Théories et conceptions générales. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 249-268

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 249-268
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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2° Théories et conceptions générales.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 249-268.
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2° Théories et conceptions générales. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 249-268.
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2° Théories et Conceptions Générales 1
10. — GEORGES POLITZER. — Critiques des fondements de la
Psychologie. I. ■ — Pet. in-8 de 269 pages. Paris, Editions Rieder,
1928. Prix : 20 francs.
Voici un livre franchement révolutionnaire et qui mérite qu'on
lui accorde à ce titre une sympathique attention. Car si les révolutions
ne sont pas rares en littérature ou en art, elles sont moins communes
en science, et on peut espérer d'elles un renouveau de fécondité.
Mais les intentions révolutionnaires ne suffisent pas. Y aura-t-il
révolution ? La réussite ne me paraît point certaine.
Si nous laissons de côté les critiques, souvent vives, parfois injustes,
qui constituent la phase négative d'une œuvre révolutionnaire, quel
est l'idéal constructif qui tend à se substituer à des attitudes plus
ou moins traditionnelles toutes jugées inadéquates et désuètes,
comme celles qui se croient les plus avancées et les plus modernes ?
Cet idéal qui commence à s'affirmer dans une publication nouvelle
dont nous aurons à rendre compte le prochain volume de
l'Année, c'est celui d'une psychologie vraiment concrète, s'opposant
à la psychanalyse, mais en se dégageant à vrai dire de celle-ci (à l'ex
amen de laquelle ce premier volume est essentiellement consacré).
Cette psychologie qui aura seule un caractère positif sera une
science a posteriori comme étude adéquate d'un groupe de faits, faits
irréductibles aux objets des autres sciences, ce qui lui assure l'ori
ginalité, et elle sera objective en tant que les faits et la méthode
seront universellement accessibles et vérifiables.
Les faits spécifiques de cette science se trouvent dans le « drame
humain », non plus dans le comportement en général, mais dans le
comportement ayant « un sens humain ».
11 s'agit là d'une psychologie sans vie intérieure, mais d'une psy
chologie de la signification.
Cette psychologie doit permettre de connaître l'homme, c'est-à-
dire de connaître les ressorts de ses actions ; elle doit expliquer et
permettre de prévoir tel acte défini de tel individu, permettre dès
lors d'agir pour favoriser ou empêcher tel acte, elle doit donner des
moyens d'action sur l'homme.
Sur le but, on s'entendra facilement. La vieille formule : savoir
pour prévoir, et prévoir pour agir, reste valable.
Mais la question est celle des moyens. L'étude du drame est-elle
scientifiquement possible ?
L'analyse d'un cas particulier, sa description détaillée relève de
l'art littéraire qui se montre souvent subtil dans l'exécution de cette
tâche.Mais il faut dégager des lois générales pour que les faits du drame
prennent valeur scientifique. Et, lorsqu'on s'adresse à la vie humaine,
dans ce qu'elle a de plus complexe, quand on ne cherche pas à isoler
artificiellement tel ou tel facteur comme le tente l'expérimentateur,
on se trouve en présence d'une telle multiplicité de variables, de
1. Voir aussi les n°« 407-409-583-584-596-597-741-1049-1050. ■
ANALYSES, BIBLIOGRAPHIQUES 250
faits qui ne se reproduisent qu'avec de tels changements qu'on se
trouve perdu* et qu'on est réduit aux constatations statistiques des
psychologues, si l'on ne veut pas se contenter de l'intuition du r
omancier.
La météorologie n'arrive déjà point à assurer une prévision de
phénomènes extraordinairement moins complexes et une partie des
lois physiques sont de pure statistique.
La science du drame humain complexe, me paraît donc une utopie.
L'œuvre modeste, et jugée méprisable, des expérimentateurs n'en
est pas» une.
une' signification proprement humaine peut Et, si ce qui possède
séduire un esprit épris d'action humainej il n'en est pas moins vrai
que les actes humains sont dès actes d'êtres vivants et qu'entre
ceux-ci existe une étroite parenté ; les lois générales du comportement
des organismes se dégagent mieux en s?àdressant' à des cas plus;
simples ; et la signification humaine n'est pas étrangère à là signif
ication de la1 vie en général.
Pour ma part je ne conçois pas une psychologie qui rie soit pas
largement biologique, qui reste spécifiquement humaine, mais
les propres idées de chacun sont de peu d'importance. Il s'agit de
savoir si-la nouvelle psychologie concrète, après s'être affirmée, saura
se constituer:
II faut l'attendre à l'œuvre. Il y aura eu révolution si notre science
progresse puissamment grâce au point de vue nouveau. Je le souhaite
bien vivement, mais, au fond, jene puis le croire. H. P.
11; — E. AUGIBR; — Une Psychologie objective est-elle possible?
— In-8 de 290 pages. Paris, Aléan, 1928; Prix : 30 francs;
Nous avons signalé il y a quelques années l'essai original, publié
par l'auteur sous le titre : « De l'Action à la Connaissance », et appli--
quant au raisonnement une description en un langage physiologique
visant : à la cohérence et à la- précision plutôt qu'à l'exactitude, un
langage d'ingénieur.
B. A., qui est inspecteur général* des' Postes et Télégraphesj s'est
attelé à la tâché' de généraliser' son mode de description à la Psychol
ogie tout entière.
La Psychologie objective de l'auteur doit être envisagée, non du
point de vue d'une méthode objective d'étude des phénomènes'
psychologiques^ mais d'une description objective des mécanismes
supposés des phénomènes connus par introspection. Par exemple
une sensation visuelle ou tactile a comme correspondant;, que la
science lui devra substituer, « un phénomène objectif se déroulant
dans le temps et dans l'espace, un acte intérieur dont nous pourrons
poursuivre l'analyse objective de la même façon, quoique avec plus
de difficultés, que nous observons par l'œil le mouvement de notre
bras » (p. 94).
C'est cette tâche difficile que l'auteur' a courageusement abordée
dans son livre.
Cet effort sera-t-il fécond ? Pour ma part j'en doute. Je ne vois pas
d'hypothèse ayant valeur heuristique découler nettement de cet
effort systématisé d'expression mécanique des faits. La réduction THÉORIES B» CÖNGBBT10N8 GENERALES 251
à,un langage physiologique ne peut à mes yeux s'effectuer que quand
elle comporte la possibilité de vérifications directes que nos moyens
d?investigation ne permettent. guère encore en matière de fonctionne
ment nerveux complexe.
Il en est de même quand on prétend donner une description en
termes exclusivement physico-chimiques des phénomènes biolo
giques ; un tel effort n'est utile que quand la réduction est fondée
sur l'expérimentatkm directe, et dans lés limites de cette réduction
même.
Mais-si le nouvel effort- d'expression permet de poser des problèmes'
sous une forme nouvelle, accessible à l'expérience, s?il peut susciter"
des recherches-, s^il'permet; d'accroître la somme de nos connaissances
positives, de découvrir des faits nouveaux, de préciser des lois* alors
qu'iL soit le bienvenu. Je ne demande qu'à voir les progrès scienti
fiques qu'il suscitera pour m'incliner. H. P.
12. — B. PETERMANN. — ïïêber die Idee einer objektiven Psy
chologie (Sur Vidée d'une psychologie objective). — Z.f. Ps., CVIIIj
5-6, 1928, p. 371-397.
L'idée d'une psychologie objective a pris deux formes que P. oppose
complètement l'une à l'autre. La première est la réflexologie de
Beehterev, Pavlov, Bethe, etc. Elle construit tous lès faits psycho
logiques sur la hase- du réflexe. fait donc une synthèse de cycles-
élémentaires excitation-réaction ; mais elle assouplit cette notion
grâce à l'idée du réflexe conditionnel, à laquelle la théorie des traces
cérébrales fournit un support physiologique. Mais ces traces étant
indémontrables, la: théorie se soustrait au contrôle expérimental ;
de plus, décomposant la réaction en une somme d'éléments, elle ne
rend pas compte de^ ce qui constitue son unité.
C'est an contraire cett& unité qtie le békaviorisme américain, du
moins dans ses formes les plus- récentes, entend respecter. Il décrit:
la conduite comme une repéras«? à une situation. Mais la question est
alors de- savoir s'il reste fidèle au principe de la pure méthode objee^
tive. Car envisageria conduite dans son unité, c'est chercher à définir»
ce qui lui donne un sens. Dire qu'un animal « attaque, évite, fuit»
combat,. etc. »; c'est, selon P., toujours projeter à quelque degré dans
la vision objective quelque donnée subjective venant de l'observat
eur. Il conclut que le béhaviorisme n'est en somme fécond, que
parce qu'il cesse d'être purement objectif. P. G;
1& — G. KAFKA. — Verstehende Psychologie und Psychologie de»
Verstehens ( Psychologie fondée sur la compréhension et psychologie
de la compréhension). — A. f. ges. Ps., LXV, 1-2, 1928, p. 7-40.
L'opposition soulevée par Dilthey, reprise par Spranger et d'autres,
entre une psychologie qui cherche à expliquer les faits psychiques par
leur enchaînement causal et l'autre psychologie qui se préoccupe de
comprendre les structures psychologiques, bien qu'elle ait fait
couler beaucoup d'encre, n'est pas près d'être clarifiée. K. s'y emp
loie à son tour.
Il montre qu'il y a, d'abord, un certain nombre de confusions.
Comprendre et expliquer ne se posent pas sur le même plan. Expli- 252 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUES
quer est un moyen de connaître. C'est une méthode qu'on emploie en
vue d'atteindre à la connaissance. Comprendre est une manière de-
connaître, c'est une forme de la connaissance à laquelle on atteint
après avoir utilisé, précisément, les moyens convenables. L'explica
tion n'est pas l'unique moyen de cette recherche ; on peut lui oppo
ser l'interprétation.
Mais qu'est-ce donc qu'expliquer ? C'est formuler un jugement
hypothétique : si... alors... Et c'est bien à tort que les adeptes de la
psychologie comprehensive réduisent l'explication uniquement à
l'étude des liaisons causales. Il y a trois sortes d'explications : 1° L'ex
plication causale : la pierre se dilate parce qu'elle est chauffée ;
2° l'explication fonctionnelle dont les mathématiques offrent les
exemples les plus purs ; 3° l'explication finale qui indique le but :
pour vivre je dois travailler. Les mêmes faits peuvent être envisagés
tantôt sous leur aspect causal, tantôt sous leur aspect final {pour que
la pierre se dilate elle doit être chauffée ; je travaille parce que je veux
vivre) ; mais alors on a changé de point de vue et l'on envisage les-
choses sous un aspect différent ; de sorte que les explications causales
et les explications finales ne sont pas réversibles, alors que les re
lations fonctionnelles le sont parfaitement. « Si deux lignes parallèles
sont sectionnées par une troisième ligne, les angles correspondants égaux » est tout à fait équivalent à ceci : « si deux droites sec
tionnées par une sécante ont des angles correspondants égaux,
elles sont parallèles. »
Or, toutes ces explications peuvent conduire à la compréhension.
Les « liaisons des valeurs » (Wertzusammenhänge) sur lesquelles la
« psychologie comprehensive » a tant insisté rentrent, précisément»
dans la catégorie des explications finales.
Un autre concept important de la psychologie comprehensive,
c'est le sens et la compréhension d'un sens. Mais qu'est-ce qu'attri
buer un à des faits ou à des choses ? C'est les interpréter comme
signes qui visent vers quelque chose. Une relation causale ne peut
être envisagée de cette manière. Mais les relations fonctionnelles et
les relations finales le peuvent, un des termes étant envisagé comme
le signe de l'autre. Or, ces deux sortes de n'échappent pas à
l'explication, elles sont des formes d'explication. Il y a bien, toutef
ois, une catégorie de relations qui ne peuvent être qu'interprétées :
ce sont les relations sémantiques, le langage, dans le sens étendu du
mot.
Dans la mesure où ces relations sont maniées et senties par l'ind
ividu (« erlebt ») et dans cette mesure seulement, elles sont l'objet de
la psychologie. C'est à cela que devrait, seien K., s'appliquer la psy
chologie comprehensive, en laissant, à la théorie de la connaissance
d'une part, aux sciences et aux doctrines normatives, d'autre part,
le soin d'étudier les liaisons objectives des faits et des valeurs.
D. W.
14. — G. STÖRRING. — Zur Frage der geisteswissenschaftlichen
und verstehenden Psychologie [Sur la question de la psychologie
comprehensive et basée sur les humanités). — A. f. ges. Ps., LXI,
3-4 et LXII, 3-4, 1928, p. 273-354 et 445-480.
Suite et fin du mémoire dont il a été rendu compté dans le volume THEORIES ET CONCEPTIONS GENERALES 253
précédent de V Année Psychologique {An. Ps., XXVIII, n° 15, p. 262).
Cette fois S. s'attaque aux théories d'Erismann et de Spranger. Eris-
mann désire asseoir la psychologie sur des prémisses philosophiques,
l'étude de la « Weltanschaung », la morale, l'esthétique et la logique.
Seule une psychologie ainsi construite pourrait, selon E. conduire à
la connaissance « des principes fondamentaux de la personnalité
humaine » ; elle doit abandonner la méthode inductive et s'appuyer
sur la « Einsicht ». Pour St. au contraire, la psychologie scientifique
ne doit s'appuyer sur aucun postulat philosophique, si ce n'est sur
quelques conceptions de la théorie de la connaissance qui servent,
d'ailleurs, de fondements à toutes les « sciences de la réalité ». La mo-
Tale, la logique, l'esthétique seront, elles aussi, objet de la psychol
ogie en tant qu'il s'agit de jugements moraux, esthétiques, ou des
procédés de la pensée qui sont des faits psychiques ; mais on ne sau
rait mettre la morale ou la logique, si l'on entend par là des doctrines
normatives, à la base de toute psychologie.
Contre Spranger, St. s'efforce de montrer que l'effort d'identifica
tion intérieure avec la personnalité que l'on désire comprendre (das
Sichhineinversetzen) n'est pas, comme le veut Spranger la condition
sine qua non de toute compréhension. D'abord une telle identifican'est autre, chose qu'une expérience que l'on tente sur soi-même,
•en notant l'état d'âme qu'elle provoque (on s'imagine être atta
qué, on ressent de la colère et l'on dit comprendre la colère de l'homme
qui est attaqué) ; et, d'ailleurs, une telle expérience n'est pas tou
jours nécessaire et il est possible de reconnaître, par la réflexion seule,
-en vertu des connaissances psychologiques préalables, les tendances
centrales d'une personnalité, en reconnaissant, dans telle ou telle
tendance la cause de certaines formes de comportement. L'impor
tance de l'élément social, de la civilisation (Kultur) pour Spranger,
« triple réalité — physique, psychique et idéale », serait, en outre,
fortement exagérée par cet auteur qui néglige l'apport de l'individu
dans la morale et la civilisation.
Comme conclusions à toutes ces longues discussions, affirmation
de l'importance de la psychologie basée sur les sciences de la nature
pour l'étude approfondie des humanités. Les recherches sur la pensée,
le langage, les émotions, les jugements de valeur, les types psycholo
giques sont revendiquées de plus en plus par une psychologie qui
s'inspire des méthodes des sciences naturelles et qui apporte à l'his
torien, au sociologue, au pédagogue de précieuses contributions.
D. W.
15. — G. STÖRRING. — Die Frage der geisteswissenschaftlichen
und verstehenden Psychologie (La question de la psychologie, science
morale, et de la psychologie comprehensive). — ■ In-8 de 180 pages,
Leipzig, Akademische Verlagsgesellschaft, 1928. Prix : 6,80 Mk.
£et opuscule s'intitule « écrit de polémique » (Streitschrift), et, con
formément au goût de la plupart des psychologues allemands pour
des controverses doctrinales, s'attaque à une série de conceptions
philosophiques modernes de la psychologie, à la « geisteswissens
chaftliche » Psychologie de Dilthey, à la « verstehende » Psychol
ogie de Jaspers, qui n'est qu'une psychologie populaire sans carac- i
254 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
rtère scientifique, à la « einsichtige » .psychologie d'Erismann,
cette psychologie qui veut être « pénétrante >», à la psychologie »de-
Spranger, enfin;, il reste fidèle au fondement « naturwissenschaft
lich » de la psychologie, tout en s'appuyant sur la méthode intros
pective qui appartient, d'après lui, à la science de la nature. H. P.
16. — R. MEUNIER. — De l'Introspection expérimentale. —
B. I. P., XXVIII, 4-6, 1928, p. 139-153.
Pour M. les critiques laites au cours du xixe siècle à l'Introspection,
en tant que méthode, à la suite surtout des travaux de Broussais,
Comte, et Jouffroy, n'ont eu qu'un -résultat heureux, « faire évoluer
cette méthode, vers les procédés « dUntrospection expérimentale »».
-En effet, si, partant de la critique comtienne, înous n'aboutissons
pas à l'introspection expérimentale, nous aboutissons indubitable
ment (dit l'auteur) a la psychologie objective! de iBeehterev, ou de-
certains laboratoires américains contemporains « c'estrà-dire à dès-
travaux qui sont la négation, même de la psychologie ». — Les Labor
atoires de psychologie français, na'étant pas nommés, l'espoir ime
reste, que faisant sans doute de l'introspection expérimentaleteomme
M. Jourdain de la prose, ils peuvent, au moins dans .une ^certaine
mesure , conserver Pimpressio n » de faire quelque chose qui ne soit pas
absolument « la négation même de la psychologie ». Mais je n'en suis
.pas bien sûr et c'est là question 'fort angoissante, pour qui ^appartient
à ces laboratoires ! M. F.
.1,7. — R. JtL WHEELER. — Persistent problems in systematic mr-
chology. IV. Structural versus functional analysis {Problèmes per
sistants en psychologie systématique. IV. Analyse structurale ou
fonctionnelle). — J. of gen. Ps., I, 1, 1928, p. 91-.107.
Les trois premières études ont paru en 19.25 dans la Ps. Rev.t
et ont visé à >une distinction précise des deux points de vue, -struc
tural et fonctionnel, nécessaire pour envisager logiqu
ement les problèmes scientifiques .de Ja psychologie .
L'auteur revient sur la question en raison de la méconnaissance
de ces points de vue dans des travaux récents d'analyse fonction
nelle (mal nommée d'ailleurs), qui ne peut viser qu'au « quand »
(whj&n) et « pourquoi » (why), l'analyse structurale seule pouvant
révéler le « qu'est-ce que » (what), et le « comment » (how). C'est
un simple accident si le structuralisme et l'atomkme ont marché ila
main dans la main. Et les critiques de la « gestaltpsychologie » sont
peu fondées ; celle-ci, logiquement peu solide, n'est pas plus en droit
de rejeter l'analyse structurale que Watson ne l'est de je jeter la
-conscience. A côté de la « détermination » fonctionnelle la «.décou
verte » ne peut être que structurale. M. P.
18- — R. H. WHEELER. — Persistent problems m systematic jmy-
chfllogy. V. Attention and Association {Problèmes persistants en
^psychologie systématique. V. Attention et association). Ps. Rev.»
XXXV, 4„ 1928, p, 1-18.
W. a passé en revue les principaux pToblènies de la psydiolagie
systématique, pour examiner -et critiquer les concepts londamentaux THEOffteS ET CONGKPTIONS GÉNÉRALES
de cette science et chercher dans quelle mesure il y a lieu de conserver
les notions traditionnelles. L'étude présente est consacrée à l'atten
tion et à l'association. 'Bien que ces notions aient un caractère philo
sophique, elles correspondent pourtant à des problèmes réels, dont
il faut reconnaître l'existence et qui méritent une étude. La thëorie-
de l'association ne resoud pas le problème de l'organisation des élé
ments de l'esprit, mais tout au moins elle le pose, ^'attention est le-
problème de la forme et des limites de cette organisation. G. P.
19. — PAUL RA?3$GHBURG. — La Psychologie «t la Science. —
Revue Psych. Hongroise. I, 1-2, 1928, p. 9-41.
R. pose la question de la psychologie comme une discipline à part :
il se demande si 'la psychologie est une science autonome et il envi
sage les directives contemporaines sur ce problème. Il passe en revue
toutes les conceptions de la psychologie à ce point de vue, depuis-
Aristote jusqu'à nos jours : la s'est vue qualifier à la fin
du xrxe siècle de science naturelle, physiologique et expérimentale.
Mais dire que la psychologie expérimentale ne se rend paSiComptede-
l'unité et de la complexité de l'âme, c?est créer un malentendu. Même
certaines écoles allemandes, telle celle des « Gestältistes », se carac
térisent par une synthèse des méthodes théoriques et expérimentales :
elles 'réunissent 'dans le même effort -scientifique le point de vue d'une-
psychologie de la « totalité » d'une part et les procédés expérimen
taux d'autre part. Quant à la psychologie « objective »de Pavlov
et Bechterev, l'auteur est d'avis que ce sortt précisément les phéno
mènes psyéhiques essentiels qui n'y sont poirtt expliqués : les-
fameux « réflexes conditionnels » n'ont apporté aucune contribution
à la vraie connaissance de l'homme. Comme Pavlov et Bechterev,
l'anatomiste Niessl v. Meyendorf n'est pas parvenu non plas à
'réduire la -psyché à un jeu de processus cérébraux, et Monakov
reconnaît que 1' « "hormé », susceptible d'expliquer la nature
physique et psychique à la fois, est « une puissance indéfinissable ».
C'est ainsi que les disciplines et essais ci-dessus ne pourront jamais
remplacer la psychologie autonome qui se préoccupe de dévoiler
les lois et la nature de 'la plus grande énigme de ltunivers : c'est-à-
dire de la psyché. H. V.
19 'bis. — A. PATJL'ET. — Psychologie et Philosophie. — Rev.
Psych. Hongroise. 1,1-2, 1928, p. "42-51.
P. examine dans cette forte étude les relations entre la Psychologie
et la Philosophie et vise à approfondir leurs rapports mutuels. En
premier lieu c'est la philosophie tout entière qui ne peut se passer
des Techerches 'psychologiques ; la philosophie se sert de la psycholog
ie comme point de départ : la connaissance de soi-même doit être
toujours la saine propédeutique à l'étude philosophique quelle qu'elle
•soit. D'autre part ce sont'les théories philosophiques qui ont toujours
beaucoup influencé les recherches psychologiques. Pour montrer
une fois de plus cette étroite union de la philosophie et de la psy
chologie P. nous fait part d'un problème tout à fait particulier «t
•propre à sa philosophie dont la solution vient réclamer la collaboration
de la psychologie. C'est un problème logique celui des « jugements- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 256
autothétiques ». Il sragit de découvrir le processus psychologique
particulier qui permet de proposer les jugements dits autothétiques.
Voilà un problème qui nous montre avec évidence, combien la philo
sophie et la psychologie s'interpénétrent dans la pensée de notre
auteur ; selon lui pour faire un véritable progrès, il faut qu'on se
décide à une collaboration harmonieuse des deux disciplines qui sont
d'ailleurs en bobine voie de rapprochement mutuel. H. V.
20. — JOHN T. MAG CURDY. — Commen Principles in Psy
chology and Physiology {Principes communs en Psychologie ft
Physiologie). — In-8 de 284 pages. Cambridge, University Press,
1928. Prix : 15 sh.
On tend de plus en plus à supprimer toute coupure dans les pro
cessus de la vie entre fonctions organiques et fonctions psychiques, et
au spiritualisme: qui était compatible avec le mécanisme, se substitue
un vitalisme animiste.
C'est à ce courant, très puissant aujourd'hui, qu'appartient le
livre de philosophie biologique écrit par un psychiatre avouant son
ignorance complète de la métaphysique, lecteur de psychopathologie
à l'Université de Cambridge.
Dans un livre consacré à la psychologie de l'émotion, morbide et
normale, il avait abouti à une conclusion générale d'après laquelle
la base de la vie mentale est constituée par un flux inconscient
d'images, qui, en entrant dans la conscience, deviennent des données
subjectives et forment les éléments fondamentaux de la pensée,
mais qui suscitent et contrôlent de nombreux processus physiolo
giques, aussi bien du système involontaire que du système vo
lontaire.
C'est cette conception générale qu'il développe et justifie. Il y a,
d'après lui, un guide des processus, dont les mécanismes sont expli
cables par les lois physico -chimiques, mais dont les apparitions, ou
les disparitions, les enchaînements » les systématisations ne peuvent
se comprendre qu'en faisant appel à la notion immatérielle de
« patterns », de patrons tout préparés pour l'activité qui se déroule,
et formés d'images échappant au domaine physico-chimique.
Le vitalisme du « pattern » est développé d'abord du point de vue
psychologique, en examinant l'évolution de l'intelligence animale
(fondée à peu près exclusivement sur les travaux de Köhler), le pro- .
blême de l'intérêt et de la tendance (« appetite »), celui de la perception
et du meaning, celui de la reconnaissance (avec développements
considérables donnés à la maladie de Korsakoff ).
Après une synthèse des « lois » des « patterns » apparaissant en psy
chologie, vient une deuxième partie cprsacrée à la physiologie, du
moins aux fonctions nerveuses, et à la biologie générale, hérédité et
développement.
L'information de l'auteur est assez étroite; il faut se souvenir
qu'il est psychiatre, qu'il n'est pas biologiste et que sa physiologie
se limite à peu près au bel ouvrage de Sherrington sur l'action inté-
grative du système nerveux.
Son livre est clair ; il est de pure philosophie sans utilité pour la
science. Car, sur le terrain scientifique, je considère toujours que les ET CONCEPTIONS GENERALES 257 THÉORIES
interprétations vitalistes sont plutôt nuisibles. Ainsi quand, dans le
résumé de la deuxième partie, on rencontre, comme première affi
rmation, que dans le système nerveux normal les influx voyagent
librement de neurone à neurone et que leur distribution est guidée par
les « patterns », on ne peut s'empêcher de penser qu'il n'y a rien de
plus stérilisant pour la recherche que de commencer par dire :
inutile d'expérimenter pour déterminer les lois de distribution des
influx dans les neurones, car ceux-ci suivent un guide immatériel
qui nous échappe entièrement.
Heureusement tous les chercheurs ne pensent pas ainsi, et la phys
iologie commence à trouver des mécanismes de distribution d'in
flux.
Certes nous sommes loin de pouvoir expliquer mécaniquement les
phénomènes biologiques ; le résidu est énorme. Il est possible qu'il
y ait une irréductibilité foncière, mais, scientifiquement, celle-ci ne
doit pas être admise, car il faut sans cesse pousser la réduction, avec
l'espoir, utile au chercheur, de la faire complète, même si, philos
ophiquement, on pense qu'elle ne pourra jamais être complète. H. P.
21. — C. v. MONAKOW et R. MOURGUE. — Introduction bio
logique à l'étude de la Neurologie et de la Psychopathologie. —
In-8 de 416 pages. Paris, Alcan, 1928. Prix : 80 francs.
C'est un livre bien intéressant qui résulte de la collaboration du
célèbre neurologiste de Zurich, habitué aux techniques précises de
l'anatomie pathologique, et du psychiatre philosophe, épris de
Bergson, curieux d'histoire, et possédant en biologie la documentat
ion la plus large.
Ils ont, en commun, esquissé les principes d'une neurologie réunis
sant harmonieusement les disciplines les plus séparées • dans nos
traditions, clinique et embryologie, anatomie. et physiologie, psychol
ogie et sociologie même.
Les grandes idées philosophiques se nourrissent de faits précis, et
les données les plus arides de l'anatomie s'animent en se pénétrant
d'idées.
La participation des deux auteurs ne laisse pas d'engendrer souvent,
dans les chapitres qui voisinent, des courants parallèles dont les
eaux se différencient par leur couleur comme un flot clair et un flot
chargé continuent à rester distincts après leur confluent.
Placé sous le patronage moral de Hughlings Jackson et de Bergson,
l'ouvrage envisage dans une première partie V Intégration, débutant
par ce qui paraît être le fondement originel des processus biologiques
qui trouvent leur plus haute expression dans les fonctions nerveuses,un
élan vital se déployant dans les instincts, l'Hormé. Avec de nombreux
néologismes, des mots grecs insérés dans la langue scientifique, cette
partie constructive envisage une conscience biologique une « syneide-
sis » assurant la régulation fonctionnelle, et, des réflexes aux gnosies
aboutit, par le langage, a la notion philosophique de la causalité,
justifiant cette notion ambitieuse d'une neurologie comme science
universelle des problèmes humains, fondée sur les deux systèmes
qui se distinguent déjà dans le développement embryonnaire, le sys
tème des instincts, intéroceptif, et le système de l'orientation ex
térieure, le système de la causalité !
l'année psychologique, xxix. 17

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