Vision - compte-rendu ; n°1 ; vol.58, pg 154-168

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L'année psychologique - Année 1958 - Volume 58 - Numéro 1 - Pages 154-168
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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E. Baumgardt
Y Galifret
Henri Piéron
1° Vision
In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 154-168.
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Baumgardt E., Galifret Y, Piéron Henri. 1° Vision. In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 154-168.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1958_num_58_1_26670— Physiologie sensorielle II.
1° Vision
WEALE (R. A.). — Observations on photochemical reactions in living
eyes (Observations de réactions photochimiques dans l'œil vivant).
— Brit. J. Ophthalm., 1957, 41, 461-474.
Weale a décrit dès 1951 une méthode photométrique permettant la
mesure de la réflectance du fond de l'œil dans l'animal vivant. Cette
mesure, exécutée par exemple à la fin de l'adaptation à la lumière, puis
pendant l'adaptation à l'obscurité, permet de suivre les variations de
densité des photopigments présents dans la rétine étudiée. Les perfe
ctionnements apportés à l'appareil permettent maintenant, grâce à une
méthode spectrophotographique, d'analyser de plus près les processus
photochimiques dans l'oeil in situ.
Depuis 1953, Weale avait signalé l'existence d'un « effet rapide »
dans la variation de la densité de la rétine, peu de temps après le début
de l'adaptation à l'obscurité. L'effet atteint son maximum après une
minute chez la Grenouille, après une minute et demie chez le Chat.
Rushton a établi l'existence de cet effet chez l'Homme ; Weale ne
peut le découvrir dans aucun des cent yeux de cobayes. Il conclut avec
Granit (1955) qu'il doit s'agir d'un effet photopique des dominateurs
observés électrophysiologiquement par ce dernier.
E. B.
TOMITA (T.). — Peripheral mechanism of nervous activity in lateral
eye Of horse Shoe crab (Mécanisme périphérique de Vactivité nerveuse
dans Vœil latéral du Crabe fer à cheval). — J. Neurophysiol., 1957,
20, 245-254.
Recherche fondée sur l'enregistrement des réponses à une stimu
lation lumineuse au moyen de microélectrodes placées dans une omma-
tidie de l'œil de Limule, excisé et incisé, et sur la fibre nerveuse émanant
de cette ommatidie.
L'éclair lumineux suscite dans la fibre un potentiel diphasique négatif-
positif, et dans l'ommatidie un potentiel semblable, mais inversé, positif-
négatif ; un éclairement continu provoque des spikes se superposant à
une variation négative lente de potentiel.
En pratiquant des stimulations électriques brèves avec les 2 élec
trodes, on constate que l'efficacité des chocs positifs est plus grande
sur l'ommatidie, et celle des chocs négatifs sur la fibre.
La dépolarisation cellulaire par action lumineuse apparaît bien comme
la cause de la décharge rythmique des influx. PHYSIOLOGIE SENSORIELLE 155
Normalement, il n'y a qu'une fibre active par ommatidie d'après
les décharges, cependant il a été trouvé occasionnellement une réponse
double, témoignant de deux fibres actives. Mais cela est exceptionnel,
et T. confirme Hartline sur l'activité, à la lumière, d'une fibre unique
(bien qu'il y en ait une dizaine sortant de l'ommatidie, qui contient
10 à 20 cellules (retinula cells)), mais une seule, plus volumineuse, excent
rique, dont on peut penser qu'elle commande la fibre active (d'autant
que, quelquefois, on observe la présence de deux de ces cellules excent
riques) .
On peut aussi rappeler que Waterman et Wiersma, noircissant toutes
les cornées, sauf une seule, n'obtinrent avec une stimulation lumineuse
que la réponse d'une fibre unique, l'unique message ne permettant donc
aucune discrimination du fait de l'ommatidie isolée (cf. The functional
relation between retinal cells and optic nere « in Limulus », /. exp. Zool.,
1954, 126, 59-86).
H. P.
DODT (E.). — Geschwindigkeit der Nervenleitung innerhalb der
Netzhaut (Vitesse de la conduction nerveuse dans la rétine). — Expe-
rientia, 1956, 12, 1, 34.
Sur l'œil du Chat privé de sa cornée et des milieux oculaires, l'auteur
pose une électrode de dérivation mobile à l'aide d'un micromanipulateur ;
l'électrode d'excitation est posée sur le corps genouillé contralatéral.
On mesure les temps de latence en fonction de la distance de la tache
aveugle de l'électrode mobile, pour les groupes I et II des fibres du nerf
optique. Deux fonctions linéaires bien définies fournissent ainsi les
vitesses de propagation des potentiels nerveux dans les parties rét
iniennes, dépourvues de myéline, de ces deux groupes de fibres nerveuses :
2,4 m/s pour le groupe I et 1,4 m/s pour le groupe II. Rappelons que
dans le nerf optique même, en dehors de la rétine, ces vitesses sont 70 m/s
et 23 m/s.
E. B.
DODT (E). — Generalized inhibition of the retinal ganglion cells
in relation to wave length and state of adaptation (L'inhibition
généralisée des cellules ganglionnaires rétiniennes en fonction de la
longueur d'onde et de l'état d'adaptation). — Acta Physiol. Scand.,
1956, 36, 219-28.
L'étude de la distribution spectrale de la sensibilité d'éléments rét
iniens isolés (cellules ganglionnaires, méthode de Granit) du Lapin avait
montré qu'en adaptation à l'obscurité, l'élément qui répond fortement
à 600 mfz demeure silencieux sous toute stimulation avec de la lumière
d'un domaine de longueurs d'onde situé autour de 500 m^ (maximum de
sensibilité du pourpre rétinien).
L'auteur opère en stimulation papillotante et, en variant l'intensité
du stimulus, il découvre qu'il s'agit d'un effet d'inhibition due à une sti- 156 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mulation excessive, effet qu'on peut observer avec toutes sortes d'él
éments et de longueurs d'onde stimulantes.
Il ne souffre pas de doute que ces résultats parlent en faveur d'une
origine nerveuse des effets d'éblouissement.
E. B.
BRINDLEY (G. S). — The passive electrical properties of the Frog's
retina, choroid and sciera for radial fields and currents (Les propriétés
électriques passives de la rétine, de la choroïde et de la sclérotique de la
Grenouille pour des champs et de courants radiaux). — The effect
on the Frog's electroretinogram of varying the amount of retina
illuminated (Les effets sur VE.R.G. de la Grenouille des variations
de Faire rétinienne éclairée). — Responses to illuminations recorded by
microelectrodes from the Frog's retina (Les réponses à Védairement
recueillies par microélectrodes sur la rétinede Grenouille). — J. Physiol.,
1956, 134, 339-84.
De l'ensemble des résultats systématiquement accumulés par l'auteur
et dont l'intérêt technique est indiscutable, certains points sont à signal
er, d'intérêt plus général.
Les mesures de résistance, de capacité et de potentiel de repos
montrent l'importance, au point de vue électrique, de la limitante
externe : lorsqu'on fait pénétrer une microélectrode par la face anté
rieure de la rétine en direction radiale, l'indifférente étant sur la scléro
tique, on observe une brusque chute de ces trois valeurs à une profondeur
qui semble bien être celle de la lim. ext.
L'E.R.G. n'est pas affecté par le fait que la stimulation lumineuse
soit centrale ou périphérique mais étant donné que la dualité rétinienne
n'est pas très prononcée chez la Grenouille et d'autre part qu'il est
presque impossible de stimuler le centre sans stimuler la périphérie, ce
résultat n'est pas décisif.
L'amplitude de l'E.R.G. est approximativement proportionnelle à
l'aire stimulée, ce qui semble indiquer l'absence d'interactions import
antes.
En travaillant sur la rétine retournée (pénétration par la face posté
rieure), B. trouve à des niveaux correspondant probablement à la
couche des grains internes (bipolaires), à la couche des grains externes
(somas des cellules visuelles) et à la couche plexiforme externe (située
entre les deux précédentes) qu'on observe une simple déflexion négative
à l'établissement et à la cessation du stimulus lumineux. On ne trouve
jamais de déflexion positive dans l'aire éclairée, par contre on
fréquemment cette déflexion positive en dehors de l'aire éclairée. B. voit
dans ce fait la preuve que les structures génératrices des réponses sont
tangentiellement orientées et constituent le « puits » dans la région éclai
rée et les « sources » dans les régions avoisinantes.
En pénétration par la face antérieure on obtient, jusqu'à une pro- PHYSIOLOGIE SENSORIELLE 157
fondeur correspondant au début de la couche des grains internes, un
E.R.G. normal en réponse à l'éclairement total de la rétine. De là jusqu'à
la limitante externe — probablement — les régions susceptibles de
répondre à un éclairement localisé répondent de façon complexe par une
succession d'oscillations à l'éclairement de l'œil total, mais les régions
incapables de répondre à local continuent de donner un
E.R.G. normal. Quand l'électrode traverse la limitante, la réponse dimi
nue brusquement ou disparaît.
B. suggère que les réponses lentes aux éclairements localisés et les
réponses de type oscillant ne contribuent pas notablement à l'E.R.G.
à cause de leur orientation tangentielle défavorable.
Le fait que l'E.R.G. s'effondre lorsque l'électrode traverse la limi
tante externe est pour B. la preuve — très valable — que les générateurs
sont constitués par les bâtonnets et les cônes.
Les ondes a, b et d de l'E.R.G. seraient donc presque exclusivement la
traduction de l'activité des cellules visuelles. B. rejoint là des conclusions
de Ottoson et Svaetichin, 1953 (cf. Ann. Psychol., 1955, p. 141) qui
avaient pu paraître hasardeuses en leur temps.
Y. G.
BARLOW (H. B.), FITZHUGH (R), KUFFLER (S. W.). — Dark
adaptation, absolute threshold and Purkinje shift in single units of the
Cat's retina (Adaptation à Vobscurité, seuil absolu et phénomène de
Purkinje dans des unités isolées de la rétine du Chat). — Change of
organization in the receptive fields of the Cat's retina during dark
adaptation (Le changement d'organisation dans les champs réceptifs
de la rétine du Chat pendant l'adaptation à Vobscurité). — J. Physiol.,
1957, 137, 327-337 et 338-354.
Les enregistrements sont faits sur des chats décérébrés sous éther,
les stimulations n'étant pas données moins de deux heures après l'opé
ration ; on évite ainsi les perturbations causées par l'anesthésie. La
microélectrode est introduite suivant la technique mise au point par
Kufïïer — œil fixé à un anneau, microélectrode introduite par la lumière
d'une aiguille à injection transperçant la sclérotique en arrière des procès
ciliaires. En déterminant les seuils de réponses par une stimulation bleue-
verte (490 mji.) et par une stimulation rouge-orangée (630 mjj.), on trouve
au cours de l'adaptation à l'obscurité une brisure de la courbe des seuils
en fonction du temps vers une heure environ, l'adaptation complète
demandant 3 h ; ces durées sont les plus longues observées par les
auteurs, mais dans les cas les plus favorables les temps restent très supé
rieurs à ceux observés chez l'Homme. La chute du seuil ainsi provoquée
est de l'ordre de 4 unités logarithmiques (base 10). Le phénomène de
Purkinje est indiqué par le fait que la chute du seuil du bleu-vert est
nettement plus marquée que celle du rouge-orangé, 1,8 à 2,3 unités
logarithmiques. On notera que chez l'Homme, pour les mêmes stimul
ations, l'effet atteint 2,45 unités logarithmiques, mais la dualité réti- 158 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nienne est plus marquée chez l'Homme que chez le Chat. Le phénomène
a été trouvé pour toutes les cellules ganglionnaires étudiées. A noter
aussi que ces cellules ont une activité spontanée même à l'obscurité, ce
fait avait été masqué aux auteurs précédents par l'anesthésie. La réponse
à une stimulation se traduit donc par une modification de l'activité
spontanée.
Les auteurs ont calculé les valeurs liminaires auxquelles ils sont
parvenus : 1 660 quanta en moyenne au niveau de la cornée soit
à peu près 15 fois le seuil humain, ce qui correspond à une intensité de
1 500 quanta/seconde/degré carré. Le seuil humain est (Pirenne et
Denton, 1954) de l'ordre de 20 à 25 quanta/seconde/degré carré. Si les
seuils absolus sont ainsi élevés (encore que beaucoup plus bas que ce qui
avait été trouvé jusqu'à ce jour), c'est que le seuil perceptif est relatif à
une population d'unités, même, étant donné l'overlapping, dans le cas de
stimuli punctiformes, alors que dans ces expériences il s'agit de la
réponse d'une unité unique.
En adaptation à l'obscurité, le seuil décroît avec l'augmentation du
diamètre de la stimulation jusqu'à 1 mm à peu près, conformément à la
loi de Ricco ; au delà, l'effet de l'augmentation de la surface stimulée
est très faible.
En adaptation à la lumière, il en est de même jusqu'à 1 mm, mais de
1 mm à 2 mm, l'augmentation de la surface provoque une augmentation
du seuil. Les auteurs expliquent ce phénomène par une action inhibi-
trice de la zone environnante, action qui disparaît en adaptation à
l'obscurité.
On trouve, en adaptation à l'obscurité, des éléments « on » et « off »
purs et le même type de réponse peut être obtenu en stimulant, non pas
l'aire réceptrice, mais les aires immédiatement voisines.
La même stimulation de ces aires voisines, en adaptation à la lumière,
produit au contraire une réponse de type opposé. Ce phénomène consti
tue une autre manifestation de l'action inhibitrice qu'exercent sur l'aire
réceptrice les aires environnantes en adaptation à la lumière.
On pourrait penser rattacher cette inversion des réponses au jeu de
la dualité rétinienne, en fait les expériences montrent que le phénomène
se produit bien après le phénomène de Purkinje, l'adaptation étant
presque complète.
Les auteurs pensent qu'il s'agit d'un phénomène d'interaction assez
général, indépendant du type de récepteurs mis en jeu, à rapprocher de
ce que Barlow avait décrit dans la rétine de la Grenouille et peut-être
des récents résultats de l'école de Hartline sur l'œil du Limule. Ils pro
posent d'appeler ce phénomène inhibition latérale. Sa mise en évidence
apporte une explication physiologique réelle à des phénomènes psycho
physiques tels que l'augmentation de la sommation spatiale lorsque l'on
passe de l'adaptation à la lumière à l'adaptation à l'obscurité, ou le
contraste simultané.
Y. G. PHYSIOLOGIE SENSORIELLE 159
BARLOW (H. B.). — Retinal noise and absolute threshold (Bruit
intrinsèque d'origine rétinienne et seuil absolu). — J. opt. Soc. Amer.,
1956, 46, 634-639. — Purkinje shift and retinal noise (Effet Purkinje
et bruit de fond rétinien). — Nature, 1957, 179, 255-256.
En l'absence de toute stimulation lumineuse, l'œil adapté à l'obscurité
complète perçoit de très faibles lueurs. Les anciens auteurs allemands
ont qualifié de « Eigengrau » cette sensation.
D'autre part, les cellules ganglionnaires rétiniennes envoient vers
les centres des influx, même en état d'adaptation rigoureuse à l'obscurité
(Chat), et des recherches sur l'audition et l'odorat ont permis d'enregis
trer des phénomènes correspondants entre neurones sensoriels secondaires
et cortex.
Barlow ne tient compte que des expériences sur la vision et avance
l'hypothèse peu vraisemblable que les influx nerveux spontanés chemi
nant dans le nerf optique en dehors de toute stimulation lumineuse
seraient dus à la décomposition spontanée du pourpre rétinien dans les
récepteurs.
Pour tester cette hypothèse, il établit avec un observateur une courbe
de réponses en fonction de l'intensité lumineuse d'un test perçu à 20° en
dehors de la fovéa, diamètre 7,5', durée de présentation 2,4 ms. Il
choisit 6 intensités juxtaliminaires, présente chaque intensité 100 fois
et y mêle 300 pièges (absence de stimulation). Il admet en outre la réponse
« peut-être ». Cela lui permet de tracer deux courbes dont l'une ne fait
état que des réponses « oui », tandis que dans l'autre les réponses « peut-
être » sont comptées également comme des « oui ». Cette dernière courbe
fournit un seuil inférieur de 25 % à celui qu'on lit sur la première.
D'autre part, le sujet signale 3 « peut-être » sur 300 pièges, mais
aucun « oui ».
Barlow aboutit à l'interprétation suivante de l'expérience :
Le nombre moyen des événements spontanés serait compris entre 3,1
et 66, le d'événements qui doit être atteint pour qu'une réponse
soit obtenue, serait compris entre 11 et 90. Outre le caractère très incer
tain d'un tel résultat, on remarquera la conclusion inattendue que le
nombre moyen de quanta devant être absorbés au seuil serait compris
entre 8 et 24. Or, nous sommes certains que ces chiffres sont de loin
supérieurs à la réalité, depuis que nous connaissons la densité du pourpre
rétinien mesuré in situ et que nous savons que son efficience quantique de
blanchissement n'est que de 1/2 et non 1 comme on le croyait longtemps.
Barlow applique ses hypothèses également aux seuils des récepteurs
chromatiques. Il s'appuie sur une hypothèse de Stiles concernant la
partie la plus extrême de la courbe de sensibilité du récepteur du rouge,
et admet que l'énergie d'un quantum lumineux peut se combiner avec de
l'énergie calorifique d'une molécule de pourpre visuel pour donner lieu
à la décomposition de cette dernière.
Il cite en faveur de thèse des mesures de Wald qui avait trouvé
qu'à 8° de la fovéa des bâtonnets contenus dans un test de 1° de dia- 160 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mètre présentaient un seuil 225 fois inférieur, au maximum de leur sensi
bilité, à celui des cônes fovéaux (1° de diamètre également) au maximum
de la leur. Barlow montre que la théorie de Stiles prédit un effet de cet
ordre de grandeur, mais cet argument se tourne contre lui, car la compar
aison de la sensibilité des bâtonnets groupés par centaines et plus sur
une fibre nerveuse unique et celle des cônes fovéaux isolés ou groupés par
très petits paquets ne peut fournir le rapport de leurs sensibilités de
façon directe. Des mesures faites par Baumgardt et par Arden et Weale
ont en effet montré que la sensibilité d'un cône est du même ordre que
la sensibilité individuelle d'un bâtonnet.
Barlow utilise ces conclusions pour arguer que les pigments photo
sensibles à maximum de sensibilité situés aux longueurs d'ondes plus
grandes que celui du pourpre rétinien seraient moins stables, ce qui
expliquerait leur plus faible sensibilité.
En résumé, si l'hypothèse de Barlow était fondée, le seuil d'un st
imulus de qualité déterminée serait toujours plus élevé lorsque le sujet
est adapté à un niveau lumineux d'intensité même nettement infra-
liminaire que lorsqu'il est adapté à l'obscurité complète. En écartant
l'hypothèse du bruit rétinien comme facteur limitant la sensibilité des
récepteurs rétiniens, on aboutit à la conclusion contraire. Une expé
rience cruciale pourra trancher la question de façon définitive.
E. B.
ZETTERSTRÖM (B.). — Studies on the postnatal development of
the E.R.G. in new born infants (Études sur le développement post-
natalde V E.R.G. chez des nouveaux-nés ). — 21 p., Stockholm, 1956. —
WADENSTEIN (L.). — The use of flicker eleetroretinography in the
human eye (L'utilisation du flicker dans V E.R.G. chez VHomme). —
Acta Ophtalm., 1956, 34, 311-340.
Dans un résumé de son ensemble de publications de 5 années, Br. Z.
indique l'absence générale de l'E.R.G. au moment de la naissance, mais
l'apparition précoce de l'onde b, du 1er au 3e jour, de très minime
ampleur d'abord, avec un développement rapide, la valeur normale
chez les adultes étant atteinte dès l'âge d'un an.
Avec stimulation intermittente, on obtient un flicker de type scoto-
pique d'abord, et un flicker photopique semblable à celui des adultes
au bout de 6 à 8 semaines.
Chez des chatons élevés à l'obscurité depuis la naissance, l'E.R.G.
apparaît plus tardivement que chez les témoins de 3 à 4 semaines. Mais,
dès qu'ils sont placés à la lumière, ils présentent le même E.R.G. que les
témoins.
L. W., avec une méthode standardisée d'enregistrement de l'E.R.G.
chez l'Homme, a déterminé sa fréquence critique de fusion (effacement
des ondes) chez 25 sujets normaux de 16 à 68 ans pour obtenir un étalon
nage de comparaison dans l'examen de cas cliniques, dont 31 sont dis
cutés, en utilisant toujours une série d'éclairements (de 0,1 à 400 lux). PHYSIOLOGIE SENSORIELLE 161
La c.f.f. croît à peu près linéairement avec le logarithme de l'éclai-
rement jusque vers 200 lux (à partir de 1 à 4 lux). Les plus basses valeurs
normales aux faibles éclairements sont comprises entre 13 et 19 p/s et
les plus hautes, au plafond, entre 54 et 70 p/s.
H. P.
RIGGS (L. A.), CORNSWEET (J. C), LEWIS (W. G.). — Effects
of light on electrical excitation of human eye (Les effets de la lumière
sur V excitation électrique de l'œil humain). — Psychol. Monog., 1957,
71, 1-45.
On connaît les travaux de Motokawa concernant l'excitabilité élec
trique de l'œil et les variations de cette excitabilité lorsque l'œil est
soumis à un éclairement préalable. Un courant de quelques dixièmes de
milliampères amené par des électrodes posées sur le front et la joue donne
naissance à la perception de phosphènes dont on peut déterminer le
seuil d'apparition, ce seuil se trouvant abaissé si la rétine a préalablement
été stimulée par un éclair lumineux. Les résultats essentiels proposés
par Motokawa sont les suivants (cf. Ann. Psychol., 1951 et 1952,
p. 127 et 137) :
1° Si l'on appelle E l'inverse du seuil électrique après éclairement
préalable, Eo la même valeur après obscurité préalable, Ç la valeur
U £
x 100 et que l'on représente, pour des stimulations lumineuses hi
de couleur différente, la variation de Ç en fonction du temps qui sépare la
stimulation électrique de la stimulation lumineuse, on obtient des fonc
tions passant par un maximum et atteignant ce maximum au bout d'un
temps qui dépend de la couleur de la stimulation lumineuse : 1 s pour
une stimulation préalable rouge, 2 s pour une stimulation verte et 3 s
pour une bleue ;
2° Motokawa détermine également la variation de Ç en fonction de la
longueur d'onde de la stimulation préalable, la stimulation électrique
intervenant soit 1 s, soit 2 s, soit 3 s après la lumineuse.
Il trouve ainsi trois courbes qu'il considère comme représentant les
réponses des trois processus fondamentaux de base de la vision chro
matique (rouge pour 1 s, vert pour 2 et bleu pour 3). Il précise par
surcroît que ces courbes ne doivent pas être assimilées aux courbes
obtenues à partir des mélanges de couleurs ou de toute autre expé
rience de psychophysique mais qu' « elles doivent être considérées
comme l'expression d'un processus physiologique réel de la rétine obtenue
par l'observation directe ».
Il y a beaucoup à dire sur la rigueur des raisonnements par lesquels
M. aboutit à de telles conclusions, mais préalablement un contrôle des
faits expérimentaux invoqués est peut-être nécessaire. C'est ce qu'ont
pensé Riggs et ses collaborateurs qui se sont proposé essentiellement de
contrôler la spécificité d'effet des diverses longueurs d'onde de la st
imulation préalable, ce point constituant la base de toutes les elaborations
ultérieures de Motokawa.
A. PSYCHOL. 58 11 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 162
Or, en utilisant les mêmes conditions de stimulation que M., à savoir :
stimulation lumineuse d'une durée de 2 s et d'un diamètre de 2°, 8 (M. uti
lisait 2°), stimulation électrique d'une durée de 0,1 s, R. C. et L. ne
trouvent aucune trace du phénomène décrit par M. D'une part les
valeurs de Ç en fonction de l'écart entre stimulation lumineuse et stimu
lation électrique ne présentent aucune variation systématique (écarts
de 1, 2 et 3 s), aucun sommet ne se dessine, d'autre part la longueur
d'onde n'exerce aucune influence systématique, mise à une action
plus marquée du bleu due à un phénomène parasite.
Les auteurs américains ne se sont pas contentés d'enregistrer leur
désaccord avec Motokawa, ils l'ont expliqué et leur travail constitue un
modèle du point de vue méthodologique. La simple enumeration des
précautions qu'il fallait prendre, et qu'ils ont prises, pour assurer la
validité de l'expérience est accablante pour le travail japonais :
1° Bien contrôler l'intensité du courant pour corriger les variations
dues aux variations de résistance de la peau ;
2° Utiliser pour la détermination du seuil des séries descendantes dont
les intervalles soient égaux. R. diminue à chaque fois la stimulation
de 2 % ; cette progression logarithmique est conforme à la fonction qui
relie la probabilité de voir le phosphène et l'intensité de la
électrique ;
3° Commande automatique des stimulations lumineuse et électrique,
ce qui garantit la correction de l'appréciation de l'intervalle entre les
deux;
4° Protocole en blanc préparé à l'avance et fixant l'onde de présen
tation des stimuli dans toute l'expérience, ceci pour mettre l'opérateur
à l'abri de la tendance à présenter plus souvent les valeurs qu'il
attend ;
5° Détermination du seuil électrique après obscurité, au début mais
aussi à la fin de l'expérience pour plus de sûreté ;
6° Utilisation de tous les résultats obtenus.
Il semble bien que la non-observation de ces règles explique, au moins
en partie, le caractère des résultats obtenus par Motokawa. L'autre
cause d'erreur réside dans le fait que M. n'a pas suffisamment tenu compte
de l'existence du système scotopique qu'il est si difficile de ne pas stimuler
lorsqu'on utilise des stimulations fovéales d'une intensité notable.
Déjà avec une plage de 2°, 8, R. trouve que le bleu est un peu plus
efficace. Cette supériorité est accrue encore si, au lieu d'utiliser une plage
qui déborde peu la fovéa, on utilise une plage de 38° de diamètre. L'effet
du vert est alors augmenté également relativement à l'effet du rouge.
Ces stimulations lumineuses ayant été égalisées en luminance photo
pique, on trouve donc que leur effet sur le seuil électrique est proportion
nel à leur efficience scotopique. Si par contre l'égalisation a été faite en
luminance scotopique, ce qui est correct puisque la stimulation est à pr
édominance périphérique, l'effet des stimulations lumineuses est le même
sur le seuil électrique, quelle que soit la couleur de la stimulation.

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