Théories et Conceptions générales. - compte-rendu ; n°1 ; vol.43, pg 328-343

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L'année psychologique - Année 1942 - Volume 43 - Numéro 1 - Pages 328-343
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1942
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2° Théories et Conceptions générales.
In: L'année psychologique. 1942 vol. 43-44. pp. 328-343.
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2° Théories et Conceptions générales. In: L'année psychologique. 1942 vol. 43-44. pp. 328-343.
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2° Théories et conceptions générales
5. — A. G. A. BALZ. — Concerning the Subject-matter of Psychology
(L'objet de la psychologie). — Ps. Rev., XLVII, 4, 1940, p. 332-337.
L'A. réclame la reprise de la collaboration entre la psychologie
et la philosophie, mais sous des formes nouvelles. G. P.
6. — RAMIRO BUJAS. — Le problème de la psychologie comme
science de l'esprit (en serbe). — Napretka, LXXXIV, 1943.
Extrait, 12 pages.
L'auteur explique ce qu'est et ce que veut la psychologie en tant
que science de l'esprit. Le mouvement pour la comme
science de l'esprit a son origine dans la philosophie idéaliste all
emande ; il est né pour satisfaire certains intérêts des sciences cultur
elles. Ce mouvement n'a pas réussi à créer une psychologie nouvelle
fondée suv la méthode de compréhension par suite des défauts de
cette méthode et à cause de l'opposition non justifiée envers la psy
chologie scientifique. Les interprétations des manifestations singul
ières pour les buts des sciences culturelles ne peuvent constituer
une science psychologique qui doit avoir un caractère général.
L'A. est d'accord avec A. Gemelli, que la cause principale de cette
opposition contre la psychologie scientifique est la méconnaissance
de la psychologie de la part de certains philosophes. L'A. conclut
qu'il existe seulement une psychologie et que la division de la
psychologie en science de nature et en science culturelle ou d'esprit
n'est pas justifiée. Étant donné que pendant un demi-siècle la psycho- '
logie en tant que seience de l'esprit n'a pas réussi à démontrer
par des faits sa validité, elle est restée à l'état de conception philoso
phique comme un épisode dans la philosophie allemande.
A. P.
7. — L. VAN DER HORST. — Stand en toekomst der heden-
daagSChe psychologie (État et avenir de la psychologie contempor
aine). — Tijd. v. Phil., II, 4, 1940, p. 596-620.
L'A. estime que l'état actuel de la psychologie reflète la crise
culturelle qui sévit en Europe occidentale. Il passe en revue les
principales doctrines qui ont contribué à ruiner ou, au contraire,
à renouveler à certains égards la conception naturaliste, atomistique
et quantitative de la psychologie qui régnait vers 1890. Il insiste
notamment sur le rôle du personnalisme, de la Gestalt, de la phéno
ménologie de Jaspers, du behaviorisme et de la doctrine de Heidegger.
Ce sont les divergences de conceptions et de méthodes qui expliquent
la crise actuelle de la psychologie et l'incertitude de son avenir.
R. P.
8. — A. FAUVILLE. — Psychologie scientifique et psychologie
philosophique. — Tijd. v. Phil., II, 4, 1940, p. 621-630.
Comparant trois traités de psychologie scientifique publiés
successivement en l'espace de vingt ans (ceux de Titchener, Watson
et Murchison), F. y trouve un exemple frappant d'une évolution assez
générale qui témoigne d'un intérêt décroissant pour les discussions ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 329' THÉORIES
théoriques sur l'objet et la méthode de la psychologie, et même pour
toute discussion d'allure philosophique sur les systèmes. L'intérêt
pour les techniques, qui se développent rapidement (comme le
montre l'exemple de la psychologie de l'enfant), remplace celui
qu'on manifestait précédemment pour la méthode.
F. se réjouit de cette évolution. Pour lui, les discussions théoriques
sont vaines, parce qu'il n'existe en psychologie aucun système scienti
fique général acceptable et qu'actuellement du moins, il n'en peut
exister (cf. Ann. Ps., 1939, p. 238, n° 45). La principale raison de
cette difficulté d'une systématisation générale en psychologie doit
être cherchée dans la complexité de la nature humaine, et cette
complexité prend sa signification profonde par sa confrontation avec
les théories philosophiques. Si la psychologie scientifique et la psychol
ogie philosophique s'élaborent indépendamment l'une de l'autre,
les résultats généraux de la première sont éclairés par les grandes
thèses de la seconde et rendus ainsi plus satisfaisants pour l'esprit.
A l'appui de sa thèse, F. cite une série d'exemples empruntés à
la Psychologie de la Forme, à la méthode des tests, aux recherches
expérimentales sur l'apprentissage, à l'idée de maturation, enfin
aux études sur les enfants délinquants et sur la formation des habi
tudes morales. R. P.
9. — E. DE GREE FF. — Philosophes et psychologues. — Tijd. v.
Phil., Ill, 3, 1941, p. 567-586.
L'A. constate qu'il existe un conflit entre les philosophes spi-
ritualistes et, les psychologues, les premiers accusant les seconds de
manquer d'envergure, les seconds reprochant aux premiers de se
perdre dans la spéculation. Que faut-il penser de ce conflit ? Pour
sa part, l'A. estime qu'il y a des torts des deux côtés, et il s'efforce
de le démontrer. Il pense d'ailleurs que l'opposition, pour radicale
qu'elle puisse paraître, n'est pas irréductible. Si la réconciliation est
difficile à opérer dans le domaine de la pensée écrite, elle est possible
par un contact direct. Et l'A. de rappeler les journées d'études de
Fontainebleau, organisées par les Études Carmélitaines, où se
rencontraient des « hommes de bonne volonté ». Mais la condition
préalable de cette réconciliation, c'est « une certaine inquiétude
philosophique chez le psychologue, une certaine information scienti
fique chez le philosophe ». R. P.
10. — G. DE MONTPELLIER. — La psychologie comme science
empirique. — Tijd. v. Phil., II, 1, 1940, p. 152-160.
Le problème de la distinction entre les sciences physiques et
naturelles et la psychologie empirique a fait l'objet de nombreuses
discussions. L'A. rappelle brièvement, en soulignant leurs insuffi
sances, les solutions proposées par Wundt, pour qui la psychologie
est la science de l'expérience immédiate, et par Mach, Avenarius,
Külpe et Titchener, pour qui la notion de sujet est le pivot de la
distinction. A ces deux théories voisines, qui se ramènent à une
conception subjective de la psychologie, s'oppose la conception
objective du behaviorisme : la psychologie n'est pas une science à
part, elle rentre dans la catégorie des sciences physiques et naturelles, 330 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
<iont elle doit adopter les méthodes ; son objet est la conduite,
abstraite et indépendante de toute perspective subjective. Le beha-
viorisme intégral se heurte à deux pierres d'achoppement : la notion
de signification symbolique et celle d'excitants internes (tendances,
■désirs, efforts, etc.), qui ne peuvent être définis en termes unique
ment physiques ou physiologiques.
Entre ces deux conceptions de la psychologie (subjective et
objective), l'opposition est radicale. Cependant, l'A. pense qu'il est
nécessaire de tenter un effort de conciliation, mais sans espoir
<1' aboutir à une réduction pure et simple de l'un des points de vue
à l'autre. En effet, si la psychologie apparaît ainsi comme « vouée
à la contradiction », c'est parce que « le dualisme de point de vue et
de méthode qu'elle manifeste, résulte nécessairement et d'une
manière immédiate du dualisme de processus et de principes d'être
qui définit l'homme ». Son sort est lié en définitive, selon l'A., à celui
du problème de l'union de l'âme et du corps. R. P.
11. — AG. GEMELLI. — Biologia e PsiCOlogia (Biologie et Psychol
ogie). — Riv. di Filosofia neoscolastica, XXXIV, 6, 1942, et
Gontributi del Laboratorio di Psicologia, XII, 1944, p. 87-107.
G. tient à montrer qu'il existe une continuité entre les sciences
biologiques et les sciences psychologiques, qui restent toutefois dis
tinctes à ses yeux comme ayant leurs méthodes propres, leurs objets
propres, leur finalité propre.
Fidèle aux conceptions de Thomas d'Aquin, en opposition au
cartésianisme, il insiste sur la nécessité de l'étude unitaire des êtres
vivants, homme compris, par réalisation, dans le cas de celui-ci,
•d'une véritable anthropologie, au sens précis du terme. H. P.
12. — A. W. WOLTERS. — Some biological aspects of thinking
(Quelques aspects biologiques de la pensée). — Br. J. of Ps.,
XXXIII, 1943, p. 176-183.
Si la pensée n'est pas étudiée dans son contenu mais comme
un processus réactionnel il est aisé de montrer sa signification
biologique.
Tous les organismes vivants tendent à se conserver dans l'être
<en développant un contrôle de plus en plus grand sur leur environ
nement. Leur comportement se modifie par l'exercice et devient de
plus en plus efficient. Ils sont alors doués de systèmes de réactions
qui ne sont pas de simples répétitions mais des schémas universels
dans leur principe et susceptibles d'application plastique. Ces schémas
sont du môme ordre dans les niveaux inférieurs de la vie (recherche quand'
de la nourriture par ex.) et il s'agit d'une réaction verbale.
Ils n'impliquent pas la conscience des moyens employés. Les concepts
■dans cette ligne ne sont pas des objets qui s'offrent à notre attention
mais des formes de comportement. Les idées ne sont pas des entités des manières d'agir. Beaucoup d'hommes dans cette guerre sont
morts pour la liberté qui n'auraient pas su la définir.
Les idées abstraites sont elles-mêmes une forme de réaction
secondaire, non plus à une situation mais à un schéma personnel de
-comportement. P. F. THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 331
13. — CR. GRIFFITH. — The paradox of geneticism in psychology
(Le paradoxe du généticisme en psychologie). — - Ps. Rev., XLIX,
3, 1942, p. 201-225.
L'idée d'évolution a profondément transformé la psychologie.
L'introduction du point de vue génétique rend impossible de conser
ver les notions traditionnelles. Dans une vaste étude méthodologique
très documentée, G. suit les progrès accomplis dans cette voie depuis
Darwin. Il loue le behaviorisme d'avoir conduit à une reconstruction
•des principes de la psychologie. L'objet de celle-ci est la fonction
mentale, et la biographie des fonctions mentales, établie par l'expér
imentation, fournit des données pour une psychologie génétique.
G. P.
14. — T. H. PEAR. — The « trivial » and « popular » in psychology
(Le « trivial » et le « populaire» en psychologie). — Br. J. of Ps.,
XXXI, 2, 1940, p. 115-128.
L'A. présente un réquisitoire contre la psychologie qui ne se
préoccupe pas suffisamment des problèmes les plus humbles de la vie
psychologique. Il s'appuie sur une étude de Allport qui a montré les
insuffisances des recherches psychologiques dans le domaine du
langage par exemple. P. F.
15. — D. SNYGG. — The need for a phenomenological system of
psychology (Le besoin d'un système phénoménologique de psychol
ogie). — Ps. Rev., XLVIII, 5, 1941, p. 404-424.
La confusion qui règne aujourd'hui en psychologie est due à la
combinaison, faite sans critique, de données qui appartiennent
à deux systèmes de référence différents. Les faits empruntés à l'obser
vation phénoménologique sont différents et souvent en contradiction
avec ceux provenant de l'analyse objective. Les systèmes qui essaient
de combiner les faits venant de ces deux sources aboutissent à des
contradictions. La prédiction du comportement individuel est imposs
ible. La méthode purement objective se confine à la prédiction du
comportement normal. C'est pourquoi les psychiatres, les instituteurs
et ceux qui font de la psychologie appliquée adoptent le point de vue
phénoménologique. C'est pourquoi ils utilisent la psychanalyse, la
psychologie de la forme ou des systèmes non académiques. Pour pré
dire le comportement individuel, le mieux est de développer la psychol
ogie de la forme dans des directions purement phénoménologiques.
G. P.
16. — A. F. BENTLEY. — The behavioral superfice (La ligne de
démarcation du comportement) . — Ps. Rev., XLVIII, I, 1941,
p. 39-59.
Pour B. la science est une science des faits et tout fait est spatial.
Le problème est donc de donner du comportement une expression
uniquement spatiale. Certaines sensations sont localisées dans la
peau, qui devient la ligne frontière entre l'organisme et le milieu.
C'est le phénomène intradermal. B. admet avec V. C. Aldrich qu'il y a,
à côté du corps inné, un corps acquis, les outils et les vêtements, par
-exemple, constituant des extensions du corps au sens étroit. Pour le 332 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
joueur, la balle et le terrain font partie de son corps. De même, le
rayon de soleil, sorte d'outil analogue à la canne qui prolonge le bras,
fait aussi, en un certain sens, partie du corps. Il y a des phénomènes
(psychologiques) transdermaux. La ligne de démarcation entre le
corps et le milieu n'est plus alors la peau, mais une surface plus loin
taine, variant avec les cas. B. propose pour désigner la ligne de démarc
ation en général le vieux mot de superfice (accent sur la première
syllabe). La tâche est donc de récrire la science du comportement en
éliminant toutes les incohérences de la terminologie actuelle, grâce
à l'emploi de la notion nouvelle de superfice. G. P.
17. — F. FRANSEN. — Naar meer eenheid (Vers plus d'unité). —
Tijd. v. Phil., Ill, 2, 1941, p. 353-370.
L'A. déplore les divergences de vues qui se manifestent en psy
chologie. Certains les considèrent comme provisoires, d'autres
comme inévitables. Pour sa part, l'A. estime que si la vérité est une
elle n'en peut pas moins être très complexe et apparaître sous diffé
rents aspects. Le plus souvent les divergences ou contradictions ne
sont qu'apparentes. S'il en existe de réelles, qu'elles proviennent de
la jeunesse relative de la science psychologique, de la subjectivité des
psychologues ou du flottement de la terminologie, elles ne sont pas
irréductibles. Il faut donc viser à rétablir l'unité, et pour cela renon
cer aux vues trop personnelles, aux préférences trop exclusives pour
une méthode, au désir de faire école dans un sens déterminé, à la
spécialisation excessive, etc. Mais surtout, il faut s'efforcer de fixer
et d'unifier la terminologie psychologique. R. P.
18. — J. P. NAFE. — Toward the quantification of psychology ( Vers
la quantification de la psychologie). — Ps. Rev., XLIX, I, 1942,
p. 1-18.
N. insiste sur le point que la ne peut être réalisée
que par un processus logique, après qu'on a pris en considération
les faits expérimentaux établis par le laboratoire. Il en est ainsi
d'ailleurs en physique et en chimie où la possibilité d'établir une
quantification est souvent hypothétique. Le même fait, d'ailleurs,
apparaît comme qualitatif à un certain étage de la connaissance et
comme quantitatif à un autre étage.
Sur les sensations, la psychologie a amassé beaucoup de données
quantitatives. Mais les sensations elles-mêmes sont différentes les
unes des autres, l'excitation du nerf produit la sensation spécifique
et ce sont les centres cérébraux qui sont aussi qualitativement dif
férents. Mais on peut supposer qu'à un stade ultérieur de la recherche,
cette différence pourra être traduite en nombres. Ainsi le quantitatif
et le qualitatif ne sont pas des notions absolues, données dans
l'expérience même. G. P.
19. — WALTER MORGENTHALER. — Der Psychologe und die
heutige Zeit (Le psychologue et les temps actuels). — Revue suisse
Ps., I, 1942, p. 3-8*.
Article où l'auteur présente la nouvelle revue qu'il dirige avec
d'autres psychologues suisses (J. Piaget, C. G. Jung, O. Forel) et. .
THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 333
où il indique quels buts doit poursuivre à son avis la psychologie
actuelle : elle doit être une science totale de l'homme, de l'humain,
•et ses applications doivent servir l'homme et son âme. Il faut conso
lider la civilisation et mettre l'humain au centre de la nouvelle
civilisation (le progrès technique ne doit pas être considéré comme
la fin suprême de la science). La psychologie doit devenir la « science
centrale » et les psychologues ont un grand rôle à jouer dans la
civilisation : « Levain spirituel, éducateur, psychothérapeute, apôtre,
homme politique et organisateur social. » Les Suisses sont particuli
èrement aptes à jouer ce rôle, car ils sont des paysans et des montag
nards, aimant la Nature, libres, sans préjugés, et ils sont en contact
permanent avec trois grands pays de civilisation européenne. V.
20. — CH. ODIER. — Valeur et fonction des phénomènes psy
chiques. ■— Revue suisse Ps., I, 1943, p. 164-171 et 273-280.
L'auteur, dans une conférence, a montré que la Psychanalyse,
la Psychologie génétique et la Psychologie fonctionnelle doivent
s'allier. Génétique, la Psychanalyse l'est dès l'abord, puisqu'elle
cherche l'origine des complexes jusque dans l'enfance du patient ;
elle vise à transformer les habitudes mentales en souvenirs, à relier
le présent au passé, et vice versa. De plus, elle est fonctionnelle :
l'activité psychique étant toujours suscitée par un besoin, la Psycha
nalyse cherche les raisons des troubles psychiques dans des besoins
entravés et inconscients. L'auteur montre par quels concepts on peut
relier ces trois sciences. La « valeur » des idées ou des sentiments
dépend des affects normatifs auxquels l'individu obéit en société.
La « fonction des phénomènes » psychiques, ce sont les satisfactions
individuelles auxquelles ces phénomènes répondent. La Psychologie
génétique nous apprend comment l'enfant passe graduellement « du
domaine des fonctions à celui des valeurs » et comment, à partir de
l'âge de huit ans, les valeurs s'harmonisent avec les fonctions. Mais
chez l'adulte il peut y avoir prédominance des fonctions inconscientes.
D'où naissance de « fausses valeurs » ; on reconnaît ici la notion de
refoulement, etc. V.
21. — M. MERLEAU-PONTY. — La structure du comportement. —
In-8° de 314 pages. Paris, Presses Universitaires, 1942. Prix :
75 francs.
L'auteur a eu le but d'aborder le grand problème de la connais
sance en tâchant de comprendre « les rapports de a conscience et
de la nature ».
Il est parti d'une analyse de la notion de comportement, mont
rant que, dès les réflexes et à plus forte raison dans les réflexes
conditionnés et les comportements supérieurs, s'impose le rôle des
structures que les gestaltistes ont mis en évidence. C'est comme
structure qu'il introduit la conscience.
« Le psychisme se ramène à la structure du comportement »,
et peut ainsi être saisi du dehors.
Le « savoir » sur le monde doit être distingué des perceptions
qui restent subjectives.
« Nos confrontations intersubjectives ne portent que sur la 334 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
structure intelligible du monde perçu », et « la perception comme
connaissance des choses existantes, est une conscience individuelle ».
Le point capital du travail réside dans un essai de réfutation des
interprétations structurales sur le terrain physiologique, telles que
celles qui invoquent l'intervention de centres coordinateurs, comme
je l'ai fait dans Le Cerveau et la Pensée. .
Les faits invoqués par l'auteur, modifications de valeurs par
interrelation d'une unité dans un ensemble structuré, fragilité
variable de systèmes, non séparation de zones de projection d'un
point du tégument pour des ordres différents de sensibilité qui
n'auraient donc point de spécificité protectrice, etc., ne sont null
ement décisifs, et, si les notions d'intégration et de coordination
paraissent à l'auteur « un compromis avec l'atomisme », ce n'est
pas une raison pour les rejeter comme s'ils étaients contaminés.
Et, pour ma part, je crains qu'une notion de structure fluide,
avec des initiatives improvisatrices et par là encore imprévisibles,
ne soit dangereuse pour les progrès de la recherche scientifique,
déterministe et analysatrice.
Mais la thèse de l'auteur est originale et intéressante et elle fait
au behaviorisme bien compris une place assez large. H. P.
22. — PIERRE NAVILLE. — La Psychologie, science du compor
tement. — In-16 de 253 pages (L'Avenir de la Science). Paris,
Gallimard, 1942.
Séduit par le bahaviorisme radical de Watson, P. N. a voulu faire
connaître très exactement la pensée du psychologue américain dont
les ouvrages fondamentaux n'ont pas été traduits en français.
Il a très consciencieusement et très fidèlement exposé le système
watsonien, et on doit le remercier de son effort.
Mais on ne trouvera dans le livre que cet exposé, sans discussion,
sans vue d'ensemble pour situer le behaviorisme, pour rechercher
ses origines, ou suivre ses variations.
Aussi la seule critique que l'on puisse faire est celle du titre, trop
général, donné au livre ; il aurait fallu, tout au moins, ajouter au
titre cette limitation : « D'après les ouvrages de Watson. »
H. P.
23. — ANDRÉ TILQUIN. — Le Behaviorisme. Origine et développe
ment de la psychologie de réaction en Amérique. — In- 8° de
531 pages. Paris, J. Vrin, 1942. Prix : 100 francs.
. Cette thèse, profondément élaborée et mûrie, d'un élève et disciple
de P. Guillaume, apporte, sur l'évolution d'un grand courant de
pensée américain, une documentation très complète.
On y trouvera retracé, dans ses origines et dans son évolution,
l'ensemble de conceptions que les systèmes behavioristes se sont
faites de la psychologie.
Le behaviorisme apparaît comme essentiellement apparenté à
la biologie darwinienne, à la psychologie animale qui a élaboré une
méthodologie du comportement, et à la méthode des tests, et résul
terait essentiellement d'une révolte de l'esprit pratique américain
contre- la psychologie spéculative des Allemands. .
THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 335
Le behaviorisme se trouve défini par l'adoption de cinq postulats :
monisme et déterminisme matérialiste ; adaptation de l'organisme
au milieu (dualisme biologique manifesté par le couple action-
réaction), limitation à une action coordinatrice du rôle du système
nerveux (fonctionnant par unités d'arcs entiers), nature pratique
d'une science psychologique de prévision, enfin continuité «ntre
l'animal et l'homme.
Une première partie de l'ouvrage de T. est consacrée à la psychol
ogie de Watson, qui formula le premier la doctrine behavior is te _
L'exposé en est excellent. La sympathie de l'auteur pour le
système apparaît nettement, ici, tout en soulignant que bien des
affirmations et négations watsoniennes relèveraient de sa conception
matérialiste sans être liées à la thèse objectiviste fondamentale.
T. considère cependant qu'on n'a jamais infirmé les thèses relatives
à la négation du rôle de l'hérédité (avec identité congénitale de tous
les hommes normaux), ainsi que d'une maturation du système
nerveux après la naissance, alors que les faits permettent de s'inscrire
formellement en faux contre ces conceptions qui ne sont d'ailleurs
nullement imposées par un système matérialiste et mécaniste.
Quelques pages sont consacéres au behaviorisme, plus radical
encore que celui de Watson, élaboré par son disciple chinois Kuo,
puis T. aborde le développement des doctrines chez Meyer, Weiss
et Hull, et enfin envisage les doctrines originales de Kantor et surtout
de Tolman, qui restitue une téléologie.
Grâce à l'auteur, les lecteurs français pourront acquérir une
connaissance exacte de systèmes psychologiques intéressants dont
les exposés, généralement dispersés, étaient peu accessibles.
Traitant, à la fin de son livre, des « fondements du behavio
risme », T. résume des discussions dans lesquelles il intervient lui-
même ici ou là, alors qu'il eût été sans doute préférable de dissocier
l'exposé historique de l'appréciation personnelle et de la critique,
et de consacrer à cette dernière un exposé systématique.
Selon lui, l'épistémologie physicaliste correspond exactement au
behaviorisme, dont l'aspect psychologique se complète par la face
logique du physicalisme, et, si étrange et révolutionnaire qu'il paraisse
au premier abord, le « monisme réactionaliste » concorderait en réalité
« avec des philosophies de tout repos » ; le behaviorisme pourrait
n'apparaître que comme la traduction, en termes de réponse, de
l'idéalisme de Berkeley, en remplaçant F « esprit » de celui-ci par
l'organisme.
On se trouve là sur le terrain de la métaphysique, mais, en
terminant, T. rappelle que le behaviorisme entend être une science,
et que « s'il implique une philosophie, c'est la philosophie même
de la science ». H. P.
24. — CARLO SGANZINI. — Verhalten als Erkenntniskategorie
(Grundlegung von Seelenwissenschaft als Verhaltenslehre) (Le
comportement, catégorie de la connaissance. Fondation de la Psy
chologie du comportement) . — R. suisse Ps., I, 1943, p. 201-206
et 280-289.
L'auteur fait l'historique de la notion de Behavior ou de compor- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 336
tement (Watson, Betcherew...), et de celle de conduite (Janet, Clapa-
rède, Piaget). Il montre la nécessité d'unir dans une même notion
l'aspect objectif et l'aspect intérieur de la notion de comportement,
et pense trouver la solution dans la notion de « rythmique », dont
il fait une sorte de catégorie fondamentale de la psychologie : la
structure du comportement se présente comme une « forme ryth
mique » ; cette structure est saisissable dans l'expérience interne
comme dans l'expérience externe ; présente dans les formes infé
rieures du psychisme, elle est aussi le fondement des supé
rieures de la spiritualité. V.
25. — G. VAN DER LEEUW. — Grenzen van menschelijk gedrag
(Limites du comportement humain). — Alg. Ned. Tijd. v. Wijsb.,
XXXVI, 2, 1942, p. 76-79.
Ce bref article constitue un commentaire de l'ouvrage récent
de H. Plessner, Lachen und Weinen (1941). Après avoir rappelé
l'opposition fondamentale entre la psychologie de conscience et le
behaviorisme, l'A. expose la théorie de Plessner, qui considère le
comportement comme une forme d'expression de l'essence même de
l'homme. Celui-ci se caractérise par son « excentricité », c'est-à-dire
qu'à la différence de l'animal, il se voit en quelque sorte du dehors,
comme un moi qui peut être opposé au corps et qui le domine. Le
rire et les pleurs sont des cas limites, des formes d'expression d'une
crise dans laquelle l'homme perd précisément son « excentricité ».
L'A. fait quelques réserves touchant cette théorie. R. P.
26. — M. LUCKIESH et F. K. MOSS. — A restricted extension of
Fechner's law from sensation to behavior (Extension partielle
de la loi de Fechner de la au comportement). — Ps. Rev.,
XLIX, 2, 1942, p. 135-142.
La loi de Fechner, que la sensation varie selon une progression
arithmétique, tandis que l'excitation une
géométrique, est vraie approximativement et dans de certaines
limites. On trouve une relation du même genre entre la sensation et
certaines formes du comportement. Par exemple, si l'on demande
au sujet de lire un texte avec des éclairements différents, on constate
que la pression involontaire exercée par la main gauche du sujet
diminue en même temps que l'éclairement augmente, donnant une
courbe logarithmique. De même, le nombre de clignements des
paupières diminue quand augmente de 1 à 100 bougies.
De même aussi, le diamètre de la pupille diminue en progression
arithmétique quand l'éclairement augmente géométriquement, dans
les limites données plus haut. Ainsi la loi de Fechner s'applique à ces
mouvements involontaires, de caractère différent. La relation logar
ithmique s'est maintenue quand la sensation est transformée en réponse
motrice involontaire. Troland pense qu'elle correspond à la relation
entre le stimulus et le processus de conduction nerveuse. G. P.
27. — R. P. HINSHAW. — The concept of adjustement and the
problem of norms (Le concept d'ajustement et le problème des
normes). — Ps. Rev., XLIX, 3, 1942, p. 284-292.
L'ajustement, c'est, sous une forme à peine modifiée, l'adaptation

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