes les difficultés de traitement.
A cet égard, la part respective des sources de difficultés liées à
l'interruption, à l'inversion et à la différence de fonction doit
être étudiée selon le niveau auquel elles opèrent.
2. L'EXPÉRIENCE
2.1. MATÉRIEL
Chaque phrase comporte quatre syntagmes nominaux et trois
verbes (exemple : le taxi double la moto que la voiture qui suit le camion
klaxonne). Nous avons construit deux phrases pour chacun des huit 414 G. Amy et G. Noizet
types de relatives à partir de deux blocs d'items lexicaux comprenant
quatre syntagmes nominaux et trois verbes. Premier bloc : le monsieur,
la dame, le garçon, la fillette, surveille, regarde, appelle. Deuxième
bloc : le camion, la voiture, la moto, le taxi, suit, double, klaxonne3.
Les phrases sont construites de manière que chaque item apparaisse
autant de fois à chaque position possible en surface, si bien que les
phrases noyaux sont toutes différentes. Les relatives doublement
enchâssées issues des phrases noyaux sont toutes renversables (sujets et
objets sont permutables), de telle sorte qu'aucune considération d'ordre
sémantique ou pragmatique ne permette au sujet de découvrir les
relations SVO sous-jacentes (la liste des phrases d'un des blocs figure
en annexe). Enregistrées au magnétophone une seule fois, par le même
locuteur, avec une intonation normale, les seize phrases sont repiquées
pour former quatre ordres de passation selon un plan rang-voisinage
défini sur les structures d'enchâssement. Dans chaque ordre, les
seize phrases se succèdent pour chaque structure avec alternance des
items lexicaux et des pronoms relatifs.
2.2. sujets
Deux groupes de sujets appartenant à deux classes d'âge ont par
ticipé à l'expérience. Vingt étudiants de première année de psychologie
constituent le groupe d'adultes. Le groupe d'enfants, dont la moyenne
d'âge est de 12 ans, se compose de dix garçons et dix filles, tous élèves
de sixième de type 1 dans un ces.
2.3. tache
Conformément à la technique dite de restitution des noyaux (Noizet
et Bastien, 1976), les sujets doivent, le plus vite possible, restituer ora
lement, après chaque phrase, les trois phrases noyaux qui la composent.
Chaque phrase est présentée trois fois à un intervalle de quinze secondes.
Si, au bout des trois essais, le sujet n'a pas restitué toutes les phrases
noyaux, on passe à la phrase suivante. On attribue une note pour la
phrase selon le nombre d'essais nécessaire à la restituer : 3 pour un
essai, 2 pour deux essais, 1 pour trois essais, 0 si non-restitution.
2.4. plan d'analyse
Pour chaque noyau de chacun des huit types de phrases, on dispose
d'une note de restitution (de 0 à 3), moyenne des performances aux deux
phrases de chacun des deux blocs d'items.
3. Le verbe klaxonner est intransitif. Cependant son emploi transitif
(« klaxonner une voiture ») est courant dans les populations sur lesquelles
nous avons expérimenté.

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