Vision. Motricité oculaire - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 416-436

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L'année psychologique - Année 1913 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 416-436
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1913
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6° Vision. Motricité oculaire
In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 416-436.
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6° Vision. Motricité oculaire. In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 416-436.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1913_num_20_1_4368416 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sont donc pas satisfaisantes. L'auteur développe, avec un schéma
physique à l'appui, une théorie personnelle suivant laquelle les
piliers des arcs de Corti, les cellules de Deiters, de Hensen, la memb
rane basilaire et réticulaire seraient des formations de soutien,
tandis que les cellules ciliées seules des éléments sensitifs.
Tandis que le tympan traduit, d'une façon synthétique et par
une vibration complexe, les différents éléments phoniques du son
qu'il reçoit (comme la membrane d'enregistrement du phonographe
Edison), les cellules ciliées en font l'analyse et adaptent leurs mou
vements moléculaires aux divers éléments phoniques primaires
constitutifs de la vibration complexe. Cette analyse périphérique
reste muette ; pour que la sensation sonore prenne naissance, il
faut que les différentes vibrations élémentaires soient de nouveau
fusionnées synthétiquement dans les centres. A cet effet, les fibres
nerveuses qui se terminent au voisinage des cellules ciliées, abou
tissent par groupes dans les centres, suivant une systématisation
convenable, au voisinage d'une seule cellule nerveuse cérébrale.
Henri Laugier.
6e? Vision. Motricité oculaire.
SHEPHERD DAWSON. — Binocular and uniocular discrimination of
brightness (Discrimination binoculaire et monoculaire de la lumi
nosité). — Br. J. of Ps., VI, 1, 1913, p. 78-108.
Méthode du gris de fusion sur disques tournants, avec déterminat
ion des jugements exacts pour un gris donné et du temps de juge
ment.
Les résultats montrent à nouveau une supériorité, à ce double
point de vue, de la vision binoculaire.
L'auteur n'admet pas l'interprétation d'une addition partielle des
luminosités reçues par les deux rétines, et interroge les observa
tions introspectives des sujets : ce qui frappe ceux-ci, c'est la flu
ctuation plus grande des apparences lumineuses en vision monocul
aire; l'auteur pense que les fluctuations n'étant pas synchrones
pour l'œil droit et pour l'œil gauche, l'usage des deux yeux assure
aux impressions plus de stabilité, ce qui facilite et accélère la di
scrimination. H. P.
C. E. FERREE. — The fluctuation of liminal visual stimuli of point
area (La fluctuation de stimuli visuels liminaires d'une surface punc-
tiforme). — Am. J. of Ps., XXIV, 3, 1913, p. 378-409.
Reprenant la question des fluctuations sensorielles attribuées à
des oscillations de l'attention, l'auteur discute, pour les sensations
visuelles, les travaux de Heinrich et Chwistek ^1907) qui concluaient,
comme autrefois Münsterberg (1889), à un phénomène d'accommod
ation oscillante. MOTRICITÉ OCULAIRE 417 VISION.
En s'adressant à des sujets privés de cristallin depuis quinze à
vingt ans et ne possédant aucun phénomène d'accommodation rési
duelle, il a été possible d'obtenir les mêmes fluctuations que chez
les sujets normaux.
D'autre part, avec des stimuli punctiformes (surfaces très petites),
les mêmes phénomènes ont été obtenus qu'avec des surfaces plus
grandes, bien que dans de moins bonnes conditions (lumière trans
mise au lieu de lumière réfléchie avec surface colorée sur fond gris
de même clarté), c'est-à-dire des phases de visibilité augmentant en
allant du rouge au vert, au bleu et au jaune, et les phases d'invi
sibilité décroissant dans le même ordre, mais avec beaucoup moins
de constance.
Il y aurait là un rapport étroit avec les caractères de 1' « adapta
tion » pour les différentes couleurs, en entendant par ce terme, non
l'induction simultanée de Hering, mais simplement la diminution
de sensibilité rétinienne causée par une exposition prolongée à une
lumière blanche ou colorée, avec récupération ultérieure. Seule
ment l'auteur n'explique nullement comment il peut se faire une
récupération du moment que l'exposition rétinienne est continue.
Ces alternances se comprendraient si il y avait action discontinue
de l'excitant par un phénomène de protection (et peut-être est-ce le
cas, par suite d'un oscillant de migration pigmen-
taire), ou bien alors elles doivent se ramener plutôt à des phéno
mènes centraux qu'à des phénomènes rétiniens.
Le fait en tout cas est intéressant, si l'interprétation n'est pas
définitive, et les critiques à la conception d'oscillations accommo-
datives sont tout à fait décisives. H. P.
CHARLES GALLISSOT. — Contribution à l'étude de la scintillation.
— C. R. CLV, 23, 1912, p. 1134-1136. — Influence de la coloration
et de la grandeur dans les brusques variations d'éclat d'une
imagé stellaire. — C. R., CLV, 27, 1912, p. 1590-1592.
L'auteur insiste sur ce point que, dans l'étude de la scintillation,
il ne faut pas négliger les facteurs psycho-physiologiques; et il rap
pelle la loi de Dufour d'après laquelle les étoiles rouges scintillent
moins que les blanches, toutes choses égales d'ailleurs.
Il s'est trouvé amené à reprendre des recherches sur les sensa
tions visuelles, en s'adressant à des images punctiformes au lieu
des plages plus ou moins étendues qui ont été généralement utilisées.
I) a vérifié dans ces conditions les résultats de Broca et Sulzer
sur la comparaison des éclats brefs et des lumières permanentes,
lorsque l'intervalle entre les éclats brefs atteignait 4 ou 5 secondes;
pour des intervalles de 1 seconde, en revanche, l'éclat bref est
constamment plus faible que l'éclat permanent, sauf pour les éclats
bleus très intenses, où l'éclat bref peut paraître un peu plus lumineux.
L'auteur, avec ses images punctiformes, a enfin vérifié la loi de
Blondel et Rey sur l'influence des temps, loi que nous avons exposée
l'an dernier. H. P.
l'année psychologique, xx. 27 418 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
A. BRÜEGKNER et R. KIRSCH. — üeber den Einfluss des Adapta
tionszustandes auf die Empfindlichkeit des Auges für galvanische
Reizung (De Vinfluence de Vétat cl 'adaptation sur la sensibilité de
Vœil à Vexcitation galvanique). — Z. für S., XLVII, 1, 1912, p. 46-78.
L'excitation électrique de l'œil par ouverture et fermeture de
courant entraîne des éclairs lumineux, qui sont localisés à la péri
phérie quand le courant est faible, puis au centre quand il est plus
fort, et enfin, quand il est plus intense encore, à la tache aveugle.
En adaptant l'œil à l'obscurité, le seuil est deux fois moindre que
dans l'état d'adaptation à la clarté pour les apparences visuelles du
centre et de la tache aveugle, sans modification pour le seuil d'appa
rition à la périphérie.
Le phénomène de sommation des deux yeux de Piper a pu
s'observer pour l'excitation électrique. Notons que les recherches
ont eu lieu sur deux sujets, et que les phénomènes d'influence de
l'état d'adaptation se sont montrés différents chez l'un et chez
l'autre. H. P.
LUCY MAY DAY. — The effect of illumination on peripheral
vision (L'action de Véclairement sur la vision périphérique). — Am.
J. of Ps., XXIII, 4, 1912, p. 533-579.
Les travaux de H. B. Thompson et K. Gordon (1907) ainsi que
de G. M. Fernald (1905-1908) tendaient à montrer qu'en vision péri
phérique, des stimuli incapables de provoquer une sensation chro
matique étaient néanmoins susceptibles d'engendrer des images
consécutives colorées.
Mais ce fait, d'une importance théorique incontestable, ne fut
pas vérifié par Titchener et Pyle, qui n'obtinrent que des résultats
négatifs.
L'auteur a repris la question, précisant l'influence des conditions
expérimentales sur la vision directe ou consécutive des couleurs.
Un campimètre identique à celui de Fernald fut utilisé, avec
emploi des 10 couleurs de Hering comme stimuli, sur fond gris,
blanc ou noir, à la lumière solaire, pendant les jours clairs, et les
expériences furent réalisées sur huit sujets, dont l'auteur elle-
même.
Sur fond gris, en allant de la fovea à la périphérie, toute une
série de couleurs se rapprochent du jaune ; ce sont celles de la
partie la moins refrangible du spectre, du rouge au vert, tandis que
d'autres, celles de la partie la plus refrangible, du bleu-vert au
violet, tournent au bleu; et pour les images consécutives ce serait
l'inverse, ce à quoi on peut s'attendre étant donné le caractère
complémentaire de ces images; les premières vireraient au bleu,
les secondes au jaune.
Par obscurcissement des sensations ou des images consécutives,
soit par constraste sur fond blanc, soit par mélange de noir aux sti- VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 419
muli ou par superposition d'images sombres aux sensations, il y
aurait toujours changement de teinte vers la région la moins
refrangible du spectre et changement inverse par éclaircissement
des sensations ou des images consécutives.
D'autre part, au cours de Ja fixation, par une modification tempor
elle et non plus spatiale cette fois, il y aurait changement vers le
jaune de la partie du spectre entre l'orangé et le bleu-vert, tandis
que le bleu, le violet, le rouge vireraient au rouge, sur fond gris,
avec, pour les images consécutives, tendance au vert entre le rouge
et le jaune-vert, ainsi que, par une modification de sens inverse au
point de vue de la longueur d'onde, entre le bleu-vert et le violet.
Sur fond noir, les sensations et images consécutives des couleurs
entre le rouge et le jaune-vert inclineraient vers le violet, et, vers
le rouge, des couleurs allant du vertäu violet; avec fond blanc, ce
serait exactement l'inverse.
La clarté du fond aurait également une action sur le caractère
durable ou fugitif des images consécutives. Enfin les images consé
cutives colorées anormales (avec stimuli paraissant incolores) ont
apparu très rarement.
Ces résultats sont évidemment complexes et difficiles à inter
préter, mais on ne pourrait essayer une interprétation que si l'on
reprenait de telles expériences, — et certains auteurs sont en train
de le faire — avec des couleurs pures, les couleurs spectrales elles-
mêmes si possible, et en précisant les intensités lumineuses utili
sées.
Les couleurs de Hering (qui comprennent un pourpre inte
rmédiaire entre le rouge et le violet) sont loin d'être des couleurs
pures; elles fournissent des radiations complexes intervenant simul
tanément et dont certaines peuvent se trouver renforcées ; il y a là
une cause d'erreur énorme qu'il faut nécessairement éliminer.
H. P.
KNIGHT DÜNLAP. — Die Wirkung gleichzeitiger Reizung von
zentralen und exzentrischen Netzhautstellen {L'influence de l 'exci
tation simultanée de régions centrales et périphériques de la
rétine). — A. f. ges. Ps., XXIV, 4, 1912, p. 343-348.
Dvorak, puis Bethe, ont remarqué que deux impressions simulta
nées de la rétine, l'une périphérique, l'autre centrale, paraissaient
en réalité successives. Pauli, sans signaler ce fait, nota pourtant
que le seuil différentiel des impressions successives était plus petit
quand une excitation excentrique suivait une excitation centrale
qu'inversement.
L'auteur a repris la question avec des sujets qui ne présentaient
pas tous cette illusion : une image de l'excitation lumineuse, très
brève, vue centralement, était envoyée par un miroir à la périphérie
rétinienne, ou inversement (l'image réfléchie étant naturellement
moins intense). ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 420
Lorsque l'illusion se manifesta nettement ce fut l'excitation cen
trale qui parut toujours la première (même si les excitations
trale et périphérique étaient reçues chacune par un œil). Et l'ill
usion parut dépendre d'un déplacement de l'attention ou d'un
mouvement de l'oeil, attiré par l'excitation périphérique. De fait,
avec deux excitations périphériques opposées, entre lesquelles il
est plus facile de garder l'œil immobile et de partager l'attention,
l'illusion fit défaut, sauf quand il se produisit des déplacements
oculaires.
A ce propos l'auteur parle du phénomène de Mach, qu'il a eu
l'occasion de constater, et qui sous une forme un peu différente a
été l'objet des recherches de Lucy May Day. En effet, avec un écran
coloré, dans la région périphérique, d'après ses observations, la
couleur complémentaire peut suivre et même accompagner en
l'entamant l'impression lumineuse principale, restée incolore; cela
ne réussit guère qu'avec le rouge et le rouge jaune, et l'auteur
explique le fait en admettant que l'excitation influence la région
avoisinant la zone rétinienne recevant l'image lumineuse ; dès lors,
le rouge ayant un moindre pouvoir sensori-excitateur que le vert
ou le bleu, il se pourrait, avec un excitant faible et bref, que la
complémentaire apparaisse aux environs, alors que la couleur
principale n'apparaît pas encore. H. P.
À. ZAHN. — Ueber die Helligkeitswerte reiner Lichter bei kurzen
Wirkungszeiten (Sur les valeurs lumineuses de lumières pures avec
de brèves durées d'action). — Z. für S., XLV1, 1912, p. 287-300.
Études des clartés comparées des couleurs spectrales dans la
région de la fovea, avec des expositions assez brèves (2 a) pour que
la perception chromatique soit impossible. Les résultats ont été les
mêmes que ceux qu'avait obtenus Von Kries en faisant agir les
couleurs spectrales sur les parties périphériques de la rétine total
ement achromatopsiques, après adaptation à la lumière, que ceux de
Siebecks'adressant à de très petites zones rétiniennes paracentrales,
et enfin que ceux de Frauenhofer et König qui avaient tout simple
ment fait comparer les couleurs en ne tenant compte que de leur
clarté.
L'auteur en conclut — avec Von Kries — que le substrat physio
logique de la vision excentrique incolore se trouve aussi dans la
fovea où, en outre existerait alors le substrat de la vision chromat
ique. H. P.
L. R. GEISSLER. — Experiments on color saturation (Expériences
sur la saturation chromatique). — Am. J. of Ps., XXIV, 2, 1913,
p. 471-179.
Il n'y a eu jusqu'ici que peu de recherches sur les seuils de sensi
bilité à la saturation pure des couleurs. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 421
Aubert, à la lumière du jour, avait trouvé que le plus petit sec
teur coloré notable sur un anneau tournant était de 2° à 3° avec
un fond blanc, un peu moins avec fond noir ou gris; sur un fond
noir, le seuil différentiel était d'environ 0,95 p. 100 avec l'orangé,
1,54 avec le bleu et 1,67 avec le rouge.
L'auteur a repris des recherches sur les seuils différentiels de
saturation avec les disques de l'appareil Lummer-Brodhun en uti
lisant les papiers colorés de Zimmermann, le rouge (d), le jaune
(h), le vert (1) et le bleu (n) et des papiers gris de l'échelle de
35 clartés de Zimmermann, jugés de même clarté que chacune de
ces couleurs par la méthode du papillotement (le 2e pour le jaune»
le 4e pour le vert, le 13e pour le rouge et le 17°, le plus sombre,
pour le bleu); et il a opéré à lumière artificielle constante, de
composition spectrale connue. Ayant constaté, sur quatre observat
eurs, que, pour différentes saturations, le seuil différentiel pour
le rouge ne variait pas sensiblement suivant la saturation aux
saturations moyennes (350°, 240°, 120° de rouge : 3° à 4° de variation
pour le seuil ; mais 10° nécessaires à 360° de rouge, de 360 à 350°),
il reprit sur 9 sujets des expériences, avec les deux yeux séparé
ment ou simultanément, sur le seuil différentiel pour une saturation
constante des quatre couleurs choisies.
Les seuils différentiels moyens furent les suivants :
Rouge 2°,23 ± 0°,85
Bleu 2°,99±1°,32
Jaune . 5°,81 ±2°,11
Vert 7°,19±:1O,69
L'oeil droit ou l'œil gauche s'est montré, suivant les sujets, le plus
sensible, les deux yeux simultanément utilisés manifestant une
sensibilité intermédiaire. H. P.
F. W. EDRIDGE GREEN. — Colour adaptation [Adaptation aux cou
leurs). — Pr. of. R. S., LXXXVI, 1913, B. 585, p. 110-114. — Tri
chromie vision and anomalous trichromatism (Vision trichrome et
trichromatîsme anormal). — Ibid., B. 586, p. 164-170. — The cons
tancy of hue of spectral yellow of varying luminosity [La
tance de teinte du jaune spectral de luminosité variable). —
IXe Congrès intern, des Physiologistes, Groningue, 1913, Arch,
intern, de Physiologie, XIV, 1913, p. 76. — The after-images
of black and white on coloured surfaces {Les images consécutives
de noir et de blanc sur surfaces colorées). — Journal of Physiology
XLVI, 3, 1914; et IXe Gongr. int. des Phys., Arch, de Phys., XIV,
p. 77.
M. Edridge Green multiplie les observations contraires à la théorie
de la vision des couleurs qui implique un triple ou double mécanisme
(théorie de Young-Helmholtz, ou théorie de Hering).
Examinant l'adaptation de l'œil à un éclairage monochromatique, 422 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
il note que, par décroissance de sensibilité à la couleur de la
lumière, la région du spectre présentant cette couleur est vue comme
à peu près incolore, et que l'on distingue difficilement du blanc une
couleur semblable ; il y a estimation immédiate et inconsciente de
la des objets par rapport à celle de la lumière éclairante,
supposée blanche. L'adaptation augmenterait la sensibilité différent
ielle pour les couleurs autres que celle à laquelle l'oeil s'est adapté,
mais — là est le fait contraire aux théories précitées — l'adaptation
à une couleur ne renforce pas la couleur complémentaire : le bleu
spectral n'est pas plus brillant après adaptation au jaune ; le jaune reste jaune et ne passe pas au rouge par adaptation au
vert.
L'auteur note, dans un second travail, l'existence de cas de vision
trichrome, limitée à trois couleurs, le rouge, le vert et le violet (le
bleu étant vu vert-violet, et l'orangé rouge-vert), et distingue nett
ement de tels cas de ceux que l'on a considérés comme représentant
un trichromatisme également, mais normal (où l'on a l'équation
X 670 + X 535 = X 589, équation qui se trouve modifiée dans les cas
anormaux où il peut y avoir simplement une inégale finesse de
sensibilité aux diverses couleurs).
Dans la troisième note, M. Edridge Green constate que du jaune
pur spectral reste jaune jusqu'à disparition de la coloration lor
squ'on diminue l'intensité lumineuse ; la saturation diminue sans
variation de teinte, alors que, dans la théorie trichromatique, le
jaune devrait tirer au vert. Le bleu spectral présente la même
constance de teinte.
Enfin, fixant 3 secondes un point noir au centre d'un papier
blanc sur fond coloré, rouge par exemple, l'auteur obtient ensuite
sur fond blanc une image consécutive du papier blanc de la couleur
du de présentation, rouge dans le cas décrit; il explique le
phénomène par une migration — absolument hypothétique — du
liquide photo-chimique de la périphérie vers le centre de la rétine,
mais paraît ignorer qu'il s'agit là d'un fait bien connu, généralement
appelé « phénomène de Purkinje ».
H. P.
I. HERMANN. — Ueber die Fähigkeit des weissen Lichtes die
Wirkung farbiger Lichtreize zu schwächen. (Sur le pouvoir que
possède la lumière blanche d'affaiblir l'action d'excitants lumineux
colorés). — Z. für S., XLVII, 2-3, 1913, p. 97.
Révész a montré qu'un fond clair affaiblissait les couleurs;
l'auteur montre que le coefficient d'affaiblissement (mesuré par
l'augmentation du secteur coloré dans le disque tournant) croît
avec la clarté du fond en fonction sensiblement linéaire, et paral
lèlement pour les diverses couleurs.
Voici les coefficients d'affaiblissement obtenus pour trois clartés
du fond évaluées en grandeur angulaire d'un secteur clair : VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 423
Jaune. Vert. Rouge. Bien.
Clarté du fond.
( I. ] 180° 90° 1,97 1,37 1,42 1,79 2,15 1,42 1,49 1,95 1,65 2,30 1,99 1,57 1,83 2,51 2,14 1,64
( 360° 2,96 2,38 3,04 2,72 3,41 2,96 3,55 3,15
II semble, d'après ces résultats de l'auteur, qu'en valeur absolue,
l'action affaiblissante soit d'autant plus grande que la couleur
affaiblie est moins claire. H. P.
R. PAULI. — Untersuchungen über die Helligkeit und den Beleuch
tungswert farbiger und farbloser Lichten (Recherches sur la
clarté et la valeur éclairante des lumières colorées et incolores). — Z.
für B., LX., 8-9, 1913, p. 311-333.
L'auteur note que, dans les travaux sur la comparaison de la clarté
absolue et de la valeur éclairante d'une lumière, les résultats
obtenus sont très discordants, à cause d'erreurs systématiques et
de difficultés de comparaison (pour le rouge et le jaune ou le bleu
et le jaune par exemple).
Il reprend une série de mesures, qui montrent que l'hypothèse
de Helmholtz d'après laquelle à clarté égale la vision est égale pour
les lumières hétérochromes est inexacte.
En déterminant l'acuité avec différentes lumières et la clarté de
la lumière d'autre part (par comparaison photométrique) il constate
que, à clarté égale, la valeur éclairante est très variable suivant les
couleurs, la lumière blanche ayant le pouvoir éclairant maximum,
puis le jaune, le rouge, le vert, et enfin le bleu à valeur minima.
Le pouvoir éclairant de la lumière blanche est 5,74 fois plus
grand que celui du bleu; 4,26 fois que celui .du vert; 2,27 fois que
celui du rouge; et 1,27 fois que celui du jaune. Pour représenter
les proportions de façon plus claire que celle de l'auteur, on peut
représenter par 100 le pouvoir éclairant de la lumière blanche;
celui de la lumière jaune se trouve alors, à clarté égale, de 78,7; de la rouge, de 44,0; celui de la lumière verte, de
23,5; et celui de la lumière bleue, de 17,4. H. P
W. MAC DOUGALL. — On the relations between corresponding
points of the two retina (Sur les qui existent entre les correspondants des deux rétines). — Brain, XXXIII, 4,
p. 371-388,
L'auteur combat l'hypothèse de l'existence d'un centre commun
pour les points homologues des deux rétines, et expose une série
de faits incompatibles avec cette hypothèse : une surface éclairée
ne paraît guère plus lumineuse en vision binoculaire qu'en vision
monoculaire et le paradoxe de Fechner montre une augmentation
apparente de clarté alors que, en totalité, la lumière reçue par les 424 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
points homologues des deux rétines est moindre; des couleurs
différentes projetées sur des points homologues sont vues alterna
tivement, avec une influence de l'attention sur la durée et la pr
édominance de chacune d'elles; on peut réaliser les phénomènes de
fusion sur des points non homologues, dans le strabisme et la vision
stéréoscopique ; il n'y a pas transmission d'un œil à l'autre
d'images consécutives de mouvement; et il y a des cas d'hémia-
nopsie et même de cécité fonctionnelle totale limités à un œil;
enfin la vision binoculaire paraît appartenir à des animaux qui
présentent cependant un entrecroisement total des nerfs optiques
(comme le caméléon, la grenouille, le hibou).
Ce qui produirait le caractère particulier des points rétiniens
correspondants ce serait l'existence pour ces points d'un même
signe local, s'opposant à toute distinction.
Et l'identité du signe local tiendrait à la communauté des termi
naisons afférentes et efférentes, et à celle des réactions motrices
engendrées par l'excitation de ces points (mouvements de la tête et
des yeux).
Un point rétinien serait en connexion par sa voie cérébrale avec
les voies de tous les autres points (comme l'impliquent les phéno
mènes d'inhibition) ; et, dans les deux rétines, les points correspon-
pondants auraient les mêmes relations.
Dans cette hypothèse, l'auteur explique tous les faits donnés
comme incompatibles avec l'hypothèse du centre commun, mais
dont l'incompatibilité n'est pas toujours indiscutable.
En tout cas, la conception qu'il propose est véritablement sédui
sante. H. P.
GEORG J. BURCH. — On negative after-images with pure spectral
colours. (Sur les images consécutives négatives avec des couleurs
spectrales pures). — Pr. of. R. S. LXXXVI, B. 585, 1913, p. 117-118.
A. W. PORTER et F. W. EDRIDGE GREEN. — Negative after-images
and successive contrast with pure spectral colours. — Ibid.,
LXXXVII, B. 594, 1914, p. 190-191.
Dans un travail, analysé l'an dernier, MM. Porter et Edridge
Green avaient montré que l'image consécutive d'une couleur
spectrale pure ne renforçait pas la couleur spectrale complément
aire et que les images consécutives n'étaient pas modifiées par
l'action d'un deuxième spectre.
M. Burch déclare avoir obtenu des résultats différents et en
accord avec la théorie de Young; d'après lui les résultats des
auteurs précédents sont parfaitement compatibles aussi avec cette
théorie par suite de l'intervention d'une lumière diffuse.
MM. Porter et Edridge Green ont alors repris leurs expériences
en évitant l'intervention de toute lumière diffuse par emploi d'un
voile noir couvrant la tête et l'appareil.
Ils isolent une région spectrale de violet pur (de 4368 à 4571) avec

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