Tropismes, fonctions sensorielles et perceptives - compte-rendu ; n°1 ; vol.51, pg 309-317

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L'année psychologique - Année 1949 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 309-317
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1949
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2° Tropismes, fonctions sensorielles et perceptives
In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 309-317.
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2° Tropismes, fonctions sensorielles et perceptives. In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 309-317.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1949_num_51_1_8519FONCTIONS SENSORIELLES ET PERCEPTIVES 309 TROPISMES,
faradique intermittente, appliquée pendant 20 à 45 sec, induit
chez le Rat une soif considérable qui se traduit par une consommat
ion d'eau beaucoup plus élevée que celle des animaux du groupe
de contrôle, au cours des deux heures qui suivent l'expérience.
(Siegel et Siegel.)
Bare étudie la consommation relative d'eau douce et d'eau salée
chez des Rats normaux et des Rats privés de leurs médullo-surré-
nales. Jusqu'à une concentration de 0,06 % de la solution saline
(seuil de préférence), les animaux normaux boivent indifféremment
l'un ou l'autre liquide. Pour des concentrations inférieures à 0,9 %,
la consommation de la solution augmente constamment, la consom
mation d'eau décroit d'autant. Pour une concentration supérieure
à 0,9 °/0, on observe une décroissance brusque de l'absorption d'eau
salée, une augmentation concomitante de la quantité d'eau pure
consommée. Chez des Rats qui ont subi l'adrénalectomie bilatérale
et, par suite, d'importantes déperditions salines, le seuil de préfé
rence pour la solution salée est beaucoup abaissé; par ailleurs, les
animaux préfèrent la solution saline à l'eau « du robinet » pour
des concentrations allant jusqu'à 5 % et davantage.
G. V.
15. — ROSS (S.). — Some observations on the lair dwelling beha
viour Of dogs (Quelques sur le comportement des chiens
dans leur niche). — Behaviour, 1950, 2, 144-162.
La défécation d'une série de chiens tenus en cage a été observée
durant des périodes variant de douze à quarante-sept jours. Dans
le cas de chiens adultes elle se fait régulièrement au même endroit
loin de la nourriture, de l'eau et de la litière; elle a lieu hors de la
cage lorsque l'animal a la possibilité de passer dans un autre enclos
attenant. Deux chiens vivant ensemble défèquent tous deux dans
un même coin de leur cage. Cette délimitation stricte des lieux de
défécation ne se développe que peu à peu. C'est ce qu'a montré
l'observation de deux groupes de jeunes chiens de cinq mois et
demi; il y a d'abord dispersion des matières fécales dans toute la
cage; la délimitation d'une zone spéciale n'apparaît qu'après le
25e jour d'observation. Des facteurs émotionnels (présence conti
nuelle d'un observateur, bruits inconnus, etc.) peuvent rétablir la
tendance à la dispersion primitive.
G. V.
2° Tropismes, fonctions sensorielles et perceptives.
16. — VIAUD (G.). — Recherches expérimentales sur le photo
tropisme des Planaires. — Behaviour, 1950, 2, 163-216.
Un résumé des principaux travaux antérieurs montre d'abord le
rôle très important de la sensibilité derrnatoptique dans le photo- 310 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tropisme des planaires oculées et aveugles, ainsi que le jeu d'une
inhibition motrice causée par la lumière, facteur antagoniste de
la photokinèse ou production de mouvements de locomotion due
à l'excitation lumineuse. Puis l'auteur expose ses propres recherches
qui ont porté de 1943 à 1947 sur les espèces suivantes : une Cas-
trada aveugle, Mesostoma lingua et Fonticola vitta. La première est
souvent photopositive, les deux dernières sont généralement néga
tives; cependant avec des intensités lumineuses faibles ou des
radiations rouges ou orangées, M. lingua et F. vitta présentent des
réactions positives. Les réactions d'orientation de ces animaux
soumis à l'action de deux sources de lumière, l'une blanche, l'autre
colorée, dont les rayons se coupent à angle droit ne sont pas iden
tiques : Castrada, qui est réduite à sa sensibilité dermatoptique,
s'oriente dans une direction d'autant plus voisine de la lumière
colorée que les radiations de celle-ci sont de plus courte longueur
d'onde; M. lingua et F. vitta qui possèdent des yeux s'orientent
d'autant plus près de la lumière colorée que ses radiations sont
plus voisines du vert de longueur d'onde 530 [i. Ces résultats con
firment les recherches précédentes de l'auteur sur le phototropisme
des Daphnies et des Rotifères touchant les deux modes de la pho
toréception (dermatoptique et visuelle). Les réactions photokiné-
tiques des Planaires se manifestent par contre sous des aspects
nettement différents de ceux des mêmes réactions chez les Daphnies
et les Rotifères. Par exemple, en lumière blanche, au lieu d'une
croissance de la vitesse de locomotion proportionnelle au log. de
l'intensité lumineuse, on observe chez les Planaires d'abord, une
augmentation qui a lieu approximativement suivant cette relation,
puis une diminution importante, le maximum des vitesses chez
F. vitta, correspondant à un éclairement de 220 B /m. environ. Avec
des lumières colorées d'égale énergie, la vitesse, au lieu de croître
continûment entre le rouge et le violet (Daphnies et Rotifères)
décroît d'abord, passe par un minimum vers 530 \i, puis croît plus
ou moins jusqu'au violet. Tous ces faits semblent pouvoir être
expliqués par une photoinhibition antagoniste de la photokinèse,
croissant plus rapidement que celle-ci en fonction de l'intensité
lumineuse, et dépendant principalement des excitations oculaires,
tandis que la photokinèse dépend exclusivement du sens dermatopt
ique. De fait, des F. vitta aveuglées au thermocautère ne présentent
qu'une assez faible photoinhibition dans le violet, et la rapidité de
leurs réactions locomotrices (inverse du temps de latence) croît
fortement entre l'orange et le bleu. D'autre part, les vitesses de
locomotion des Planaires sont généralement plus grandes, dans les
mêmes conditions d'excitation photique, lorsqu'elles sont négatives
que lorsqu'elles sont positives. De tels faits ne se voient jamais
chez les Rotifères et n'apparaissent chez les Daphnies qu'avec de
très fortes excitations lumineuses (réactions de fuite). Enfin, la FONCTIONS SENSORIELLES ET PERCEPTIVES 311 TROPISMES,
température a une grande influence sur les réactions photokiné-
tiques : dans l'ensemble le maximum des vitesses observées en sens
positif coïncide avec le preferendum thermique (17 à 18° chez
F. vitta); les vitesses en sens négatif croissent généralement avec
la température. Les plus grandes vitesses en sens négatif obtenues
l'ont été avec des lumières violettes (450 y.) et des températures
élevées (28°). Malgré les différences signalées entre le phototropisme
des Planaires d'une part et le phototropisme des Daphnies et des
Rotifères de l'autre, les faits semblent bien montrer que les facteurs
fondamentaux sont partout les mêmes : signe primaire positif,
photokinèse (sens dermatoptique), orientation axiale (sens derma-
toptique ou sens visuel), capacité photopathique, réglant la fr
équence et la durée des phases positives et des phases négatives.
Mais il convient d'ajouter à cette analyse, pour rendre compte du
phototropisme des Planaires, le facteur photoinhibition, ou inhibi
tion motrice causée par la lumière. Ce facteur a déjà été signalé à
plusieurs reprises dans le comportement de divers organismes à
la lumière. Il mériterait d'être l'objet d'une étude générale.
G. V.
17. — HULLO (A.). — Rôle des tendances motrices et des don
nées sensorielles dans l'apprentissage du labyrinthe par les Blattes
(Blattella germanica). — Behaviour, 1948, 1, 297-308.
Expériences faites sur Blattella germanica, adultes o* et Ç. Le
labyrinthe employé est celui de R. Chauvin (pièces interchangeables
en forme de T). Dans une première série d'expériences, le labyrinthe
est disposé de manière à ce que toutes les tendances motrices pos
sibles : tendance à aller de l'avant (forward going tendency), poussée
centrifuge (centrifugal swing), répétition des actes suivis de succès
(repeat success), puissent se manifester dans une seule et même
impasse. Malgré toutes ces tendances, cette impasse ou « erreur »
s'élimine très bien d'une série à l'autre; les tendances motrices,
parmi lesquelles la poussée centrifuge semble prédominer, ne sont
donc que des facteurs secondaires dans l'apprentissage du labyrinthe
par les Blattes. Dans une deuxième série d'expériences, l'auteur
compare l'apprentissage du labyrinthe par des Blattes normales et
par des Blattes dont les antennes ne sont plus fonctionnelles; celles-ci
ont été ramenées en arrière et collées sur le thorax; ce procédé évite
l'ablation, qui est peut-être traumatisante. Les résultats montrent
l'importance du rôle joué par la présence et la mobilité des antennes
dans l'apprentissage du labyrinthe. Une troisième série d'expériences
montre que, dans le cas des Blattes, le rôle des données sensorielles
extéroceptives dans l'apprentissage est bien plus important que
celui des données proprioceptives (sens kinesthésique). Les dépla- 312 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cements de la source lumineuse au cours de l'apprentissage per
turbent complètement le dressage.
G. V.
18. — Me GREGOR (E. G.). — Odour as a basis for orientated
movements in ants (V odorat comme base sensorielle des mouve
ments orientés chez les fourmis). - — Behaviour, 1948, 1, 267-296
(préface de W. H. Thorpe).
L'auteur soumet à une étude critique les travaux relatifs à l'orien
tation des fourmis. Selon lui, il faut rejeter la théorie de l'orientation
« virtuelle »de Cornetz ainsi que l'idée, émise par H. Piéron, d'une
mémoire kinesthésique. L'orientation des fourmis peut s'expliquer
entièrement par un apprentissage de repères visuels ou olfactifs.
L'auteur décrit différents modèles de nids artificiels ainsi que le
dispositif expérimental qui lui a permis d'étudier et d'enregistrer
avec exactitude les trajets parcourus par Myrmica ruginodis à
l'extérieur du nid. Les résultats de ses observations sont les sui
vants : la fourmi qui part à la recherche de nourriture suit un trajet
sinueux; elle revient au nid en prenant une route rectiligne com
mune à de nombreux individus. On peut observer à l'aller déjà
des trajets en partie rectilignes, dans le cas où la fourmi est excitée,
se meut rapidement ou porte un fardeau. Ces déplacements en ligne
droite alternent avec des déplacements sinueux. Le tout premier
retour au nid d'une fourmi peut se faire selon ce type de parcours.
Dans ce cas, l'animal ne s'écarte jamais de la direction de retour
au nid d'un angle supérieur à 90°. Peu à peu les sinuosités du
retour au nid disparaissent. Ce fait s'explique par la présence de
stimuli olfactifs : les fourmis déposent le long de leur trajet des
gouttelettes odorantes par pression de leur abdomen contre le sol.
L'odeur est spécifique et se rapproche probablement de l'odeur du
nid. Peu à peu, les fourmis apprennent à se guider sur les stimuli
permettant le retour direct vers le nid; les traces odorantes se mul
tiplient sur les parcours rectilignes; c'est ainsi que se constitue la
traînée ou piste odorante signalée depuis longtemps par Bonnet et
Forel.
G. V.
19. — Phénomènes de perception chez les animaux :
Van BEUSEKOM (G.). — Some experiments on the optical
orientation in « Philantus triangulum » Fabr. (Quelques expé
riences sur l' orientation optique chez « Ph. triangulum. ))). —
Behaviour, 1948, 1, 195-223. — Von HAARTMANN (L.). —
Eine Methode zum vergleichenden Studium der optischen Wahr
nehmungsfähigkeit höherer Tiere (Méthode pour V étude compar
ée des capacités perceptives optiques des animaux supérieurs.)
— Behaviour, 1947, 1, 35-55. — R.EBER (H.). — Analyse des ■
FONCTIONS SENSORIELLES ET PERCEPTIVES 315 TROPISMES,
Balzverhaltens eines domestizierten Truthahns (Analyse du
comportement préparatoire à F accouplement chez un dindon domest
ique). — lbid. 237-265. — R/EBER (H.). — Das Verhalten
gefangener Waldohreulen (Asio otus otus) und Waldkaüze
(StriX aluCOalUCO) zur Beute (Le comportement prédateur de
Hiboux-moyens-ducs et de Hulottes en captivité). — Ibid.,
1949, 2, 1-92.
Les travaux de M. Hertz (1929) sur l'Abeille et de N. Tinbergen
(1932) sur la guêpe Ph. triangulum ont montré l'importance des
repères visuels dans l'orientation relative à des objets chez ces
insectes. Dans une première série d'expériences, van Beusekom
montre qu'aucun de ces repères n'est perçu isolément, mais qu'ils
sont tous perçus les uns relativement aux autres. Si l'on habitue
une guêpe à trouver son nid entre deux objets, les changements
de position de ces objets ne désorientent pas l'animal, à condition
que leurs relations soient respectées. L'orientation chez Ph. tria
ngulum repose donc sur une perception de relations. D'autre part,
cette perception semble essentiellement globale : dans une deuxième
série d'expériences, les guêpes sont habituées à trouver leur nid
au centre d'un cercle de pommes de. pin disposé sur le sable; ensuite,
on réduit brusquement le nombre d'éléments de ce cercle et on pré
sente en même temps un deuxième cercle complet, mais fait de
pommes de pin de forme différente : les animaux sont désorientés,
ils choisissent le deuxième cercle. D'autres expériences montrent
que le cercle choisi est toujours celui qui a la même forme générale
que le de l'apprentissage, même si on a substitué aux pommes
de pin des boules, des cubes, des cylindres, etc. Toutefois, malgré
la prédominance de la forme, l'élément n'est pas sans exercer d'in
fluence : les éléments ne sont interchangeables, pour une forme
donnée, que si leur hauteur reste à peu près la même. Bref, de
cette étude se dégage la conclusion que les formes perçues par la
guêpe se détachent du fond et sont reconnues principalement par
des caractères de structure générale, secondairement seulement
par certains caractères de grandeur de leurs éléments. Elle vient
donc à l'appui des idées et des lois émises par les partisans de la
théorie de la forme.
Ce n'est pas le cas pour le travail de Haartmann, qui tire de
son étude sur la perception visuelle chez les oiseaux des objections
à la théorie gestaltiste des rapports de la perception et de l'intel
ligence. Il insiste d'abord sur l'importance de la méthode du choix
multiple (instituée par Yerkes en 1914) pour toute étude compar
ative du psychisme animal, et présente les résultats obtenus au
moyen de cette méthode par Bierens de Haan (1937) sur des anthro
poïdes, et par Sadovinhova (1923) sur des oiseaux. Les épreuves
en général réussies par les oiseaux ne le sont pas par les singes.
L'auteur reprend des expériences analogues avec Muscicapa hypo- 314 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
leuca, Alauda arvensis et Pyrrhula p. pyrrhula. Une cage contient
une série de casiers identiques dont on peut varier le nombre de
3 à 9; l'un contient de la nourriture, les autres sont vides ou pré
sentent un piège; l'oiseau doit apprendre à reconna tre correct
ement le casier à nourriture. Les courbes d'apprentissage montrent
une augmentation régulière de la fréquence des choix corrects.
Un maximum de réussite (10 choix corrects successifs) est obtenu
plus rapidement pour les éléments extérieurs que pour les casiers
à l'intérieur d'une série. Une fois l'apprentissage terminé, il y a
une possibilité assez large de transfert : augmentation du nombre
des éléments, retournement complet de la série, variations.de dis
tance entre les différents éléments, changement dans la nature
des etc. L'apprentissage basé sur des repères visuels et
les possibilités de transfert apparaissent, dans ce travail, bien
meilleurs chez les oiseaux que chez les singes anthropoïdes. L'au
teur en conclut que ses expériences mettent en jeu surtout la per
ception des rapports spatiaux et la mémoire, et que ces capacités
ne dépendent pas strictement de la position phylogénétique, et
par suite du niveau intellectuel du groupe animal considéré. Contrai
rement à certaines opinions de la psychologie de la forme, le déve
loppement de l'intelligence n'est donc pas directement en rapport
avec celui de la perception, et il ne semble pas que l'acte d'intell
igence s'explique entièrement par une organisation du champ per
ceptif.
Avec les expériences de Räber, le problème de la perception
est abordé par un tout autre côté : reconnaissance d'objets, ayant
un intérêt biologique fondamental (proie, partenaire sexuel), par
la mise en jeu de schemes innés ou acquis. L'auteur, à la suite
de longues observations sur le hibou-moyen-duc et sur la hulotte,
constate que ces oiseaux, même non affamés, passent à l'attaque
dès qu'ils se trouvent en présence d'une proie vivante ou d'un
objet perçoivent comme tel. La réaction est déclenchée dès
que l'objet perçu présente certains caractères optiques, acoustiques,
olfactifs et gustatifs susceptibles de constituer un ensemble de
stimuli efficaces. Les divers groupes caractéristiques de stimuli
efficaces, ou schemes, sont les suivants : 1° le scheme souris :
constitué par un corps de la taille de cet animal, par des membres
en mouvement, par certains bruits (froissements), etc.; 2° le scheme
oiseau : corps ovoïde recouvert de plumes et muni d'une queue
très visible; 3° le scheme coléoptère : corps de la taille d'un gros
insecte, membres en mouvement, mais l'ensemble peut garder une
immobilité quasi totale. Toutes ces réactions ne se manifestent
pas chez des individus très jeunes; d'où l'auteur conclut que les
schemes correspondants n'existent pas dès la naissance chez les
rapaces nocturnes qu'il a étudiés. Räber a étudié par ailleurs,
toujours du point de vue des schemes perceptifs susceptibles de FONCTIONS SENSORIELLES ET PERCEPTIVES 315 TROPISMES,
les déclencher, les réactions agressives ou préparatoires à l'accou
plement chez le dindon mâle en rut. L'auteur part de cette obser
vation, que le en rut réagit de manière agressive à
la vue d'une femme dont la robe flotte, et présente les réactions
spéciales qui précèdent l'accouplement (Balzverhalten : gonfl
ement des plumes, agitation des ailes) à la vue d'un homme immob
ile. Dans les mêmes conditions, les dindes ne manifestent aucune
de ces réactions. L'auteur montre que le comportement du mâle
tient à ce que celui-ci perçoit tous les objets mobiles comme les
signes caractéristiques du mâle de son espèce, ce qui déclenche le
comportement agressif; et les objets immobiles et traînant à terre
comme les signes de la femelle, ce qui déclenche les réactions de
l'accouplement. Il existe donc, chez le dindon mâle en rut, un scheme
<lu mâle et un scheme de la femelle, qui sont certainement innés.
Mais le dindon ne semble pas avoir de scheme inné correspondant
à la perception d'un individu de son espèce. En effet, il réagit à
l'égard de chiens, d'hommes, etc., comme il le ferait à l'égard de
congénères, s'il a été élevé depuis son enfance dans l'entourage
de chiens et d'hommes, et en l'absence de tout congénère. Dans les
conditions normales, le scheme « individu de son espèce » lui est
fourni par sa mère et, par la suite, le comportement sexuel est
déclenché par la vue d'une femelle. Un tel scheme est donc acquis.
Dans une deuxième série d'observations, l'auteur analyse l'ensemble
du comportement sexuel du dindon. Des facteurs internes disposent
d'abord l'animal à l'accouplement (rut); puis, sous ï'influence de
stimuli visuels dont l'action peut d'ailleurs être modifiée par des
facteurs internes, l'animal passe de cet « état primaire » (Haupt-
stimmung) à des « états secondaires » (sekundäre Stimmung) de
combat, de fuite ou d'accouplement. D'accord avec les idées de
Lorentz et de Tinbergen, l'auteur montre que tout le comporte
ment sexuel dépend : 1° de réactions coordonnées héréditaires se
déroulant automatiquement, même en l'absence de l'objet qui les
déclenche normalement; 2° de réactions réflexes à des stimuli
externes, ou « taxies » (position oblique de la queue à la vue de la
femelle, grattage du sol, etc.). Ces dernières réactions déclenchent
généralement les premières : le réflexe de grattage, déterminé par
la vue de la femelle couchée, provoque le piétinement de celle-ci,
réaction qui, à son tour, entraîne l'accouplement.
G. V.
20. — Discrimination perceptive chez le Rat :
RABEN (M.W.). —The white Rat's discrimination of differences
in intensity of illumination measured by a running response
(La discrimination de différences d'intensité cl 'éclair ement chez le
Hat blanc, mesurée par la vitesse d'un parcours). — J. comp.
physiol. PsychoL, 1949, 42, 254-272. — GRICE (R.).— Visual 316 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
discrimination learning with simultaneous and successive pre
sentation Of Stimuli (Apprentissage d'une situation de discr
imination visuelle, dans le cas d'une présentation simultanée, et
d'une présentation successive des stimuli). Ibid., 365-373.
Dans les expériences de Raben, les rats sont entraînés à par
courir une allée droite menant d'une boîte de départ à une boîte
de nourriture, sous un éclairement moyen de 1,38 millilamberts.
Dans ces conditions, ils sont récompensés par de la nourriture.
Si, par contre, les animaux sont soumis à un éclairement plus faible,
c'est signe que le parcours ne sera pas récompensé (trois essais
sur quatre). Pour quatre groupes de rats soumis d'une part à l' écla
irement maximum de 1,38 ml., d'autre part à un certain degré
plus faible d'illumination, les résultats du dressage ont été les
suivants : 1° On assiste à un renforcement progressif (vitesse plus
grande) de la réponse à la situation positive et, parallèlement, à
une diminution progressive de la vitesse du temps de parcours
dans le cas de la situation négative, autrement dit à une discrimi
nation des deux situations. 2° La discrimination est d'autant plus
marquée que la différence entre les deux éclairements est
forte. 3° La généralisation de la réaction est minimum pour les
plus grandes différences d'éclairement, maximum pour les plus
petites; elle décroît considérablement pour tous les groupes au
cours de l'apprentissage de la situation.
Dans le travail de Grice, les rats n'ont plus pour tâche de discr
iminer des éclairements, mais des cercles de diamètres différents :
l'un (5 cm. de diamètre) est le signe d'une récompense en nourri
ture, l'autre (8 cm. de diamètre) indique qu'il n'y a rien dans la
boîte de nourriture devant laquelle il est placé. L'auteur cherche
à savoir s'il y a une différence dans l'apprentissage de cette di
scrimination, d'une part quand les deux stimuli sont présentés simu
ltanément dans un labyrinthe en Y, d'autre part quand les présen
tations de l'un ou l'autre stimulus se succèdent au hasard devant
l'une ou l'autre des boîtes à nourriture de ce labyrinthe. Résultats :
les deux courbes d'apprentissage (% de choix corrects) sont quasi
superposables. Par ailleurs, si on inverse les situations à la fin de
l'apprentissage, les deux groupes expérimentaux se réadaptent
immédiatement et continuent, dans la situation nouvelle, à choisir
le stimulus positif.
G. V.
21. — Réactions du Rat au délai qui lui est imposé à l'intérieur
d'un labyrinthe :
HERON (W. T.). — Time discrimination in the Rat (Perception
du temps chez le Rat). — J. comp. physiol. Psychol., 1949, 4.2,
27-31. — GENTRY (G.), BROWN (W. L.), KAPLAN (S. J.).
— The effects of intra-maze delay. III. A delay box. IV. A gap COMPORTEMENT SEXUEL 317
in the maze (Les effets d'un délai imposé dans le labyrinthe. III.
Boite imposant le délai. IV. Coupure dans le parcours). — Ibid.,
81-86 et 182-191.
Héron emploie un labyrinthe en croix dans lequel les rats doivent
tourner à droite ou à gauche suivant le délai qui leur est imposé
par la fermeture de deux portes. L'apprentissage réussit, ce qui
montre que les rats peuvent apprécier des différences de temps.
Cette expérience permet de mesurer le seuil différentiel de discr
imination temporelle du Rat : 5 sec. sont facilement distinguées
de 25 sec; un seul individu est arrivé à distinguer 5 sec. de 10 sec.
après 339 essais.
Gentry, Brown et Kaplan poursuivent leurs recherches de 1948
sur les effets d'un délai imposé aux Rats pendant le parcours d'un
labyrinthe (en. T multiple, élevé, à 14 unités, du type Tolman-
Honzik) ; leurs nouveaux résultats peuvent être résumés de la
manière suivante : 1° les différences entre le groupe de contrôle
et le groupe soumis à un délai portent uniquement sur l'apprentis
sage de la partie du labyrinthe antérieure au dispositif de délai;
2° le délai, pour être efficace, doit atteindre un seuil, mais ses effets
ne sont pas proportionnels à sa durée (cf. loi du tout ou rien);
3° les effets du délai sur le learning de la partie antérieure du laby
rinthe dépendent de la nature du dispositif imposant le délai :
les rats soumis à un délai de 45 sec. dans une boîte, au milieu du
labyrinthe, apprennent beaucoup plus lentement la première part
ie de ce labyrinthe que les animaux de contrôle; par contre des
rats soumis à un délai de 45 sec. occasionné par une coupure dans
le labyrinthe apprennent la partie antérieure aussi vite que les
animaux témoins, et il faut porter le délai à 90 sec. pour obtenir
des effets analogues à ceux du premier cas.
G. V.
3° Comportement sexuel.
22.— EIBL-EIBESFELDT (I.). — Ein Beitrag zur Paarungsbiol
ogie der Erdkröte « BufO bufo » L. (Contribution à la biologie de
V accouplement chez le crapaud terrestre « B. b. y>). — Behaviour,
1950, 2, 217-235.
Le comportement sexuel de Bufo bufo a été observé sur le terrain
de la station biologique de Vienne (Wilhelminenberg). La période
d'accouplement s'étend de la mi-mars à la mi-avril. Tous les an
imaux gagnent les lieux de ponte simultanément et par la même voie ;
le déplacement vers les mares ne peut s'expliquer par hydrotropisme
ou géotropisme; un groupe de grenouilles étrangères placé à proxi
mité de la mare est complètement désorienté alors que celles de la
station s'y rendent directement. Il s'agit donc plutôt de la reconnais
sance du chemin parcouru les années précédentes ; les indices employés

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