Tropismes - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 338-348

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 338-348
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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b) Tropismes
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 338-348.
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b) Tropismes. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 338-348.
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remplissaient ces conditions. Il nous expose maintenant le résultat
de ses recherches sur les différences individuelles.
La méthode suivie est celle que l'auteur appelle pourcentage des
degrés de détermination. Une corrélation élevée entre les résultats
obtenus avec deux labyrinthes X et V ne peut pas toujours s'expli
quer entièrement par un facteur commun de détermination ; mais
on peut toujours attribuer à ce facteur un pourcentage d'influence
au moins égal au carré du coefficient de corrélation.
Appliquant cette méthode, T. établit d'abord que l'aptitude à
l'apprentissage d'un labyrinthe ne dépend ni du sexe, ni du poids
du corps, ni de la fréquentation (qui est en rapport direct avec les
aptitudes visuelles). Puis il cherche à prouver l'existence d'un fac
teur général (semblable à celui que Spearman a cru pouvoir établir
chez l'homme) ; ses expériences tendent à montrer que ce facteur
agit au moins dans la proportion de 0,64 % dans l'apprentissage
par les rats de deux types de labyrinthes différents. L'examen plus
détaillé des corrélations permettrait de supposer que le facteur
commun réside dans un transfert de plus en plus efficace de l'apt
itude acquise dans les premiers essais aux essais ultérieurs. Mais ce
n'est là qu'une hypothèse, qui sera écartée dans la suite.
Dressant, dans son quatrième article, un tableau de toutes les
causes auxquelles on peut attribuer les différences individuelles, T.
s'efforce de les éliminer par des expériences rigoureuses ; elles peuvent
l'être, soit parce qu'elles demeurent constantes quand les effets va
rient, soit que leurs variations ne présentent aucune corréla
tion avec celles des résultats. En étudiant la reprise, après un long
intervalle de 6 à 8 mois, d'un apprentissage incomplet de 19 jours,
on trouve des corrélations individuelles dans la vitesse de l'appren
tissage et du réapprentissage qui ne peuvent plus être mises sur le
compte d'un transfert des effets de la première expérience. D'autres
expériences permettent d'éliminer les différences sensorielles. Il
faut donc conclure qu'il s'agit de individuelles céré
brales innées et non acquises. P. G.
b) Tropismes l
282. - GOTTFRIED FR^ENKEL. - Die Mechanik der Orien
tierung der Tiere im Raum {Mécanique de V orientation des animaux
dans l'espace). — Biological Reviews, VI, 1, 1931, p. 36-87.
L'auteur, qui appartient à l'Université juive de Jérusalem, montre,
dans cette revue très claire, que, grâce à Kühn, les difficultés ren
contrées par le système de Lœb en matière de tropismes se trouvaient
aplanies.
Une distinction initiale sépare les tropismes, courbures d'animaux
fixés, et les tactismes, déplacements orientés d'animaux libres.
Deux grandes catégories de tactismes se rencontrent : 1° les pko-
botactismes, qui correspondent aux essais et erreurs de Jennings (qui
ne trouvaient pas place dans le système de Lœb) et consistant en des
mouvements non dirigés de fuite pour des variations d'intensité d'une
1. Voir aussi les n°« 171, 310,324,327. .

IPSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 839
stimulation supérieure ou inférieure à une certaine valeur optima
pour laquelle se présente un état d'indifférence (en sorte que la
région où se réalise cet optimum exerce un effet de capture progres
sive sur les organismes phobotactiques) ; 2° les topotactismes qui sont
orientés (positivement, négativement ou transversalement) vis-à-vis
d'une direction de stimulation.
Les topotactismes, à leur tour, doivent être divisés en une série
de catégories :
Les tropotactismes sont les tropismes lœbiens, déterminés par
une asymétrie de réception et conduisant à l'excitation symétrique
et équilibrée des récepteurs, avec, en cas d'exclusion d'un organe,
la réaction de manège.
Les téloiactismes caractérisés par le maintien de l'orientation, mal
gré des modifications unilatérales des dispositifs récepteurs ou moteurs.
Les ménotactismes, dans lesquels l'organisme maintient une direc
tion de mouvement faisant un angle défini vis-à-vis d'une direction
de stimulation, servant de repère spatial.
Les mnérnotactismes enfin, dans lesquels ce sont les impressions
mnémoniques, qui en l'absence de repères sensoriels actuels d'orien
tation, maintiennent une direction définie de mouvement.
Toutes les activités dirigées des organismes peuvent dès lors s'ex
primer en termes de tactismes.
L'auteur passe en revue les phototaetismes, géotactismes, chimio-
tactismes, thermotaotismes, phonotactismes et galvanotactismes.
Par exemple, les protozoaires, vis-à-vis de la lumière, présentent
du photophobotactisme bien étudié par Jennings.
On a des cas assez voisins chez les insectes de phototropotactisme
(où entre deux sources égales, l'animal se dirige suivant la bissectrice
de l'angle que font avec lui les deux sources) et de phototélotactisme
(où l'animal, dans ce cas, va délibérément vers l'une ou l'autre des
sources) ; l'orientation de fourmis se guidant sur le soleil, représente
un photoménotactisme ; et, si le soleil reste caché pendant quelque
temps, le maintien de la direction est le fait du photomnémotactisme.
H. P.
283. - W. ZIMMERMANN et Ö. KŒHLER. - Die Orientierung
von Pflanze Und Tier im Raum (L'orientation des plantes et animaux
dans Vespace). — Bi. Zentr., LI, 1931, p. 21-5S.
Z. expose (p. 21-36) la partie botanique, et K. (p. 36-58) la partie
zoologique.
K., à rencontre de l'assimilation générale de Lœb entre animaux
et plantes, distingue du tropisme des organismes fixés les tactismes
des organismes libres, et montre que l'opposition stérile de Lœb et de
Jennings se trouve résolue par la synthèse de Kühn, désigne comme
« phobiques » les modes de réaction décrits par Jennings,
« topiques » ceux correspondant aux tropismes orientés de Lœb, avec
des cas intermédiaires.
Dans sa classification générale, K. envisage :
lo Réactions phobiques \ r * ( Pseudophobotactisme Euphobotactisme non partiellement dirigé dinge
oo z° Reactions R£„„,; r, lopioues ^™v.„„„ r * -, ( * Eutopotactisme t-> Pseudotopotactisnïe i . > t. dirigé .. »■ . non dirige »« • . 340 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II donne des exemples pour ces 4 cas, celui du géotactisme de la
Paramécie pour le premier, du Stentor ou de la larve de mouche
(Mast) dans la réaction aux ombres, pour le second, le galvanotac-
tisme de la Paramécie pour le troisième, le cas des spermatozoïdes
pour le dernier.
A côté des phobotactismes de contact, les plus communs, on peut
observer un stéréotopotactisme vrai (Crozier).
K. expose ensuite les notions introduites par Kühn (Die Orien
tierung der Tiere im Raum, Iena, 1919) de télotactisme (Zieleins
tellung) correspondant à une régulation d'équilibre, à la fixation vi
suelle d'un objet, et de ménotactisme (dont on ne connaît des exemples
que de nature visuelle), et montre que ce qu'il y avait d'exact dans
les conceptions de Lœb, prend facilement sa place dans le système
général de Kühn, satisfaisant et complet. H. P.
284. - W. v. BUDDENBROOK. - Beitrage zur Lichtkompassor
ientierung (menotaxis) der Arthropoden (Contributions à l'orienta
tion lumineuse de repérage fixe (ménotactisme) des Arthropodes) . —
Z. für ver. Ph., XV, 3, 1931, p. 597-612.
Beaucoup d'Arthropodes qui suivent un chemin déterminé uti
lisent le repérage d'une source de lumière, par exemple, certaines
fourmis revenant au nid. Si la direction du flux lumineux se trouve
brusquement changée, l'orientation de l'animal change de manière
à rétablir le repérage primitif. Si la source de lumière est déplacée de
180°, l'animal se retourne complètement, de 180° également.
C'est ce « ménotactisme » (maintien d'une orientation repérée)
vis-à-vis de la lumière que l'auteur a étudié chez des coléoptères
(Geotrupes, Coccinella, Cassida), chez le Phasmide Dixippus, chez la
forficule, le Phalangium, le cloporte Oniscus.
Le changement de trajectoire se produit pour un déplacement
angulaire compris entre 3 ou 4° (Cassida) et 12° (Dixippus, Oniscus).
L'exactitude de la compensation se fait aussi à quelques degrés
près (avec en général un excès de compensation). H. P.
285. — W. C. STEHR. — The activating influence of light upon
certain aquatic Arthropodes (L'influence activante de la lumière
sur certains aquatiques). — J. of exp. Z., LIX, 1931,
p. 297-335.
L'auteur examine la question de la validité de la loi de Bunsen-
Roscœ et rappelle un certain nombre de travaux confirmant ou
contestant cette validité (de Hecht, Piéron, Obreshkow, Folger,
Adrian et Matthews, H. Müller, Moore et Cole).
Il a repris des recherches sur des Arthropodes aquatiques qui se
prêtent à de telles études, en ce qu'ils vivent facilement au laborat
oire, et en ce que les temps de réaction sont assez longs pour être
mesurés facilement (les Dytiscides, Gyrinides, Hydrophilides réa
gissant trop vite) : ce sont des Crustacés, Y Asellus communis Say,
YHyalella Knickerbockers Bate, et un Camlarus sp., et des Hémiptères
Belastoma flumineum Say, Ranatra americana Montandon, et Le-
thocerus americanus Leidy.
A la chambre noire, avec des sources inégales placées à une cer- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 341
taine distance, brusquement découvertes, l'observation du mouve
ment réactionnel comporte une mesure du temps de latence avec
un chronomètre stoppeur.
Avec 8 valeurs d'éclairement, on a les valeurs moyennes suivantes
des temps de réaction chez deux espèces :
Éclairernent (b. m.)... 10 14 18 25 487 888 2634 4795
Temps ( Asellus 30,6 24,7 21,75 16,57 7,65 6,55 3,36 3,16
(sec.) 'I Belastoma . . 29,66 23,5 17,14 13,43 6,01 5,22 3,81 2,88
La loi de Bunsen-Roscœ peut être considérée comme valable aux
faibles éclairements (valeurs du produit de l'éclairement par le temps
de latence — confondu avec le temps d'action — de 297, 329, 307 et
336 chez Belastoma), mais les quantités augmentent aux forts éclaire
ments.
La formule de Hecht (E = ht log T) ne s'applique pas non plus
au Belastoma, ni à l'Asellus.
Il faut noter d'ailleurs, qu'il y a une extrême variabilité du temps
d'un individu à l'autre, et d'une mesure à l'autre chez le même indi
vidu (qui donne par exemple des latences de 165, 12 et 57 secondes
à un même éclairement) en sorte que le poids des moyennes est
faible.
Et la variabilité est encore plus grande chez Cambarus et chez
Ranatra.
Des recherches plus complètes ont été poursuivies sur Lethocerus, en
utilisant un flux dirigé et un obturateur électrique avec enregistr
ement de l'excitation par un signal, et notation de la réponse au
moyen d'une clef de Morse, pour lecture ultérieure des temps de
latence.
Voici quelques résultats (moyennes de 6 à 21 animaux avec 10 mes
ures pour chaque).
Éclairement (b. m.) I 4 13 25 67 617
Temps de réaction (sec.) t 44 ,6 93 37 14 1 ,01 18, 1, 1,
Écart étalon ,1 68 57 0 ,25 37, 27, o, 0,
I« 4 246 25 3 623 178, 34, 70,
Ce ne sont pas des résultats pouvant fonder une vérification de la
loi de Bunsen-Roscœ !
Pour déterminer la période latente proprement dite, le temps
d'excitation a été modifié (ce jeu restant très faible : pour trois écla
irements des durées de 0,56 et 1 seconde ont été utilisés).
L'auteur conclut (de façon très approximative) à une latence pro
prement dite d'environ une demi-seconde.
Enfin, par variation de la durée du temps de réaction au fur et à
mesure du séjour à l'obscurité (après 4 heures à 617 b. m.) il a esquissé
une courbe d'adaptation à l'obscurité d'allure hyperbolique (comme
chez Mya et Ciona).
Voici quelques valeurs de ces temps :
Durée d'adaptation (min.) 5 10 20 30 40 50 60
Temps de réaction (sec). 15,6 1,1 3,7 1,9 1,6 1,2 1,1
Les recherches sont utiles, mais exigeraient des conditions expéri
mentales plus rigoureusos. Jï. P. 342 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
286. — E. S. CASTLE. — The phototropic sensivity oî Phycomyces
as related to wave-length (La sensibilité phototropique de Phyco
myces en relation avec la longueur d'onde). — J. of gen. Ph., XIV,
6, 1931, p. 701-711.
Les filaments des Phycomyces s'incurvent du côté où la lumière
est le plus intense. Pour l'espèce étudiée, le maximum d'efficacité
se manifeste dans le violet, entre 400 et 430 ni[j.. A. F.
287. — K. HENKE. — Die Lichtorientierung und die Bedingungen
der Lichtstimmung bei der Rollassel Armadillidium cinereum
Zenker (L'orientation à la lumière et les conditions de la modalité
réactionneite à la lumière chez le Cloporte A. C). — Z. für ver. Ph.,
XIII, 1931, p. 534-625.
Chez ces Isopodes, qui peuvent se montrer, suivant les circons
tances, positivement ou négativement phototropiques, ou parfois
indifférents, l'auteur, après avoir déterminé le champ visuel des
yeux composés (250°-27O°), a exclu un œil et constaté que l'animal
ne pouvait plus s'orienter vis-vis d'une source de lumière, présentant
un mouvement de manège.
Ceci fait penser qu'il n'y a pas « télotactisme » mais tropotactisme ;
et en effet, un Cloporte normal, placé entre deux sources se dirige vers
la bissectrice de l'angle, si les sources sont égales (sans modification
quantitative exacte quand les inégales). On peut trouver
des individus qui se dirigent vers une source ou l'autre, mais si l'on
détermine la courbe de fréquence des trajectoires, on constate que le
mode correspond bien à la bissectrice, avec décroissance de part
et d'autre suivant la répartition conforme aux formules de probab
ilité, les cas extrêmes, les plus rares, comportant l'orientation vers
l'une ou l'autre source.
De façon générale, les ommatidies sont équivalentes, sans diff
érenciation et il n'y a pas de zone de fixation antérieure. Les tempé
ratures élevées, la sécheresse, l'inanition, tendent à provoquer un
phototropisme positif. Les variations de la luminosité (du flux hori
zontal régissant l'orientation aussi bien que d'un flux vertical perpend
iculaire au premier) entraînent des réactions phobiques.
A lumière constante, il y a des alternatives de positivité et de
négativité. La négativité est favorisée par l'obscuration (ce qui est un
phénomène rare). H. P.
Ö88. — A. LUNTZ. — Untersuchungen über die Phototaxis I. Die
absoluten Schwellenwerte und die relative Wirksamkeit von
Spektralfarben bei grünen farblosen Einzelligen (Recherches
sur le phototactisme. I. Les valeurs liminaires absolues et V efficacité
relative de couleurs spectrales chez des organismes unicellulaires
verts et incolores). — Z. für ver. Ph., XIV, 1, 1931, p. 68-92.
Etude du seuil d'excitation (seuil d'action orientatrice, et, dans
certains cas motrice, simple, moindre environ d'un
tiers), chez trois espèces de Protozoaires à coloration verte, Eudorina
elegans, Volvox minor (dont les colonies sont bien plus sensibles
à la lumière quand elles sont jeunes), Chlamydomonas sp., et chez
une espèce incolore, Chilomonas sp., ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 343 PSYCHOLOGIE
Une mesure directe des flux énergétiques après filtration de la
lumière émise par une lampe à vapeur de mercure a été faite, per
mettant de donner la valeur absolue des seuils.
Voici les valeurs obtenues pour ces 4 espèces, en ergs, cm2, secondes :
Oblamydo- Longueur Endorina Volvox Ohilomonas monas d'onde (mix)
9,0 - 9,0 - - 9,37 - 9,37 9,0 — 366 9,37 9,37
1,02 - - 1,06 4,38 - - 4,50 54 - - 60 405 1,06
0,27 - 2,40 - ? - 0,30 - 2,50 436 72
0,04 - - 0,06 0,06 - - 0,10 70 - - 75 492 0,06
0,20 - - 0,24 1,90 - - 2,0 75 - - 78 546
0,96 - - 1,02 3,85 - - 4,0 75 - - 80 578 1,06
Après 650 375 ? 375 ?
Ces chiffres montrent que si dans Pultra-violet, à la limite du
spectre visible, l'excitabilité est identique pour les 4 espèces, avec les
autres radiations, la sensibilité est nettement plus grande (entre 405
et 578) avec maximum à 492 pour les 3 espèces vertes et au contraire,
nettement moindre pour l'espèce incolore ; cette dernière ne possède
pas la tache pigmentaire envisagée comme région oculaire sensible à
la lumière qui existe chez les autres espèces, les vertes. La différence
pourrait donc être due à une réception protoplasmique générale
chez le Chilomonas et à une par la tache pigmentaire (au
moins au delà de 400 my-) chez les 3 autres. H. P.
289. — A. LUNTZ. — Untersuchungen über die Photo taxis. II.
Lichtintensität und Sehwimmgeschwindigkeit bei Eudorjna elegans
Recherches sur le phototactisme II. Intensité lumineuse et vitesse de
natation chez E. e.). - Z. für ver. Ph., XV, 4, 1931, p. 652.
Ce protozoaire présente une réaction photokinétique : sa vitesse
de progression croît avec l'intensité lumineuse (jusqu'à une limite,
correspondant à une énergie de 10.000 erg cm2, sec. pour le rayonne
ment employé de la lampe à vapeur de mercure, au-dessus de la
quelle se manifeste un effet dépressif). La loi de cette croissance
comporte proportionnalité de la vitesse v au logarithme de l'énergie I
(exprimée en multiples du seuil pris pour unité : v = K logl -f- K'.
En utilisant des radiations monochromatiques par filtrage, dont
l'énergie liminaire est déterminée, on constate qu'une énergie repré
sentant un multiple égal du seuil entraîne une même vitesse de pro
gression, quelle que soit la radiation.
L'adaptation à l'obscurité sensibilise, en sorte que (du moins
aux éclairements pas trop intenses) une certaine vitesse de progres
sion correspond à une moindre valeur énergétique du flux lumineux
excitateur. H. P.
290. — L. B. CLARK. — Some factors involved in the reactions
of Insects to changes in luminous intensity. Shock in
Dineustes assimilis (Quelques facteurs impliqués dans les réactions ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 344
des Insectes aux changements d: intensité lumineuse. Réactions de
choc chez D. A.). - J. of exp. Z., LVIII, 1931, p. 31-42.
Les D. aveuglés unilatéralement exécutent des mouvements de
manège, puis se dirigent diagonalement vers le bord du champ
éclairé. Il y a une réaction positive si l'intensité de l'éclairement est
diminuée, négative si elle est augmentée, mais cette réaction est
commandée par la réflexion lumineuse du substrat, car, si on l'él
imine, les variations de la source éclairante sont sans effet. La réaction
de choc serait commandée par les ommatidies du bord postérieur de
l'œil, non excitées une fois l'animal orienté et adapté, et subissant
une excitation brusque dans l'augmentation de la luminosité du
substrat ; la réaction inverse tiendrait à l'accroissement du champ
ommatidien inexcité.
Les explications paraissent assez peu satisfaisantes. H. P.
291. — H. FRIEDRICH. - Mitteilungen über vergleichende
Untersuchungen über den Lichtsinn einiger mariner Copepoden
[Communications sur des recherches comparées relatives au sens
lumineux de quelques Copépodes marins). — Z. für ver. Ph., XV, 1,
1931, p. 121-138.
Recherches sur deux espèces de Copépodes, le Calanus helgolandicus
et le Corycaeus anglicus ; les crustacés sont amenés à passer au point
de croisement de deux flux lumineux parallèles, soit venant d'une
région obscure oblique, soit en remontant, conformément à leur tro-
pisme positif, le long d'un des flux.
Or, malgré certaines réactions conformes à l'action symétrique
exigée par le tropotactisme, les animaux choisissent un des flux,
malgré l'asymétrie des excitations qui en résulte, ce qui montre, qu'il
s'agit de télotactisme.
Pour tourner à angle droit dans la direction du faisceau croisé,
il faut nettement moins de lumière à Calanus qu'à Corycaeus, la
cause de la différence n'étant pas encore élucidée. H. P.
292. — S. O. MAST. — Movement and response in Difflugia with
special reference to the nature of cytoplasmic contraction (Mou
vement et réponse chez D. en relation avec la nature de la contraction
cytoplasmique). — Biological Bulletin, LXI, 2, 1931, p. 223-241. —
Locomotion in Amoeba proteus Leidy {La locomotion chez A. P.). —
Protoplasma, XIV, 3, 1931, p. 321-330.
La locomotion de l'amibe comporte adhérence au substrat, «gela
tion » du plasmasol à la région antérieure, solution du plasmagel
postérieur et contraction.
Chez Difflugia ou Amoeba, le mouvement, intermittent, se fait
par allongement de pseudopodes adhérant au support, qui se forment
par une contraction du plasmagel, obligeant le plasmasol à couler
dans un tube de plasmagel, une gelation progressive étant suivie
d'épaississement et de refoulement,
L'action d'un accroissement de lumière est de diminuer la vitesse
du flux protoplasmique, moins nettement chez Difflugia que chez
Amoeba.
Un faible contact d'un pseudopode entraîne une coagulation < PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 345
un épaississement local du plasmagel, d'où flexion, un contact
intense entraîne un épaississement du plasmagel dans le pseudopode
entier cette fois, entraînant une chasse du plasmasol et un retrait.
H. P.
293. — S. O. MAST. — The nature oî response to light in Amoeba
proteus Leidy (La nature de la réponse à la lumière chez A. p.). —
Z. für ver. Ph., XV, I, 1931, p. 139-147.
L'amibe s'oriente négativement dans un flux intense de lumière,
par inhibition de la formation des pseudopodes de la région la plus
éclairée (qui tiendrait à un accroissement de force élastique du
plasmagel de ce côté).
Dans un accroissement brusque et intense de luminosité, l'arrêt
de mouvement est total ; pour un accroissement assez faible, il n'y
a qu'un ralentissement du courant limité à la pointe du pseudopode
(avec tous intermédiaires entre ces extrêmes) .
L'arrêt est dû à une gelation par la lumière dont l'étendue dépend
de l'accroissement lumineux (l'épaisseur et la force élastique de
la couche de plasmagel étant à l'origine de la gelation). H. P.
294. — A. A. SCHIFFER. — On molecular organization in Ame-
ban protoplasm (L'organisation moléculaire dans le protoplasme de
l'Amibe). - Science, LXXIV, 1931, p. 47-51.
Le fait que suivant les espèces d'amibes, il y a mouvement spirale
vers la gauche ou vers la droite, dans un tube, et que, corrélativement,
l'action tropique droite et gauche est inégale pour la lumière ou la
pesanteur conduit l'auteur à admettre une influence de la structure
moléculaire, faite de stéréoisomères droits et gauches.
Les amibes gauches et droites ont en effet des caractéristiques
générales différentes ; par exemple, les premières présentent en génér
al de l'hermaphroditisme ou une absence complète de sexualité, les
secondes une division à égalité entre les sexes. H. P.
295. — W. SCHULZ. — Die Orientierung der Rückenschwimmers
zum Licht und zur Strömung (L'orientation du Notonecte à la lu
mière et au courant). — Z. für ver. Ph., XIV, 2, 1931, p. 392-404.
Le Notonecta glauca, qui nage le dos en bas, se trouve en équilibre
instable, activement maintenu.
Il nage à contre-courant, et l'on pourrait penser à un rhéotactisme ;
il n'en est rien, et.il s'oriente vis-à-vis de repères optiques, se mainte
nant par rapport à eux quand il est entraîné : le courant n'a pas
d'effet si il se tient après un support, et le mouvement des objets
(bandes striées défilant linéairement ou circulairement près de
l'aquarium) entraîne une réaction inverse comme s'il y avait un
courant. Enfin, si on compense un courant réel par un mouvement
apparent inverse, l'animal reste en place.
Il s'agit donc d'un photoménotactisme.
Le Notonecte se guide sur des incitations optiques pour la pours
uite des proies, et présente un phototropisme positif qui n'est pas
un tropotactisme mais plutôt un télotactisme (l'animal borgne se
dirigeant encore en droite ligne vers la source de lumière). H. P. 346 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
296. - H. HOAGLAND et W. J. CROZIBR. - Geotropic excita
tion in Helix (Excitation géotropique chez H.). — J. of gen. Ph., XV,
1, 1931, p. 15-28.
Etude chez un escargot de la période latente de la réponse géotro
pique : L'animal montant droit sur un plan incliné, on lui fait subir
une rotation brusque de 90° et l'on note au compte-secondes le temps
qui s'écoule jusqu'à réaction de la tête dans la direction nouvelle.
Voici l'influence de l'inclinaison du plan sur la valeur de ce temps :
Inclinaison. 5° 10° 15° 20° 30° 40° 50° 60° 70" 80° 85° 90°
Temps(«ec.) 12,15 7,52 6,22 5,03 4,95 4,13 4,30 3,91 3,41 3,21 2,84 2,88
Les temps présentent en fonction du sinus de l'angle une décrois
sance hyperbolique, sauf quand on approche de droit.
Une charge entraînerait un raccourcissement des temps de réaction,
ce qui serait en accord avec la théorie qui fonde sur des tensions
musculaires l'excitation géotropique (accrue dès lors par une charge).
En fait il n'y a de raccourcissement que pour des inclinaisons de
15° àJ0°. H. P.
297. — W. S. HUNTER. — L'analyse du géotropisme chez le rat
blanc. - J. de Ps., XXVIII, 1931, p. 456-469.
L'analyse du comportement du rat sur un plan incliné conduit H.
à rejeter la théorie de la tension musculaire soutenue par Crozier et à
lui substituer celle-ci : La direction négative du déplacement et l'angle
d'orientation sont dus tous les deux à une combinaison des réflexes
de posture déclenchés par certaines des composantes du stimulus
pesanteur, à la force relative de l'animal, au fait que l'animal pro
gresse normalement en avant joint à celui de la disposition des griffes
sur les pattes antérieures du rat, enfin à des facteurs tels que le gliss
ement et la fatigue. La variabilité dans le jeu des réflexes qui se mani
festent sur le plan incliné résulte de facteurs de complication que des
expériences ultérieures devront chercher à déterminer. G. -H. L.
298. - W. J. CROZIER et G. PINCUS. - Analysis oî the geotropic
orientation of young rats. Ill, I ; III, 2 ; IV (Analyse de Vorienta-
tion géotropique des jeunes rats). — J. of gen. Phys., XV, 2, 1931,
p. 201-223, 225-242, 243-256.
Continuation des recherches des auteurs sur la transmissibilité, à
l'intérieur de différentes lignées de rats suffisamment stabilisées, des
caractères quantitatifs de l'orientation géotropique, mesurés d'après
la méthode de progression sur un plan incliné. Il se trouve que non
seulement la pente liminaire et les valeurs absolues d'orientation,
mais la forme même de la fonction qui relie les angles d'orientation
à la pente, et aussi l'évolution avec celle-ci de la variabilité des
réponses, se transmettent inchangées au cours des générations et
sont bien caractéristiques de chaque lignée. Les courbes subissent
des distorsions homologues lorsqu'on charge les rats de masses
additionnelles fixées en des points correspondants. Les comparai
sons ont porté sur 3 lignées assez voisines, et sur deux autres diff
érentes, avec le même succès.

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