Théories et Conceptions générales - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 257-273

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 257-273
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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2° Théories et Conceptions générales
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 257-273.
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2° Théories et Conceptions générales. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 257-273.
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Les distinctions sont intéressantes, et mériteraient d'être l'objet
de recherches systématiques d'anthropologie psychophysiologique,
branche encore bien négligée de la science de l'homme.
Au point de vue esthétique l'auteur considère qu'une interprétation
artistique dans le dessin, la peinture, est d'autant plus agréable
qu'elle est plus « explicite », c'est-à-dire qu'elle rend plus évidentes les
caractéristiques du sujet traité et celles de l'auteur (dans sa vision,
son émotion et son ideation propre), ainsi que l'harmonie (qui repré
sente l'explication d'une loi), l'accentuation des caractéristiques
comportant déformation.
Le sens esthétique apparaîtrait comme un sens de la loi naturelle,
en sorte que l'esthétique prendrait naturellement sa place dans les
disciplines expérimentales.
Ces conceptions abstraites sont appuyées d'analyses fort intéres
santes sur des exemples concrets, et le livre apporte beaucoup de
suggestions curieuses, tout en prêtant aussi le flanc ä la critique sur
bien des points. H. P.
2° Théories et conceptions générales
7. — ALBERTO MOCHI. — La Connaissance scientifique. — In-8
de 271 p., Paris, Alcan, 1927. Prix : 25 francs.
L'auteur, vivant en Egypte, a, malgré une activité professionnelle
intense, trouvé le temps de réfléo^iir à des problèmes généraux de
méthodologie scientifique et de classification des sciences, se heurtant
aux idées de Naville qu'il combat d'un bout à l'autre de son livre.
Le chapitre sur les sciences psychologiques est le seul que nous de
vions retenir ici.
M. envisage la psychologie comme « une science positive, liée à la
biologie par les mêmes rapports qui lient la biologie à la physico-chi
mie », et pense qu'il s'agit là d'une conception nouvelle — ce qui n'est
pas tout à fait exact — par opposition aux attitudes contraires faisant
de la psychologie une branche de la biologie ou, au contraire, la pre
mière des sciences morales.
De même quel e biologiste a dû introduire le « présupposé abstrait
de la vie », à la base des faits qu'il étudie, de même, en arrivant aux
instincts et aux actions volontaires, il devient psychologue par un
appel à. la pensée comme système de notation nécessaire. Car « la
création des réalités scientifiques consiste en psychologie, comme
dans les autres sciences, dans l'attribution d'une essence aux choses ».
Devant une telle affirmation on se représente la tranquille dénégation
d'un Einstein, ou son sourire accompagné du « je ne comprends pas ».
M. confond ici une certaine philosophie de la science et la science
elle-même.
La psychologie objective n'a; pour lui, pas de sens. Mais il suffit
qu'elle existe, qu'elle comporte des lois et qu'elle entraîne des appli
cations pour établir sa valeur comme science, malgré toutes les déné
gations philosophiques.
i'année psychologique, xxvui. 47 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 258
D'une manière générale, tout ce que l'auteur dit de la psychologie
me paraît entièrement inexact. Quand il considère, par exemple, que
« l'industriel qui emploie une vingtaine d'ouvriers n'a aucun besoin
de laboratoire pour choisir les candidats les meilleurs », il se heurte au
démenti de l'expérience.
L'auteur manque vraiment du contact direct avec la psychologie
actuelle. H. P.
8. — LÉON BRUNSCHVICG. — Le proèrès de la Conscience dans la
philosophie occidentale. In-8 en 2 vol., de 807 p. Paris, Alcan, 1927.
Prix : 75 francs.
La du grand penseur qu'est L. B. est essentiellement
reflexive : elle se penche sur les modalités de la pensée humaine et
cherche à dégager la nature véritable du savoir humain d'une histoire
critique de cette pensée et de son évolution.
L'histoire de la philosophie constitue dès lors la matière même d'une
philosophie dogmatique, elle ne vaut pas par elle-même, mais elle
peut seule fournir un objet à une philosophie moderne. Après avoir
suivi les étapes de la philosophie mathématique, après avoir étudié
les rapports de l'expérience humaine et de la causalité physique dans
deux précédents ouvrages, où l'auteur a montré l'étroite union qu'il a
su réaliser de la connaissance scientifique et de la réflexion philoso
phique, voici, dans le domaine psychologique et moral, un effort
complémentaire où L. B. s'efforce de dégager un système rationnel
de l'examen de l'évolution de la pensée occidentale, considérée comme
réalisant une « ascension spirituelle ».
Une véritable foi idéaliste anime cette œuvre remarquable, originale
et puissante, qui fait d'une communauté rationnelle le véritable fo
ndement de la religiosité humaine.
Certes on peut ne pas être d'accord avec l'auteur, mais, comme on
l'a déjà remarqué, sa pensée, vivante et souple, est toujours d'un
intérêt singulièrement prenant. H. P.
9.— DANIEL ESSERTIER. — Les formes inférieures de l'explication.
— In-8 de 356 p. Paris, .A léan, 1927. Prix : 35 francs.
Sous un titre modeste, l'auteur a traité une immense question,
celle de l'évolution de la pensée humaine ; il l'a traitée avec beaucoup
d'ampleur, de hardiesse, et d'originalité.
L'explication est, d'après lui, ce qui caractérise vraiment l'humanité
et crée une différence radicale entre l'intelligence animale, même sous
les formes les plus élevées que révèlent les études de Kœhler chez les
chimpanzés, et l'intelligence de l'homme. Ce n'est pas Vhomo faber,
usant d'instruments, qui se différencie des grands singes, comme
on l'a soutenu, car la technique n'est pas étrangère à la vie du singe
supérieur. Mais la science, pour E., ne dérive nullement des progrès
tâtonnants d'une technique routinière qui ne s'élève pas à la généralité
des lois, qui utilise des recettes d'action perfectionnées grâce au
critère d une réussite empirique au cours d'essais répétés.
L'homme dépasse ce stade parce qu'il a été en proie à Pétonnement
que l'animal ne connaîtrait pas, à ce malaise mental de l'inconnu, de
l'incompris. L'explication est née de l'effort de réduction de cette THÉORIES ET CONCEPTIONS GENERALES 259
émotion spécifique qu'est Pétonnement. Le jeu des images, l'appel
des souvenirs, la projection éidétique sous l'influence affective qui
éveille l'intérêt, ont conduit à imaginer des causes pour rattacher
l'inconnu, le surprenant, à des schemes familiers. Ainsi est née la
religion, créatrice de mythes explicatifs.
Les formes mystiques d'explication,conduisant aux pseudo*sciences,
les seules qu'ait connues notre Moyen Age et qui persistent encore
dans notre société modern^, c'est là le cœur de l'ouvrage, et Essertier
examine, dans les modalités de la pensée primitive et dans l'histoire
de la civilisation, l'explication magique.
On a cru que c'était cette forme primitive d'explication qui avait
conduit aux formes supérieures, et que c'était de la Religion qu'était
née la Science.
Très justement Essertier montre qu'il n'en est rien et que les
systèmes imaginatifs qui résolvent tous les problèmes en se fermant
sur eux-mêmes ne peuvent pas conduire à la science expérimentale,
et s'opposent même au développement de celle-ci.
« Tout semble se passer, nous dit-il, comme si, à partir d'un quid
proprium mental — aussi impossible à définir d'ailleurs que le de la vie — l'élan de la pensée humaine s'était décomposé
en trois directions divergentes, l'une aboutissant à la technique,
l'autre aux formes inférieures de l'explication, la troisième à la science
positive ».
La civilisation égyptienne marquerait bien le terme de l'évolution
vers la technique, et la civilisation orientale de l'évolution mystique.
La philosophie grecque n'a pas abouti à la science expérimentale,
restant sur le terrain abstrait de la mathématique, et c'est la révolu
tion cartésienne qui aurait vraiment ouvert la voie à l'explication
scientifique.
Telles sont les grandes lignes de la pensée, riche et vivante, de
l'auteur, soucieux d'unir en une synthèse féconde les points de vue
de la psychologie individuelle et de la sociologie, et d'envisager
P « homme total ».
On n'est pas très satisfait toutefois de son « explication » des ori
gines de la science, née comme un « acte pur de l'homme libre », cons
tituant « le couronnement suprême de la vie personnelle ».
Ef, pour ma part, je garde des sympathies pour l'hypothèse de
l'évolution menant, — dans les sociétés où les conditions de vie ont
permis chez certains le luxe d'une pensée détachée des problèmes
urgents de la vie immédiate — des règles empiriques particulières
et nombreuses aux lois plus générales qui les condensaient au
bénéfice de l'expérience mnémonique, grâce au développement du
symbolisme verbal.
Le progrès continu du symbolisme de plus en plus abstrait qui
caractérise l'évolution verbale dans nos civilisations méditerra
néennes me paraît corrélatif du progrès de la science.
Mais ce sont là de graves et difficiles problèmes. H. P.
10. — DANIEL BERTRAND-BARRAUD. —De la nature affective
delà conscience. — In-16 de 156 p. Paris, J. Vrin, 1927. Prix :
12 francs.
Ces six leçons de « psychologie concrète » que l'auteur a professées 260 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
en cours libre à l'Université de Bordeaux ont trait au problème de
la conscience, à une confrontation de la psychologie concrète et de la
psychologie abstraite, au problème de la sensibilité et de la raison, à
une théorie psychologique du sommeil et du rêve, enfin à une concep
tion de la genèse de l'entendement d'après le témoignage du rêve.
L'empirisme de B.-B. est une philosophie générale,
fondée sur la seule réalité subjective, c'est-à-dire étrangère à toutes
les données d'une psychologie scientifique.»
C'est un criticisme subjectiviste, nettement idéaliste par consé
quent, mais donnant le primat à la réalité affective et réagissant
contre l'intellectualisme des anciens idéalismes.
Cette philosophie, qui ne prétend pas se fonder sur la spéculation
logique, mais sur l'expérience propre, se doit d'apporter des faits,
d'être une psychologie concrète, avec cette difficulté fondamentale
que les faits ne peuvent plus garder leur valeur subjective et concrète,
lorsqu'ils sont exprimés, c'est-à-dire symbolisés par le langage qui
donne des faits une traduction objective.
Et c'est grâce à cette objectivation qui s'oppose au principe même
de l'attitude philosophique de l'auteur, c'est grâce à cette traduction
abstraite de sa psychologie concrète purement subjective, que l'on
trouve dans son livre des données utilisables pour le psychologue, en
particulier dans la notation de ses rêves. H. P.
11. — E. RIGNANO. — La vie dans son aspect finaliste. — R. ph.,
CI, 1926, p. 190-222.
Les phénomènes de la vie, des "plus simples aux plus complexes,
peuvent se classer en neuf grandes catégories : 1° Assimilation et
métabolisme ; 2° Phénomènes ^e génération et de régénération ;
3° Phénomènes d'adaptation préétablie ; 4° Phénomènes d'adapta
tion nouvelle ; 5° Comportement des organismes inférieurs ; 6° Ré
flexes et instincts ; 7° Tendances affectives ; 8° Activité mentale ;
9° Manifestations sociales : justice et morale. Ces divers phénomènes
présentent un caractère commun à tous et qui n'existe nulle part dans
le monde inorganique : la finality. Une explication de la vie doit donc,
pour être réellement positive et conforme aux faits, recourir à un
principe à la fois différent de celui des phénomènes physico-chimiques
et commun aux deux grandes classes de biologiques, les
phénomènes purement physiologiques et les phénomènes psychiques.
L'auteur résume ici sous forme synthétique l'hypothèse répondant à
ces conditions, qu'il a développée notamment dans ses trois principaux
ouvrages : La transmissibilité des caractères acquis, La mémoire biolo
gique et La psychologie du raisonnement. Les phénomènes biologiques
sont dus à une forme d'énergie spéciale, bien que soumise aux lois
générales de l'énergétique, et caractérisée par la tendance à conserver
invariable l'état physiologique normal de l'organisme intéressé. Cette
tendance à son tour s'explique par l'accumulation mnémonique
spécifique. Celle-ci, par l'intermédiaire des tendances, affectives et
des évocations sensorielles, suffit à rendre compte de toute la comp
lexité de la vie mentale aussi bien que physiologique. G.-H. L. THEORIES ET CONCEPTIONS GENERALES 261
12. — PIERRE JEAN. — Théorie de la Vie. La Descendance. —
In-8 de 238 p. Paris, Alcah, 1927. Prix : 15 francs.
Ce troisième volume achève l'exposé, nourri de faits, du système
animiste de l'auteur.
Le facteur conscience lui paraît nécessaire pour, rendre compte de
l'hérédité, de la « mémoire héréditaire », qui permet un dressage naturel
des espèces, l'expérience de la vie étant mise en commun, et utilisée
par un calcul conscient qm permet l'adaptation (non pas seulement
des actes, mais des formes).
La conscience est l'élément irréductible de la vie. De ce principe
l'auteur a bien montré toutes les conséquences, qui paraîtront sou
vent singulièrement difficiles à accepter. Mais une synthèse méta
physique comme celle-ci ne peut pas plus être établie que réfutée.
H. P.
13. — M. BENTLEY. -~- The psychological organism. — Ped.
Sem., XXXIII, 2, 1926, p. 314-321.
Ecartant d'une part la notion philosophique d'un esprit ou cons
cience indépendante, d'autre part, la conception biologique d'un
organisme matériel, suffisant en lui-même, l'auteur propose d'envi
sager un organisme psychologique embrassant toutes les manifestat
ions de la vie humaine (questions de valeurs exceptées). Nous n'au
rons plus d'un côté une conscience épiphénomène, de l'autre un
mécanisme physiologique obéissant aux influences du milieu, mais
un seul organisme relativement indépendant, décrit en termes d'ex
périence et de processus corporels.
Dans un rapide exposé, B. entreprend de montrer comment cette
conception d'un organisme psychologique peut contribuer à la
solution des principaux problèmes de la psychologie : activités et
caractère de l'homme adulte, étude comparée des animaux, déve
loppement de l'individu, de l'espèce humaine et de la série animale,
différences individuelles de groupes, déficiences et désordres mentaux,
psychologie sociale.
Si l'auteur définit sa position \is-a-vis des anciennes écoles, ce
n'est que pour, mieux préciser sa pensée, et la discussion reste sur un
ton de courtoisie auquel ne nous ont pas toujours habitué les confé
renciers de cette série d'études théoriques (Powell Lectures).
A. B.-F.
14. — W. SCHMIED-KOWARZIK. — Diltheys und Sprangers
verstehende Psychologie in ihrem Verhältnis zur erklärenden
(naturwissenschaftlichen) Psychologie {La psychologie comprehensive
de Dilthey et de Spranger dans ses relations avec la psychologie
explicative {scientifique). — A. f. ges. Ps., LVIII, 3-4, 1927,
p. 281-306.
Contrairement à une opinion souvent admise, la division de la
psychologie n'est pas la même chez Dilthey et Spranger. Le premier
oppose à une psychologie analytique de démembrement deux psycho-
ogies explicatives, dont la première est désapprouvée parce qu'elle
epose sur une analyse psychologique insuffisante, se sert d'une mé-
hode servilement imitatrice des méthodes scientifiques et affirme 262 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
généralement que tout phénomène de conscience a son équivalent
dans un phénomène physique. La psychologie explicative telle
qu'elle devrait être, d'après Dilthey, est possible sans présenter ces
défauts. i <nfä fe
Le point de vue d'après lequel Spränge** distingue la psychologie
orientée vers les sciences naturelles, et la psychologie orientée vers les
humanités, est un peu différent : c'est l'opposition entre les phéno
mènes psychiques d'ordre inférieur et ceux d'ordre supérieur. Les
premiers peuvent être expliqués dans leur enchaînement causal ; les
seconds doivent étudiés leur signification interne, leur
structure. Spranger ressemble à un peintre qui, pour faire le portrait
d'un homme, s'appliquerait à en dessiner la tête alors que les psycho
logues orientés vers les sciences naturelles étudient consciencieus
ement les pieds et négligent la figure. Selon S.-K., le point de vue
essentiel qui n'a été que pressenti par Dilthey et mis en lumière par
Spranger est celui du caractère logique différent dans les deux
psychologies ; la psychologie analytique repose sur des jugements
a priori, elle doit être à la base de toute psychologie empirique
au môme titre que les mathématiques servent de fondement à la
physique. D. W.
16. — G. STÖRRING. — Die Frage der geisteswissenschaftlichen
and verstehenden Psychologie {Sur la question de la psychologie
comprehensive et basée sur ks humanités). — A. f. ges. Ps., LVIIL,
3-4, 1927, p. 388-448.
Dans eet article, qui n'est que la première partie d'un mémoire,
S. se proposant de discuter séparément les doctrines des divers repré
sentants de la psychologie orientée vers les humanités, ces doctrines
n'étant pas en tous points identiques, examine successivement les
idées de Dilt&ey et celles de Jaspers.
Düthey reproche à la psychologie explicative d'abuser des hypo
thèses difficilement contrôlables, de rechercher des relations causales
quantitatives qui ne peuvent être trouvées dans le domaine mental,
d'employer la méthode déductivi en cherchant à construire toute
la vie mentale à partir d'un petit nombre d'éléments, de remplir
les lacunes constatées dans la suite des phénomènes par des hypo
thèses physiologiques. La psychologie descriptive préconisée par cet
auteur, doit envisager l'homme intégral jusqu'aux manifestations
psychiques les plus élevées, négligées par la psychologie basée sur les
sciences naturelles ; elle doit fournir une connaissance sûre, appuyée
sur l'analyse des faits psychiques chez l'homme civilisé ; elle doit être
une analyse des rapports psychologiques dont l'action se manifeste
daas divers systèmes de valeurs, — vie économique, droit, art et
religion. Pour atteindre ce but, la psychologie descriptive usera de
l'introspection qui sera une méthode de choix dont les autres mé
thodes, l'ofcservation d'autrui, la méthode psycho -pathologique et
l'expértence, ne sont que des compléments. II s'agit, pour Dilthey,
d'une psychologie du dedans, opposée à la psychologie du dehors, et
qui permet de saisir les relations psychologiques en elle-mèmes. La
compréhension que certains auteurs modernes opposent à l'explica
tion causale, n'occupe pas chez Dilthey une place bien déterminée. Et CONCEPTIONS GENERALES 263
La compréhension intuitive qu'on trouve chez les poètes et les éert
vains, de l'avis de D., n'est pas encore de la psychologie ; c'en est une
base qui devient elle-mêm© l'objet de la réflexion psychologique. Les
prémisses qui rendent possible la compréhension psychologique sont
une certaine communauté de l'esprit, de la sympathie et des juge
ments de valeur, les connaissances historiques dans un sens très
étendu du mot et la connaissance des relations qui existent entre les
manifestations extérieures St les typss psychologiques. En réalité,
la compréhension chez Dilthey est une compréhension philologique
ou historique, mais non psychologique. La psychologie descriptive
prend aussi bien la compréhension préscientifique que la compréhens
ion historique comme objet de sa réflexion.
S. s'attache à montrer que la plupart des critiques de Dilthey ne
tiennent plus devant la psychologie scientifique moderne.
Beaucoup de notions que D. croit être le privilège de la psycholog
ie descriptive ont été élaborées par l'école scientifique (notion
structurale de la vie psychique, primauté des tendances affectives
dans l'action, etc.). Le reproche d'user de méthodes déductives ne
tient pas debout en ce qui concerne la psychologie moderne. De
son côté S. remarque que la méthode d'introspection est insuffisante,
que la description, lorsqu'elle se fait en l'absence de contrôle expé
rimental, ne permet pas d'aboutir à des conclusions générales, que les
relations psychologiques ne peuvent être saisies par le sujet que dans
un petit nombre de cas et que la psychologie historique de Dilthey
permettrait tout au plus de constater des ressemblances sans en
déterminer les causes.
Dilthey a eu une influence sur Jaspers. J. oppose la psychologie
subjective et la psychologie objective. CeHe-ci étudie le rendement
et étimiae l'âme (affirmation qui soit dit en passant, soulève l'ind
ignation de S. qui prétend ne pas connaître tin seul représentant de la
psychologie générale, qui, quel que soit l'intérêt qu'il porte aux mens
urations objectives, n'envisage comme but ultime de ses mensura-
tionsla meilleure connaissance de l'âme, «des Seelischen »). La psychol
ogie subjective de Jaspers s'appuief su«* l'évidence immédiate des
relations psychologiques perçues par l'introspection, bien qu'elle
nécessite, néanmoins, la connaissance des faits objectifs. Pourtant,
à rencontre de Dilthey, J. considère que la compréhension intuitiv«
(einfühlendes Verstehen) est précisément de la psychologie, et S.
qualifie la psychologie de Jaspers de « eine etwas verbesserte Vul
gärpsychologie ». J. ignore les autres formes de la compréhension.
S. critique ces conceptions en montrant notamment, sur des exemples,
l'existence de formes de compréhension autres que celle décrite par
Jaspers qui est essentiellement une identification, par une sorte de
sympathie, de l'observateur avec le sujet observé.
On sait que ces questions générales préoccupent beaucoup les
psychologues allemands. D. W.
16. — G. EWALD. — Verstehen und Erklären {Comprendre et expli
quer). — Z. f. Ps., CIII, 3-4, 1927, p. 228-241.
Rapport présenté au Congrès international de Groningue (1926). On
sait que, mécontent de la psychologie explicative, qui a suivi la .
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 264
..' ■ r
méthode des sciences de la nature en cherchant à observer des faits
psychologiques, des philosophes assignent pour Lut à la Psychologie de
« comprendre » intuitivement les phénomènes de l'esprit. Mais la part
de la subjectivité reste énorme, car jamais tous les faits caractéris
tiques d'une personnalité ne sont observables. Autre objection plus
grave : la compréhension scientifique, d'après les représentants de
cette tendance, serait autre chose que lintrojection (Einfühlung), la
sympathie ou la critique : mais, la distinction pratique est malaisée
et on s'éloigne de la nature et de la vie dont on voudrait se rappro
cher. Des hommes très différents ne se comprennent pas intuitiv
ement. Comment comprendre, sans le dépasser, l'homme de génie ?
Comment comprendre l'anormal ? Il y a d'ailleurs, entre les deux
psychologies, des points de contact. La psychologie explicative
n'atteint pas la personnalité, mais les éléments qui la déterminent
dans son unité. Dans tous les domaines, ce que la psychologie de
compréhension intuitive atteint, émane d'un ensemble de condi
tions qui lui sont inintelligibles. P. G.
17. — W. Me. DOUGALL. — Purposive experience. — Ped. Sem.,
XXXIII, 3, 1926, p. 353-364.
Cet article est ""destiné à compléter la série de conférences pronon
cées par l'auteur à la Clark University. Sa critique s'adresse cette
fois à l'associationnisme intellectuel de Warren qu'il juge insuffisant
dans son explication de l'acte volontaire.
Pour Warren, l'acte est volontaire, « purposive », quand il est
précédé d'une idée représentant la situation que cet acte va créer. A
côté de cet élément « initial et fondamental », le consentement ou le
désir, le sentiment de puissance, le sentiment du moi, l'impression
de conformité jouent un rôle secondaire ; ils peuvent se réduire à des
éléments affectifs, à des sensations kinésiques et organiques qui
accompagnent la réalisation de l'acte, la renforcent mais ne la pré
cèdent nullement. Il n'y a plus place ici pour l'hédonisme de Bentham
et de Mill qui permettait encore à la psychologie d'être purposive.
Cette mécanistique mentale <$ii ignore les tendances ne peut expli
quer l'acte volontaire. Me Dougall la tient pour responsable en partie
de la banqueroute de l'associationnisme épiphénoménal et des succès
du behaviorisme. D'ailleurs l'interprétation des phénomènes ino
rganiques ne s'est-elle pas révélée insuffisante dans d'autres do
maines ? Et Me. Dougall, à nouveau, de regarder avec espoir vers une
« conception organique » du monde physique. A. B.-F.
18._ W. S. HUNTER. — Psychology and Anthroponomy. — Ped.
Sem., XXXIII, 2, 1926, p. 322-346.
Dans un important plaidoyer pro domo, l'auteur oppose les insuf
fisances et les erreurs des psychologies traditionalistes aux mé
thodes et aux fins des anthroponomistes. Contrairement au psy
chologue qui étudie le. milieu pour déduire de l'expérience les lois
du fonctionnement de l'esprit, Panthroponomiste s'attaque direc
tement à l'étude de l'homme considéré comme un objet de ce milieu,
non plus comme un être spécial doué de connaissance, mais comme
une entité réagissant de telle ou telle façon dans telles ou telles ET CONCEPTIONS GENERALES 265 THÉORIES
conditions ; en aucun cas son expérience personnelle ne servira de
base à l'interprétation des résultats obtenus, et l'éternel problème
des rapports du corps et de l'esprit ne sera pas abordé. Le reproche
le plus sérieux que fait H. aux psychologues, c'est de ne pouvoir
réussir à « harmoniser le problème posé avec les méthodes em
ployées ».
Dans son inventaire des résultats acquis par les psychologues
traditionalistes, fonctionnalistes et même par les partisans de la
psychologie de la forme, H. se montre plutôt sévère. On aimerait un
peu moins de parti pris dans la défense de sa cause.
On le voit, rien d'essentiel qui ne rappelle le behaviorisme, avec
lequel cependant H. n'est pas toujours en parfait accord, et auquel
il reproche d'être une science en isme et de ne pas désigner suffisam
ment que son objet est l'homme. A. B.-F.
19. — E. G. BORING. — Empirical psychology. — Am. J. of Ps.,
XXXVIII, 3, p. 475-477.
Faire du mot « empirisme » un synonyme de « expérimental »
ainsi que le propose Carl Michael (Am. J. of Ps., 1926), c'est limiter
de façon injustifiée la signification de ce terme. S'il est bien vrai que
toute expérimentation est dans un certain sens empirique, toutes les
méthodes empiriques ne sont pas nécessairement expérimentales.
A. B.-F.
20.— C. N. REXROAD — A formulation of the practical assumptions
underlying psychology (Enoncé des principes fondamentaux de la
psychologie). — Ps. Rev., XXXIV, 2, 1927, p. 116-119.
L'école behavioriste affirme que l'on peut étudier le comporte
ment humain sans utiliser d'autres principes que ceux en usage dans
les sciences physiques. R. tente de donner un énoncé rigoureux de
ces principes, de formuler en s'appuyant sur eux la tâche propre de
la psychologie et de donner des définitions précises des notions fon
damentales employées dans cette science (milieu, stimulus, réponse,
acte, état, etc.). G. P.
21. — K. FRANKHAUSER. — Ueber Psychomechanik und patho
logische Psychomechanismen (Sur la psychomécanique et les
psychomécanismes pathologiques). — In-8 de 77 p. Strasbourg,
Heitz, 1927.
Le psychiatre strasbourgeois F. s'est efforcé d'édifier un système
mécanique de la psychologie, en mettant à la base un concept de
sensation, a sensation du moi-non-moi » qui est le point de départ des
tendances affirmatives ou négatives que l'on suit dans les divers
systèmes philosophiques ; la perception lui apparaît comme une sen
sation cortico-dynamique primaire, la représentation en étant une
forme secondaire, cependant que le sentiment serait une sensation
cortico-vaso-motrice, tandis que la volition est sensation et tension
énergétique cérébrale, sensation « cortico-statique »
Et les psychoses sont envisagées du point de vue mécanique soit
comme statiques (paranoia-siatique, obsession, psychasthénie), dynamiques (démence précoce, délire d'interprétation), ou

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