Civilisations précolombiennes

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Civilisations précolombiennes

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Thèmes d'histoire des faits économiques : Civilisations précolombiennes Les civilisations précolombiennesprincipaux faits économiques Dernière mise à jour le 6 mars 2011 Lescivilisations précolombiennesles civilisations qui se sont développées sur sontcontinent américain avant l'arrivée de Christophe COLOMB (1451-1506). Elles sont restées pendant desmilliers d'années sans contact ni influence de la part des civilisations du reste du monde. Il est donc particulièrement informatif d'étudier leur histoire économique, car la comparaison des ressemblances et des différences avec l'évolution économique des autres civilisations renseigne sur la plus ou moins grande universalité des phénomènes centraux tels que la production et son organisation (centralisée ou par le marché), l'importance des échanges (qui découle elle-même de l'importance de la spécialisation) et le rôle de la monnaie. Trois civilisations ont particulièrementretenu l'attention des historiens par leur développement économique, social et culturel: les civilisations Aztèque, Maya et Inca. On notera qu’aucune de ces civilisations n’utilisaient l’or ou les pièces de monnaies comme moyend’échange. Le principal moyen d’échange était le cacao.Carte des empires Aztèque(en vert) et maya (en marron)
L’empire AztèqueÀ l'époque de l'arrivée des Espagnols au début du XVIe siècle, les Aztèques étaient à la tête du plus grand empire qui ait jamais existé en Mésoamérique(« Amérique dumilieu » ou « centrale »). Cet ème empire s’était développé progressivesiècle après notre ère.ment à partir du 6 Les débuts de cet empire commencent dans la vallée de Mexico. En moins de deux siècles, les aztèques atteignirent un niveau de civilisation très avancé et fondèrent un empire qui occupa la majeure partie du centre et du sud de l'actuel Mexique.
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Thèmes d'histoire des faits économiques : Civilisations précolombiennes L'arrivée du conquistador Hernán CORTES (ou CORTEZ, [1485-1547]) au printemps 1517 mis fin à cet empire. En effet, CORTEZ, qui était l'envoyé de Charles QUINT, roi de Castille et empereur romain germanique, y fonda la "Nouvelle-Espagne", marquant ainsi le début de la colonisation espagnole des Amériques au XVIème siècle. La rapidité de la conquête espagnole s'explique d'abord par leur supériorité militaire(cuirasses, épées, lances d'acier, arbalètes, arquebuses, ainsi que quelques canons amenés à grands frais 1 d'Espagne) et tactique (les soldats espagnols étaient des vétérans des guerres d'Italie). Elle s'explique ensuite par les épidémies de variole et de typhus, importées d'Espagne mais contre 2 lesquelles les espagnols étaient naturellement immunisés, qui décimèrent les populations aztèques. L'empire Aztèque qui était organisé comme un ensemble de cités-Etats (altepetl) relativement 3 autonome qui s'acquittaient d'un tribut à l'empire. 4 Le Codex MENDOZA, du nom du vice-roi de la Nouvelle-Espagne, Antonio de MENDOZA, qui en était le commanditaire, donne une liste des cités-Etats qui versaient un tribut. En l'absence de monnaie, le tribut était composé de pierres précieuses (comme le jade), de vêtements luxueux, mais aussi de produits ordinaires tels le bois et la nourriture. Ce tribut était payé deux à quatre fois par an. L'économie aztèque était divisée entre un secteur public, sous contrôle de la noblesse et du roi et un secteur commercial indépendant (mais néanmoins soumis à taxation). Le secteur public contrôlait la distribution des terres et l'organisation du travail. Les nobles possédaient la terre et le peuple la cultivait selon des modalités diverses (paiement d'une rente, partage de la récolte ou pur esclavage). C'est ce transfert de la richesse agricole qui permettait aux nobles de vivre agréablement et sans travailler. La prospérité de la civilisation aztèque a en effet reposé principalement sur une agriculture efficace qui apermis de nourrir des millions d’individus. Les Aztèques ont d’abord pratiqué une agriculture vivrière pluviale qui s’est améliorée progressivement. Ils ont conquis de nouvelles terres grâce à l’aménagement de terrasses sur les pentes des collines, au moyen de murets en pierre (un peu comme dans le sud de la France). Les paysans aztèques maîtrisaient très bien les techniques de 1 Les guerres d’Italie sont une suite de conflits menés par les souverains français en Italie au cours du XVIe siècle pour faire valoir leurs droits héréditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duché de Milan. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_d'Italie. 2 C'est la thèse du livre de Jared DIAMOND,paru en 1997 sous le titre original , Guns, Germs and Steel :The Fates of Human Societieset traduit en français sous le titreDe l'inégalité parmi les sociétés, Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire. La série télévisée de 3 fois 55 minutes qui en a été tirée et qui fut diffusée par PBSest opportunémentdisponible par épisodes sur Youtube. Voir le premier épisode : http://www.youtube.com/watch?v=bgnmT-Y_rGQ (lesépisodes suivants peuvent être regardés à la suite). La série existe aussi en français et a étédiffusée par Arte en 2008, mais elle est jalousement thésaurisée depuis. Sur le rôle plus général des épidémies dans le succès des conquêtes occidentales, voir aussi ORLOW Elisabeth, Silent Killers of the New World,http://www.millersville.edu/~columbus/papers/orlow-e.html. 3 Voir SMITH, Michael E.(2000), Aztec City-States, inA Comparative Study of Thirty City-State Cultures, edited by Mogens Herman Hansen, pp. 581595. The Royal Danish Academy of Sciences and Letters, Copenhagen. L'article est partiellement disponible surhttp://books.google.fr/books. 4  LesCodex sont une des formes d'écriture utilisée par les peuples de Mésoamérique, dont les Aztèques. Le codex était un livre manuscrit sur papier d'amate (de l'espagnol « papel amate », lui-même du nahuatl [langue mésoaméricaine parlée notamment par les Aztèques] « amatl », papier fabriqué à partir de fibres végétales). Le codex signifie littéralement "livre peint" et contenait une suite d'images qui, considérées ensemble, forment une histoire. Selon certains historiens, il s'agirait d'un système d'écriture basée sur l'image. Toujours est-il que ces codex ont pu être déchiffrés et fournissent donc d'utiles informations sur l'économie aztèque. 2 www.economie-cours.fr
Thèmes d'histoire des faits économiques : Civilisations précolombiennes l’irrigation. Ils ont créé des sortes de jardins flottantsappelées chinampas. Pour cela, ils prélevaient de la boue dans le fond des lacs. Ils déposaient cette boue sur de grands radeauxde branches et de végétaux coupés qui devenaient ainsi des îlots artificiels. Ces îlots étaient séparés par des petits canaux qui permettaient aux paysans de circuler en canots et en pirogues. Ces chinampas étaient très fertiles et pouvaient produire plusieurs récoltes par an. Les villes possédaient également de petits champs et des jardins : chaque famille pouvait ainsi faire pousser du maïs, des fruits et des plantes médicinales. Parmi toutes lesplantes cultivées par les Aztèques, le maïs était l’une des plus importantes et constituait l’essentiel de leur alimentation (sous forme de «tortilla »). Le maïs était cultivépartout : dans les terrasses des hauteurs, dans les vallées et dans leschinampas. Les autres productions agricoles de l’Empire aztèque était l’avocat, les haricots, les courges, les patates douces, les tomates, l’amarante (l'amarante est un arbredes forêts tropicales d'Amérique du Sud dont le bois précieux, violet [amarante], est utilisé en ébénisterie), le piment. Dans les régions littorales tropicales poussaient le coton, le cacao (qui servait de monnaie)et le caoutchoutier. Le secteur commercial libre était basé sur circulation des biens agricoles entre les terres hautes et les terres basses, ainsi que sur l'échange des productions artisanales.Les échanges étaient effectués grâce à divers moyens de paiements, principalement les fèves de cacao. Grâce au codex, on a pu reconstituer le prix de certaines transactions : un lapin valait 30 fèves de cacao, un œuf de dinde valait 3 fèves et le tamal (petit pâté à base de farine de maïs ou de purée de haricots). coûtait une fève. Les bandes de coton était utilisée pour les transactions plus importantes. Une certaine longueur de coton, d'une certaine qualité, avait une valeur fixe (entre 65 et 300 fèves de cacao). Une circulation des biens agricoles existait entre : les hautes terres de l’intérieur productrices de maïs, de haricots, etc.les basses terres côtières tropicales beaucoup plus riches, fournissant le cacao, le coton, les plumes d’oiseaux pour les parures, l'obsidienne (l’obsidienne est une roche volcanique vitreuse utilisée pour la fabrication d’armes et d’outils tranchants, mais aussi de bijoux, notamment en Amérique précolombienne). Ce commerce était contrôlé parune classe spécialisée de marchands, les pochteca et aussi, dans les localités de moindre envergure, les tlanecuilo. L’État aztèque prélevait un tribut sur ces transactions, une sorte de TVA avant l’heure.Unarticle de Wikipédiaune lettre célèbre de Hernan CORTEZ (1485-1547) à Charles QUINT (1500- mentionne 1558) qui décrit les immenses marchés de l’économie aztèque: «Sur ces marchés, chaque produit avait un lieu de vente déterminé. La vente se réalisait à la pièce ou à la mesure. Les jours de marché étaient fériés. Des tribunaux spéciaux, contrôlés par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il était interdit de vendre les produits en dehors des places de marché. Sur les marchés plus petits et dans les localités de moindre envergure, le commerce était aux mains de marchands appelés tlanecuilo. Ils vendaient des produits de consommation courante et de la nourriture. Les marchés locaux étaient essentiels pour les populations étant donné que les Aztèques n’avaient pas d’animaux de trait ou de bât». Comme les Aztèques ne connaissaient pas la roue, ils n'utilisaient pas d'animaux pour les transports et leurs systèmes de communications étaient optimisés pour le transport des marchandises à pied. Un système complexe de routes de ce type existèrent et furent soigneusement entretenues par l'Etat central jusqu'à la conquête espagnole.
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Thèmes d'histoire des faits économiques : Civilisations précolombiennes La civilisation Maya
5 La civilisation Maya (Maya signifie «ceux qui cultivent le maïs»), située en Amérique centrale, débute à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Elle a connu son apogée entre le VIe siècle et le IXe siècle de notre ère avant d’entrer en décadence et de disparaître lors de la conquête espagnole au XVIe siècle. Son héritagearchitectural est imposant : ruines de palais et temples pyramidaux dispersés à travers la jungle. Elle est aussi connue pour avoir développé d’impressionnants savoirs en mathématiques et en astronomie, ainsi que le seul système d'écriture intégral de l’Amérique précolombienne.La société Maya est divisée en classes : nobles, religieux, militaires, artisans, commerçants, paysans (la majorité) et l’équivalent des serfs.Elle est dirigée par des chefs héréditaires qui délèguent leur autorité sur les communautés villageoises à des chefs locaux. La terre, propriété collective de chaque village, est distribuée en parcelles aux différentes familles. Les Mayas vivaient selon un système de cités-États, ce qui a facilité la conquête par les Espagnols qui n'eurent pas à affronter un peuple présentant un front uni (on pourrait risquer un parallèle avec les cités grecques, facilement soumises par les armées romaines). Le clergé constitue également une classe nombreuse. Les prêtres se succèdent de père en fils et leur savoir ne se transmet qu'à l'intérieur de la famille. En bas de l'échelle se trouve le peuple auquel incombe la tâche de fournir les aliments et les vêtements, la main d'œuvre pour les travaux publics. Ici, nous avons un parallèle éventuel à faire avec la structure de la société de l’Egypte antique). Les ouvriers mayas ne disposaient que d'outils en pierre ou en bois. De plus, ils ne connaissent ni le métal, ni la traction animale, ni la roue. Le seul moyen de transport connu s'effectuait à dos d'homme. Les esclaves constituent une classe à part. Les délinquants de droit commun sont condamnés à l'esclavage. Les prisonniers deviennent souvent des victimes sacrificielles. L’économie maya reposait principalement sur l’agriculture (maïs, coton, haricots, courge, manioc, piment, arbres fruitiers, cacao). Comme indiqué plus haut, le terme « maya» lui-même désigne « ceux qui cultivent le maïs ». Les techniques de filature, de teinture et de tissage du coton sont extrêmement perfectionnées. Les Mayas domestiquaient le chien, élevaient des dindons et pratiquaient l’apiculture (élevage des abeilles). Ils ne possédaient pas d’animaux de trait ou de véhicules à roues. Les outils en métal n’existaient pas. Les Mayas utilisaient des meules en pierre appelées «metates ».Le metate est une meule dormante de pierre servant à moudre le maïs. Il était utilisé depuis plusieurs milliers d’années (environ 3000 av. J.-C) dans l’aire culturelle de la Mésoamérique. Les différents peuples mayas entretenaient de nombreuses relations commerciales avec des cités lointaines. Les fèves de cacao, comme pour les aztèques, mais aussi les clochettes en cuivre, servaient de monnaie d’échange. Le cuivre était aussi utilisé à des fins décoratives, de même que l’or, l’argent, le jade, les coquillages et les plumes de quetzal.
5  Ellecomprend : le sud-est du Mexique (Etats du Tabasco, Chiapas, Campêche, Yucatan et Quintana Roo), le Belize, le Guatemala, l’extrémité ouest du Honduraset l’extrémité ouest du Salvador.
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Thèmes d'histoire des faits économiques : Civilisations précolombiennes La civilisation Inca Bien qu’ayant des origines très anciennes, l’empire inca n’a connu son apogée qu’environ un siècle avant l’arrivée des espagnols qui les ont vaincus (Francisco PIZARRO *1475-1541] étant le conquistador espagnol célèbre qui a conquis et soumis le Pérou des incas). À son apogée la civilisation Inca s’étendait de l'actuelle Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, par de là l'Équateur, le Pérou, la Bolivie -c’est-à-dire la partie occidentale de l'Amérique du Sud, longeant l'océan Pacifique et la cordillère des Andes. Cela représentait un territoire long de 4 000 km et couvrant une superficie de plus de 3 millions de km². La capitale était Cuzco, ville de l'actuel Pérou.
Source :http://en.wikipedia.org/wiki/File:Inca-expansion.pngÀ l'heure actuelle, l'origine géographique des premiers Incas reste discutée, l'hypothèse communément admise étant qu'ils provenaient des rives du lac Titicaca, à la frontière du Pérou et de la Bolivie. Ainsi que nous l’avons déjà indiqué à propos des origines de l’écriture et de l’imprimerie,l'écriture n'y a apparemment pas existé dans l’empire inca, même si l’hypothèse d’une écriture perdue est actuellement à l’étude.
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Thèmes d'histoire des faits économiques : Civilisations précolombiennes On sait en revanche qu’un système de quipus,messages codés sous la forme de nœuds de différentes sortes sur des fils de laine, coton ou autre matériau et de différentes couleurs, servaient aux statistiques de l'État et seuls les administrateurs (les Quipu camayocs) connaissaient la clé des quipus. En matière agricole et hydraulique, les Incas avaient mis en place un système de canalisations assez complexe, dont on peut voir aujourd'hui une excellente manifestation à Ollantaytambo (Ollantaytambo est située à 75 km au nord-est de Cuzco et à 2792 m d'altitude). Ils ont aussi hérité de très bons systèmes d'irrigation, légués par des cultures antérieures telles que les Nazca ou les Moches dans les parties littorales désertiques du territoire. Mais en matière agricole, c'est dans la façon d'exploiter les sols et de maîtriser un territoire apparemment inhospitalier que les Incas se sont illustrés : presque partout dans les parties andines, c'est-à-dire la majorité de leur territoire, les Incas ont développé des aqueducs, des canaux à étages longs de dizaines de km et des cultures en terrasse, facilitant donc les récoltes et toutes les tâches agricoles. Une grande partie de ces cultures existe encore aujourd'hui et est toujours utilisée par les paysans et agriculteurs. On pense même que les Incas possédaient un centre de recherche agronomique, sur les terrasses de Moray situées dans la vallée des Andes près de Cusco. Ces terrasses disposées en cercles concentriques, le centre du cercle étant le niveau le plus bas des terrasses, permettent à chaque niveau d’avoir une température différente et aurait permis aux Incas d'étudier l'acclimatation des céréales et autres plantes servant à leur alimentation. On pense aussi qu’ils ont réalisé des croisements ayant permis des améliorations de certaines familles de céréales. L’ayllu est une communauté villageoise dont les origines sont une même famille regroupée. Un territoire lui appartient et elle le gère à son gré. Le kuraka était le chef de l’ayllu et était chargé de la répartition des terres. Celle-ci se faisait semble-t-il sur la base de l’aptitude à travailler.Les produits de l’agriculture, basés sur la culture du maïs étaient divisés en trois parts :la part prélevée pour la famille royale; la part de chaque détenteur de lopin de terre, pour subvenir aux besoins de sa famille; la part qui appartenait au village, afin de subvenir aux besoins des plus démunis. Un système d'entraide entre les familles était très développé. En plus des terres collectives, il existait des réserves qui permettaient de pallier le manque en cas de famine, ou qui permettaient de recevoir une délégation de la famille royale. Enfin, un autre devoir de chaque membre de la communauté consistait à s'occuper des travaux collectifs (comme l'entretien des canaux d'irrigation). On retrouve ainsi des structures qui ont existé dans certaines civilisations de l’antiquité méditerranéennes comme l’Egypte et au moyen âge en Europe. L'économie inca reposait sur une gestion collective de la main-d'œuvre plutôt que sur l’échange et la propriété privée des biens. Elle se rapproche sous ce rapport du fonctionnement de l’économie de l’Egypte antique.Au sommet de l'organisation économique se trouve l’empereur Inca, à la tête d’un système complexe de castes familiales qui lui font allégeance et gèrent en retour les terres, dont une partie du produit lui revient.Pour transporter sa part, on faisait appel à des mitas, sortes de compagnies de transporteurs gérée par l’empire.
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