Vision - compte-rendu ; n°1 ; vol.62, pg 89-106

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L'année psychologique - Année 1962 - Volume 62 - Numéro 1 - Pages 89-106
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1962
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Vision
In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°1. pp. 89-106.
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Vision. In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°1. pp. 89-106.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1962_num_62_1_7168III. — Psychophysiologie sensorielle
Généralités.
Vernon (J.), Marton (Th.), Peterson (E.). — Sensory deprivation
and hallucination (Privation sensorielle et hallucination). — Science,
1961, 133, 1808-1812.
Nombreuses séries de recherches sur des sujets soumis à des périodes
de forte privation sensorielle (et payés 20 dollars par jour) : une première
série avec les sujets pendant 48 heures, yeux bandés, avec faible éclaire-
ment, conduits aux w.-c. sur demande — aucune hallucination ; une
seconde avec 11 sujets dont 9 pendant 72 heures, dans l'obscurité
totale, dans 6 cas, il y a eu des épisodes hallucinatoires (papillotements
lumineux périphériques ou des formes géométriques) ; une troisième
où les sujets abandonnés à eux-mêmes avec les moyens de satisfaire
leurs divers besoins, avec un cas où le sujet voyait un sandwich brillant
qu'il mangeait ; une 4e série analogue avec éclairement et yeux bandés
(10 sujets, 48 heures), avec 2 cas d'hallucinations réelles (ligne de
nuages, roue dentée, une rivière, une chapelle, un papier peint) ; dans
la 5e série, semblable, avec bruit blanc constant de 40 dB (11 sujets)
aucun épisode hallucinatoire ; enfin, dans la 6e (10 sujets, 48 heures),
avec une projection multicolore en face du lit, même absence. Au total
11 sujets sur 54 ont présenté des phénomènes d'allure hallucinatoire.
H. P.
Vision.
Eakin (R. M.). — Photoreceptors in the Amphibian frontal organ
(Photorécepteurs dans l'organe frontal des Amphibiens). — Proc.
nat. Acad. Sei., 1961, 47, 1084-1088.
Le « Sternorgan » des grenouilles et des crapauds est resté énigma-
tique ; il est l'homologue de l'œil pariétal des reptiles. L'auteur a
examiné au microscope électronique la région avant le développement
des chromatophores tégumentaires qui la recouvrent chez les têtards
de Hyla régula. Il a trouvé qu'il existait des formations analogues aux
bâtonnets et aux cônes rétiniens, avec empilement de disques et un
article interne à mitochondries. L'organe est relié à l'épiphyse, qui
régit le blanchissement des larves à l'obscurité. Or, la réaction de
blanchissement chez des larves privées d'yeux s'est montrée affaiblie
après destruction de cet organe frontal, qui doit pouvoir être considéré
comme un photorécepteur.
H. P. 90 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Schöne (H. et Hedwig). — Eyestalk movements induced by polarized
light in the ghost crab « Oeypoda quadrata » (Mouvements du pédonc
ule oculaire induits par la lumière polarisée chez le crabe O. q.).
— Science, 1961, 134, 675-676.
La position des pédoncules oculaires dépend de l'angle d'incidence
et de l'intensité d'un éclairement. L'enlèvement des statocystes favorise
l'étude de ces influences d'un flux lumineux sur le crabe immobilisé.
Dans ces conditions, les auteurs ont mis en évidence l'influence d'un
plan de polarisation avec un flux traversant un polaroïde. La substitution
d'un flux polarisé horizontalement à un flux polarisé verticalement
ramène une déviation provoquée de 85° à 79,4°, réduction qui est égale
à celle qui est provoquée par une réduction d'éclairement des deux
tiers.
H. P.
Ames III (Ad), Gurian (B. S.). — Recording of single unit activity
in isolated central nervous tissue (Enregistrement d'activité d'unités
séparées dans un tissu nerveux central isolé). — Science, 1961, 133,
1767-1768.
Étude in vitro de la rétine de lapin isolée, placée dans du liquide
céphalo-rachidien à 30° G, avec 1 cm de nerf optique, dans lequel pénètrent
les microélectrodes. Le lapin avait été préalablement adapté à l'obscurité.
Critère de la réponse d'une fibre unique recherchée, et réponses enre
gistrées à des éclairements de la rétine entière. Il a été distingué trois
types de fibres, en accord avec les déterminations in vivo : on, off et
on-off, et en outre des fibres d'activité spontanée ne réagissant pas.
Les latences des réponses ont été mesurées en fonction du logarithme
de l'éclairement 1 et les valeurs suivantes sont indiquées :
Log 1 2,1 2,9 3,6 6,0
Latence (ms) 45 35 30 25
11 y a en somme une vérification de la possibilité d'obtenir in vitro
des résultats semblables, dans des conditions plus simples, à ceux obtenus
chez l'animal vivant, au moins pendant un certain temps.
H. P.
Gouras (P.). — Graded potentials of bream retina (Potentiels gradués
de la rétine de brème). — J. Physiol, 1960, 152, 487-505.
L'existence de potentiels gradués de large amplitude dans la rétine
de poisson a été mise en évidence pour la première fois par Svaeti-
chin (1953).
L'origine de ces potentiels supposée, au début dans les cônes, a été
localisée, plus précisément à la suite de travaux ultérieurs, dans la région
proche de la surface vitréale de la rétine (Tomita, 1957 ; McNichol
et Svaetichin, 1958 ; Tomita, Murakami, Soto et Hashimoto, 1959).
Gouras reprend ce problème à partir de la rétine de brème (Abramis PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 91
brama). A l'exception de quelques expériences effectuées sur l'animal
entier anesthésié, il travaille sur la rétine isolée, la pointe de la micro
électrode intrarétinienne étant localisée par la méthode Tomika (1959).
Cette étude permet de situer, dans la rétine de brème, l'origine des
potentiels gradués près de la couche des cellules horizontales.
Deux composantes successives de polarités opposées se somment
suivant des proportions variables pour donner une réponse intraré
tinienne graduée. Avec une illumination rétinienne totale supérieure
à 350 lm/m2, les potentiels gradués sont négatifs. Pour des intensités
lumineuses faibles, il apparaît des potentiels positifs qui se développent
plus lentement, qui sont également visibles pour des réponses
off seulement.
La réponse négative intrarétinienne graduée est difficilement enre
gistrée pour une intensité lumineuse inférieure à 0,1 lm/m2. Quand l'inten
sité lumineuse augmente de 0,1 lm/m2 à 100 lm/m2 la réponse graduée varie
d'une manière presque linéaire avec le logarithme de cette intensité.
Des intensités lumineuses encore plus élevées provoquent une augmentat
ion de durée des postpotentiels mais n'augmentent pas l'amplitude.
La surface rétinienne minimum qui doit être illuminée pour produire
une réponse maximum doit avoir un diamètre de 2 mm.
La résistance électrique de la structure, à travers laquelle ces potent
iels sont engendrés, est située entre 10 et 200 Kfl, ce qui confirme
l'hypothèse suivant laquelle ces potentiels se forment dans des espaces
intrarétiniens extracellulaires.
L. G.
Grüsser (O. J.), Saur (Gerfried). — Monokulare und binokulare
Lichlreizung eingelner Neurone im Geniculatum laterale der Katze
(Stimulation lumineuse monoculaire et binoculaire de neurones isolés
dans le corps genouillé latéral du chat). — Pflüger' s Arch., 1960,
271, 595-612.
Enregistrement des réponses sur 87 neurones, sous forme de potent
iels postsynaptiques, avec 2 composantes extracellulaires (spikes a
et ß).
Chez 31 neurones on a observé 19 réponses on et 12 off avec stimula
tions ipsilatérales, et chez 53, 29 on et 22 off à la contralaté-
rale. Pas de réponse du tout chez 3 neurones. En aucun cas il n'y a eu
de réponse aux stimulations des deux côtés. A de brefs éclats il a été
observé des alternances d'activation et d'inhibition.
Huit neurones seulement ont présenté une diminution dans la
fréquence de la réponse sous l'effet d'une stimulation binoculaire
synchrone.
Les auteurs ont vérifié la diminution de latence par augmentation
de luminance ainsi que l'élévation de la cf. f., commandée uniquement
par la stimulation monoculaire.
H. P. 92 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
(L. E.). — A Mechanism of Light Adaptation (Un mécanisme
d'adaptation à la lumière). — Science, 1961, 133, 639-640.
On opère sur des rétines de grenouille. L'enregistrement des spikes
permet de délimiter la région rétinienne à l'éclairement de laquelle une
cellule ganglionnaire donnée peut répondre (champ réceptif). Lorsqu'on
éclaire une portion (1) du champ, le seuil de réponse augmente dans le
reste du champ (2) réceptif. Lorsqu'on éclaire celui-là, il se produit
le même phénomène pour la première portion du champ réceptif.
L'auteur choisit ensuite une région (1) peu sensible du réceptif
(partie périphérique du champ) et une région (2) 100 fois plus sensible
que (1). En adaptant (1) pendant 10 mn à une forte intensité lumineuse,
il observe dans l'obscurité suivant cette période d'adaptation une
baisse plus grande de la sensibilité de (2) — qui est demeuré dans
l'obscurité pendant toute l'opération — que lorsqu'il adapte (2) même
à la lumière.
L'auteur remarque que ces observations excluent toute théorie
photochimique du type de celle que propose Wald. En effet, le processus
fondamental de l'adaptation à l'obscurité doit être caractérisé par une
variation de l'efficience de transmission de l'excitation dans le réseau
nerveux qui s'étale entre les récepteurs et les cellules ganglionnaires.
E. B.
Howarth (C. I.). — « On-off » Interaction in the Human Electrore-
tinogram (Interaction on-off dans l'E.R.G. humain). — J. opt.
Soc. Amer., 1961, 51, 345-352.
En 1954, l'auteur avait retrouvé un curieux effet d'inhibition rétro
active signalé quelques années plus tôt par Baumgardt. Lorsqu'on
détermine le seuil du phosphène électrique, c'est-à-dire de la réponse la
plus faible de caractère lumineux à une stimulation électrique de l'œil
en fonction de la durée de cette stimulation, on constate que ce seuil
atteint un minimum pour une durée de l'ordre de 27 à 28 ms.
Howarth avait aussi trouvé que le seuil du phosphène consécutif
à deux stimulations très brèves atteint un maximum lorsque l'intervalle
entre leurs débuts est égal à 27 ms. Il en a conclu qu'il faut envisager
l'existence de deux phénomènes électriques amortis du type on et off
dont la constante de temps serait égale à 54 ms. Persuadé que le lieu
de genèse de l'E.R.G. est identique à celui du phosphène électrique,
il prédit que la réponse off de l'E.R.G. humain est l'inverse de la réponse
on (qu'il semble identifier à l'onde a). Il prédit également que la relation
entre la durée du test et l'amplitude de la réponse passerait par un
maximum et celle entre l'intervalle séparant deux tests très brefs et
l'amplitude de réponse par un minimum, la valeur de la variable indé
pendante, la durée, étant identique dans les deux cas.
Une partie de ces prédictions se trouve vérifiée. Les explications
proposées présentent pourtant un caractère assez spéculatif.
E. B. PSYCTfOPHYSIOTiOfilE SENSORIELLE 93
Boynton (R. M.), Sturr (J. F.), Ikeda (M.). — Study of Flicker
by Increment Threshold Technique (Étude du papillotement par la
technique de la mesure du seuil différentiel). — J. opt. Soc. Amer.,
1961, 51, 196-201.
Un bref stimulus lumineux est perçu plus ou moins bien selon le
moment du cycle d'un champ papillotant auquel il est délivré. Ceci
est même le cas pour une fréquence de papillotement assez élevée
(30 hertz, luminance 10 niL) pour que la fusion soit déjà atteinte. En
l'espace de 2 à 3 ms, la sensibilité différentielle peut déjà varier de
façon aisément mesurable.
Dans l'une de leurs expériences, les autours suppriment 2 cycles
sur 30 d'un champ papillotant, ce qui produit un intervalle obscur
de 5 fois la durée normale. Pendant cet intervalle, le seuil différentiel
s'abaisse très notablement, c'est-à-dire, il y a un début d'adaptation
à l'obscurité. Celle-ci provoque un seuil beaucoup plus élevé que normal
après le premier éclat suivant l'intervalle obscur. Les auteurs inter
prètent cette observation par la réponse « on » plus intense qui doit
suivre l'intervalle obscur, ce qui nécessiterait un éclat test également
plus intense. Cette expérience démontre par ailleurs que la sensibilité
différentielle est en phase avec le niveau lumineux du champ papil
lotant, aucun déphasage positif ou négatif étant compatible avec les
enregistrements (des effets « rétroactifs » sont, on le sait, chose cou
rante dans ce genre d'expériences).
Les auteurs soutiennent que la fusion doit être considérée en partie
comme le résultat d'une perte d'information intervenue au-delà du
niveau rétinien. Dans l'hypothèse où l'élévation du seuil différentiel
durant la phase claire du champ papillotant est due aux réponses
« on », il ressort d'un? expérience des auteurs que celles-ci ne contri
buent pas à la luminance perçue (niveau de la sansation lumineuse)
lorsque la fusion est établie. Il est également intéressant de noter qu'à
la fréquence de 30 hertz, le seuil différentiel est plus élevé pendant
les deux moitiés du cycle clair-obscur que dans le cas d'un champ
constant de luminance égale à la luminance moyenne du
papillotant.
E. B.
Chapman (R. M.). — Spectral sensitivity of single neural units in
the Bullfrog retina (Sensibilité spectrale d'unités neuronales isolées
dans la rétine de grenouille, Rana catesbiana). — /. opt. Soc. Amer.,
1961, 51, 1101-1112.
Stimulation de la rétine couvrant un angle de 45° ; l'animal étant
curarisé, l'introduction de l'électrode (micropipette) se fait par une
petite ouverture pratiquée dans la voûte du maxillaire supérieur et
dans la sclérotique.
L'efficience des stimulations est mesurée par l'inverse de la latence
des réponses obtenues. ANALYSES Bini.IOGH APHIQUES 94
En adaptation à l'obscurité la fonction qui relie l'inverse de la latence
au logarithme de l'intensité stimulatrice, dans une marge de 7 unités
logarithmiques, est à peu près linéaire de — 7 à — 2, puis accuse une
diminution de pente, de — 2 à 0, que l'auteur, à tort, n'a pas marquée en
traçant la courbe à partir des points expérimentaux. En adaptation à
la lumière (niveau non précisé), certaines unités donneraient des fonctions
plus complexes (sur la nature desquelles Chapman ne s'étend pas).
Les courbes de sensibilité spectrale sont déterminées à partir de
l'énergie nécessaire, pour chaque longueur d'onde, à une réponse de
latence déterminée (la même pour toutes les couleurs). Parmi les courbes
obtenues, on retrouve les allures classiques de la courbe de visibilité
scotopique (bonne coïncidence avec l'absorption de la rhodopsine) et de
la courbe de visibilité photopique (bonne coïncidence avec l'absorption
de l'iodopsine de Wald). Certaines unités (il s'agit dans tous les cas des
cellules ganglionnaires) présentent un phénomène de Purkinje, d'autres
sont spécifiquement photopiques ou scotopiques.
Sur 16 unités étudiées en vision photopique, 9 ont une courbe de
sensibilité plus étroite que la courbe de visibilité et leurs maxima
coïncident assez bien avec ceux des modulateurs vert et rouge de Granit.
En vision scotopique, certaines unités donnent une courbe de sensi
bilité étroite avec maximum dans le bleu (450 mjji), ce qui les différencie
des modulateurs du bleu de Granit, mais fait penser à Chapman
qu'il pourrait s'agir d'éléments en rapport avec des récepteurs contenant
le pigment sensible au bleu décrit par Dartnall, leur courbe de réponse
et la courbe d'absorption de ce pigment étant très semblables.
Etant donné le faible nombre d'unités qu'il a étudiées, l'auteur ne
se permet pas de conclure quant à l'organisation des éléments spéci
fiques de la discrimination chromatique. v _ I . (jr.
Szabo (G.). — Kritische Verschmelzungsfrequenz oder Verschmel
zungszeit (Fréquence de fusion ou durée de fusion). — Klinische
Monatebl. Augenheilk, 1960, 137, 170-175.
L'auteur préconise la substitution à la c.f.f. (critical fusion frequency)
d'un cf. t. (critical fusion time) en clinique standardisée, et propose dans
cet esprit un dispositif comportant des signaux rigoureusement rectan
gulaires dont varie l'écart sans préoccupation de la fréquence, ce qui
permet de déterminer l'écart critique correspondant à la fusion. Il
rejoint en somme la méthode clinique déjà classique où l'on détermine
la fréquence de fusion d'éclats ultra-brefs constants d'un stroboscope
dont on modifie seulement le rythme. T
Forsyth (D. M.), Brown (Ch. R.). — Non linear property of the
visual system at fusion (Propriété non linéaire du système visuel
à la fusion). — Science, 1961, 134, 612-614.
Les auteurs font alterner deux phases de stimulation intermittente
égales, le rythme des intermittences étant suprafusionnel dans les PSYCIIOPIIYSTOLOGIE SENSORIELLE 95
deux phases, mais inégal. Il s'agit de trains de pulsions lumineuses
rectangulaires. Or, si on fait alterner des phases de 40 ms avec 20 périodes
dans une phase (à 500 ps) et 40 dans l'autre (à 1 000 ps), il y a du papillo
tement. La fusion ne se produit que si les fréquences des deux phases
sont assez voisines. Mais il s'agit très probablement d'un artefact, les
pulsions lumineuses de durée variable n'assurant pas dans la même
durée totale une quantité lumineuse identique. Il faudrait un contrôle
physique de cette que les auteurs ne se sont pas souciés de
vérifier.
H. P.
Perfus (G.), d'ELiA (G.). — Contribution à l'étude du seuil de fusion
du papillotement lumineux à yeux fermés chez des sujets normaux
par rapport à des variables non pathologiques : 1) La fatigue. —
R. Psychol. appl., 1961, 11, 1-6.
Recherche effectuée sur 50 sujets masculins, âgés de. 22 à 54 ans,
divisés en 2 groupes : 1) 25 infirmiers ; 2) 25 employés de bureau ou de
banque, tous en bonne santé et sans troubles visuels. La technique,
décrite précédemment par les AA., est appliquée pour chaque sujet le
matin à 8 heures avant le travail et le soir après 8 heures de travail.
Les résultats montrent que le seuil de la fréquence critique de fusion
les yeux fermés n'est pas influencé par la fatigue normale du travail
quotidien.
P. .T.
Hyman (A.), Frew (Jane). — Foveal brigtness matches for stimuli
différents in color (Égalisations de phanie fovéales pour
de couleur différente). — /. opt. Soc. Amer., 1961 (résumé).
Déterminations d'égalisation en flicker-photométrie hétérochroma-
tiqua avec fixation fovéale d'une plage de 52' pour deux flux rouge et
vert, rouge et blanc, vert et blanc. Une égalisation à un certain niveau
de luminance reste valable pour le couple vert-blanc, mais non pour les
couples rouge-blanc et rouge-vert, avec des points de changement assez
brusque. La variation dans le couple rouge-vert peut être considérable,
avec un rapport passant de 1 à 6. C'est une donnée de plus montrant
l'incertitude d'égalisations obtenues par cette méthode de photométrie.
H. P.
Shipley (T.). — The veiling function and non additivity in flicker-
fusion (Fonction de voile et non-additivité dans le papillotement
fusionnel). — Vision Res., 1961, 1, 301-309.
Si l'on égalise deux stimulations alternantes, l'une achromatique et
l'autre colorée, jusqu'à obtenir l'absence de papillotement, on peut
ensuite, sans perturber la fusion, ajouter à la stimulation colorée
une certaine quantité d'une lumière également colorée, supérieure à ce
que ferait prévoir la théorie d'additivité stricte des luminances (loi 9ft ANALYSES BIHLIOGB APHÏQU ES
d'Abney). La lumière additionnelle a donc été voilée, selon la terminol
ogie de Shipley, partiellement annulée. H. Piéron en 1939 avait déjà
dénoncé la non-additivité de la luminance des stimulations colorées,
phénomène particulièrement marqué par les couples de complémentaires.
Shipley a cherché des effets systématiques de la longueur d'onde des
deux stimulations additionnées, mais il n'a rien trouvé de net. Il note
cependant que la longueur d'onde additionnelle peut changer la couleur
perçue après fusion sans que le papillotement apparaisse et conclut que
ce fait est opposé à l'idée d'un flicker chromatique précédant le flicker
lumineux.
Par ailleurs, sans que l'évidence en soit aveuglante, d'après ses
données, Shipley incline à penser que le fait signalé par Piéron de non-
additivité exagérée lorsqu'il s'agit de fondamentales se retrouve dans
ses expériences.
Pour tirer des conclusions fermes de ces résultats, il faudrait posséder
la courbe de visibilité du sujet au niveau de luminance utilisé, on
pourrait ainsi confronter les courbes de voile avec elle et mesurer les
désaccords. Les courbes de voile dépendent, en effet, et de l'effet de
voile et de l'efficience de chaque longueur d'onde ajoutée ; tant que la
dissociation ne sera pas opérée, rien ne pourra être dit. Il serait cepen
dant intéressant de savoir si le papillotement chromatique, dont Piéron
et Galifret ont montré comment il faussait la photométrie de papillote
ment, intervient ou non dans les expériences de Shipley.
Y. G.
Bonaventure (N.). — Sur la sensibilité spectrale de l'appareil
visuel de la souris. — C. R. Soc. Biol, 1961, 155, 918-921.
Détermination des 'seuils absolus de vision lumineuse par la méthode
de l'appareil de choix de Yerkes en employant des flux monochromat
iques par filtres interférentiels et réglage de luminance avec des filtres
neutres. Vérification a été faite de la constance de la courbe de lucivité
spectrale, avec maximum à 505 m^i, en conditions photopiques (adapta
tion à 15 lux) et scotopiques.
Pas d'intervention donc de cônes pour les seuils absolus.
H. P.
Mead (A. P.). — Brief Communication : a Response of the Albino
Rat to Red Light (Réponse du rat blanc à la lumière rouge). — Anim.
Behav., 1961, 9, 225-226.
Pendant très longtemps on a cru que la vision de la plupart des
rongeurs est faible vers l'extrémité rouge du spectre, à cause du petit
nombre de cônes présents dans la rétine. Certains travaux aux alentours
de 1937 avaient montré que le rat de laboratoire pouvait percevoir
cependant le rouge, dans certaines expériences où le rouge était présenté
avec d'autres couleurs. Il y a cependant des doutes sur l'exacte sensibilité PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 97
visuelle du rat concernant le rouge et Mead a tenté d'étudier si le rat
percevait le rouge extrême (supérieur à 6 500 À).
L'appareil d'expériences comporte deux petites pièces permettant
d'observer le rat sans que celui-ci voit l'expérimentateur. Un carré
de carton rigide d'environ 1,20 m de côté est à demi éclairé par une
lampe munie d'un filtre Wratten, seule source de lumière donnant un
éclairement juste perceptible pour l'homme. L'observateur ne peut voir
le rat que lorsqu'il se trouve dans la zone éclairée. Les rats utilisés, des
mâles albinos Wistar (200 à 300 g), sont changés d'environnement social
et local pendant les cinq jours précédant les épreuves pour augmenter
le comportement explorateur. 20 minutes avant le début des expériences,
chaque rat est adapté à l'obscurité. Le rat est ensuite placé à la limite
des deux plages sur le carton qui est nettoyé soigneusement après
chaque expérience et dont la position peut être inversée. Une série de
8 rats a permis d'éliminer des faits secondaires et ensuite 16 rats ont
été testés.
Les résultats montrent que les rats passent en moyenne 214 secondes
dans la zone obscure contre 86 dans la zone éclairée. La différence est
significative et il est possible de conclure que les rats perçoivent encore
une lumière de 6 500 Â de longueur d'onde.
N. R.
Weale (R. A.). — Limits of Human Vision (Les limites de la vision
humaine). — Nature, 1961, 191, 471-473.
L'auteur mesure la densité optique des pigments visuels in situ
chez l'Homme. Cette méthode élaborée par lui depuis 8 ans fournit
maintenant des résultats relativement précis. Dans cette étude, il
décrit des expériences faites en lumière verte de X = 510 à 520 nifx
où — entre 8° et 17° extrafovéal — l'effet du pourpre rétinien est
supposé dominer, à juste titre. Nous retenons les résultats suivants
particulièrement intéressants.
1° Le blanchissement du pourpre ne fournit jamais davantage qu'une
diminution AD de sa densité initiale (inconnue) égale à 0,06, ce qui
correspond à 13 %. Or, Rushton indique AD J> 0,12. Vu l'intérêt que
présente la connaissance de cette grandeur pour l'évaluation du nombre
minimum de photons devant être absorbés dans les bâtonnets pour
atteindre le seuil de la sensation, on espère que les deux seuls spécial
istes dans ce domaine tomberont bientôt d'accord sur sa valeur
définitive.
2° Weale constate que le ADmax est atteint pour 30 s d'adaptation
à 3 x 106 trolands. Le début tout juste mesurable d'un blanchissement
se situe approximativement au niveau d'adaptation auquel Aguilar
et Stiles avaient constaté ia saturation du mécanisme de réponse des
bâtonnets.
E. B.
.v. l'SYcnuL G'.! 7

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