Tendances et instincts. Emotions. Phénomènes affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 514-533

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 514-533
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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VI. Tendances et instincts. Emotions. Phénomènes affectifs.
Sentiments. Esthétique élémentaire
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 514-533.
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VI. Tendances et instincts. Emotions. Phénomènes affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire. In: L'année psychologique.
1925 vol. 26. pp. 514-533.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6281514 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
vements horizontaux et verticaux de l'œil. Des photographies sur
pellicules immobiles montrent qu'il passe d'une position à une autre
par saccades involontaires, lors même que le sujet croit avoir exé
cuté un mouvement continu.
Dans l'enregistrement des mouvements oculaires pendant la lec
ture, le film se déplace tantôt parallèlement, tantôt perpendiculair
ement au sens de la lecture.
Le tracé est un trait discontinu dont les éléments correspondent
au rythme des interruptions du rayon lumineux, tandis que les mou
vements de l'œil se traduisent par une déviation transversale dans
le cas où le film se déplace perpendiculairement, et par des altéra'
tions de la longueur des segments ou par des superpositions dans le
cas d'un mouvement parallèle.
La comparaison de la lecture verticale et horizontale en chinois
montre que dans la première les pauses s.ont un peu plus longues,
mais permettent de lire un peu plus de caractères. Il n'y a pas de
supériorité intrinsèque de la seconde.
On a comparé aussi la lecture du chinois et de l'anglais avec diffé
rentes grandeurs des caractères pour chaque langue. La pause est
plus courte en chinois qu'en anglais, à la fois au point de vue spatial
et temporel ; néanmoins le nombre des mots lus en chinois est plus
grand qu'en anglais, parce qu'il y a plus de mots à la ligne.
P. G.
W.-R. HESS et N. MESSERLE. — ■Untersuchungen über die mot
orische Koordination der Augen (Recherches sur la coordination
matrice des yeux). — Pf. A. GGX, 6, 1925, p. 708-720.
* Etude de la coordination motrice des yeux à l'aide d'une tech
nique décrite, et de la fusion dans la fixation binoculaire. Le pouvoir
séparateur en vision binoculaire est maximum dans le milieu du
champ visuel. • P. B.
VI, — Tendances et instincts. Emotions. Phénomènes
Affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire.
J. LARGUIER DES BANGELS. — L'instinct et l'émotion. — J. de
Ps., XXII, 1925, p. 667-676.
Les actes instinctifs sont ceux que l'être vivant exécute préal
ablement à toute expérience. Le type en est fourni. par les réflexes.
Toutes les distinctions qu'on a voulu établir entre réflexe et ins
tinct proprement dit sont également vaines. Dans un cas comme
^ians l'autre, l'organisme répond aux excitations par des réactions
globales, simplement plus complexes quand l'excitation est plus
Intense. L'association est également efficace sur le réflexe et sur
l'instinct.
L'émotion est fort difficile à distinguer de l'instinct. James pro
bablement, malgré le vague de sa formule, et certainement Mac
Dougall ne voient en elle que la face interne, l'aspect affectif de
l'instinct. Cette conception est trop schématique, et en particulier TENDANCES ET INSTINCTS. EMOTIONS. SENTIMENTS 515
la peur et la colère ne sauraient se réduire entièrement à l'instinct
de conservation sous sa forme soit défensive, soit agressive. Tandis
qu'en règle générale les instincts comme les réflexes sont utiles à
l'individu ou à l'espèce, les réactions de la colère et de la peur,
quoiqu'également innées, sont nuisibles, malgré la peine qu'on s'est
parfois donnée pour leur trouver une justification téléologique. La
peur paralyse et la colère aveugle. « Sous l'impulsion de l'instinct,
l'homme agit. Sous l'empire de l'émotion, il s'agite ». L'émotion
n'est pas l'accompagnement de l'instinct, elle en est le « raté ».
La difficulté reste de découvrir d'une part pourquoi, selon les
individus, l'instinct tantôt aboutit à des réactions utiles, tantôt se
trouve en défaut, et à des degrés variables, d'autre part pourquoi
les réactions émotionnelles, qu'on les considère où non comme des
phénomènes de dérivation, prennent pour chaque émotion une forme
spécifique. G.-H. L.
KNIGHT DUNLAP. — Instinct and Desire {Instinct et désir). —
J. of Abn. Ps., XX, 2, 1925, p. 170-173.
Poursuivant une discussion avec Me Dougall, l'auteur tient à
préciser la différence qu'il admet entre l'instinct, pour lui une dis
position d'origine centrale, et correspondant à des mécanismes ner
veux définis, et le désir, facteur exclusivement périphérique, sur le
même plan que la sensation ou la perception. Seule, une ambiguïté
de termes où l'auteur a désigné sous le nom de « radical du désir »
ce qu'il appelle plus exactement ensuite un « sentiment de »
a pu faire croire à Me Dougall qu'il s'agissait d'instincts au sens
que ce dernier attache à ce mot. M. L.
V. CORNETZ. — Instinct et tremblement de terre. — Nat. 2650,
1925, p. 35-36.
2 heures 3/4 avant le séisme du 5 novembre 1924, à Boufarik
(27 kilomètres d'Alger), l'auteur, au milieu d'un travail intéressant
et absorbant à la bibliothèque d'Alger, est pris d'un accès d'oppress
ion avec dyspnée nerveuse, tête lourde, sensation de poids, suivi
de névralgie temporale et orbitaire (il n'en avait jamais eues jusque-
là), puis d'inquiétude et enfin de vraie angoisse. Il sort sur le balcon
et, au moment d'y mettre le pied, entend en lui le mot : «cataclysme».
(L'auteur ajoute qu'il n'avait jamais vu encore de tremblement de
terre). Au bout d'une demi-heure son malaise se dissipe, et deux
heures plus tard le premier grondement du séisme se faisait entendre.
Pour expliquer les phénomènes, l'auteur, invoquant la théorie
de l'abbé Moreux, croit que les orages électro-magnétiques peuvent
être ressentis par le système nerveux, périphérique et central, inté
resser les centres des émotions et donner ainsi la gamme des sensa
tions qu'il a éprouvées. I. M.
W. STERN. — Freundschafts - und Feindschafts - Erlebnisse in
der frühen Pubertät (L'amitié et l'inimitié au début de la puberté).
— Z. für päd. Ps., XXVI, 2, 1925, p. 81-97.
William Stern vient de publier, avec commentaires, le journal
intime d'un garçon de 14-15 ans, datant d'il y a une quarantaine
d'années. Le présent article est un chapitre de ce livre. 516 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
S'agit-il d'un document autobiographique ? Ne cherchons pas à
percer le secret que l'auteur ne tient pas à nous révéler. Tel qu'il
est, le chapitre, reproduit avec les commentaires de W. Stern, présente
un intérêt incontestable. Il reflète l'affectivité excitée de la puberté,
les amitiés ardentes qu'un rien peut transformer en haines. Une
exaltation erotique enveloppe parfois ces amitiés ; le sujet se rend
compte souvent que son ami intime ne lui convient nullement au
point de vue du caractère et de l'esprit. D. W.
J.-L. MURSELL. — Contributions to the psychology o£ nutrition :
I. Hunger and appetite. II. The sucking reaction as a determiner
of food and drug habit. III. Nutrition and the family {Contributions
à la psychologie de la nutrition : I. La faim et Vappétit. II. La réac
tion de succion, cause déterminante des habitudes relatives à la nour
riture et aux toxiques. III. La nutrition et la famille). — Ps. Rev.
XXXII, 4, 5 et 6, 1925, p. 317-333, 402-415 et 457-471.
I. M. s'attache à montrer que les intéressants travaux des physiol
ogistes, de Cannon, Carlson et Washburn, ne résolvent pas tous les
problèmes psychologiques de la nutrition et que les faits sont beau
coup plus complexes qu'il ne paraît de prime abord.
Pour la sensation de faim, le rôle des contractions péristaltiques
de l'estomac a été bien établi. La sensation est absente si l'estomac
est au repos, elle apparaît aussitôt le début des contractions, et son
intensité est proportionnelle à leur force. Mais il reste à résoudre une
série de problèmes de la plus haute importance.
Tout d'abord, quelle est l'action des acides sur l'estomac ? Cannon
dit que la faim n'est pas due à l'action de l'acide chlorhydrique et
Carlson a constaté que tous les acides, y compris le suc gastrique,
provoquent l'inhibition des mouvements de l'estomac. Mais ces
affirmations semblent en contradiction avec toute une série de faits
cliniques. Boring, faisant absorber par la bouche une solution chl
orhydrique à 5 ° /o a vu naître une sensation de faim nette. Ceci semble
en accord avec l'influence bien connue des amers sur la faim. Il est
probable qu'il n'y a pas là d'action physique sur les mouvements
de l'estomac, mais une action d'ordre psychique. Nous voyons là
que la faim est sous la dépendance de facteurs beaucoup plus com
plexes que la simple vacuité stomacale.
Les contractions péristaltiques sont très rapidement abolies par
l'ingestion de quantités relativement faibles de nourriture. La sa
tiété complète ne survient que bien après. La « faim gastrique »
semble donc n'être qu'un des éléments d'un état fort complexe,
dont la conscience obscure nous pousse à manger.
Il y a des « faims spécialisées » : par exemple, la faim pour le sel.
La soif serait, selon Turro, provoquée par la déshydratation géné
rale des tissus et serait proportionnelle à la tension du glucose et du
sel dans l'organisme ; elle peut être provoquée artificiellement ou
calmée par des injections appropriées. Turro pense qu'il y a des
faims spécifiques pour les hydrates de carbones, les graisses, etc.
Bien que cette dernière hypothèse ne soit pas appuyée sur des faits
expérimentaux, elle s'accorde avec le fait qu'il existe des régimes
alimentaires différents chez les peuples aux différentes époques de TENDANCES ET INSTINCTS. ÉMOTIONS. SENTIMENTS 517
l'histoire. M. pense qu'on pourrait expliquer tous ces faits par l'exis
tence d'un chimiotropisme positif, entraînant le désir de certaines
substances spécifiques. Le comportement individuel à l'égard de la
nutrition reposerait donc sur un fond racial.
Enfin, pourquoi la sensation de faim nous conduit-elle à prendre
de la nourriture ? Question difficile à résoudre. Pour que le jeune
enfant vive, il ne suffit pas qu'il ait la sensation de faim, mais aussi
l'instinct de succion, réaction très compliquée.
De même, les remarquables études de Pawlow sur les réflexes
conditionnels ne résolvent pas en entier le problème de l'appétit.
Carlson semble avoir serré la question de plus près. L'appétit, pour
lui, demande une organisation nerveuse capable de mémoire asso
ciative ; nous trouvons en lui des conditions aussi primitives et
essentiellement fixées que dans le cas de l'instinct sexuel ; c'est
l'expression d'un mécanisme hérité qui nous conduit à préférer cer
tains aliments. Le désir de la nourriture, dans la mesure où il ne dé
pend pas des contractions gastriques, est déterminé par un ensemble
de sensations viscérales, naissant de la salivation profuse, en même
temps que par la présence, réelle ou imaginée, de signes agréables,
dont les plus importants sont les odeurs et les saveurs. Ces deux él
éments doivent être présents à la fois, et être organisés entre eux
d'une façon normale. L'appétit est donc un phénomène très com
plexe au point de vue psychologique.
Dans « l'éducation trophique », il y~a deux influences à distinguer :
l'une est un chimiotropisme positif, spécifique pour certaines subs
tances. L'autre est la convention (l'éducation proprement dite). Ces
deux facteurs n'agissent pas isolément, mais leur ensemble réalise
un groupe de comportements complexes et hautement intégrés,
enveloppant de nombreux éléments. La tendance vers la nourri
ture est une unité de comportement.
II. — La réaction de succion, capitale chez l'enfant, puisqu'elle
est chez lui indispensable à la vie, persiste chez l'adulte sous des
formes plus ou moins déguisées. M. rejette les idées de Freud sur
l'érotisme labial et considère la succion comme dépendant de la fonc
tion de nutrition. Il explique par la persistance de ce besoin à l'âge
adulte un certain nombre d'habitudes, celles des toxiques pris à
dose légère, tabac, alcool, café, et celles des aliments qu'on mâche
ou qu'on suce, entremets, crèmes, caramels, bonbons, sucre d'orge
et naturellement chewing gum. Pour le tabac, par exemple, Hull
en a étudié les effets psychiques en substituant de temps à autre
à une pipe bourrée de véritable tabac une pipe truquée, fournissant
seulement de l'air humide et chauffé ; le sujet qui avait les yeux
bandés, était incapable de s'apercevoir de la supercherie (un aide
fumait dès le début de l'expérience, pour répandre dans la pièce
l'odeur du tabac). L'impression de plaisir et de satisfaction était
la même dans les deux cas. De même, les autres substances citées
agissent bien plus par la façon dont elles sont présentées que par leur
activité chimique proprement dite.
Pourquoi le besoin de sucer s'est-il ainsi spécialisé et s'est-il attaché
à un groupe de substances bien définies ? C'est que ce besoin est un
trait infantile, qu'il serait honteux à un adulte de manifester ou ver- 518 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tement. Les habitudes sociales que nous venons de mentionner ont
été inventées précisément dans le but de satisfaire ce besoin sous une
forme déguisée. L'adulte, malgré tous ses efforts, reste un enfant
jusqu'au jour de sa mort.
Ill* — Aux idées de Freud, qui explique tous les sentiments de
famille par l'instinct sexuel, M. oppose une théorie qui fait de la
fonction de nutrition le point de départ et le centre de ces sentiments.
Le comportement trophique est le premier comportement com
plexe qui se manifeste chez l'enfant après là naissance. Pour la mère,
la lactation et l'allaitement, par l'influence qu'ils exercent sur le
système endocrine, sont indispensables au maintien de la santé et
du tonus général. Sans doute, Freud a raison de signaler ici un él
ément sexuel ; mais ces fonctions sont si complexes, et elles inté
ressent si essentiellement la personnalité tout entière que les réduire
à ce seul élément sexuel est commettre un contresens complet. La
base première du grand sentiment maternel est que l'enfant cons
titue pour la mère une sorte de complément nécessaire à sa santé.
De même, l'enfant est avant tout attaché „à la mère parce que
celle-ci est pour lui la nourrice, la grande. pourvoyeuse de nourri
ture, l'éducatrice patiente et avertie des fonctions de nutrition.
La relation de l'enfant à la mère est loin d'être désintéressée. L'att
achement filial est dans son origine le sentiment d'une dépendance
organique extrêmement étroite.
La fonction de la mère est la même partout et dans tous les temps ;
elle se retrouve chez tous les mammifères. Au contraire, la relation
du père avec les enfants varie beaucoup selon les époques et les pays.
L'unité familiale, d'après M., dépend d'abord et avant tout de la
satisfaction des besoins trophiques. La mère est le premier agent
de cette satisfaction. La destinée du père, comme objet d'amour,
d'indifférence ou de haine, dépend des rapports qu'il soutient avec
la mère dans l'esprit de l'enfant. De là, les variations dans les sent
iments de l'enfant vis-à-vis de lui. M. rejette donc la théorie qui ad
met un « instinct parental » primitif, et aussi les idées de Freud sur
la jalousie de l'enfant à l'égard du parent de même sexe. Le complexe
d'Œdipe est pour lui un phénomène pathologique.
Les sentiments fraternels sont également expliqués dans leurs
nuances par référence à la fonction de nutrition.
Le sevrage aurait dans cette théorie une importance capitale.
L'admission de l'enfant à la table de famille constitue pour lui sa
première entrée dans la vie sociale, avec ses multiples règles compli
quées et imperatives.
M. rappelle en passant combien la fonction de la nutrition a d'im
portance dans la vie sentimentale et religieuse de. la collectivité ;
purifications avant le repas, banquets sacrés, communion, aliments
mystiques, tout cet ensemble de croyances et de rites montre la va
leur affective particulière qui est attachée à l'acte de manger, et de
manger en commun. L'enfant en s'asseyant à la table de famille,
pénètre dans l'une des plus universelles et des plus profondes « expé
riences raciales» .
Ainsi, la nutrition est dans la vie humaine un facteur aussi impor
tant que la sexualité. G. P. .
ET INSTINCTS. EMOTIONS. SENTIMEMS 5191 TENDANCES
FREDERIK HANSEN LUND. — The psychology of beüef (La
psychologie de la croyance). — J. of Abn. Ps., XX, 1 et 2, 1925,
p. 63-81 et 174-195.
La expérimentale se préoccupe de plus en plus de la
mesure du caractère, et du rôle trop longtemps méconnu des fac
teurs affectifs dans le rendement intellectuel de l'individu.
Dans son expérimentation, l'auteur se propose de déterminer :
1) Si la croyance a un contenu émotionnel et est conditionnée
par la présence de facteurs émotionnels.
2) Si le principe de raison peut être considéré comme le déter
minant principal de la croyance.
3) S'il y a des facteurs émotionnels et volitionnels susceptibles de
faire du commandement un facteur de persuasion.
4) Ce qu'enfin on peut conclure de la nature de la croyance.
On présentait aux sujets une série de 30 questions portant sur di
vers domaines (Les molécules existent-elles ? La sensibilité des an
imaux est-elle identique à la nôtre ? Shakespeare écrivit-il « Le mar
chand de Venise » ?).
Ils devaient répondre au moyen d'une « échelle de croyance « gra
duée de + 10 (croyance absolue) à — 10 (négation absolue) avec
tous les intermédiaires ; puis, par une « échelle de certitude » graduée
de même, apprécier, non plus la force de leur croyance, mais le degré
de certitude avec lequel ils se croyaient en droit de l'affirmer. Enfin,
en troisième lieu, ils devaient évaluer de même, au moyen d'une
« échelle de désir » la valeur affective qu'ils pouvaient attacher à leur
opinion.
Les résultats dressés en tables, et les corrélations entre les diverses
valeurs soigneusement établies, ont permis à l'auteur de tirer le»
conclusions suivantes :
1° La croyance a un large contenu émotionnel. La corrélation
obtenue entre la croyance et le désir était + .88. La corrélation entre
la croyance et la connaissance était + . 64. Celle entre la croyance et
l'évidence +.42, entre la connaissance et le désir. 13, entre l'évidence
et le désir — . 03 ;
2° On constate une tendance marquée à idéaliser le principe de
raison et à le considérer comme le déterminant prépondérant de la
croyance, oubliant que les facteurs non rationnels, pratiquement le
contrebalancent ;
3° On n'abandonne pas facilement des croyances une fois adoptées ;
4° La connaissance et l'opinion se trouvent aux deux extrêmes
d'une série continue. La croyance les accompagne tout au long de>
l'échelle, mais avec une teneur variable en doute qui va en croissant
d'un extrême à l'autre. M. L.
ALBERTO PALCOS. — La Vida emotiva (La vie émotive). — In-16
de 270 p. Buenos-Aires, M. Gleizer, 1925.
L'auteur avait déjà consacré à la question du génie un livre fort
estimé, résultat d'une élaboration très sérieuse. Il s'est attaqué cette
fois au problème de la vie affective où il fait preuve d'une document
ation très large.
Il envisage, dans une première partie, les fonctions de l'affectivité». 520 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
signalant la prééminence de celle-ci sur la vie intellectuelle, puis il
passe en revue les théories de l'émotion, rejetant la conception de
Lange et complétant l'une par l'autre la théorie expressive de James
et la théorie cérébrale de Sollier sans les adopter toutefois ; il envi
sage ensuite les données expérimentales, la conception viscérale de
l'émotion et le rôle des sécrétions internes ; enfin il traite des phéno
mènes émotionnels chez les mystiques, les acteurs et les orateurs.
D'après lui, les émotions — modifications brusques de la vie affec
tive — forment un vaste domaine, s'étendant des processus réflexes
ou instinctifs (émotions inconscientes ou subconscientes, comme chez
des animaux décérébrés ou dans certains cas pathologiques) jusqu'aux
émotions supérieures, esthétiques, morales, intellectuelles dans le
squelles se réduit considérablement la part des processus organiques.
Dans toute la zone intermédiaire, le mental et l'organique se mêlent
en proportions variables.
|j$Dans cette théorie synthétique peuvent s'intégrer les éléments
principaux des théories adverses, qui s'adressent à certaines catégories
seulement des phénomènes émotionnels. H. P.
G. STIELER. — Die Emotionen. Ein Beitrag zur Ontologie der
Seele {Les émotions. Une contribution à Vontologie de Fame). ■*—
A. f. ges. Ps., 3-4, 1925, p. 343-390.
L'auteur prend la précaution de nous avertir que la théorie, qui lui
servira de point de départ, n'est considérée que comme hypothèse de
travail.
Le système de Malébranche lui apparaît comme une telle
commode.
On nous expose donc des considérations sur l'esprit, inétendu et
indivisible et ses modes : le mode passif qui est la connaissance et le
mode actif, c'est-à-dire la volonté. Ce seront les deux « facultés fonda
mentales » de l'âme.
Quant aux sentiments, ils ne représentent point des actes particul
iers et caractéristiques de la conscience. En reprenant l'exemple
classique de William James, celui de l'homme qui rencontre un ours,
l'auteur l'analyse de la manière suivante :
1° Immédiatement après que l'homme aura reconnu le danger,
il aura comme un mouvement de retrait intérieur, il se ramassera
sur lui-même ;
2° Viendront ensuite les sensations organiques ;
3° Enfin, un moment caractéristique de la peur, un état général
particulier qui, bien qu'apparaissant en même temps que les sensa
tions organiques, ne pourra être identifié avec ces dernières.
Cet état n'est point un élément statique, c'est une manière de fonc
tionnement du courant de la conscience. Les émotions se distinguent
par les variations caractéristiques du rythme et de l'énergie du cou
rant. Elles seront joyeuses ou pénibles suivant que le courant s'écou
lera sans obstacles ou qu'il se trouvera en quelque sorte inhibé.
D. W. ET INSTINCTS. ÉMOTIONS. SENTIMENTS 521 TENDANCES
J.-C. FLUEGEL. — A quantitative study of feeling and emotion in
everyday life [Etude du sentiment et de l'émotion dans
la vie journalière). — Br. J. of Ps., XV, 4, 1925, p. 318-355.
Neuf sujets (cinq femmes et quatre hommes) ont noté en détail,
pendant trente jours consécutifs, tous les sentiments et émotions
qu'ils éprouvaient, en en indiquant le caractère agréable ou désa
gréable par une note allant de + 3 à — 3. C'est en s'appuyant sur
ces données que F. élabore de savants calculs.
Il y a, dans l'ensemble, prédominance des états agréables sur les
états désagréables, prédominance variant du reste d'un sujet à l'autre.
Par ordre de fréquence, les premiers se classent ainsi : Intérêt, joie,
contentement, sensations plaisantes, sentiment fonctionnel positif,
nourriture ; et les seconds : sensations déplaisantes, anxiété, colère,
fatigue, ennui et dépression. G. P.
D. WECHSLER. — What constitutes an emotion ? (Qu'est-ce qui
constitue une émotion ?) — Ps. Rev., XXXII, 31, 1925, p. 235-240.
L'émotion est provoquée par une catégorie particulière de stimulus.
Un stimulus prend un caractère émotif, quand, en raison de son
intensité ou de la signification particulière qu'il a pour l'individu,
il est capable de produire un choc ; par choc, on entend une excitation
générale d'un grand nombre de centres qui ne sont pas habituellement
affectés par le stimulus en question, excitation qui a pour résultat
une altération soudaine dans l'activité des organes contrôlés par ces
centres. Le stimulus émotif peut être une sensation, une image, un
percept ou une association. Le fait qu'un stimulus devient émotif
dépend de l'expérience antérieure de l'individu et des circonstances
particulières dans lesquelles il se trouve placé. — Dans Vexpression
qui' l'accomde V émotion, ensemble des changements organiques
pagnent, il faut distinguer entre la réponse physioaffective (modifica
tions de la circulation, de la respiration, etc.) et la réaction de compor
tement affective (fuite, attitude aggressive, etc.).
ft Toutes ces distinctions résultent d'une analyse purement objective ;
elles n'impliquent pas l'acceptation d'une théorie particulière de
l'émotion. Leur utilité serait, pour l'auteur, de permettre d'échapper
à beaucoup de confusions regrettables qui ont souvent obscurci la
discussion du problème et dont il donne plusieurs, exemples, em
pruntés aux controverses sur la thèse James-Lange. G. P.
W.-E. BLATZ. — The cardiac, respiratory, and electrical phenomena
involved in the emotion of fear (Les phénomènes cardiaques, respi
ratoires et électriques impliqués dans Vémotion de la peur). — J. of
exp. Ps., VIII, 2, 1925, p. 109-132.
L'émotion est produite par la chute de la chaise sur laquelle le
sujet est assis : un mécanisme manœuvré d'une autre salle permet de
faire tomber cette chaise en arrière ; un ressort entre en action pour
amortir le choc, après qu'elle a décrit librement un angle de 60°. Un
électrocardiographe permet d'enregistrer les battements du cœur et
les changements généraux de la force électromotrice dans le corps
entier. Un pneumographe électrique enregistre sur le même film la
durée de l'inspiration et de l'expiration. 522 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les 18 sujets sont seulement prévenus que l'expérience est destinée
à l'étude des différences individuelles dans le rythme du cœur. Us sont
amenés les yeux bandés et attachés sur le siège à bascule. Chaque
séance dure 15 minutes et comporte deux inscriptions de 2 minutes
chacune. Les trois premières séances sont « normales », c'est-à-dire
sans chute de la chaise. Celle-ci a lieu inopinément au cours de la
quatrième séance ; dans la cinquième les sujets sont prévenus que la
chute aura lieu, sans être annoncée par, un signal. A partir de ce
moment ils sont divisés en deux groupes. Le premier A prend part à
deux séances « normales » suivies d'une dernière avec chute inopinée.
Le second groupe B est soumis dans les deux séances suivantes à
quatre chutes (attendues) par séance : puis vient une séance normale,
et la dernière comporte, comme pour le groupe A, une chute inatten
due. Ces combinaisons permettent d'abord de créer un état de rel
âchement et de confiance et d'étudier ensuite les effets de la surprise,
de l'attente d'un événement connu, et de l'adaptation.
Dans une seconde série d'expériences les sujets sont des personnes
au courant de l'expérience et de son but,, qu'on peut comparer avec
les sujets « naïfs ».
Pendant les trois premières séances de préparation, on n'observe
qu'une réduction progressive du nombre des battements du cœur
dans le plus grand nombre des cas. La chute inopinée dans la qua
trième séance produit les changements suivants : accélération imméd
iate du cœur suivie d'un ralentissement marqué : une deuxième phase
d'accélération apparaît vers la dixième seconde, moins prononcée
et plus longue que la première ; elle fait place à un ralentissement
persistant jusque vers la fin de la troisième minute. Il y a immédiate
ment un accroissement d'énergie des battements qui disparaît gra
duellement en six minutes : enfin une irrégularité marquée du rythme.
L'allure de ces phénomènes est la même chez tous les sujets, il n'y a
que des différences de degré et de durée.
La respiration est d'abord retardée dans la plupart des cas : il y
a accroissement de l'index respiratoire (quotient de la durée d'une
inspiration par la durée d'une expiration augmentée de celle de la
pause).
Enfin on observe un développement de la force électromotrice
générale avec une période latente de 0s,5 à 3 secondes et une durée
de 1 à 6 minutes.
Tous les sujets non prévenus s'accordent à qualifier de peur l'im
pression éprouvée, et tous présentent, à quelque degré, des efforts
pour sauter de la chaise. Au contraire les sujets prévenus n'accusent
plus de peur : cependant tous les symptômes organiques demeurent
les mêmes avec une réduction d'intensité et de durée (excepté l'index
respiratoire qui est plus élevé que dans le premier cas). Aussi l'auteur
rapporte-t-il spécialement l'émotion de peur aux mouvements de
défense, la réaction purement viscérale étant insuffisante pour la
produire.
L'attente, chez les sujets qui ont eu «ne première expérience de
chute, cause en général un accroissement de fréquence du coeur: les
épreuves normales produisent un ralentissement ; la dernière chute,
inattendue, reproduit, à peu de chose près, les effets de la pre-

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