Vision, par E. Baumgardt, Y. Galifret, J. Medioni, H. Piéron - compte-rendu ; n°1 ; vol.59, pg 171-195

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L'année psychologique - Année 1959 - Volume 59 - Numéro 1 - Pages 171-195
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1959
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E. Baumgardt
Y Galifret
J. Medioni
Henri Piéron
1° Vision, par E. Baumgardt, Y. Galifret, J. Medioni, H. Piéron
In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°1. pp. 171-195.
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Baumgardt E., Galifret Y, Medioni J., Piéron Henri. 1° Vision, par E. Baumgardt, Y. Galifret, J. Medioni, H. Piéron. In: L'année
psychologique. 1959 vol. 59, n°1. pp. 171-195.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1959_num_59_1_6609— Psychophysiologie des sensations III.
1° Vision
SVAETICHIN (G.). — Spectral response curves from single cones
(Courbes de réponse spectrale de cônes isolés). — Acta. physiol. Scand.,
1956, 39, suppl. 134, 17-46. — MOTOKAWA (K.), OIKAWA
(Tasaki, K.). — Receptor potential of Vertebrate retina (Potentiel
récepteur de la rétine des Vertébrés). — J. Neurophysiol., 1957, 20,
186-199. — GRÜSSER (U. J.). — Rezeptorpotentiale einzelner
retinaler Zapfen der Katze (Potentiels récepteurs de cônes isolés du
Chat). — Naturwissens chaften, 1957, 44, 512-513. — GRUNDFEST
(H.). — An electrophysiological basis for cone vision in Fish (Une
base électrophysiologique pour la vision par cônes chez le Poisson). —
Arch. ital. Biol., 1958, 96, 135-144.
Svaetichin, élève de Granit, a obtenu, par introduction de micro
électrodes dans la rétine d'un poisson vénézuélien, un Mugil, en les
faisant pénétrer par la face postérieure du globe oculaire, des réponses
aux éclairements dans des couches qu'il considérait comme celles des
récepteurs, et tout particulièrement des cônes, en ayant détaché au préa
lable l'épithélium pigmentaire auquel les bâtonnets restaient attachés.
Or, ces réponses étaient bien des potentiels locaux gradués, et
non des influx par tout ou rien, comme cela découlait d'une série de
travaux, mais, ce qui eut un caractère sensationnel, suivant la cellule
dans laquelle avait pénétré la microélectrode, le potentiel de réponse,
durant autant que la stimulation lumineuse, consistait en un accroi
ssement de la négativité (interne, de repos), c'est-à-dire en une hyper-
polarisation — qui se traduit sous forme inhibitrice — ou au contraire
en une positivation (d'où négativation externe), en une dépolarisation
qui est la modalité excitatrice.
Or, en utilisant pour la stimulation 24 radiations monochromatiques,
Svaetichin trouva trois types de cellules, les unes répondant à toutes par
une dépolarisation, d'autres répondant aux X de 590 à 750 mjj. par une
hyperpolarisation (au maximum à 649) et aux X inférieurs par une
dépolarisation (au à 506), et désignées du type R.G. (red-
green), les dernières enfin répondant par hyperpolarisation entre 400
et 550 (max. à 460), et par dépolarisation de 560 à 750 (max. à 610),
et désignées du type Y.B. (yellow-blue). Le premier type a été seul
trouvé chez la Brème, type dit L (luminosity). 172 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Svaetichin a attribué à des types de cônes doubles (twin-cones) la
double réception. Le malheur, c'est qu'avec un marquage colorant des
cellules où pénétraient les électrodes, postérieurement à la publication de
ce travail, il est apparu que ces cellules se rencontraient dans la couche
des bipolaires et horizontales (travaux de Mac Nichol et Svaetichin, et de
Mac Nichol, Macpherson et Svaetichin).
Et, dès lors, si les faits sont fortement en faveur d'un système de
réception chromatique par couples complémentaires du type Hering,
ils localisent ce système au niveau des transmissions synaptiques et
non des processus photochimiques initiaux.
Dès lors, les résultats obtenus par Motokawa et coll., utilisant chez la
Carpe la méthode de Svaetichin, avec des résultats semblables (potentiels
positifs ou négatifs suivant la région spectrale, avec 4 maxima (470-600
pour un couplage, 550-650 pour l'autre), doivent être attribués non
aux réponses des cônes eux-mêmes, mais à des éléments nerveux en
relation avec les cônes.
Enfin, les intéressants résultats de Grüsser, sur la rétine du Chat
cette fois, et en faisant pénétrer par la voie habituelle ses microélec
trodes très fines (moins de 0,5 \l) jusque dans les couches profondes,
obtenant uniquement des hyperpolarisations (accentuation de la négat
ivité interne de repos), ne doivent pas non plus être considérés comme
traduisant des réponses de cônes. En tout cas, ces réponses (potentiels
lents d'amplitude proportionnelle au logarithme de l'éclairement)
commandent la fréquence d'influx dans les types « on » des cellules
ganglionnaires, directement proportionnelle à l'amplitude des
potentiels lents, ce qui confirme la donnée classique de la proportionn
alité de cette fréquence au logarithme de la stimulation, puissant
appui à la loi fechnérienne.
Théoriquement, on avait pu penser que, dans la région explorée de la
rétine, on devait pénétrer plus facilement dans le corps des cellules
réceptrices à cônes, volumineuses (en l'absence de fovéa), particuli
èrement chez les poissons.
Si on n'a pas obtenu, en tâtonnant, de réponses électriques provenant
des récepteurs, on peut se demander si les à l'absorption de
photons sont bien de nature électrique. En fait, Grundfest a développé
une conception assimilant les récepteurs rétiniens à des cellules glandul
aires, et envisageant la production, comme réponse, d'un médiateur
chimique, suscitant des réponses synaptiques (cellules horizontales ou
bipolaires) pouvant consister en des dépolarisations (agissant sur les
ganglionnaires de type « on ») ou des hyperpolarisations (engendrant les
inhibitions des « on » et les réponses « off »). La présence de plusieurs
bipolaires (2 ou 3) connectées à chaque cône, établie par Vilter, facilite
la compréhension de ces mécanismes complexes dans ce centre nerveux
qu'est la rétine.
H. P. PSYCttOPHVSlOLOGIË DES SENSATIONS 133
DE VALOIS (R. L.), SMITH (C. J.), KITAI (S. T.), KAROLY
(A. J.). — Response of single cells in Monkey lateral geniculate
nucleus to monochromatic light (Réponse de cellules isolées du corps
genouillé latéral du Singe à une lumière monochromatique). — Science,
1958, 127, 238-239.
Expérience limitée puisque portant sur cinq animaux seulement et
sur soixante-dix cellules. Les auteurs pensent cependant que l'on peut
distinguer dans les couches dorsales cinq types de cellules avec courbes
de réponse différentes, les maxima se situant vers 620, 580, 550 et
450 va\i pour les éléments chromatiques et 510 m\x pour les éléments
en connexion avec les bâtonnets principalement.
Ces différents sont situés dans les 2 couches
dorsales, ceci ruine donc s'il en est encore besoin, l'hypothèse de Le Gros
Clark suivant laquelle les trois paires de couches du G.L. correspondent
chacune à une fondamentale de la théorie trichromatique.
Certaines cellules dans les couches médianes donnent, soit une
réponse « on », soit une réponse « off » selon la longueur d'onde de la
stimulation, par exemple « on » avec bleu et « off » avec jaune-vert ou
« on » avec rouge et « off » avec vert.
Mais il ne s'agit là, comme le soulignent les auteurs, que des premiers
résultats sur lesquels il serait imprudent de trop spéculer.
Y. G.
LENNOX (M. A). — Single fiber responses to electrical stimulation in
Cat's optic tract (Réponses de fibre isolée à la stimulation électrique
dans le tractus optique du Chat). — J. Neurophysiol., 1958, 21, 62-69.
— The on responses to colored flash in single optic tract fibers of
Cat : correlation with conduction velocity (Les réponses « on » à un
éclair coloré dans les fibres isolées du tractus optique du Chat : corrélation
avec la vitesse de conduction) . — Ibid., 70-84.
L'auteur stimule le nerf optique près du globe oculaire et recueille
simultanément avec une macroélectrode et une microélectrode sur le
tractus contra-latéral. Les latences de la réponse recueillie par micro
électrode varient de 0,50 à 3,54 ms, mais se répartissent en quatre
principaux groupes dont les moyennes sont 0,62, 0,79, 1,10 et 2,51 ms.
Les trois derniers groupes ont des latences qui expliquent parfaitement
les composantes de la macroréponse. Les fibres du premier groupe
ne se manifestent pas dans cette macroréponse à cause de leur trop
petit nombre, leur vitesse de conduction varie de 60 à 73 m/s et leur
diamètre est de l'ordre de 10 à 12 {i. Les vitesses de conduction sont,
pour les trois derniers groupes : 52, 37 et 16 m/s, les diamètres des fibres
étant respectivement de 8 à 9, 6 et 2 à 3 fx.
Mrs Lennox essaie ensuite de mettre en corrélation ces différents
types de fibres avec des spécificités chromatiques. La « seule corrélation
solide est celle qui lie la vitesse de conduction et la réponse différentielle
de l'unité aux deux couleurs rouge et bleu ». Les fibres lentes répondent 174 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
plus activement — latences plus lentes, influx plus nombreux — au
bleu qu'au rouge et inversement les fibres rapides répondent plus
activement au rouge qu'au bleu. Mais cette affirmation cesse d'être
convaincante quand on sait que les stimulations bleue et rouge utilisées
ont des énergies ajustées de telle façon qu'elles donnent la même réponse
électrorétinographique, c'est-à-dire que l'énergie du rouge est de l'ordre
de 300 fois celle du bleu. Peut-on être sûr qu'une stimulation rouge
d'énergie égale à celle de la stimulation bleue resterait plus efficace que
la stimulation bleue vis-à-vis des fibres rapides ? Certainement pas,
car, dans les conditions utilisées par l'auteur, la supériorité du rouge
est très peu marquée et disparaîtrait très probablement si l'on stimulait
à énergie égale.
Ajoutons que le fait de prendre le chat comme animal d'expérience
lorsque l'on se propose de travailler sur les mécanismes de la vision chro
matique comporte une part de risque puisque l'on sait avec certitude
que le chat a peu de cônes rétiniens et une fovéa mal individualisée et
que par ailleurs la cécité chromatique de cet animal est affirmée par de
nombreux auteurs.
Y. G.
GRÜSSER (O. J.), CREUTZFELDT (0.). — Eine neurophysio-
logische Grundlage des Brücke-Bartley Effektes : Maxima der
Impulsfrequenz retinaler und corticaler Neurone bei Flimmerlieht
mittlerer Frequenzen (Un fondement neurophysiologique de Veffet
Brücke-Bartley : Maxima de la fréquence d'influx de neurones rét
iniens et corticaux avec une lumière papillotante de fréquence
moyenne). — Pflüger's Arch., 1957, 263, 668-681. — GRÜSSER
(O. J.). — Reaktionen retinaler Neurone nach Lichtblitzen (Réactions
de neurones rétiniens à des éclairs lumineux). — I. avec RABELO
(Carmen). — Eingelblitze und Blitzreize wechselnder Frequenzen
(Éclairs isolés ou en séries de fréquences cariées). — II. avec KAPP
(H.). — Doppelblitze mit wechselnder Blitzintervalle (Éclairs doubles
avec intervalle variable). — Pflüger's Arch., 1958, 265, 501-525 et
266, 111-129.
On doit à Grüsser et à ses collaborateurs, travaillant au département
de Neurophysiologie clinique de l'Université de Friburg-en-Brisgau,
sous la direction du Pr R. Jung, une série de recherches très intéressantes
de neurophysiologie visuelle, à la suite de la thèse qu'il avait consacrée
en 1956 aux Reaktimen einzelner corticaler und retinaler Neurone der
Katze auf Flimmerlicht und ihre Beziehungen zur subjektiven Sinnes
physiologie.
Dodt et Enroth avaient étudié les réponses des cellules ganglion
naires de la rétine à des stimulations lumineuses intermittentes {Acta
physiol. scand., 1954, 30, 375-390), mais sans déterminer l'influence sur
la fréquence des réponses de la fréquence des intermittences. Or, en
faisant varier cette fréquence, on obtient un maximum dans celle des PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 175
potentiels d'action pour une valeur d'environ 15 p/s (à 500 lux, la
fréquence critique étant de 21), par exemple sur un neurone « off ». C'est
sur des réponses de neurones isolés du cortex visuel de l'aire striée de
chats à encéphale isolé que des recherches systématiques ont été pours
uivies. Ces neurones, étudiés par R. Jung, sont, comme les cellules
ganglionnaires, de type « on » (B), « off » (D) ou « on-off » (E), mis à part
ceux qui ne répondent pas à la lumière (A), les plus nombreux d'ailleurs.
Mais, pour tous les types, la c.f .f. est en moyenne la même (avec 500 lux) :
18,8 p/s, les valeurs extrêmes, pour 45 explorés étant de 5 et 45 (les
potentiels cessant, au delà, d'être synchronisés avec les stimulations
lumineuses, avec égalité des phases dans la période).
Pour 23 neurones « on », en moyenne, la fréquence des potentiels est,
à l'obscurité (activité spontanée) de 10, au maximum (à 8,8 inter
mittences p/s) de 29,6, à la c.f. f., de 17,4 (égale aux intermittences) ;
pour 10 neurones « off », les valeurs sont de 11,2, de 37,4 et de 20,2 ;
enfin, pour 10 « on-off », de 10, de 31,5, et de 19,1.
Le maximum de la réponse correspond bien à l'effet de maximum
de phanie visuellement observé chez l'homme. Une corrélation peut
apparaître entre la fréquence alpha et la fréquence de stimulation ayant
l'efficience maxima sur le rythme répétitif des potentiels.
D'autre part, une recherche systématique sur les réponses de cellules
ganglionnaires chez des chats (à encéphale isolé ou cerveau isolé) a été
reprise avec des microélectrodes très fines (moins de 1 \l), introduites
différemment en enlevant ou en conservant le système optique de l'œil,
avec des résultats semblables, quant à l'effet de stimulations durables
(pouvant être brièvement interrompues) ou d'éclairs lumineux (0,3 ms)
uniques, en séries de diverses fréquences, ou en couples avec des écarts
divers.
Chez 20 chats, 250 neurones isolément explorés ont fourni des enre
gistrements suffisamment étalés pour permettre une fine analyse dans
78 cas (28 « on », 22 « off » et 28 « on-off »).
1° Dans l'adaptation à la lumière, un élément « on » a une activité
spontanée modérée ; une stimulation durable (500 lux) suscite une
décharge qui se raréfie, qui cesse complètement à l'arrêt de la lumière,
et reprend. Pendant la stimulation, une obscuration brève (20 ms) est
suivie d'une reprise momentanée plus serrée de l'activité continue, un
éclair bref (3 000 lux) suscite une décharge serrée mais très brève,
suivie d'un arrêt complet d'activité, puis une décharge moins dense,
un nouvel arrêt, et une reprise d'activité moyenne.
Il se manifeste nettement des processus d'excitation et d'inhibition.
2° A l'obscurité, un élément « off » a une activité moyenne; une stimul
ation durable (1 000 lux) l'interrompt complètement, et elle reprend
ensuite, avec une certaine latence ; un éclair (12 000 lux) suscite un
arrêt assez long. Un éclairement continu laisse réapparaître l'activité
spontanée, qui disparaît momentanément à la suite d'un éclair, dont
l'action inhibitrice est nette. 176 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
3° Un élément « on-off » présente une activité spontanée moyenne à
l'obscurité ; une stimulation durable (1 000 lux) provoque un arrêt net
suivi de reprise, et sa cessation entraîne une décharge se raréfiant
progressivement. Les éclairs lumineux suscitent un bref arrêt complet,
suivi, avec un retard notable, d'une décharge plus ou moins durable.
A un éclairement continu, un de ces éléments, se montrant silencieux,
répond à un éclair par une décharge, après une grande latence ; la
fréquence et la durée de la décharge augmentent en passant de 500 lux
à 3 000 lux, mais diminuent à 12 000 lux, avec, dans ce cas, une reprise
temporaire après un intervalle assez long.
Pour des séries d'éclairs (3 000 lux) à la fréquence de 2 ou 3 p/s,
chaque stimulation entraîne dans une cellule « on » une décharge, suivie
d'un silence avec reprise à rythme lent. Dès que la fréquence atteint
5 p/s, il n'y a plus que la décharge et le silence ; aux fréquences plus
élevées, de plus en plus brèves décharges suivent synchroniquement le
rythme des stimuli en se raccourcissant jusqu'au moment (c.f.f.) où les
potentiels ne surviennent plus qu'irrégulièrement. Dans une cellule
« on-off », aux fréquences basses, quelques paquets de potentiels suivent
chaque éclair ; à la fréquence de 15 à 20 p/s, il n'y a plus que 2 ou
3 potentiels, coïncidant avec l'éclair suivant, puis 1 seul, et, à partir delà
fréquence critique, des potentiels isolés irréguliers.
En utilisant des couples d'éclairs, on obtient des résultats différents
sur les types « on » et « on-off ».
Une cellule du premier type réagit à un éclair de 3 000 lux par une
décharge serrée suivie, à environ 200 ms, d'un 2e train, puis d'un 3e ;
lorsqu'un deuxième éclair survient, à moins de 100 ms, dans la phase de
silence, la décharge à celui-ci est retardée, et, à 60 ms, elle disparaît,
mais les trains consécutifs sont accrus ; au-dessous de 52 ms — temps
critique - — il y a accroissement de la décharge au 1er éclair qui se continue
avec celle du second, la sommation arrivant à entraîner une réponse
initiale à peu près double au-dessous de 10 ms.
Le temps critique est plus long quand la stimulation lumineuse est
moindre, alors que c'est l'inverse pour les cellules «off», mais cette relation
s'observe aussi pour les éléments « on-off », d'ailleurs plus variables : ces
éléments, qui donnent à l'éclair isolé une décharge tardive (après
90 ms) et prolongée, avec des trains tardifs éventuels peu denses, donnent
en général une deuxième décharge quand le second éclair survient au
moment de la première, mais une décharge unifiée — et prolongée —
quand l'intervalle est réduit à 60 ms, la latence restant celle du décle
nchement de la première (90 ms). Dans certains éléments, la fréquence
obtenue avec un intervalle de 10 à 20 ms, décroît quand l'intervalle
augmente, tendant vers un minimum au bout de 80 à 90 ms, tandis que
d'autres gardent la même densité jusqu'au delà même des 90 ms.
Les effets d'excitation et d'inhibition interviennent, et les auteurs
cherchent une interprétation des faits par la combinaison de ces effets,
évoluant dans le temps. PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 177
Les effets de sommation sont rattachés à la loi de Bloch (Bunsen-
Roscoe) pour les très courts intervalles, avec en général une validité
pour une durée représentant 20 à 50 % du temps critique.
Griisser rapproche constamment les données neurophysiologiques
obtenues de processus visuels connus.
H. P.
CHOW (K. L.), RIESEN (A. H.), NEWALL (F. W.). — Degener
ation of retinal ganglion cells in infant chimpanzees reared in
darkness (Dégénérescence des cellules ganglionnaires de la rétine chez
de très jeunes chimpanzés élevés à l'obscurité). — J. comp. Neurol.,
1957, 107, 27-42.
Si Berger a constaté chez les jeunes chiots élevés à l'obscurité depuis
la naissance un état resté embryonnaire des cellules corticales de la
zone de projection visuelle, les auteurs ont montré que le défaut d'acti
vité fonctionnelle se manifestait au niveau de la rétine même.
Ils ont élevé à l'obscurité un chimpanzé nouveau-né jusqu'à 33 mois,
avec cependant quelques minutes d'éclairement tous les jours ; un autre
fut placé à l'obscurité à 8 mois, pendant 16 mois ; un troisième le fut
dès la naissance jusqu'à 7 mais avec chaque jour un éclairement
en lumière diffuse d'une heure et demie.
Chez ce dernier, le comportement visuel se montra mauvais, mais le
fond d'œil et l'état histologique de la rétine étaient normaux. Chez les
deux autres, les récepteurs étaient bien normaux, mais il y avait dégéné
rescence du nerf optique et de la plupart des cellules ganglionnaires
de la rétine. On aimerait connaître l'état de la zone calcarine.
H. P.
HALPERN (L.). — Farberlebnis und Statoklnetik (Expérience de
la couleur et Statokinétique) . — Arch, suisses Neurol. Psychiatr.,
1957, 80, 162-171.
Il est apparu de façon générale qu'une certaine influence excitatrice
était exercée par la lumière rouge, la lumière bleue ayant une action
calmante inverse. Mais bien des auteurs attribuent aux couleurs perçues
des actions purement imaginaires et, dans ce domaine, les influences
suggestives s'exercent puissamment.
L'auteur signale, chez une femme de 42 ans présentant une parésie
gauche avec hypoesthésie, avec tendance à s'incliner et à tomber à
gauche, une aggravation du trouble de l'équilibre par la perception du
rouge, et plus faiblement du jaune, une amélioration au contraire par
celle du bleu, et plus faiblement du vert. Mais, chez cette malade artiste,
ayant de l'audition colorée, les mêmes effets par imagination des
couleurs (en particulier par dynesthésie auditive) se manifestaient dans
ses troubles d'équilibre !
H. P.
A. PSYCHOL. 59 12 178 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
GRANIT (R). — Physiological basis of flicker electroretinography
as applied in clinical work (Base physiologique de l'électrorétino graphie
du papillotement pour son application à la clinique). — Ophtalmo-
logica, 1958, 135, 327-348.
Dans cette intéressante conférence à la Société hollandaise d'Ophtal
mologie, Granit a fait une utile revue des données neurophysiologiques
sur les processus de fusion d'éclats lumineux intermittents.
L'uniformisation des messages optiques se présente pour une certaine
fréquence critique des stimulations, et la disparition d'oscillations de
l'onde b de l'E.R.G. s'est montrée coïncider avec la perception fusionnée
chez l'homme. Granit rappelle que si la fusion subjective se réalise néces
sairement au moment où il n'y a plus de fluctuations de la réponse
oculaire, en revanche des conditions pathologiques des centres sont sus
ceptibles de provoquer une impression stabilisée, faute de discrimi
nation, malgré l'existence d'une certaine hétérogénéité fluctuante au
niveau des messages.
L'intérêt pratique de l'E.R.G. humain en neuro-ophtalmologie
justifie bien une mise au point des données acquises sur les modalités
de la réponse rétinienne.
Une première donnée concerne la dualité rétinienne, les bâtonnets
ayant des fréquences de fusion plus basses que les cônes (maximum
de 20 contre 70 p/s). Sur une échelle logarithmique des luminances,
la fréquence critique de fusion s'élève linéairement, à faible pente
(de 10 à 15 p/s) pour une élévation de luminance de 1 à 100, puis
croît de façon bien plus abrupte (de 16 à 52 p/s) pour une élévation
de 100 à 100 000 (3 unités logarithmiques) d'après des déterminations
d'Enroth (1952). Et, d'après l'E.R.G. humain, Dodt et Wadensten
(1954) ont retrouvé cette double relation, entre 0,1 et 10 lux, puis
entre 10 et 1 000.
Cette proportionnalité de la fréquence au logarithme de la luminance,
avec une constante différence de proportionnalité pour les cônes et les
bâtonnets, suivant la loi fechnérienne, s'accorde bien avec la validité de
la loi pour la variation de fréquence des influx optiques, et avec cette
donnée que, lorsque la fusion s'établit par homogénéisation des réponses
de cellules ganglionnaires dans une rétine animale, la fréquence critique
est toujours proportionnelle à la fréquence initiale des potentiels, et
qu'ainsi le parallélisme est complet entre fréquence critique et fréquence
d'influx, et cela aussi bien pour des réponses « on » et des réponses
« ofî ».
A cet égard, se pose la question que développe particulièrement
Granit, du rôle des éléments « on », « ofî », et « on-off », et de leurs
interactions, déterminant des patterns, susceptibles de varier suivant
différentes conditions, comme ses recherches et celles de ses collabora
teurs l'ont si bien mis en évidence.
H. P. PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 179
GLAUSIN (J.), VANDERBILT (Christa). — Visual beats caused
by simultaneous, electrical and photic stimulations (Battements visuels
causés par des stimulations simultanées, électriques et lumineuses). —
Amer. J. Psychol., 1957, 70, 577-585.
L'auteur a repris l'étude des battements visuels observés par Schwarz
en 1938 (Z. Sinnes physiol., 67, 227-244). Il a utilisé un strobotac pour
les stimulations lumineuses brèves et un oscillateur à basse fréquence
pour des électriques exercées au moyen de deux électrodes,
l'une sur le front, l'autre sur la tempe droite.
Les battements visuels ont été obtenus pour des fréquences de 5 à
45 p/s, avec des écarts entre les deux fréquences inférieurs à 4 p/s.
En examinant le seuil de la stimulation électrique pour les battements
aux diverses fréquences, on trouve la même courbe que pour les phos-
phènes (minimum à 20 p/s). Pour le seuil lumineux, il est fonction du
papillotement. Il n'y a pas de battement quand il y a fusion.
H. P.
SUZUMURA (K). — Factors of stimulus intensity, stimulating
time, lapsed time and spatial distance in psychophysiological induction
(Facteurs d'intensité stimulatrice , durée de stimulation, temps écoulé
et distance spatiale dans Vinduction psychophysiologique). — Jap.
J. Psychol., 1958, 29, 7-15 (en japonais, résumé français).
Recherche de l'action exercée par divers facteurs dans la modification
d'excitabilité lumineuse des régions rétiniennes avoisinant une zone
éclairée.
L'œil étant adapté à l'obscurité, avec pupille artificielle, au voisinage
d'une petite plage lumineuse, il se manifeste une première phase d'exci
tabilité accrue, la facilitation diminuant et s'annulant pour faire place
à une phase d'inhibition croissante et décroissante, suivie d'une facil
itation plus faible.
Ces trois phases se rencontrent pour diverses durées, diverses lumi
nances, à des écarts spatiaux plus ou moins grands, mais avec amoin
drissement des effets, dans les deux sens, en fonction de l'écart croissant.
Dans certaines limites, en fonction de la luminance croissante ou
de la durée croissante de la stimulation, l'effet facilitateur diminue et
l'effet inhibiteur augmente. L'auteur pense que ces processus d'induction
interviennent dans l'effet tau et l'effet Köhler.
H. P.
BARTLEY (S. H.). — Some factors influencing critical flicker fr
equency (Quelques facteurs influençant la cf. f.). — J. Psychol.,
1958, 46, 107-115.
Bartley cherche à expliquer les divergences qui ont été observées en ce
qui concerne le rapport des phases, certains trouvant que la c.f.f.
s'abaisse quand croît la grandeur relative de la phase lumineuse dans la
période, d'autres qu'elle s'élève au contraire, d'autres enfin qu'elle reste
constante. Il dit que tous les types peuvent également se rencontrer,

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