Vision. Motricité oculaire - compte-rendu ; n°1 ; vol.22, pg 421-444

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L'année psychologique - Année 1920 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 421-444
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1920
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7° Vision. Motricité oculaire
In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 421-444.
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7° Vision. Motricité oculaire. In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 421-444.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1920_num_22_1_4455SENSATION ET PERCEPTION 421
Pour la différence de phase, on connaît depuis longtemps son
influence (Lord Rayleigh. On our perception of sound direction.
Philosoph. Magasine, VIII, 4907, p. 214. — Revue dans Stewart,
Physical Review, 9, 1917, p. 502); et Hartley -en a déjà donné une
démonstration satisfaisante (Phys. Rev., 13, 1919, p. 373). Avec des
fréquences de 100 à 1 200 v. d., l'auteur apporte une démonstration
nouvelle avec des diapasons et un appareil spécial. La comparaison
quantitative des déplacements apparents avec les différences de
phases réelles donne une vérification à moins de 10 p. 100 près. La
localisation est très exacte dans la limite d'un déplacement de 90°.
Pour une différence de phase correspondant à 180° de déplacement,
le déplacement apparent est d'autant moindre que la fréquence
vibratoire est plus élevée, il est réduit à 41° pour 1 024 v. d.
L'influence des différences de phase -cesse de s'excercer (chez
quatre sujets) entre 1 200 et 1 500 v. d.
Lo Surdo, avec un appareil d'interférence et un diapason placé
devant un résonateur médian, en allongeant par un raccord mobile
le tube qui conduit le son à ceux des oreilles, l'autre gardant sa
longueur constante, montre que la source sonore paraît se déplacer
du côté où le tube n'a pas été allongé, d'autant plus que la différence
de longueur croît, jusqu'à ce que cette différence atteigne juste une d'onde; à ce moment on retrouve l'impression d'une
source frontale, dans le plan médian. Ceci démontre bien l'influence
pure de la phase, indépendamment de toute action des différences
d'intensité.
Lorsqu'on part d'une différence des deux chemins égale à une
longueur d'onde, si on allonge encore, on retrouve un dépla
cement apparent du côté opposé, mais si on racourcit un peu, on a
l'impression d'un déplacement inverse, fait paradoxal, puisque le
chemin est toujours plus long du même côté et que, pour un tel
allongement, quand on l'obtenait progressivement, le son paraissait
correctement déplacé du côté opposé. Il y a là intervention de
facteurs psychologiques, et de l'éducation perceptive.
L'auteur n'a pas fait de déterminations quantitatives, ni précisé
la limite d'action de la phase (qu'il fixe d'après Stewart à 600 v. d.
alors que c'est le double qu'a obtenu cet auteur).
H. P.
7° Vision. Motricité oculaire.
HENRI PIÉRON. — Des principes physiologiques qui doivent
présider à toute étude de la lumière. — Quelques données
physiologiques d'introduction à l'étude de l'éclairage. — Revue
générale des Sciences, 31, 19 el 20, 1920, p. 620-633 et p. 656-666;
32, 13, 1921, p. 390-399.
Études de mise au point, qui ne peuvent être résumées, et
destinées surtout aux physiciens et aux ingénieurs, pour leur
rappeler que la « lumière » n'est pas un phénomène physique, mais 422' ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
un phénomène psychophysiologique engendré par certaines caté
gories de radiations, et que, dès lors, il n'y a pas de mesure
physique d'un tel processus. Toute étude de la lumière doit tenir
compte des lois psychophysiologiques de réalisation du processus
sous l'influence des radiations agissantes, et en particulier l'étude
pratique de l'éclairage. H est donné un exposé, avee analyse
justificative, de ces lois, extrêmement complexes.
, H. P.
LEONARD THOMPSON TROLAND. — The « All or None » law in
visual response (La loi du tout ou rien dans la réponse visuelle).
— Journal of the optical society of America, IV, 3, 1920, p. 161-
186.
L'auteur a cherché le moyen de concilier la loi du tout ou rien,
démontrée pour l'excitation du muscle, et qui lui paraît plausible
pour l'audition, avec les faits établis de la réception visuelle; il
reconnaît toutes lés difficultés rencontrées, mais expose une donnée
de fait qui serait en faveur de eette loi.
Il a repris l'étude de 1' « arc bleu » découvert par Purkinje en
1825, retrouvé par Zeeman, Getz, Hubbard, etc., dénommé ainsi par
Ladd Franklin, phénomène entoptique qui consiste, lorsqu'une
tache de lumière rouge sur fond noir tombe aux environs de la
macula, dans la vision de deux bandes arquées, faiblement violacées,
convergeant vers la tcTche aveugle.
En rapprochant les données histologiques sur la distribution des
fibres nerveuses de la position des bandes en fonction de la forme
et de la région du champ rétinien éclairé (ce qui est examiné plus
en détail dans une autre publication) il apparaît avec évidence, dit
l'auteur, que cet effet est attribuable à une influence des Ohres
nerveuses excitées sur les fibres adjacentes, probablement par suite
de leur variation négative produisant un courant électrique exci
tateur. Et, de fait, l'excitation électrique de l'œil donne une
impression rouge jaunâtre obscure bientôt suivie effectivement d'un
violet blanchâtre, comme dans le phénomène entoptique de l'arc
bleu.
L'auteur a mesuré, par dès procédés ingénieux, avec beaucoup
de patience, la clarté, la « brillance » (brightness) apparente des
bandes bleues en fonction de celle du stimulus excitateur (compris
entre 642 et 6801^). Voici, pour une intensité du stimulus exprimée
en photons (unité physiologique définie antérieurement par l'auteur),
la clarté apparente exprimée en dix millièmes de photon, soit avec
un ordre croissant des intensités excitatrices, soit avec un ordre
décroissant :
5'
Stimulus. ..... . . ... 10 20 40 80 160 320 640
Brillance l Ordre croissant. . V9,81 9,65 9,63 10,28 9,64 9,32 9,72 11,25
apparente. ( décroissant. 9,32 9,19 9,26 9,21 9,32 ,9,9a 10,38 12,61
Cette constance de l'intensité relevant de la stimulation secondaire, ET PERCEPTION 423 SENSATION
malgré la variation considérable de celle de la stimulation primaire,
serait en faveur de la loi du tout ou rien, les fibres isolément
excitées par la variation négative répondant de façon uniforme
parce que leur nombre ne change pas.
Mais le nombre même devrait croître-par diffusion plus grande
d'un excitant plus intense dans l'hypothèse même de l'auteur* Sa
donnée n'est pas concluante.
H. P.
ROCHON-DU VIGNE AUD. —La vision eU'œil de l'homme au point de
vue de lanatomie et de la physiologie comparées. — Bull, et
mémoires de la Soc. d'Anthropologie, 1920. — La vision et l'œil des
oiseaux. — B. Biol., 4921, LlV, 2, p. 109-167. — La situation des
foveae simples et doubles dans la rétine des oiseaux et le problème
de leurs relations fonctionnelles. — Annales d'oculistique, 1920,
t. 157, n° H.
Naturaliste, anthropologiste, ophtalmologiste, Rochon-Duvigneaud
fournit d'importantes contributions à la connaisance de la structure
oculaire, et les met en rapport avec les données et les problèmes de.
fonctionnement. Les études sont riches et suggestives.
Il si lue l'œil de l'homme parmi les différents types rencontrés chez
les vertébrés: œil adapté à la vision diurne (à petite cornée), avec
acuité centrale excellente (fovea) pour petites et grandes distances
(appareil accommodateur), le même que celui des grands singes-
Chez les oiseaux l'œil a un type tout différent suivant qu'il s^agit
d'une espèce nocturne ou dune espèce diurne.
L'appareil optique est très perfectionné, avec pupille ay^nt une
grande marge de variation, emmétropie parfaite, axe de l'œil allongé,
permettant des images proportionnellement plus grandes (ce qui
donne à certains oiseaux, de ce fait, une acuité plus grande que
"celle de l'homme), fovea centrale chez les diurnes, très riche en
cônes (plus riche et plus étendue que celle de l'homme) et doublée,
chez lesrapaces, d'une seconde fovea, latérale, formant avec l'autre
une sorte de compas optique.
Les conditions de vie des oiseaux sont en étroit rapport avec la
structure de l'appareil oculaire mais le rôle de certaines dispositions
n'est pas encore élucidé. /
HP.
SELIG HECHT. — The photic sensibility of Ciona intestinalis. —
J.of gen. Ph., I, 2, 1918, p. 147-166. — Adaptation in the photo
sensitivity of C. int. — Science, 48, 1918, p. 198-201. — Sensory
equilibrium and dark adaptation in Mya arenaria. — J. of gen.
Ph., I, 5, 1919, p. 545-558. — The effect of temperature on the
latent period in the photic response of M. ar. Id., I, 6, 1919,
p. 667-685. — The nature of the latent period in the photic
response of M. ar. — Ibid., p. 657-666. — The photochemical
nature of the photosensory process. — Id., II, 3, 1920, p. 229- 424 ANALYSES
246. — Intensity and the process of photo reception. — Id. ,11,
4, 1920, p. 337-347. — Human retinal adaptation. — Pr. of N.
Ac. of Sc, VI, 3, 1920, p. 112-115. — The dark adaptation of the
human eye. — J. of gen. Ph., II, 5, 1920, p. 499-517. — The
relation between the wave lenght of light and its effect on the
photosensory process. — Id., Ill, 3, 1921, p. 375-390. — Time
and intensity in photosensory. process. — Ibid., p. 367-373. — Photo
chemistry of visual Purple. — — I-II. — Id., Ill, 1 et 3, 1920-21, p 1-13
et 285-290. — The photochemistry of the sensitivity of animals
to Kght. — Science, 53, 1372, 1921, p. 347-352.
Selig Hecht a consacré à l'excitabilité lumineuse une série de
recherches du plus grand intérêt.
Il étudie d'abord la réaction à la lumière d'une ascidie, Ciona
intestinalis, établit la loi de décroissance du temps de réaction en
fonction de l'augmentation d'intensité excitatrice, décroissance
hyperbolique (comme celle ^ue j'avais établie quelques années
auparavant pour les temps de réaction de l'homme).
. Il reprend la même étude chez un Lamellibranche, la Mya arenaria
qui réagit aussi à un éclairement brusque (rétraction du siphon). Il
montre qu'il existe un accroissement de sensibilité par adaptation à
l'obscurité, et analyse le temps de réaction (comme je le faisais dé
mon côté chez l'homme), en faisant varier les durées d'excitation.
Il est ainsi amené à distinguer dans le temps de réaction deux parts,
l'une pendant laquelle se produit une sommation de l'excitation,
conformément à la loi de Bunsen-Roscoe en matière photochi
mique (d'après laquelle, pour' un effet donné, par exemple limi
naire, le produit' de l'intensité par le temps d'action est constant),
et l'autre correspondant à un temps de latente proprement dit,
diminuant aussi en fonction de l'intensité excitatrice, mais restant
toujours très long et que l'auteur attribue eh presque totalité
(négligeant, à l'excès les phases de transmission et de réaction), à
une phase sensorielle, interprétée de la manière suivante : Sous
l'influence de la lumière, il se produit une réaction photochimique
S?±P + A dans laquelle une substance photosensible S estdécom-
pqsée~en ses deux précurseurs P et A. Cette est directement
accessible à l'expérience, elle se montre très peu accélérée par l'él
évation de la température, comme c'est la règle pour les réactions
photochimiques. Mais les produits de décomposition ne font pas des
excitateurs directs; ils agissent comme des catalyseurs pour une
autre réaction indépendante (réaction chimique ordinaire accélérée
par l'élévation de température conformément à la formule d'Àrrhé-
nius) L (P + A) — > T dans laquelle une substance indifférente L est
transformée en une substance active T libérant l'influx nerveux
pour-engendrer.la réaction. La vitesse de la réaction au cours de la
période latente (<jui correspond à ce second processus) étant fonc-'
tion linéaire du temps d'exposition doit donc être directement
proportionnelle à la concentration des substances catalysantes. Pour
l'influence de l'intensité sur la vitesse de réaction, elle se présente SENSATION ET PERCEPTION 425
sous la forme logarithmique comme en chimie physique (et qui
n'est autre que la loi de Weber)7 d'après laquelle l'augmentation
d'intensité nécessaire pour produire un accroissement dans un effet
photochimique est directement proportionnelle à l'intensité elle-
même *, Comme c'est la même loi qui vaut pour l'absorption de la
lumière traversant un milieu absorbant, Hecht tente de faire inter
venir une absorption pigmentaire — ce qui est difficile étant donnée
l'absence de pigment chez certains individus. En tous cas il donne
une vérification de l'exactitude de la loi faisant intervenir à la fois
le temps et l'intensité d'excitation : E=K flogl. L'effet est propor
tionnel (avec constante K) au produit de la durée t par le logarithme
de l'intensité I d'excitation. Une recherche sur l'influence de radia
tions monochromatiques montre une sensibilité maxima chez la
Mya dans le bleu vert.
t,a courbe de sensibilité spectrale devant coïncider avec le spectre
d'absorption de la substance photosensible, il y a, dans les données
obtenues, un moyen d'identifier cette substance, qui ne l'a pas
encore été chez la Mya. Mais, du moment qu'il y a une substance
photosensible connue chez l'homme, Hecht s'attache à son étude,
montre que la vkesse de décomposition du pourpre par la lumière
est indépendante de la température comme les autres réactions
photochimiques, et que la en fonction .du temps
s'interpole - par une formule K = {7 v log CL a 3C (où K est la constante
de vélocité, a le pour cent de concentration initiale et a — x le pour
cent de subs|ance non encore décomposée) qui implique une réac
tion monomoléculaire, par exemple du type S — > P + A (décomp
osition d'une .molécule en deux plus petites) à moins qu'il y ait
hydrolyse. -
Accessoirement, Hecht constate que la décomposition atteint un
taux sensiblement égal pour des énergies reçues égales, par action
continue ou intermittente (conformément à la loi de Ta'lbot).
Envisageant enfin la reconstitution à l'obscurité du matériel
sensible décomposé par la lumière, il s'adresse aux résultats de
Piper et de Nagel sur l'augmentation progressive de sensibilité dans
l'adaptation à l'obscurité chez l'homme, et trouve que la loi qui
1 x ' ' — - — correspond à un permet d'interpoler les résultats K = — 7 (jL* b (X " %V s"
comme processus de réaction chimique bimoléculaire cette fois,
l'impliquerait le processus -de reconstitution et de synthèse dans
l'obscurité de la substance photochimique — qui peut être justement
le poupre rétinien — à partir des deux produits de décomposition,
suivant la formule à laquelle ont conduit dès le début les recherches
sur l'ascidie et le mollusque S ^=± P -+- A.
11 y a là un ensemble de données, qui ont parfois une approxi-
1. Cette loi, dans le cas dont il s'agit, n'est pas valable, ni en fait ni
en droit, «omme je l'ai montré dans une discussion spéciale de mon
mémoire, dans ce volume, p. 122. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 426
mation assez grossière, mais qui constituent dans l'ensemble un
faisceau très intéressant de preuves en faveur d'un processus photo-
chimique initial dans tous les phénomènes physiologiques d'exci
tation par la lumière, y compris la vision crépusculaire chez
l'homme.
' H. P. •
C. SHEARD et C. MG PEEK. — On the electrical responses o! the
eye to stimulation by light of various wave lenghts (Sur Igs
réponses électriques de l'œil à la stimulation par. des lumières de
diverses longueurs d'onde). — Am. J. of Ph., 48, 1919, p. 45-66.
Recherches sur l'œil de chien fraîchement énuclëé. Une stimu
lation constante entraîne des fluctuations, dans le courant
d'action, d'une période d'environ 12 secondes, en même temps
qu'un changement progressif de la différence de potentiel entre le
tronc nerveux et la cornée; la positivité du tronc nerveux augmente
pour les couleurs chaudes du spectre et diminue pour les couleurs
froides, avec un point de passage situé vers 0 fjt 600. Un conflit des
deux tendances s'observe pour le jaune (0,590).
Les complémentaires tendent, chacune, à renverser ou à neutral
iser les changements de potentiel produits par l'autre.
Le plus grand écart par rapport au potentiel donné par une
couleur est donné par sa complémentaire.
La représentation graphique de ces variations présente une
ressemblance marquée avec les courbes de couleurs«classïques de
Hering.
Les auteurs exposent et discutent la question dé l'action élec
trique engendrée dans la rétine par les radiations lumineuses.
H. P.
J.-C. FLÜGEL. — A minor study of nyctopsis. — LL. WYNN JONES.
— A method of measuring nyctopsis with some results (Une
méthode pour l'étude de la vision nocturne, avec quelques résultats).
— Br. J, of Ps., XI, 3, 1921, p. 289-298 et p. 299-319.
Les problèmes dé guerre ont conduit à étudier la vision nocturne
au Laboratoire de Psychologie du Collège de l'Université de Londres,
sous là direction de Spearman, et cette étude garde une grande
importance au point de vue de la sélection professionnelle (méca
niciens d'express conduisant la nuit, par exemple). Des Recherches
préparatoires de Flügel, où l'on déterminait l'acuité et la sensibilité
lumineuse des sujets à la lumière, puis en faible lumière
après une 'durée définie d'observation suivant une durée définie
d'éclairage intense constant (avec lampe de 2 000 bougies dans la
' chambre noire), il résulte que l'acuité visuelle n'a pas de corrélation
marquée avec la sensibilité lumineuse, et qu'elle a une corrélation,
mais minime, avec elle-même en faible lumière et en lumière
intense ou modérée. SENSATION ET PERCEPTION 427
Wynn Jones, avec une méthode analogue, en vision binoculaire,
et en suivant les mesures au cours de l'adaptation à .l'obscurité,
a noté des, différences individuelles considérables dans la sensibilité
lumineuse, aubout de 4 à 40 minutes, un individu se montrant
14 fois plus sensible qu'un autre après l'adaptation la plus courte
(4 miputes), et un se montrant 25 fois plus sensible qu'un autre
après la plus longue (40 minutes).
Au bout de 16 minutes, un sujet peut percevoir un éclairement
de 9 millionnièmes de bougie-mètre. Les résultais sont semblables
pour l'épreuve faite dans une étendue limitée à 10° autour de la
fovea (cas habituel), et pour celles faites à 20°, 40°, et 60°. C'est aux
environs de 20° de la fovea, côté temporal, que la, sensibilité est
maxima. Pratiquement, une adaptation de 16 à 20 minutes est
suffisante pour les épreuves de vision nocturne. Les mêmes corré
lations, nulles ou très faibles, de Flügel, sont encore retrouvées.
Les différences individuelles dans la vitesse d'adaptation, en
rapport avec le taux final de l'accroissement de sensibilité, ne sont
pas étudiées, bien que les résultats obtenus eussent permis de le
faire. .
Nous empruntons aux tables de l'auteur, donnant les résultats
individuels des 12 sujets, les valeurs moyennes du seuil de vision
lumineuse ,au cours de l'adaptation pour quatre points de la rétine
(en millionièmes de bougie mètre, dont S3 p. 100 seulement reflétés
par l'écran observé).
Durée d'adaptation. . . 4 min. 16 min. 28 min. 40 min.
Vision centrale .... 410 45 32 31
Durée . . 6 min. 18 min. 30 min. 42 min.
A 20° 200 40 24 25
Durée d'adaptation. . . 8 min. 20 min. 3àmin. 44min.
A 40° 154 35 32 28
Durée . . 10 min. 22 min. 3i min. 46 min.
A 60° ......... 211 45 40 35
Certains des sujets donnent des résultats irréguliers, peut-être
dus en partie à la fatigue de déterminations répétées.
La sensibilité maxima obtenue chez un sujet correspond à un
seuil de 53 p. 100 de 3 millionièmes de bougie-mètre, soit environ
16 milliardièmes.
H. P.
J.-W. DOWNEY Jr. — Determination of minimum light-sense and
retinal dark-adaptation with presentation of a new type of
photometer (Détermination de la sensibilité lumineuse minimale et
adaptation rétinienne à l'obscurité, avec présentation d'un nouveau
type de photomètre). — American Journal of Ophtalmology, 2; 1919,
p. 13-20.
L'appareil employé est fondé sur l'emploi de composés lumineux
radifères. ■
L'auteur a constaté que l'adaptation d'un œil n'avait pas d'influence ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 428
sur celle de l'autre, et que la vitesse d'adaptation était sensiblement
la même pour les deux yeux. Au bout de 30 secondes d'illumination,
l'adaptation est perdue, et exige ensuite le même temps pour
revenir au même taux.
L'adaptation est marquée, même dans la région maculaire privée
de bâtonnets; toutefois elle est presque nulle lorsque les surfaces
rétiniennes d'excitation sont extrêmement petites.
En ce qui concerne l'adaptation maculaire qui paraît comporter
des différences individuelles considérables, il faut noter que, chez
un certain nombre d'individus, non seulement Ja macula, mais la
fovea elle-même, pourrait posséder quelques bâtonnets, ce qui ne
permettrait pas d'admettre telle quelle l'affirmation de l'auteur sur
l'adaptation en dehors des bâtonnets, s'il n'y avait pas d'autres
données en sa faveur. H. P.
PERCY W. COBB. — Dark-Adaptation with especial reference to
the problems of night-flying (U adapt ation~H l'obscurité, spécia
lement au point de vue des problèmes du vol de nuit). — Ps. Rev.
XXVI, 6, 1919, p. 428-453. /
Recherches sur 15 sujets, montrant que le seuil absolu de visi
bilité (2 rectangles de 15 x 5 mm., séparés par un rectangle obscur
"de mêmes dimensions) après adaptation à l'obscurité, correspond à
un éclairement compris entre 1 et 10 millionièmes de bougie-mètre
par mètre carré, les variations individuelles allant de 1 à 7,4.
La durée de réadaptation à l'obscurité pour atteiadre une sensi
bilité donnée après un éclairement étalonné varie avec les individus,
de 1 à 8,7 ou de 1 à 2,75 suivant que la durée de l'éblouissemént
est longue ou brève (5 minutes ou i5 secondes). '
Les courbes d'adaptation montrent des vitesses initiales variables
sans qu'il y ait un rapport constant entre la vitesse initiale et
l'augmentation finale de sensibilité. Et, en effet, chez beaucoup
dündividus, la courbe n'est pas régulière et présente des arrêts
en plateaux avec des reprises ultérieures, ce qui conduit l'auteur à
admettre la complexité d'un double processus. On trouve publiées
deux courbes, malheureusement sans les chiffres correspondants —
et l'absence des valeurs numériques pour ces progrès de l'adapta
tion en fonction du temps est très regrettable — , pour illustrer les
deux types régulier et irrégulier d'adaptation. _
Les conditions d'expérience, avec petite lampe de lecture, photo
mètre de mesure, point de fixation, permettent de se demander si
les irrégularités ne tiennent pas à un défaut expérimental
(mouvement d'yeux, passage irrégulier d'une fixation fovéale à une
parafovéale, etc.). „ ,
II n'y a pas eu de relation claire, dans les expériences de l'auteur,
entre l'intensité et la vitesse d'adaptation à l'obscurité d'une part et
la sensibilité différentielle aux ombres sous éclairage intense, d'autre
part. Mais cela n'a rien d'étonnant I
H. P. ET PERCEPTION 429 SENSATION
F.-W. EDRIDGE GREEN. — The Physiology of vision with special
reference to colour blindness [La physiologie de la vision, et parti
culièrement au point de vue de la cécité chromatique). — 8; 280 p.,
1920. Londres, G. Bell and Sons.
Voici un livre très personnel, et où l'on trouve les conceptions
que l'auteur a dégagées de ses nombreuses recherches. Edridge
Green pense que l'on ne peut étudier les couleurs que si l'on est à
la fois ophtalmologiste, physicien, physiologiste et psychologue. Et
sans douté peu d'hommes ont dû réaliser ces conditions, car, de
toutes les données classiques il ne reste à peu*près rien dans l'édifice
de l'auteur.
Pour lui, les cônes sont les seuls organes de la sensation visuelle,
les bâtonnets ne servant que de véhicule au pourpre; la vision est
réalisée par stimulation des cônes, au moyen d'une décomposition
photo-chimique du liquide qui les entoure et qui est sensibilisé par
le pourpre. Dès lors, il n'y a pas de différence entre la région fovéale
et la région périphérique de la rétine. (Seulement, s'il n'y a pas de
pourpre dans la fovea, faudra-t-il la dire aveugle?)
L'impulsion sensorielle, transmise au cerveau par les nerfs
optiques, stimule le centre visuel, provoquant une sensation de
lumière, et, de là, passe au centre de perception des couleurs, où
il engendre une sensation chromatique ou une autre, suivant sa
nature accordée à la longueur d'onde de la lumière. Le dévelop
pement plus ou moins grand de l'appareil cérébral permet la percep
tion de 2, 3, 4, 5, 6 ou 7 touleurs au maximum. Quand on a affaire
à un dichrojnate, c'est le rouge et le violet qui sont perçus, aux
extrémités du spectre; ensuite vient le vert, puis les autres cou
leurs, la dernière apparue étant le bleu violet, l'indigo de Newton.
Les troubles dyschromatopsiques consistent en des régressions de
l'appareil central de vision des couleurs.
Toutes ces conceptions se heurtent aux difficultés les plus graves.
L'homogénéité de la rétine ne peut absolument pas être admise;
et, dans la théorie d'Edridge Green, ni les reptiles diurnes — qui
n'ont pas de pourpre — , ni les reptiles nocturnes — qui n'ont pas
de cônes — , ne pourraient voir.
Mais l'auteur a pratiqué des examens nombreux, avec des dispos
itifs précis, comme le spectomètre de Hilger adapté pour l'étude
des couleurs. Certains des faits qu'il aurait observés pourraient
donc être pris en considération, à condition d'être vérifiés.
Le livre est d'ailleurs agréablement présenté, de style clair et
facile à lire. H. P
A. POLACK. — Les effets du chromatisme de l'œil dans la vision
des couleurs complexes. — C. R., 172, 24, 1921, p. 1532-1534.
L'auteur a déjà signalé l'influence du chromatisme de l'œil —
physiquement incontestable — sur la vision des couleurs complexes
(G. R., 1904, 138, p. 1538).

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