Tissu urbain et architecture. L'analyse parcellaire comme base de l'histoire architecturale - article ; n°4 ; vol.30, pg 773-818

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Annales. Économies, Sociétés, Civilisations - Année 1975 - Volume 30 - Numéro 4 - Pages 773-818
46 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1975
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Françoise Boudon
Jean Blécon
Tissu urbain et architecture. L'analyse parcellaire comme base
de l'histoire architecturale
In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 30e année, N. 4, 1975. pp. 773-818.
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Boudon Françoise, Blécon Jean. Tissu urbain et architecture. L'analyse parcellaire comme base de l'histoire architecturale. In:
Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 30e année, N. 4, 1975. pp. 773-818.
doi : 10.3406/ahess.1975.293645
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1975_num_30_4_293645T/SSU URBAIN ET ARCHITECTURE
ANALYSE PARCELLAIRE COMME BASE
DE HISTOIRE ARCHITECTURALE*
histoire de architecture est depuis longtemps constituée sur la base de
étude des styles partir innombrables monographies sur les édifices
notables Tout le monde observé que cette discipline ne recouvrait pas tous les
phénomènes de là construction et de architecture urbaines Pour rejoindre la
réalité globale de la chose bâtie il fallu accomplir un double et difficile
redressement abord introduire et approfondir la notion architecture
mineure en second lieu considérer la ville comme une continuité la fois
dans espace et dans le temps où ce qui étale aux yeux dans étendue et est
toujours per par définition en simultanéité doit être saisi en même temps dans
la dimension de la durée Dans une ville la perception synchronique est
naturelle la mise en diachronie demande un effort spécifique
Dans ces deux directions se sont produits depuis près un siècle des déve
loppements importants On est parvenu un degré de précision nouveau et
décisif au moment où il été reconnu que élément fondamental de la structure
urbaine est la parcelle et que instrument essentiel analyse urbaine est la
carte historique Il restait toutefois les exploiter pour rendre compte de ces
aspects matériels terriblement concrets et positifs implantation et articula
tion du bâti qui apparaissent comme le préalable toute histoire démographi
que et sociographique aussi bien architecturale
La parcelle est le plus petit dénominateur commun de implantation
humaine où se retrouvent les éléments juridiques sociaux économiques qui
font histoire de la terre où se succèdent les expériences de la culture et de
habitat4 analyse historique de la structure parcellaire du tissu urbain est
bien le moyen de faire apparaître le lien entre le lieu et architecture entre le
lieu et la fonction Elle seule permet expliquer les rapports de chaque élément
avec son voisin et enregistrer la variété de chroniê des différentes séquences
urbaines une étude menée dans ce sens sur un secteur volontairement
restreint de Paris mais dans un champ chronologique très large et absolument
illustration de cet article est de Jean LE ON architecte DPLG
773 ESPACE PARISIEN
FIG Le quartier des Halles en 1780
Les îlots numérotés sont analysés dans le texte)
continu sur sept siècles fig l) on dégagé une interprétation théorique du
phénomène parcellaire comme contribution une méthodologie de histoire de
architecture urbaine considérant volontairement le tissu parcellaire sous son
aspect le plus simple le plus élémentaire comme nombre et comme forme De
analyse diachronique de ces deux éléments se dégagent les lois qui unissent le
tissu urbain et architecture
Essai interprétation une série cartographique
volution numérique du tissu parcellaire
Comparant la carte parcellaire restituée du centre de Paris médiéval celle
des années 1850 Berty concluait la fixité du tissu urbain au ur de la ville
774 BOUDON TISSU URBAIN ET ARCHITECTURE
Depuis une multitude observations de détail ont confirmé cette affirmation
mais ces travaux tous fondés sur la même méthode qui est le report sur une
seule carte de tous les éléments historiques disponibles raisonnent sur un docu
ment flou En reprenant une méthode de travail qui fait ses preuves mais en
affinant et en dissociant nettement les couches chronologiques il devient
possible obtenir une lecture plus aisée de évolution du tissu parcellaire et
analyser le bien-fondé des thèses anciennes
analyse de évolution numérique du tissu parcellaire est pas aisée parce
que les possibilités de restitution cartographique sont inégales suivant les
secteurs Même pour un quartier riche en documentation comme est celui des
Halles Paris on ne peut restituer une fa on complète du xi ve au
xxe siècle que la moitié de aire choisie En fait on sera toujours amené
considérer deux niveaux de lecture dans évolution du parcellaire des quartiers
anciens des villes un niveau topographiquement incomplet mais chronologi
quement continu durée longue et un niveau chronologiquement restreint
mais couvrant tout le secteur choisi durée courte
volution numérique de ilôt
en durée courte fig du début du xvne siècle au milieu du xixe siècle
dans tout le quartier des Halles le parcellaire évolue relativement peu On note
quelques cas fortuits de chutes ou de montées brusques de la courbe traduisant
soit la réduction du nombre des parcelles un îlot par établissement une ou
plusieurs grandes demeures dans un tissu serré îlot 17) soit leur augmenta
tion par le lotissement de grands hôtels ruinés Mais dans la majorité des cas la
courbe est partout assez stable Si les plateaux rigoureusement linéaires sont
rares N20 42 19) les variations que on enregistre sont sans
commune mesure avec celles qui affectent le parcellaire de ensemble du tissu
la fin du Moyen Age
en durée longue fig si pour chaque îlot on prend comme point de
référence le nombre de parcelles il contient en 1830 la différence est que
de quelques unités entre 1830 et 1640 elle est de plusieurs dizaines unités
entre 1640 et 1380 Toutes les courbes en durée longue sont donc irrégulières
mais une fa on plus accentuée dans la partie du quartier que dans la
partie S.E Pour cette zone le profil de évolution des îlots sans être absolu
ment régulier est assez rectiligne les points extrêmes de la courbe sont peu
près de niveau Il faut remarquer cependant que les courbes irrégulières existent
dans ce secteur elles caractérisent surtout les îlots très petits originellement
occupés par de très grands terrains Leur morcellement entraîne une modifica
tion plus radicale de organisation parcellaire de ces îlots il ne aurait fait
dans des îlots de plus grande étendue La comparaison des deux secteurs est
ailleurs rendue un peu ardue du fait que les restitutions longues sont nette
ment moins nombreuses au au S.E et donc la gamme des exemples
plus restreinte
Hypothèses de lecture des résultats
Les raisons des mutations de propriété et des transformations de ar
chitecture la relation entre ces deux phénomènes leur rapport avec histoire
775 ESPACE PARISIEN
in <o CO 00 00 CO <o CO 00 oo CO CO
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41 de 1830
FIG volution parcellaire de îlot en durée courte Schémas établis pour dix îlots
du quartier des Halles au nord et au sud de la rue St-Honoré
entre 1630 et 1830
économique sont des problèmes encore peu abordés est-ce qui fait bouger le
tissu urbain est-ce qui permet sa cristallisation Sans nul doute le mode de
propriété les structures commerciales les rapports entre propriétaire et loca
taire les conditions du logement ont un rôle essentiel dans évolution du tissu
urbain jusque vers 1830/18407 Une étude diachronique de la composition
sociale du niveau de vie du degré de fortune non seulement des propriétaires
des maisons un îlot mais aussi des locataires dans la mesure où ils repré-
776 OLO CO CT COO 00 eo oo eo in in c<1 Of- coo oo oo in in <î r-co
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21 81 Nombre de parcelles en 1830
FIG volution parcellaire de îlot en durée longue Schémas établis pour sept flots
au nord et neuf au sud de la rue St-Honoré entre la fin du xi ve siècle et 30
777 ESPACE PARISIEN
sentent souvent des propriétaires en puissance assez souvent le locataire
acquiert la maison il occupe expiration de son bail éclairerait peut-être les
raisons du statisme ou de la mobilité du tissu parcellaire On doit se contenter
présent dans la plupart des cas un simple constat ordre topographi
que surtout pour les quartiers centraux des villes où les phénomènes de muta
tion remontent très haut dans le temps
Aux Halles les îlots les plus stables en longue durée sont tous situés dans la
partie la plus anciennement urbanisée entre le vue et le xie siècle la fin du
xive siècle au moment où leur restitution devient possible il agit donc un
tissu déjà ancien une maturation de trois siècles complètement saturé Le
développement rapide de la rive droite fait que ce secteur est désormais central
et donc semble-t-il complètement utilisé on ne relève dans les documents
de époque aucune mention de place vide fréquentes ouest du quartier
dans la zone la plus neuve
Au xive siècle le tissu urbain du secteur est bien différent caractérisé
surtout par hétérogénéité de la maille parcellaire très régulière et serrée dans la
partie autoritairement lotie par Philippe-Auguste irrégulière aux abords de
enceinte Le long de ce mur délaissé presque aussitôt que construit et devenu
rapidement sans objet par édification de enceinte de Charles les habitants
selon leur fortune ou leurs besoins se sont taillés des domaines étendue très
diverse qui même en 1490 ne sont pas tous bâtis Sur ce tissu malléable non
saturé de constructions toutes les transformations parcellaires sont possibles Ce
est pas un hasard si du xve au xvne siècle de grands chantiers privés ou
publics ouvrent au moins pour la rive droite tout le long des fortifications Au
cours du xve siècle de notables changements surviennent dans la répartition des
cellules parcellaires le profil de la courbe en est bouleversé pour un moment
Puis sous influence un climat économique et social différent lié accroisse
ment de la ville et au déplacement de son centre résidentiel le tissu urbain se
morcelle nouveau pour se stabiliser rapidement et suivre la ligne générale
enregistrée plus haut en durée courte Dans ensemble donc amplitude de
variation de la courbe générale est plus importante au au S.E Mais que
la courbe soit très plate ou accusée autrement dit que évolution du tissu de
chaque îlot soit faible ou importante on remarque cependant une permanence
de forme très caractéristique extrême fin du Moyen Age partout le tissu
parcellaire élargit puis après être resserré dans la deuxième moitié du
xvie siècle se stabilise et rejoint le profil général rectiligne fig 4)
fin xviii
1830
FIG volution parcellaire un îlot en tissu ancien
Schéma général
778 BOUDON TISSU URBAIN ET ARCHITECTURE
Considéré dans un cycle évolution de longue durée le parcellaire apparaît
donc plus mobile en cycle court la fixité du tissu urbain patente pour cer
tains îlots ne peut pas être érigée en règle absolue pour ensemble un quar
tier si on en croit exemple des Halles Mais vrai dire la prudence impose
On ne connaît évolution longue du parcellaire que pour la moitié seulement de
ce quartier Avant de conclure que la thèse de la fixité parcellaire des quartiers
anciens des villes est irrecevable il faudrait étendre expérience de reconstitu
tion en longue durée autres secteurs de la ville historiquement et morpholo
giquement proches du quartier des Halles est ce prix seulement que on
pourrait estimer la valeur de ce schéma en forme de racine carrée et savoir il
agit une règle générale évolution du parcellaire urbain ou au contraire
un accident propre un secteur de la ville dans une évolution générale de
type linéaire
La comparaison avec les schémas évolution autres quartiers de Paris
centraux ou périphériques de même durée que celui des Halles ou de
durée plus courte serait autant plus intéressante elle permettrait de
connaître le degré de sensibilité des quartiers centraux aux événements qui font
histoire des villes Dans quelle mesure le schéma défini est-il spécifique de un quartier Ou bien est-il seulement indication de insertion de
plus en plus profonde au ur de la ville un territoire qui fut abord lui
seul la moitié de la cité asthénie progressive de son tissu traduit-elle le rôle
de plus en plus faible que joue ce quartier dans une ville en constante
extension
au milieu du xvie siècle le quartier des Halles qui représente lui
seul près de la moitié de la rive droite de la Seine réagit fortement aux événe
ments politiques et économiques La prospérité du xi ve siècle retentit peu près
uniformément sur tout le territoire compris dans enceinte de Philippe-Auguste
et fortiori sur les Halles une population nombreuse exige pour se loger et
travailler une multiplication des bâtiments donc une fragmentation du sol De
même la dépression du xve siècle modifie partout la texture du parcellaire une
population clairsemée un grand nombre de maisons abandonnées entraînent un
abaissement du prix des terrains et la possibilité pour quelques privilégiés de se
constituer peu de frais de grandes propriétés Le mouvement se renverse
ensuite lentement Vers 1500 la densité de la population est redevenue forte
Dès le moment où Paris est officiellement promu capitale du royaume ce
phénomène intensifie Il faut nouveau fragmenter les terrains pour cons
truire où la remontée de la courbe initiative royale des années 1540/1550
de démembrer ses grands hôtels et de les lotir est épisode le plus connu un
phénomène général toute la ville et on en trouve partout des exemples
spectaculaires ou discrets mais toujours révélateurs Au début du xvne siècle le
découpage des grands terrains atteint presque partout sa limite aux Halles
sur ce territoire désormais central quartier une grande ville évolution du
parcellaire se fige Au moment où on peut enfin grâce abondance et la
précision des documents archives restituer dans son ensemble le tissu de ce quartier un plateau établit la courbe qui persiste
au début du xixe siècle Moment caractéristique où rien ne bouge
Comment doit-on interpréter cette fixité
Ce que on sait de extrême difficulté de fonctionnement que connaît le
marché des Halles 10 de ampleur des mutations sociales qui affectent chacun
779 ESPACE PARISIEN
de ses secteurs symbolisée par la transformation des demeures aristocratiques
en locaux commerciaux et en bureaux dès le milieu du xvne siècle incite
interpréter cette stabilité comme un signe de sclérose Cependant fixité
parcellaire ne signifie pas immobilité architecturale on construit beaucoup aux
Halles du début du xvne siècle aux années 1750 mais le plus souvent sur des
formes parcellaires déterminées au Moyen Age le quartier ne se transformant
en hauteur la fin du vine siècle pour les îlots sur lesquels on est
renseigné plus de la moitié) la stabilité parcellaire infléchit légèrement en
1830 la maille apparaît un peu plus large en 1780 On sait que la tendance
depuis la fin du Ancien Régime Paris est de construire partout où on le peut
au centre des villes de grands immeubles de rapport plus rentables édifier et
louer que les petites maisons traditionnelles Entre 1780 et 1820 les opérations
immobilières de ce type sont nombreuses aux Halles Mais dans ensemble les
structures résistent il manque cependant les points de comparaison qui
permettraient estimer plus justement le degré de sclérose de ce vieux quartier
au moment où lentement on achemine dans toute la ville vers une autre
fa on de construire et donc de vivre Aux Halles la notion évolution
parcellaire perd son sens après 1860 il agit alors une révolution
Ainsi analyse numérique du tissu parcellaire un quartier îlot par îlot sur
cinq siècles nuance sensiblement la thèse une fixité générale du tissu urbain
au ur des villes Il se dégage clairement par contre une évolution par zone
aux Halles la zone S.E. la plus ancienne se fige relativement plus vite que la
zone urbanisée plus tard Ainsi chacun leur tour au fur et mesure
ils prennent place dans les strates de la cité en expansion les îlots
atteindraient leur limite de malléabilité
volution numérique le long de la rue
Si pour chaque îlot au cours du temps le nombre des parcelles tend
changer même faiblement comment se répartit ce changement sur le périmètre
de îlot Et plus précisément comment évolue chacune des rives de îlot
Question primordiale pour histoire de architecture qui interroge sur les fac
teurs de changement du décor urbain les transformations du parcellaire jouent
évidence un très grand rôle dans ce changement puisque la succession des
fa ades sur la rue émane de la division du sol
analyse numérique de évolution parcellaire un parcours notion un
peu floue où se mêlent critères topographiques et critères usage été ef
fectuée par esprit de système Elle ne modifie pas sensiblement les conclusions
obtenues par analyse numérique des surfaces insulaires Les cheminements en
zones anciennes stabilisées dès le xie siècle restent identiques eux-mêmes
la fin dû xvnie siècle tandis en zone urbanisation relativement
récente les transformations sont plus nettes
Utilisée une vaste échelle celle de la ville tout entière analyse numérique
des parcours serait très utile parce elle permettrait une estimation rapide de
évolution de son tissu aux différentes étapes de son histoire 11 Mais appliquée
un petit secteur une telle analyse renseigne trop grossièrement et présente le
grave inconvénient de masquer les problèmes formels une micro-analyse de
la rue segment par segment fait pressentir analyse du tron on de la rue St-
Honoré compris dans le quartier permet de conclure une augmentation du
780 BOUDON TISSU URBAIN ET ARCHITECTURE
nombre des parcelles qui la bordent entre le xive et le xvne siècle Or cette évo
lution ascendante est loin de caractériser uniformément tous les points de cette
voie Sur chacune de ses rives des zones extraordinaire fixité coexistent côté
de zones mouvantes fig Leur localisation estimation de leur degré de fixité
est essentielle pour histoire du tissu urbain donc du paysage architectural de la
rue Quand on restitue ce parcours pour la première fois la fin du xive siècle
une suite régulière de très petites parcelles toutes égales étend sur la rive sud
face au marché Au xne siècle époque probable de leur apparition par rapport
au cheminement E.-O qui préfigure la rue St-Honoré ce tron on jouit évidem
ment avec son vis-à-vis une situation très favorable le terrain certainement
plus cher que est celui qui fait face au cimetière est fragmenté la
limite de utilisable Un siècle plus tard on reprend sans doute pour lotir la rive
nord de la rue entre la rue des Prouvaires et la rue Orléans ce schéma par
cellaire si bien adapté au type occupation prévu essentiellement commercial et
artisanal La similitude des formes incite poser cette hypothèse partir du
xive siècle ces tron ons se renouvellent par reconstruction sur un parcellaire
désormais immuablement fixe Dans les autres sections de la rue au contraire
près du mur enceinte et dans la zone intermédiaire entre la ville du xie et le
lotissement du xme siècle le tissu parcellaire un découpage par nature aléa
toire évolue une fa on capricieuse et ne se cristallise pas avant le xviie siècle
est là que les événements architecturaux qui animent la rue St-Honoré seront
les plus nombreux Ces différences étaient pas apparues dans analyse numéri
que trop générale
Il est pas rare que les transformations intéressent une ou deux rives
un flot exclusion des autres fig Cette localisation des mouvements
parcellaires est pas exprimée dans analyse numérique du parcellaire par îlot
Le parcellaire de îlot 19 se transforme radicalement entre 1490 et 1705 mais
seulement le long des deux grandes rues Montmartre et Montorgueil le
parcellaire du troisième côté sur la rue Tiquetonne reste pratiquement inchangé
pendant cinq siècles Cet îlot appartient la frange la plus récemment urbanisée
de la ville du xme siècle son parcellaire au xve siècle est encore malléable Sa
situation au débouché du marché sur les voies de passage essentielles pour
approvisionnement des Halles le poisson du Nord arrive par la rue
Montmartre) explique le morcellement progressif de son tissu parcellaire pour
permettre un nombre toujours croissant de marchands ouvrir boutiques sur
ces rues passantes La rue Tiquetonne transversale E.-O. est au contraire tota
lement écart de ce trafic rien intervient jamais qui puisse changer son
découpage parcellaire Dans îlot 23 qui est une nature particulière
il sert de charnière deux secteurs antithétiques du quartier un
commer ant le long de la rue de la Tonnellerie autre résidentiel du côté de la
rue des Prouvaires évolution des deux rues se fait dans des sens opposés le
versant est de la rue des Prouvaires initialement très dense élargit nettement
ensuite pour se mettre unisson une évolution résidentielle qui intéresse tout
Ouest du quartier tandis que les autres rues qui entourent îlot restent
stables comme activité des riverains qui pratiquent le commerce de la friperie
sans discontinuer du xive au début du xixe siècle
Il agit là de cas limites Presque toujours aux Halles lorsque le parcellaire
un îlot évolue les transformations se répartissent également sur chacune de
ses rues frontalières analyse numérique de ces tron ons de voie fournit des
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