Traités, manuels et ouvrages généraux. - compte-rendu ; n°1 ; vol.49, pg 636-650

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L'année psychologique - Année 1948 - Volume 49 - Numéro 1 - Pages 636-650
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1948
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I. Traités, manuels et ouvrages généraux.
In: L'année psychologique. 1948 vol. 49. pp. 636-650.
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I. Traités, manuels et ouvrages généraux. In: L'année psychologique. 1948 vol. 49. pp. 636-650.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1948_num_49_1_8406— LIVRES II.
I. — Traités, manuels et ouvrages généraux.
118. — ANDREWS (T. G.). — Methods of Psychology (Méthodes
de la Psychologie). — In -8° de 716 pages, New- York, J. Wiley
and Sons, 1948.
Les domaines de la psychologie sont si divers, les problèmes
qui se posent si variés que la expérimentale a dû inven
ter de nombreuses méthodes ou en adapter d'autres. Andrews a
eu 'l'idée d'examiner en un volume ces différentes méthodes, le mot
méthode étant pris au sens le plus large du mot, c'est-à-dire comme
synonyme de technique. Découvrir une méthode c'est bien souvent
inventer un appareil.
Évitons encore une fausse interprétation du titre du livre. Andrews
n'a pas voulu faire une œuvre de philosophie des sciences et nulle
part dans l'ouvrage le lecteur français ne trouvera d'écho des
querelles d'écoles sur les méthodes subjectives et objectives, etc.
Pour les Américains, la psychologie est une science qui ne se discute
plus. On pourra regretter cependant que l'exposition des différentes
techniques et méthodes ne soit pas plus critique.
Venons-en au volume lui-même. C'est un ouvrage collectif.
Andrews a fait appel pour chaque chapitre à un spécialiste eminent.
Les problèmes abordés vont de l'étude des diverses sensations à
celle de la perception, de l'apprentissage, de la mémoire, de la
pensée, de la motivation et des sentiments, de la motricité et de l'eff
icience, de l'intelligence et des aptitudes. Les derniers chapitres sont
consacrés aux méthodes de la psychologie animale, génétique,
clinique, pathologique et sociale.
Ce livre de méthodologie dépasse évidemment son cadre car les
différents auteurs ont été amenés à parler des problèmes qui se
posaient dans les différentes spécialités et à indiquer certains résul
tats obtenus.
Nous sommes devant un ouvrage fondamental que nous espérons
pouvoir mettre bientôt à la portée du public français dans une
traduction.
P. F. MANUELS ET OUVRAGES GENERAUX 637 TRAITÉS,
119. — MUNN (N. L.). — Psychology. The fundamentals of human
adjustement (Psychologie. Les fondements de l'adaptation humaine) .
— In-8° de 497 pages, Boston, Hougton Mifïîn and C°, 1946.
Ce manuel représente un effort très intéressant. Munn s'est attaqué
avec succès à la difficulté de présenter un manuel qui soit un reflet
fidèle des développements les plus modernes de la psychologie et
qui reste en contact avec les problèmes de la vie courante.
Il ne part jamais de définitions, mais de faits, et il a fourni le
maximum d'efforts pour écarter toutes les divisions qui réifient
les problèmes. Les discussions des théories tiennent ainsi peu de
place dans ce volume sauf là où les sont une étape vers
une recherche qui n'a pas encore abouti.
L'ouvrage comprend sept parties. La première est consacrée à
une rapide fresque historique de la psychologie, la deuxième au
développement psychologique, la troisième réunit les problèmes de
l'apprentissage, du souvenir et de la pensée, la quatrième étudie
la motivation, la cinquième les émotions et les sentiments, la
sixième les processus sensoriels et perceptifs par lesquels nous
connaissons le monde extérieur, la septième les différences indivi
duelles (intelligence, aptitudes, personnalité).
L'ouvrage est remarquablement illustré de schémas, de graphiques,
de photos d'expériences ou d'appareils.
P. F.
120. — APPICCIAFUOCO (R.). — Sommario di psicologia (Somm
aire de Psychologie). — In-8° de 243 pages, Rome, Orsa Mag-
giore, 1950 (3e édition).
Ce sommaire de psychologie a le grand mérite d'être établi d'un
point de vue strictement expérimental. Voici comment l'auteur
définit en effet la : « La psychologie ne traite pas de
l'âme, comme l'étymologie du moi pourrait à tort le laisser supposer,
ce n'est pas la science des états de conscience, de l'expérience inté
rieure..., mais elle a pour objet l'étude de l'homme dans son unité
psychophysique. »
Voici les têtes de chapitre : la vie psychique, l'attention, les st
imuli du monde extérieur et la vie la perception, l'ima
gination, l'association, la mémoire, la pensée, l'affectivité, l'activité
pratique. Dans une deuxième partie : la personnalité comme unité
psychophysique, hérédité et milieu dans la période de croissance,
la première enfance, de l'enfance à l'adolescence, l'intelligence, les
tests mentaux, l'apprentissage, le travail humain, l'orientation
professionnelle, les diminués. Des exercices sont donnés en append
ice, ainsi que des lectures générales à faire, et des notes sur les
psychologues cités.
On voit qu'il s'agit d'un manuel, de niveau assez élémentaire, ANALYSES BIB iîO GRAPHIQUES 638
mais qui doit pouvoir servir d'aide-mémoire utile aux étudiants
italiens.
M. R.
121. — PIÉRON (H.). — La Psychologie différentielle. — In-8°
de 122 pages, Paris, Presses Universitaires, 1949.
La Psychologie différentielle de Piéron constitue le premier livre
d'un traité de psychologie appliquée qui paraîtra progressivement
et traitera de l'ensemble des questions qui constituent cette disci
pline.
Le fait qu'il n'existe pas jusqu'à présent, en France, d'ouvrage
consacré à la psychologie différentielle marque déjà l'importance
de cet ouvrage. L'intérêt que l'auteur porte aux problèmes de
psychologie appliquée et tout particulièrement à ceux d'orientation
professionnelle, intérêt que soulignent les travaux qu'il a lui-même
réalisés ou inspirés en ce domaine, l'information vraiment consi
dérable qu'il a réunie (près de 400 titres pour la bibliographie des
3 chapitres), les vues synthétiques, dominant cette information,
qui apportent non seulement des jugements critiques sur ce qui a
été fait, mais indiquent aussi les directions à poursuivre font de ce
livre un instrument fondamental d'information et de travail.
Le chapitre premier est consacré au rôle de l'hérédité. Les pré
cisions génétiques font ici à peu près complètement défaut, malgré
les essais de schéma proposés par certains, dont celui de Hurst sur
la transmission de l'intelligence est le plus élaboré, et les données
positives sont fournies essentiellement par l'étude des ressemblances
entre membres d'une même famille, exprimées en particulier par
les coefficients de corrélation. Passant en revue les données concer
nant certaines aptitudes comme les aptitudes à la musique ou au
dessin, puis celles qui correspondent à certaines performances parmi
lesquelles les performances réalisées aux épreuves d'intelligence, l'au
teur insiste sur les renseignements fournis par l'étude des jumeaux.
De cette revue, il conclut : « La donnée capitale à retenir, c'est
que les fluctuations que l'on observe dans les capacités mentales
ne sont pas dues seulement aux variations fortuites normales des
phénotypes et aux influences paratypiques du milieu, mais qu'elles
dépendent essentiellement de conditions génotypiquement diffé
rentes » (p. 23) thèse qui d'ailleurs ne nie évidemment pas le rôle
du milieu/
Conformément à cette vue le chapitre 2 s'ouvre sur une discussion
relative à la notion d'aptitude qui critique vigoureusement les
confusions faites par certains auteurs entre aptitude et capacité
et pose l'aptitude comme une « disposition constitutionnelle » une
,« disposition native », « la condition congénitale d'une certaine,
modalité d'efficience », ce qui n'exclut naturellement pas la nécessité
de l'exercice pour révéler l'aptitude, les conditions de celui-ci se MANUELS ET OUVRAGES GENERAUX 639 TRAITÉS,
trouvant plus ou moins facilement réalisées selon l'aptitude consi
dérée.
Piéron apporte un intérêt particulier à l'examen de l'aptitude
« intelligence ». Tout un ensemble de données sur les problèmes que
pose celle-ci, définition, détermination des éléments caractéris
tiques, intelligence animale et intelligence humaine, correspondance
avec les facteurs biologiques... apportent sous une forme extr
êmement condensée une très grande. richesse d'informations positives.
Elles conduisent au problème des formes d'intelligence auquel
Piéron et ses élèves ont apporté des contributions expérimentales
bien connues.
« L'analyse des aptitudes » conduit à l'exposé des travaux accomp
lis à l'aide de l'analyse factorielle. L'exposé des recherches réalisées
jusqu'à l'époque la plus récente fournit une base d'information qui
sera particulièrement utile à tous ceux qui voudront s'informer
de ces travaux. L'exposé aboutit à une discussion sur la nature des
« facteurs ». Piéron pense que la physiologie cérébrale, la pathologie
mentale et la génétique pourraient contribuer à fournir des indi
cations positives pour la détermination de ceux-ci.
Le chapitre 3 traite de l'individualité et du problème des types.
L'étude des types permet de passer en revue les diverses conceptions
qui aboutissent ici encore aux résultats obtenus par l'analyse fac
torielle, analyse cette fois de la personnalité. La question des types
psychosomatiques pose le problème de la corrélation entre la struc
ture du corps et le tempérament puis conduit aux tentatives pour
déterminer ces types, tentatives dont le travail de Sheldon est la
plus récente. La notion de type, cependant, est ambiguë, comme l'a
montré Piéron antérieurement, puisqu'elle oscille entre l'ensemble
de traits caractéristiques, à la limite idéal, et le caractère normal
d'une population que l'on pourrait opposer à une autre population.
Piéron rapjDelle que le critère de bimodalité des courbes de distr
ibution des caractères n'est pratiquement jamais satisfait et que
par ailleurs les méthodes de détermination plus raffinées des types,
comme celle de Delaporte, ne paraissent pas applicables en psychol
ogie. A propos de la notion de l'indice d'hétérogénéité qu'il a créée
Piéron rappelle ses propres travaux qui ont montré la répartition
« normale » de cette hétérogénéité.
L'étude de la variabilité individuelle avec les problèmes que
pose sa détermination, puis la question des types sexuels et raciaux
terminent l'ouvrage.
Mise au point et synthèse de ce qui a été accompli en un demi-siècle
de psychologie différentielle (car cette discipline n'est guère née
avant le siècle), l'importance de ce livre vient non seulement de la
masse de faits qu'il rassemble, sous une forme dont on pourrait
presque penser qu'elle est trop condensée; effort pour dégager les
directions essentielles il fait à la fois comprendre ce qui a été fait ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 640
et pressentir les directions et les voies d'où pourra provenir plus
de lumière sur les problèmes non résolus.
P. 0.
122. — Me NEMAR (Q). — Psychological Statistics. — In-8° de
364 pages, New- York, John Wiley and Sons, 1949.
Le livre de Mac Nemar contient le développement des différentes
méthodes statistiques utilisées en psychologie à l'exception de
l'analyse factorielle. Bien entendu, les démonstrations sont absentes
suivant l'habitude prise par les auteurs de manuel de statistique
pour les psychologues. Les hypothèses sont bien dégagées et cla
irement expliquées afin d'éviter les fautes dans l'application des
méthodes. Les exemples de calcul utilisent des données empruntées
à la psychologie. Le livre est écrit dans un esprit moderne empruntant
largement aux méthodes développées par Fischer et laissant de
côté ou rappelant pour mémoire les notions qui étaient classiques
et paraissaient indispensables avant les travaux de Fischer. A ce
titre, le livre de Mac Nemar vient à son heure pour être substitué
aux manuels anciens.
Voici le contenu sommaire des différents chapitres : Représentation
graphique d'une distribution. — Statistiques de tendance centrale,
de dispersion, d'asymétrie. — La courbe normale. Les notes
réduites (standard scores). — Erreurs d'échantillonnage et induction
statistique. L'hypothèse nulle. Comparaison de moyennes et de
proportions. — Corrélation : calcul de r et de p. — Corrélation :
ajustement, lignes de régression, pronostic. — Facteurs influant
sur le coefficient de corrélation. Sélection, transformation de r en z
de Fisher, atténuation par manque de fidélité. -— Cas de trois
variables : corrélation partielle. — Corrélation multiple : méthode
pratique de Doolitle. — Autres méthodes de corrélation : coefficient
bisérial, tétrachorique, coefficient de contingence, rapport de corré
lation. — yP ; épreuves d'homogénéité. Valeur de l'ajustement. —
Méthodes pour de petits échantillons : distribution de t, compar
aison entre moyennes, signification d'une corrélation, comparaison
d'écarts-type et de variances. — Analyse de la variance simple :
application à l'étude de la linéarité de la régression et à la corré
lation multiple. — Analyse de la variance complexe : deux et trois
facteurs de classification, application à l'étude de la fidélité, interac
tion, plans expérimentaux. — Analyse de la covariance. — Tech
niques d'échantillonnage.
J.-M. F,
123. — CHAMBERS (E. G.) — Calcul statistique pour débutants
ftrad. Théret-Gaillard). — In-8° de 114 pages, Paris, Gauthier-
Villars, 1948. MANUELS ET OUVRAGES GENERAUX 641 TRAITÉS,
Ce petit livre, comme l'indique l'auteur dans sa préface, n'est pas
un traité de statistique, son but étant seulement d'expliquer aussi
simplement que possible comment appliquer correctement les fo
rmules les plus usuelles. Il n'exige du lecteur aucune connaissance
mathématique spéciale.
Ses différents chapitres traitent des valeurs centrales, statistiques
de dispersion, distribution normale, signification de la moyenne et
des différences entre moyennes pour de grands et de petits échant
illons, corrélations, régression et rapport de corrélation, contin
gence et test du X2.
On peut encore regretter que le traducteur, se tenant trop près
du texte anglais ou ignorant la terminologie française exacte, ait
rendu le texte obscur en quelques points. Mais, dans l'ensemble,
ce petit ouvrage, bref et précis, contenant de nombreux exemples
entièrement traités, des exercices avec réponses à la fin de chaque
chapitre, et des tables pour faciliter certains calculs, peut être
recommandé comme l'un des meilleurs pour les débutants.
G. B.
124. — GOGUELIN (P.). — Méthodes élémentaires de calcul
Statistique. — Préface de R. Bonnardel. In-8° de 230 pages,
Clamart, Éditions Scientifiques Guyot, 1948.
Ce manuel est rédigé d'après le cours de statistique professé par
Bonnardel pour les étudiants de Psychologie appliquée de l'Institut
de Psychologie de l'Université de Paris en 1946-1947. L'auteur qui
a suivi cet enseignement a mis au point ses notes personnelles et
a été amené à approfondir les questions traitées et à en élargir les
hases.
La première partie de l'ouvrage qui étudie les séries statistiques
isolées comprend l'examen du stade descriptif des données, du stade
de réduction (valeurs typiques); puis les principales notions du
calcul de probabilité sont données, suivies de chapitres sur le calcul
des erreurs, sur la comparaison de deux ensembles enfin sur l'ét
alonnage des tests. Dans la deuxième partie consacrée à l'étude des
liaisons entre les séries statistiques, les principaux indices de corré
lations sont passés en revue avec des indications sur les conditions
et les limites de leur utilisation respective et leur calcul pratique.
L'ouvrage se termine par un rappel de quelques notions mathé
matiques et par des tables.
V. B.
125. — FREEMAN (G. L.). — The energetics of human behavior
(L'énergétique du comportement humain). — In-8° de 344 pages,
Ithaca, Cornell University Press, London, Geoffrey Cumberlege,
1948.
l'akkék psychologique, xlix 41 642 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur qui fut professeur de psychophysiologie à la North
western University, et à qui l'on doit de très nombreux travaux
principalement sur le réflexe psycho-galvanique et sur la tension
musculaire nous présente ici une théorie systématique du compor
tement en même temps qu'une sorte de règles de la méthode psycho
physiologique.
L'idée centrale de cet ouvrage d'inspiration très biologique est
constituée par l'utilisation du concept d'homéostasie comme prin
cipe de base de la psychologie du comportement. Une dynamique
du comportement doit être entreprise par l'étude d'un système
d'énergie en perpétuel changement. Le problème est alors discuté
du choix des mesures de ce changement d'énergie; l'énergie physique
est la seule reconnue par la science et on doit utiliser des mé
thodes de mesure physique. C'est pourquoi l'auteur fait appel
aux enregistrements des activités corporelles (pression sanguine,
taux de respiration, électromyogrammes, réflexe psycho-galvani
que, etc.). Mais — et c'est là sa thèse fondamentale —r- de telles
mesures ne doivent pas être considérées comme décelant des types
de réponse, ou un comportement à étudier en lui-même; elles
n'ont de signification que si on les utilise comme indices des chan
gements d'équilibre de l'organisme pris dans son ensemble. L'étude
du comportement total doit partir d'une étude des interactions
des parties du corps pendant ce comportement.
Après avoir passé en revue quelques grandes théories en psychol
ogie et en particulier les différentes conceptions sur les rapports
du physique et du mental, l'auteur nous montre comment devraient
être réexaminés les différents domaines de la psychologie par l'étude
des mobilisations et des décharges d'énergies. Sont successivement
envisagés, la motivation, l'apprentissage, le comportement discri-
minatif, la différenciation de la personnalité, les troubles du compor
tement et la thérapeutique. Chacun de ces chapitres comprend de
très intéressantes discussions sur de nombreux travaux soit théo
riques soit expérimentaux. L'ouvrage se termine par une biblio
graphie de cent cinquante travaux sur la mobilisation et la
décharge d'énergie dans différentes situations psychologiques et
qui constituent une première série de recherches dans le sens souhaité
par l'auteur.
Cet intéressant ouvrage va probablement susciter des discussions.
Son originalité ne réside cependant pas dans l'utilisation intensive
des concepts d'homoéostasie et d'équilibre en psychologie, très en
vogue outre-Atlantique et qui n'ont pas une valeur explicative
illimitée. Elle est plutôt dans la perspective où sont situées les
mesures physiologiques en psychologie; celles-ci sont intégrées
dans un plan systématique de recherches et non plus cataloguées
au hasard.
V. B. MANUELS ET OUVRAGES GÉNÉRAUX 643 TRAITÉS,
126. — ROUVIÈRE (H.). — De l'animal à l'homme. — Gr. in-&«
de 209 pages, Paris, Masson, 1949.
Les premières lignes de l'avant-propos expliquent nettement
l'attitude du professeur honoraire d'anatomie à la Faculté de
Médecine, qui a entrepris l'exposé général d'une « Anatomie philo
sophique » : « Après avoir montré — nous dit-il — dans un traité
d'anatomie générale, la part que prend le mécanicisme aux origines
des formes et des structures anatomiques, je me suis attaché dans
la Finalité dans l'évolution et dans Vie et finalité, à prouver que
l'évolution du règne animal est le résultat d'un mutationnisme
dirigé, tendant au perfectionnement de plus en plus grand de
l'organisation pour aboutir à l'homme, but et couronnement de.
l'évolution. »
Matérialiste dans ses premiers travaux, l'auteur est devenu spî-
ritualiste convaincu, dont le fînalisme conduit à admettre la direction
de l'évolution par une volonté divine.
Se fondant sur une assez large information, Rouvière envisage
d'abord, dans ce volume, la question des instincts. Il entend dis
tinguer des instincts d'organisation, faisant partie des grandes
fonctions élémentaires, répondant à une nécessité vitale, naissant
avec la vie, tirant leur exigence de Dieu et des instincts d'acquisi
tion, impulsions innées et héréditaires — les plus nombreuses —
dérivant d'habitucbs acquises par fréquente répétition d'actes
« primitivement dictés par la raison ». L'intelligence a objective »,
basée sur les données du monde sensible, naît bien en effet, selon
Rouvières avec la vie, et se développe au cours de l'évolution,
jusqu'au niveau humain, où elle se trouve fixée, en rapport avec
l'organisation nerveuse dont elle dépend, sans espoir de progrès
illimités tels qu'en a pu concevoir Lecomte du Noüy.
Mais une différence de nature sépare, à ses yeux, l'homme des
animaux, par apparition brusque de l'intelligence « subjective »,
capable de produire la pensée, indépendamment de toutes don
nées sensitives ou sensorielles, et surtout par naissance de la con
science du moi et de la conscience morale, avec la propriété du
libre arbitre.
Ici les données de l'auteur sont très pauvres, et il n'a pas l'info
rmation ethnologique et sociologique qui serait nécessaire pour dis
cuter des questions morales, ses citations datant toutes du siècle
passé!
Si on laisse de côté les opinions métaphysiques et les croyances
sur le terrain biologique, il y a une question très importante et
très contreversée qui est envisagée par Rouvière, c'est celle de la
transmission héréditaire des instincts acquis. Il existerait, selon lui,
à côté des somations, des variations organiques qui ne modifient
pas le germeh, ce qu'il appelle des « pseudo-somations », modifi
cations analogues en apparence, mais arrivant, peu à peu, à s'insé- 644 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
rer dans le germen, à condition que les actes déterminant la varia
tion soient fréquemment renouvelés pendant la vie et répétés au
cours de plusieurs générations. Il en a donné des exemples mor
phologiques très intéressants dans son premier ouvrage, en 1941,
et en cite de nouveaux, concernant des épaississements cutanés
comme ceux de la plante des pieds, et des callosités du Phacochère.
L'action sur le germen dépendrait du système nerveux végétatif,
hypothèse fort intéressante.
H. P.
127. — VANDEL (A.). — L'Homme et l'Evolution. — In-16 de
201 pages, Paris, Gallimard, 1949.
Zoologiste, Albert Vandel ne craint pas de s'aventurer sur le
terrain philosophique, tout en restant en contact étroit avec les
faits dont il a une connaissance large et précise.
Sous une forme condensée, on trouve dans son livre une informa
tion exacte et des aperçus qui ne laissent pas d'être très aventureux.
L'évolution, selon lui, répond à une tendance fondamentale, qui
est le développement du psychisme. Le règne végétal lui apparaît
« comme une immense lignée régressive ». La tendance se manifeste
dans des formations encore inutiles mais qui préparent des orga
nisations « répondant à un but ». Il y a une « invention organique »
inconsciente, modèle de l'invention humaine, de caractère individuel,
par opposition à la première, qui est fondamentalement spéci
fique, et n'est pas liée à la vision du futur qu'elle prépare. L'évolu
tion psychique, qui permet de se libérer des automatismes est un
simple épanouissement de la vie, dont « l'image la plus vraie et la
plus représentative » est fournie par la pensée humaine.
L'homme, dans l'évolution irréversible, qui aboutit à des types
très spécialisés destinés à l'extinction, ne peut espérer un progrès
indéfini, il représente un palier, et les progrès apparents ne sont
dus qu'à l'emmagasinement social de toutes les acquisitions humaines.
« L'animalité a cessé d'évoluer dès l'instant où celle-ci a engendré la
strate humaine ». Mais Vandel croit que l'évolution reprendra sa
marche : vers un être moins spécialisé, qui relaiera l'homme, elle
se greffera pour une réalisation nouvelle et supérieure que nous
ne pouvons imaginer. Espoir d'un surhomme, d'un ange, d'un mess
ie? Nous voilà loin de la zoologie.
H. P.
128. — RABAUD (E.). — L'instinct et le comportement ani
mal. — 2 vol. in-16 de 224 et 208 pages, Paris, Collection Armand
Colin, 1949.
Dans cet exposé systématique et condensé, Rabaud reprend tout
l'ensemble des problèmes auxquels il a consacré de si nombreux
travaux et des réflexions prolongées. Il n'y a pas là un effort banal

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