Vision - compte-rendu ; n°1 ; vol.56, pg 118-145

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L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 1 - Pages 118-145
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1956
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E. Baumgardt
Y Galifret
Henri Piéron
1° Vision
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 118-145.
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Baumgardt E., Galifret Y, Piéron Henri. 1° Vision. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 118-145.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1956_num_56_1_8858— Psychophysiologie sensorielle II.
1° Vision
DENTON (E.). — On the orientation of molecules in the visual rods of
« Salamandra maculosa » (L'orientation des molécules dans les bâtonnets
de maculosa). — J. Physiol., 1954, 124, 17-18.
L'auteur analyse l'état du pourpre visuel dans les bâtonnets. Il
reprend l'étude de Schmidt (1938) en étendant la mesure jusque dans
l'ultraviolet proche et en opérant par photographie.
Avant le blanchissement, l'absorption lumineuse atteint son max
imum quand le plan de polarisation de la lumière utilisée est perpendic
ulaire à l'axe longitudinal du bâtonnet. Ceci est vrai dans le vert
(X ^ 0,5 y.) aussi bien que dans l'ultraviolet (X <~ 0,36 [i).
Mais, immédiatement après blanchissement en lumière blanche
intense, la situation change très sensiblement. L'absorption dans le
vert étant alors devenue très faible, sa dépendance avec le plan de pola
risation n'est plus que difficilement reconnaissable. Par contre, dans le
violet et l'ultraviolet, l'absorption augmente et la différence entre les
deux plans principaux de polarisation devient encore plus marquante.
Pendant les 30 minutes suivant le blanchissement, deux processus se
poursuivent. Le premier, plus rapide, fait disparaître toute variation
en fonction du plan de polarisation, quelle que soit la longueur d'onde
utilisée. Le second se manifeste par une chute très importante du taux
d'absorption dans le violet et l'ultraviolet.
Conclusion : le pourpre visuel des bâtonnets blanchis fournit des
produits absorbant fortement dans le bleu et dans l'ultraviolet ;
l'orientation de ces sous-produits est la même que celle du pourpre.
Puis, l'orientation de ces dérivés disparaît en même temps que leur
coloration.
E. B.
ARDEN (G. B.). — Light-sensitive pigment in the visual cells of the
frog (Le pigment photo-sensible des cellules visuelles de la grenouille).
— - The dark reaction in visual cell suspensions (La réaction non
photo-chimique dans les suspensions de cellules visuelles). — - A narrow-
band pigment present in visual cell (Un pigment à bande
étroite présent dans les de cellules visuelles). — J. Physiol.,
1954, 123, 377-385, 386-395 et 396-408.
Kühne (1873) a fait l'hypothèse du processus photochimique cyclique :
pourpre, orangé, jaune visuel, blanc visuel et retour, à partir de l'obser* PSYCHOPIIYSIOLOGIE SENSORIELLE 119
vation de rétines, mais, dit A., tous les travaux qui ont suivi ont été
faits sur du pourpre rétinien en solution. Of, on he peut affirmer que les
réactions observées in vitro sont les mêmes que celles qui ont lieu à
l'intérieur des cellules. C'est la raison pour laquelle A. a repris l'étude
des transformations du pourpre sur des suspensions de segments externes
de bâtonnets. Il isole ces segments externes de la rétine de Rana tempo-
raria par agitations, centrifugations et entraînement par des solutions
de sucrose.
Alors que le maximum d'absorption de l'indicateur jaune (Lythgoe,
1937) est à 365 mu, résultat obtenu en solution, A. obtient pour les
suspensions éclairées un maximum à 390 mu. Or si, à ce moment, on fait
une extraction au chloroforme, on obtient un caroténoïde dont le
maximum d'absorption est à 390 mu, c'est le rétinène de Wald. Le
jaune visuel ou rétinène n'est donc pas l'indicateur jaune de Lythgoe.
A. pense que l'indicateur jaune ne se forme pas in vivo et est dû au fait
que le pourpre est en solution purifiée. Par ailleurs, le jaune visuel
obtenu dans les suspensions est très instable - — alors que l'indicateur
jaune est le dernier terme des décompositions — et donne vite un corps
incolore absorbant dans PU. V. Si à ce stade on fait l'extraction au
chloroforme on obtient un maximum voisin de 330 mu caractéristique
de la vitamine A. La réaction de transformation du rétinène en vita
mine A est une réduction, comme Wald l'a montré en faisant varier
le pH ou en inhibant l'action de la déshydrogénase par le fluorure de
sodium. Or A. note que les ions fluorure introduits dans la suspension
sont pratiquement sans effet sur la vitesse de décomposition du jaune
visuel, il en conclut que l'enveloppe des segments externes est imper
méable (une solution hypêrtortique de sucrose est également sans effet
sur l'hydratation des segments).
A. note également que le maximum d'absorption des suspensions
avant éclairement est à 511 nia alors que pour le pourpre en solution le
maximum est à 502 mu. Par blanchissement monochromatique, il montre
que les suspensions contiennent deux pigments, l'un dont le maximum
d'absorption est en deçà de 510 mu et l'autre dont le est
au delà de 518 mu. La lyse des segments externes par la digitonine fait
disparaître le second maximum et amène le premier à 502 mu. Il y a
donc au moins deux pigments dans les suspensions, le pourpre rétinien
et un autre dont, par calcul, on peut préciser qu'il a une bande d'absorpt
ion étroite avec maximum à 535 mu et est plus sensible à la
lumière que le pourpre. Il est peu probable que ce pigment provienne
des cônes, il se trouverait dans des bâtonnets particuliers ; cette dernière
vue est confirmée avec une méthode toute différente — purement photo
graphique — par Denton.
Y. G.
RUSHTON (W. A.). — The measurement of rhodopsin in the living
eye (La mesure du pourpre visuel dans Vœil vivant). — Acta Physiol. ■
120 ANALYSES BIULIOG -1! APÜI Q Ij KS
Scand., 1953, 29, 16-18. — CAMPBELL (F. W.), RUSHTON (W. A.).
— The measurement of rhodopsin in the human eye (La mesure du
pourpre visuel dans Vœil humain). — J. Physiol., 1954, 126, 36-37.
— RUSHTON (W. A.), CAMPBELL (F. W.). — Measurement of
rhodopsin in the living human eye (La mesure du pourpre visuel dans
Vœil humain vivant). — Nature, 1954, 174, 1096-1099. — RUSHTON
(W. A.), CAMPBELL (F. W.), HAGINS (W. A.), BRINDLEY (G.
S.). — The bleaching and regeneration of rhodopsin in the living eye
Of the albino rabbit and Of man (Le blanchissement et la régénération
du pourpre visuel dans l'œil vivant du Lapin albinos et de V Homme).
— Optica Acta, 1955, n° 4, 183-190.
Une première analyse des importants travaux de Rushton et de son
école sur la nature et la densité des pigments photosensibles dans l'œil
intact (L'année psychologique, 1955, 55, fasc. 1, 157-158) avait donné un
bref aperçu de ce que cette application de l'optique et de l'électronique
à la biochimie est capable de fournir. Un perfectionnement inlassable de
son dispositif permet à Rushton de préciser ses résultats, d'où la menace
des artefacts de la biochimie classique est bannie.
La densité du pourpre rétinien dans l'œil du lapin et dans l'œil de
l'homme varie en fonction de l'adaptation à la lumière et le rhodopsi-
nomètre de Rushton permet de suivre très exactement cette variation,
aussi bien que celle qui correspond à l'adaptation à l'obscurité (régé
nération).
Chez l'homme, une difficulté particulière consiste en ce que son
epithelium pigmentaire noir réfléchit très peu de lumière. Néanmoins,
les auteurs tournent cette difficulté de façon si astucieuse que la sensi
bilité de leur dispositif leur permet des enregistrements tout à fait
satisfaisants.
Sur l'homme on présente une carte rétinienne de densité du pourpre
rétinien. Elle coïncide pratiquement avec la numération bien connue des
bâtonnets (0sterberg).
Si la régénération du pourpre après blanchissement est assez
rapide (7 minutes dans l'obscurité suffisent à régénérer 50 % du pourpre),
la sensibilité se rétablit bien plus lentement. C'est là une justification
des doutes que depuis 15 ans certains ont émis quant à la réalité de la
liaison directe entre sensibilité et densité de pourpre rétinien. Certes, une existe, mais elle est de nature excessivement non linéaire et subit
de profondes altérations pendant l'adaptation à la lumière et à l'obs
curité.
E. B.
NAYLOR (E. J.), STANWORTH (A.). — Retinal pigment and the
Haidinger effect (Pigment rétinien et effet H.). — J. Physiol., 1954,
124, 543-552.
L'effet Haidinger est l'inégalité d'efficience de la lumière polarisée
suivant l'orientation du plan de polarisation pour la zone centrale de PSYCÜOPHYS-IOLOGIE SENSORIELLE 121
l'œil humain (les « houppes » de Haidinger désignant des effets chro
matiques fonctions du plan de polarisation). De Vries et coll. (Physica,
1953, 19, 419) ont attribué cet effet au pigment maculaire. N. et S. ont
repris la question en mesurant cet effet par stimulations alternantes sur
une très petite plage centrale au moyen de deux brefs éclats polarisés
en sens opposé, avec égalisation par flicker en échangeant la luminance de
l'un des flux. La répartition des écarts obtenus, très variable d'un indi
vidu à l'autre, en relation avec des mesures de la double réfraction des
milieux optiques paraît confirmer l'hypothèse explicative. La densité
optique de la portion orientée du pigment maculaire en fonction de la
longueur d'onde donne une courbe à 3 sommets se superposant assez
bien à la courbe d'absorption de la xanthophylle en solution dans du
chloroforme.
L'effet de Haidinger — donnant la densité du pigment maculaire
orienté — permet de déterminer la distribution dans la région centrale de
la rétine sur les méridiens vertical et horizontal (où la densité est plus
grande) dans un angle de 3°.
H. P.
HARTLINB (A. K.), RATKLIFF (F.). — Spatial summation of
inhibitory influences in the eye of « Limulus » (Sommation spatiale
d'effets inhibiteurs dans V 'œil de Limulus). — Science, 1954, 120, 781
(Résumé.)
Les travaux anciens de Hartline sur Limulus nous avaient montré
cet œil sous l'aspect commode — peut-être trop commode — de l'action
isolée de chaque ommatidie, ce qui semblait fournir un modèle précieux
pour la compréhension du codage de l'intensité dans la réponse par
potentiels d'action des cellules ganglionnaires de la rétine des Batraciens
et des Mammifères.
Cette brève note nous apprend que l'ommatidie de Limulus fonc
tionne sous l'influence inhibitrice des ommatidies adjacentes, ce qui doit
créer un contraste. Dans l'attente d'une publication complète de ces
travaux d'un intérêt considérable, on doit préparer la révision de celles
de nos idées sur les mécanismes de la vision qui sont étroitement basées
sur l'aspect « classique » du fonctionnement de l'œil de Limulus.
E. B.
ARMINGTON (J. G.). — Spectral sensitivity of the turtle Pseudemis
(Sensibilité spectrale de la tortue Pseudemis). — J. comp. physiol.
Psychol., 1954, 47, 1-6.
Les travaux anciens décrivent la rétine de la Tortue comme dépourvue
de bâtonnets. Des publications parues pendant la dernière guerre, il
ressort pourtant que de rares photorécepteurs scotopiques s'y trouver
aient. L'auteur essaie de trancher la question par l'étude de l'ERG
(électrorétinogramme) de cet animal. L'ERG indique une sensibilité
accusée de l'onde b dans le rouge (maximum à 636 my.). L'étude du 122 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
comportement, par contre, prouve que cet animal diurne est le plus
sensible dans le vert (525 ni(x).
L'auteur interprète l'ERG comme caractéristique d'une réponse
photopique. C'est un peu osé, puisque l'onde a est presque inexistante.
Mais il admet volontiers que le comportement de l'animal semble en
partie être basé sur l'existence de récepteurs scotopiques dont la réponse
électrique ne peut pas modifier un ERG d'aspect photopique.
Cette étude est très utile parce qu'elle montre une fois de plus le peu
de valeur des interprétations procédant d'une conception trop étro
itement basée ?ur l'aspect morphologique des récepteurs rétiniens. On n'a
pas le droit de tirer des conclusions touchant les propriétés des récepteurs
rétiniens et le comportement de l'animal du seul aspect de son ERG.
E. B.
ANDREE (G.), MÜLLER-LIMMROTH (H. W.). — Die Erregbark
eit der Retina unter Belichtung (L'excitation de la rétine par des
stimuli lumineux). — Z. f. Biol., 1954, 106, 395-414.
Stimulations lumineuses doubles de la rétine de l'œil de grenouille
excisé.
Quand le premier stimulus est incapable de provoquer dans l'ERG
une onde b, le second -— également infraliminaire — peut suffire à la
faire apparaître. Si l'on se souvient que pour des stimuli supraliminaires
(toujours par rapport au seuil de l'apparition de l'onde b), le second
provoque une onde b toujours plus petite que le premier, ce fait doit
surprendre. L'auteur n'en parle pas.
En adaptation à la lumière, un second stimulus infraliminaire est bien
plus efficace qu'un tel stimulus d'égale intensité relative en adaptation
à l'obscurité. Lorsqu'on veut associer l'onde b au fonctionnement des
bâtonnets, il faut bien admettre que ceux-ci fonctionnent également en
adaptation à la lumière assez intense (120 lux au niveau de l'œil).
On pourrait également invoquer le fait qu'une inhibition créée par un
premier stimulus est nécessairement beaucoup plus forte en adaptation
à l'obscurité qu'elle ne l'est en adaptation à la lumière. D'où l'efficacité
plus grande d'un second stimulus d'égale intensité relative dans ce
dernier cas.
E. B.
DODT (E.), HECK (J.). — Einflüsse des Adaptations zustandes auf die
Rezeption intermittierender Lichtreize (Influence de l'état d'adaptat
ion sur la réception de stimuli lumineux intermittents. — - Retinopo-
tentiale der zapfenfreien Netzhaut des Gecko « Spherodactylus muralis »
(Potentiels rétiniens de la rétine privée de cônes du Gecko S. M.).
— Pflüger's Arch., 1954, 259, 212-225 et 226-230.
Recherches sur le Chat décérébré par enregistrement simultané de
l'ERG et de potentiels d'action de cellules ganglionnaires isolées,
recueillis avec des microélectrodes, avec détermination de la fréquence PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 123
critique (cff) de fusion du potentiel rétinien pour des stimulations
lumineuses intermittentes. Quand l'éclairement est faible, un peu supé
rieur au seuil des bâtonnets (environ 1 lux), avec potentiels d'action
seo topiques, l'adaptation à l'obscurité entraîne une élévation progressive
de la cff de l'ERG, passant en une heure de 5 à 30 cps., ce qui constitue
un plafond- Mais si Péclairement dépasse un peu le seuil des cônes,
à 90 lux (avec obtention de potentiels photopiques), la cff, après s'être
élevée (de 30 à près de 50) en 15 minutes environ, revient rapidement
à 30, avec réapparition de scotopiques. La sensibilisation des
bâtonnets leur donne la dominance sur les cônes, tout au moins en ce
qui concerne l'ERG, bien que les auteurs envisagent l'intervention d'un
antagonisme réellement inhibiteur, conformément à G. E. Müller.
En tout cas, il n'y a rien de tel si on emploie un éclairement très
élevé, pour lequel la cff atteint d'emblée son plafond et n'est plus
modifiée par l'adaptation à l'obscurité.
L'adaptation accroît beaucoup l'effet cff quand on fait suivre un
éclairement continu d'intermittences. Chez le Gecko dont la rétine ne
comprend que des bâtonnets, le plafond de la cff reste bas, ne dépassant
pas 20 cps., comme chez les nyctalopes achromatopsiques, mais ce
plafond n'est atteint en revanche que pour des éclairements très élevés,
de l'ordre de 1.200 lux (au lieu de 60 lux environ chez les nyctalopes),
ce qui indique que les bâtonnets du Gecko fonctionnent encore à des
niveaux lumineux considérés comme photopiques. Et l'ERG de cette
rétine comporte des ondes a négatives et des ondes d positives, sans que
le caractère sinusoïdal de l'ERG papillotant scotopique constaté chez
l'homme se manifeste.
H. P.
LENNOX (Margaret A.), MADSEN (Annelise). — Cortical and
retinal responses to colored light flash in anesthetized cat (Réponses
corticales et rétiniennes à des éclairs lumineux colorés chez le Chat
aneslhésié). — J. Neurophysiol., 1955, 18, 412-424.
Ce travail a mis en évidence des différences dans les réponses corti
cales à des stimulations lumineuses de couleur différente qui ne corre
spondent pas à celles que l'on peut mettre en évidence au niveau rétinien.
Sur 7 animaux est enregistré d'un côté l'ERG, et de l'autre la réponse du
cortex de projection optique quand, à l'obscurité des éclats lumineux
(4, 10, 100 ou 200 ms) se succèdent au rythme de 1,5 p. s., soit en lumière
blanche (avec une énergie atteignant au maximum 600 (xw/cm2 au
niveau de la cornée), soit en lumière colorée par filtrage (jaune, rouge,
vert et bleu). Des filtres neutres permettent d'avoir 6 valeurs de flux,
mesurées en énergie dans chaque cas.
Un premier fait, c'est la sensibilité plus grande de la réponse corticale
que de la réponse rétinienne, le seuil (onde diphasique initialement
positive en surface) étant environ 10 fois moindre pour le cortex que
pour l'ERG, 124 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le second fait, c'est que, tout en suivant un accroissement sigmoïde
en fonction du logarithme de l'intensité à la fois pour l'onde b de l'ERG et
l'onde positive corticale, l'amplitude ne varie pas de la même manière
avec les divers flux colorés. Une figure (sans chiffres) montre que l'ampli
tude corticale s'accroît plus vite que l'amplitude rétinienne en lumière
bleue (avec des irrégularités de la courbe où, pour les valeurs de l'ERG
en abscisse, les valeurs de l'amplitude corticale sont inscrites en ordonn
ées), l'accroissement est nettement moindre en lumière verte.
Le troisième fait, c'est que la variation des latences en fonction des
logarithmes d'intensité, d'allure hyperbolique toujours, n'est pas la
même pour les diverses couleurs de stimulation.
Une figure où sont situées en abscisse les latences de l'ERG et en
ordonnée les latences corticales correspondantes montre qu'aux faibles
intensités les en lumière bleue sont de beaucoup les
plus grandes, en lumière verte nettement moindres, un peu moindres
encore et sensiblement égales en lumière jaune ou rouge. Les valeurs se
rapprochent aux fortes intensités et finissent par s'identifier (ce qui se
comprend quand on atteint les limites irréductibles).
L'interprétation est malheureusement très incertaine, du fait des
participations variables avec l'intensité et la couleur, des bâtonnets et
des cônes au niveau des récepteurs périphériques, et de la non-corre
spondance des surface? rétiniennes et corticales de projection. Les résul
tantes sont nécessairement fort complexes. Pour avoir une signification
précise en matière de vision chromatique, ces recherches devraient pou
voir être faites sur un animal à rétine sans bâtonnets, ou rendu héméra-
lope par avitaminose.
H. P.
BORNSCHEIN (H.), VILTBR (V.). — Exploration électrophysiolo
gique de la rétine d'un mammifère nocturne : le Loir (Myoxis glis L.).
— C. R. Soc. BioL, 148, 1954, 525-528.
On critique l'interprétation par Granit, de l'ERG. L'ERG du chat et
celui du cobaye sont du type E, c'est-à-dire sans onde a notable. La
rétine de ces animaux posséderait pourtant pas mal de photorécepteurs
diurnes (Vilter). C'est pourquoi les auteurs désirent opérer sur un
animal sans cônes. Or, le Loir en a, mais peu, à peu près 1 sur 500 bâton
nets et son ERG montre nettement une onde a.
D'un autre côté, les reptiles dépourvus de bâtonnets fournissent une
onde a très prononcée. Par conséquent, les seuls ne peuvent
pas être responsables non plus de l'onde a.
Chez l'Homme, des études faites à Brown University et à l'Institut
physiologique de Vienne ont montré que l'onde a comporte deux compos
antes, l'une expliquée comme photopique, l'autre comme scolopique.
Ces données font conclure aux auteurs que, l'onde a ne pouvant être
produite directement par les bâtonnets ni par les cônes, elle proviendrait
des couches plus profondes de la rétine. Puisque dans les rétines produi- SENSORIELLE 125 PSYCHOPHYSIOLOGIE
sant une onde a très prononcée le nombre des cellules amacrines est
relativement élevé, on attribue à celles-ci un rôle inhibiteur (l'onde a est
considérée depuis Granit comme l'expression d'un état d'inhibition).
Il est assez connu que l'aspect morphologique des récepteurs rétiniens
ne permet pas toujours de juger avec assez de précision des modalités de
leur fonctionnement. De ce fait, des raisonnements du genre de celui
qu'on vient de lire conservent toujours un caractère quelque peu
spéculatif.
E. B.
ARDEN (G. B.), TANSLEY (Katharine). — The spectral sensitivity
of the pure cone retina of the grey squirrel (La sensibilité spectrale
de la rétine purement à cônes de l'écureuil gris). — J. Physiol., 1955,
127, 572-602.
L'ERG de Sciurus carolinensis leucotis, écureuil gris commun, est très
semblable à celui du crapaud cornu et de la tortue (onde négative a,
onde b, pas d'onde c et onde d à cessation du stimulus). L'examen histo-
logique de la rétine montre une très faible concentration (dans tout
l'ensemble, 4 fois plus de récepteurs que de ganglionnaires seulement).
Les cellules réceptrices n'ont pas d'ellipsoïde ou de paraboloïde, il y en
a deux couches, l'une plus profonde que l'autre. Le seuil de production
d'une onde b est élevé (8 bougies-pied environ), et l'adaptation à la
lumière n'élève qu'environ 10 fois le seuil obtenu dans à
l'obscurité.
Avec des flux monochromatiques, la réciproque du seuil permet
d'établir la courbe de lucivité spectrale, courbe étroite avec maximum
à 535 m[z, aussi différente de la courbe d'absorption du pourpre que de
celle de l'iodopsine ; elle correspondrait au modulateur vert de Granit.
Il paraît n'y avoir qu'un seul pigment photosensible, qui ne permettrait
donc pas de vision de couleurs. Mais il n'y a pas eu encore d'exploration
physiologique de la vision de l'écureuil.
H. P.
DONNER (O.). — The spectral sensitivity of the Pigeon's retinal
elements (Sensibilité spectrale des éléments rétiniens du Pigeon).
— J. Physiol., 1953, 122, 524-537.
On sait que dans l'œil de pigeon adapté à l'obscurité la courbe de
réponse électrique aux stimulations lumineuses de différentes longueurs
d'onde est identique à la courbe d'absorption du pourpre rétinien in
vitro. On sait également que la courbe de réponse en adaptation à la
lumière présente un maximum à 580 nifz et que les globules huileux
placés devant les récepteurs rétiniens des oiseaux jouent un rôle comme
filtres de couleur.
Donner reprend ces recherches dans des conditions d'expérience bien
définies : micro-électrode de 10 y. de diamètre, filtres d'interférence à
assez étroite bande passante pour les stimuli, adaptation de l'œil entier ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 126
à un niveau lumineux de 1.500 nits en lumière blanche, quand on
n'opère pas en adaptation à l'obscurité.
En adaptation à l'obscurité, on retrouve la courbe d'absorption du
pourpre, aussi bien avec la micro-électrode fine utilisée normalement
qu'avec une électrode plus large collectant des décharges provenant d'un
grand nombre d'unités actives.
En adaptation à la lumière, on trouve soit des courbes larges de
« dominateur » ou des courbes étroites, très asymétriques, de « modul
ateur », dont les maxima se situent à 4.800, 5.400 et environ 6.000 À.
Ces maxima sont donc situés un peu plus vers le côté rouge du spectre
que ceux qu'on a enregistrés sur les yeux d'autres vertébrés.
L'explication de ce phénomène est possible en tenant compte de
l'action des globules rouges. On peut admettre qu'il existe un seul type
de cônes, mais bien trois types de globules qui, associé l'un ou l'autre avec
un cône, provoquent des réponses « modulées ». La courbe dominateur
serait donc due à l'activité simultanée et sommée des modulateurs et
correspond à la sensation d'intensité lumineuse (phanie).
E. B.
BOYNTON (R), ENOCH (J.), BUSH (W.). — Physical measures
of stFay light in excised eyes (Mesure de la lumière diffusée dans
Vœil excisé, par voie physique). — J. opt. Soc, Amer., 1954, 44,
879-886.
Étude d'yeux humains, de chat et de bœuf. On fait entrer dans la
pupille de la lumière d'intensité connue focalisée sur la rétine et on
mesure combien de cette lumière se retrouve à des distances différentes
du point de focalisation, toujours sur la rétine.
L'expérience, sur l'œil de bœuf notamment, montre que la source
principale de la lumière diffusée est constituée par la diffraction moléc
ulaire. C'est donc un effet Tyndall.
Les auteurs rapprochent cette étude physique des expériences psy
cho-physiologiques sur l'éblouissement que tant d'auteurs ont entreprises
depuis quelques dizaines d'années. Ils choisissent trois parmi ces publi
cations, à savoir celles d'Yves le Grand, de Fry et Alpern et leur propre
étude récente (J. opt. Soc. Amer., 1954, 44, 55). Cette comparaison
montre que la variation de l'intensité lumineuse diffusée dans l'œil
avec l'angle de vision affecte une forme assez différente de celle qu'on
calcule à partir de? résultats psychophysiologiques en formant l'hypo
thèse que l'éblouissement est dû à la seule action de la lumière diffusée
dans l'œil.
Ce qui est troublant est le fait que les deux courbes sont aussi situées
à des niveaux assez différents. En effet, la seule composante physique de
l'éblouissement fournirait d'après ces auteurs à peu près 10 fois l'intensité
lumineuse nécessaire à l'explication de l'effet psychophysiologique.
Il est d'ailleurs vain de vouloir expliquer l'éblouissement par la seule
diffusion oculaire. L'action nerveuse à distance a été démontrée par voie

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