Vision - compte-rendu ; n°1 ; vol.55, pg 137-178

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L'année psychologique - Année 1955 - Volume 55 - Numéro 1 - Pages 137-178
42 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1955
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E. Baumgardt
Y Galifret
Henri Piéron
1° Vision
In: L'année psychologique. 1955 vol. 55, n°1. pp. 137-178.
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Baumgardt E., Galifret Y, Piéron Henri. 1° Vision. In: L'année psychologique. 1955 vol. 55, n°1. pp. 137-178.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1955_num_55_1_8774— Psychophysiologie des sensations II.
1° Vision
a) Histophysiologie rétinienne
SJÖSTRAND (F. S.). — An electron microscope study of the retinal
rods Of the Guinea pig eye (Étude au électronique des
bâtonnets rétiniens de l'œil du cobaye). — J. cell. comp. Physiol.,
1949, 33, 383-403. — The ultra-structure of the unter segments
of rods and cones of the eye as revealed by the electron microscope
L' ultra-structure des segments externes des bâtonnets et des cônes de (
Vœil telle que la révèle le microscope électronique). — Ibid., 1953,
42, 15-44. — The ultra-structure of the inner segments of the retinal
rods of the guinea pig eye as revealed by electron microscopy (V ultra-
structure des segments internes des bâtonnets rttiniens de l'œil du cobaye
telle que la révèle le microscope électronique). — Ibid., 1953, 42, 45-70.
L'observation au électronique apporte sur l'ultra-struc-
ture des tissus des renseignements que les méthodes les plus poussées
d'observation (contraste de phase, polarisation) ne pouvaient donner.
Bien entendu chaque méthode a ses artefacts, la méthode électronique
comme les autres, et l'interprétation des clichés pose de redoutables
problèmes à la sagacité de l'histologiste qui doit alors se doubler d'un
biophysicien.
Sj. travaille depuis quelques années à préciser la structure fine des
récepteurs rétiniens. Dans une première publication (1949), il décrit le
segment externe des bâtonnets (rétine de cobaye) comme un empile
ment de disques, empilement qu'il disperse dans sa préparation par
agitation ultra-sonique. W. J. Schmidt (1935) en se basant sur l'analyse
des phénomènes de polarisation de la lumière dans le segment externe
avait déjà proposé un schéma général dans lequel des couches protéiques
transversalement orientées alternaient avec des lipidiques
longitudinalement orientées. Sj. apporte donc en premier lieu une confi
rmation de la structure lamellaire du segment externe des bâtonnets. Il
remarque par ailleurs que les disques, probablement de nature protéique,
ont tendance à rester associés par paires lorsqu'on disperse l'empilement.
Les clichés, après ombrage au chrome, révèlent l'existence d'aspérités
réparties au hasard à la surface des disques. Ces sortes de « boutons » ont
un diamètre de 50 à 250 À et une hauteur moyenne de 70 Â. Or cette
valeur de 70 Â coïncide avec l'épaisseur d'une double couche lipidique,
épaisseur évaluée par d'autres auteurs pour les lipides du système
nerveux. Il se pourrait donc qu'une double couche lipidique se trouve
enfermée entre deux disques protéiques réunis par leur bord plus épais, 138 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le segment externe étant constitué par un empilement de tels ensembles.
C'est ce qui se trouve confirmé par les recherches ultérieures de Sj.
sur des coupes ultrafines longitudinales (cobaye et perche). Chez le
cobaye chacun de ces disques à double membrane a une épaisseur totale
de 140 Â, le diamètre correspondant au diamètre du segment externe,
à peu près 2 y.. Les membranes elles-mêmes ont une épaisseur de 30 Â
sauf au bord où elles sont plus épaisses et soudées sans discontinuité.
Le compartiment clos qu'elles forment ainsi a une hauteur de 80 à 70 Â.
Ces disques à double membrane au nombre de 700 environ sont assemb
lés à l'endroit d'une sorte de cannelure que l'on voit du haut en bas de
chaque segment externe et qui correspond, pour chaque disque, à une
sorte d'incision, de concavité sur son bord parfaitement circulaire par
ailleurs. Entre deux disques on compte un intervalle de 100 à 200 Â
environ. L'ensemble est revêtu par une mince membrane qui sépare
presque complètement le segment externe du segment interne.
Pour les bâtonnets de la perche, l'organisation est identique, seules les
dimensions étant différentes : 240 Â pour l'épaisseur totale du disque,
80 Â pour l'épaisseur des membranes, 80 Â pour la hauteur du com
partiment.
Les segments externes des cônes de la perche montrent par contre
une structure toute différente. Ils sont constitués par un empilement de
disques à membrane simple de 170 Â d'épaisseur, l'intervalle libre entre
deux disques étant de l'ordre de 130 Â. Ces disques, légèrement plus épais
sur les bords, ont une structure granulaire, les granules constituants
ayant un diamètre de 50 Â.
Sj. a également observé le segment interne des bâtonnets de la rétine
de cobaye. L'ellipsoïde apparaît formé essentiellement par une agré
gation de longues et fines mitochondries. Chaque mitochondrie est
entourée d'une double membrane de 150 Â d'épaisseur, l'intérieur
étant constitué d'une sorte d'empilement de petits sacs (doubles memb
ranes) disposés perpendiculairement à l'axe. La jonction entre le
segment externe et le segment interne est assurée par un faisceau de
16 à 18 fibrilles, hors ce faisceau les deux parties paraissent total
ement séparées. Les fibrilles s'enfoncent dans le segment interne et elles
se continuent par un système strié transversalement et qui entre en
étroit contact avec les mitochondries. Du point de vue physiologique, une
telle disposition apparaît vraisemblable. L'excitation née de l'action
des photons sur les disques du segment externe se transmettrait au seg
ment interne par le faisceau de fibrilles et dans le segment interne plus
particulièrement aux mitochondries dont on sait qu'elles sont le centre
des activités enzymatiques. De là, elle gagnerait la structure qui fait
suite, structure très analogue à celle des fibres nerveuses non myéli-
nisées. Une telle interprétation donne au segment interne avec son
système mitochondrial un rôle actif dans l'élaboration de la réponse
nerveuse ; rien a priori ne s'y oppose.
Y; G. PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 139
VILTER (V.). — Asymétrie eyto-architectonique de la fovéa rétinienne
de l'homme. — C. R. Soc. Biol., 1954, 148, 220-223.
Les données de Wertheim sur la répartition de l'acuité dans la région
centrale ont mis en évidence une diminution plus rapide sur l'axe ver
tical dans le champ inférieur que dans le champ supérieur : à 2° 20' du
centre fovéal d'acuité prise pour unité, la valeur de celle-ci est ramenée à
0,444 en haut, contre 0,277 en bas.
Or cette dissymétrie a été trouvée corrélativement dans la répar
tition des photorécepteurs : sur une coupe de rétine d'un œil humain
(homme de 26 ans) V. donne le graphique du nombre des pieds de cônes
et des cellules ganglionnaires jusqu'à 2 mm. du centre fovéal dans la
partie supérieure de la rétine et 6 dans la partie inférieure ;
la dissymétrie est très apparente et la réduction de la densité des récep
teurs photopiques est nettement plus rapide dans la partie supérieure
(champ visuel inférieur).
H. P.
KARLI (P.), KELLER (Mme A.). — Détermination par dressage
d'un seuil absolu de réaction à des stimuli photiques chez des souris
privées de cellules visuelles. — G. R. Soc. Biol., 1953, 147, 490-492. —
KARLI (P.). — Sur la sensibilité aux stimuli photiques chez des
souris à rétines privées de cellules visuelles : Dressage avant et après
ligature du nerf optique. — Perception de formes chez des souris
normales et chez des souris privées de cellules visuelles. — Mise en
évidence d'une perception visuelle des formes chez des souris privées
de cellules visuelles : Dressage avant et après énucléation bilatérale. —
G. R. Soc. Biol., 1953,247, 894-896, et 1954, 148, 575-577 et 111-1113.
Disposant d'une lignée de souris à rétines anormales, dépourvues de
cellules réceptrices, K. a recherché s'il existait malgré cela une excitab
ilité lumineuse. Déjà K. et Mme K. (G. R. Soc. Biol., 146, 1952, 425 et
1748) avaient établi une capacité de différenciation entre une plage
obscure et une plage très fortement éclairée (recevant 5.000 lux, mais
non 500 lux). Or, en poursuivant le dressage avec patience (jusqu'à
2.000 essais) la capacité visuelle est apparue très supérieure à celle qui se
dégageait des premiers résultats. Chez 4 animaux le seuil de 500 lux fut
atteint et chez deux celui de 150 lux sur la plage éclairée. Et, en éclai-
rement direct des yeux des animaux, le seuil trouvé fut de 40 lux chez
deux et 20 chez les deux autres.
Quand, avec la plage éclairée à 5.000 lux, un dressage fut obtenu
(moins de 10 % d'erreurs sur 200 essais), K. a pratiqué la ligature du
pédicule neuro-vasculaire optique, sur deux animaux, les erreurs remont
èrent à 50 %, manifestant l'absence de discrimination (tandis que,
sur deux autres, l'anesthésie de la cornée ou la paralysie de l'iris n'avait
pas d'effet).
Cette réception lumineuse directe par des cellules nerveuses de la
rétine permet une discrimination de deux fentes éclairées, l'une verticale 140 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
et l'autre horizontale, ce qui implique une certaine vision, au moins
rudimentaire, des formes.
Mais, avec des plaques chauffées, grâce au rayonnement infrarouge,
une discrimination semblable s'obtient encore, aussi bien chez les souris
que chez des individus à rétine normale. Aussi K. a procédé à la filtra
tion par cuve à eau du rayonnement éclairant les fentes. Or, la discr
imination fut maintenue. Même avec des rectangles de papier noir
(5x1 cm.) l'un horizontal et l'autre vertical collés sur une surface
diffusant de la lumière, après 2.300 essais, il n'y eut pas plus de 7 à 8 %
d'erreurs de discrimination chez 4 souris anormales. L'énucléation des
yeux abolit leur capacité qui était donc bien de nature visuelle.
Le problème reste posé de la modalité exacte du processus récep
teur. On sait que des cellules de l'encéphale de Poissons sont excitables
par la lumière. Il n'est pas impossible que des irradiations internes
agissent sur des cellules ganglionnaires de la rétine.
H. P.
b) Électrophysiologie rétinienne
BENOIT (P. H.), CORNU (L.). — Recherches sur l'électro-
rétinogramme des Vertébrés. Modifications de l'ERG et de la
réponse du nerf optique sous l'action d'un courant traversant
la rétine. — C. R. Soc. Biol., 1953, 147, 454-457. — CORNU (L.),
CLOTHES (N). — Recherches... — Action de la température sur
le potentiel de repos de l'œil isolé de grenouille. — Ibid., 2032-2034. —
CORNU (L), GONELLA (J.). — Recherches... — Mise en évidence
de l'inversion des effets polaires sur l'off-effect de l'ERG normal
de la grenouille. — Dissociation des ondes b et d sous l'action de la
strychnine. — C. R. Soc. Biol., 1954, 148, 702-705 et 1906-1099.
Reprenant les expériences de Granit sur les effets d'un courant
polarisant, B. et L. C. ont constaté que suivant l'intensité de ce
ses effets étaient de sens inverse ; avec des courants de l'ordre du
milliampère, avec cathode sur la face interne de la rétine, il y avait,
sous l'action d'une stimulation lumineuse brève, augmentation de
l'amplitude de l'onde b, et diminution au contraire, dans le sens opposé
du courant (cathode externe), comme Granit et Helm (1939) l'avaient
signalé. Mais, avec des intensités 10 fois moindres, les effets se sont
montrés juste inverses (diminution avec la cathode interne, augment
ation en sens opposé) bien que la réponse du nerf optique ait continué
à être accrue avec la cathode interne. Et sur l'onde a négative, les effets
ont été parallèles à ceux exercés sur l'onde b .
L. G. et G. (1954) ont vérifié que sur l'onde d (off effect) les effets
inverses des courants polarisants faibles et forts se vérifiaient également.
D'autre part, L. C. et A. C. ont constaté que si un abaissement de
température (de 25° à 0° 5) entraînait une inversion polaire de l'ERG,
il ne modifiait pas la polarité du courant de repos (positivité de la cornée
par rapport à la face postérieure de l'œil excisé), tout en diminuant PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 141
son amplitude. Toutes ces données montrent la complexité des processus
électriques oculaires, pour lesquels l'interprétation théorique de Granit
(P I, P II et P III) ne peut être maintenue.
Entreprenant des essais d'analyse, L. G. et G. ont mis en évidence
un dédoublement des ondes positives b et d dans les effets « on » et « off »,
sous l'influence de la strychnine, dédoublement transitoire (survenant
treize à dix-sept minutes après l'instillation de strychnine dans l'œil
ouvert de grenouille) et dû à un accroissement de latence d'une onde
b" ou d"), se différenciant ainsi de l'onde (b1 ou d') à inchangée. (
Les ondes b" et d" se sont montrées plus sensibles au catélectrotonus
que b' et d', car, au moment où elles disparaissent, le les
fait nettement reparaître.
Réagissant à la strychnine comme les ondes négatives recueillies
en profondeur dans la rétine par Tomita, les auteurs les assimilent à
celles-ci et, s'accordant avec le physiologiste japonais, pensent que
l'onde b' serait engendrée au niveau des récepteurs, et déclencherait
l'activité des bipolaires (manifestée par l'onde négative intrarétinienne,
recueillie en surface comme onde positive b"), dominant dans l'ERG sous
forme d'onde b.
H. P.
OTTOSON (D.), SVAETICHIN (G.). — Electrophysiologieal inves
tigations Of the Origin Of the ERG Of the frog retina (Recherches électr
ophysiologiques sur l'origine de VERG dans la rétine de grenouille).
— Vol. in honour of Ramon Y Cajal, Stockholm, 1953, 538-564.
O. et S. traitent de la question, toujours controversée, de l'origine
de l'ERG. Si Kühne et Steiner (1880-81) puis différents auteurs dont
Adrian et Matthews (1927) considèrent la couche des récepteurs réti
niens comme seule responsable de l'ERG, Granit (1932, 1933, 1947, 1952)
invoque la participation de toutes les couches rétiniennes et Tomita
(1950-52) s'oppose également à l'action exclusive des récepteurs en
affirmant la collaboration de la couche des bipolaires.
O. et S. ont utilisé successivement la technique de Tomita — micro
électrode enfoncée dans la rétine à différentes profondeurs — mais en
l'améliorant et la technique de Granit — blocage des synapses par
action pharmacologique, anoxie, variations de température. L'élec
trode capillaire de Tomita avait un diamètre de 7 à 20 [i. O. et S.
constatent qu'avec un tel diamètre il se produit une compression de la
rétine qui rend impossible l'estimation de la profondeur de pénétration :
on peut avancer l'électrode de 100 à 150 y. sans qu'elle pénètre, la péné
tration s'effectuant ensuite de façon brutale. Aussi O. et S. utilisent-ils
une électrode de 0,5 \x de diamètre qui n'a pas cet inconvénient, Quand
ils recueillent l'activité entre la limitante interne (macro-électrode
de 0,25 mm. de diamètre) et cette micro-électrode de 0,5 y. qu'ils
enfoncent du côté de la limitante inlerne en allant vers la couche des
récepteurs, O. et, S. constatent qu'ils n'obtiennent aucun potentiel lent ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 142
en réponse aux stimulations lumineuses avant que la pointe de la micro
électrode ait atteint une profondeur de 170-190 [i. La réponse, à cette
profondeur est alors de même forme que l'ERG obtenu à partir de la
rétine totale. L'examen histologique révèle que l'on se trouve à ce
moment au niveau de la limitante interne c'est-à-dire à la base des
récepteurs. Si l'on accentue la pénétration l'amplitude de la réponse
s'accroît, elle est à son maximum quand la micro-électrode se trouve
dans la couche des cellules réceptrices. A titre de vérification O. et S.
ont également recueilli l'activité entre la progressant
comme précédemment et la surface libre de la couche des récepteurs.
Ils obtiennent alors un ERG normal tant que la micro-électrode n'est
pas enfoncée à plus de 150-170 \i sous la limitante externe. Au delà la
réponse décroît et elle s'annule à 250 ;x.
Le blocage des synapses intra-rétiniennes par la cocaïne ou l'uréthane
permet, par ailleurs, d'obtenir l'isolement fonctionnel des cellules récept
rices. O. et S. constatent alors que la réponse du nerf optique comme
l'activité intra-rétinienne peuvent être abolies alors que l'ERG subsiste.
Les changements de forme de l'ERG que l'on peut observer sont beau
coup plus lents à apparaître que le blocage de l'activité synaptique.
En outre, il se produit quelquefois une légère exaltation de l'ERG après
blocage du nerf optique par la drogue.
On observe des phénomènes analogues lors de l'action de la tempé
rature : l'activité du nerf optique peut être bloquée sans qu'aucune
modification de forme ne se manifeste dans l'ERG. Entre 0° et 38° les
modifications d'amplitude, allant jusqu'au blocage, sont réversibles
tant pour la réponse du nerf optique que pour l'ERG. On note que la
réapparition des influx dans le nerf optique n'est corrélative d'aucune
modification de forme de l'ERG.
La même indépendance fonctionnelle se retrouve lorsqu'on étudie
les effets de l'anoxie.
En conclusion, les auteurs considèrent que l'ERG doit être considéré
comme le signe électrique de l'activité des cellules réceptrices en réponse
à la stimulation lumineuse. Les réponses obtenues par Tomita et ses
collaborateurs au niveau des bipolaires ne seraient qu'un artefact, une
électrode trop grosse provoquant par lésion la naissance de potentiels
lents qui diffusent de la couche des récepteurs dans les autres couches
rétiniennes.
Y. G.
RUSHTON (W.). — Electric records from the vertebrate optic
nerve (Enregistrements des réponses électriques du nerf optique des
vertébrés). — Brit. med. Bull., 1953, 9, 68-74. — THOMSON (L.). —
The localisation of function in the rabbit retina (La localisation
des fonctions spécifiques dans la rétine du Lapin). — J. Physiol., 1953,
119, 191-209. — PARRY (H.), TANSLEY (K.), THOMSON (L.). —
The eleetroretinogram of the dog (Uélectrorétino gramme du Chien). — PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 143
J. Physiol., 1953, 120, 28-40. — DODT (E.), WIRTH (A.). — Diffe
rentiation between rods and cones by flicker electroretinography in
pigeon and guinea pig (Différenciation entre bâtonnets et cônes par
électrorétino graphie papillotante chez le pigeon et le cobaye). — Acta
physiol. Scand., 1953, 30, 80-89. — SCHUBERT (G.). — Ueber den
retinalen Auslösungsmechanismus der Optikus aktivität (Sur le
mécanisme rétinien responsable du déclenchement de V activité du nerf
optique). — V. Graefes Archiv. Ophthalm., 1953, 154, 125-134.
Rushton passe en revue ses propres travaux (avec une micro-élec
trode du type Granit) sur les réponses de fibres uniques de la rétine du
chat (1948) qui avaient permis de constater avec certitude que les
« éléments » détectés par Granit correspondent à de grosses cellules
ganglionnaires et non pas à des récepteurs ou des bipolaires, ni même
à des cellules ganglionnaires de petite taille. L'auteur passe brièvement
en revue les travaux, plus récents, de Barlow, Kufiler, Thomson, traitant
des mêmes problèmes.
Thomson enregistre les réponses de fibres isolées de la partie
inter-crânienne du nerf optique du lapin. Il y trouve deux type de
fibres :
1° on — continuation — off ;
2o on — off.
La fréquence des réponses du type 2° est 4 fois plus grande que celle
des fibres du type 1°.
Le stimulus lumineux est constitué par un spot dont le diamètre
est inférieur à 40'. On constate que des réponses peuvent être obtenues
dans un rayon de 6° à 7° autour du point rétinien dont la stimulation
fournit la réponse maximale. Il est vrai qu'à 7° du centre apparent de
« champ réceptif », l'énergie liminaire est 1.000 fois plus élevée qu'au
centre même ! La sensibilité absolue au centre d'un champ réceptif de
la meilleure préparation a été trouvée 1.000 fois plus petite que celle
de l'Homme mesurée dans des conditions physiques et d'adaptation
identiques, ce qui est probablement dû à l'absence de nutrition normale
de la préparation.
Thomson admet que les neurones à extension horizontale sont à la
base de la grande dimension des champs réceptifs.
Parry, Tansley et Thomson stimulent l'œil du chien (diamètre du
test : 8°5) par intensités lumineuses considérables. Ils observent une
onde négative suivant l'onde b. N'ayant pu faire disparaître cette onde,
même après section du nerf optique, ils concluent à son origine rét
inienne. Mais il peut s'agir d'un artefact palpébral, comme le suggère
Alpern (voir ce volume, p. 148).
La réponse maximale se situant aux environs de 500 mjjt., les auteurs
pensent que le système des bâtonnets en est l'origine. Des chiens d'une
race génétiquement anormale possédant une rétine sans bâtonnets ne
fournissent ni réponse b ni réponse négative lente (l'absence de cette 144 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dernière s'explique si l'on admet l'absence d'éblouissement par suite
du non-fonctionnement de l'appareil scotopique).
Dodt et Wirth enregistrent l'ERG du pigeon et du cobaye, le premier
possédant une rétine à cônes, le second une rétine à bâtonnets. En
enregistrant la réponse à une stimulation en lumière papillotante de
fréquence variable (recherche de la fréquence critique de fusion), ils
obtiennent une courbe en deux tronçons chez le cobaye, en fonction
de l'intensité stimulante, mais le point d'inflexion se situe vers 5.000
à 6.000 lux, ce qui est énorme. Les auteurs en tirent la conclusion que
le cobaye possède une très faible quantité de cônes, car pour eux il ne
peut y avoir de doute au sujet de la signification du point de brisure.
Schubert opère avec une micro-électrode sur la rétine et le nerf
optique du chat. En faisant varier l'intensité de la stimulation lumi
neuse, l'auteur constate que l'amplitude de l'onde b et celle des potent
iels électrotoniques qu'on peut dériver du nerf optique varient de
façon très différente. Gela est vrai aussi bien en adaptation à l'obscurité
qu'en adaptation à la lumière. Schubert pense donc que l'activité du
nerf optique est déclenchée par voie synaptique, c'est-à-dire, par l'action
des cellules bipolaires (et, naturellement, aussi par des cellules des voies
horizontales) sur les cellules ganglionnaires. Il pense que si Tomita et
Funaishi (1952) ne peuvent trouver des spikes avant la couche des
ganglionnaires, la raison en serait d'ordre expérimental. L'auteur publie
des enregistrements d'activité électrique intrarétinienne. On y voit de
nombreux spikes, pas de potentiel électrotonique, avec activité simul
tanée du nerf optique.
E. B.
DODT (E.). — Cone electroretinography by flicker (Électrorétino-
graphie des cônes au moyen de stimulation papillotante). — Nature,
1951, 168, 738-740. — Beiträge zur Elektrophysiologie des Auges.
I. Ueber die sekundäre Erhebung im Aktions potential des menschli
chen Auges bei Belichtung (Contributions à V électrophysiologie de
l'œil. I. Sur l'onde positive secondaire dans le potentiel d'action de
l'œil humain soumis à une stimulation lumineuse). — V. Graefes
Archiv. Ophthalm., 1951, 151, 672-692. — Beiträge zur Elektro
physiologie des Auges. 1 1 . Ueber Hemmungsvorgänge in der menschli
chen Retina (Contributions à V électrophysiologie de l'œil humain.
Sur des processus d' inhibition dans la rétine humaine). — V. Graefes
Archiv. Ophthalm., 1952, 153, 152-162. — BORNSCHEIN (H.),
SCHUBERT (G). —Das photopische Flimmer- Elektroretinogramm
des Menschen (L'électrorétino gramme papillotant de l'Homme, en
vision photopique). — Z. Biol., 1953, 106, 229-238. — VUKO-
VI C H (V.). — Das Elektroretinogramm des Achromaten (L'élec
trorétino gramme de V achromatope ) . — Ophthalmologica, 1952, 124,
354-359. — BOYNTON (R.). — Stray light and the human electro-
retinogram (Lumière diffusée et électrorétino gramme humain) — PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 145
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Electrical responses of the light adapted eye (Réponses électriques
de l'œil adapté à la lumière). — J. opt. Soc. Amer., 1953, 43, 450-456.
— RIGGS (L.). — Electroretinography in cases of night-blindness
(Électrorétino graphie chez Vhéméralope). — Amer. J. Ophthalm.,
1954, 38, 70-78. — ALPERN (M.), FARIS (J.). — Note on the
electrical response of the human eye during dark adaptation (Note
sur la réponse électrique de Vœil humain pendant l'adaptation à
l 'obscurité) . — J. opt. Soc. Amer., 1954, 44, 74-79.
Dodt cherche à déterminer les composantes de Félectrorétinogramme
humain (ERG). En utilisant des intensités lumineuses telles que l'éclai-
rement au niveau de la cornée varie entre 2 et 30 lux, il constate que
l'onde b, positive, fusionne déjà à 20 Hz, même avec l'intensité st
imulante de 30 lux. En revanche, l'onde a fusionne entre 18 et 50 Hz
quand l'intensité varie de 2 à 30 lux. Ces chiffres n'ont rien d'absolu,
car le critère de fusion dépend du bruit de fond des amplificateurs
utilisés. Ce sont donc seulement des limites inférieures. Puisque la
fusion subjective s'opère à des fréquences de l'ordre de 50 à 60 Hz et
puisque l'auteur admet que les cônes sont à la base de ce dernier chiffre,
il conclut de ces mesures que l'onde b exprime l'activité des bâtonnets.
L'analyse des graphiques obtenus par Dodt montre que le retour
rapide de l'onde a après chaque flash semble être due à un effet « off ».
Ainsi l'auteur conclut que la rétine humaine, rétine du type E dans les
conditions habituelles, tend vers le type / aux intensités élevées.
Dans une expérience calquée sur celles de Baumgardt et Ségal (1947),
l'auteur cherche à mettre en évidence l'inhibition rétroactive signalée
par les premiers en partant de recherches d'ordre psychophysiologique.
Dodt applique à l'œil du sujet deux stimulations lumineuses dont il
fait varier l'intensité et l'intervalle. Résultat :
Une forte stimulation peu après la fin de la première provoque
une baisse de l'amplitude b et une augmentation de l'amplitude a,
ce qui, d'après Granit, dénoterait l'activité d'éléments « off » (on sait
que les travaux plus récents de Rushton, Barlow, Kufïïer ont démontré
que tout élément saisissable par une micro-électrode peut donner des
réponses « on » et « off »). Dodt peut d'ailleurs rendre visible un effet
« off » assez net (30 à 50 \jN), grâce à une stimulation intense de 0,5
à une seconde de durée.
Dodt cherche à isoler l'activité photopique dans l'ERG en utilisant
une stimulation papillotante (flicker). Quand la fréquence augmente,
l'amplitude de a augmente aussi et atteint 100 [i.V. Le maximum est
atteint lorsque la stimulation débute au moment où l'effet « off »
positif atteint son point culminant. En se référant aux travaux de Granit
et Ridell (1934) sur la grenouille, l'auteur conclut que la rétine humaine
est du type E-I. Il considère ses résultats comme une preuve des obser
vations correspondantes en matière de physiologie sensorielle, rapportées
par Baumgardt et Ségal (1947) et par Asher (1950).
A. PSYCHOL. f).r> 10

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