Tissié, La fatigue et l'entraînement physique - compte-rendu ; n°1 ; vol.4, pg 594-596

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L'année psychologique - Année 1897 - Volume 4 - Numéro 1 - Pages 594-596
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1897
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Alfred Binet
Tissié, La fatigue et l'entraînement physique
In: L'année psychologique. 1897 vol. 4. pp. 594-596.
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Binet Alfred. Tissié, La fatigue et l'entraînement physique. In: L'année psychologique. 1897 vol. 4. pp. 594-596.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1897_num_4_1_2991594 ANALYSES
« La différenciation du double contact a été étudiée dans la même
région, les deux pointes placées ti'ansversalement par rapport à l'axe
du doigt et avec une pression de deux grammes et demi (chiffres
exprimant la moyenne de dix explorations à chaque époque).
AVANT L'ENTRAINEMENT APRÈS L'ENTRAINEMENT
m. droite. m. gauche. m. gauche. m. droite.
gr- Kr- gr- Sr-
0,0022 0,0025 0,0018 0,0021 Pouce
0,0023 0,0022 Index
0,0029 0,0031 0,0026 Médius 0,0028
0,0032 0,0032 Annulaire .... 0,0030 0,0029
0,0031 0,0026 Petit doigt . . . 0,0030 0,0027
« D'autres changements, qui échappent malheureusement pour la
plupart au contrôle, sont notés par le sujet de l'expérience. En ce qui
concerne la motilité il a acquis une habileté plus grande, non seul
ement pour les mouvements adaptés au violon, ce qui, pour l'entou
rage, ne fait pas de doute, mais aussi pour les adaptations au dessin.
Mais ce ne seraient pas seulement les mouvements de la main qui se
seraient perfectionnés ; il affirme qu'il s'est produit, tout à fait à son
insu, des modifications de la motilité des orteils, qui seraient capables
des mouvements de latéralité qui faisaient sûrement défaut autrefois.
La motilité du larynx et du thorax aurait aussi subi des modifica
tions qui s'objectiveraient par une augmentation de l'étendue du
registre aigu et par une plus grande intensité de la voix. Enfin son
énergie motrice en général s'est développée.
« En ce qui concerne la sensibilité, le tact ne serait pas le seul à avoir
obtenu un bénéfice de l'entraînement. Le sujet prétend que l'ouïe
s'est développée, etjque la discrimination des couleurs s'est perfec
tionnée. La mémoire musicale en particulier serait améliorée. »
A. Binet.
TISSIÉ. — La fatigue et l'entraînement physique. Un vol. in-18,
343 p. Paris, Alcan, 1897.
L'auteur est avant tout un homme d'action, il est Fame de la
Ligue gii'ondine de l'éducation physique, il a fait beaucoup pour le
bien des jeunes générations. On lui doit des études scientifiques sur
l'attitude prise pour écrire, sur les différentes espèces de gymnast
ique, et des observations nouvelles sur les rêves, sur les sonmambu-
lismes, sur l'entraînement. Je compte surtout à son actif une très
curieuse classification des caractères, classification que l'on trou-
..... 552). — Abu, Étude clinique des troubles de la sensibilité générale, du
■sens musculaire et stéréognoslique dans les hémiplégies de cause céré
brale, 1896. — Bourdicaub-Dumay, Recherch. clin, sur les troubles de la
sens, gén., du sens musc, et du sens sléréognos tique, etc., th. 1897. MOUVEMENTS 595
vera reproduite dans un mémoire original de la présente Année,
intitulé : A l'école primaire. — Le nouvel ouvrage de l'auteur sur la
fatigue et l'entraînement physique est un livre populaire, strict
ement comparable à ceux de Mosso et de Lagrange, présentant les
mêmes qualités de lecture captivante, de descriptions claires et
animées; il ne faut pas chercher dans les ouvrages de ce genre des
démonstrations précises. Voici la division de l'ouvrage : le chapitre
premier parle de l'entraînement physique; il montre l'influence de
l'entraînement sur la respiration, la circulation, l'innervation, la
nutrition, la locomotion ; le résumé pratique de ce chapitre est qu'une
petite fatigue tonifie et qu'une grande fatigue affaiblit. Le second
chapitre, consacré à l'entraînement intensif, montre précisément les
conséquences fâcheuses de la fatigue produite par l'abus des exercices
physiques et des sports. L'auteur est un ennemi de des sports,
et il s'éJève surtout contre les grands records auxquels on sacrifie
beaucoup trop aujourd'hui. Dans le chapitre ni, l'auteur abandonne
la fatigue des sujets sains, pour étudier la fatigue des débiles nerveux;
il passe en revue les diverses causes de chez ces malades, la
croissance, la profession, les mouvements, les sensations, le milieu,
l'électricité, l'hydrothérapie, les douleurs, les excès intellectuels, et il
esquisse l'hygiène à appliquer à ces individus. Le chapitre iv contient
le développement complet des idées de l'auteur sur la gymnastique.
11 expose d'abord des considérations générales sur le train supérieur
et le train inférieur chez l'homme ; il montre que le bras est beaucoup
plus faible que la jambe ; il soutient que les exercices des bras — par
exemple la suspension aux agrès — fatiguent beaucoup plus que les
exercices des jambes, que ces exercices tendent à produire des con
gestions veineuses, et ne favorisent pas autant que l'exercice des
jambes le développement de la cage thoracique : par conséquent,
il condamne la gymnastique française, qui est surtout une gymnas-
tique de suspension aux agrès. Nous pensons en effet que ce sont là
des questions extrêmement importantes, et si nous pouvons émettre
un désir, c'est que l'auteur les reprenne dans un ouvrage spécial en
les étudiant de plus près. 11 se contente trop souvent, à notre sens,
de remarques un peu vagues, ou d'observations pathologiques qui
nécessairement restent très spéciales ; il faudrait pouvoir prendre
une ou deux équipes de jeunes gens, de même santé moyenne, de
même force physique moyenne, leur faire suivre pendant une année
des exercices gymnastiques différents, et ensuite mesurer leurs diff
érentes fonctions physiologiques, pour savoir quels sont ceux qui ont
gagné et quels sont ceux qui ont perdu. J'avoue que je ne puis pas
envisager autrement ces questions-là. L'auteur expose ensuite la
méthode de gymnastique suédoise, qui exerce les jambes autant que
les bras; la méthode anglaise, qui se confond avec les sports ou jeux
de plein air, et enfin sa propre méthode ou psycho-dynamique : sur
ce dernier point, nous voudrions plus de détails, et il est fâcheux que
. 596 ANALYSES
l'auteur se contente de reproduire une description due à un de ses
élèves. Le chapitre v traite de l'entraînement physique à l'école ;
après une classification des exercices du corps, l'auteur parle des
réformes à faire ; outre les réformes futures, principalement celle du
personnel enseignant, il y a des réformes immédiates, les récréations
actives, les caravanes de vacances, les fiches de développement.
L'ouvrage se termine par des considérations générales sur l'hérédité.
A. Biket.
TUCKER. — Comparative Observations on the Involuntary Movements
of Adults and Children (Observations comparées des mouvements
volontaires chez les enfants et les adultes). Amer. Jour, of Psychol.,
VIII, 3, p. 394-404 (avec plusieurs tracés).
Dans cette petite note, l'auteur reprend une étude précédente de
Jastrow, en employant le même instrument, Fautomatographe, que
Ton peut comparer à une planchette spirite perfectionnée; c'est une
sorte de planchette munie d'un crayon et pivotant sur trois roues
mobiles ; on pose les doigts sur la planchette et celle-ci étant très
mobile peut céder aux moindres mouvements de la main; elle les
inscrit au moyen de son crayon sur une feuille de papier placée en
dessous. Cette méthode permet d'enregistrer les petits mouvements
qu'une personne l'ait involontairement et inconsciemment sous
diverses influences. L'auteur a pensé avec raison qu'il fallait d'abord
commencer par enregistrer les mouvements inconscients qui se pro
duisent dans les mains sans provocation extérieure. Les sujets
avaient donc les deux mains appliquées sur deux planchettes, ils
restaient immobiles, et ne connaissaient pas le but de l'expérience;
ils récitaient des verbes ou des poésies ou comptaient à haute voix.
Les expériences ont été faites sur 18 adultes et 25 enfants. Elles ont
montré qu'il y a constamment dans les mains une forte tendance à
exécuter des mouvements inconscients ; les mouvements des mains
placées en avant du corps sont dirigés vers la ligne médiane. Une
seconde série d'expériences a consisté à enregistrer les mouvements
inconscients des mains pendant qu'on appelait l'attention des sujets
sur un objet immobile placé devant eux, ou à leur droite ou à leur
gauche; le nombre des mouvements inconscients n'a pas augmenté,
et on n'a pas constaté une tendance à mouvoir les mains vers l'objet.
Cette conclusion est contraire à celle de Jastrow (Amer. J. of Psycho
logy, IV, p. 338, et V, p. 223) qui avait cru reconnaître un mouve
ment des mains vers l'objet perçu. L'auteur pense qu'un objet immob
ile ne donne pas nécessairement une suggestion de mouvement.
Enfin, une troisième série de recherches a montré que lorsqu'on
regarde un objet en mouvement, par exemple un pendule oscillant,
il y a une production énorme de mouvements inconscients dans le
sens des objets; aussi, dans 332 cas, il y a eu 292 fois des mouve-

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