Vertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 299-309

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L'année psychologique - Année 1913 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 299-309
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1913
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c) Vertébrés
In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 299-309.
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c) Vertébrés. In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 299-309.
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(10 cm. x 15 cm.) dont 2 jaunes et 30 gris de toutes clartés, afin
qu'il y en ait sûrement qui soient sensiblement de même clarté que
les jaunes.
Il plaça sur tous les papiers des bols identiques, en ne mettant du
miel que dans les bols sur papiers jaunes, mais en changeant
souvent la place de ces papiers jaunes.
Dans ces conditions, en remplaçant les papiers jaunes par d'autres
identiques et en ne mettant que des bols vides, l'auteur a constaté
que les abeilles continuaient à aller toujours droit aux papiers
jaunes, négligeant tous les gris.
Avec papiers bleus au lieu de jaunes, le même résultat fut obtenu.
Il semble donc bien y avoir une action spécifique de la couleur
comme telle.
En mettant des papiers de diverses couleurs, l'auteur a cherché
quelle était la finesse de la réaction spécifique : Avec le bleu, les
violets et pourpres sont visités, mais les rouges, jaunes et verts sont
négligés. Avec le pourpre, le bleu et le violet sont visités. Le rouge
n'est pas distingué du noir, enfin.
Ainsi les abeilles ne percevraient point le rouge, mais seulement
le jaune, le vert et le bleu, qui, faute de la perception du rouge,
serait confondu avec le pourpre et le violet. H. P.
c) Vertébrés.
G. H. PARKER. - The relation of smell, taste, and the common
chemical sense in Vertebrates [La relation de V odorat, du goût et
du sens chimique commun chez les Vertébrés). — Journal of Academy
of natural Science, Philadelphia, 2e série, 15, 1912, p. 221-234.
L'auteur relate quelques expériences sur le sens chimique commun
d' Ammocœtes et d'Ameiurus, dont le premier a la peau excitable par
l'acide, l'alcalin, l'amer et le salé, mais non par le sucré, et avec
sensibilité décroissante de la bouche à la queue et de la queue au
tronc, et dont le second a une égale sensibilité du tronc et de la
queue, et ne réagit pas dans ces régions à l'amer (quinine).
Le sens chimique commun dépend, comme le démontrent les
expériences de sections nerveuses, des terminaisons libres des nerfs
spinaux, tandis que les sensations gustatives sont fournies par le
nerf latéral accessoire.
Le plus ancien des trois sens chimiques ne serait d'ailleurs pas,
selon l'auteur, ce sens commun, mais l'odorat, dont les neurones
sont du même type que ceux des Invertébrés, parce que les Inver
tébrés manifestent des réceptions chimiques à distance.
Il y a là une opinion qui est à coup sûr très insuffisamment
fondée. H. P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 300
ROMUALD MINKIEWICZ. — Recherches sur la formation des habi
tudes, le sens des couleurs et la mémoire chez les poissons. —
Annales de l'Institut Océanographique, V, 4, 1912 (53 p.).
Publication tardive d'expériences, qui furent effectuées en 1909,
au Musée Océanographique de Monaco, sur huit espèces de poissons,
mais dont seules celles relatives à la Girelle (Julis vulgaris) sont ici
relatées, avec indication de projets d'autres expériences, et discus
sion extrêmement prolongée des résultats.
L'expérience, base bien frêle pour l'édifice théorique de l'auteur, a
simplement consisté à habituer les Girelles à venir vers un tube bleu
identique à un tube jaune placé à côté, mais auquel pendait ord
inairement un morceau de poisson ; la Girelle s'avança d'ailleurs, à
la fin, à la surface de l'eau, lorsque l'expérimentateur avançait
simplement les mains.
C'est une confirmation de plus de faits bien connus.
H. P.
C. HESS. — Untersuchungen zur Frage nach dem Vorkommen von
Farbensinn bei Fischen (Recherches sur la question de Vexisten.ee
d'un sens chromatique chez les poissons). — Zoologische Jahrbücher.
Allgemeine Zoologie und Physiologie, XXXI, 4, 1912, p. 629-646.
KARL VON FRISCH. — üeber farbige Anpassung bei Fischen [Sur
l'adaptation chromatique chez les poissons) . — Id., XXXII, 2, 1912,
p. 171-225.
La question d'une perception des couleurs chez les poissons est
toujours l'objet d'interminables discussions.
M. Hess continue à affirmer qu'aucune des expériences faites ne
rend seulement vraisemblable l'existence d'un sens des couleurs
chez les poissons, et considère que les perceptions chromatiques
représentent une adaptation au milieu aérien et font entièrement
défaut chez les animaux aquatiques, y compris les poissons.
En particulier, il critique les expériences de Bauer (1910) et celles
de von Frisch (Ueber den Farbensinn der Fische, Verhandl. der
deutsch, zool. Gesellschaft, 1911) sur les Crénilabres. Mais von Frisch
a repris des recherches sur l'adaptation des poissons aux fonds
colorés, qui implique l'existence d'un sens chromatique.
C'est ainsi que le Phoxinus Isevis, s'il ne présente qu'une adapta
tion aux clartés sur les fonds verts, bleus et violets, devient jaunâtre
(flancs et dos) et rougeâtre (autres régions) sur fond rouge ou
jaune^ sans qu'il y ait de différences dans la réaction à ces deux
couleurs; l'action ne se produit que chez l'animal non aveuglé (à la
différence de certains Crénilabres), et impliquerait bien une percep
tion chromatique du jaune-rouge, car, avec des papiers gris de
même clarté, la coloration jaune rougeâtre du poisson ne se pro
duirait pas.
En somme il n'y aurait vision chromatique que pour une couleur,
ce qui est évidemment très peu. H. P. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 30i
E. BABAK. — Ueber die Temperaturempfindlichkeit der Amphib
ien (Sur la sensibilité thermique des amphibies). — Z. für S.,
XLVII, 1, 1912, p. 34-45. — Ueber den Farbensinn des Frosches
vermittelst Athemreaktionen untersucht. (Sur le sens chromatique
de la grenouille, étudié au moyen des réactions respiratoires). —
Id., 4-5, 1913, p. 331-351.
Chez des grenouilles privées de cerveau antérieur, les mouvements
respiratoires sont très réguliers; les perturbations révèlent des
phénomènes sensoriels. C'est ainsi que de la chaleur radiante
provenant d'un thermomètre à 40° et agissant sur une surface de
peau de la grenouille de 0,5 cm2, à 1 mm. de distance, entraîne de
l'accélération respiratoire; le froid (corps à 1° ou 2°), du ralentisse
ment.
La peau de la tête s'est montrée la plus sensible. Par comparaison
avec la sensibilité humaine explorée par la même méthode, la
sensibilité thermique de la grenouille s'est montrée égale ou un peu
supérieure.
La même méthode a révélé des influences de lumières à peu près
monochromatiques,, influences qui seraient spécifiques pour les
diverses couleurs (rouge, vert, violet) et ne proviendraient pas de
différences d'intensité, le vert très lumineux ayant une action
moindre sur la respiration que le violet, pourtant notablement
moins lumineux. H. P.
C. F. CURTIS RI LEY. — Responses of young Toads to light and
contact (Réactions des jeunes crapauds à la lumière et au contact).
— S. of an. B., III, 3, 1913, p. 179-214.
Étude de jeunes Bufo americanus, de 14 mm. de long : réaction
négative à la lumière d'une lanterne de projection de 10 000 bougies
environ; les crapauds se placent de telle façon que l'axe longitu
dinal du corps soit parallèle à la direction des rayons lumineux,
dans l'air ou dans l'eau; réaction positive en revanche à une
lumière d'environ 44 bougies, ou à une lumière diffuse, ainsi qu'à
la du jour, mais moins rapide que la réaction négative
précitée; l'existence de rayons lumineux dans différentes direc
tions ne permit pas de préciser la position de l'axe du corps des
crapauds.
L'auteur admet une influence à la fois de l'intensité lumineuse et
de la direction des rayons.
Rien de très net ne fut obtenu avec des lumières rouge ou bleue ;
en général les crapauds se dirigent vers le bleu et s'éloignent plutôt
du rouge.
A la lumière le contact provoque en général une rotation ou un
saut; parfois il y a immobilisation en particulier sous forme de
« death-feigning », de simulation de la mort.
La plupart des réactions au contact ont un caractère adaptatif.
H. P. 302 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
M ANTON COPELAND. — The olfactory reactions of the spotted new
Diemyctylus viridescens (Rafinesque) {Les réactions olfactives de la
salamandre tachetée). — 3. of an. B., III, 4, 1913, p. 260-273.
Dans un travail analysé l'an dernier, Reese avait étudié les réac
tions alimentaires et le sens chimique de la salamandre tachetée.
L'auteur a procédé à son tour à une étude systématique de cet
amphibien et constaté que, si c'est la vue qui entraîne les réactions
que suscite un objet en mouvement, en particulier la préhension
et même l'absorption, les objets comestibles immobiles sont reconnus
tels par une stimulation des récepteurs olfactifs. Les extraits de
viande dans l'eau provoquent des réactions, et des sacs contenant
de la viande sont différenciés d'autres identiques n'en pas,
à moins que l'on ait fonctionnellement supprimé l'appareil olfactif
périphérique par section des nerfs olfactifs. Chez un des sujets
opérés les réactions visuelles alimentaires normales étaient conser
vées, d'où l'auteur conclut que les individus opérés par Reese et qui
refusèrent deux semaines de s'alimenter, se ressentaient de troubles
provoqués par l'opération.
Mais, en somme, il n'y a rien de plus dans ce travail que dans
celui de Reese et les conclusions sont semblables. H. P.
VALENTIN HACKER. — Ueber Lernversuche bei Axolotln {Sur des
recherches relatives à l'acquisition chez les Axolotl). — A. f. ges. Ps.,
XXV, 1-2, 1912, p. 1-35.
Au cours de recherches sur les phénomènes de croisement et
l'hérédité des caractéristiques individuelles chez YAmblystorna tigri-
num, le professeur -de zoologie de Halle fut amené à déterminer le
comportement de ses axolotl au point de vue des phénomènes
d'acquisition.
On donnait aux axolotl pour leur nourriture 4 ou 5 morceaux de
viande à la pince tous les trois ou quatre jours; l'expérience con
sista à leur donner de temps à autre des petits morceaux de bois
de même grandeur et de noter combien de fois il se produisait des
réactions positives, c'est-à-dire de fois il fallait d'essais
pour apprendre à l'animal l'inutilité de sa réaction.
On répéta cette expérience pendant deux ans et demi chez un
individu, pendant plus de sept mois chez 8 autres, et pendant
une durée plus brève chez 9 adultes et 4 individus âgés de neuf
mois.
Les résultats, exposés complètement grâce à l'emploi de sym
boles abréviatifs, montrèrent que la réaction fausse était supprimée
au début après un nombre de présentations successives très variable
suivant les individus (entre 2 et plus de 17), puis au bout d'un cer
tain nombre de jours d'épreuves, la discrimination se produisait
d'emblée; mais jamais l'acquisition ne se manifesta définitive, et il
y eut toujours des reculs, l'animal recommençant à réagir à la pré- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 303
sentation du morceau de bois comme à la présentation de la viande,
soit que la réaction fût complète, soit qu'elle fût seulement esquis
sée (l'auteur donnant une enumeration des formes diverses de cette
réaction incomplète).
Ces reculs ne seraient pas dus aux variations d'appétit ni aux
intervalles plus ou moins grands séparant les épreuves, ils tien
draient à des facteurs internes ; l'auteur montre qu'ils atteignent
leur maximum dans la période allant de décembre à mars, corre
spondant chez l'Axolotl à une phase de croissance.
En ce qui concerne l'hérédité des différences individuelles dans la
rapidité plus ou moins grande d'adaptation, les expériences ne
sont pas encore terminées.
L'auteur rapproche les imperfections notables dans l'acquisition
d'habitude chez cet amphibien de la constitution encore archaïque
du cerveau. Je rappellerai que, dans des recherches sur des Tritons,
j'ai pu constater de mon côté il y a quelques années le peu de
plasticité de ces animaux au point de vue de l'adaptation à l'expé
rience, de l'acquisition d'habitudes. H. P.
HAROLD G. BINGHAM. — Size and form perception in Gallus clomes-
ticus (Perception de la grandeur et de la forme chez domes-
ticus). — J. of an. B., III, 2, 1913, p. 65-113.
L'auteur, qui emploie la méthode générale de Yerkes, décrit
minutieusement son dispositif et sa technique, avec raison, et il
reproche à certains auteurs, comme Katz et Revész, de ne l'avoir
pas fait.
Il résulte des recherches que les poulets sont capables de
distinguer deux cercles dont l'un a 6 cm. de diamètre et l'autre
7 cm. à 7 cm. 5, soit un quart ou un sixième en plus, et que la gran
deur joue un rôle plus important que Téclairement; ils paraissent
aussi distinguer les formes comme Katz et Revész d'une part,
Breed de l'autre, l'avaient noté. Mais il n'y aurait là qu'une appa
rence, car une discrimination qui semble parfaite manque dès
qu'on retourne le triangle qui était confronté avec un cercle de
même surface, ou bien dès qu'on substitue au triangle de même
surface que le cercle un triangle inscrit ou circonscrit au cercle.
Il n'y a pas d'idée générale par conséquent de « circularité » ni
de « triangularité » ; ce qui agit, c'est l'irrégularité de distribution
de l'éclairement sur la rétine, c'est en somme une grandeur.
Mais l'auteur manque un peu à cet égard de finesse d'analyse
psychologique, car, en vision immobile, à quoi se ramène la forme,
sinon à une distribution de luminosité sur la rétine, à une
grandeur complexe; un triangle vu avec une des bases en bas ou
un des sommets n'est évidemment pas une même forme tant
qu'un processus d'abstraction n'a pas identifié ses aspects divers
sous un même concept ou que des déplacements réels ou imagi
naires n'ont pas assuré l'identité de perception. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 304
II aurait fallu que l'auteur comparât au cercle, dans ses épreuves,
un triangle présenté successivement dans tous les sens; un très
grand nombre d'essais auraient sans doute été nécessaires, mais
peut-être, les poulets auraient-ils appris à faire la discrimination
des formes dans des conditions permettant d'affirmer qu'il s'agissait
bien d'une perception des formes ; et sans doute seraient-ils arrivés
aussi à faire la discrimination avec les triangles inscrits ou ci
rconscrits, aussi bien qu'avec les triangles d'égale surface.
H. P.
J. F. SHEPARD et F. S. BREED. — Maturation and use in the deve
lopment of an instinct (Maturation et usage dans le développement
d'un instinct). — J. of an. B., III, 4, 1913, p. 274.
Dans un travail antérieur, Breed avait établi la courbe de perfe
ctionnement de l'instinct de picorer chez des poulets à partir de
la naissance, en déterminant combien de fois sur 50 essais un
grain était saisi juste par le coup de bec.
Ce perfectionnement pouvait être dû à l'exercice, mais aussi à
une « maturation »,à un perfectionnement interne et spontané; et,
de fait, Spalding autrefois, en tenant des poulets à l'abri de la
lumière, avait trouvé qu'ils se montraient très supérieurs à ceux
qui picoraient immédiatement.
Les expériences des auteurs, qui ont tenu trois à cinq jours des
poulets à l'obscurité, montrent que, au début, malgré la maturation
supposée, ceux-ci sont plutôt inférieurs à ceux qui ont commencé
à picorer de suite: mais leurs progrès sont bien plus rapides et ils
rattrapent les autres.
Si les poulets normalement ont 9 réactions parfaites sur 50, le
deuxième jour, 29 le troisième, 30 le quatrième, 32 le cinquième,
36 le sixième et 37 le septième, ceux gardés cinq jours à l'obscurité
ont 1 à 3 réactions parfaites au début du sixième jour (puis 6,5 ou
8,5 et 11 ou 16) et 36 ou 37 le septième, comme les précédents. Il
y a donc effet combiné de l'exercice et de la maturation.
H. P.
JOHN B. WATSON et MARY I. WATSON. — A Study of the res
ponses of Rodents to monochromatic Light (Étude des réactions
des rongeurs à une lumière monochromatique). — J. of an B., III, 1,
1913, p. 1-14.
Expériences faites avec le dispositif précis décrit dans le travail
de Yerkes et Watson sur les méthodes pour l'étude du sens chromat
ique des animaux (Behavior Monograph, 2).
Dans une première série, un rat blanc et un lièvre furent soumis
à deux excitants lumineux, un rouge (X = 6S50) accompagné d'une
gratification de nourriture, et un vert (X = 5 050) d'énergie inégale.
Quinze expériences par jour furent faites pendant quarante-neuf PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 305
jours. Aux environs de vingt à vingt-cinq jours, la discrimination
parut bien assurée. Trois hypothèses étaient possibles : ou il y avait
bien discrimination chromatique ; ou il y avait seulement discrimi
nation d'intensité; ou enfin un seul des excitants lumineux était
perçu, l'autre ne l'étant pas et équivalant à l'obscurité.
Des expériences complémentaires montrèrent que l'efficacité du
rouge en tant que tel était nulle, tandis que le vert agissait : le serait invisible pour les rongeurs dont le spectre serait très
limité du côté des grandes longueurs d'onde.
Une autre série d'expériences furent faites sur la discrimination
du jaune (X = 5 950) et du bleu (a — 4 780), avec deux rats blancs
(l'un recevant la nourriture avec le bleu, l'autre avec le jaune), un
rat blanc et noir croisé et un lièvre.
En présentant simultanément les deux couleurs, les progrès
furent très lents; ils n'étaient pas très marqués au bout de
quarante-neuf jours; en revanche la réaction positive au bleu ou au
jaune fut très rapidement obtenue quand, après ces épreuves, on
accoutuma les animaux à un stimulus seul accompagnant la
nourriture.
Seulement, à égalité d'énergie, il n'y eut aucune discrimination
entre le bleu et le jaune.
Chez les rongeurs la quantité chromatique serait donc sans
influence sur les réactions visuelles.
H. P.
F. M. GREGG et G. A. MC. PHEETERS. — Behavior of Raccoons to
a temporal series of stimuli ( Co mportement des ratons vis-à-vis d'une
série temporelle de stimuli). — - J. of an.B., Ill, 2. 1913, p. 241-259.
Le travail a été suscité par les recherches de Hunter sur les réac
tions différées et les critiques adressées par cet auteur aux expé
riences de Cole tendant à établir l'existence d'images persistantes
chez les animaux; les mêmes ratons déjà employés par Hunter le
furent dans cette nouvelle série d'expériences, semblables à celles
de Cole, et où la succession de trois cartons colorés, le dernier étant
rouge, devait provoquer la réaction positive d'alimentation, tandis
que la succession de trois cartons rouges devait inhiber cette
réaction.
Les résultats furent correctement obtenus chez un des ratons;
mais des expériences de contrôle montrèrent que la discrimination
était basée, non sur les sensations visuelles de couleur, mais sur
des sensations tactiles et kinesthésiques tenant à l'exploration des
divers leviers portant les cartons colorés.
Le troisième terme de la série parut agir pour « lâcher » la réac
tion provoquée par le premier terme; il n'y aurait aucun argument
valable, dans ces expériences, en faveur de l'existence d'images
chez l'animal en expérience.
H. P.
l'année psychologique, xx. 20 306 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ROBERT M. YERKES. — Heredity of savageness and wildness
in Rats (Hérédité de la sauvagerie et du caractère farouche chez les'
rats). — L of an. B., III, 4, 1913, p. 286-296.
Les signes de « savageness » observés par l'auteur étaient sur
tout les cris et les efforts pour mordre; ceux de « wildness », les
cris, les efforts pour fuir ou se cacher, la défécation et l'évacuation
urinaire ; enfin ceux de timidité, les tremblements, les claque
ments de dents, les évacuations, etc.
Furent étudiés 300 rats environ, sauvages, apprivoisés, et hybrides
de première et seconde générations.
L'évaluation de ces trois caractères se fit par attribution de coeffi
cients de 0 à 5, fixés d'après leur comportement dans des circons
tances déterminées.
Dans la première génération, sur 78 rats (mâles et femelles),
pour la « wildness » aucun n'avait le coefficient 0; 1 avait le
coefficient 1; 3.1e coefficient 2; 9 le 3; 23 le 4 et 42 le 5; à la
deuxième génération, 2 avaient le 0; 32 le 1 ; 37 le 2; 30 le 3; 7 le 4
et 7 le 5.
L'auteur conclut que ces modalités du comportement sont des
caractères transmissibles et dont on peut étudier les modalités
héréditaires.
H. P.
S. B. VINCENT. — The tactile Hair of the white Rat {Le poil
tactile du rat blanc). — J. of c. N., XXIII, I, 1913, p. 1-27.
M. Vincent avait montré que les poils tactiles de la moustache du
rat blanc jouaient un rôle dans la locomotion, dans l'équilibration,
dans la discrimination des inégalités de surface, qu'ils suppléaient
à une vision défectueuse. Il a cherché dans une étude anatomique
les caractères propres à ces poils de fonction tactile si importante,
et il a montré qu'ils possédaient une très riche innervation et
avaient des connexions musculaires assurant la transmission, sur
une large surface, de l'excitation reçue, de l'excitation vibratoire
surtout, particulièrement adéquate à cet organe tactile, comme l'a
signalé von Frey, et qui est amplifiée par suite de la longueur du
poil qui subit d'abord l'ébranlement. L'appareil vasculaire erectile
de la base du poil aurait des fonctions variées; il abaisserait ou élè
verait le seuil d'excitabilité nerveuse, faciliterait la transmission
profonde du stimulus, et jouerait enfin un rôle excitateur au point
de vue de l'émotion sexuelle, la moustache étant un caractère
sexuel secondaire.
L'auteur, à propos de ses recherches, a développé quelques con
sidérations historiques et critiques d'anatomie comparée sur les
poils tactiles.
H. P. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 307
LEROY WALTER SACKETT. — The Canada porcupine : A study of
the learning process (Le porc-épic du : une étude du proces
sus d'apprentissage). — Behavior Monographs, II, 2, 1913, 84 pages.
Étude de seize individus (8 mâles et 8 femelles) de Y Erethizon dor-
satus, rongeur du nord de l'Amérique.
Ces animaux, qui doivent vivre une dizaine d'années, et dont les
petits naissent avec des organes sensoriels bien constitués, vraisem
blablement aptes à fonctionner, sont de mœurs nocturnes, et ne
présentent pas de tendances notables à l'hibernation. Ils ne possè
dent guère l'instinct du jeu, ou du moins le perdent très peu après la
naissance : ils sont facilement apprivoisés.
L'auteur a pu les dresser à saisir la nourriture avec la patte, ce
qu'ils ne font pas naturellement, plus exactement avec une patte
seulement, et même une catégorie d'aliments avec une patte et une
autre catégorie avec l'autre patte.
Dans l'apprentissage de réactions déterminées par des stimuli
visuels variés, ils semblent se guider sur l'état lumineux, différen
ciant 2 gris séparés par 10 unités dans les papiers de Mendel, et ne
paraissent pas susceptibles de distinguer des sons de diverses
hauteurs; en revanche ils ont pu le cercle de
autres figures géométriques, mais non des papiers de différentes
couleurs.
Ils ont appris — à peu près aussi bien à l'obscurité qu'à la lumière
— à circuler dans un labyrinthe (celui de Hampton-Court).
Le souvenir basé sur des données kinesthésiques s'est montré très
stable : au bout de 100 jours, l'habileté à traverser le labyrinthe
n'avait que peu décru (6 minutes 30 secondes et 1 minute 5 secon
des aux deux premiers essais, au lieu de 2 minutes 30 secondes au
cinquantième essai de la première série).
La persistance du souvenir a paru beaucoup moindre pour les
discriminations sensorielles, mais les résultats manquèrent un peu
de précision.
Les courbes d'apprentissage furent conformes au type classique.
H. P.
ALOIS DRESSLER. — üeber das Verhalten der Lichtempfindlichkeit
und der Pupillarreaktion bei Dunkelaufenhalt von Pferden und
Hunden (Sur le comportement de la sensibilité lumineuse et de la réac
tion pupillaire dans le séjour à l'obscurité chez les chevaux et les
chiens). — Pf. A., GLIII, 1-4, 1913, p. 137-195.
Il existe chez les chevaux deux types d'adaptation à l'obscurité,
comme chez les hommes, l'un plus rapide, l'autre plus lent, tandis
que, chez les chiens, il y a seulement des différences individuelles
considérables. La courbe d'accroissement de la sensibilité lumineuse
à l'obscurité est plus lente d'une façon générale chez le cheval que
chez le chien, chez le chien que chez l'homme.

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