Sur quelques aspects insolites de la radiologie de Ramsès II - article ; n°3 ; vol.8, pg 323-330

De
Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1981 - Volume 8 - Numéro 3 - Pages 323-330
L'application de la Radiochromodensitographie à la momie de Ramsès II a permis aux auteurs de déceler une spectaculaire fracture du rachis cervical réalisée par les embaumeurs au moment de la momification du Pharaon car celui-ci, atteint de Spondylarthrite ankylosante, ne pouvait être étendu normalement. Cette nouvelle technique a facilité également l'examen du nez et du thorax, révélant la présence de poivre maintenu par de la résine dans le premier et permettant de retrouver le cœur dans le second alors qu'il avait été dit que ce cœur avait été adressé au début de ce siècle au Professeur Lortet de Lyon pour être disséqué.
The application of the new X Ray technic called Radiochromodensito- .graphy to the mummy of Ramses II allowed the author to discover that the cervical rachis had been deliberately broken during the process of mummification because the body of the Pharaoh, who had Spondylarthritis, could not be arranged in the right lying position without this intervention. This new technic helped them as well to examine the regions of the nose and of the thorax ; they found pepper in the nose, maintained by résine and they discovered the heart in the thorax, heart which was supposed to have been sent for dissection to Professor Lortet in Lyon at the beginning of the century.
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1981
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R.J. Lichtenberg
A.C. Thuilliez
Sur quelques aspects insolites de la radiologie de Ramsès II
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, XIII° Série, tome 8 fascicule 3, 1981. pp. 323-330.
Résumé
L'application de la Radiochromodensitographie à la momie de Ramsès II a permis aux auteurs de déceler une spectaculaire
fracture du rachis cervical réalisée par les embaumeurs au moment de la momification du Pharaon car celui-ci, atteint de
Spondylarthrite ankylosante, ne pouvait être étendu normalement. Cette nouvelle technique a facilité également l'examen du nez
et du thorax, révélant la présence de poivre maintenu par de la résine dans le premier et permettant de retrouver le cœur dans le
second alors qu'il avait été dit que ce cœur avait été adressé au début de ce siècle au Professeur Lortet de Lyon pour être
disséqué.
Abstract
The application of the new X Ray technic called Radiochromodensito- .graphy to the mummy of Ramses II allowed the author to
discover that the cervical rachis had been deliberately broken during the process of mummification because the body of the
Pharaoh, who had Spondylarthritis, could not be arranged in the right lying position without this intervention. This new technic
helped them as well to examine the regions of the nose and of the thorax ; they found pepper in the nose, maintained by résine
and they discovered the heart in the thorax, heart which was supposed to have been sent for dissection to Professor Lortet in
Lyon at the beginning of the century.
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Lichtenberg R.J., Thuilliez A.C. Sur quelques aspects insolites de la radiologie de Ramsès II. In: Bulletins et Mémoires de la
Société d'anthropologie de Paris, XIII° Série, tome 8 fascicule 3, 1981. pp. 323-330.
doi : 10.3406/bmsap.1981.3837
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1981_num_8_3_3837Bull, et Mém. de la Soc. d'Anthrop. de Paris, t. 8, série XIII, 1981, p. 323-330.
SUR QUELQUES ASPECTS INSOLITES
DE LA RADIOLOGIE DE RAMSES II
par R.J. Lichtenberg et A.C. Thuilliez (*)
Résumé. — L'application de la Radiochromodensitographie à la momie de Ramsès II
a permis aux auteurs de déceler une spectaculaire fracture du rachis cervical réalisée par
les embaumeurs au moment de la momification du Pharaon car celui-ci, atteint de Spondyl-
arthrite ankylosante, ne pouvait être étendu normalement. Cette nouvelle technique a
facilité également l'examen du nez et du thorax, révélant la présence de poivre maintenu
par de la résine dans le premier et permettant de retrouver le cœur dans le second alors
■qu'il avait été dit que ce cœur avait été adressé au début de ce siècle au Professeur Lortet
de Lyon pour être disséqué.
Mots-clés : Radiochromodensitographie, Ramsès II, rachis cervical, nez, thorax, cœur.
ABOUT SOME UNWONTED ASPECTS
OF THE ROENTGENOLOGIC EXAMINATION OF RAMSES THE SECOND
Summary. — The application of the new X Ray technic called Radiochromodensito-
.graphy to the mummy of Ramses II allowed the author to discover that the cervical rachis
had been deliberately broken during the process of mummification because the body of
the Pharaoh, who had Spondylarthritis, could not be arranged in the right lying position
without this intervention. This new technic helped them as well to examine the regions
of the nose and of the thorax ; they found pepper in the nose, maintained by résine and
they discovered the heart in the thorax, heart which was supposed to have been sent for
dissection to Professor Lortet in Lyon at the beginning of the century.
Key-words : Radiochromodensitography, Ramses II. Cervical rachis, Nose, Thorax,
Heart.
La venue à Paris, au Musée de l'Homme, de la momie de Ramsès II,
:fin 1976 (fig. 1), rendue nécessaire par les importantes altérations constatées au
Musée du Caire, a été l'occasion d'une exploration approfondie, en particulier
radiologique, type même de l'investigation non agressive.
A Paris, une étude radiologique a été menée par un première équipe
française. Toutefois, pour des raisons techniques, le développement des films
radiologiques n'a pu être fait sur place, si bien que l'examen radiologique a dû
•être conduit à l'aveugle, sans pouvoir s'appuyer sur les informations fournies
par les clichés au fur et à mesure de leur obtention : en d'autres termes, l'examen
n'a pu être réalisé en temps réel.
Cette première étude, affinée de plus par la xérographie, si elle fit pro
gresser la connaissance de la momie, posa un certain nombre de problèmes
qu'il ne pouvait être question de résoudre par de nouvelles incidences radio-
logiques, l'appareillage radiologique n'étant plus en place au Musée de l'Homme.
(*) Neuro-Radiologie, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Service du Pr J. Oretzger,
Paris. SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 324
Six mois plus tard, M. le Doyen Balout, informé de nos progrès dans la
technique de la chromodensitographie, fit appel à nous dans l'espoir que cette contribuerait peut-être à élucider certaines images radiologiques qui
demeuraient d'interprétation difficile.
Le nez (fig. 2) et le thorax posaient des problèmes particuliers. L'étude de
la région cervicale devait nous apporter une belle surprise.
Le matériel dont nous avons disposé est un appareil mobile de l'armée
américaine datant de 1944. Cet appareil, vétusté mais en bon état de marche,
nous a posé quelques problèmes d'ordre mécanique. En particulier, pour des
raisons de prudence évidente, nous nous sommes interdits de placer la cuve
radiogène au-dessus de la momie, d'où le peu de clichés pris en incidences
frontales.
Par contre, riches de l'expérience de nos confrères, très gênés par le
développement différé, nous avons installé un laboratoire de développement
manuel au Musée de l'Homme. Celui-ci nous a permis d'avancer pas à pas
en contrôlant chaque cliché aussitôt après qu'il ait été réalisé. Cette étude nous
a permis de dégager un certain nombre de faits.
Ramsès II était malade, mais ses maladies étaient plus congénitales
qu'acquises. Ainsi, si sur le plan squelettique, son état était excellent, compte
tenu de son âge, par contre, il présentait un certain nombre d'anomalies con
génitales.
Ramsès II avait aussi une maladie acquise, mais proche des maladies
congénitales, comme le prouvent les études les plus récentes : la spondylarthrite
ankylosante.
Enfin, il était porteur d'une atteinte assez sévère de la denture, cause
immédiate de sa mort pour certains.
Ramsès II mort, la spondylarthrite ankylosante a encore joué contre lui :
il faut l'imaginer, vieillard octogénaire, courbé par la maladie, ne pouvant
redresser la tête pour porter ses regards au loin. Ainsi, invinciblement courbé
par la maladie, il ne pouvait, une fois mort, être étendu normalement sur la
table d'embaumement. On fractura son rachis cervical lors de la momification
(fig. 3). ...'.-
A. — Cliché de profil du rachis cervical.
Il explique l'aspect caractéristique, dysharmonieux de la lordose cervicale
(fig. 4) visible macroscopiquement. Il montre :
1° Une série d'anomalies congénitales:
— éperon occipital : protubérance occipitale externe très développée ;
— sténose de l'arc postérieur de l'Atlas rompant l'aspect harmonieux du
cône ostéo-aponévrotique formé par le trou occipital et les premières
vertèbres cervicales ;
— l'ensemble du canal rachidien cervical est congénitalement étroit. On
peut l'évaluer à une valeur de 10 à 12 mm de diamètre sagittal (valeurs-
corrigées de l'agrandissement radiographique) ; •

LICHTENBERG ET COLL. — RAMSÈS II - ASPECTS RADIOLOGIQUES 325 R.J.
Fig. 1. — Photographie de la momie de Ramsès II.
Fig. 2. — Chromo-densitographie du nez de Ramsès II. f\J
326 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
méga-apophyse épineuse de C2 ;
lame osseuse longitudinale se projetant au niveau des épineuses de
C3 à C5.
В
Fig. 3. — Rachis cervical : à gauche, après fracture, aspect actuel ; à droite, aspect
post-mortem (A), puis fracture rétablissant l'aspect actuel (B).
Fig. 4. — Rachis cervical : aspect chromo-densitographique. LICHTENBERG ET COLL. RAMSÈS II - ASPECTS RADIOLOGIQUES 327 R.J.
2° Des signes patents de spondylarthrite ankylosante :
— présence de deux blocs vertébraux : cervical supérieur et cervical
inférieur ;
— hauteur discale conservée ;
— syndesmophytes d'assez grand développement.
3° Une importante modification de la lordose cervicale au niveau de C5-C6,
réalisant un rétrolisthésis de C5 sur C6.
Ce rétrolisthésis entraîne un rétrécissement du canal rachidien dont le
diamètre antéro-postérieur tombe à 7 mm environ. Ce diamètre est en lui-même
incompatible avec la vie car il entraînerait une compression médullaire import
ante. Rappelons que le diamètre sagittal de la moelle est, à ce niveau, de
l'ordre de 10 mm. L'angle formé par les deux segments du rachis cervical est
voisin de 40°.
B. — Cliché de profil du crâne.
Il a été pris, la momie étant en décubitus dorsal, strictement de profil.
Il montre, entre autre, une opacité dense de la moitié inférieure de la cavité
crânienne reflétant la présence de la résine versée par les embaumeurs (*).
On sait que cette opération intervenait après l'éviscération. La limite
supérieure de la résine est pratiquement plane, mais elle n'est pas horizontale.
Elle forme avec l'horizontale un angle voisin de 40°, semblable à celui
de la lordose du rachis cervical au niveau de C5-C6.
La conclusion était simple dès lors : au cours de la momification, on a
fracturé le rachis cervical de Ramsès II. La réalité de cette fracture est fournie
par la réunion des informations contenues dans le cliché crânien et dans celui
du rachis cervical, par un calque. Si on replace la partie supérieure du rachis
cervical et le crâne, de manière à rétablir l'horizontalité du niveau de résine,
on rétablit du même coup l'harmonie de la lordose cervicale et l'on prouve
ainsi la réalité de la fracture post-mortem lors de la repletion de la cavité
crânienne par la résine. Un petit ménisque adjacent au niveau liquide principal
et à la voûte occipitale fait penser qu'une partie de la résine est venue se soli
difier à ce niveau postérieurement à la fracture du rachis cervical.
Le moment exact de la fracture est donc contemporain de la repletion
du crâne à l'aide de la résine.
La radiographie conventionnelle du nez avait montré qu'il contenait des
éléments arrondis qui avaient été interprétés comme étant de possibles petites
perles de verre.
(*) Voir note, en fin de travail. 328 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
Nos radiographies, tirées en bas contraste, nous ont permis, à l'aide de
la densito-chromographie, de recueillir un nombre d'informations permettant
de préciser les images du nez, ainsi que celles que l'on observait au niveau
du thorax.
Nous venons de parler de la chromo-densitographie. Il s'agit d'une méthode
de tirage photographique coloré dont le but est de traduire une gamme de gris
en une gamme colorée arbitraire, afin de profiter des meilleures performances
de l'œil humain en vision des couleurs, comparées à celles qu'il a en vision du
gris.
Le seuil différentiel de luminance de l'œil humain est en effet bien meilleur
en couleur qu'en gris. Ce seuil différentiel est variable en fonction de la
longueur d'onde avec deux pics de valeur voisine :
— un, autour de 490 nanometres, donc dans le bleu-vert,
— l'autre, autour de 570 nanometres dans le rouge-orangé.
D'où les couleurs de nos documents.
Au niveau du nez, nos radiographies, comme les autres, ont révélé la
présence de nombreux corps étrangers en forme de grains (fig. 2). La chromo-
densitographie nous révèle des' densités très faibles, arrondies, semblant pos
séder une vacuole en leur centre. Leur contiguïté crée des difficultés d'inter
prétation en raison de phénomènes de sommation.
C'est l'aspect vacuolaire de certains grains qui avait fait discuter l'exi
stence de perles, ces aspects étant retrouvés majorés sur les images fournies
par la xérographie (effet de bord classique).
Notre opinion est tout autre : la chromo-densitographie plaidait en faveur
d'éléments de très faible densité, ce qui nous a fait penser à des grains d'ori
gine végétale. Nous avons décidé une contre-épreuve.
Un doigtier médical en caoutchouc contenant une certaine quantité de
grains de poivre (variété Piper Nigrům) a été placé dans les fosses nasales d'un
crâne sec. La radiographie, puis sa chromo-densitographie nous a permis de
retrouver des images absolument semblables (à la taille près) à celle que nous
observions dans le nez de Ramsès II. L'existence de produit de bourrage
d'origine végétale était donc des plus vraisemblable.
Cette hypothèse est confortée par la découverte de graines dans la cavité
abdominale de la momie. Ces graines, radiographiées, avaient même aspect et
même densité radiographique que celles que l'on observait dans l'appendice
nasal.
Ces graines abdominales, analysées au microscope par Mademoiselle Plu,
de la Direction des Services botaniques du Muséum d'Histoire Naturelle de
Paris, se révélèrent du poivre de la variété Piper Nigrům. La différence de taille
des grains (les grains contemporains étant nettement plus gros que les grains
antiques) peut s'expliquer : d'une part, par la dessiccation de grains vieux de
3.300 ans et, d'autre part, elle peut être lé résultat des sélections botaniques
patientes effectuées depuis l'Antiquité jusqu'à notre époque. .
LICHTENBERG ET COLL. RAMSÈS II - ASPECTS RADIOLOGIQUES 329 R.J.
L'aspect de lame biconcave visible à l'orifice narinaire sur les clichés de
profil nous semble être un bouchon de résine. L'hypothèse, soulevée un temps,
de la présence d'une petite diaphyse osseuse, n'est pas à retenir en raison de
son homogénéité, de sa densité semblable à celle d'autres plaques de résine
visibles à d'autres niveaux de la momie, et surtout de sa « disparition » sur
les incidences axiales de la pyramide nasale, confirmant qu'il s'agit d'une
mince lame.
C. — Etude du thorax (*).
Elle a été menée menée essentiellement sur les incidences de profil en
prenant d'assez nombreux clichés, assez proches les uns des autres, constituant
pour certains des couples stéréoscopiques, afin d'analyser au mieux les diffé
rentes structures intra-thoraciques. Un cliché a été pris en position frontale,
le tube radiogène placé le plus bas possible sous la momie, la plaque étant
tenue à la main, au-dessus de la momie ! Ce protocole explique la définition
assez médiocre du cliché, en raison du flou géométrique de foyer lié à
l'agrandissement assez important.
Ce cliché nous a permis de mettre en évidence le cœur : il siège à la
hauteur des avant-bras et des mains croisées, à droite du rachis. Cette place
est la conséquence de la position à gauche de l'orifice d'éviscération abdominale.
Lors de la remise en place du cœur, l'embaumeur le place à bout de bras, donc
fatalement à droite dans le thorax.
L'image du cœur est surmontée d'une partie de la crosse aortique.
Des images de fils de tonalité métallique sont visibles dans le thorax :
— un, antérieur, sinusoïdal, se projette au niveau du 4e doigt de la
main droite ;
— un deuxième, moyen, se trouve au voisinage immédiat du cœur ;
— un troisième, postérieur au cœur, est situé à droite. • , ,
Le cliché de profil, en outre, permet de retrouver des lésions syndesmo-
phy tiques caractéristiques de spondylarthrite ankylosante, notamment en D6-D7
et D7-D8. Les disques apparaissent de hauteur normale. On note encore des
lésions d'arthrose banale en D8 et D9. Sur ce profil, les fils sont retrouvés.
Le sternum est en place et l'on distingue les tissus qui l'enveloppent,
ainsi que les téguments. L'humérus , droit est bien visible, ainsi que les deux
omoplates. ■ .'■ ■ \ - "
Enfin, une image allongée, relativement dense, homogène, parallèle à
l'omoplate, est visible de profil, non retrouvée sur le cliché de face.
Il faut remarquer que sa limite postérieure est rigoureusement rectiligne.
Cette caractéristique nous a fait conclure qu'il s'agissait d'une lame de résine
coulée dans le sillon scapulo-rachidien, la momie étant alors placée en décu
bitus ventral.
(*) Voir note, en fin de travail. SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 330
L'image interprétée comme étant celle du cœur est moins visible de profil
que de face. Elle est adjacente aux images de fils métalliques déjà signalées.
Etant donné qu'il s'agit d'un pharaon, ces fils sont à peu près certainement
des fils d'or.
Par ailleurs, le reste de la cavité thoracique est de transparence non homog
ène, évoquant la présence d'un matériel de bourrage de densité peu import
ante. Ce matériel apparaît toutefois plus dense au-dessus et en dehors de
l'image de la crosse aortique, formant une opacité non homogène se dirigeant
vers la région axillaire et dont l'interprétation anatomique n'apparaît pas.
On note également une opacité oblongue en arrière du sternum, proba
blement d'origine vasculaire (peut-être veine cave supérieure) avec ses parois
bien individualisées.
Chacun sait que le cœur de Ramsès II était réputé avoir été disséqué
par le Professeur Lortet, de Lyon, au début du siècle. Nous sommes en droit
de dire que quel que soit le cœur qui fut envoyé au Professeur Lortet, ce ne fut
pas celui de Ramsès IL
Une autre preuve vient encore à l'appui de notre hypothèse : lors de
l'exploration endoscopique de la cavité abdominale de la momie par nos
collègues, il ne fut pas possible de pénétrer dans le thorax, ce qui ne serait
évidemment pas le cas si on avait enlevé le cœur de ce même thorax...
En conclusion.
Notre étude radiochromodensitographique de la momie de Ramsès II
nous a permis de préciser les points suivants :
1) Le rachis cervical a été fracturé lors de la momification, ce qui explique
l'aspect particulier du cou et l'orientation du niveau de la résine intra-crânienne.
2) Le nez contient un matériel de bourrage constitué de grains végétaux,
vraisemblablement du poivre {Piper Nigrům). L'orifice narinaire est maintenu
par une lame de résine.
3) Le cœur est retrouvé dans la cavité thoracique, contrairement à l'opinion
communément admise.
A proximité de l'image cardiaque, on observe des fils métalliques, tant en
avant qu'en arrière.
Note. — En novembre 1977, nous avions communiqué à Monsieur Llagostera plusieurs
radiographies de Ramsès II, parmi celles que nous avions exécutées lors de notre travail sur
la momie au Musée de l'Homme à Paris. L'étude de ces quelques clichés et l'audition de
notre communication ont amené Monsieur Llagostera aux observations qu'il formule dans
la note suivante.

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