Tendances générales et influence de la langue maternelle : les consonnes terminales dans le babillage et les premiers mots - article ; n°1 ; vol.91, pg 139-157

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L'année psychologique - Année 1991 - Volume 91 - Numéro 1 - Pages 139-157
Summary : General tendencies and effect of linguistic environment : Final consonants in babbling and first words.
This cross linguistic investigation examined the final consonants produced by infants from four different countries during the transition period between babbling and acquisition of the first 50 words. Analyses confirm the universal tendency to open syllables in final position but also show that the structural characteristics of the languages spoken in the environment influence the frequency and the type of final consonants.
Key words : speech development, linguistic environment, final consonant.
Résumé
On présente dans cet article une étude interculturelle des consonnes finales produites par les enfants de quatre pays différents durant la période de transition entre le babillage et l'acquisition des cinquante premiers mots. Les analyses confirment une tendance générale à produire des syllabes ouvertes en position finale, mais montrent aussi que les caractéristiques structurelles des langues maternelles influent sur la fréquence d'occurrence et le type des consonnes finales.
Mots clés : développement de la parole, environnement linguistique, consonnes terminales.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1991
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B. de Boysson-Bardies
Catherine Durand
Tendances générales et influence de la langue maternelle : les
consonnes terminales dans le babillage et les premiers mots
In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°1. pp. 139-157.
Abstract
Summary : General tendencies and effect of linguistic environment : Final consonants in babbling and first words.
This cross linguistic investigation examined the final consonants produced by infants from four different countries during the
transition period between babbling and acquisition of the first 50 words. Analyses confirm the universal tendency to open
syllables in final position but also show that the structural characteristics of the languages spoken in the environment influence
the frequency and the type of final consonants.
Key words : speech development, linguistic environment, final consonant.
Résumé
On présente dans cet article une étude interculturelle des consonnes finales produites par les enfants de quatre pays différents
durant la période de transition entre le babillage et l'acquisition des cinquante premiers mots. Les analyses confirment une
tendance générale à produire des syllabes ouvertes en position finale, mais montrent aussi que les caractéristiques structurelles
des langues maternelles influent sur la fréquence d'occurrence et le type des consonnes finales.
Mots clés : développement de la parole, environnement linguistique, consonnes terminales.
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de Boysson-Bardies B., Durand Catherine. Tendances générales et influence de la langue maternelle : les consonnes
terminales dans le babillage et les premiers mots. In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°1. pp. 139-157.
doi : 10.3406/psy.1991.29450
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1991_num_91_1_29450L'Année Psychologique, 1991, 91, 139-157
Laboratoire de Psychologie expérimentale
EHESS, EPHE, CNRS URA 316
Université René-Descarles1
TENDANCES GÉNÉRALES
ET INFLUENCE DE LA LANGUE MATERNELLE :
LES CONSONNES TERMINALES
DANS LE BABILLAGE ET LES PREMIERS MOTS2
par Bénédicte de Boysson-Bardies
et Catherine Durand
SUMMARY : General tendencies and effect of linguistic environment :
Final consonants in babbling and first words.
This cross linguistic investigation examined the final consonants pro
duced by infants from four different countries during the transition period
between babbling and acquisition of the first 50 words. Analyses confirm
the universal tendency to open syllables in final position but also show that
the structural characteristics of the languages spoken in the environment
influence the frequency and the type of final consonants.
Key words : speech development, linguistic environment, final consonant.
1. 54, boulevard Raspail, 75006 Paris.
2. Cette recherche a bénéficié d'une subvention de la National Science
Foundation — nsf grant bns 85-20048 — attribuée à C. A. Ferguson,
avec la participation de B. de Boysson-Bardies, B. Lindblom et M. M. Vih-
man. Nous remercions également M. A. Macken, R. Miller et H. Simmons
pour le recueil et la transcription des enregistrements des enfants améric
ains, L. Roug et T. Landberg pour ceux des enfants suédois et F. Arao
pour ceux des enfants japonais. 140 Bénédicte de Boysson-Bardies et Catherine Durand
« Variations in the adaptative condi
tions of different behavioral responses
reveal the varying degree to which they
are free from the internal constraints. »
F. Bresson,
from Inference from animal to man :
identifying behavior
and function.
Depuis une dizaine d'années un nombre croissant de travaux
ont été menés pour étudier le statut des productions de la
période de transition qui couvre les derniers mois de babillage
et les 4-5 mois s'étendant entre la production des premiers mots
et la possession d'un lexique d'environ 50 mots. Cette dernière
étape précède chez la plupart des enfants une rapide évolution
des capacités lexicales prise comme l'indice de l'émergence du
système phonologique de la langue parlée dans l'environnement.
Ces travaux ont permis de vérifier les trois points suivants :
1 / Les productions de la période de transition restent
contraintes par des facteurs physiologiques et maturationnels.
Ainsi la capacité limitée des enfants à modifier les formes de
base de leurs productions, la tendance à des groupements
syllabiques préférentiels et les larges effets contextuels sur
la coarticulation montrent que la production de syllabe n'im
plique pas la maîtrise de l'organisation temporelle des gestes
qui sous-tendent la production des syllabes et des mots
(Menn, 1978 ; Kent, 1984 ; Studdert-Kennedy, 1987 ; Goodell
et Studdert-Kennedy, 1990 ; MacNeilage et Davis, sous presse).
2 / Une influence de la langue de l'environnement se marque
dès la fin de la première année en production (de Boysson-
Bardies, Halle, Sagart et Durand, 1989 ; de Boysson-Bardies,
Vihman et Durand, sous presse) au moment même où les pro
cessus de sélection phonétique opèrent en perception (Werker
et Tees, 1984 ; Werker et Lalonde, 1988).
3 / La variabilité inter-enfants est importante. Les enfants
peuvent suivre des voies différentes en organisant leur réper
toire lexical à partir des formes de leur babillage (Stoel-Gammon
et Cooper, 1984 ; Vihman, Ferguson et Elbert, 1986). Langue maternelle ei babillage 141
La plupart des auteurs proposent que, durant cette période
de transition, la première unité de contraste linguistique en
perception et en production est le mot. Les enfants commencent
à reconnaître et coder des sens convoyés par la « macrophonét
ique », la forme acoustique globale des mots (Jusczyk, 1985 et
sous presse ; MacKain, 1982). Les premiers mots sont produits
par référence à cette représentation. Le phonème (ou ses traits),
en tant qu'unité de contraste, est « extrait » d'unités d'un ordre
plus élevé : mots ou syllabes (Macken, 1979 ; Macken et Fer
guson, 1983 ; Menn, 1978, 1983 ; Goodell et Studdert-Ken-
nedy, 1990). Dans cette optique, la constitution du système
phonologique est graduelle et n'émerge en fait qu'après l'acqui
sition par les enfants d'un certain vocabulaire en production
(Menn, 1971 ; Menyuk, Menn et Silber, 1986 ; Ferguson, 1986 ;
MacKen et Ferguson, 1983 ; Studdert-Kennedy, 1986 ; Best,
1990).
Certaines caractéristiques des productions de cette période
sont considérées comme « universelles » (Jakobson, 1941 ; Fer
guson, 1964 ; Oller, Wieman, Doyle et Ross, 1976). Parmi elles,
on relève la rareté dans le babillage ou la suppression dans les
premiers mots des consonnes finales ainsi qu'une tendance à leur
spirantisation. Alors que la production d'occlusives caractérise
nettement le répertoire phonétique global des enfants, en posi
tion finale, il y a asymétrie dans le traitement des occlusives et
des fricatives : les fricatives sont plus nombreuses en position
finale (Oller et ai, 1976 ; Ferguson, 1973, 1978). Le rapport pro
posé est de l'ordre de 3 à 1. Cette tendance est considérée comme
universelle. Par contre, les travaux montrant une tendance à
favoriser les vélaires en clôture (Stoel-Gammon et Cooper, 1984)
restent discutés (Vihman et Hochberg, 1986).
Les recherches interculturelles devraient permettre de savoir
si la fréquence, le mode et la place d'articulation des consonnes
finales à la période de transition sont déterminés exclusivement
par des tendances articulatoires générales ou si déjà s'opèrent
des sélections et des réorientations à partir des langues matern
elles. Ainsi l'enfant commencerait à favoriser des formes « ren
tables » dès ses productions de babillage et, dans les premiers
mots, suivrait plutôt le modèle de sa langue que des facilités
d'articulation. Bénédicte de Boysson-Bardies et Catherine Durand 142
MÉTHODE
Vingt enfants ont été enregistrés et filmés, soit dans leur pays
d'origine (5 suédois, 5 français, 5 américains), soit, pour 5 enfants japo
nais, dans la communauté japonaise de San Francisco, à raison d'une
demi-heure tous les quinze jours, depuis l'âge de 9 mois jusqu'à l'âge
où ils prononcent à peu près 25 mots dans une seule séance d'enregistr
ement : entre 16 et 19 mois.
La transcription des productions de l'enfant en Alphabet phonétique
international a été faite pour une séance sur deux (avec une bonne
congruence entre les transcripteurs).
Les consonnes produites dans 6 séances ont été classées selon les caté
gories de mode d'articulation (occlusives, fricatives, nasales et liquides,
les « r français » et « les fricatives prépalatales suédoises » étant classés
indépendamment) et de place d'articulation (labiales, dentales, vélaires).
Les six séances retenues correspondent à : une séance dite de 0 mot
(aucun mot reconnaissable), deux séances où 4 mots sont reconnaissables
parmi des productions de babillage, deux séances de 15 mots, enfin la
première séance où 25 mots sont produits par le bébé.
Un décompte distinct a ensuite été établi sur les consonnes apparte
nant à des productions de babillage et celles appartenant à des mots.
Ceux-ci sont identifiés selon des critères définis par Vihman et
McGune (1987) : similitude phonologique et/ou intonative avec le
modèle adulte, emploi pertinent dans un ou plusieurs contextes, recon
naissance par la mère, etc.
STRUCTURE DES MOTS CIBLES DES DIFFÉRENTES LANGUES
Les langues diffèrent non seulement par leur répertoire pho
nétique mais aussi par les règles régissant les séquences de sons
pour la formation des mots et des syllabes. Ainsi l'anglais se
caractérise par une proportion importante de mots se terminant
par des consonnes parmi lesquelles une majorité d'occlusives
(Mines, Hanson et Shoup, 1978). En français les règles de syllabi
fication qui négligent les frontières de mots entraînent une moin
dre proportion de mots avec des consonnes finales. Les finales en
« r français » sont très fréquentes. En japonais la seule consonne
terminale existante est une consonne nasale dentale faible ;
toutefois, dans la langue parlée, des propensions à la suppression
de voyelles finales font qu'on retrouve aussi des fricatives ou des
affriquées en position finale.
Cependant, d'une part nous manquons de décomptes sur la
fréquence, le mode et la place des terminaisons consonantiques Langue maternelle el babillage 143
dans les langues parlées. Ceux qui existent en français et anglais
sont basés sur le langage des médias (presse, radio) sans doute
peu représentatif du parlé dans l'entourage de l'enfant.
D'autre part, l'influence de la langue adulte ne saurait être
considérée comme résultant d'une computation par l'enfant des
fréquences des sons produits dans des discours. Il est possible
que des processus d'attention sélective fondent l'organisation
du traitement du langage. Nous avons donc choisi pour référence
un sous-ensemble de mots pertinents. Nous avons relevé pour
chaque groupe linguistique tous les mots qui ont été produits
au moins une fois dans l'ensemble des six séances par un enfant
du groupe. Les décomptes des consonnes ont été faits sur les
transcriptions phonétiques standard de la forme adulte de ce
sous-ensemble de la langue que nous appelons mots cibles et qui
contenait de 105 à 115 mots dans chaque groupe.
Le tableau I indique le pourcentage de consonnes apparais
sant en position terminale dans les différents ensembles de mots
cibles.
Tableau I. — Mois cibles : Pourcentage de consonnes
finales
Target words : Percentage of final consonants
Mots cibles
Français Anglais Japonais Suédois
% consonnes finales/
totalité des consonnes 15.4 32 7.9 19.6
Le tableau II indique la distribution des consonnes finales
selon le mode d'articulation dans les ensembles de mots cibles.
Tableau II. — Mois cibles : Distribution des consonnes
finales selon le mode d'articulation (en pourcentage)
Target words : Distribution of final consonants according
to articulation manner
Mots cibl« S3
Français Anglais Japonais Suédois
Occlusives 6 41 0 37
Fricatives 6 14 0 13
Nasales 35 16 100 14
Liquides 17 29 0 17
•t tf], [2] 35 0 0 19 144 Bénédicte de Boysson-Bardies et Catherine Durand
Le tableau III indique la distribution des consonnes finales
selon la place d'articulation dans les ensembles de mots cibles.
Tableau III. — Mots, cibles : Distribution des consonnes
finales selon la place d'articulation (en pourcentage)
Target words : Distribution of final consonants according
to articulation place
Hots cibles
Français Anglais Japonais Suédois
Labiales 43.5 13.9 o 17.2
Dentales 50 54.1 îoo 59.1
Velaires 6.5 31.9 o 23.6
Une influence de l'environnement linguistique devrait se
traduire dans le babillage et dans les mots par :
— une plus grande fréquence de consonnes terminales, pour les
enfants de milieu anglophone, avec une majorité d'occlusives
ainsi que des dentales et des velaires. Des prédictions proches
avec une fréquence moindre des terminaisons fermées chez les
enfants suédois ;
— peu de consonnes finales chez les Japonais avec une prédo
minance forte sinon exclusive des nasales dentales ;
— une fréquence importante des nasales et des labiales en finale
chez les Français ;
— un certain pourcentage de « r français » chez les Français et de
« fricatives prépalatales suédoises » chez les Suédois. Néan
moins la difficulté d'articulation de ces consonnes restreint la
probabilité d'apparition en consonnes finales (de Boysson-
Bardies et al., sous presse).
RÉSULTATS
Le nombre de consonnes terminales par rapport au nombre de
consonnes produites dans les formes des babillages et dans les
mots donne la fréquence des consonnes terminales pour les quatre
groupes linguistiques. Le tableau IV indique ce nombre, le pour
centage et les écarts types des distributions des consonnes ter
minales. Langue maternelle et babillage 145
Tableau IV. — Nombre et pourcentage (et écart type) des
consonnes finales dans le babillage et les mots des enfants
des quatre groupes
Number and percentage of final consonants in French,
English, Japanese and Swedish babbling and words
E n f ants
Français Américains Japonais Suédois
Babillage Nb 304/5549 306/3401 215/3991 243/4111
8.9 4.2 5.9 * 5.4
(2.15) (5.7) (1.48) (3.06)
263/3000 290/2563 116/2693 231/3671 Mots Nb
t 6.7 11.31 4.3 6.2
(4.19) (8.96) (3.03) (3.15)
Dans le babillage, la comparaison des productions de
consonnes terminales pour les quatre groupes linguistiques fait
apparaître une différence significative entre des groupes
(X2 = 64,335 (dl 3) p < .001). La comparaison par groupe deux
à deux montre que les enfants américains produisent significa-
tivement plus de terminales dans le babillage que les enfants
français, japonais et suédois, mais la fréquence de production
de consonnes terminales chez les enfants français ne diffère pas
significativement de celle des enfants suédois ou japonais.
Dans les mots, la comparaison des productions de consonnes
terminales fait apparaître une différence significative entre les
quatre groupes linguistiques (X2 = 105,414 (dl 3) p < .001). La
comparaison par groupe deux à deux montre que les enfants
américains produisent significativement plus de consonnes ter
minales que les enfants français, japonais et suédois et que la
production de consonnes terminales des enfants japonais est
significativement différente de celle des français.
DISTRIBUTION DES CONSONNES TERMINALES
SELON LE MODE D'ARTICULATION
La tableau V indique le pourcentage des occlusives et des
fricatives finales sur l'ensemble des occlusives et des fricatives
produites dans chacun des groupes linguistiques. 146 Bénédicte de Boysson-Bardies ei Catherine Durand
Tableau V. — Occlusives et fricatives finales rapportées
au nombre total des occlusives ei
Final stops and fricatives on overall number of stops and
fricatives
Enfants
Français Américains Japonais Suédois
Babillag« (a)
Occlusives Nb 71/2923 147/2233 79/2748 53/2796
t (2.42) (1.89) (6.58) (2.87)
Fricatives Nb 63/827 97/440 22/399 74/362
« (7.61) (22.04) (5.51) (20.44)
Mots (b)
Occlusives Kb 18/1868 187/1928 9/1592 133/2980
% (0.96) (9.69) (4.46) (0.56)
Fricatives Nb 20/195 52/148 4/298 47/119
% (10.25) (35.13) (1.34) (39.49)
Dans le babillage et dans les mots, le pourcentage de fr
icatives en position finale par rapport à l'ensemble des fricatives
est d'environ quatre fois supérieur à celui des occlusives en posi
tion finale rapporté à l'ensemble des occlusives. Cette tendance
générale est cependant modulée par les caractéristiques des
langues cibles. La spirantisation est particulièrement marquée
dans les productions des enfants suédois et des enfants américains.
Dans les quatre groupes une faible proportion seulement des
occlusives produites se trouve en finale.
Le tableau VI indique la distribution, selon le mode d'arti
culation, des consonnes finales pour les productions de babillage
et pour les mots, dans les quatre groupes linguistiques.
Dans le babillage comme dans les mots on doit rejeter la
proposition que la distribution des consonnes finales selon le
mode d'articulation est similaire dans les quatre groupes li
nguistiques. L'ensemble des groupes diffère significativement dans
le babillage (X2 = 156,755 (dl 9) p < .001) ainsi que dans les
mots (X2 {dl 9) = 398,612 p < .001).
Dans les figures 1, 2 et 3 on rapproche la distribution des
occlusives, fricatives et nasales en finales dans le babillage et
les mots des enfants avec la distribution des occlusives, frica
tives et nasales dans les mots cibles. Langue maternelle et babillage 147
Tableau VI. — Distribution des consonnes finales selon le
mode
Distribution of final consonants according to the manner
Enfants
Français Américains Japonais Suédois
Babil lag» (a)
Occlusives Nb 71 147 79 53
% (23.50) (48.03) (40.51) (21.81)
Fricatives Nb 63 97 22 74
% (20.86) (31.69) (11.28) (30.45)
Nasales Nb 133 26 87 82
% (44.03) (8.49) (44.61) (33.74)
Liquides Nb 35 36 7 34
t (11.58) (11.76) (3.58) (13.99)
et [V], [Ç] 0 0 0 0
Nombre total de
cons, finales 302 306 195 243
Kot« (b)
Occlusives Nb 18 187 9 133
% (8.73) (64.48) (7.75) (57.82)
Fricatives Nb 20 52 4 47
% (9.70) (17.93) (3.44) (20.43)
Nasales Nb 159 33 103 38
% (77.18) (11.37) (88.79) (16.52)
Liquides Nb 9 18 0 12
* (4.36) (6.20) (5.21)
et [•)» [^] 0 0 0 0
Nombre total de
cons, finales 206 290 116 230

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