Variations journalières de performances et rythmes élémentaires - article ; n°4 ; vol.95, pg 675-691

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L'année psychologique - Année 1995 - Volume 95 - Numéro 4 - Pages 675-691
Summary : Circadian variations of performances and basic rhythms.
Difficulties with chronopsychology studies include a masking ejfect of variables, the combination of different rhythms and variations of strategies. An experiment is conducted to analyze the role of circadian variations of elementary processes in the variations of performance for a complex task. Twenty-four subjects solved anagrams and tried to find the rule of anagram construction, during two sessions, at 10 am and 5 pm. Responses were classified in three groups : (a) discovery of the anagram construction rule (R2 responses) ; (b) resolution of anagram without discovery of rule (RI responses) ; (c) failure, no resolution of anagram (RO responses). During the second session, R2 performances were better at 10 am than at 5 pm. In contrast, RI performances were better at 5 pm than at 10 am. Rule application was faster at 10 am than at 5 pm. Results are discussed in terms of variations of short-term memory capacity (Folkard and Monk, 1980). Using chronopsychology to analyze the role of elementary processes in a complex task is discussed.
Key words : circadian rhythm, short-term memory, problem solving.
Résumé
Les recherches en chronopsychologie se heurtent à trois catégories de difficultés : a) effets masquant de certains facteurs ; b) variations des modes opératoires ; c) combinaison de rythmes élémentaires qui peuvent se contrarier. Une recherche est réalisée mettant en œuvre une tâche complexe pour laquelle les variations journalières des performances peuvent être expliquées par des variations d'un processus élémentaire.
Les sujets, au nombre de 24, doivent résoudre des anagrammes et découvrir leur règle de construction. La tâche est réalisée à 10 heures et à 17 heures. Trois catégories de réponses sont possibles : a) l'anagramme est résolue et la règle de construction est trouvée (réponse R2) ; b) l'anagramme est résolue mais la règle de construction n'est pas découverte (réponse RI) ; c) l'anagramme n'est pas résolue (réponse RO). A la seconde séance le nombre de découvertes de règles (réponses R2) est significativement plus élevé le matin que le soir. En revanche, le nombre de réponses RI est significativement plus élevé le soir que le matin. De même, le temps pour appliquer la règle de construction de l'anagramme à un exemple est significativement plus élevé le soir que le matin. Ces données sont interprétées en termes de variations de la capacité de la mémoire à court terme (Folkard et Monk, 1980). Ainsi, l'analyse des différentes catégories de réponses associée à la description de leurs variations journalières peuvent être utilisées pour générer des hypothèses sur les procédures de traitement mises en œuvre dans des tâches complexes.
Mots-clés : rythmes circadiens, mémoire à court terme, résolution de problèmes.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1995
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Geneviève Querrioux-
Coulombier
Jean-Pierre Rossi
Variations journalières de performances et rythmes élémentaires
In: L'année psychologique. 1995 vol. 95, n°4. pp. 675-691.
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Querrioux-Coulombier Geneviève, Rossi Jean-Pierre. Variations journalières de performances et rythmes élémentaires. In:
L'année psychologique. 1995 vol. 95, n°4. pp. 675-691.
doi : 10.3406/psy.1995.28861
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1995_num_95_4_28861Abstract
Summary : Circadian variations of performances and basic rhythms.
Difficulties with chronopsychology studies include a masking ejfect of variables, the combination of
different rhythms and variations of strategies. An experiment is conducted to analyze the role of
circadian variations of elementary processes in the variations of performance for a complex task.
Twenty-four subjects solved anagrams and tried to find the rule of anagram construction, during two
sessions, at 10 am and 5 pm. Responses were classified in three groups : (a) discovery of the anagram
construction rule (R2 responses) ; (b) resolution of anagram without discovery of rule (RI responses) ;
(c) failure, no resolution of anagram (RO responses). During the second session, R2 performances
were better at 10 am than at 5 pm. In contrast, RI performances were better at 5 pm than at 10 am. Rule
application was faster at 10 am than at 5 pm. Results are discussed in terms of variations of short-term
memory capacity (Folkard and Monk, 1980). Using chronopsychology to analyze the role of elementary
processes in a complex task is discussed.
Key words : circadian rhythm, short-term memory, problem solving.
Résumé
Les recherches en chronopsychologie se heurtent à trois catégories de difficultés : a) effets masquant
de certains facteurs ; b) variations des modes opératoires ; c) combinaison de rythmes élémentaires qui
peuvent se contrarier. Une recherche est réalisée mettant en œuvre une tâche complexe pour laquelle
les variations journalières des performances peuvent être expliquées par des variations d'un processus
élémentaire.
Les sujets, au nombre de 24, doivent résoudre des anagrammes et découvrir leur règle de construction.
La tâche est réalisée à 10 heures et à 17 heures. Trois catégories de réponses sont possibles : a)
l'anagramme est résolue et la règle de construction est trouvée (réponse R2) ; b) l'anagramme est
résolue mais la règle de construction n'est pas découverte (réponse RI) ; c) l'anagramme n'est pas
résolue (réponse RO). A la seconde séance le nombre de découvertes de règles (réponses R2) est
significativement plus élevé le matin que le soir. En revanche, le nombre de réponses RI est plus élevé le soir que le matin. De même, le temps pour appliquer la règle de
construction de l'anagramme à un exemple est significativement plus élevé le soir que le matin. Ces
données sont interprétées en termes de variations de la capacité de la mémoire à court terme (Folkard
et Monk, 1980). Ainsi, l'analyse des différentes catégories de réponses associée à la description de
leurs variations journalières peuvent être utilisées pour générer des hypothèses sur les procédures de
traitement mises en œuvre dans des tâches complexes.
Mots-clés : rythmes circadiens, mémoire à court terme, résolution de problèmes.L'Année psychologique, 1995, 95, 675-691
Laboratoire de Psychologie expérimentale
Université Paris-Sud1
VARIATIONS JOURNALIÈRES DE PERFORMANCES
ET RYTHMES ÉLÉMENTAIRES
par Geneviève QUERRIOUX-COULOMBIER
et Jean-Pierre ROSSI
SUMMARY : Circadian variations of performances and basic rhythms.
Difficulties with chronopsychology studies include a masking effect of
variables, the combination of different rhythms and variations of strategies.
An experiment is conducted to analyze the role of circadian variations of
elementary processes in the variations of performance for a complex task.
Twenty-four subjects solved anagrams and tried to find the rule of anagram
construction, during two sessions, at 10 am and 5 pm. Responses were
classified in three groups : (a) discovery of the anagram construction rule
(R2 responses) ; (b) resolution of anagram without discovery of rule
(Rl ; (c) failure, no resolution of anagram (RO responses).
During the second session, R2 performances were better at 10 am than at
5 pm. In contrast, Rl performances were better at 5 pm than at 10 am. Rule
application was faster at 10 am than at 5 pm. Results are discussed in terms
of variations of short-term memory capacity (Folkard and Monk, 1980).
Using chronopsychology to analyze the role of elementary processes in a
complex task is discussed.
Key words : circadian rhythm, short-term memory, problem solving.
En 1980, Paul Fraisse définit la chronopsychologie comme la
discipline qui se propose d' « étudier les rythmes du comporte
ment pour eux-mêmes ». Il était logique que celui qui avait consa
cré son travail de thèse au temps s'intéresse aux rythmes. Dans ce
1 . CNRS, LIMSI, BP 133, 91403 Paris Cedex. 676 Geneviève Querrioux-Coulombier et Jean-Pierre Rossi
domaine, il fut un précurseur. Il fit école au point qu'un colloque
européen se tint en avril 1989 à Barcelone pour lui rendre hom
mage. Aujourd'hui encore il continue à être notre référence.
La mise en évidence de variations de performances cycliques
(circadiennes, ultradiennes...) se heurte généralement à trois
catégories de difficultés : a) effets masquant de certains fac
teurs ; b) variations de stratégies ; c) combinaison de rythmes
élémentaires qui peuvent se contrarier. Le but de cet article est
d'analyser ces trois catégories de difficultés et de présenter une
recherche mettant en œuvre une tâche complexe pour laquelle
les variations de performance peuvent être expliquées par des d'un processus élémentaire.
L'existence de facteurs qui auraient pour effet de masquer
l'action des facteurs étudiés est on ne peut plus classique en
sciences expérimentales. Elle renvoie à une méthodologie de
contrôle des variables : pour mettre en évidence l'effet d'un fac
teur il faut contrôler tous ceux qui sont susceptibles d'intervenir
dans le phénomène étudié. Pourtant, en chronobiologie, l'utilis
ation de la notion d'effet masquant (Minors et Waterhouse, 1989)
prend toute sa signification dans un contexte théorique où l'on
considère que l'environnement a pour effet de masquer des
rythmes endogènes (Aschoff, 1987). La primauté des rythmes
endogènes est ainsi affirmée de sorte que l'environnement inter
vient pour les amplifier, les réduire ou même les altérer (Lavie,
1989). Ce qui est légitime en chronobiologie est discutable dans
une approche chronopsychologique dont le but est d'étudier des
variations cycliques des performances résultant de rythmes
endogènes, de rythmes exogènes ou même de toute autre combi
naison (amplifications, réductions, interactions) de ces deux
catégories de rythmes. Dans ces conditions, les facteurs dits
« masquants » doivent être pris en considération soit pour les
étudier (en faire des facteurs principaux) soit pour les contrôler
comme des variables secondaires. Ceci apparaît clairement dans
l'énumération des facteurs dits « masquants » qui est proposée
par Lambert-Leconte (1991). Les facteurs masquant «certaines
rythmicités de l'efficience psychologique» (Lambert-Leconte,
1991, p. 101) sont, selon cet auteur : l'âge et le niveau de déve
loppement, les différences interindividuelles (sexe, introversion-
extraversion, matinalité-vespéralité, dépendance-indépendance
à l'égard du champ), les rythmes alimentaires, la motivation et
l'intérêt pour la tâche, les caractéristiques liées aux tâches ainsi Variations journalières de performances 677
que les conditions de recueil des performances (environnement
du travail, comportements mobilisateurs, facteurs sociologiques,
effets de fatigue, effet de l'anxiété). Tous ces facteurs ont une
influence sur la rythmicité de l'efficience et doivent être contrôl
és lors de toute expérience de chronopsychologie même si cer
tains d'entre eux ne sont pas orthogonaux. C'est le cas de la
dépendance-indépendance à l'égard du champ et de l'introver-
sion-extraversion qui ne sont pas indépendants. Le contrôle de
ces facteurs peut être effectué selon des méthodes classiques
(Rossi et al., 1989) ou exiger la mise en place de paradigmes
expérimentaux spécifiques. C'est ainsi que sous l'effet de la
motivation le sujet peut mobiliser son attention, faire un effort
pour réaliser correctement une tâche. Cet effort peut masquer
une rythmicité qui n'apparaîtra que si la tâche dure suffisam
ment longtemps. Le moment où apparaît la dégradation de la
performance peut alors être un indicateur de la rythmicité, la
durée pendant laquelle l'effort peut être maintenu étant inverse
ment proportionnelle à l'intensité de cet effort : plus l'effort est
important, plus la durée pendant laquelle il peut être maintenu
sera courte. Il apparaît donc clairement que le problème du
« masquage » peut être résolu par une méthodologie appropriée.
Les choses sont plus complexes lorsque les variations journal
ières sont masquées par des variations de stratégies : le sujet
maintient une performance constante mais change de mode opé
ratoire de façon volontaire ou non. Si l'on admet avec Reuchlin
(1978, p. 174, 1990) que «chaque individu dispose de processus
vicariants pour s'adapter à la situation dans laquelle il se
trouve» il faut accepter l'existence d'une hiérarchie d'évocabi-
lité de ces processus (Reuchlin, 1978; Lautrey, 1990). On entend
par là que la disponibilité de ces processus peut varier selon les
circonstances. S'il en est ainsi, le facteur temporel peut être une
source de variation, ce qui nous amène à faire l'hypothèse que
cette hiérarchie d'évocabilité varie selon les moments de la jour
née : à certains moments de la journée certains processus seront
plus disponibles que d'autres. Les modifications de en
cours de journée ont déjà été abordées par Folkard et Monk
(1979) qui ont montré que la supériorité de rappel des items pré
sentés en premier le matin par rapport au soir, disparaît si l'on
empêche les sujets de faire de l'autorépétition. Ils ont interprété
ces résultats comme étant le reflet d'un changement de procé
dures en cours de journée avec une importance plus grande Geneviève Querrioux-Coulombier et Jean- Pierre Rossi 678
accordée au maintien de l'information le matin (par répétition)
et le développement de traitements plus élaborés l'après-midi.
Folkard (1979) confirme ce résultat en montrant que la simila
rité acoustique des items (qui nuit à leur maintien par répétition
à voix basse) annule la supériorité du rappel du matin par rap
port au soir. De même, la similarité sémantique (qui nuit à un
traitement profond) va induire un effet négatif sur la supériorité
du soir par rapport au matin. Cette recherche illustre bien les
modifications de mode opératoires en cours de journée. Dans
cette perspective un niveau de performance peut être maintenu
constant à la suite d'une modification des traitements. Le cons
tat d'une stabilité des performances peut masquer des variations
de stratégies imputables à des variations journalières. L'étude
de ces variations de stratégies n'est pas simple puisqu'elle
implique une description exacte des processus mis en œuvre
dans les tâches, c'est-à-dire un modèle de la tâche qui soit suff
isamment précis pour isoler chaque processus et expliquer son
rôle. Il faut de plus que les stratégies puissent être rendues visi
bles et donc traduisibles en observables.
De façon générale, il faut se rappeler qu'une performance est
le résultat de la combinaison de processus élémentaires liés à la
saisie des informations, à leur traitement et à l'élaboration de la
réponse. Dans les cas les plus simples, la saisie des informations
reste un problème sensoriel, dans les cas les plus complexes elle
résulte d'une stratégie d'exploration qui peut être liée à des
apprentissages spécifiques. Le traitement des informations va de
la simple reconnaissance à la compréhension des messages ou la
résolution du problème. L'élaboration d'une réponse peut
concerner la mobilisation d'un schéma moteur ou la conception
d'une réponse verbale. Plus la tâche est complexe, plus elle fait
intervenir de processus intermédiaires. Même les tâches appa
remment les plus simples mettent en jeu différents processus.
Ainsi, dans une tâche aussi simple que la détection de signaux,
l'évolution circadienne varie selon l'importance de la compos
ante motrice : lorsque la composante motrice est faible l'acro-
phase se situe vers 15 heures tandis que lorsque la composante
motrice est forte l'acrophase se situe en fin de matinée (11 h 30)
(Querrioux-Coulombier, 1988). L'acrophase est donc, dans ce
cas, dépendante du type de réponse. Dans d'autres cas, les
variations de performances peuvent résulter de la combinaison
de la rythmicité de chacun des processus impliqués dans la Variations journalières de performances 679
tâche. Ce problème devient d'autant plus important que la
tâche met en jeu des processus complexes. Ainsi, la performance
à un questionnaire de compréhension d'un texte scientifique est
meilleure en fin de matinée qu'en fin d'après-midi alors que la
vitesse de lecture est plus élevée vers 17 heures et que le proces
sus d'activation sémantique est facilité le matin par rapport au
soir (Querrioux-Coulombier, 1993). L'analyse de ces différents
rythmes et la façon dont ils se combinent peuvent aider à cons
truire un modèle de fonctionnement du sujet comme nous allons
tenter de le montrer dans cette recherche.
L'approche des phénomènes complexes consiste dans un pre
mier temps à les décomposer en processus élémentaires dont la
rythmicité est étudiée, puis dans une seconde période à analyser
comment ces rythmes se combinent, ce qui suppose une descrip
tion précise des processus mis en œuvre dans chaque tâche.
L'approche chronopsychologique peut d'ailleurs servir aussi
bien à identifier ces processus intermédiaires qu'à évaluer leur
poids dans la tâche étudiée. Un tel programme de recherche est
plus facile à décrire qu'à mettre en œuvre. Ainsi, l'étude de la
rythmicité des processus élémentaires nécessite la mise au point
de tâches correspondantes dont la validité n'est pas toujours
assurée. Peut-on, par exemple, affirmer que les études des effets
d'amorçage sémantique simulent le processus d'activation du
sens tel qu'il se produit au cours de la lecture ? L'interprétation
même des résultats pose difficulté puisque des variations circa -
diennes peuvent être dues aux modalités de réponses alors que
l'on est plutôt intéressé par les traitements antérieurs. Ainsi, les
variations enregistrées dans l'étude de l'activation sémantique
ayant été attribuées au système de réponse ne nous donnent
aucune information sur la rythmicité du processus d'activation
(Querrioux-Coulombier, 1993).
Une autre méthode consiste à analyser les différentes catégor
ies de réponses produites par les sujets afin d'identifier les opé
rations mises en œuvre pour les produire. C'est cette méthode
qui est utilisée dans la présente recherche puisque le sujet peut
produire plusieurs niveaux de réponses. A chaque type de
réponse peuvent évidemment être associés aussi bien des indica
teurs d'exactitude que des indicateurs temporels témoignant de
la facilité à produire ces réponses.
La tâche consiste à résoudre des anagrammes et à découvrir
leur règle de construction. Trois catégories de réponses sont pos- Geneviève Querrioux-Coulombier et Jean- Pierre Rossi 680
sibles : a) l'anagramme est résolue et la règle de construction est
trouvée ; b) est résolue mais la règle de construc
tion n'est pas découverte ; c) l'anagramme n'est pas résolue.
Lorsque le sujet résout mais est incapable de
découvrir la règle de construction c'est que sa réponse est le
résultat d'un insight (compréhension soudaine) mais que la maît
rise de la combinatoire qui permettrait de trouver la règle de
construction n'est pas atteinte. Lorsque le sujet résout l'an
agramme et découvre sa règle de construction c'est qu'il est
capable de combiner avec succès les différentes possibilités.
Nous faisons l'hypothèse que la maîtrise de la combinatoire peut
être assimilée à une tâche complexe qui sera mieux réussie le
matin que le soir. Cette donnée étant établie nous comparerons
les évolutions journalières de ces deux catégories de réponses
avec les variations chronopsychologiques connues.
I. MÉTHODE
1.1. Sujets
Ils sont au nombre de 24, 13 femmes âgées de 21 à 24 ans et
11 hommes âgés de 21 à 25 ans. Ils sont étudiants en second cycle de
science. Leur langue maternelle est le français. Ils sont volontaires et
rémunérés pour passer l'expérience. La dimension matinalité-vespéralité,
testée par le questionnaire de Home et Ostberg (1977), est répartie ainsi :
6 sujets modérément du matin, 12 sujets intermédiaires et 6 sujets modé
rément du soir.
1.2. Matériel
Des séries d'anagrammes de 7 lettres sont préparées et 7 règles sont
établies, 1 pour le prétest et 6 pour les passations. Les règles sont les su
ivantes :
— Règle du prétest : on construit l'anagramme en commençant par la
droite du mot, ce qui donne la séquence suivante : 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, le mot
GOELAND aura pour anagramme : DNALEOG.
— Règle 1 : on construit l'anagramme en commençant par la deuxième
lettre du mot puis en sautant une lettre à chaque fois. Si l'on numérote les
lettres du mot de 1 à 7, sera constituée par l'ordre : 2, 4, 6, 1,
3, 5, 7. Par exemple, le mot GOELAND aura pour anagramme selon la
règle 1 : OLNGEAD. journalières de performances 681 Variations
— Règle 2 : on construit l'anagramme en prenant à chaque fois la qua
trième lettre du mot, en commençant à gauche, ce qui donne la séquence
de lettres suivante : 4, 1, 5, 2, 6, 3, 7. Par exemple, le mot GOELAND aura
pour anagramme selon la règle 2 : LGAONED.
— Règle 3 : on construit l'anagramme en prenant les lettres extrêmes
du mot à gauche puis à droite et ainsi de suite, ce qui donne la séquence
suivante : 1, 7, 2, 6, 3, 5, 4. Le mot GOELAND aura pour anagramme selon
la règle 3 : GDONEAL.
Règle -1 : c'est l'inverse de la règle 1 : on construit l'anagramme en
sautant une lettre à chaque fois mais en commençant par la droite, ce qui
donne la séquence suivante : 7, 5, 3, 1, 6, 4, 2. Le mot GOELAND aura pour
anagramme selon la règle —1 : DAEGNLO.
— Règle —2 : c'est l'inverse de la règle 2 : on construit l'anagramme en
prenant la quatrième lettre à chaque fois mais en commençant par la
droite ce qui donne la séquence suivante : 4, 7, 3, 6, 2, 5, 1. Le mot GOE
LAND aura pour anagramme selon la règle -2 : LDENOAG.
— Règle —3 : c'est l'inverse de la 3 : on construit l'anagramme en
prenant les lettres extrêmes du mot à droite puis à gauche, ce qui donne la
séquence suivante : 7, 1, 6, 2, 5, 3, 4. Le mot GOELAND aura pour ana
gramme selon la règle -3 : DGNOAEL.
Les anagrammes ne comportent pas 2 lettres identiques pour éviter les
confusions et il n'y a qu'une seule solution pour chaque anagramme.
3 listes de 15 anagrammes sont préparées pour la passation du matin et
autant pour celle du soir, chaque liste correspondant à une règle différente.
Une liste supplémentaire est préparée pour le prétest.
1.3. Procédure
Les sujets ont pour consigne de résoudre l'anagramme qui leur
est présentée au centre d'un écran de visualisation et de trouver la règle
qui a permis de la construire. Dès qu'ils ont résolu l'anagramme, ils
tapent la solution sur le clavier de l'ordinateur. Si la solution est exacte,
sur l'écran s'affiche la question suivante : « Avez-vous trouvé la règle de
construction ? Si oui appuyez sur la touche O, sinon appuyez sur la
touche N. » S'ils répondent oui, un mot s'affiche au centre de l'écran et
les sujets doivent construire l'anagramme selon la règle de construction
qu'ils ont découverte, en le tapant sur le clavier. S'ils répondent non,
une autre anagramme à résoudre s'affiche à l'écran. Les sujets ont
60 secondes pour résoudre l'anagramme et 60 secondes pour la const
ruire. Les 15 anagrammes à résoudre se succèdent à l'écran puis
une pause intervient avant la deuxième série correspondant à une
autre règle. Il y a 3 séries le matin à 10 heures et 3 séries le soir à
17 heures.
Afin de contrebalancer les effets de rang de passation des règles, les
sujets sont répartis en 6 groupes de 4 sujets : Geneviève Querrioux-Coulombier et Jean- Pierre Rossi 682
— Le groupe 1 passe à la première séance avec les anagrammes cons
truites avec les règles RI, R-2, R3 et à la seconde avec celles construites
avec les règles : R-l, R2, R-3.
— Le groupe 2 passe à la première séance avec les anagrammes cons
truites avec les règles R-3, RI, R-2 et à la seconde avec celles construites
avec les règles : R3, R-l, R2.
— Le groupe 3 passe à la première séance avec les anagrammes cons
truites avec les règles R2, R— 3, RI et à la seconde avec celles construites
avec les règles : R-2, R3, R-l.
— Le groupe 4 passe à la première séance avec les anagrammes cons
truites avec les règles R-l, R2, R-3 et à la seconde avec celles construites
avec les règles : RI, R-2, R3.
— Le groupe 5 passe à la première séance avec les anagrammes cons
truites avec les règles R-2, R3, R-l et à la seconde avec celles construites
avec les règles : R2, R-3, RI.
— Le groupe 6 passe à la première séance avec les anagrammes cons
truites avec les règles R3, R— 1, R2 et à la seconde avec celles construites
avec les règles : R— 3, RI, R— 2.
Dans chaque groupe l'heure de début de passation est contrebalancée :
2 sujets commencent à 10 heures et finissent à 17 heures et 2 sujets com
mencent à 17 heures et finissent à 10 heures. L'intervalle entre une séance
et l'autre est de trois jours.
Les facteurs principaux sont les suivants :
— heures de passation (H2) : Hl (10 heures) ; H2 (17 heures) ;
— rang des séances (R2) : RI (première séance) ; R2 (seconde séance) ;
—de la règle à découvrir ou série (D3) : Dl (première série) ; D2
(seconde série) ; D3 (troisième série).
Le facteur groupe est un facteur secondaire pris en considération dans
l'analyse préalable : groupes (G6) : Gl (groupe 1) ; G2 (groupe 2) ; G3
(groupe 3) ; G4 (groupe 4) ; G5 (groupe 5) ; G6 (groupe 6).
Le plan complet est : S24 < Gô >*H2 *Rî *D3.
Les différentes catégories de réponses et leurs latences sont enre
gistrées.
II. RESULTATS
L'analyse des résultats porte d'une part sur les différentes
catégories de réponses produites et d'autre part sur la durée de
construction des anagrammes après que le sujet ait déclaré avoir
découvert la règle.

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