Vision - compte-rendu ; n°2 ; vol.55, pg 404-417

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L'année psychologique - Année 1955 - Volume 55 - Numéro 2 - Pages 404-417
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1955
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Henri Piéron
3° Vision
In: L'année psychologique. 1955 vol. 55, n°2. pp. 404-417.
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Piéron Henri. 3° Vision. In: L'année psychologique. 1955 vol. 55, n°2. pp. 404-417.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1955_num_55_2_8807404 ANALYSES UIBLIOG KAPHIQ U ES
crises où il ne peut parler. La radio révèle une tumeur temporale gauche
(aslrocytome). On l'opère : lobectomie large empiétant sur la zone du
langage de Penfield (pendant laquelle on le fait parler). A la fin de
l'opération, il peut dire son nom, compter et comprendre des ordres
simples. Mais, après, il ne peut plus parler et comprend mal. Les progrès
de récupération sont rapides, au cours d'une période où les mots sont
écorchés, certains oubliés. Entre quinze jours et trois mois, la guérison
sociale est obtenue, il reste une lenteur de débit, et un déficit permanent
des capacités d'abstraction, manifeste par exemple dans les essais de
définition de mots abstraits. Cette persistance, malgré la récupération de
la fonction verbale, manifeste une intéressante dissociation.
H. P.
3° Vision
VILTER (V.). — Cytoarchitectonique neuronique de la rétine d'un
mammifère strictement diurne. — C. R. Soc. Fr. Biol., 1954, 148,
1963-1966. — Histologie et activité électrique de la rétine d'un diurne, le Spermophile. — Ibid., 1768-1771.
Vilter continue ses patientes recherches de neuro-histologie comparée
de la rétine (cf. An. Ps., 54, 180). Il s'est adressé à un mammifère qui est
exclusivement photopique, comme certains reptiles, avec une rétine ne
comprenant que des cônes, ce qui est un cas privilégié particulièrement
précieux, dont on devrait pouvoir tirer parti dans la recherche du
support photosensible de la vision.
Une détermination histométrique pratiquée sur des coupes verticales
d'un Spermophile (Citellus citellus) a mis en évidence une bandelette
horizontale, sorte de fovéa élargie, à densité extraordinairement grande
des cellules réceptrices (240.000 par mm2) et une vaste area à densité
encore très élevée (160.000 par mm2), un peu décalée vers le secteur
vertical (ce qui serait en relation avec la surveillance aérienne des
oiseaux de proie, ennemis redoutables de ce petit animal désertique).
Une caractéristique assez exceptionnelle de la structure de cette
rétine est le nombre considérable des cellules amacrines (115.000 par mm2)
en moyenne, avec un rapport moyen de 2 pour 1 cellule ganglionnaire.
Sur toute l'étendue de la rétine, les bipolaires sont plus nombreuses
que les cellules réceptrices, et sont en relation de 4 à 1 avec les gan
glionnaires.
Ce mammifère aurait une vision panoramique très fine, avec une
acuité généralement limitée dans la plupart des espèces à une étroite
région centrale.
Les amacrines, d'après V. auraient un rôle essentiel dans les processus
d'inter-inhibition intervenant aussi en grand nombre les rétines à
cônes des reptiles diurnes, assez différentes d'autre part.
La moindre sensibilité lumineuse du Citellus, constatée par Born-
schein (Naturwissenschaft, 1954, 18, 435), qui n'a obtenu l'ERG qu'avec
une luminance 180 fois plus grande que chez le cobaye, paraît bien en ET PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 405 NEUKOPHYSIOLOGIE
relation avec l'absence des bâtonnets et surtout avec l'absence de concen
tration d'une pluralité de récepteurs sur une ganglionnaire sur toute
l'étendue de la rétine.
H. P.
HARTLINE (H. K.), RATLIFF (FL). — Spatial summation of
inhibitory influences in the eye of Limulus (Sommation spatiale
d'influences inhibitrices sur Vœil du Limule). — Science, 1954
(Abstract., Nat. Ac. of. Se, p. 6).
Dans l'œil du Limule, séparé du ganglion optique, il n'existe pas
d'action sommatrice d'une ommatidie à l'autre ; or il y a cependant des
interactions qui se manifestent dans la réponse des récepteurs, mais des inhibitrices. Quand on recueille les potentiels répétitifs
provenant d'une ommatidie éclairée, avec une fréquence sensiblement
proportionnelle au logarithme de l'éclairement, l'action de la lumière
sur des ommatidies voisines, répondant à leur tour, provoque une réduc
tion de la fréquence de la première fibre optique explorée. Cette action
inhibitrice, d'après les données que viennent d'indiquer succinctement les
auteurs, s'accroît avec la grandeur de l'éclairement et avec le nombre des
ommatidies voisines qui le reçoivent (les plus voisines étant les plus
efficaces). Mais, chose curieuse, il y a des interactions de voisinage qui
réduisent, qui inhibent l'action inhibitrice. Ainsi, cette action, provenant
de deux groupes d'ommatidies éloignés l'un de l'autre, est moindre
quand ces deux groupes sont contigus.
H. P.
WATERMAN (T. H.), WIERSMA (C. A. G.). — The functional
relation between retinal cells and optic nerve in Limulus (La relation
fonctionnelle entre les cellules rétiniennes et le nerf optique chez le
Limule). — J. exp. Zool., 1954, 126, 59-85.
On a interprété l'orientation fondée sur le plan de polarisation de la
lumière par une inégalité d'excitation des cellules réticulaires (10 à 15)
disposées dans chaque ommatidie. Or, en éclairant une ommatidie, on
obtient dans le nerf optique des réponses dont la fréquence varie seule,
avec amplitude constante des potentiels répétitifs, ce qui a conduit à
admettre qu'une seule fibre optique conduit les messages de l'ommatidie.
Les auteurs ont donc repris la question à la fois du point de vue éle
ctrophysiologique et du côté histologique sur 50 Limules de diverses tailles.
Sur 36 yeux, dans 22 il a été trouvé qu'une seule fibre répondait
par ommatidie (d'après le critère de l'amplitude invariable des potentiels) ,
dans 8 cas, il y avait plus de fibres répondant que d'ommatidies, et dans 6
plus d'ommatidies que de fibres. Avec de très forts éclairements on peut
avoir, par diffusion de la lumière, extension des réponses à un plus grand
nombre de fibres.
Mais, au point de vue histologique, le nombre de fibres du nerf est
effectivement bien plus grand que celui des facettes (par exemple,
5.408 dans un œil à 785 facettes). Seulement le nombre dos filtres de 406 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
grosseur moyenne, autour de 6 [i de diamètre (790) correspond au
nombre des ommatidies, et ce sont aussi les seules qui sont électriqu
ement excitables. En dehors de quelques très grosses fibres (32 de 7
à 11 (jt) provenant de l'œil rudimentaire, il y a surtout, émanant de l'œil
latéral à ommatidies, des fibres minces (2,5 \x), au nombre d'environ 4.500,
constituant bien les axones de cellules rétinulaires, mais n'envoyant pas
de messages photiques, le rôle de potentiels lents et faibles probables
restant en question.
Il y a, dans chaque rétinule ommatidienne une (ou à la rigueur deux)
cellule excentrique, dont l'axone transmet les influx engendrés par
l'excitation lumineuse. La lumière polarisée n'agirait donc que par une
inégalité d'excitation des diverses ommatidies.
H. P.
RIGGS (L. A). — Electroretinography in cases of night blindness
(Uélectrorétino graphie dans les cas d'héméralopie). — Amer. J.
Ophtalm., 1954, 38, 70-78.
Détermination de l'ERG (avec électrode cornéenne sur verre de
contact) au cours de l'adaptation à l'obscurité dans des conditions
strictement standardisées, avec des stimulations brèves très intenses
(de 40 ms.) sur la région centrale de la rétine (12° de diamètre).
Au fur et à mesure de l'adaptation, chez le normal, l'onde b de l'ERG
s'accroît notablement (une même amplitude s'obtenant, au bout d'une
heure, avec une luminance 100 fois moindre, tandis que, chez l'hémé-
ralope, l'onde b, déjà très réduite au début (avec nécessité d'une lumi
nance supérieure de 1,5 unité logarithmique) pour obtenir une amplitude
égale, ne présente qu'un accroissement bien moindre du fait de l'adap
tation (qui double la sensibilité au lieu de la centupler), en sorte que
l'héméralope se montre 3.200 fois moins sensible à l'obscurité.
L'ERG se chez les héméralopes en accord avec les données de
la sensibilité ; en revanche, il en est dissocié dans la rétinite pigmen-
taire : dans 3 cas, l'auteur l'a trouvé extrêmement réduit, presque
absent (réduction d'excitabilité de l'onde b 32.000 fois par rapport à la
normale), alors que l'atteinte visuelle est très faible.
Dans la dégénérescence maculaire, où la vision centrale est abolie,
l'ERG est apparu tout à fait normal, ce qui montre la dominance, dans
sa genèse, du fonctionnement des bâtonnets, surtout dans les conditions
adoptées de l'électrorétinographie clinique.
H. P.
ARDEN (G. B.), WEALE (R. A.). — Nervous mechanisms and
dark adaptation (Mécanismes nerveux et adaptation à V obscurité). —
J. of Physiol., 1954, 125, 417-426.
Expériences destinées à une comparaison de l'influence de la surface
d'excitation sur le seuil au cours de l'adaptation à l'obscurité dans la
région fovéale et dans une région périphérique (excentricité de 8° dans
la région droite do la rélinu gaucho, sur méridien horizontal). Deux NEUROPHYSIOLOGIE ET PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 407
plages de lumière blanche, d'un diamètre de 2,7' et de 7°, sont utilisées.
Chez deux sujets, les seuils ont été déterminés dans les deux régions
après huit et vingt minutes de séjour à l'obscurité.
Voici les valeurs obtenues en valeurs logarithmiques de luminance
(l'unité étant le millionième de millilambert, appelé « nano-lambert »),
pour la région périphérique :
Sujets
i_ il
2,7' 7° 2,7' 7°
Après 8 min 5,750 2,653 5,681 2,853
— 20 — 4,500 0,233 4,222 0,705
II se dégage nettement une augmentation de l'influence favorisante
de la surface au cours de l'adaptation. Chez le premier sujet, par exemple,
au bout de huit minutes le seuil pour la grande surface est 1.250 fois
moindre que pour la petite, mais, au bout de vingt minutes, il est près
de 15.000 fois moindre. Entre huit et vingt minutes, ce rapport des seuils
est de 1 à 17,8 pour la petite plage et de 1 à 210 pour la grande, ce qui
indique un accroissement de la capacité intégrative évidemment liée à
la concentration des bâtonnets qui doit se faire sur un plus petit nombre
de ganglionnaires.
Il n'en est pas ainsi dans la région fovéale où, pour la petite surface,
les seuils après adaptation à l'obscurité sont peu différents de ceux de la
région périphérique. D'après les courbes, seules données par les auteurs,
on voit toutefois que l'abaissement des seuils continue encore après
vingt minutes d'adaptation à l'obscurité dans la région extrafovéale pour
la petite surface, en sorte que les seuils y deviennent au bout de trente
minutes un peu plus de 3 fois moindres que dans la région fovéale, cette
différence de sensibilité absolue entre cônes et bâtonnets, en l'absence de
l'effet de concentration, étant évidemment faible, mais non cependant
entièrement négligeable.
H. P.
WATERMAN (T. H). — Polarization patterns in submarine ill
umination (Structures de la polarisation dans V éclairement sous-marin).
— Science, 1954, 120, 927-932.
De nombreux Arthropodes sont sensibles aux plans de polarisation
de la lumière, et l'on sait le rôle que la lumière polarisée du ciel bleu
joue dans les capacités d'orientation de divers Hyménoptères. Pour des
amphibies comme les Talitres, c'est encore la lumière polarisée du ciel
qui permet à ces Crustacés de regagner la mer. Mais des Crustacés
marins, comme les Limules sont aussi sensibles à la polarisation, et,
diverses espèces aquatiques comme les Daphnies, soumises à un flux de
lumière polarisée s'orientent en fonction du plan de polarisation (Bayler
et Smith, Amer. Naturalist, 1953, S7, 97). 408 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Aussi Waterman a-t-il pensé que la polarisation de la lumière pouvait
jouer un rôle dans les migrations du Zooplankton, et il a déterminé aux
Bermudes, à des profondeurs de 5 et de 15 m., avec analyseurs sensibles,
les caractéristiques de la polarisation de la lumière du jour. Il a identifié
deux composantes : l'une est directement transmise du ciel bleu, l'autre
naît dans l'eau, comme dans le ciel, orientée à peu près perpendiculaire
ment à la direction de pénétration. C'est la position du soleil qui est
déterminante pour ces deux composantes, qui peuvent donc guider les
oscillations planktoniques au cours de la journée.
H. P.
CAMPBELL (F. W). — The minimum quantity of light required
for elicit the accommodation reflex in man (La quantité minimale de
lumière requise pour susciter le réflexe accommodatif chez Vhomme). —
J. of Physiol., 1954, 123, 357-366.
Détermination du réflexe accommodatif suscité par l'interposition
d'une lentille négative de 3 dioptries au moment de l'examen d'un test,
d'après la photographie de la 3e image de Purkinje, qui subit une varia
tion de grandeur.
La luminance liminaire, avec une plage d'une demi-minute de dia
mètre a été trouvée de 6,3 millilambert ; avec une plage de 3', de 0,32 ;
et avec une plage de 25', de 0,01. Le seuil du réflexe est un peu moins du
double du seuil de visibilité fovéale dans les mêmes conditions, ce qui
indique que ce sont bien les cônes fovéaux qui commandent l'a
ccommodation.
Le produit de la luminance par la surface, au seuil, aurait été
constant jusqu'à 10', s'élevant au delà (jusqu'à l'étendue explorée de 90').
H. P.
BRINDLEY (G. S.). — The summation areas of human colour-
receptive mechanisms at increment threshold (Les surfaces de sommat
ion des mécanismes récepteurs chromatiques au seuil d'accroissement).
— J. of Physiol., 1954, 124, 400-408.
En raison du fait que l'acuité est moindre en lumière bleue, on peut
penser, ou que les récepteurs du bleu ont une moindre densité que ceux
du rouge et du vert, ou qu'ils se concentrent sur un plus petit nombre de
ganglionnaires. C'est pour tenter de résoudre le problème que l'auteur
a entrepris des recherches systématiques d'acuité et de sensibilité
absolue et différentielle avec des stimulations bleues, vertes et rouges,
sur fond (de 4°) d'une autre de ces 3 couleurs (obtenues avec filtres
Ilford de transmission maxima pour 680, 548 et 454 jjl). Emploi d'une
tache noire comme point de fixation (avec fixation de la tête), lumi
nance mesurée photométriquement, et réglée par jeu de polaroïdes
pour les éclats de surface variable (la luminance du fond étant toujours
de 60 millilamberts), ou pour les grilles utilisées dans les mesures
d'acuité. Lumière dirigée el, pupille artificielle (de 1 ou de .'! mm.) NEUROPIIYSIOLOGIE ET PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 409
sans que cela modifie les résultats, l'accommodation paralysée ou non.
Avec projection de grilles hétérochromatiques, sur le fond uniforme,
à des séries de luminances croissantes, en fonction des logarithmes de
celles-ci, l'acuité croît suivant une courbe parabolique parallèle pour le
vert sur rouge et le rouge sur vert (avec décalage en faveur du vert sur
rouge d'un quart d'unité logarithmique de luminances) ; il y a succession
de deux courbes pour le bleu-violet ; sur fond vert l'acuité est d'abord
la plus grande aux très faibles luminances, avec premier plafond quand
la luminance est triplée, la reprise se fait pour une luminance décuple,
et il y a parallélisme dès lors avec les courbes du rouge et du vert (avec
décalage d'une demi-unité logarithmique sur les luminances plus élevées
par rapport à la courbe du vert) ; sur fond rouge, la courbe du bleu a la
même allure double, mais avec un décalage initial vers des luminances
6 fois plus élevées, le premier plafond correspondant à peu près au même
seuil discriminatif, de 7,5 à 10'. Pour toutes les combinaisons, le pla
fond absolu, atteint à des luminances différentes, est sensiblement le
même.
Les seuils absolus aux éclats (de 95 ms.) d'un diamètre de 8' ou de 30'
ont été déterminés à des distances croissantes du centre fovéal jus
qu'à 3°30'. Avec des éclats bleus sur fond vert, la luminance liminaire
s'abaisse beaucoup pour la plus grande surface, et bien moins pour la
petite, ce qui indique une sommation spatiale croissante (sans que cepen
dant la loi de Ricco soit atteinte encore à 3° d'écart) ; quant aux seuils
différentiels (avec 8' de diamètre), ils s'abaissent nettement avec l'écart
jusqu'à 40', et s'élèvent au delà jusqu'à 2° environ (où se retrouve la
valeur initiale) pour s'abaisser un peu quand l'écart augmente encore.
Les éclats du petit diamètre sont, au seuil absolu, perçus bleus d'emblée
(sans intervalle photochromatique) jusqu'à une distance de 48' du
centre fovéal (distance moindre avec les éclats de plus grande surface).
Les seuils différentiels du vert sur rouge et du rouge sur vert s'élèvent
avec l'écart du centre fovéal entre 10' et 2°, mais restent stables au
delà.
Avec des éclats de diamètre croissant, le seuil différentiel, déterminé
à 55' et à 3° du centre fovéal, s'abaisse linéairement en fonction du dia
mètre (coordonnées doublement logarithmiques), sans changement de
la pente (inférieure à 45°) pour le vert et le rouge (jusqu'au delà de 30'
de diamètre) ; mais, pour le bleu (sur vert ou sur rouge), la pente est
de 45° (ce qui correspond à la loi de Ricco de sommation intégrale)
jusqu'à 13' de diamètre seulement, avec réduction de la pente au delà,
sans influence de l'adaptation (à l'obscurité ou à une luminance de
600 mL).
Ces données montrent que les récepteurs du bleu ne peuvent être
des bâtonnets, et l'auteur attribue la moindre acuité du bleu à une
concentration des récepteurs (connectés aux bipolaires plates), tandis
que les récepteurs du rouge et du vert (connectés aux « midget » bipolaires
et ganglionnaires n'ont pas de concentration. Mais il n'y aurait pas une
a. psvf.Tfor.. ">."> 27 410 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
densité moindre, car, promenant un éclat bleu à peu près punctiforme
(3' de diamètre), B. n'a constaté aucune variation brusque dans la
réception. H. P.
GRAHAM (G. H.), HSIA (Y.). — Luminosity curves for normal
and dichromatic subjects including a case of unilateral color blindness
(Courbes de lucivité de sujets normaux et dichromates , y compris un
cas de cécité aux couleurs unilatérale). — Science, 1954 (Nat. Ac. of.
Se, Abstract, 6).
Les auteurs ont établi la courbe de lucivité spectrale de la région
fovéale chez 7 sujets normaux (maximum à 550 mu., avec ressauts dans le
rouge et dans le bleu), chez 5 protanopes (moindre lucivité dans la zone
des grandes longueurs d'onde, et pas de ressaut à 620 mu.), et 5 deutéra-
nopes (réduction de la lucivité dans la zone comprise entre 415 et 530 mu.).
Un cas particulièrement intéressant a été celui d'une jeune femme
deutéranope de l'œil gauche avec œil droit entièrement normal. Or,
dans la région rouge du spectre, les courbes de lucivité des deux yeux
étaient identiques, tandis que la sensibilité absolue, dans la région bleue-
verte du spectre était amoindrie dans l'œil anormal. il. r „ .
FAGES (G.), SCHUBERT (G.). — The masking mechanism of the
human eye (Le mécanisme de masquage de l'œil humain). — Ophtal-
mologica, 1954, 128, 30-44. — SGHEGLMANN (L.). — Ueber das
Farbsehen (Sur la vision des couleurs). — Z. für Psychol., 1954, 157,
258-290.
L'influence de Hering est toujours dominante dans les milieux
germaniques. C'est ainsi que Schubert (de Vienne), avec Fages (de
Bombay) cherche à concilier son système avec la colorimétrie à base
trichromatique dont il souligne le caractère arbitraire.
Les 3 systèmes de Hering, rouge-vert, bleu-jaune, et clair-obscur
seraient attribués aux mécanismes nerveux centraux. A l'origine, il y
aurait, pour chacun des deux premiers systèmes, deux voies correspon
dant à des polarités de sens contraire, rouge et jaune cathodiques,
vert et bleu anodiques, avec connexions intersynaptiques assurant les
inhibitions et annulations réciproques dans l'égalisation de complé
mentarité, ces connexions étant établies par l'apparition des images
consécutives antagonistes.
Mais, au niveau cortical, il y aurait 5 groupes de récepteurs donnant
les sensations qualitativement différentes de rouge, jaune, vert, bleu et
violet, les voies du rouge agissant sur les éléments de ce dernier groupe.
Quant au 3e système, qui comporterait aussi une opposition de polarité,
il comprendrait d'une part les récepteurs photopiques, et d'autre part
les scotopiques, mais il y aurait un seul type d'intégrateurs auquel les
deux catégories seraient liées, avec la seule qualité donnai) I aussi bien
le clair que l'obscur, et apparition du blanc lorsque la neutralisation NEUHOPHYSIOLOGIE ET PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 411
des deux systèmes chromatiques abolirait l'activation des 5 groupes de
couleurs. Les deux catégories de neutralisations déterminent chacune
une barrière dans le spectre, divisé ainsi en 3 zones.
On voit que l'imagination continue à s'exercer en matière de méca
nismes de la vision des couleurs. Sheglmann en donne un autre exemple,
avec le même postulat des 5 couleurs fondamentales : un rouge corre
spondant à 670 myi, un jaune à 570, un vert à 500, un bleu à 470, et un
violet, moins précis, aux alentours de 400.
C'est l'anatomie de la rétine, d'après un schéma de R. Greef, repro
duit dans le traité de Trendelenburg (Der Gesichtsinn), qui lui a suggéré
une hypothèse sur la différenciation des mécanismes récepteurs, de
nature essentiellement nerveuse.
La région des cônes comprendrait, dans la courbe plexiforme interne
5 niveaux différents correspondant à des connexions synaptiques entre
cellules ganglionnaires d'un côté, bipolaires et amacrines de l'autre
(tandis que les synapses des ganglionnaires à bâtonnets seraient toutes
localisées à un même niveau, au contact des péricaryones) . A côté d'un
système de vision lumineuse scotopique par bâtonnets, et d'un autre,
photopique, purement achromatique, par cônes, les 5 niveaux synap
tiques correspondraient à l'éveil des 5 couleurs fondamentales, et com
porteraient des potentiels de nature différente, qui pourraient être
décelés dans l'électrorétinogramme.
Ces potentiels seraient de sens opposé dans les synapses des fonda
mentales complémentaires, d'où une capacité d'annulation réciproque
— comme dans la conception de Fages et Schubert - — par exemple au
niveau des couches 2 et 4, annulation se produisant dans l'activation des
synapses des 5 couches. Scheglmann n'essaie pas de maintenir l'opposi
tion du système de Hering clair-obscur qui n'avait de sens qu'au niveau
des perceptions de leucie, blanc-noir, comme les auteurs précédents,
mais garde les deux couples de complémentaires avec le maintien
paradoxal du violet. La tentation de lier les inhibitions à des oppositions
de polarité (comme celle des ondes a et b de l'ERG) est grande, mais elle
se heurte à l'analyse des ERG dans les stimulations colorées de la zone
fovéale, qui ne révèle aucune influence spécifique des couleurs, quand les
bâtonnets n'entrent pas en jeu.
H. P.
MOWBRAY (G. H.), GEBHARD (J. W.). — Differential sensitivity
of eye to intermittent white light (Sensibilité différentielle de Vœil aux
intermittences en lumière blanche). — Science, 1955, 121, 173-175.
Quelle est la plus petite différence de fréquence perceptible dans une
série régulière d'éclats lumineux intermittents ? C'est ce qu'ont déter
miné les auteurs en présentant deux séries consécutives d'éclats de
fréquence différente dont les deux sujets utilisés devaient dire si les
fréquences étaient ou non égales. L'erreur moyenne commise servait à
déterminer le seuil différentiel. En chambre noire, avec un fond de 71' de ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 412
diamètre de luminance égale à 44 millilamberts, apparaissait une tache
de 1° de diamètre à 98 ml.
La sensibilité est apparue comme bien plus fine qu'on ne s'y atten
dait avec un optimum à 35 par seconde (0,5 %), alors qu'à cette fr
équence, dans des intermittences sonores, le seuil différentiel du « flutter »
trouvé par Miller et Taylor était de 7,5 %.
Voici les valeurs obtenues jusqu'à la fréquence juste infrafusionnelle :
quence Seuil Seuil Fréquence Seuil Seuil
3. 8. absolu p. s. absolu relatif % relatif %
1 0,010 1 20 0,614 3,1
2,5 0,063 2,5 22,5 0,683 3,1
5,0 3,1 25 0,516 2,1 0,157
7,5 0,10 1,3 27,5 0,411 1,5
10 0,15 30 0,328 1,1 1,5
35 0,168 0,5 12,5 0,215 1,7
40 0,6 15 0,238 1,6 0,237
17,5 0,398 2,3 45 0,358 0,8
C'est avant le flicker (à 5 p. s.) et au flicker moyen (22,5 p. s.) que le
seuil relatif s'est montré le plus élevé.
H. P.
LANDIS (C). — An annotated bibliography of flicker fusion
phenomena covering the period 1740-1952 (Bibliographie annotée
des phénomènes de papillotement-fusion pour la période 1740-1952). —
In-4°, 154 p., University of Michigan, 1953. — Grozier and Wolf
on flicker-fusion 1933-1944 (Crozier et Wolf sur papillotement-
fusion). — J. of Psychol., 1954, 37, 3-17. — Temporal and intensity
limits Of the flicker-fusion threshold (Limites de durée et d'intensité
du seuil de papillotement-fusion) . — Science (Abstract), 1954, 120,
783. — THOMAS (G. J.). — The effect on critical flicker fr
equency of interocular differences in intensity and in phase relations
Of flashes Of light (Effet sur la fréquence critique de fusion des
différences interoculaires dans les relations d'intensité et de phase
d'éclats lumineux). — Amer. J. Psychol., 1954, 67, 632-646. —
A comparison of monocular and binocular critical frequencies :
simultaneous and alternate flashes. — Amer. J. Psychol., 1955, 68,
37-53. — BO UM AN (M. A). — On foveal and peripheral interaction
in binocular vision. — Optica Acta, 1955, n° 4, 177-183.
Les travaux relatifs aux conditions de fusion d'éclats lumineux
intermittents sont de plus en plus nombreux, dirigés de points de vue
très variés, théoriques et pratiques. L'imposante bibliographie élaborée
par Carney Landis, qui a rassemblé quelque 2.000 références, rendra
à coup sûr de grands services à beaucoup de chercheurs, dont la plupart
se montrent fort ignorants des résultats des recherches antérieures.
Dans cette bibliographie domine le nom de Crozier avec 50 références
des travaux que ce physiologiste a poursuivis pendant une dizaine
d'années avec quelques collaborateurs (E. Wolf surtout,) travaux domi
nés par une conception théorique éminemment originale, et, auxquels

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