Tropismes. Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 340-363

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 340-363
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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b) Tropismes. Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 340-363.
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b) Tropismes. Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 340-363.
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détermination d'une loi reliant dans une espèce donnée, le poids P
et la surface alaire S :
S = a -f- &P (a et b étant des constantes). Le rapport de susten
tation R
R== a+h?
peut être comparé d'une espèce à l'autre en faisant la réduction à
un même poids P. La constante a représente un excès biologique-
ment utile de surface portante (nécessaire chez les espèces qui
portent leur proie comme les Ammophiles, les Pompiles, etc.),
excès qui peut être réduit par section d'ailes sans empêcher le vol.
Mais le maximum de réduction de la surface alaire est supérieur à
l'excès réel de surface portante dans les conditions normales du vol
par suite d'un mécanisme compensateur dû à l'accélération des
battements (mécanisme réduit par la fatigue) et encore très insuff
isamment connu. H. P.
b) Tropismes. Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles
177. — ET. RABAUD. — Tropismes et comportement. — R. ph.,
Cil, 1926, p. 5-30 et 239-268.
Les mouvements des êtres vivants résultent de l'interaction de
l'organisme considéré avec certains excitants agissant dans certaines
conditions. Le tropisme ou orientation doit être distingué de la kinèse
ou mouvement. Les mouvements orientés des animaux ou plantes
fixés relèvent de mécanismes différents ; doivent seuls être retenus
comme tropismes ceux qui sont assimilables aux mouvements orien
tés des organismes libres.
L'excitant étant donné, le mouvement orienté est irrésistible,
sans qu'il soit permis d'invoquer un processus de sélection. Non
seulement le seuil, mais aussi l'intensité maxima qui détermine une
réaction de même sens varie avec les organismes ; de sorte que ce que
nous appelons intensités d'un même excitant constituent en réalité
autant d'excitants distincts. Les réactions d'un même individu à un
même excitant varient selon les conditions de l'un et de l'autre, et
ici encore, sans relation à la finalité. Les actions simultanées de
plusieurs excitants de nature différente tantôt se renforcent, tantôt
se neutralisent, tantôt se combinent.
Une fois établi le fait de mouvements orientés sous l'action des
composants du milieu, il faut l'interpréter. Selon Jennings, l'attrac
tion serait simplement la résultante d'une succession d'essais accom
pagnés d'erreurs, c'est-à-dire, pour éliminer l'apparence intentionnelle
de ces termes, de mouvements les uns impropres, les autres propres
au résultat final, ces derniers devenant de plus en plus fréquents.
Mais la sinuosité du trajet suivi par un organisme vers un excitant
externe s'explique par diverses causes, en particulier la sensibilité
différentielle, le retard de la réaction orientée sur la réaction motrice,
les interférences multiples. Supposer avec Jennings un choix, même
involontaire, d'une situation favorable, c'est appliquer une inter- Psychologie zoologique et biologie 34i
prétation subjective à une action purement physiologique. Selon
Lœb, les tropismes seraient dus à l'existence de lignes de force dans
l'espace et à la symétrie morphologique des organismes. Ceux-ci
s'orienteraient selon les lignes de force jusqu'à ce qu'ils rencontrent
une position symétrique par rapport à elles ; ils seraient alors attirés
par l'excitant d'où elles partent. Mais l'expérience prouve que la
direction de l'excitant est sans importance. S'il est exact que les
excitants augmentent le tonus, les faits établissent que le comporte
ment de l'animal n'est dirigé par aucune question de symétrie et que
le tropisme ne se confond pas avec le tonus ; les deux processus, loin
de se confondre, s'opposent.
En réalité, les tropismes sont des réflexes, Le tropisme positif
n'est pas, comme dans la théorie de Lœb, un réflexe tonique, un
réflexe d'attitude, mais un réflexe clonique, d'orientation
ou de translation. Il en est ainsi non seulement des tropismes positifs,
mais aussi des tropismes négatifs et des faits d'inhibition. A ces
derniers se rattache probablement la sensibilité différentielle, lors
qu'on la restreint aux faits correspondant à sa définiton précise :
réaction à une variation brusque de l'excitant. Le renversement des
tropismes, phénomène encore incomplètement élucidé, semble se
ramener dans tous les cas à un changement des rapports physiolo
giques des voies conductrices.
Le tropisme, rélexe clonique orienté, est, au même titre que tous
les réflexes, une propriété générale et normale des organismes, qui
joue un rôle de premier plan dans leur comportement, en particulier
dans leurs déplacements et leur répartition. G.-H. L.
178. — W.-J. CROZIER. — Galvanotropism and « reversal of
inhibition » by strychnine {Le galvanotropisme et le « renversement
d'inhibition » par la strychnine). — J. of gen. Ph., X, 3, 1927,
p. 395-405.
Dans un vase d'eau dé mer un courant, sous 4 volts, provoque une
orientation cathodique chez divers Némertiens, et anodique chez
un Géphyrien, un Echiure. Lorsqu'on fait passer le courant trans
versalement, il y a une incurvation du corps à convexité du côté de
la cathode chez les Némertiens, du côté de l'anode chez l'Echiure.
La strychnine (dont l'effet est d'exagérer l'excitabilité chez les
vers, avec renversement de la réaction au contact par prédominance
de la réponse des antagonistes sur la réponse normale des muscles
longitudinaux), sur le Némertien Lineus exagère le phototropisme
négatif, produit aussi le renversement des réactions au tact dans un
stade d'élongation excessive (avec constriction annulaire au point
touché) et enfin renverse le galvanotropisme (ainsi que chez l'Echiure),
alors que la nicotine n'a pas d'effet de ce genre.
Le « renversement d'inhibition » implique une action de la strych
nine sur les ganglions centraux, et, dès lors, l'auteur estime que l'effet
galvanotropique dépend de l'action directe du courant sur les cel
lules nerveuses du ganglion. H. P.
179. — -MAURICE ROSE. — Sur le galvanotropisme des Gammarus
d'eau douce. — B. B., XCVII, 1927, p. 51-53.
Les animaux étant dans un bac d'eau distillée, les électrodes sont ■
§42 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUES
constituées par des feuilles d'étain placées contre les parois opposées
(avec 12 centimètres d'intervalle). Le galvanotropisme se montre
négatif pour les tensions inférieures à 6 volts et supérieures à 9 volts,
et positif entre 6 et 9 volts.
Le sens de la réaction est donc fonction de l'intensité du courant.
Dans des solutions diverses, on obtient, avec une même tension
de 8 volts, des réactions, soit positives, soit négatives ; par exemple
en ajoutant successivement du permanganate de potasse, puis du
sulfate de fer, et ainsi de suite, on a, alternativement, un galvano
tropisme négatif, puis positif, etc.
D'une manière générale, les ions H ont pour effet de rendre le
tropïsme positif. H. P.
ïfcô. — S.-O. MAST. — Reversal in photic orientation in Vol^ox
and th« nature ö! photic Stimulation (Renversement dans V orien
tation ù la lumière chez te Volvox et nature de la stimulation
lumineuse). — Ëesponse to electricity in Volvox anfl the nature of
galvanic Stimulation {Réponse à V électricité chez le VolvoA et nature
èe la stimulation galvanique). — 2. für ver. Ph., V, 1957, p. 130-
738 et 739-761.
Résumé des conditions variées dans lesquelles s'obtient un renver-
sement du phototropisme dans les colonies du protozoaire Vttlpox,
avec systématisation et essai d'interprétation.
lie tropisme est normalement positif en faible lumière, négatif en
ÏOTte ; mais, après adaptation à l'obscttrité, il devient positif à la
lumière, et bientôt négatif si celle-ci est assez intense ; après adap
tation à un certain éclairement, il devient positif pour un accroiss
ement de lumière, à l'opposé de ce qu'on attendait, et négatif, pour
une diminution (le changement devant être assez grand et -assez
rapide) ; une colonie se montrant négative à une certaine intensité
lumineuse devient positive si cette intensité est aocrue, pour redevenir
négative quand elle est maintenue quelque temps à ce niveau plus
élevé ; l'inverse se produit pour des colonies positives.
Au bout d'un temps suffisant, à éclairage constant, l'indifférence
s'établit.
La plupart des faits constatés (mais non tous) s'expliquent en
admettant une chaîne de processus impliquant deux substances
photochimiques x et y et deux non photochimiques m et n, un état
d'indifférence correspondant à un équilibre stable des
n x^Ly n
n t^. m
une augmentation de lumière incite plus de y aux dépens de x (avec
corrélativement un phototropisme positif) mais l'excès àeyse traduit
par tin accroissement -des substances m -aux 'dépensée^, n aux dépens
ée m, et x aux dépens de n, ce «fui tend à rétablir r-éqwlibre d^adap-
tatioin. Quand y a été formé avec un notante -excès, il y â une phase
de rupture d'équilibre en sens inverse par le jeu des réactions, avec
excès de x (ce qui est corrélatif d^un phototropisme négatif).
Si l'on envisage une diminution de lumière, la chaîne des processus
est la nrême, mais de sens exactement inverse. zoologiqüe et èiologië . 343 Psychologie
Ëii ce qui concerne le mécanisme de l'orientation tropique {qui
résulte du changement de battement dés flagelles du côté obscure des
colonies, par l'intermédiaire de la mise en jeu des photorécepteurs)
telle que les colonies photopositives deviennent négatives par dimi
nution de lumière comme les photopositives deviennent négatives
par accroissement, la différence paraît due, d'après l'auteur, à une
différence des charges électriques des colonies dans les deux cas. Et
la première étude se relie, de ce point de vue, à la seconde, sur l'effet
du courant galvanique.
En effet, il y a une étroite relation entre le galvanotropisme et le
phototropisme : le Volvox s'oriente vers la cathode quand il est
photopositif et vers l'anode quand il est photonégatif. Toutes les fois
que le tropisme à la lumière est renversé (action de la températuPe,
de l'acidité, de substances chimiques, etc.), la réaction galvanique
change parallèlement.
L'orientation galvanique est due à Une diminution ou à une cessa
tion de l'activité des flagelles du côté de la colonie vers lequel se fait
la rotation ; tandis que l'orientation photique est surtout due au
changement de la direction du mouvement des flagellés.
Dans les colonies galvano-négatives, les flagelles vers la cathode
répondent après fermeture du circuit, et ceux vers l'anode après
ouverture, et l'inverse dans les galvano-positives.
Chez les zoïdes individuels, la réaction galvanique n'est jamais
que momentanée, mais elle devient continue dans la colonie en mou
vement par transfert progressif de la réaction d'un zoïde à l'autre.
Les transferts cataphorétiques indiquent l'existence d'une charge
négative (transfert vers l'anode) dans les colonies positives pour la
cathode, et inversement (la réaction d'orientation étant en sens inverse
de celui du transfert électrique). Et ces faits confirment la relation
envisagée entre le sens du tropisme à la lumière et la charge électrique.
L'auteur pense que la stimulation galvanique est probablement
associée à une décroissance de la polarisation de surface et du contenu
en eau. H. P.
181. — ERNST WOLF. — Geotropism of Agriolimax (Le géotr
opisme d'A). — J. of gen. Ph., X, 5, 1927, p. 757-765.
Recherches sur l'angle de redressement des limaces quand on
incline latéralement la plaque de verre humide sur laquelle elles se
meuvent, conformément à la méthode de Grozier et Pincus dans leur
étude sur les jeunes rats.
Résultats identiques : L'angle 6 est proportionnel au logarithme
de la' composante de gravité sur le plan (ou du sinus de l'angle d'in
clinaison <*).
Mieux encore, le sinus de l'angle 0 croît proportionnellement à la
réciproque du sinus de l'angle a :
L'enlèvement des yeux est sans effet.
Voici les valeurs numériques obtenues en moyenne (30 à 50
épreuves pour chaque chiffre) :
Angle y. 45° 55° 60° 6ô« 72° 79° 90°
Anglo 0 4*°,7 61o,8 69°,3 72°,3 7(J°,8 84", 1 S8°,7 344 ANALYSES fllBLlOUtAPHiQUÈS
Au-dessus de 45° on n'obtient rien de net. Au-delà de 90°, on obtient
les mêmes résultats en envisageant les angles supplémentaires.
Les faits paraisssent à l'auteur en accord avec la théorie que
l'orientation géotropiquè est limitée par la différence liminaire entre
les pressions que la masse ,du corps exerce sur les muscles longitud
inaux des deux côtés dans la région antérieure de l'animal. H. P.
182. — H. PIÉRON. — Le rôle des statocystes chez les Mollusques
et les données fournies par l'étude du géotropisme des Limaces.
— B. B., XCVII, 1927, p. 1390-1392. (Repruduction de la note).
« D'après des expériences de Wolf *• sur des Limaces (Agriolimax
laevis), inspirées des travaux sur les Rats aveugles de Grozier et
Pincus 2, lorsqu'un animal est en mouvement sur un plan horizontal,
et qu'on incline ce plan perpendiculairement à la direction de marche
d'un certain angle a, l'animal prend une nouvelle qui fait,
avec la première, un certain angle 6 sous l'influence du géotropisme
(la direction étant vers le haut, dans le cas le plus fréquent du géo
tropisme négatif), avec une relation définie entre les deux angles :
0 = K log. sin a -\- G, K et C étant des constantes.
« Reprenant, sur Limax maximus, des recherches par cette mé
thode, j'ai constaté une telle dispersion des résultats que les moyennes
de 8 n'avaient aucune signification 3. Mais, en immergeant les Limaces,
on obtient au contraire des réactions très constantes chez tous les
animaux, qui présentent un géotropisme négatif tout à fait net,
attribué par Baunacke à un « Fluchtreflex * ».
« Or, dans ces conditions, on ne trouve aucunement fa loi de
Wolf : l'angle 9 de redressement a un mode constant, qui est toujours
de 90°, c'est-à-dire que les Limaces prennent la ligne de plus grande
pente (avec une erreur moyenne qui diminue avec la pente). Wolf
tirait de sa loi une importante déduction au point de vue du sens
statique, suivant, ici encore, l'attitude de son maître Grozier.
L'action orientatrice de la pesanteur s'effectuerait par une différence
de pression du poids du corps sur les muscles des deux côtés, le
redressement cessant quand cette différence est ramenée au-dessous
d'une certaine valeur liminaire. Le rôle des statocystes serait exclu en
faveur de ce mécanisme, qui présente, aux yeux de ses protagonistes,
l'avantage de ramener le géotropisme au schéma général impliqué
par la théorie des tropismes de Loeb.
« Malheureusement pour cette conception, l'animal perdant du
poids dans l'eau, a pourtant alors un angle de redressement très
supérieur, angle constant et maximal 6. Il est probable que la gran-
1. Journ. of gener, physiol, 1927, X, 5, p. 757.
2. Id., 1926, X, 2, p. 257 et 4, p. 519.'
3. Hunter a repris sur les Rats les expériences de Crozier et Pincus, et
montré que l'angle moyen 8, qui suit réellement la loi proposée, est l'angle
qui n'est pris par aucun animal ou à peu près, la courbe de dispersion étant
plurimodale.
Cf. Pedagogical Seminary and Journ. of genetic Psychology, 1927, t. XXXIV,
2, p. 299.
4. Biologisches Centralblatt, 1913, t. XXXIII, 7, p. 427 et 1914, 6, p. 371.
i». Jlaunacke a même montré que, dans de l'eau sucrée dont la densité est ZOOLOGIQUE ET BlOLOGlÜ 345 PSYCHOLOGIE
deur de l'effort musculaire antigravifique joue un rôle dans le com
portement des animaux, mais la perception de la direction de la
pesanteur, qui est extrêmement fine chez les animaux possédant un
statocyste, est certainement fondée sur le jeu de cet appareil sensoriel,
quand il existe. J'ai d'ailleurs constaté que la sensibilité différent
ielle à la direction de la pesanteur avait une valeur absolue constante,
et n'était pas soumise à la loi de Weber (constance de la valeur rela
tive). La variation moyenne de l'angle de redressement sur plan in
cliné, traduite en variation moyenne de la pente autour de la pente
maxima, est en effet sensiblement constante (de l'ordre de 20 à 30 mi
nutes). D'autre part, une rotation latérale d'un plan incliné changeant
la direction de la plus grande pente entraîne (et cela, toujours au
cours de l'immersion) un changement de direction, dont le seuil
angulaire est le même, quelle que soit la pente initiale, avec une
même valeur de 20 à 30 minutes *.
« Cette constance du seuil absolu de sensibilité différentielle est
en accord avec un mécanisme de réception statocystique. Si, dans
l'air, le redressement moyen augmente avec l'inclinaison du plan,
cela tient à ce que l'incitation géo tropique est fonction de l'inclinaison
(entraînant une orientation antigravifique chez un plus grand nombre
d'individus). Or, dans l'eau, le réflexe de fuite comporte une incitation
géo tropique d'emblée maximale ou presque, et dès lors, les résultats
ne sont plus soumis qu'aux lois de réception sensorielle. L'erreur de
Loeb et de ses élèves a toujours été de confondre dans le tropisme
— qui ne se différencie aucunement du réflexe, quoi qu'on ait pu
dire — les processus de réception et les processus de réaction (confu
sion qui apparaît bien dans les arguments en faveur de la théorie des
tropismes fondés sur les lois de réception lumineuse, comme 'la loi
de Bunsen-Roscoe, d'ailleurs inexacte). Une variation dans l'inc
itation . réactionnelle antigravifique a été prise pour une variation
dans l'action sensorielle de la pesanteur.
« Les recherches de Wolf n'ont donc aucune valeur en ce qui
concerne le rôle, qu'elles visaient à exclure, des statocystes, dans le
sens statique des Mollusques. En revanche, il est probable que les
variations de vitesse locomotrice signalées par Cole sur l'Escargot
(celle-ci croissant comme le logarithme du sinus de l'angle d'inclinai
son, d'après les études de Pincus pour les Rats) sont un effet de l'ac
tion musculaire de la pesanteur. Car, dans l'eau, on ne constate
nullement cet effet chez les Limaces. J'ai même trouvé, au contraire,
que la vitesse de locomotion variait en sens inverse de la pente. Il y
a donc là une dissociation de l'action kinétique et de l'action orien-
tatrice de la pesanteur, de « géokinétique » et de l'action
juste égale, et même supérieure, à celle de la Limace, celle-ci ne s'en dirige
pas moins à l'opposé de la direction de la pesanteur.
1. L'angle liminaire, dans le statocyste de Limax mcurimus, correspond à
une déviation de la pesanteur de 0 x 3 en écart linéaire. Ce écart est à peu
près celui qui correspond, dans la rétine de l'Homme, à l'appréciation du
décalage de deux lignes placées bout à bout. En matière de sens statique,
chez l'Homme, les seuils les plus fins sont du même ordre de grandeur que la Limace (de 12 à 36 minutes). ■
346 ANALYSES BiBLlOOftAPHlQtJÈS
« géotropiqué », la première disparaissant, et la seconde se manifes
tant au maximum, chez les Limaces immergées. »
183. — W.-S. HUNTER. — The behavior of the white rat on inclined
planes. (Le comportement du rat blanc sur des plans inclinés). —
Ped. Sem., XXXIV, 2, 1927, p. 299-332.
Des rats blancs placés sur un plan incliné se déplacent dans diffé
rentes directions 8. D'une recherche statistique, Grozier et Pincus
avaient récemment tiré cette conclusion qu'en moyenne les angles 6,
repérés à partir d'une ligne de niveau, sont une fonction linéaire du
logarithme de l'angle d'inclinaison. H., ayant répété ces expériences
dans les mêmes conditions, retrouve exactement la même loi, mais
l'interprétation parfaitement claire qu'il en donne aboutit à faire
perdre à cette loi tout son intérêt pour une théorie quelconque du
géotropisme. En effet, si l'on examine les courbes de distribution —
ce que sans doute les premiers auteurs n'avaient pas fait — on trouve
d'abord, quelle que soit l'inclinaison du plan, un mode très accusé
à 90° (vers le haut), des modes secondaires se dessinant à 0°, 180°,
(indifférence) et à 270° (géotropisme positif). Mais pour calculer
l'angle moyen on confond les angles qui sont symétriques par rapport
à la ligne de plus grande pente ; ce faisant les courbes de répartition
prennent une forme d'U dyssymétrique, ce qui ôte à la moyenne sa
signification comme tendance centrale. Et H. montre que l'évolution
de cette moyenne trompeuse en fonction de l'inclinaison est due à
un resserrement progressif de la distribution à mesure que le plan
s'élève ; qui peut s'expliquer par la difficulté de plus
en plus grande, pour les rats, de progresser dans les directions
voisines de l'horizontale, si l'on en juge par la fréquence des chutes
aux fortes inclinaisons.
Cette étude critique, très bien conduite, nous révèle un bel exemple
des erreurs grossières qu'on s'expose à commettre en acceptant sans
les interpréter les résultats d'une statistique. A. F.
184.— W.-J. CROZIER et T.-T. 0 XN ARD. — Geotropic orienta
tion of young mice (L'orientation géotropique des jeunes souris)
J. of gen. Ph., XI, 2, 1927, p. 141-146.
Avec plus de variabilité, les jeunes souris se comportent comme
les jeunes rats, au point de vue de la valeur de l'angle de rotation 6
dans la marche, en fonction de l'angle de redressement du plan a :
Entre 20° et 50° il y a proportionnalité au logarithme de la compos
ante gravifique, OU cos 6 décroît linéairement quand sin a. augmente.
Au-delà de 50°, il n'y a plus rien de régulier. H. P.
185. — G. PINCUS. — Geotropic creeping of young rats (Marche géo
tropique des jeunes rats). — J. of gen. Ph., X, 4, 1927, p. 525-532.
Des rats de 13 à 14 jours, juste avant l'éclosion des yeux, sont
placés sur des plans grillagés différemment inclinés. Ils se déplacent
vers le haut dans Une certaine direction (à la chambre noire) avec une
vitesse qui augmente quand l'angle d'inclinaison a est plus grand, en
même temps que l'angle de redressement 6
a 15° 20» 2&o 30» 35» 40« 50« 60*>
6 37°,4 44»,5 52°,9 57»,4 64«,0 69°,8 77» 9 84« 7
Vitesse 2,442 2,636 2,654 2,872 3,082 3,139 3,300 3 407 PSYCHOLOGIE 200LQ6iQÜE Ef BIOLOGIE 547
La vitesse croît, comme 6, proportionnellement au logarithme du
sinus de l'angle a.
En mettant au rat des surcharges, on augmente aussi la vitesse
de progression, qui croît comme le logarithme du poids supplément
aire.
Dans les deux cas cela indique que la réponse géotropique est
proportionnelle au logarithme de la composante gravitationnelle
active (et non à l'intensité absolue de la gravité), en accord avec
l'hypothèse que les réponses sont commandées par la pression inégale
du poids de l'animal sur les pattes des deux côtés du corps.
Quand on ajoute un poids à la queue, cela entraîne un écartement
plus grand des pattes (les pattes étant plus étendues du côté supé
rieur) d'où une différence plus grande d'action de la pesanteur se
traduisant par un accroissement de la réponse géotropique. H. P.
186. — W.-J. CEOZIER et G. PINCÜS. — Phototrojism in young rats
(Phototropisme chez les jeunes rats). — J. of gen. Ph., X, 3, 1927,
p. 407-417. — On th« equilibration of géotropic and phototropic exci
tation in ta« tat (Sur V équilibration des excitations géotropique et
phototropique chez le rat). - — Ibid., 3, p. 419-424. — Geotropic orien
tation oî yonng rat8 (Orientation géotropique des jeunes rats). -—
Ibid., 4, p. 519-524.
Les jeunes rats ont les paupières closes pendant 14 jours. A ce
nwment l'œil ne sert pas à la formation d'images, mais permet
l'orientation à la lumière par phototropisme négatif.
En soumettant l'animal à l'action de deux sources de lumière
opposées Ii et I,, l'orientation angulaire ô peut être quantitativement
déterminée en fonction du rapport des intensités des sources :
tang 6 == i,«3 log f
Avec 11 rapports différents, l'angle moyen obtenu d'orientation des
jeunes rats s'est montré satisfaire à cette formule.
Si on enlève un des yeux à ce stade précoce de la vie du rat, il y a
des mouvements de manège vers le côté aveuglé et attitude incurvée
les membres étant en flexion du côté lésé, en extension de l'autre, ce
qui indique un effet tonique de l'excitation oculaire comme chez les
insectes.
Le géotropisme des jeunes rats est proportionnel au logarithm« de
la force gravitationnelle, et le phototropisme au logarithme de l'in
tensité.
Les auteurs ont examiné les intensités lumineuses nécessaires pour
contrebalancer, chez les jeunes rats, l'excitation géo tropique négative,
en variant la grandeur de celle-ci par inclinaison croissante du plan
sur lequel l'animal se meut.
Le rapport du logarithme de l'intensité lumineuse d'efficacité juste
égale au logarithme du sinus de l'angle de l'inclinaison s'est montré
constant, ce qui indique, pour les auteurs, que le rat est réellement
une machine soumise à l'action de deux forces antagonistes.
Bes recherches sur Rattus raltus, suivant celles relatives à R. norve-
gicus (Cf. An. Ps., XXVII, p. 332) ont montré que le premier, avant, 348 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'ouverture des yeux, a une sensibilité géo tropique plus grande.
Il y a la même loi linéaire reliant l'angle de redressement 0 de la
marche sur un plan incliné latéralement à l'angle d'inclinaison a
(A = K log sin a — c) mais la constante K est modifiée, en raison de
la différence quantitative d'action de la pesanteur.
Le seuil de redressement est plus bas (3,5° au lieu de 6,5), le r
edressement complet (à 90°) est obtenu plus tôt (pour 67° au lieu de 70°)
et l'angle 9 est plus grand pour les mêmes valeurs de l'angle a
(37° au lieu de 32°,6 pour 15° d'inclinaison ; 61°,9 au lieu de 57°,4
pour 30° ; 80°,l au lieu de 77°,9 pour 50°). H. P.
187. — E. WOLF et W.-J. CROZIER. — Orientation in compound
fields of excitation ; photic adaptation in phototropism {Orientation
dans des champs composés d'excitation ; V adaptation à la lumière le phototropisme). • — J. of gen. Ph., XI, 1, 1927, p. 7-24.
Les recherches ont été poursuivies sur des Agriolimax campestris,
adaptées à l'obscurité, et dont 8 sur 10 environ sont négativement
phototropiques et géotropiques. Sur une plaque verticale humide, la
limace monte verticalement; ; sur une horizontale éclairée
latéralement, elle se dirige à l'opposé de la lumière ; sur une plaque
verticale éclairée latéralement, elle monte suivant une ligne oblique
dont l'angle ß avec la verticale croît avec la grandeur de l'éclaire-
ment.
Mais l'adaptation à la lumière qui diminue l'efficacité de Péclaire-
ment entraîne une diminution de l'angle ß, et cette diminution per
met d'apprécier quantitativement l'adaptation.
Dans une série d'expériences, l'angle est de 53°,1 après 1 minute,
de 36°,1 après 3, de 22°,6 après 5 et de 14°,6 après 7 minutes (avec
un éclairement constant d'environ 300 lux). Le logarithme de la
tangente de l'angle décroît linéairement avec le temps, dans l'adap
tation à la lumière. Si l'inclinaison du plan est moindre que 90° (d'où
une moindre action géotropique g), l'angle ß est plus grand pour une
même action L de l'éclairement On a la relation tang ß = — .
Quand on change les intensités lumineuses, on constate une dé
croissance plus rapide de l'angle ß, c'est-à-dire une plus grande vitesse
d'adaptation.
La constante de vélocité d'après 3 séries de mesures est en moyenne
de 2,6 à 16,32 foot candles (environ 165 lux), de 2,92 à 29,46
(300 lux) et de 3,53 à 73,69 (750 lux).
La vitesse d'adaptation croît proportionnellement au logarithme
de l'intensité lumineuse. H. P.
188. — GOTTFRIED FRjENKEL. — Beiträge zur Geotaxis und
Phototaxis von Littorina {Contributions au Géotactisme et au Pho-
totactisme de L.). — Z. für ver. Ph., V, 1927, p. 585-597.
En soumettant des littorines (L. neritoides) placées à la périphérie
d'un cristallisoir à la force centrifuge par rotation du cristallisoir
(160 rotations par minute), on constate qu'au bout d'un quart d'heure,
presque tous les animaux se trouvent réunis au centre, manifestant
une réaction négative vis-à-vis de la force centrifuge (qui comporte

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