Unités de traitement et processus de sélection au cours de la lecture - article ; n°1 ; vol.88, pg 31-45

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L'année psychologique - Année 1988 - Volume 88 - Numéro 1 - Pages 31-45
Summary : limits in information analysis and selecting processes in reading.
The goal of this research is to study the information selecting process and to describe the units used when subjects read a scientific text in order to write a summary. After a first reading the subjects had to underline the words, expressions, word groups or sentences which were necessary for writing a summary. After two readings and after writing the summary, subjects answered comprehension questions which allowes them to be classified according to their comprehension level.
Results point out that the units underlined by poor understanders (MC) and those underlined by good understanders were not different with respect either to their size (3 words on average) or to their grammatical features. The units underlined by poor understanders (BC) form part of those underlined by good understanders. Poor understanders underlined and summarized definitions but the statement of the problem and the solutions were systematically omitted.
The analysis of summaries yielded similar results for both groups of subjects and for all units concerning the definition and the statement of problems : the underlined units were mentioned in the summary. On the other hand, the solutions which however, were well detected by good understanders were seldom recalled in summaries. These data were interpretee with reference to the frame concept (Frederiksen, 1986).
Key words : text comprehension, reading process, memorizing process.
Résumé
Le but de la recherche est à la fois d'analyser le processus de sélection des informations et de décrire les unités textuelles sélectionnées afin de résumer un texte scientifique. Après une première lecture libre, les sujets devaient souligner les mots, expressions, groupes de mots ou phrases qui leur paraissaient nécessaires à la rédaction d'un résumé. A l'issue de deux lectures, et après avoir rédigé un résumé, les sujets répondaient à un questionnaire de compréhension. Les scores obtenus permettaient de les classer en fonction de leur niveau de compréhension et de contraster deux groupes : les sujets qui avaient obtenu des scores élevés (BC) et ceux dont les scores étaient les plus mauvais (MC).
Les unités soulignées par les deux groupes de sujets ne différaient ni par leur taille (en moyenne 3 mots), ni par leurs caractéristiques grammaticales. Les MC soulignaient un sous-ensemble des unités soulignées par les BC. Seul, le contenu des unités sélectionnées différait. Les lecteurs dont le niveau de compréhension était faible soulignaient et rappelaient les définitions mais négligeaient systématiquement L'exposé des problèmes et les solutions.
L'analyse des résumés donne des résultats identiques pour les deux groupes de sujets et pour toutes les unités concernant les définitions et l'exposé des problèmes : les unités qui ont été soulignées sont reprises dans les résumés. En revanche, les solutions qui étaient pourtant bien détectées par les lecteurs dont le niveau de compréhension était le plus élevé n'étaient que faiblement rappelées dans les résumés. Ces données sont interprétées en référence à la théorie du cadre (frame) de Frederiksen (1986).
Mots clés : compréhension de textes, lecture, résumé.
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1988
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Jean-Pierre Rossi
Unités de traitement et processus de sélection au cours de la
lecture
In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°1. pp. 31-45.
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Rossi Jean-Pierre. Unités de traitement et processus de sélection au cours de la lecture. In: L'année psychologique. 1988 vol.
88, n°1. pp. 31-45.
doi : 10.3406/psy.1988.29249
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1988_num_88_1_29249Abstract
Summary : limits in information analysis and selecting processes in reading.
The goal of this research is to study the information selecting process and to describe the units used
when subjects read a scientific text in order to write a summary. After a first reading the subjects had to
underline the words, expressions, word groups or sentences which were necessary for writing a
summary. After two readings and after writing the summary, subjects answered comprehension
questions which allowes them to be classified according to their comprehension level.
Results point out that the units underlined by poor understanders (MC) and those underlined by good
understanders were not different with respect either to their size (3 words on average) or to their
grammatical features. The units underlined by poor (BC) form part of those underlined by
good understanders. Poor understanders underlined and summarized definitions but the statement of
the problem and the solutions were systematically omitted.
The analysis of summaries yielded similar results for both groups of subjects and for all units concerning
the definition and the statement of problems : the underlined units were mentioned in the summary. On
the other hand, the solutions which however, were well detected by good understanders were seldom
recalled in summaries. These data were interpretee with reference to the frame concept (Frederiksen,
1986).
Key words : text comprehension, reading process, memorizing process.
Résumé
Résumé
Le but de la recherche est à la fois d'analyser le processus de sélection des informations et de décrire
les unités textuelles sélectionnées afin de résumer un texte scientifique. Après une première lecture
libre, les sujets devaient souligner les mots, expressions, groupes de mots ou phrases qui leur
paraissaient nécessaires à la rédaction d'un résumé. A l'issue de deux lectures, et après avoir rédigé un
résumé, les sujets répondaient à un questionnaire de compréhension. Les scores obtenus permettaient
de les classer en fonction de leur niveau de compréhension et de contraster deux groupes : les sujets
qui avaient obtenu des scores élevés (BC) et ceux dont les scores étaient les plus mauvais (MC).
Les unités soulignées par les deux groupes de sujets ne différaient ni par leur taille (en moyenne 3
mots), ni par leurs caractéristiques grammaticales. Les MC soulignaient un sous-ensemble des unités
soulignées par les BC. Seul, le contenu des unités sélectionnées différait. Les lecteurs dont le niveau
de compréhension était faible soulignaient et rappelaient les définitions mais négligeaient
systématiquement L'exposé des problèmes et les solutions.
L'analyse des résumés donne des résultats identiques pour les deux groupes de sujets et pour toutes
les unités concernant les définitions et l'exposé des problèmes : les unités qui ont été soulignées sont
reprises dans les résumés. En revanche, les solutions qui étaient pourtant bien détectées par les
lecteurs dont le niveau de compréhension était le plus élevé n'étaient que faiblement rappelées dans les
résumés. Ces données sont interprétées en référence à la théorie du cadre (frame) de Frederiksen
(1986).
Mots clés : compréhension de textes, lecture, résumé.L'Année Psychologique, 1988, SS, 31-45
Laboratoire de Psychologie du Langage
Université de Poitiers, UA 666, CNRS1
UNITÉS DE TRAITEMENT
ET PROCESSUS DE SÉLECTION
AU COURS DE LA LECTURE
par Jean-Pierre Rossi
SUMMARY : limits in information analysis and selecting processes
in reading.
The goal of this research is to study the information selecting process
and to describe the units used when subjects read a scientific text in order
to write a summary. After a first reading the subjects had to underline the
words, expressions, word groups or sentences which were necessary for
writing a After two readings and after writing the summary ,
subjects answered comprehension questions which allowes them to be
classified according to their comprehension level.
Results point out that the units underlined by poor understanders
(MC) and those underlined by good understanders were not different with
respect either to their size (3 words on average) or to their grammatical
features. The units by poor (BC) form part of those
inderlined by good understanders. Poor understanders underlined and
summarized definitions but the statement of the problem and the solutions
were systematically omitted.
The analysis of summaries yielded similar results for both groups of
subjects and for all units concerning the definition and the statement of
problems : the underlined units were mentioned in the summary. On the
other hand, the solutions which however, were well detected by good under
standers were seldom recalled in summaries. These data were interpreted
with reference to the frame concept (Frederiksen, 1986).
Key words : text comprehension, reading process, memorizing process.
1. 96, avenue du Recteur-Pineau, 86022 Poitiers. 32 Jean-Pierre Rossi
Les auteurs travaillant sur la compréhension de texte sont
unanimes pour estimer que l'activité du lecteur aboutit à la
construction d'une structure cognitive plus ou moins hiérarchisée.
Ces structures sont formées soit de concepts (Ballstaedt et
Mandl, 1986), soit de propositions (Turner et Green, 1977 ;
Kintsch et Van Dijk, 1978 ; Trabasso et Sperry, 1985 ; Frede-
riksen, 1986). Le nombre et la nature des relations entre ces
unités varient d'un modèle à l'autre. Si les systèmes conceptuels
ont été développés à la période où la théorie des réseaux
sémantiques dominait, rares sont les recherches actuelles qui
ne font pas référence à l'analyse propositionnelle initiée avec
succès par Kintsch en 1974. Pour ce dernier, le sens du
texte est représenté par un réseau de propositions.
Les propositions sont des unités qui représentent une simple
idée. Elles sont formées de deux ou plusieurs mots : un prédicat,
une relation et un ou plusieurs arguments. Les grammaires propo-
sitionnelles décrivent les règles permettant de constituer les
propositions. C'est ainsi que Turner et Green (1977) distinguent
trois classes de propositions : prédication, modification et connect
ion. Chaque classe comprend plusieurs catégories. Les proposi
tions modificatrices, par exemple, permettent d'exprimer des
partitions, des négations, des quantifications ou des qualificatifs.
L'unité de base étant ainsi définie, il reste à établir des relations
interpropositionnelles. Pour Kintsch et Van Dijk (1978) aussi
bien que pour Frederiksen (1986), ces relations sont un sous-
ensemble de la grammaire propositionnelle. L'application de ces
grammaires permet de construire ce que Van Dijk et Kintsch
(1983) nomment le texte de base (text-base) et qui correspond à
un inventaire censé être exhaustif des significations véhiculées
par le texte. C'est un outil dont la fonction essentielle est, à
l'origine, de servir de grille de correction des rappels. En fait,
les productions fournies par le lecteur servant à étudier la repré
sentation, on en vient à faire l'hypothèse que la structure cogni
tive construite au cours de la lecture est de type propositionnel.
C'est ainsi que pour Van Dijk et Kintsch (1983), les macro
opérations appliquées aux propositions permettent de construire
la macrostructure. Ces auteurs admettent pourtant que si la
structure et le contenu du texte orientent, en partie, l'élaboration
de la macrostructure, il est possible d'extraire plusieurs macros
tructures différentes d'un même texte. L'objectif de lecture et
la tâche que doit réaliser le sujet sont déterminants dans cette de traitement et lecture 33 Unités
construction. C'est ainsi qu'au cours de la lecture du récit de la
découverte de la pénicilline on peut s'intéresser soit aux circons
tances de cette découverte, soit à la compréhension du mode
d'action de ce nouveau médicament. La macrostructure extraite
dépendra en partie des intérêts du lecteur.
Le rôle de la tâche est tout aussi fondamental. Les unités sur
lesquelles il est porté attention diffèrent selon qu'il s'agit de pro
duire un résumé ou d'acquérir une nouvelle compétence. C'est
ce qui amène Kintsch (1986) à distinguer le texte de base du
modèle de situation. Le modèle de situation est une représenta
tion élaborée en tenant compte de la tâche, des objectifs de
lecture, de ce que le sujet a compris, de ses connaissances et de ses
compétences. Si les opérations à l'origine de la construction de la
macrostructure restent constantes, le choix des unités sur les
quelles elles portent varie. Lorsqu'il s'agit de comprendre l'arg
umentation développée dans un texte scientifique dans le but de
le résumer, le lecteur doit chercher à définir le problème traité,
exposer les principales données, présenter les hypothèses, ana
lyser les arguments évoqués en leur faveur. Dans ce cas, résumer
consiste à affecter des variables aux différentes rubriques de ce
cadre ou frame.
Ainsi, parmi les traitements qu'effectue le lecteur, l'activité
de sélection est sans conteste une des plus importantes. Mais tout
au long de la lecture les opérations de sélection sont aussi nomb
reuses que diverses. Du côté de la sortie, la production d'une
réponse suppose des choix. Dans le cas d'un rappel du texte
il faut sélectionner l'information à rappeler, choisir un ordre
de présentation, opter pour une forme syntaxique, adopter un
temps, déterminer avec soin le vocabulaire, etc. Au moment de la
construction de la représentation il faut regrouper les proposi
tions qui vont ensemble, déterminer les liens qui les unissent,
choisir un ordre... Plus proche de l'entrée (input), il existe un
processus de sélection des informations qui est fonction non
seulement de leur importance et de leur rôle eu égard aux object
ifs de lecture, mais aussi des connaissances du sujet (Rossi, 1986).
Le processus de sélection, étudié dans cette recherche, est
celui qui se développe dans le moment suivant la saisie des
informations. Nous faisons l'hypothèse que le lecteur découpe
des unités dont il extrait la signification et auxquelles il attri
bue une fonction, c'est-à-dire décide si l'information est impor
tante et doit être retenue, si elle est secondaire, si elle doit être
AP —, 2 34 Jean-Pierre Rossi
maintenue dans son état, modifiée, condensée avec une autre.
Ces décisions ne peuvent être prises qu'après avoir comparé
l'information nouvelle avec celles qui ont été traitées précédem
ment. Cette comparaison a pour but de déterminer si la nouvelle
information est nécessaire à l'interprétation des précédentes, si
elle est conséquence ou condition de l'une d'entre elles. Ces trois
cas énumérés par Van Dijk et Kintsch (1983) ne représentent
probablement qu'une partie des raisons qui amènent à prendre
une décision de maintien. Une proposition peut être retenue
parce qu'elle ouvre une attente : « Que s'est-il passé il y a deux
millions d'années ? » De façon générale, une information sera
retenue si elle remplit une case du cadre activé, si elle est iden
tifiée comme une variable pouvant s'inscrire dans une de ses
rubriques. Ainsi, dans le cas où la tâche consiste à faire un résumé,
le lecteur doit détecter les propositions qui, soit dans la forme
textuelle soit dans une forme transformée, doivent faire partie
du résumé (propositions N), celles qui ne constituent qu'un
complément, une annonce, une illustration et une répétition
(proposition N-l) et celles qui n'apportent que des détails
secondaires sans importance (propositions N-2). Cette classi
fication des propositions est indispensable, d'une part parce que
le sujet ne peut pas retenir tout le texte, et d'autre part parce
que comprendre c'est être capable de choisir et de hiérarchiser.
Cette sélection est évidemment facilitée si le sujet a procédé
à une première lecture. Dans ce cas, il a pu extraire une première
macrostructure, préciser le cadre de son résumé et identifier
les rubriques qu'il doit comporter. Il dispose donc, si ce n'est
d'une grille de lecture, du moins d'un cadre minimum suscept
ible de faciliter sa sélection.
La réalité de ce processus de sélection a été mise en évidence
au moyen de l'analyse des stratégies d'exploration oculaire.
Ehrlich et Rossi (1986) ont montré que dès la première lecture,
les lignes contenant les informations nécessaires à la réalisation
de la tâche sont correctement détectées. Sur ces lignes, les
durées de fixation sont plus longues, les saccades de progression
et de régression plus nombreuses et même l'amplitude de ces
dernières est plus forte. C'est dire qu'une première sélection est
opérante dès la saisie des informations. Pourtant, l'étude de
cette sélection au moyen de l'enregistrement des mouvements
oculaires pose problème dans la mesure où ces indicateurs sont
aussi sensibles à la structure syntaxique (Frazier, 1983 ; K. Ehr- Unités de traitement et lecture 35
lieh et Rayner, 1981) qu'à des paramètres tels que la longueur du
mot ou la taille des lettres. De plus, les variables temporelles
comme les temps de lecture et de poses intègrent les durées de
processus aussi différents que l'analyse perceptive, l'identifica
tion des mots, l'accès au lexique, predicative, l'intégrasémantique, etc. Pour pallier à ces deux difficultés, il fallait
isoler des unités qui soient à la fois pertinentes eu égard à l'ana
lyse du processus de sélection et peu sensibles à des variables
parasites (longueur des mots, fréquences d'usage...). Ainsi,
avions-nous opposé les lignes qui apportaient les informations
nécessaires à la résolution du problème aux autres lignes. Les
différents paramètres de l'activité oculo-motrice étant moyennes
ligne par ligne, nous ne disposions d'aucune information sur la
taille et les caractéristiques des unités sélectionnées. Soucieux
de dégager les unités empiriques pertinentes pour le sujet, nous
avons abandonné cette technique et eu recours à un procédé
plus simple consistant à demander aux lecteurs de souligner les
mots, expressions, groupes de mots ou phrases qui leur sem
blaient importants compte tenu de leur tâche : lire le texte pour
le comprendre et le résumer.
L'analyse des opérations qui sont nécessaires pour réaliser
ces tâches permet d'affirmer qu'une mauvaise compréhension
peut être due soit à une incapacité à organiser les informations,
soit à des difficultés à extraire le sens, soit enfin à une mauvaise
sélection des informations. Dans ce dernier cas, les caractéris
tiques mêmes des unités soulignées pourraient varier selon le
niveau de compréhension. C'est pourquoi, afin de cerner avec
le maximum de précision les caractéristiques des unités sélec
tionnées, il paraît indispensable de distinguer les sujets selon
leur niveau de compréhension.
MÉTHODE
1 / LE TEXTE
Deux textes sont utilisés ; l'un décrit le principe de fonctionnement
des radars construits pour détecter les vagues, il sert d'entraînement.
L'autre explique la formation des météorites et des micrométéorites et
constitue le texte expérimental. Présentés sur deux pages dactylograp
hiées, leur longueur est respectivement de 48 et de 42 lignes. Le texte
expérimental comporte : 10 lignes pour définir les météorites et les 36 Jean-Pierre Rossi
micrométéorites ; 14 lignes pour expliquer la composition de ces corps ;
8 lignes pour exposer les deux principales difficultés rencontrées lors
de leur étude et 10 lignes pour présenter les solutions permettant de
résoudre ces difficultés.
2 / PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE
a j Phase d'entraînement
Les sujets lisent le premier texte dans le but de le comprendre et de
le résumer. Ils procèdent à deux lectures en temps libre. Au cours de la
seconde ils doivent souligner les mots, groupes de mots ou phrases qui
leur paraissent importants pour faire le résumé. A l'issue de la lecture ils
réalisent un résumé et répondent à un questionnaire de compréhension.
b I Phase expérimentale
Cette phase est en tout point identique à la précédente hormis le
texte qui concerne les météorites. Les sujets sont informés qu'ils doivent
réaliser la même tâche sur ce texte que sur le précédent.
3 / VARIABLES DÉPENDANTES
a l Questionnaire de compréhension
II comporte sept questions qui portent toutes sur des éléments de
macrostructure. Cinq sont ouvertes et nécessitent des réponses
claires facilement corrigeables ; deux sont fermées, la réponse à l'une
d'entre elles se faisant en « oui » ou « non », la réponse à l'autre consistant
à choisir parmi trois propositions celle qui est correcte. Certaines ques
tions nécessitant plusieurs réponses, le questionnaire est coté sur
12 points.
b / Résumé
Trois juges ont écrit un résumé modèle qui a été soumis à une analyse
propositionnelle. Toute proposition de ce modèle qui se trouve dans la
réponse du sujet compte pour 1 point. Le score maximum possible est
de 57 points.
c I Soulignement
L'unité de soulignement est le mot ou le groupe de mots soulignés
par au moins deux sujets. Ces unités sont donc définies de façon empi
rique. Posent problèmes, les formées majoritairement de deux
mots et pour lesquelles un seul mot a été souligné par un seul sujet,
exemple : l'expression « atmosphère terrestre » soulignée par la majorité
des sujets et pour laquelle un sujet n'a souligné qu' « atmosphère ».
Dans ce cas, nous avons estimé que toute l'expression avait été soulignée. de traitement et lecture 37 Unités
Seuls trois cas de ce type ont été rencontrés. Si cette technique présente
l'avantage de définir des unités empiriques, c'est-à-dire des unités
déterminées par le lecteur, elle présente aussi l'inconvénient de mêler
les ensembles soulignés et ceux qui ne le sont pas. En effet, deux unités
soulignées peuvent encadrer et donc isoler une unité non soulignée,
exemple la phrase suivante : « Les échantillons j les plus connus / de
matière extra-terrestre / recueillis sur terre / sont rassemblés / dans les
collections de météorites » est découpée en 6 unités dont 3 seulement sont
soulignées par la majorité des sujets alors que l'une d'entre elles ne l'est
jamais (« les plus connus ») mais se trouve isolée car encadrée de deux
unités soulignées (en italique).
4 / SUJETS
40 étudiants en psychologie volontaires ont passé cette expérience.
A partir des résultats au questionnaire, deux groupes de sujets ont été
formés : ceux qui ont obtenu un score supérieur à 6 points (le maximum
possible étant de 12 points) ; au nombre de 18 ils forment le groupe
« Bonne Compréhension » (BC). A l'opposé, ceux du groupe « Mauvaise
Compréhension » (MC), au nombre de 14, ont obtenu un score inférieur
à 5 points. Les résultats des 8 sujets ayant obtenu un score intermédiaire
ne sont pas pris en considération.
Sur la base de ce regroupement la moyenne des scores des sujets BC
est égale à 8,22 (a = 1,00) ; celle des MC est de m = 3,71 et a = 1,20.
Ces deux moyennes diffèrent signiflcativement au seuil de p = .0001,
/(l,30) = 140,85.
RÉSULTATS
1 / SOULIGNEMENT
143 unités ont été isolées. La taille moyenne de ces unités
est de 3,45 mots. La ponctuation et le style sont des facteurs
déterminants de la coupure. Les signes de ponctuation isolent
les unités. Ils sont systématiquement respectés. Ils incitent à
procéder à des coupures. Mais si à chaque signe correspond une
coupure, le nombre d'unités isolées est quatre fois supérieur au
nombre de signes (37 signes pour 143 unités isolées), c'est dire
que les énoncés compris entre deux signes de ponctuation sont
eux-mêmes découpés.
La taille et la nature du découpage sont indépendantes du
niveau de compréhension. Les deux groupes de sujets donnent Jean-Pierre Rossi 38
des résultats similaires : la taille moyenne des unités est de
3,47 mots pour les BC et 3,43 pour les MG. Comme cela a été
noté précédemment, ces unités sont composées des mots souli
gnés et de ceux qui ne l'ont pas été mais se sont trouvés encadrés
d'unités soulignées. Cette confusion amène à centrer l'analyse
sur les unités soulignées par au moins la moitié des sujets.
Le relevé de ces unités donne un résumé en style télégr
aphique dans lequel les verbes sont très rarement soulignés, le
verbe être ainsi que ceux qui expriment un état ne le sont jamais.
Tout se passe comme si mentalement le lecteur construisait des
équivalences en remplaçant chaque fois que cela était possible
les verbes par des signes. Les définitions se prêtent parfaitement
à cet exercice. Ainsi par exemple, dans la phrase : « Mais il
existe / des corps extra-terrestres / de beaucoup plus petite
dimension / qui constituent / la famille / des micrométéorites »
(la barre verticale sépare les unités), la grande majorité des
sujets a souligné : « des corps extra-terrestres / de beaucoup plus
petite dimension / des micrométéorites / ». On peut faire l'hypo
thèse que cette définition a été stockée sous la forme : « Micro
météorites = corps extra-terrestres de plus petite dimension »
sous-entendu « que les météorites » qui ont été définis précédem
ment. Sur l'ensemble du texte, seuls 4 verbes sont soulignés par la
majorité des lecteurs.
Les unités les plus fréquemment soulignées sont composées
d'un article ou d'une préposition, d'un nom commun et d'un
adjectif ou d'un complément de nom. Il n'existe aucune autre
différence systématique entre les unités soulignées et celles qui
ne le sont pas. Ces conclusions s'appliquent aux deux groupes de
sujets, la distinction entre BC et MC ne s'avérant pas pertinente
à ce stade d'analyse. En fait, les unités soulignées par les MC
sont un sous-ensemble de celles soulignées par les BC. Ces
derniers soulignent plus fréquemment que les MC : les BC soul
ignent en moyenne 63,22 unités (g = 14,43), les MG en soulignent
43,30 (a = 15,78), sur un total de 143 unités possibles : F(l,30)
= 6,37 ; le seuil de signification est compris entre .25 et .01.
La liste des unités isolées a été soumise à trois juges qui
avaient pour tâche de les classer en trois catégories : N (unités
devant obligatoirement faire partie du résumé), N-l
secondaires annonçant, complétant, illustrant, répétant ou confi
rmant les informations N), N-2 (détails secondaires sans import
ance). Les pourcentages d'unités soulignées par catégorie sont

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