Variations journalières de la sélection thématique au cours de la lecture - article ; n°1 ; vol.89, pg 27-36

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L'année psychologique - Année 1989 - Volume 89 - Numéro 1 - Pages 27-36
Résumé
L'évolution de la vitesse de sélection thématique de propositions au cours de la lecture d'un texte didactique est étudiée en fonction de l'heure du jour. Le texte est présenté proposition par proposition et les sujets doivent sélectionner celles qui sont en rapport avec un thème donné au préalable. 4 heures sont testées : 9 heures, 11 h 30, 17 heures et 20 heures. Afin de vérifier les traitements réellement effectués, les sujets sont soumis, sans en être avertis au préalable, à un questionnaire portant sur la microstructure du texte (traitement superficiel) et à un questionnaire portant sur la macrostructure et l'argumentation (traitement profond allant au-delà de la consigne).
Les résultats montrent qu'il n'y a pas de variations circadiennes de la vitesse de sélection mais que, pour une même vitesse, les sujets font un traitement plus profond à 11 h 30 et moins profond à 17 heures ce qui laisserait à penser que leur capacité de traitement est maximale à 11 h 30 et minimale à 17 heures.
Mots clés : chronopsychologie, compréhension de texte, sélection thématique, capacité de traitement.
Summary : Time-of-day effects on thematic selection in reading.
The goal of this experiment is to study the evolution of the speed in thematic selection of propositions in reading a didactic text, according to the time of the day. The text is presented proposition by proposition and subjects have to select those that are related to a theme given before reading. Four hours are tested : 8.30, 11.30, 17.00 and 20.00. To control the really effected treatments, subjects have to answer a questionnaire, whithout being informed of this second task. The questionnaire is about the text microstructure (superficial processing) on the one hand, and about the text macrostructure and argumentation (deep processing beyond the order) on the other.
Results point out no effect of time of day in speed of selection but, for ihe same time, subjects perform deeper processing at 11.30 and a more superficial one at 17.00 that suggest that processing capacity is more important at 11.30 than at 17.00.
Key words : chronospychology, text comprehension, thematic selection, processing capacity.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1989
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Geneviève Querrioux-
Coulombier
Variations journalières de la sélection thématique au cours de la
lecture
In: L'année psychologique. 1989 vol. 89, n°1. pp. 27-36.
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Querrioux-Coulombier Geneviève. Variations journalières de la sélection thématique au cours de la lecture. In: L'année
psychologique. 1989 vol. 89, n°1. pp. 27-36.
doi : 10.3406/psy.1989.29313
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1989_num_89_1_29313Résumé
Résumé
L'évolution de la vitesse de sélection thématique de propositions au cours de la lecture d'un texte
didactique est étudiée en fonction de l'heure du jour. Le texte est présenté proposition par proposition et
les sujets doivent sélectionner celles qui sont en rapport avec un thème donné au préalable. 4 heures
sont testées : 9 heures, 11 h 30, 17 heures et 20 heures. Afin de vérifier les traitements réellement
effectués, les sujets sont soumis, sans en être avertis au préalable, à un questionnaire portant sur la
microstructure du texte (traitement superficiel) et à un questionnaire portant sur la macrostructure et
l'argumentation (traitement profond allant au-delà de la consigne).
Les résultats montrent qu'il n'y a pas de variations circadiennes de la vitesse de sélection mais que,
pour une même vitesse, les sujets font un traitement plus profond à 11 h 30 et moins profond à 17
heures ce qui laisserait à penser que leur capacité de traitement est maximale à 11 h 30 et minimale à
17 heures.
Mots clés : chronopsychologie, compréhension de texte, sélection thématique, capacité de traitement.
Abstract
Summary : Time-of-day effects on thematic selection in reading.
The goal of this experiment is to study the evolution of the speed in thematic selection of propositions in
reading a didactic text, according to the time of the day. The text is presented proposition by proposition
and subjects have to select those that are related to a theme given before reading. Four hours are
tested : 8.30, 11.30, 17.00 and 20.00. To control the really effected treatments, subjects have to answer
a questionnaire, whithout being informed of this second task. The questionnaire is about the text
microstructure (superficial processing) on the one hand, and about the text macrostructure and
argumentation (deep processing beyond the order) on the other.
Results point out no effect of time of day in speed of selection but, for ihe same time, subjects perform
deeper processing at 11.30 and a more superficial one at 17.00 that suggest that processing capacity is
more important at 11.30 than at 17.00.
Key words : chronospychology, text comprehension, thematic selection, processing capacity.L'Année Psychologique, 1989, 89, 27-36
Laboratoire de Psychologie du langage
VA 666, CNRS,
Université de Poitiers1
VARIATIONS JOURNALIÈRES
DE LA SÉLECTION THÉMATIQUE
AU COURS DE LA LECTURE
par Geneviève Querrioux-Goulombier
SUMMARY : Time-of-day effects on thematic selection in reading.
The goal of this experiment is to study the evolution of the speed in
thematic selection of propositions in reading a didactic text, according to
the time of the day. The text is presented proposition by proposition and
subjects have to select those that are related to a theme given before reading.
Four hours are tested : 8.30, 11.30, 17.00 and 20.00. To control the really
effected treatments, subjects have to answer a questionnaire, whithout being
informed of this second task. The questionnaire is about the text micro-
structure (superficial processing) on the one hand, and about the text
macrostructure and argumentation (deep processing beyond the order)
on the other.
Results point out no effect of time of day in speed of selection but, for
the same time, subjects perform deeper processing at 11.30 and a more
superficial one at 17.00 that suggest that capacity is
important at 11.30 than at 17.00.
Key words : chronospychology, text comprehension, thematic selection,
processing capacity.
INTRODUCTION
Les études de chronopsychologie se sont essentiellement inté
ressées jusqu'à présent à des tâches simples (tâches de vigi
lance, de calcul, de mémoire immédiate ou à long terme...). Les
1. 95, avenue du Recteur Pineau, 86022 Poitiers. Geneviève Querrioux-Coulombier 28
rares travaux portant sur des tâches cognitives plus complexes
concernaient des tâches de raisonnement verbal (Folkard, 1975 ;
Hughes et Folkard, 1976 ; Graeber, Sing et Cuthbert, 1981 ;
Folkard, Wever et Wildgrüber, 1983 ; Monk et coll., 1983
et 1984) ou des tâches d'attribution d'un réfèrent à un pronom
(Oakhill, 1986). Pour ces tâches, l'évolution des performances
variait en fonction de l'heure du jour avec un maximum à
11 heures et 14 heures pour le raisonnement verbal et à 17 heures
pour l'attribution d'un réfèrent à son pronom.
Les tâches de compréhension n'ont jamais été abordées dans
l'optique chronopsychologique, certainement en partie à cause
de leur complexité méthodologique (difficulté de présenter des
textes différents mais équivalents à chaque passation) et comp
lexité liée à la tâche elle-même. En effet, les processus mis
en jeu au cours de la compréhension de texte sont nombreux
et souvent intriqués et l'on peut se demander si leurs variations
journalières sont identiques ou différentes. Dans cette dernière
éventualité, l'évolution circadienne de la compréhension serait la
résultante des évolutions circadiennes de chacun des processus
mis en jeu. Un des moyens d'aborder l'évolution journalière de
la compréhension serait d'isoler chacun de ces processus et d'en
faire l'étude chronopsychologique.
Il existe plusieurs modèles décrivant les étapes de la com
préhension de texte. Nous prendrons comme référence celui de
Kintsch et Van Dijk (1978) : selon ce modèle, après l'identif
ication perceptive et l'activation sémantique, le troisième pro
cessus mis en jeu est la sélection. Deux types de sélection sont
possibles :
— la sélection thématique : elle consiste à sélectionner les
propositions qui se rapportent à un thème. Au cours de la
lecture, le sujet sélectionne les propositions en rapport avec
le thème du paragraphe ou du passage qu'il est en train de
lire. Ce thème peut être donné par un titre, une phrase
introductive ou extrait par le sujet lui-même ;
— la sélection selon l'importance des propositions pour la
compréhension et éventuellement pour la construction du
résumé et que l'on pourrait appeler sélection hiérarchique.
Cette sélection se fait également au cours de la lecture. Elle
nécessite un traitement plus profond que la sélection thémat
ique, car il faut hiérarchiser les informations et ne conserver Variations journalières et lecture 29
que les plus importantes par rapport à l'objectif fixé au
sujet et rejeter les moins importantes même si elles appar
tiennent au thème. Cette sélection est une des opérations
qui permettent au sujet de construire la macrostructure du
texte.
Nous nous intéresserons ici au premier niveau de sélection,
c'est-à-dire à la sélection thématique et à l'évolution de ses per
formances au cours de la journée. Nous nous placerons dans une
situation particulière de sélection thématique, à savoir la
recherche, dans un texte, des propositions en rapport avec un
thème donné au préalable. Cette opération se situe plutôt au
niveau microstructural et, si le sujet respecte la consigne, elle
ne permet pas de construire la macrostructure.
Par analogie avec la capacité de traitement de l'information,
on peut supposer que la à traiter les tâches cognitives
complexes est limitée mais que cette limite est variable selon
l'heure de la journée, avec une capacité plus grande à certaines
heures et moins grande à d'autres. Les variations de la capacité
de traitement se traduiront par des dans les perfor
mances si et seulement si la tâche sature la capacité de traitement
du sujet. Cette hypothèse est une extrapolation d'une constata
tion de Folkard et coll. (1983) : au cours d'une désynchronisation
interne du rythme de la température et du rythme veille-
sommeil, les auteurs avaient isolé un rythme de période égale
à 21 heures pour une tâche de raisonnement verbal. Ce rythme
n'était pas retrouvé chez tous les sujets et les auteurs suggé
raient que c'était parce que la demande de la tâche n'était pas
assez forte que le rythme n'apparaissait pas. En d'autres termes,
pour que le rythme apparaisse, il fallait que la tâche occupe toute
la capacité de traitement du sujet.
La tâche que nous nous proposons d'étudier est relativement
simple et nous ferons l'hypothèse qu'elle ne saturera pas la
capacité de traitement du sujet ; en conséquence, l'heure du
jour ne devrait avoir aucun effet sur les performances. Cependant,
selon l'heure de la journée, le sujet pourrait engager spontané
ment un traitement plus ou moins profond, en allant au-delà
de la consigne. Geneviève Querrioux-Coulombier 30
MÉTHODE
1. Sujets
Ils sont au nombre de 80 : 68 femmes âgées de 18 à 32 ans (âge
moyen : 22 ans) et 12 hommes âgés de 21 à 28 ans (âge moyen : 24 ans).
Une répartition dans chaque groupe de 20 sujets a été effectuée en
fonction du sexe et de l'âge. L'âge moyen du premier groupe est de 22 ans,
du deuxième groupe de 23 ans, du troisième groupe de 21,5 ans et du
quatrième de 22 ans. Les sujets sont des élèves d'écoles para
médicales (élèves kinésithérapeutes, élèves infirmières, élèves sages-
femmes) dont le niveau d'instruction est équivalent. Leur langue
maternelle est le français.
2. Procédure
Un texte tiré d'une revue de vulgarisation scientifique est présenté
aux sujets, proposition par proposition sur un écran d'ordinateur (bbc).
Ce texte porte sur la disparition des Dinosaures. Il comprend 26 propos
itions. Les sujets doivent sélectionner les propositions en rapport avec
un thème donné au préalable, en l'occurrence les ères géologiques (ère
primaire, secondaire, Crétacé, Jurassique, etc.). Toutes les propositions
faisant référence à une ère géologique (9) doivent être sélectionnées en
appuyant sur une touche marquée + située à la droite du sujet sur le
clavier. Les autres propositions (17) doivent être rejetées à l'aide d'une
touche marquée — située à la gauche du sujet sur le clavier. La propo
sition suivante apparaît dès que le sujet a donné sa réponse.
Les sujets ont pour consigne d'aller le plus vite possible en faisant
le moins d'erreurs possible.
Un texte d'essai leur est présenté avant le texte expérimental
et l'expérimentateur signale les erreurs et explique en quoi c'est une
erreur. Le texte expérimental n'est présenté que lorsque l'on est sûr
que le sujet a bien compris la consigne.
A la fin de l'épreuve les sujets doivent remplir un questionnaire
dont le but est de contrôler les traitements effectués sur le texte. Les
sujets ne sont pas prévenus de l'existence de ce questionnaire afin
de ne pas induire un traitement plus profond que celui demandé par la
consigne. En effet, si les sujets savent qu'ils doivent répondre à un
questionnaire de compréhension, ils vont aller au-delà de la consigne
et effectuer toutes les opérations nécessaires à la compréhension d'un
texte, c'est-à-dire la sélection thématique mais aussi une sélection en
fonction du niveau d'importance des propositions, une hiérarchisation
et une combinaison des propositions afin d'extraire la macrostructure.
Or, notre expérience a pour but d'étudier la sélection thématique et le Variations journalières el lecture 31
questionnaire permet de vérifier si les sujets ont effectué uniquement
ce traitement ou s'ils ont effectué d'autres traitements plus complexes.
Si la consigne est strictement respectée, seul un traitement superficiel
aura été engagé par les sujets (il est suffisant pour la sélection thémat
ique). De ce fait, les sujets ne pourront pas répondre aux questions por
tant sur la macrostructure du texte (au sens de Kintsch et Van Dijk,
1978) ni sur l'argumentation. Ils pourront répondre aux questions
portant sur la microstructure dont la compréhension ne nécessite
qu'un traitement superficiel. La consigne accompagnant le question
naire avertit les sujets qu'il est normal qu'ils ne puissent pas répondre à
toutes les questions. Si les sujets ont effectué un traitement plus profond
que celui nécessaire à la sélection thématique, ils pourront répondre
aux questions portant sur la macrostructure et l'argumentation. Ce
questionnaire comporte 4 questions portant sur la microstructure (ex. :
On trouve des fossiles de Dinosaure en Australie), 3 questions portant
sur la macrostructure (ex. : A la fin de l'ère secondaire tous les Dino
saures ont disparu) et une question portant sur l'argumentation (ex. :
La découverte de fossiles de Dinosaures au-dessus de la couche à iridium
démolirait la théorie du météorite géant).
Pour chaque question trois réponses sont possibles : vrai - faux -
je ne sais pas. Cette dernière possibilité est donnée afin de minimiser
les réponses au hasard qui risqueraient d'augmenter faussement les
bonnes réponses. Les questions portent sur les propositions sélectionnées
et non sélectionnées de façon équivalente.
Chaque sujet passe l'épreuve une seule fois. Les heures de passation
sont 9 heures, 11 h 30, 17 heures et 20 heures. Il n'y a pas de test
entre 11 h 30 et 17 heures car on sait qu'après le déjeuner il y a toujours
une baisse des performances, quelle que soit la tâche. Les 80 sujets
sont répartis en 4 groupes de 20, chaque groupe passant l'épreuve à une
des 4 heures.
Les variables dépendantes sont au nombre de 3 :
— le temps de lecture et de décision pour les propositions sélectionnées.
Il est enregistré grâce à une horloge intégrée à l'ordinateur dont la
précision est de l'ordre du centième de seconde. C'est le temps écoulé
depuis l'apparition de la proposition sur l'écran et le moment où le
sujet appuie sur la touche marquée -f ;
— le temps de lecture et de décision pour les propositions non sélec
tionnées : c'est le temps écoulé entre l'apparition de la proposition
sur l'écran et le moment où le sujet appuie sur la touche marquée — ;
— les notes au questionnaire : 2 notes sont attribuées, une pour la
microstructure (chaque question de microstructure est notée sur 1
et le score maximal sera de 4 étant donné qu'il y a 4 questions) et
une note pour la macrostructure et l'argumentation (les trois ques
tions de macrostructure sont notées chacune sur 2 et la question Geneviève Querrioux-Coulombier 32
sur l'argumentation est notée sur 3, le score maximal total étant de 9).
Les réponses je ne sais pas sont considérées comme des réponses
fausses et sont notées 0.
Les analyses de variance ainsi que les comparaisons partielles ont été
effectuées grâce au programme var3.
RÉSULTATS
Seuls sont retenus les temps correspondant à une sélection
correcte. Les sujets ayant fait plus de deux erreurs dans la
sélection sont éliminés, de telle sorte que seuls sont retenus
ceux qui ont accompli correctement la tâche. Une pondération a
été rendue nécessaire par l'élimination des temps des propos
itions mal classées, différentes selon les sujets et de longueur
variable. Cette pondération a été effectuée en fonction du
nombre de caractères de chaque proposition de la façon sui-
temps de lecture et de décision
vante : : : X 100. Ce temps pondéré
nombres de caractères
est exprimé en centièmes de secondes : il correspond au temps
mis pour lire et prendre une décision pour 100 caractères de
chaque proposition. Pour chaque catégorie de propositions la
moyenne des temps pondérés de lecture et de décision est effectuée
pour chaque sujet et les résultats présentés correspondent aux
moyennes des moyennes.
Les résultats concernant les temps de lecture et de décision
sont présentés dans le tableau I avec les effectifs de chaque
groupe et les différences de temps entre propositions séle
ctionnées et non sélectionnées.
Il n'y a aucun effet significatif de l'heure du jour sur les
temps de lecture et de décision ni globalement (F'(3,68) = .17) ni
pour les propositions sélectionnées (F'(3,68) = .01) ni pour les
propositions non (F'(3,68) = .75).
Cependant les temps de lecture et de décision sont plus longs
pour les propositions non sélectionnées que pour les propositions
sélectionnées (F'(l,68) = 24.68, p < .0005). Cette différence est
significative à 9 heures (F'(l,19) = 24.21, p < .0005), à 11 h 30
(F'(l,17) =3.15, p<10) et à 17 heures (F'(l, 15) = 13.31,
p < .005), mais pas à 20 heures (F'(l,17) < 1).
L'interaction heure X catégorie de propositions n'est pas
significative (F'(3,68) = 1.73). Variations journalières et lecture 33
Tableau I. — Effectifs, moyennes, écarts types et diffé
rences des temps de lecture et de décision (en centièmes de
seconde) pour les propositions sélectionnées et non sélec
tionnées en fonction de Vheure
Effects of time-of-day on reading and decision times for
selected and non-selected propositions.
9 heures 11 h 30 17 heures 20 heures
Effectif 18 16 18 20
Propositions m 468,39 464,18 467,95 471,69
sélectionnées 101,17 94,72 100,60 169,42
m 533,38 507,58 523,01 non 483,56 107,36 74,17 102,43 135,53
Différences 64,99 43,40 55,05 11,87
II est logique que les propositions non sélectionnées demandent
un temps de lecture et de décision plus long que les propos
itions sélectionnées : en effet, pour ces dernières, le sujet peut
prendre sa décision dès qu'il rencontre le mot ou le groupe de
mots en rapport avec le thème alors qu'il doit lire les propos
itions non sélectionnées jusqu'au bout avant de prendre sa
décision. Cependant, à 20 heures, la différence des temps de
traitement entre les deux catégories de propositions n'est plus
significative : cela est dû à une diminution du temps de trait
ement des propositions non sélectionnées, insuffisante pour que
l'effet de l'heure du jour soit significatif mais suffisante pour
abolir la différence avec les propositions sélectionnées. Cette
diminution du temps de traitement peut être due soit à une du de lecture ( on ne sait rien sur l'évolution
du temps de lecture au cours de la journée, aucune expérience
n'ayant été menée sur ce sujet), soit à une diminution du temps
de décision : on sait que pour les tâches d'attention, la vitesse
augmente au cours de la journée et la prise de décision est
plus risquée (Craig, Wilkinson et Colquhoun, 1981) mais les
tâches sont différentes et difficilement comparables. Cela pourrait
également être dû à un effet de groupe ou à la hâte de partir
mais dans ces deux éventualités les sujets devraient se comporter
de la même façon pour les deux types de propositions ce qui
n'est pas le cas.
AP — 2 34 Geneviève Querrioux-Coulombier
Nous allons présenter maintenant les résultats au question
naire de compréhension en différenciant les notes de microstruc
ture et de macrostructure (tableau II).
Tableau II. — Moyennes et écarts types des notes aux
questionnaires de microslruclure et de macroslruclure du texte
en fonction de l'heure
Effects of time-of-day on comprehension of macrostructure
and microstructure of the text.
9 heures 11 h 30 17 heures 20 heures
2,11 Microstructure m 2,15 1,87 2,33
.99 1.08 1.41 1.14
m 4,05 4,67 2,31 3,94 Macrostructure
2.52 1.81 1.45 2.88
L'interaction entre l'heure de passation et le type de ques
tions (microstructure ou macrostructure) est significative
(F'(3,68) = 2.25, p < .10) ce qui signifie que l'évolution jour
nalière n'est pas la même pour la compréhension de la micro
structure et celle de la macrostructure.
Les notes de microstructure ne montrent pas de différences
significatives au cours de la journée (F'(3,68) < 1). Ce résultat est
tout à fait superposable à celui observé pour la sélection thémat
ique, ce qui laisserait à penser que la compréhension de la micro
structure est liée à ce niveau de traitement. En revanche, les notes
de macrostructure subissent des variations significatives au cours
de la journée (F'(3,68) = 3.28, p < .05) avec une meilleure
compréhension à 11 h 30 (F'(l,68) = 3.58, p <. 10) et une moins
bonne à 17 heures (F'(l,68) = 8.76, p < .0005).
Cela veut dire qu'avec la même consigne les sujets font des
traitements différents, permettant une meilleure compréhension
du texte à 11 h 30 et une moins bonne à 17 heures.
DISCUSSION
L'heure du jour n'a aucun effet sur le temps de lecture et de
décision dans une tâche de sélection thématique. On peut penser
que cette tâche met en jeu des processus de traitement rela-

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