Stèles funéraires et épigrammes - article ; n°1 ; vol.96, pg 503-566

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1972 - Volume 96 - Numéro 1 - Pages 503-566
64 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1972
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Georges Daux
Stèles funéraires et épigrammes
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 96, livraison 1, 1972. pp. 503-566.
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Daux Georges. Stèles funéraires et épigrammes. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 96, livraison 1, 1972. pp.
503-566.
doi : 10.3406/bch.1972.2146
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1972_num_96_1_2146STÈLES FUNÉRAIRES ET ÉPIGRAMMES
(À PROPOS D'UN LIVRE RÉCENT)
Le beau livre publié par la maison d'édition Philippe von Zabern en
19701 invite l'helléniste à reconsidérer de larges problèmes et à réexaminer
une catégorie de monuments qui intéressent à la fois l'histoire de l'art, .
la vie quotidienne et une certaine forme de poésie,2 '
Depuis un siècle de nombreuses études ont été consacrées aux monu
ments funéraires et à leur interprétation. L'originalité de l'ouvrage conçu
par Cl tient à ce que, selon les termes mêmes de l'auteur (p. xvn), son
ouvrage veut être, pour les époques archaïque et classique, un corpus
(1) Ghristoph W. Clairmont, Gravestone and Epigram, Greek Memorials from the Archaic
and Classical Period, Mainz on Rhine. In-4°, xix+185 pages, 37 planches. Nous y renvoyons
dans la suite par les lettres Cl, qui serviront à désigner le livre aussi bien que l'auteur. — Certains
détails typographiques sont gênants. Dans les 2 premiers textes grecs le signe de la brève est
représenté par la lettre grecque υ ; ainsi, p. 13, le groupe Me[u signifie qu'après les lettres Με
il faut restituer une syllabe brève ; heureusement on a utilisé dans la suite du livre le signe
authentique de la brève. — Dans le corps du livre, mais surtout dans l'index, les «light face
figures» se confondent aisément avec le, «bold type» (par moments cela devient diabolique),
quand il ne s'agit pas d'une faute d'impression (par ex. s. υ. Όνήσιμος et βλλυμι)· — En outre,
d'une part la division de la page en deux colonnes et d'autre part le blocage des notes au bas
de la 2e colonne (pp. 13-37 et 73-165) ne vont pas sans inconvénients : à plusieurs reprises des vers
débordent sur deux lignes (ce qui est très acceptable), ou parfois sont serrés au point que la
séparation des mots n'apparaît plus ; et les notes débordent, elles, d'une page à l'autre, avec un
décalage parfois gênant. — Enfin, mais c'était à l'auteur d'intervenir, l'usage d'un corps plus
petit pour les indications initiales, dans chaque n° du corpus, et pour certaines parties du comment
aire aurait contribué à classer et à hiérarchiser dee remarques dont la répétition a quelque chose
de chaotique. · — Les fautes d'impression banales sont plus nombreuses qu'il n'est habituel.
(2) Que tous ceux qui m'ont aidé par des vérifications, des photographies, des estampages
veuillent bien trouver ici l'expression de ma reconnaissance : , Mme Peppa-Delmouzou,
MM. B. Kallipolitis, P. Amandry (Athènes) ; Denys E. L. Haynes, Brian F. Cook, William Cole
(British Mtiseum), Richard V. Nichells (Cambridge, England), Ernst Berger (Bale).*
Je souhaite que mes lecteurs aient sous la main le livre de Cl et s'y reportent ; c'est ainsi
seulement qu'ils pourront suivre mes observations et les contrôler. D'autre part je ne reproduirai
pas, au cours de l'article, les titres qui figurent dans la bibliographie de Cl, "en tête de son volume ;
le nom d'auteur suffira à les identifier. 504 GEORGES DAUX [BCH 96
de toutes les stèles funéraires, gravées ou peintes, qui sont accompagnées
d'une épigramme, et son but principal est l'étude de la corrélation (le mot
anglais, qui est le même à l'accent près, revient cent ou deux cent fois)
entre l'épitaphe métrique et la représentation figurée. Cl insiste sur ce
dernier point à toutes les étapes de sa recherche, comme dans les annonces
qui ont précédé ou accompagné l'édition du livre : « The main endeavor
of the author consists in the study of the correlation of the texts and
the figured representations and what such contributes to the
interpretation and* understanding of grave reliefs».
En fait il y a deux parties dans le livre.. La seconde est le corpus propre
ment dit, qui occupe les pages 13-37 (archaïsme) et 73-170 (période classi
que). Dans la première, des « introductions » (pp. 3-12 et 41-71), élargissant
et approfondissant le sujet, touchent en fait à presque tous les problèmes
de l'épitaphe et du relief funéraire aux époques considérées : formes des
stèles, gravure des textes, vocabulaire de la poésie funéraire en général, etc.
C'est du corpus que j'ai été conduit à m'occuper surtout dans la suite
de cet article. Je n'ai pas examiné d'aussi près les deux « introductions »,
à propos desquelles il aurait fallu multiplier des contrôles très dispersés,
et nous nous arrêterons seulement sur quelques passages qui ont éveillé
notre attention au cours de la lecture. Sans attendre cependant d'entrer
dans le vif du sujet il faut insister d'abord sur un défaut qui rend la lecture
du livre fatigante et parfois fastidieuse : l'auteur se répète constamment,
à longueur de paragraphes, soit des introductions au corpus, soit à l'intérieur
même de chacun des nos du corpus.
D 'autre part, un tiers environ des monuments (qui sont 94 au total,
voir plus loin), auraient dû être mentionnés sans plus dans une liste, et
non pas longuement — trop longuement — présentés et commentés,
car ils n'apportent au sujet traité aucun enrichissement ; le commentaire
qui les accompagne se termine régulièrement par une formule du type :
« There is no correlation of epigram and relief». La plupart du temps
cette conclusion négative ne résulte pas de la perspicacité de l'analyse ;
elle tient soit à ce que le relief (ou la peinture) a disparu entièrement (ou à
l'exception d'un fragment minuscule), soit à ce que l'épigramme est mutilée
ou d'une insignifiance totale (on le verra dès le n° 1).
Compte tenu de ces deux observations la partie texte du livre pouvait
être réduite de moitié ou des deux tiers. L'illustration, fondée en majorité
sur des clichés bons ou très bons3, est éditée dans la meilleure tradition
allemande ; malgré quelques lacunes, dont certaines sont mal excusables4,
elle constitue un répertoire instructif et commode.
(3) L'origine des clichés est donnée dans la liste des illustrations, pp. xin-xv.
(4) L'illustration, élément essentiel pour une telle étude, est certes abondante, mais elle est
loin d'être complète. Si les noa 48, 49, 64, 65, 67 sont perdus définitivement ou égarés, si 66 et
69 sont sans intérêt, il n'en va pas de même pour d'autres stèles : 1 bis, 3, 23 bis, 37, 55 bis, 61,
68, 78, 81, 87, 88 devaient être reproduits. Il y a des cas de force majeure (refus de communicat
ion), mais ils restent exceptionnels. Deux monuments sont, sauf erreur, reproduits pour la
première fois dans le livre de Cl : 85 (Samos) et Appendice II (États-Unis). STÈLES FUNÉRAIRES ET ÉPIGRAMMES 505 1972]
Mais le lecteur s'aperçoit bien vite que le sujet défini par Cl est sans
consistance. Oserai-je dire ma pensée? Il n'existe pas. Constatons pour le
moins qu'il éclate de toutes parts. Si l'on veut savoir ce que la langue
et l'écriture apportent à l'intelligence de la représentation figurée, il faut
considérer toutes les catégories d'inscriptions. D'ailleurs la plupart des
épigrammes de l'époque archaïque ou classique ne nous apprennent pas
grand chose sur le défunt ; les hommes sont sages et courageux ; les femmes
sont parées de sôphrosynè, d'arélè, et de toutes les vertus : les mots qui
célèbrent leurs mérites nous glissent entre les mains, insaisissables, intra
duisibles souvent, sinon par une platitude du même ordre ; et ces morts,
tout le monde, parents, compagnons, compagnes, les pleure. De tels clichés
ne contribuent guère à l'interprétation du relief. IL existe au Céramique
et dans beaucoup, de musées ou de collections des stèles à relief et sans
épigramme dont les personnages sont aussi émouvants que ceux qui sont
rassemblés dans le corpus de Cl ; quelle différence y a-t-il, pour l'histoire
de l'art et de la civilisation, entre la stèle de Dexiléôs (inscription en prose)
et le n° 28 (Berlin ; épigramme)? On ne distingue pas toujours sûrement
épigrammes et prose, d'ailleurs, à l'époque archaïque5. En outre les épi-
grammes associées à des monuments . qui ont conservé des restes plus
ou moins importants de représentation figurée ne prennent tout leur
intérêt que par rapprochement, par confontation avec celles qui sont
maintenant isolées. Impossible d'étudier les unes sans les autres, comme
il est impossible d'étudier le relief de Mnèsarétè (Cl 30) sans évoquer par
exemple Hègèsô. Il est tout de même extraordinaire que, dans l'ouvrage
de Cl, la stèle d'Hègèsô ne soit pas mentionnée, ni dans les généralités,
ni à propos de 306 ; mais c'est autre chose que je, veux signaler : il ne me
paraît pas que l'émotion ou le sentiment esthétique soient amplifiés par
l'épigramme qui célèbre Mnèsarétè ; nous contemplons les deux stèles
du même œil, et leur message humain est le même ; la poésie funéraire
n'y ajoute rien.
Beaucoup d'érudits ont insisté avec raison sur le fait que les épigrammes
constituent, surtout à l'époque classique, un domaine propre, avec ses
conventions et sans rapport étroit avec les reliefs. K. F. Johansen, p. 63,
constate l'évidence en écrivant : « The epigrams ... do now and then offer
us a valuable hint », c'est le cas évidemment sur la stèle d'Ampharétè
(ci-après 23), « but they serve no better [que les auteurs anciens] as the
primary basis of the interpretation. In the classical period, as in the
archaic, they are usually rather concise, not yet swollen with the ... exube
rance characteristic of the genre in later epochs. Their· chief, function is
to impart certain information about the deceased », elles délayent souvent
(5) Voir par ex. BCH 1968, p. 255-256 : deux dédicaces archaïques en prose avaient d'abord
été considérées comme métriques. Dans le Uvre même de Cl le n° β n'est pas nécessairement
versifié, selon la juste remarque de Kaibel 485.
(6) On· trouve bien dans l'index général une rubrique « Hegeso, stele of » avec référence
à 79 ; mais l'indication est trompeuse : il est seulement question en 79, p. 154, d'Hègèsô à propos
de généalogie. De la stèle aucune mention. 506 GEORGES DAUX [BCH 96
les précisions qu'en moins de mots nous donnent les épitaphes nues (nom,
père, dème, etc.), «and very naturally they dwell particularly on their
good qualities ... ». E. Griessmair(1966) a rappelé que la -> réciproque est
vraie; les reliefs ; ne contribuent guère à éclairer les épigrammes ; certes
il arrive que -des hellénistes souhaitent ou \ postulent « eine · synoptische
Erfassung des gesamten .Denkmals. Eine solche Zusammenschau ist
principiell· zu bejahen. Es stellt sich allerdings die Frage, inwiefern sie fur
eine philologische Interpretation der Epigramme ertragreich und fôrderlich
oder gar notwendig ist. Dies ist nun in der Tat sehr hâufig nicht der Fall,
und zwar aus mehreren Grunden... ». Tout cela est de bon sens.
Cl insiste sur le caractère singulier, novateur, de son entreprise; voir
page xvii, n. 1 (je traduis) : «Une séparation trop rigide des disciplines
est la raison principale du fait que l'on a négligé l'étude de la corrélation
dans les monuments individuels. Le présent corpus espère porter remède à
cette situation ». Je dois m'inserire en faux contre une telle affirmation ;
nombreux sont au contraire les savants qui ont recouru/ qui recourent;
dans la mesure, de leurs moyens, à toutes les disciplines capables d'éclairer
un problème mixte ; une civilisation forme un tout et ne se laisse pas
morceler aisément. Le domaine· des monuments funéraires grecs a été
souvent étudié par des érudits éminents, aussi compétents dans le domaine
de la langue et de la littérature que dans celui de l'archéologie ;. je ne
citerai qu'un nom, celui d'un savant trop tôt disparu, Ghr. Karouzos,
et parmi ses1 contributions l'admirable Aristodikos.· Dans ce contexte
regrettons que Cl prenne à son compte une critique tout-à-fait injustifiée
dirigée contre Peek. Cl a pu se reposer sur les GV (et les GG) de Peek
pour tous les textes de son corpus qui y figurent ; il a au contraire rencontré
des problèmes embarrassants presque chaque fois que le recueil de Peek
était antérieur à la découverte d'un monument. Or il cite avec éloge,
p. xviii, n: 6, l'appréciation de L. Robert dans Gnomon 1959, p. 16 : « Dans
[les GV] [Peek] fait fi de tout ce qui est archéologie et d'abord des reliefs
qui » fréquemment ornent les épitaphes ..., le relief a un rapport étroit
avec les épitaphes et ils s'expliquent l'un par l'autre» (à combien des
stèles du corpus de Cl s'applique ce rapport étroit?). Plus de 2000 épigram-
mes sont reproduites dans les GV avec une bibliographie et un apparat
critique ; l'éditeur les a réétudiées une par une, souvent traduites ; il les
a classées et il en donne un texte où le contrôle typographique n'a laissé
passer qu'un nombre de fautes insignifiant. C'est une gageure que d'avoir
fait tenir autant de textes et de faits dans un volume aussi maniable.
Il n'était pas question d'y introduire l'archéologie, ni un commentaire
religieux, littéraire, institutionnel, qui serait plus utile j encore. On aura
accès à ces données dans des articles ou des volumes spécialisés, comme
ceux de Lattimore ou de Griessmair ; pour l'archéologie des articles nom
breux font avancer les problèmes, et l'on trouvera par exemple à propos
du n° 26 de Cl une suggestion intéressante (mentionnée ci-après, sous
ce n°): W. Peek a donné souvent la preuve de son intérêt pour cet aspect STÈLES FUNÉRAIRES ET ÉPIGRAMMES 507 1972]
des stèles. Un travail d'ensemble sur «l'archéologie» des représentations
funéraires associées ou non à des épigrammes serait le bienvenu ; mais
c'est une entreprise différente et qui, de toute façon n'apporterait, pas
grand chose pour la série qu'étudie Cl.
Quoi qu'il en soit, il est regrettable qu'archéologue, il n'ait pas sollicité
la collaboration d'un jeune philologue et historien qui lui aurait épargné
une série d'erreurs, dont le nombre, la gravité et les* conséquences sont
tels qu'elles ne peuvent" passer pour de simples lapsus ; qu'il s'agisse de
métrique, d'institutions, de géographie ou simplement de formes grammati
cales, de vocabulaire, de syntaxe, un tel secours aurait été salutaire :
si l'on rencontre un Ίκαριεύς en Attique il faut penser d'abord au.dème ;
l'isotélie est une notion élémentaire d'histoire ; un mot comme μαϊα est
riche d'échos et ne doit pas être confondu avec τίτθη ; le κράνος est une
partie de l'armement défensif, non du corps humain ; l'indicatif θάνω
n'existe pas ; l'antonyme de αθάνατος n'est pas θάνατος; V aoriste. άφείλετο
n'appartient pas au verbe άφίημι·; etc.. On trouvera référence, dans
la suite de cet article, à quelques-unes des faiblesses qui touchent à la
langue et à la civilisation, <
L'auteur/ polyglotte, a pour langue maternelle l'allemand. Sur la
qualité de son anglais je n'ai pas compétence7. Il me sera permis de dire
cependant que j'ai été souvent choqué par l'abondance d'un jargon qui
tend à se répandre : « the visualization of the personal identity », pour
exprimer qu'un personnage nommé dans l'intitulé ou dans l'épigramme
est représenté en relief, a de quoi blesser l'oreille et le goût. La convention
d'autre part qui consiste à écrire systématiquement « the 4 century »
(au lieu de 4th ou fourth) est contraire à la tradition anglaise ; l'auteur
supprimerait-il en allemand le point placé après le quantième du mois,
ou le chiffre du siècle?
Une bibliographie générale, placée en tête du livre (p. xi-xn) est
accompagnée d'une liste d'abréviations, qui n'est pas toujours utilisée
par la suite. Un ouvrage dont -le -titre revient à plusieurs reprises — et
chaque fois avec la même faute8 — dans le corps du volume aurait dû
figurer là : Cari Bliimel, Die klassisch griechischen Skulpturen... (1966).
(7) Relevons exceptionnellement l'adjectif enmieal p. 101, col. 2, qui semble être un barba
risme.
(8) « Die klassischen grieehischen:,. ». Voir Cl p. 82 (n. 37), 86, 88 (n. 57), 100, 103 (n. 100), 134. ,
GEORGES DAUX [BCHM 508
II faudrait aujourd'hui ajouter quelques titres9. Un livre comme
Aspects de la Grèce préclassique (1970), par N. Kontoléon, y serait mentionné,
et K. Sehefold, publiant dans Ant. Kunst (1970), pp. 103-112 et pi. 49-51,
la stèle d'Euthésion de Pallènè, a dégagé et défini, à cette occasion,
l'esprit de - la sculpture funéraire à l'époque classique (p. 104) : « Den
Toten als Erscheinung von seinem Mal abzuheben, gehôrt.zum Charakter
des reichen Stils, de^damit.eine Grundidee des klassischen Grabmais zur
Erfullung gebracht hat... [A la haute époque] zeigen [die] Stelenrnit
Reliefs den Verstorbenen im Glanz seiner Jugend,.stehend, âhnlich den
archaischen, Junglingsbildern, die man schon seit denr spàten siebten
Jahrhundert als Mal auf manchen Gràbern fîndet. Schon in der ungesch-
muckten Stele hatte man - das unsterbliche Leben des Toten empf unden.
Wenn man die Stele durch eine Statue ersetzt oder mit einem Relief des
Toten. schmiickt, wird sein hôheres unsterbliches Leben sichtbar ... Die
Bevorzugung der relief gesehmiickten Stele muss also einen tieferen
Grund haben und mit dem Beginn der spatarchaischen Période zusammen-
hângen. Damais entdeckte > man auch sonst den Zauber des Bildfeldes,
das erzàhlt, statt zu verkorpern. In den Grabreliefs erscheinen die Toten
visionarer als in den Grabstatuen. Der Wandel der Form entspricht der
Sublimierung der Vorstellung vom Toten». Et cette remarque essentielle
doit être retenue (p. 105, n. 12) : «Wenn die Grabinschrift sagt, dass der
Tote im Hades ist, bedeutet das noch nicht, dass ihn das Grabrelief dort
darstellt ; die Sprache der Dichtung und. die der ;Bildkunst .stehen in
verschiedenen Traditionen ». Voir également ci-dessous, à propos du
n° 35.
Je ' suis heureux de pouvoir donner ici une photographie de la stèle
d'Euthésion10, car elle illustre de façon exemplaire (fig. 1) — tout comme
la stèle d'Hègèsô — ce que j'écrivais ci-dessus, p. 505, à savoir que l'épi-
gramme n'apporte rien aux stèles non anecdotiques. Chacun de nous peut
aisément jouer à imaginer celle d'Euthésion ; mais le beau jeune homme,
dont le nom est un hapax11, n'a pas besoin du secours des mots ni des
mètres pour revivre devant nous ; le relief est assez parlant.
(9) .Voir par ex. ci-dessous à propos du n° 14 : cette stèle a été étudiée en 1968 dans deux
articles importants, qui s'étendent au problème général. Autres compléments : les Ornamente
de MObius ont fait l'objet d'une seconde édition, revue (1968) ; le beau mémoire de Chr. Karouzos,
ΤΗΛΑΐΓΕΣ ΜΝΗΜΑ' (1966), a été traduit en allemand, Munchner Jahrbuch der bildenden
Kunst 20 (1969), pp. 7 sqq.
(10) Grâce à la bienveillance de Ernst Berger, à qui j'adresse l'expression de ma reconnaissance.
La stèle avait été reproduite en couleur, avant même la publication de Schefold, dans le calendrier
1970 de rAntikenmuseûm de Bâle. Dès 1969, dans le n° de février de la Gazette des Beaux-Arts,
Supplément (La Chronique des Arts), avait paru, p. 113, n° 468, une notice et une photographie
signalétiques. [La partie inférieure est signalée au musée de Braurôn par G. Despinis : ArchAnAth
4 (1971), p. 426-7 et fig. 2.]
Cil) K. Schefold en propose une clé, qui est peut-être la clé, Z. /., p. 106. STÈLES FUNÉRAIRES ET ÉPIGRAMMES- 509 1972]
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 1. — Eutbéeiôtt, du dème de Pallèhè (ëfitflié Antifcenmuseum, Bâle). GEORGES DAUX [BCH 96 510
Les a Indexes», pp. 175 sqq., sont très insuffisants. . Pour la partie
grecque un reviseur indépendant, mais qui ne disposait ni du temps
nécessaire, ni des autres pages du volume, a rétabli, comme à l'aveuglette,
des formes telles que Εΰκλεια, εΰκλεια12, όμοήλιξ, etc.. sans que les correc
tions nécessaires aient été exécutées dans le corps du volume (pp. 52,
94, 169, etc.). Que de monstres, dont beaucoup figurent aussi p. 54 ou
ailleurs, dans cet index grec! Δεο-ποίνη (à cause du datif δεσποίνη), έπίστημι,
(à partir de επέστησαν), άποπρολίπω (s. υ. θυμόν, à partir de άποπρολιπών), etc..
On y retrouve άφίημι pour άφαφέω, Σμικύθο (qui serait ' Smikytho', nom
féminin) au lieu de Σμίκυθος (nom masculin), etc.. ; il y a deux rubriques
pour, βλαστάνω (cf. έκ γαίας βλαστών, sic), pour ζ$}λ©ς, λαμπρός, μεγαλόφρων.
Et encore : Ιπποσύνα. est séparé de Ιπποσύνη, ήέλιος de ήλιος, κουριδίη de
κουρίδιος, etc.. Et aussi que de rubriques absentee î Parmi les divinités :
'Αρετή 79, Δικαιοσύνη 70, Μήτηρ παντότεκνος (reléguée on ne sait pourquoi
p. 176), [Ν]έμβσις.4δ, Σωφροσύνη 79. Parmi les «démotiques, ethniques»
(qui comprennent aussi les toponymes) : 'Αθήναι (classé p. 176), et 'Αθηναίος
75. Dans le vocabulaire épigrammatique les lacunes se multiplient :
ακμαίος 77, άνδάνω 66, αριστεύω 68, άφαιρέω (cf. άφίημι), βίος 14, 72, γαία et
γή 24, 80, δέκάς 70, δόρυ 68, et une trentaine d'autres, auxquels il faut
ajouter les noms de parenté, αδελφός, άλοχος, θυγάτηρ, μήτηρ, παις, πατήρ,...
si importants pour l'analyse des épigrammes (et parfois des reliefs) ;
πόσις est présent, mais une des trois références manque,: 87. Car les réfé
rences sont très inégalement fournies. Je ne puis ici refaire l'index grec,
compléter ou corriger les renvois, rectifier les accents et les formes. Un
exemple : sous le mot αγαθός on est renvoyé à 11 seulement et Cl oublie
de renvoyer à la p. 52,' n. 108, où figurent quatre autres exemples ; je
m'arrête13.
Deux cas particuliers touchent à la méthode. Des noms propres comme
Άντίφ[ιλος] et Εύθυ[γέν]ης sont partiellement restitués et ne s'imposent
pas tout entiers : il fallait l'exprimer en maintenant les crochets droits ;
quant à "Αγνή elle n'existe qa'exémpli causa*
Plus intéressant, plus révélateur, encore est le cas de αείμνηστος. Il est
accompagné à l'index de deux références seulement (76 : πένθος άείμνηστον,
avec une traduction <jui est un contre-senâ caractérisé ; 86 : [πένθο]ς
άείμνηστον) ; or le mot figure également en 47 ([-^ ά]είμνηστον), avec cette
remarque inattendue : « Peek restored πένθος ; but this hardly goes with
αείμνηστος ». Ainsi la restitution qui s'impose est écartée contre toute
vraisemblance. On ne sera pas davantage éclairé par le .mot πένθος, car
(12) Le mot εΰκλεια ou εΰκλεα a été correctement accentué dans 30 et 58, qui reproduisent
le texte des GV, mais il est devenu εύκλέα, ρ. 52. "
(13) Un détail seulement : καλύπτω est fréquent, dans les formules épigrammatiques ; on
trouve aussi άμφικαλύπτω en 16 (άνφι-), et κατακαλύπτω en 26; mais ce dernier verbe a été
méconnu à cause de la tmèse et enregistré comme καλύπτω (même erreur p. 53, n. 145)» Pour
un autre verbe à composés, trois fois représenté dans le corpus de Cl, l'index donne seulement :
« έποικτίρω 10 » ; il faut ajouter « έποικτίζω 31 », et le simple « οικτίρω 2 ». STÈLES FUNÉRAIRES ET ÉPIGRAMMES 511 1972]
l'index renvoie seulement à la page 53 de l'introduction, où l'unique exemple
cité « for instance » est tiré de 61 : « πένθος της αρετής ». Voilà comme le
lecteur est renseigné et guidé ; l'auteur lui-même s'est égaré en chemin.
Relevons enfin dans l'index épigrammatique la présence abusive de
χακεύς. Rencontrant n° 1δ un χαλκόπτης, Cl a cherché dans les épitaphes
des membres de la même, profession ou de profession voisine, et il cite
p. 81, n. 35, un Τιμαγόρας χακεύς (pour χαλκεύς), à Chypre (écriture sylla-
bique), sur une pierre tombale (sans autre inscription) publiée par Mitford
en 1958, BICS, p. 59, n° 3 ; mais pourquoi ne pas citer alors aussi bien les
nos voisins (1 et 2), publiés par Mitford, ibidem ? En fait 01. Masson {ICS,
n08 137 et 341) a exprimé en 1961, sur les trois cas chypriotes, des réserves
formelles ; s'il est prêt à accepter comme' une hypothèse, plausible mais
incertaine, une lecture χαλκο^ργός dans le n° 2, il envisage pour les deux
autres épitaphes un patronyme et non pas la mention d'un métier; il
exclut en particulier χακεύς. Malheureusement Cl a ignoré le livre de Masson
et n'a même pas cité ni consulté SEG XX (1964), 263 (alors qu'il le cite,
sans d'ailleurs l'utiliser, à propos du n° 88). Bibliographie insuffisante
donc ; mais de toute façon le petit monstre χακεύς n'appartiendrait pas
au vocabulaire épigrammatique et n'avait aucun titre à figurer dans un·
index de la poésie funéraire ; χαλκόπτης est associé au nom du défunt en
15, mais dans l'intitulé, non dans l'épigramme, et aurait dû être rejeté
dans l'index général ; seul χαλκεοτέχνης, parmi les trois mots retenus par
Cl, appartient à une épigramme.
L'index général est très incomplet et assez incohérent. Je renonce à
le reprendre ici14, mais ne résiste pas au plaisir de citer la rubrique prin
cipale :
« correlation of epigram and relief passim ».
Le bilan qui se dissimule derrière ce « passim » reste à établir. Cl a essayé
d'en présenter un, pp. 56-58, mais presque tout y est à revoir.
La transcription du grec moderne dans un alphabet occidentale pose
des problèmes qui ne permettent pas une solution unique et systématique ;
pour des raisons phonétiques de commodité, elle varie aussi d'un pays
à l'autre. Pour faire bref je dirai que le plus choquant dans ce livre écrit
en anglais est Pusage, emprunté dans ce cas à l'allemand, de la lettre -u-
pour transcrire le -ου- grec. Par ex. le nom grec Καρούζος est transcrit en
français et en anglais Karouzos, mais il devient en allemand Karusos,
et c'est la forme que l'on retrouve à travers le livre, sauf une fois, p. 143
(14) Le mot « pediatrician » y figure (cf. ci-dessous, à propos du n° 58) ; de même le mot
proxenos, avec référence à 79 : or on ne trouve sous ce n° qu'un Proxenos (nom propre), qui est
le père d'Hègèsô.

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