Tests de personnalité. - compte-rendu ; n°1 ; vol.49, pg 560-571

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L'année psychologique - Année 1948 - Volume 49 - Numéro 1 - Pages 560-571
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1948
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2° Tests de personnalité.
In: L'année psychologique. 1948 vol. 49. pp. 560-571.
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2° Tests de personnalité. In: L'année psychologique. 1948 vol. 49. pp. 560-571.
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560 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le test combiné motricité-association de Luria prétend isoler
-deux types de personnalité : les labiles (névrotiques) et les stables,
par la simple vue des enregistrements graphiques, irréguliers et
incoordonnés dans le premier cas, réguliers et coordonnés dans le
deuxième. La présente recherche à pour but de vérifier : a) s'il est
possible de mesurer sur les enregistrements le degré de labilité;
b) si les variables corrèlent entre elles et avec le de névro-
tisme; c) si les types de Luria distinguent simplement les névrotiques
évidents du reste de la population, ou s'ils s'appliquent à toute la
population.
Les tests suivant furent appliqués à un groupe non sélectionné de
52 individus :
1° Un test d'association discontinue, dont les réponses étaient
enregistrées graphiquement; 2° un test d'association continue, enre
gistré également 3° un inventaire névrotique de
58 questions; 4° 3 tests de vitesse d'association ( fluency Jpouv déte
rminer la composition des variables obtenues.
L'analyse des enregistrements des associations discontinues montra
l'existence de plusieurs variables, dont au moins deux indépendantes,
l'une commune à l'inventaire névrotique, aux temps de réaction
de la main gauche, et à la variabilité, l'autre à la variabilité et aux
temps de réaction moyens et médians. Le T. R. moyen corrélait
avec les tests de vitesse d'association. Ces résultats permettent de
conclure que l'irrégularité de l'enregistrement, mesurée par les
T. R. de la main gauche, est liée au nombre de symptômes névro
tiques chez les individus cliniquement normaux. Cependant les
T. R. semblent indépendant du pattern de labilité et dépendants des
deux facteurs non liés à la personnalité labile, l'un des deux étant
le fluency. Dans le test d'association continue, une des variables,
la variabilité, ne corrélait avec aucune des autres variables mesurées.
C. N,
2° Tests de personnalité.
79. — Les questionnaires de Le M. M. P. I. :
(1) HATHAWAY (S. R.), Me KINLEY (J. C). — Manual for
the M. M. P. I. (Manuel du M. M. P. I.). — Psychological Cor
poration, New- York, 1943. — (2)MEEHL (P. E.), HATHAWAY
(S. R.). — The K factor as a suppressor variable in the M. M. P. I.
{Le facteur K comme variable corrective dans le M. M. P. L). —
J. Appl. Psychol., 1946, 30, 525-564. — (3) Me KINLEY (J. C),
HATHAWAY (S. R.), MEEHL (P. E.). — The M. M. P. I. :
VI. The K scale (Le M. M. P. I. : VI. L'échelle KJ. — J. Cons
ult. Psychol., 1948, 12, 20-31. — (4) SCHMIDT (H. 0.). —
Notes on the M. M. P. I. : the K factor (Le facteur K). — J. Con- TESTS DE PERSONNALITÉ 561
suit. Psychol., 1948, 12, 337-342. — (5) SCHMIDT (H. 0.). —
Test profiles as a diagnostic aid : the M. M. P. l.( Les profils de
tests en tant qu'aide diagnostique : le M. M. P. I.). — J. Appl.
Psychol., 1945, 26, 115-131. — (6) HUNT (H. F.) et al. — A
study of the effect of the K corrections on the differential dia-
gnostie efficiency Of the M. M. P. I. (Etude de V effet des correc
tions K sur la valeur du diagnostic différentiel du M. M. P. I.),
— Amer. Psychologist., 1947, 2, 273-274; — (7) HUNT (H. F.).
— The effect of deliberate deception on M. M. P. I. performance
(L'effet d'une falsification volontaire sur le résultat au M. M. P. I.).
— J. Consult. Psychol., 1948, 12, 396-402. — (8) WIENER
(D. N,). — Subtle and obvious keys for the M. M. P. I. (Echelles
subtile et évidente pour le M. M. P. I.). — J. Consult. Psychol.,
1948, 12, 164-170. — (9) DRAKE (L. E.), THIEDE (W. B.).
— Further validation of the social I. E. scale for the M. M. P. I.
(Nouvelle de V échelle d' Intro- Extraversion sociale pour
le M. M. P. L). — J. Educ. Res., 1948, 41, 551-556. — (10)
DRAKE (L. E.). — A social I. E. scale for the M. M. P. I. (Une
échelle d' Intro- Extra^ersion sociale pour le M. M. P. I.). — J.
Appl. Psychol., 1946, 30, 51-54. — (11) WELSH (G. S.).—
An extension of Hathaway 's M. M. P. I. profile coding system
(Extension du système de code de Hathaway pour les profils du
M. M. P. I.). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 343-344.—
(12) HATHAWAY (S. R.). — A coding system for M. M. P. I.
profile Classification (Un système de code pour la classification
des profils du M. M. P. L). — J. Consult. Psychol., 1947, 11,
334-337. — (13) THOMPSON (G. M.). — M. M. P. I. correlates
of certain movment responses in the group Rorschachs of two
College samples (Corrélations du M. M. P. I. avec certaines
réponses-mouvement des Rorschach collectifs de deux échantillons
d'étudiants). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 379-383. —(14)
ALTUS (W. D.). — Some correlates of the group Rorschach
and the schizophrénie scale of the group M. M. P. I., among two
gTOUpsof « normal » college Students (Quelques corrélations du
Rorschach collectif et de l'échelle schizophrénique du M. M. P.-.I.
collectif chez deux groupes d'étudiants « normaux y>). — J. Consult.
Psychol., 1948, 12, 375-378. — (15) CLARK (J. H.). — Some
M. M. P. I. correlates of color responses in the group Rorschach
(Quelques corrélations du M. M. P. I. avec des réponsesrcouleur
du Rorschach collectif). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 384-
386. — (16) BROZEK (J.) ERICKSON (N. K.). — Item
analysis of the psychoneurotic scales on the M. M. P. I. in expe
rimental semistarvation (Analyse des items des échelles névro-
pathiques du M. M. P. I. dans une expérience d'inanition part
ielle). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 403-411. — (17) CLARK
(J. H.). — Application of the M. M. P. I. indifferentiating A.W.
l'année psychologique, xlix 36 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 562
0. L. recidivists from non-recidivists (Application du M. M. P. I.
dans la différenciation des déserteurs récidiyistes et non-récidivistes ).
— J. PsychoL, 1948, 26, 229-234. '—'(18) FAW (V.). — Si-
tuatîonal variations of neurotic scores measured by the Bernr
euter Inventory (Variations en fonction des situations dans les
scores névrotiques mesurés par le questionnaire de Bernreuter). —
. J.. Consult. Psychol., 1948, 12, 255-258. — (19) MEEHL (P. E.).
— Profile analysis of the M. M. P. I. in differential diagnosis
( L analyse des profils du M. M. P. J. dans le diagnostic différe
ntiel).— J. Appl. Psychol., 1946, 30, 517-524. — (20) HUNT
(H. F.), CARP (A.), CASS (W. A.), WINDER (C. L.), KAN
TER (R. E.). — A study of the differential diagnostic efficiency
Of the M. M. P. I. (Etude du pouvoir diagnostique différentiel du
M. M. P. L). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 331-336. — (21)
RUBIN (H.). — The M. M. P. I. as a diagnostic aid in a vete
rans hospital (Le M. M. P. I. en tant qu'aide diagnostique dans un
hôpital militaire). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 251-254.
C'est certainement, parmi les questionnaires de personnalité
utilisés aux U. S. A., le « Minnesota Multiphasie Personality Inven
tory » (M. M. P. I.) qui jouit de la plus grande vogue et suscite les
articles les plus nombreux. La plupart de ceux-ci concernent soit
une extension ou un perfectionnement du questionnaire, soit des
recherches cliniques ou comparatives qui l'ont utilisé. Quelques-uns,
enfin, s'attachent à critiquer sa valeur diagnostique ou à en montrer
les limites.
Rappelons que le M. M. P. L, présenté en 1943 par S. R. Hatha
way et J. C. Mac Kinley (1), comporte actuellement, sous forme indi
viduelle ou collective, 550 questions interprétées selon 9 échelles
((hypochondrie, dépression, hystérie, personnalité psychopathique,
masculinité-féminité, paranoïa, psychasthénie, schizophrénie, hypo-
manie) et permet en outre de calculer 3 indices de validité (?, L et
F), plus un facteur K proposé récemment (2) qui a pour but de cor
riger les distorsions dues à l'attitude du sujet vis-à-vis de lui-même,
trop favorable ou trop critique.
Dans un nouvel article (3) les auteurs reviennent sur le facteur K
pour donner une technique améliorée d'application statistique, des
normes pour différents groupes et quelques recherches sur sa validité
selon les échelles et sur son action sur les intercorrélations entre
échelles.
Ces deux articles suscitent déjà quelques recherches critiques.
H. O. Schmidt (4), reprenant d'anciennes données sur l'application
du M. M. P. I. à des militaires (5) est amené à faire plusieurs réserves:
comme détecteur de la falsification le facteur K ne paraît pas meilleur
que l'indice L. Il peut être lié à des facteurs socio-économiques, cons
tituer dans certains cas un artefact, et de toute façon il ne modifie
pas l'allure générale du profil. Ce qui l'amène à conclure, comme TESTS DE PEUSONHAUTÉ 5«@3
Hunt l'avait déjà fait (6), que la correction K a peu ou pas; d'ac
tion sur le diagnostic différentiel. H. F. Hunt (7) reprend la question
de la détection de la simulation avec la forme collective du M. M. P. I.
appliquée à deux groupes de sujets et constate également l'insuff
isance de K pour corriger les distorsions des profils volontairement
falsifiés. Il propose un indice F-K qui lui paraît plus efficace.
D. N. Wiener (8) apporte, pour améliorer le pouvoir différencia-
teur du questionnaire et rendre compte de l'attitude du sujet, une
autre solution que le calcul d'indices globaux de validité : la séparat
ion, dans chaque échelle, des items « évidents » : 0 (obvious) et
des items « subtils » : S (subtle). Ses premières investigations
paraissent montrer que le rapport des deux catégories d'items chez
un sujet présente par lui-même un intérêt diagnostique et des corré
lations intéressantes avec K et L. Les items O différencient mieux
les normaux des anormaux alors que les S sont plus utiles pour éva
luer les différences personnelles entre normaux. En général la corré
lation est forte entre les échelles O et nulle avec les échelles S, qui
ont elles-mêmes elles des corrélations faibïes.
C'est un autre aspect des perfectionnements techniques que
l'on peut apporter au M. M. P. I. qu'abordent L. E. Drake et
W. B. Thiede (9) : une nouvelle validation (sur des étudiants d'univ
ersité) d'une échelle d' « Introversion-Extraversion sociafe »
présentée par Drake en 1946 (10) et reposant sur les tentatives d'anal
yse factorielle de la notion confuse et complexe d'Introversion-
Extraversion par Evarts et Mac Connell d'une part et les Gmilford
d'autre part. Le degré de participation aux activités collectives* est
le critère de cet aspect social de rintroversion-Extraversion.
Signalons enfin, pour en terminer avec les modifications tecn<-
niques, une extension proposée par G. S. Welsh (11) du système <fe'
code élaboré par Hathaway (12) pour rendre compte en une for*
mule conventionnelle simple des profits obtenus au M. M. P. L et
faciliter ainsi interprétations et recherches.
Une autre série de travaux qui considèrent d'emblée le M; M. P. T.
comme un instrument éprouvé, l'utilisent comme critère d'adaptat
ion ou procédé de validation de techniques prejeetives. Signalons
d'abord plusieurs recherches de corrélations avec le test de Rfors*-
chach, (dont la forme collective facilite les comparaisons statistiques').
G. M. Thompson (13) examine plu» particulièrement, chez des état*
diants, deux types de réponses-mouvement (mouvement humain o«
dans les petits détails et mouvements d'animaux en nombre supérieur
à 3) qui paraissent liés chacun à une forme de désadaptation.
W. D. Altus (14) sélectionne chez 100 étudiants soumis au Rors-
chach collectif, 10 réponses qui présentent une corrélation satisfai
sante avec l'échelle « schizophrénie » du M. M. P. I. Ces données sont'
reprises par J. M. Clark (15) qui s'attache plus particulièrement à
l'étude de certaines réponses-couleur : un grand nombre de ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 564
réponses F C traduit en général une bonne adaptation d'après le
M. M. P. I., contrairement aux réponses C et CF. Une intéressante
étude de J. Brozek et N. K. Erickson (16) utilise les 3 échelles
« psychonévrotiques » du M. M. P. I. (hypochondrie, dépression,
hystérie) dans le cadre d'une large expérimentation sur 32 jeunes
volontaires soumis à un demi-jeûne pendant six mois et testés au
6e mois, puis après trois mois de récupération. L'analyse des items
significatifs (ceux qui présentent au moins 30 % d'augmentation
par rapport au groupe témoin) montre une grande ressemblance
avec les items qui contribuent à l'élévation des scores chez les névro
pathes et amène les auteurs à conclure à l'existence, ces sujets
en état d'inanition partielle, d'une psycho-névrose temporaire.
J. H. Clark (17), étudiant des militaires ayant encouru des sanctions
disciplinaires, compare avec le M. M. P. I. les récidivistes et ceux
qui sont condamnés pour la première fois. Il ne trouve pas de
différences significatives entre les scores globaux aux diverses
échelles mais sélectionne 20 items qui paraissent discriminatifs et
sont susceptibles de constituer une « recidivism scale » à valeur
préventive.
C'est par quelques articles qui mettent, au contraire, plus ou
moins en cause le principe même du questionnaire de personnalité
que nous terminerons cette revue.
V. Faw, à propos du » Bernrenter Inventory » (18) souligne le
caractère général et en quelque sorte abstrait du comportement
impliqué dans les items. On considère généralement de façon
implicite que les scores obtenus caractérisent l'activité de l'individu
dans toutes les situations. Or, si comme le fait l'auteur, on précise
les situations sociales (relations transitoires et impersonnelles, milieu
professionnel, groupements volontaires, voisins, amis intimes du
même sexe, foyer, partenaire sexuel) dans un retest et que l'on
calcule le score pour chacune de ces situations dans les 6 échelles
(soit 42 scores par sujet) on trouve des discordances importantes
avec le score global initial et entre les diverses situations (diff
érence moyenne de 30 percentiles). L'analyse factorielle des résultats
sur 98 sujets aboutit à dégager, outre un facteur général névrotique,
4 facteurs de situations : 1° tendances névrotiques avec étrangers
dans des plus ou moins impersonnelles, 2° au travail et
avec l'employeur, 3° avec les amis intimes, 4° à la maison et avec
le partenaire). Ce qui montre, outre la nécessité de définir les situa
tions dans les questionnaires de personnalité, la localisation possible
à certaines relations déterminées des réactions névrotiques.
Exception faite d'un article récent de Meehl (19) les recherches
de validité ne portent que sur des groupes pris comme tels et les
différences statistiquement significatives ne concernent que des
profils moyens qui, individuellement, peuvent être très rares et
sans grand intérêt clinique. H. F. Hunt, A. Carp, W. A. Cass, TESTS DE PERSONNALITÉ 565
C. L. Winder et R. E. Kantor (20) abordant la question de la valeur
proprement clinique et diagnostique du M. M. P. I. (c'est-à-dire
une connaissance précise de la proportion des profils vrais ou faux
dans le diagnostic qu'ils impliquent) se limitent à la simple et
grossière distinction entre adultes normaux et psychopathes avec
une méthode « aveugle » et aboutissent à une conclusion quasi
négative : le diagnostic aveugle d'après les profils du M. M. P. I.
entre psychopathes et non-psychopathes, compte tenu de la correc
tion K, n'est pas satisfaisant. C'est à peu près aux mêmes conclu
sions qu'arrive H. Rubin (21). Examinant individuellement 88 profils
pris au hasard parmi 4 groupes de malades d'un hôpital psychia
trique, il constate que, sauf pour l'échelle Se (schizophrénie) et dans
une certaine mesure l'échelle Pd (personnalité psychopathique), le
M. M. P. I. se révèle de peu de valeur diagnostique. Et sa valeur
discriminative, ajoute Rubin, est plutôt affaiblie que renforcée
après application de la correction K.
Nous voyons ainsi des tentatives d'objectivation quantitative et
d'automatisation d'un instrument diagnostique, élaborées sur un
plan statistique, atteindre en quelque sorte leur limite et se heurter
aux nécessités de l'individualisation clinique.
P. J.
80. — Différentes techniques projectives :
SHERIFFS (A.C.).— The «Intuition Questionnaire». A new
projective test (Le « questionnaire d'intuition ». Un nouveau test
projectif).— J. Abn. Soc. Psychol., 1948, 43,326-337. — HARRIS
(W. W.). — A bas relief projective technique (Technique projec
tile utilisant le bas-relief). — J. Psychol., 1948, 26, 3-17. —
MUNROE (R. L.). — The use of projective methods in group
testing (Emploi des méthodes projectiles pour les examens collec
tifs). — J. Consult. Psychol., 1948, 12, 8-15. — ROSENZWEIG
(S.), FLEMING (E.), ROSENZWEIG (L.). — The children's
form of the Rosenzweig Picture Frustration Study (Histoires de
Frustration presentees en gravures, de Rosenzweig, forme pour
enfant). — J. Psychol., 1948, 26, 141-191. — RABIN (A. I.},
BROIDA (D.). — Projection Via proverbs (La projection à tra
vers les proverbes). — J. consult. Psychol., 1948, 12, 246-250.
— STORA {R.)- — L'arbre de Koch. — Enfance, 1948, 4, 327-
344.
Le sujet doit répondre à un « questionnaire d'intuition » sans se
douter qu'il s'agit d'un examen de sa personnalité. Les trente situa
tions qui forment ce questionnaire paraissent pouvoir fournir des
renseignements sur les motivations des individus étudiés. Les ques
tions ont trait à l'individu lui-même, à sa situation familiale ou au
milieu social dans lequel il évolue. Son application est facile et les
réponses offrent une validité et une fidélité satisfaisantes. 1*66 ANitLY-SfiS BIBtlDGJRAPäTHyUES
L'examen des aveugles demandant des techniques spéciales Harris
inspiré par le Rorsahach élabore une épreuve qui pourra certa
inement être de grande utilité. Il étudie pour cela une centaine
d'aveugles et 300 sujets voyant pendant une période de 3 ans envi
ron. Il se sert de 22 planches munies des formes non structurées,
exécutées en papier, en tissu, en cire, en matière plastique, etc.
Le but poursuivi : connaître les réactions des sujets au contact de
ces différentes matières, afin de pouvoir arrêter son choix sur un
matériel définitif pouvant ensuite servir à l'examen projectif des
aveugles qui devront dire ce que leur suggère la forme présentée.
L'interprétation, clinique des résultats expérimentaux permet de
classer cette technique projective parmi les réussies.
Le matériel projectif, assez complexe et non structuré est destiné
à provoquer la réponse spontanée et complexe du sujet. Une partie
des résultats est perdue pendant l'épreuve collective qui ne permet
ni observation ni questions supplémentaires. Munroe trouve cepen
dant que l'application sous cette forme apporte aussi quelque
ciiose d'intéressant, notamment des précieux renseignements sur
: les traits communs qui ressortent chez les différents groupes de
; sujets examinés.
L'orienteur suisse Koch a présenté son test de l'arbre à la réunion
cle ^a te Fondation Suisse pour la Psychotechnique » à Lausanne.
M^e, Stcra a modifié ce test qu'elle a appliqué à un petit nombre
de sujets (et dont elle continue à se servir). Elle analyse les résul
tats en se servant des méthodes graphologiques. Ce test, facile à
appliquer et ne demandant pas beaucoup de temps paraît lui fournir
« une vision synthétique et immédiate de la personnalité ».
Destiné aux enfants de 4 à 13 ans, le test de Rosenzweig demande
20 minutes environ (peut être au besoin appliqué aux plus âgés co
llectivement). Est présenté comme un jeu faisant appel à la réaction
spontanée et immédiate (l'enfant doit donner la première réponse
quilui vient àl'esprit). L'article comporte la description détaillée du
test (24 situations sont soumises à l'enfant). Il donne les interpré
tations des réponses obtenues et leur étalonnage.
Inspirés par le test de Mme Baumgarten-Tramer, Rabin et Droida
présentent une série de 41 proverbes évoquant des conflits de toutes
sortes (famille, mariage, problèmes sexuels, rôle joué par le sujet
dans la vie). Le sujet est prié d'indiquer les 10 proverbes qui lui
paraissent être « les meilleurs » et on suppose que son choix révèle
les problèmes qui le tourmentent. L'application collective donne
des résultats inférieurs à ceux du test individuel. C'est le contenu
et non la structure de la personnalité que les sujts croient étudier
par leur épreuve qu'ils ne considèrent pas comme un test, mais
plutôt comme une base d'expérimentation. Une étude de deux cas
«est exposée dans l'article.
D.M. TESTS DE PERSONNALITÉ 567
81. — Le Rorschaeh :
WALLEN (R.). — The nature of color shock (La nature du choc
à la couleur). — J. abn. soc. Psychol., 1948, 43, 346-356. —
THURSTONE (L. L.). — The Rorschach in Psychological
Science (Le Rorschach en Psychologie). — J. abn. soc. Psychol.,
1948, 43, 471-475. — ALLEN (R. M.). — A simple method of
validating color and shading Shock (Une méthode simple de vali
dation du choc à la couleur et du choc aux taches non coloriées) .
— J. consult. Psychol., 1948, 12, 360. — ZUCKERMAN (S. B.).
A research suggestion in-large scale Rorschach (Suggestion pour
une recherche avec le Rorschach collectif). — J. consult. Psychol.,
1948, 12, 300-302. — SLOAN (W.).— Prediction of extramural
adjustment of mental defectives by use of the Rorschach test
(Pronostic pour l'adaptation des déficients psychiques à l'aide du
Rorschach). — J. consult. Psychol., 1948, 12, 303-309. — PRA-
DOS (M.). — Personality studies of homosexuals (Étude de personn
alité des homosexuels). — Rev. Psychol. (Montréal), 1946, 1,
103-119. — KÖHLER (C), COUPRIE (H.), GUYOT (R.).
— Résultats de l'exploration par le psycho-diagnostic de Rors
chach de soixante-six élèves des « classes nouvelles ». — Enfance,
1948, 1, 418-427.
■ Des jeunes gens des centres d'entraînement militaires soiït inter
rogés sur le degré de leurs préférences de différentes planche s du
Rorschach, ces préférences devant indiquer leurs réactions affec
tives. Les planches multicolores sont préférées aux planches non colo
riées. Les II, VI et IX provoquent plus souvent des réac
tions négatives chez les sujets instables que chez ceux qui sont
bien équilibrés. Les sujets instables prétendent que les planches en
couleur évoquent chez eux l'idée du sang. La différence entre les
réactions de ces deux groupes de sujets confirme la valeur dia
gnostique du test.
Thurstone est sût que le Rorschach, malgré toute sa valeur,
pourrait être remplacé par d'autres épreuves projectives qui ont
toutes pour but de mettre l'individu devant des images ou dans
des situations ambiguës selon la théorie que ceci provoque une
réaction spontanée et immédiate qui révèle les problèmes et les
conflits intérieurs du sujet, son histoire passée, ses motivations,
le style de sa personnalité, etc. Plusieurs épreuves projectives
devraient être appliquées chaque fois, ce qui permettrait aussi de
porter un jugement sur l'adaptation du sujet aux différents pro
blèmes posés par la vie; Thurstone trouve que les spécialistes étroits
du Rorschach n'apportent aucune contribution à la science psycho
logique aussi longtemps qu'ils acceptent sans aucune critique
l' interprétation telle quelle. S'ils ne trouvent rien d'antre, ils 568 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
devraient au moins augmenter le nombre des planches en ayant
au minimum 20 modèles. Selon lui aucun progrès ne peut être
atteint en ce qui concerne cette épreuve aussi longtemps qu'on ne
garde qu'une seule série des planches sans les relier expérimenta
lement à d'autres méthodes projectives. Le psychologue ne peut
pas accepter ce test comme l'acceptent les spécialistes étroits ne
connaissant que cette épreuve et n'ayant aucune formation psycho
logique. On devrait également renoncer au vocabulaire spécial propre
uniquement à ce test.
Les psychologues qui se servent du Rorschach trouveront dans
l'article d'Allen un exposé de la méthode utilisée pour l'étude des
réactions du sujet à la présentation des tâches d'encre coloriées et
non coloriées. Zuckerman suggère aux chercheurs une adaptation du
Rorschach au choix multiple afin qu'il puisse être utilisé dans les
examens collectifs à grande échelle tout en gardant les principales
caractéristiques de l'interprétation individuelle. Une feuille de ré
ponse permet un dépouillement rapide et l'établissement d'un profil.
On fait un essai d'utilisation du Rorschach pour le pronostic de
l'adaptation du déficient mental à la sortie de l'institution. Les
résultats ne sont pas satisfaisants. L'auteur insiste sur la nécessité
de rendre le test plus objectif.
L'article suivant relate une des rares études entreprises pour le
dépistage des homosexuels à l'aide du Rorschach. Une grande
importance est attachée non seulement au contenu des réponses,
mais aussi à l'ordre dans lequel elles sont obtenues. Les réponses
des douze homosexuels venus à la consultation révèlent une « déréa
lisation » une confusion dans l'identification sociale, etc. Là où les
sujets normaux voient des êtres humains ou des animaux, les
homosexuels- voient des oiseaux. En analysant les réponses dans
leur suite chronologique on voit les conflits inconscients se présen
tant ainsi : d'abord l'identification et la fixation sur la mère, ensuite
la peur de castration et finalement la peur du père. Tous les êtres
humains aperçus par ces sujets sur les planches sont des femmes.
Les animaux leur inspirent toujours la peur. L'auteur croit pos
sible et facile le diagnostic de l'homosexuel à l'aide du Rors
chach.
Les psychologues lyonnais relatent leur expérience avec le Rors
chach dans des classes nouvelles d'un lycée. Parmi les enfants exa
minés la plupart sont des « introversifs », ils ne trouvent que 17 %
environ d'extratensifs. Le pourcentage « d'ambiéquaux » est à peu
près le même. 13 % sont des « coartés ». Les psychogrammes obtenus
ressemblent à ceux d'adultes normaux, les auteurs n'ayant pas
rencontré d'interprétations qui pourraient être classés comme typ
iquement enfantines. Ils ne trouvent chez leurs sujets ni tendance
marquée à l'opposition ni timidité dépressive. Bien au contraire,
les enfants examinés paraissent avoir , une bonne participation à

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