Vision. - compte-rendu ; n°1 ; vol.19, pg 407-423

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L'année psychologique - Année 1912 - Volume 19 - Numéro 1 - Pages 407-423
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1912
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M. D.
Henri Piéron
G. L. Duprat
6° Vision.
In: L'année psychologique. 1912 vol. 19. pp. 407-423.
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D. M., Piéron Henri, Duprat G. L. 6° Vision. In: L'année psychologique. 1912 vol. 19. pp. 407-423.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1912_num_19_1_7317VISION 407
E. WAETZMANN. — Ueber die « Ausdehnung » der Tonempfin
dungen (Sur « V extension » des sensations sonores). — Folia neuro-
biologica, VI, 1, 1912, p. 24-26.
Lehmann, dans les Folia de 1910 (II, p. 116), avait proposé une
modification à la théorie de l'audition de Helmholtz : avec
membrane de caoutchouc, il avait constaté qu'à égalité de largeur
et de tension, les lignes nodales déterminées par les sons à une
certaine hauteur, dans la largeur de la membrane, se trouvaient
écartées d'autant plus que le son était plus bas. Par analogie, il
admit que les différences de hauteur de son étaient basées sur
1' « extension », sur la différence de grandeur des zones excitées,
ou du nombre des fibres excitées.
En réalité, cela peut expliquer que les sons graves paraissent plus
pleins et plus larges, mais l'auteur ne pense pas que la spécificité
des sons puisse s'expliquer autrement que par les résonnateurs
d'Helmholtz; et d'ailleurs, anatomiquement, on ne pourait assimiler
la membrane basilaire aux membranes artificielles de Lehmann.
H. P.
6° Vision.
GEORGE F. BURCH. — Physiological Optics (Optique physiologique).
— Oxford, Clarendon Press, 1912.
Les psychologues liront avec intérêt les chapitres où l'auteur
parle de l'estimation par l'œil des relations d'espace, des sensations
visuelles, des sensations colorées et des lumières à éclat rapidement
variable. On trouve, dans ce petit livre, un grand nombre d'expé
riences d'optique physiologique faciles à répéter, et qui ne sont
généralement décrites que dans des ouvrages beaucoup plus import
ants. M. D.
W. LOHMANN. — Die Störungen der Sehfunktionen (Les troubles des
fonctions visuelles). — In-8, Leipzig, Vogel, 1912.
Dans certains chapitres de son livre le Dr W. Lohmann touche
des questions susceptibles d'intéresser le psychologue.
Dans le premier chapitre, on trouve un schéma en couleurs qui
fait comprendre d'une manière intuitive le rôle physique, physio
logique ou psychologique des diverses parties de l'appareil visuel
(œil proprement dit, voies optiques, écorce cérébrale). M. Lohmann
consacre quelques pages aux facteurs psychiques qui interviennent,
et au rôle que joue la vision.
Le chapitre II traite de la cécité, et des aveugles-nés guéris par
une opération. M. Lohmann étudie aussi comment l'enfant apprend
à voir et touche en passant au problème si discuté de la vision des
couleurs chez les anciens. 408 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le chapitre IX a pour titre : L'audition colorée et les sensations
optiques concomitantes (Begleitempfindungen). M. Lohmann dis
tingue l'audition colorée et l'individuation colorée (Sokolov). Il
parle ensuite de l'audition colorée telle qu'elle apparaît dans la
littérature des différents peuples.
Le chapitre X traite de la vision binoculaire et des troubles qu'elle
peut présenter. Se rattachant à la théorie de Hering sur les él
éments disparates des rétines, M. Lohmann voit dans la sensation de
relief un acte psychique qui s'explique par le phénomène connu
sous le nom d'antagonisme des champs visuels. Dans certaines ci
rconstances, les images monoculaires peuvent disparaître ou être
perçues séparément et successivement. D'ailleurs, nous n'avons pas
conscience de cette activité psychique, d'où résulte la perception
du relief. L'appareil lui-même (rétines, voies optiques et écorce
cérébrale) est inné, mais il faut que chaque individu apprenne par
lui-même à voir avec ses deux yeux : le piano est donné à l'avance
avec ses cordes et son clavier, mais non la mélodie qu'il permet
d'obtenir.
Enfin, deux chapitres sont consacrés aux perturbations apportées
au sens visuel par des lésions des voies optiques et des centres
optiques, aux images de mémoire (Gedächtnisbilder), aux percep
tions optiques concomitantes et aux hallucinations.
M. D.
VICTOR HENRI et J. LARGUIER DES BANGELS. — Photochimie
de la Rétine. — J. de Ph., XIII, 6, 1911, p. 841-856.
Les auteurs, que leur connaissance simultanée de la psychophys
iologie et de la physico-chimie biologique avait préparés à cette
tâche, ont entrepris de rendre compte des processus qui permettent
la transformation d'une excitation lumineuse en une sensation
visuelle, ou du moins en un influx sensoriel. Les progrès de la
photochimie permettent d'obtenir à cet égard plus de précision que
G. E. Müller dans sa belle tentative de 1896-1897.
L'étude complète envisagera : le minimum d'énergie nécessaire à
la production des sensations lumineuses; le rôle du pourpre rét
inien; les réactions électriques rétiniennes; la vision des couleurs;
la fusion des impressions et les images consécutives avec l'esquisse
d'une théorie générale.
Dans ce mémoire sont traités les deux premiers points.
I. — Le seuil de clarté, beaucoup plus faible avec le bleu et le jaune
dans les régions périphériques de la rétine que dans la région cen
trale, a une valeur absolue de 3.10- 7 ergs par centimètre carré
pour le vert d'après les résultats de Langley, de 4,4. 10 ~7 ergs la lumière d'une lampe Hefner d'après les résultats de Grijns
et Noyons, et la plus grande sensibilité des plaques photographiques
les plus sensibles correspond (pour la lumière bleue, la plus efficace)
à un seuil d'énergie qui est 3000 ou 2 300 fois grandi VISION 409
C'est pour le vert que la sensibilité rétinienne est maxima, avec
décroissance du côté du violet, et plus rapidemeut du côté du
rouge.
Enfin on sait qu'il y a, avec des excitations très brèves, une
durée pour laquelle l'énergie nécessaire à l'induction d'une sensa
tion passe par un minimum (aux environs de 3 jj, d'après Grijns et
Noyons).
Il en est de même pour l'excitation des nerfs, et de même
encore, bien qu'on ait longtemps cru à une décroissance continue
du minimum d'énergie avec la durée, pour les réactions photochi
miques.
Les auteurs amorcent une théorie, qu'ils développeront ultérieus
Fement, en faisant dériver la courbe des minima d'énergie, pour la
vision, d'une combinaison des courbes valables pour l'excitation
des nerfs et pour les réactions photochimiques.
II. — En ce qui concerne l'action du pourpre rétinien, on sait
que la fovea, qui a une sensibilité moindre au bleu et au jaune et
plus grande au rouge que les régions périphériques de la rétine, ne
possède que des cônes et point de bâtonnets dans lesquels réside
le pourpre rétinien; on sait que ce pourpre est décomposé par la
lumière et blanchit, se régénère à l'obscurité (en 10 à 20 minutes)
et se trouve en quantité maxima dans la rétine adaptée à l'obscur
ité, dont la sensibilité n'est justement pas augmentée dans la fovea,
mais seulement, et dans une proportion considérable, pour les
radiations autres que le rouge, dans les régions périphériques,
pourvues de bâtonnets et de pourpre.
Or la distribution suivant les longueurs d'onde du coefficient
d'absorption du pourpre, des quantités d'énergie produisant quant
itativement un même blanchiment du pourpre, et des quantités
d'énergie minima provoquant une sensation visuelle d'après les
résultats de König, de Pflüger et la double série de résultats de Scha-
ternikoff, suit une courbe presque identique, ce qui montre que
« pour qu'il y ait sensation, il faut faire tomber sur l'œil une quant
ité de rayons telle que le pourpre absorbe toujours la même
quantité d'énergie », cela du moins entre l'orangé (k — 600 [*[*,) et
le bleu (X=440 pp). Cette seule zone spectrale agissant dans la
vision crépusculaire, les chiffres donnés pour le minimum absolu
d'énergie totale du rayonnement de la lampe Hefner doivent être
réduits notablement, la partie active du rayonnement ne représent
ant que 12 pour 100 du total; ce minimum serait au plus de
5. 10- 12 ergs.
Le pourpre suit la loi quantitative d'absorption photochimique, sa
décomposition étant proportionnelle à la quantité absorbée
d'énergie de rayonnement, et conditionne quantitativement la vision
crépusculaire entre l'orangé et le bleu ; il restera aux auteurs à dis
cuter ultérieurement la question de savoir si la décomposition du
pourpre agit pour exciter l'influx nerveux sensoriel, ou si elle
représente un élément sensibilisateur. ■
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410 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Dès maintenant on voit tout l'intérêt de cette importante étude
qui, par la juxtaposition et l'interprétation judicieuse de nombreuses
recherches, apporte dans le mécanisme psycho-physiologique de la
vision des précisions fort utiles. H. P.
A. BLONDEL et J. REY. — Sur la perception de lumières brèves à la
limite de leur portée. — Journal de Physique, 5e S. I, 1911, 530-
550 (etC. B. CLiii, 1911, p. 54).
J. L. HOORWEG. — Sur la perception des lumières brèves. — Jour
nal de physique, 5e S. il, 1912, p. 177-181.
D'après la loi de Bloch, l'excitation lumineuse, utile pour produire
une sensation, est sensiblement constante et proportionnelle au
produit de l'éclairement par le temps, loi vérifiée par Charpentier
jusqu'au moment de la sensation permanente, pour des temps courts
inférieurs à 10 centièmes de seconde, à 20 centièmes d'aprèa Mac
Dougall, et même à 50 d'après Langley, mais dans tous ces cas avec
des lumières assez intenses; la période d'établissement se prolon
gerait plus de 2 secondes avec des lumières faibles et serait presque
indéfinie d'après Ribière, aux environs du seuil.
Les expériences de MM. Blondel et Rey sur la comparaison d'un
éclat constant et d'un éclat de durée variable entre la et 3 secondes
les conduisent à une loi un peu différente de la loi de Bloch et où,
au seuil, la durée d'établissement est infinie. Notons au passage que
cela implique une conception mathématique du seuil qui devient
une limite. Au seuil réel, psychologique, la durée de la période
d'établissement est nécessairement finie, sans quoi le seuil ne serait
jamais atteint ou ne serait pas le seuil.
Au lieu de la .loi de Bloch =-o F1 = O -y-, 21 déterminant une hyperbole
= 1 -j — y- , hyperbole équilatère superposable, équilatère, on a ^
mais décalée.
La fonction Et (produit de l'éclairement par le temps), au lieu
d'être une constante, est une fonction linéaire Et = A + Bt.
Il y a accroissement régulier, avec le temps qui s'écoule, du
produit de l'éclairement par le temps, dans la limite des expé
riences faites :
t e Et
0",001 64,1 0,0641
0",003 24 0,0721
0",100 1,021 0,1000
0",300 0,518 0,1555
1",000 0,372 0,3720
3",000 0,333 1,000
Or Hoorweg fait remarquer que cette loi linéaire est celle qu'il a
trouvée pour exprimer l'effet utile dans l'excitation électrique des VISION 411
muscles par décharge de condensateur ; les quantités d'électricité
pour le muscle jouent le même rôle que les de lumière
(Et) pour la rétine, en ce qui concerne les brèves durées du moins.
Seulement il y a lieu de rappeler que les recherches de Lapicque
ont montré que la loi de Hoorweg, reprise par Weiss, n'était qu'ap
prochée; et il est probable qu'il n'y a aussi qu'une première
approximation, plus exacte que celle de Bloch et Charpentier, pour
la loi d'action de la lumière en fonction de la durée d'excitation.
H. P.
MAGNUSSON et STEVENS. — Visual sensation caused by changes in
the strenght of a magnetic field (Sensation visuelle provoquée par
des changements dans IHntensité d'un champ magnétique). — Am. J.
of Ps., xxix, 1911, p. 124-135.
Lorsque l'on place la tête d'un sujet verticalement dans l'axe
d'une bobine, il se produit des sensations lumineuses, qui croissent
avec la rapidité des variations de potentiel du champ magnétique :
Une cinquantaine de périodes, une centaine de volts, une vingtaine
d'ampères conviennent pour provoquer le phénomène, qui reste
à expliquer. H. P.
STANISLAUS SCHNEIDER. — Die Helligkeitsadaptation bei konti
nuierlichen und diskontinuierlichen Erregungen (L 'adaptation
lumineuse par excitations continues ou discontinues). — Ps. St. VII,
3, 19U, p. 196-228.
L'auteur a étudié l'influence comparée sur la sensibilité oculaire
des excitations lumineuses, selon qu'elles sont continues ou inte
rrompues; on sait que, d'après la loi de Talbot, une sensation lumi
neuse est la même pour une certaine quantité de lumière, que cette
quantité agisse un certain temps de façon continue ou qu'elle
agisse un temps égal divisé en brèves périodes séparées par des
intervalles, à condition que ces intervalles soient assez courts.
Marbe a montré que certains facteurs rendaient plus exacte la loi
de Talbot, facilitaient l'identiflcation d'action des excitations con
tinues et discontinues, à savoir la diminution des durées d'excita
tion, l'augmentation des intervalles et le renforcement de l'intensité
moyenne.
En étudiant, non plus la sensation provoquée par les excitations
continues ou discontinues, mais l'effet dépresseur exercé sur la
sensibilité rétinienne, l'auteur a constaté, avec des intervalles plus
longs, puisqu'ici il n'y a plus de fusion à obtenir, l'effet favorisant
des facteurs de Marbe.
Son dispositif consistait, après une période de préadaptation
(15 minutes à une clarté de 70 bougies-mètres) à placer le sujet dans
l'obscurité, à le soumettre à un éclairage déterminé, soit continu, 412 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
soit interrompu périodiquement (les périodicités étant variables) ,
puis, à faire l'obscurité et à déterminer, après des temps déter
minés, le seuil de sensibilité lumineuse. H. P.
SAMUEL P. HAYES. — The color sensations of the partially
color-blind, a criticism of current teaching (Les sensations de
couleurs, chez les individus affectés de cécité chromatique partielle;
critique de la doctrine classique). — Am. J. of Ps., XXII, 3, 1911,
p. 369-407.
On admet généralement que les individus atteints de cécité chro
matique partielle — que nous appelons les daltoniens — sont des
« dichromates », c'est-à-dire sont réduits à la vision de deux
couleurs, le bleu et le jaune. C'est contre cette opinion que s'élève
l'auteur, d'après une revue des cas connus de cécité chromatique
partielle monoculaire (Weinow, 1871; Hippel, 1880; Steffan, 1881;
Koibe., 1882; Schufelt, 1888; Hess, 4890; Hering, 1890), appuyée
d'une bibliographie de 79 travaux sur la question en général, et
d'après l'observation très complète d'un cas qu'il a eu la bonne
fortune de rencontrer.
On reconnaît les daltoniens à ce que, en rangeant par exemple
des cartes de couleurs, ils confondent les cartes grises, rouges et
vertes, classant correctement les jaunes, bleues, violettes. Mais ils
emploient souvent les mots de rouge ou de vert, qu'ils appliquent
mal. Lorsque le daltonisme n'existe que pour un œil, la connais
sance subjective du vert et du rouge permet d'éviter ces appella
tions erronées et simplifie beaucoup l'étude grâce aux épreuves de
comparaison.
Or, aussi bien pour le sujet à daltonisme monoculaire que pour
une série d'autres à daltonisme complet, l'auteur a pu mettre en
évidence des sensations chromatiques spécifiques, soit pour le vert,
soit pour le rouge, suivant les sujets, dans des conditions favorables,
avec des colorations intenses.
Le sujet à daltonisme monoculaire s'est montré « protanope »,
c'est-à-dire sensible au vert, sauf quand le vert était faible ou
mélangé à du bleu, et complètement aveugle en tous les cas pour
le rouge — qui était vu très correctement de l'œil normal ; — et la
plupart des autres sujets se sont montrés aveugles pour le vert et
plus ou moins sensibles au rouge, c'est-à-dire « deutéranopes ».
On peut d'ailleurs noter que, pour toutes les couleurs, la sensibilité
chromatique s'est montrée au-dessous de la normale.
Mais enfin on peut être daltonien sans être pour cela dichromate,*
sans être réduit à la vision du bleu et du jaune; le rouge et le vert
ne se comportent pas de façon nécessairement identique, et cela a
une grosse importance au point de vue de la théorie des couleurs.
A cet égard, il est regrettable que l'auteur n'ait pas fait une étude
systématique de l'apparence des images consécutives négatives pour VISION 413
les diverses couleurs avec l'œil normal et l'œil daltonien de son
sujet, ce qui eût été d'un grand intérêt théorique.
En tout cas, l'existence des différences individuelles notables vis-
à-vis de divers pigments chez les daltoniens montre que, dans la
réalité, les choses ne se classent pas dans des schemes géomét
riques, et qu'elles nous offrent des problèmes dont l'énoncé est
fort complexe. H. P.
GEORGE F. BUSCH. — A confusion-test for colour blindness (Un
test de confusion pour la cécité chromatique). — Pr. of R. S., B. 8b,
n° 577, 1912, p. 81-83.
L'auteur, pour déceler rapidement le daltonisme, use du procédé
suivant : il présente des mots écrits, partie en vermillon, partie en
bleu (avec des pigments de diverses nuances), sur une carte verte.
La cécité au rouge ne permet de lire que les lettres bleues.
H. P.
F. W. EDRIDGE GREEN. — Simultaneous colour contrast {Cou
leurs de contraste simultané). — Pr. of R. S., B, 85, n° 575, 1912,
p. 546-554.
On sait qu'aux alentours d'une plage colorée peut apparaître la
couleur complémentaire. Cette apparition serait due, d'après les
expériences de l'auteur, à une exagération de la perception des
différences relatives réelles existant dans la lumière réfléchie des
deux surfaces voisines; aussi cette couleur complémentaire n'appar
aît pas en l'absence de lumière objective de cette couleur et exige,
entre les deux surfaces, une certaine différence dans la longueur
d'onde de la lumière réfléchie.
Les couleurs de contraste simultanées entraînent, comme les
perceptions chromatiques réelles, les images consécutives négatives
avec complémentaires. H. P.
C. E. FERREE et GERTRÜDE RAND. — Colored after image and
contrast sensations from stimuli in which no color is sensed
(Images consécutives colorées et sensations en contraste, à partir de
stimuli dans lesquels il n'est perçu aucune couleur). — Ps. Rev.,
XIX, 3, 1912, p. 195-239.
Tschermak en 1904, Miss Fernald en 1905 et 1908, Thompson et
Gordon en 1907, ont signalé que des images consécutives colorées
pouvaient être obtenues d'excitations visuelles perçues comme inco
lores. Mais Tichener et Pyle, après de nombreuses expériences
négatives, déclarèrent qu'il devait y avoir là une erreur.
Les auteurs ont repris la question, montrant que l'on pouvait
parfaitement obtenir de telles images consécutives, non seulement
dans les régions périphériques de la rétine, mais encore dans la 414 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
région centrale, à condition de s'astreindre à des conditions expé
rimentales très déterminées au point de vue de l'éclairement, de
la durée d'exposition, du champ de projection de l'image consécut
ive, etc.
Il y a deux cas où une image consécutive colorée peut être
obtenue de façon en quelque sorte paradoxale : soit lorsque l'exci
tant est incolore, mais est perçu comme coloré, soit lorque est coloré, mais est perçu incolore. Dans les deux cas,
le procédé est le même : on fait appel à une brusque diminution
d'éclairement, cette diminution de luminosité affectant, comme on
le sait, inégalement, les couleurs. De cette manière, dans une plage
lumineuse blanche, certaines couleurs étant exagérément abaissées,
les autres ressortent; dans une plage colorée, l'abaissement peut
fournir (avec le rouge, le jaune) une apparence achromatique.
Mais, dans des conditions de luminosité différentes, assurées par
l'écran où l'on projette les images consécutives, celles-ci se trou
vent souvent affectées de l'apparence complémentaire. On peut
donc bien percevoir une couleur dans une image consécutive, sans
en avoir perçu dans l'image sensorielle inductrice. Et le phéno
mène de Purkinje se ramènerait à cela et ne résulterait nullement
d'un contraste provoqué par les couleurs de l'image consécutive.
On sait en quoi consiste ce phénomène, sous la forme la plus frap
pante que lui a donnée Ebbinghaus : Un carré rouge avec strie
claire, grise, paraît, dans l'aspect consécutif, vert avec strie rouge.
Les auteurs ont montré que les moments d'apparition et de dis
parition du vert du carré et du rouge de la strie étaient entièr
ement indépendants; la strie constituerait bien une image
consécutive colorée d'une surface incolore. H. P.
A. W. PORTER et F. W. EDRIDGE-GREEN. — Negative afte
rimages and successive contrast with pure spectral colours
(Images consécutives négatives et contraste successif avec des couleurs
spectrales pures). — Pr. of R. S., R, 85, n° 581, 1912.
Les auteurs ont mis en lumière une série de faits qui sont en
désaccord aussi bien avec la théorie de Hering qu'avec la théorie
de Young-Helmholtz sur la vision des couleurs.
C'est ainsi que l'image consécutive ne renforce pas la couleur
correspondante, complémentaire de la lumière excitatrice, à
rencontre de ce qu'impliquerait la théorie de Hering.
D'autre part, non seulement l'observation d'un deuxième spectre
ne modifie pas les images consécutives, mais la fatigue de l'œil
produite par une région monochromatique du spectre n'entraîne
pas l'apparition d'une couleur, mais seulement d'un gris uniforme.
Enfin on n'observe pas que le jaune verdisse après fatigue pour le
rouge, ni au rouge après fatigue pour le vert, comme l'impliquerait
la théorie des combinaisons de 3 récepteurs chromatiques, pour
rendre compte de la vision des autres couleurs. H. P. VISION 415
A. WOHLGEMUTH. — On the after effect of seen-movement (Sur
l'effet consécutif de la vision du mouvement). — Br. J. of Ps. Mono
graph Supplement, 1911, 117 p.
L'auteur a présenté comme thèse de doctorat es sciences de l'Uni
versité de Londres ce travail du Laboratoire de Psychologie, très
systématique et très complet, sur les images consécutives de mou
vement.
Le principal dispositif employé a consisté à faire défiler une
bande striée de raies blanches et noires (ou éclairées) dans une
fenêtre d'un écran strié pareillement, mais immobile. Des dispos
itifs appropriés, toujours très simples, ont été conçus pour la véri
fication ou l'exploration de certains faits.
Les phénomènes généraux déjà décrits ont été confinés : par un
passage continu de stimuli lumineux, on provoque une impression
consécutive de mouvement en sens inverse, d'autant plus nette que
l'œil reste immobile et ne suit pas le mouvement. Cet effet est
limité à la zone rétinienne affectée, et suit immédiatement la fin de
l'excitation; il se développe par l'exercice.
Lorsque les deux yeux sont stimulés chacun par un mouvement
différent, il y a rivalité si les mouvements sont opposés et l'on ne
voit rien quand les deux yeux sont ouverts ou fermés, l'œil seul
ouvert éprouvant l'effet consécutif: il y a fusion des mouvements
quand les mouvements sont de sens différent, non opposé.
N'importe quelle vitesse du mouvement objectif produit l'effet cons
écutif.
Lorsqu'un seul œil est affecté, l'autre œil peut, dans la partie
correspondante, éprouver une impression consécutive, identique,
mais très faible.
Même dans le champ visuel subjectif, les yeux étant clos, l'illusion
apparaît encore, mais moins nettement; elle peut être induite par
des mouvements stroboscospiques.
Voici maintenant des faits nouveaux particulièrement inté
ressants :
II y a un optimum de vitesse objective pour la production de
l'effet consécutif, aux alentours de 7 cm. par seconde, mais cette
vitesse ne pourrait prendre un sens général que si l'on connaissait
à quelle distance le sujet se trouve de l'objet mobile, ce que l'auteur
a négligé d'indiquer ; elle était peut-être aux environs d'un mètre
d'après le dispositif.
Des stries de dimensions égales donnent un effet maximum,
toutes les couleurs pouvant être employées pour les stries, la lumi
nosité ayant seule un effet favorable sur l'impression consécutive
(d'une durée d'une vingtaine de secondes pour une impression ini
tiale de 30).
Pour l'œil adapté à l'obscurité, ou à la périphérie de la rétine,
(vision par bâtonnets), l'impression est beaucoup plus vive au début,
mais décroît brusquement au lieu de s'évanouir progressivement

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