Types de développement dans le royaume de Naples, XVIIe-XVIIIe siècles - article ; n°4 ; vol.30, pg 703-725

De
Annales. Économies, Sociétés, Civilisations - Année 1975 - Volume 30 - Numéro 4 - Pages 703-725
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1975
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Gérard Delille
Types de développement dans le royaume de Naples, XVIIe-
XVIIIe siècles
In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 30e année, N. 4, 1975. pp. 703-725.
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Delille Gérard. Types de développement dans le royaume de Naples, XVIIe-XVIIIe siècles. In: Annales. Économies, Sociétés,
Civilisations. 30e année, N. 4, 1975. pp. 703-725.
doi : 10.3406/ahess.1975.293641
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1975_num_30_4_293641DE VELOPPEMENT DANS LE ROYAUME DE NAPLES TYPES
AUX XVIIe et XVIIIa SI CLES
Entre arbre et le blé
Le Royaume de Naples articule sur deux régions deux plaines la Campanie
ouest les Pouilles est ce sont les piliers de économie du pays La
Campanie est le domaine de la polyculture dans les riches terres volcaniques
qui entourent le Vésuve comme dans les collines de la Principauté Inférieure et
une partie de la Principauté Ultérieure des systèmes de cultures plus ou moins
élaborés associent le blé et le maïs entré dans le cycle des rotations depuis le
début du xviie siècle aux cultures arbustives vigne et fruits est le règne du
seminatorio arbustato ou vignato de la terre plantée qui est aussi celui de la
petite propriété et des très fortes densités de population 50 55 b./km2 en
1595 90 95 en 1765 pour la Terre de Labour 45-50 et 65-70 pour le Prin
cip Inférieur aux mêmes dates
Les Pouilles au contraire sont le domaine de la monoculture monoculture
du blé et des autres céréales secondaires orge et avoine) de olivier dans cer
taines régions de la Terre Otrante Mais blé ou olivier on ne retrouve guère
que dans quelques zones bien délimitées le long de la côte les subtils assem-
Cet article reprend certains thèmes une recherche effectuée Naples auprès de Istituto
Italiano per gli Studi Storici Gerard DEL LLE Croissance une société rurale Montesarchio et la
Vallèe Caudine aux XVI et XVIIIe siècles Naples 1973 286 100 tableaux et 20 illustra
tions
Une autre recherche plus spécifiquement démographique appuyant sur de nombreuses
séries états des âmes pour le petit diocèse de Agata Got est en cours financée par
le C.N.R italien est elle que nous avons tiré les données concernant Frasso et Arpaia
Les principaux fonds utilisés et sur lesquels nous ne reviendrons pas sont les suivants Ar
chivio di Stato Bénévent cadastres de Montesarchio de 1683 1744 et 1812 Archivio di Stato
Naples cadastres onciari de Frasso 1743 no 556 et de Arpaia 1744 no 909) Archives
episcopales de Agata Goti états des âmes pour toutes les paroisses du diocèse de
1703 1810 Archives paroissiales Bonea mariages 1570-1840 états des âmes 1583-
1829 Archives paroissiales Frasso états des âmes de 1730 1762 1769 La série des
mariages de Frasso de 1650 1800 été tirée de Guido PANICO Popolazione società in un
villaggio del Beneventano nel XVII XVIII secolo tesi di laurea Naples 1972 Nous avons
prolongé cette série en 1840
703 ET SOCI MOGRAPHIE
blages faits de vignes accrochées aux arbres de blé semé entre deux rangées
arbres de la Campanie Pour cela il faut de eau et dans les Pouilles les étés
sont secs où nous voyons que dans les Pouilles en Terre Otrante et
dans les maremme de Basilicate ou de Calabre où la chaleur été est trop forte
on ne sème ni maïs ni haricot ni fruits été mais du blé en abondance de
avoine de orge des légumes Ce qui domine est le blé sur des milliers
hectares en assolement biennal dans le cadre de la grande propriété Avec
pour conséquence des densités moitié moindres de celles de la Campanie 35-40
et 40-45 b./km2 respectivement en 1595 et 1765 pour la Terre de Bari 25-30
et 30-35 pour la Terre Otrante
côté de ces deux centres vitaux dans les zones montagneuses des Abruz-
zes et de la Calabre économie agricole est plus variée reposant tantôt sur le
blé tantôt sur le système du jardin méditerranéen et laissant une place plus
large un troisième élément majeur élevage transhumant système de la
Douane de Foggia pour la transhumance entre les Abruzzes et le tavoliere
des Pouilles)
La spécialisation économique des Pouilles et de la Campanie va entraîner
tout au long de époque moderne une évolution contrastée des deux régions
ère du blé ce sera ère des Pouilles ère de la vigne et de arbre ce sera ère
de la Campanie Or le poids démographique des deux régions évolue du
xvie au xixe siècle de la manière suivante en pourcentage de la population
totale du Royaume
Terre de Principauté tendance tendance Terre de Terre
Labour Inférieure Campanie Fouilles Bari Otrante
1505 139 126 74 67
1545 114 101 84 96
1595 122 95 99 105
Intermédiaire
1669-1732 126 78 110 123
1732 133 103 90 95
1765 171 107 71 67
1828 126 101 80 70
II agit là indications de tendances plus que de chiffres précis mais le
balancement séculaire dessine néanmoins une manière presque parfaite Le
xvie et les débuts du xvne siècle époque du blé ici comme dans toute Europe
méditerranéenne4 entraînent une croissance impétueuse des Pouilles et le
déclin de la Campanie La fin du xvne et le xvnie siècle temps de la vigne et de
arbre amènent un renversement complet de situation Entre les deux une
énorme tragédie la peste de 1656 Enfin après la crise de 1764 le blé reprend
la première place mais dans des conditions et dans un contexte international
très différents de ceux du xvie siècle et le déclin de la Campanie comme le
renforcement des Pouilles se fait avec plus de lenteur auparavant
704 DEL LLE MOD LES DE VELOPPEMENT
Trois villages trois économies
Ce est là un regard général et sommaire qui mériterait bien des nuances
mais qui nous semblé nécessaire pour replacer dans un cadre géographique et
temporel plus vaste et mieux comprendre évolution des trois exemples des
trois modèles choisis Trois villages Montesarchio et son hameau voisin de
Bonea Arpaia Frasso tous trois compris dans un rayon une dizaine de
kilomètres dans cette zone de la Terre de Labour et de la Principauté Ultérieure
cette zone de arbre qui connaît entre les deux grandes crises de 1656 et
1764 sa période la plus favorable
Montesarchio-Bonea est la Vallée Caudine un morceau de la Campania
Felix au ur une région montagneuse Le sol origine volcanique très
riche permet non seulement de supprimer la jachère mais autorise deux
récoltes par an Ici comme dans les zones de Aversa ou de Acerra on sème
successivement deux fois dans année la première fois en blé légumes et
avoines et la seconde en fruits été qui se plantent dès que les blés sont
fauchés Les fruits été comme le maïs les haricots le millet et autres.
mûrissent en peu de temps Chose que dans les autres régions de notre Royaume
on ne pratique pas les fruits hivers et les fruits été étant semés sur des
terrains différents irrigation et la fumure des terres sont pratique
courante et la fin du xvine siècle Nicola Onorati estimait un moggio de
terre 1/3 hectare environ avec arbres et vignes se louait 15 18 ducats dans
les régions de Avellino et de Montesarchio alors il dépassait rarement
ducats dans les régions intérieures du Sannio Une culture de jardinage sur une
terre très riche ici une propriété de hectares pouvait faire vivre une
famille de 4-5 personnes
Frasso Telesino étend sur un vaste coteau allant du pied du Mont Saint-
Ange la vallée du fleuve Calore Mais ce est plus la bonne terre de
Montesarchio calcaire et caillouteuse elle nous introduit déjà dans ces zones
intérieures du Sannio avec leurs rendements médiocres pour pour le blé
10 pour pour le mais semé la volée et non planté et irrigué comme
Montesarchio car les eaux de la montagne sont trop froides contre des rende
ments moyens de 10 pour pour le blé et 20 pour pour le mais autour de
Naples et dans la vallée Caudine La rotation des cultures est triennale une
année en blé une en maïs et une en repos Témoignage de cette médiocrité de
la terre expression peu apte la culture revient constamment dans le
cadastre de 1743
Dans ces conditions bien sûr ce ne sont pas ou hectares qui seront
nécessaires une famille de personnes mais bien 10 12 Il faudra plus de
travail plus de bras pour obtenir le même résultat Montesarchio où de
la part des familles paysannes un malthusianisme beaucoup moins sévère
Moûtesarchio-Bonea
Historiquement un point important doit être souligné le terroir de Frasso
est très favorable arbre et au début du xvine siècle économie du
village pas reposé comme Montesarchio sur la culture des terres mais sur
exploitation de la forêt Tous les documents concordent cet effet Le cadastre
de 1509 note dans toutes les propriétés de fortes superficies en forêts et en
châtaigniers Dans le Relevio présenté en 1713 par le feudataire 10 on trouve
une copie du cadastre de 1631 qui pour ce feudataire indique 20 moggio en
705 MOGRAPHIE ET SOCI
terre labourée ou plantée contre deux grandes pièces de bois de 420 et 200
moggio Et aprezzo de 1645 précise que ces 420 moggia ne sont que la moitié
féodale autre étant burgensatica est-à-dire libre une grande forêt de
850 moggia On retrouve cette Selva Grande et cette Selva Fenile encore
intactes en 1682 et en 1713 11 Dans inventaire de 1719 des biens de la
Confraternité du Saint Corps du Christ on relève une pièce de bois de 400
moggia une autre de 130 et une multitude de petites parcelles de 20 moggia
plantées en châtaigniers pour un total environ 000 moggia Il ne agit pas
dans ce cas un retour la forêt après la peste de 1656 puisque celle-ci été
peu violente que le village pas connu de dépression démographique im
portante et que imposante présence de la forêt été clairement établie avant
1656 Toute la vie du village dépendait alors de la récolte des châtaignes et de
élevage des porcs En 1704 paissent dans la Grande Forêt 200 porcs de
Madame locatrice. Comme il est habituel de payer carlins par porc pour
droit de pâturage pendant ces deux mois novembre-décembre). la rente est de
100 ducats 12 En 1713 la vente des fruits de la forêt est-à-dire des
glands pour les porcs rapporte encore 498 ducats au feudataire 13
est là un type économie que on rencontre fréquemment dans notre
région et que on retrouve par exemple encore intacte au milieu du
xviue siècle dans le petit bourg de Luzzano terroir cultivé très réduit et divisé
en parcelles infimes cultivées en jardins majorité de paysans sans terres mais se
livrant élevage des porcs sur les communaux ou contre redevance sur les
terres du feudataire usage courant réservait ailleurs élevage des porcs aux
régions montagneuses on sait en élevant ces animaux dans des lieux
rocheux et en pente leur chair devient parfumée et ferme la différence de la
chair de ces porcs que on nourrit dans les plaines qui du fait du manque de
mouvement devient habituellement ramollie et de mauvaise odeur 14
Cette première économie basée sur la forêt est fondamentale pour la compré
hension de évolution économique et démographique du village au
xvine siècle sans elle sans le changement complet qui va opérer dans cette
économie on ne pourrait expliquer extraordinaire croissance démographique
du pays
Le troisième village Arpaia sera notre modèle de la misère absolue et
sans remède Arpaia commande le col entre la Vallée Caudine et la plaine
campanienne et son terroir étend tout entier sur les versants arides et peu
près incultivables de la montagne Toute cette zone est du domaine communal
livrée un maigre élevage ovin Un fait doit être souligné avec force la
propriété paysanne existe pratiquement pas et ne peut pas exister quelles
que soient les variations de la population et évolution économique et sociale
générale La dépendance envers extérieur est peu près totale au milieu du
xviiie siècle la dîme rendait en moyenne 60 tomoli par an soit une production
globale de 600 tomoli capable de nourrir 120 personnes environ or le village
comptait alors plus de 600 habitants
Les différences qualitatives entre les trois villages sont donc très grandes et
les cadastres onciari donnant toujours une estime des terres il était tentant de
raisonner sur ces valeurs plutôt que sur les superficies Mais on beaucoup de
doutes quant uniformité des critères estime un village autre impôt
restait un impôt de répartition fixé suivant la population du village et non
suivant sa richesse foncière estime avait donc pour rôle que de
706 DEL LLE MOD LES DE VELOPPEMENT
permettre un classement des fortunes intérieur du village et rien obligeait
ce que les critères suivis fussent les mêmes partout De plus dans le système du
cadastre onciario les cas de réductions du revenu foncier cens grevant sur les
terres dettes donations pieuses... étaient tellement nombreux que ce revenu
foncier pouvait échapper toute taxation pourvu que on réussisse faire
adopter une estime de la terre qui ne soit pas trop forte De fait dans la plupart
des cadastres la valeur de estime semble être le résultat un rapport de forces
intérieur du village expression de la volonté des propriétaires échapper
la taxation plus que le reflet de la valeur réelle des terres dans une trop grande
majorité de cas estime est égale au cens ce qui soustrait automatiquement la
terre impôt Avec le cadastre napoléonien ces difficultés disparaissent
impôt étant cette fois proportionnel la rente foncière et les critères estime
uniformisés et basés sur la valeur locative des terres En 1821 date laquelle la
rédaction des cadastres est terminée dans notre région la rente nette imposable
totale par hectare et par habitant en ducats établit pour nos villages de la
manière suivante 15
rente totale rente par hectare rente par habitant
Montesarchio-Bonea 55040 185
Frasso 13181 66 35
Arpaia 4648 139 47
II agit de moyennes et les chiffres Arpaia sont fortement relevés par la
présence une bande de très bonne terre située dans la Vallée Caudine Mais les
habitants Arpaia ne possèdent rien de cette terre et pour eux les chiffres
moyens de la rente par hectare et par habitant sont sans doute inférieurs ceux
de Frasso Compte tenu de cette restriction ces chiffres traduisent bien les
différences profondes qui séparent les économies rurales de nos trois villages
Frasso la terre vaut près de trois fois moins Montesarchio Et ni la
propriété foraine ni artisanat et le commerce ne parviennent corriger ces
inégalités bien au contraire Pour Arpaia non seulement les cadastres des
bourgs voisins Air la Forchia Arienzo ne dénotent aucune propriété notable
des gens Arpaia mais la petite zone riche du pays est entièrement entre les
mains du feudataire et de forains originaires Airola Frasso les propriétés
des gens du pays extérieur sont également peu importantes Montesarchio
la propriété foraine est plus conséquente mais se fait en partie au détriment des
gens du village les paysans des montagnes voisines ayant réussi accaparer
environ 1/5 des terres Le phénomène toutefois entraîne pas un renversement
des valeurs
artisanat et le commerce tiennent Montesarchio une place honorable du
fait surtout de la présence une douane féodale important marché où afflue
le blé des régions intérieures des Pouilles se dirigeant vers Naples Le commerce
du blé sera au xvnie siècle origine de quelques très grosses fortunes
Frasso également le commerce semble former un complément solide activité
agricole les Frassois sont très travailleurs et commer ants Ils vendent des
lins des fromages des cuirs ils achètent même ailleurs dans diverses régions
du Royaume et en Romagne 16 Mais est Arpaia où la terre manque
totalement que on pourrait attendre voir artisanat et le commerce consti-
707 MOGRAPHIE ET SOCI
tuer non pas un simple complément mais la base même de la fortune de la
masse des habitants Or il en est rien si le village occupe une position de
premier ordre sur la route de Naples Bénévent il en profite aucunement
presque tous les vaticali transporteurs vivent dans le bourg voisin de For-
chia Et le cadastre de 1743 ne révèle aucune spécialisation et aucun développe
ment artisanal La terre reste partout élément déterminant
Comment ces trois villages ces trois économies si différentes vont-ils
percevoir le choc de la peste de 1656 comment vont-ils entrer dans ère de ar
bre La population de Frasso élevait 172 feux en 1648 soit environ 900
habitants celle Arpaia et de Forchia réunis 196 feux soit un millier de per
sonnes et le recensement semble avoir été fait avec sérieux il ne reprend pas
les chiffres de 1595 Bonea après certaines indications tirées des registres
paroissiaux comptait également un millier habitants La peste frappe ces trois
microcosmes de manière très inégale et introduit des différences évolution
fondamentales Pour Bonea et Frasso nous avons les listes détaillées des morts
et on en conclut des pertes de 70-75 Bonea contre 25-30 seulement
Frasso Arpaia les registres paroissiaux manquent mais le fléau semble avoir
frappé assez durement on ne retrouve que 174 feux en 1669 ce qui compte
tenu de la rapidité de la récupération après 1656 Montesarchio-Bonea on
passe de 580 feux en 1648 452 en 1669) donnerait une perte de 50
environ
Pourquoi ces différences en particulier pour Frasso Il est pas nécessaire
croyons-nous de faire appel des causes très hypothétiques comme exposition
ou isolement il suffit de rappeler que économie du village reposait sur la
récolte des châtaignes et élevage des porcs On peut donc supposer une alimen
tation plus carnée Bonea où économie était plus exclusivement agricole et
donc une résistance plus grande épidémie
De ce fait les conséquences économiques de la peste ne seront vraiment
importantes Montesarchio-Bonea Arpaia il pas reconstitution de
la propriété paysanne elle existe pas et ne peut pas exister Même
résultat Frasso mais pour des raisons différentes la peste pas frappé fort
et économie va continuer reposer la fin du xvne siècle sur
exploitation des terres féodales et des communaux boisés plus que sur la
propriété individuelle libre Il pas de cadastres de époque qui permettent
de démontrer et de chiffrer ces affirmations mais les mécanismes de la
parcellisation et du remembrement des propriétés ont été suffisamment
démontrés par Le Roy Ladurie pour que on puisse les accepter tels quels
Montesarchio le cadastre de 1683 est lui fort clair la peste amené une
reconstitution des propriétés paysannes et un relèvement général des condi
tions de vie La superficie moyenne des propriétés établit 106 moggia
suffisante pour une famille de personnes 90 des braccianti et des
artisans sont propriétaires de leur maison et endettement est partout très
faible Une partie du terroir est retournée la friche ou la forêt ce qui consti
tue autant de réserves tandis que le feudataire détient encore de grandes
superficies peu près incultes Notons cependant que la reconstitution de la
propriété paysanne est faite dans le cadre ancien de affitto de la location
système de conduction sur lequel nous reviendrons
Démographiquement la peste va introduire rapidement des différences
évolution également notables Si partout on assiste jusque vers les années
708 DEL LLE MOD LES DE VELOPPEMENT
300
200
100
1680-1690 une récupération très rapide des pertes provoquées par le fléau et
si Bonea comme Frasso les courbes des mariages ont une allure semblable
peu près verticale voir graphique ci-joint) il est clair Frasso le mouve
ment va bien au-delà de la simple récupération la différence de Bonea le
niveau des mariages avant peste est largement dépassé dès 1690 évolution
de la population des trois villages peut Se résumer ainsi
Population Bonea rpaia -For chia Frasso
000-1 100 Approxi Avant la peste 000-1 100 900-1 000
650-750 mations Après la 300-350
Recensement
700-750 000-1 050 fiscal 1669
1686 790 Arpaia For chia
tats des 1703 947 338 506 1704 1795
1710 033 367 606 1935 1709 âmes
709 MOGRAPHIE ET SOCI
En 1710 la récupération achève Bonea et Arpaia alors que Frasso déjà
doublé sa population De grandes transformations sont en cours on passe
une économie forestière une économie agricole capable de nourrir un
nombre plus élevé habitants tandis que Bonea et Arpaia continuent de vivre
dans leur cadre économique antérieur
Une autre différence fondamentale se dessine au tournant des deux siècles
alors Bonea âge au mariage élève considérablement et que le
pourcentage de filles mariées entre 18 et 30 ans passe de 53 en 1686 37
en 1697 et 22 en 1704 ce pourcentage reste Arpaia et Frasso très élevé
en 1704 46 96 et 52 respectivement voir les pyramides ci-jointes est là
une fracture essentielle que nous retrouverons pendant toute la première moitié
du xvine siècle et que nous expliquerons en temps opportun
Telle est schématisée dans ses grandes lignes la situation de nos trois
modèles au moment où tout va changer
ARPAIA 1703
12
40
710

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