Un cas de débitage laminaire au Paléolithique ancien : Croix-l'Abbé à Saint-Valery-sur-Somme - article ; n°1 ; vol.26, pg 189-201

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Gallia préhistoire - Année 1983 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 189-201
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Publié le : samedi 1 janvier 1983
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Jean de Heinzelin
Paul Haesaerts
Un cas de débitage laminaire au Paléolithique ancien : Croix-
l'Abbé à Saint-Valery-sur-Somme
In: Gallia préhistoire. Tome 26 fascicule 1, 1983. pp. 189-201.
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de Heinzelin Jean, Haesaerts Paul. Un cas de débitage laminaire au Paléolithique ancien : Croix-l'Abbé à Saint-Valery-sur-
Somme. In: Gallia préhistoire. Tome 26 fascicule 1, 1983. pp. 189-201.
doi : 10.3406/galip.1983.1716
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1983_num_26_1_1716NOTES
UN CAS DE DÉBITAGE LAMINAIRE AU PALÉOLITHIQUE ANCIEN
CROIX-L'ABBÉ A SAINT- VALERY-SU R-SOMME
par Jean de HEINZELIN et Paul HAESAERTS
d'une ancienne ballastière ouverte dans la A. CIRCONSTANCES.
nappe du Bois Cassin ; celle-ci appartient à un Le 4 décembre 1977, lors d'une prospection ensemble de dépôts fluviatiles de la Somme géologique au lieu-dit Moulin de la Veuve échelonnés entre les graviers des plateaux et Rignon, Croix-l'Abbé, à Saint-Valery-sur- la haute terrasse (C. Dupuis, P. Haesaerts et Somme, nous fîmes la découverte fortuite de J. de Heinzelin, 1978). plusieurs silex taillés de même aspect à flanc Les artefacts en silex ont été récoltés dans de talus (fig. 1)1. Nous étions accompagnés de la paroi occidentale de la ballastière, environ M. R. Devismes, de Mons-Boubert. 2 m sous la surface ; ils étaient inclus dans M. R. Agache nous accorda une autorisation une poche sableuse d'une vingtaine de mètres de fouille de sauvetage, le 6 février 1978, et le de diamètre pénétrant les cailloutis fluviatiles. propriétaire, M. J.-B. Desbiendras, y donna Au total 133 artefacts ont été recueillis, dont son accord. une quarantaine dans les éboulis au pied du En un certain nombre de courts séjours, talus. L'essentiel du matériel archéologique nous entamions le sommet des parois sur récolté en stratigraphie occupait une superficie quelques mètres carrés et tamisions les éboulis d'environ 3 m2 et était réparti sur 50 cm de à leur pied. Nous terminions les travaux du hauteur au sein des dépôts sableux. 8 au 10 juillet 1978. Le matériel récolté fut
déposé de façon transitoire à l'I.R.S.N.B. où 1. Stratigraphie locale. nous avons effectué peu à peu les remontages.
Deux profils connectés latéralement ont été
levés ; l'un au champ de fouilles (fig. 2 a), le B. STRATIGRAPHIE. second à quelques mètres au nord-ouest
(fig. 2 b). Ces profils montrent une stratigraphie Le lieu-dit Moulin de la Veuve Rignon, situé
à proximité de Croix-l'Abbé à Saint-Valery- relativement complexe ; ils se sont avérés les
plus explicites après examen des autres poches sur-Somme (fig. 1), occupe l'emplacement
sableuses encore accessibles dans la ballastière.
Du haut vers le bas les unités suivantes y ont
1. Nous remercions cordialement MM. R. Agache, été reconnues.
D. Cahen et R. Devismes qui sont intervenus à différents R : remblai sablo-limoneux brun sombre égards dans l'élaboration de ce travail, ainsi que (10 YR 4/3) incorporant des cailloutis de silex, Mme Suzanne Jansen qui exécuta les dessins avec
habileté. des fragments de craie et de brique.
Gallia Préhistoire, Tome 26, 1983, 1 , p. 189-201, CO .•.•.•.•.:•:•:•:•:•:•:• :•:•:• vTrrrr: o sj
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2 Profil de la paroi occidentale de la ballastière Moulin de la Veuve Rignon à Saint- Valery-sur-Somme. 1, sable; 2, limon; 3, argile; 4, sédiments
humifères ; 5, sédiments réduits ou déferrifiés ; 6, sol lessivé ; 7, sol brun lessivé ; 8, taches d'oxydation et de dégradation ; 9, cailloutis ; 10, artefacts. LAMINAIRE AU PALÉOLITHIQUE ANCIEN 191 DÉBITAGE
dépôt assimilable à un sol construit, nettement
distinct de la pédogenèse de ZL.
SG et SP : sable ocre très caillouteux (7,5-
10 YR 6/8) et poches en pendentif (SP) co
lmatées de sable blanc (10 YR 8/2). La géomét
rie et la nature du remplissage des poches ont
permis d'y reconnaître cinq générations (SP1
à SP5) : sable limoneux jaune pâle en SP1,
sable blanc grisâtre en SP2 et SP3, sable blanc
pulvérulent localement caillouteux en SP4 et
SP5. Au contact des poches les unités adja
centes sont soulignées par des précipitations
d'hydroxydes de fer et de manganèse ; elles
sont, en outre, déformées par des rebrousse-
ments et des involutions d'origine périglaciaire.
Les unités SG et SP témoignent donc d'une
succession complexe d'événements se tradui
sant par une alternance de sables ruisselés et
1 Carte de situation. 1, Saint-Valery-sur-Somme ; 2, de sables soufflés, l'ensemble étant affecté à
ballastière Moulin de la Veuve Rignon ; 3, Pinchefalise ; plusieurs reprises par des cryoturbations. 4, Boismont. SO : sable limoneux ocre (7,5 YR 6/8)
homogène, probablement éolien ; incorpore
quelques cailloutis de silex dispersés, surtout
SJ : sable limoneux brun pâle (10 YR 7/4) vers la base. Au champ de fouilles (fig. 2 a) la
homogène, sans doute d'origine éolienne. La partie supérieure du sable ocre contient la
base du dépôt recoupe en oblique les unités concentration principale d'artefacts sur 20 cm
sous-jacentes ZL et ZH et est soulignée par d'épaisseur environ et présente des indices
un cailloutis discontinu associé localement à d'une faible pédogenèse sous la forme d'une
des fentes de gel profondes de 30 à 40 cm. structure prismatique peu développée avec
Au-delà de P. 7 (fig. 2 b), la partie inférieure revêtements argileux discontinus. En P. 6,
de SJ incorpore des lentilles de sable limoneux une involution dépendante de SP déforme le
brun jaune compact empruntées à l'unité ZL sommet du sable ocre ; les artefacts y montrent
et termine le remplissage d'une large fente en une disposition ascendante et paraissent comme
coin assimilable à une pseudomorphose de injectés dans le sable caillouteux SG. Un grand
coin de glace (fig. 2 b). Ces lentilles évoquent nombre d'artefacts dérivés de cette concen
un dépôt de solifluxion contemporain du tration ont par ailleurs été récoltés en SG et
début de la sédimentation éolienne et accom en SP5, le plus souvent associés à des fragments
pagnent probablement la dégradation du de silex brûlés.
permafrost associé au coin de glace. ZM : sable limoneux brun (7,5 YR 5/6) avec
ZL : sable limoneux à limon sableux brun taches d'oxydation rougeâtres et abondantes
jaune (10 YR 6/6) compact, caractérisé par petites taches réduites ; uniquement observé
une structure prismatique et polyédrique bien au champ de fouilles où le sommet de l'unité
développée avec revêtements argileux assez montre des arrachements et des fentes en coin
abondants sur les surfaces structurales. Il partant de la base de SO. L'unité ZM est
correspond à l'horizon illuvié d'un sol lessivé attribuable à un horizon illuvial tronqué d'un
comparable aux alfisols actuels d'Europe sol lessivé fortement dégradé.
occidentale. G : cailloutis de silex empâtés de sable
ZH : sable limoneux gris brun (10 YR 5/2), argileux rouge brun (2,5-5 YR 5/4). Il appart
discordant sur les unités sous-jacentes SP et ient à une très haute terrasse de la Somme
SG, localement dédoublé entre P.7 et P.9 : dite nappe du Bois Gassin. 1
1
1
192 JEAN DE HEINZELIN ET PAUL HAESAERTS
PATINES
(limites non
précises)
Sol lessivé (1O-7.5YR)
A?
Gley de toundra
B? H
E? R
Sol brun lessivé (1O-7.5YR)
;p Sol brun lessivé (10-7,5 yr)
1 J
Sol lessivé (7,5 yr)
ip?
D.
Sol lessivé? (7,5-5 yr)
K Cl*
Sol hydromorphe (5YR)
léaende
es sable sol lessivé [:.^V:;.::] 'm
1 1 1 1 limon taches d'oxydation
argile cailloux
artefacts |>^^| séd. humique D. ▲ décrochements
séd. réduit permafrost P.
3 Séquence stratigraphique des dépôts de couverture de la carrière du Chemin des Salines à Boismont. LAMINAIRE AU PALÉOLITHIQUE ANCIEN 193 DÉBITAGE
En résumé, les dépôts de couverture de la
ballastière Moulin de la Veuve Rignon à
Groix-l'Abbé comprennent trois générations de LE1
dépôts sableux et limono-sableux en partie
d'origine éolienne ; ceux-ci sont affectés par
L1 des déformations d'origine périglaciaire et alter
nent avec deux horizons illuviés bien exprimés
(unités ZL et ZM).
L2 La totalité des artefacts en silex proviennent
des dépôts sableux compris entre les deux
horizons illuviés ; ils gisaient en position non
L3 ou peu dérangée dans le tiers supérieur d'un
sable limoneux ocre (unité SO) pénétré par
une légère illuviation, mais aussi en position LF2
nettement remaniée dans le sable caillouteux
(SG) et dans les poches de sable pulvérulent
cryoturbées (SP) sus-jacentes.
2. Stratigraphie régionale.
D'après F. Bourdier (in R. Agache et al.,
1963), les dépôts de couverture préservés au
sommet des terrasses de la Somme aux environs
de Saint-Valéry paraissent caractérisés par
une nette prédominance des faciès sableux;
mais dans l'ensemble leur stratigraphie n'appar
aît guère explicite. A la carrière Leroux et au
Bois Sœurette près de Pinchef alise (fig. 1), cet
auteur mentionne la présence, au sommet de
très hautes terrasses de la Somme, de sables
jaunes et de sables blanc jaunâtre attribués au
Riss, surmontés de sables blancs pulvérulents
attribués au Wùrm ; à chaque fois ces sables
y sont séparés par une argile rougeâtre
supposée représenter le sol interglaciaire Riss-
Wùrm.
Une stratigraphie plus complexe fut relevée
à partir de 1975 dans les profils de la carrière 4 Dépôts de couverture de la carrière de La Made-
leine-sous-Montreuil, vallée de la Canche (symboles du Chemin des Salines à Boismont (fig. 3), où
graphiques voir légende de la fig. 2). dépôts sableux et dépôts limoneux interféraient
au sommet d'une haute terrasse de la Somme
(R. Devismes et al., 1977).
glaciaire éemien et aux premiers épisodes du Des sables humifères et des sables blancs
dernier glaciaire. (Dlh), comparables aux sables ZH et SP de
Croix-l'Abbé, y ont été observés sous une A Boismont, les sables humifères et les
épaisse couverture lœssique (El à E6) ; ils en sables blancs Dlh reposaient en discordance
étaient séparés par un complexe de trois sols sur un sol lessivé dégradé fortement tronqué
illuviés alternant avec des colluvions limoneuses (Dl), comparable à l'horizon ZM de Croix-
(D2 à D5). Par comparaison avec la séquence l'Abbé ; l'ensemble surmontait un sol hydro-
morphe légèrement marmorisé (C3) développé d'Harmignies en Belgique (P. Haesaerts, 1980),
ce complexe de sols a été rapporté à l'Inter- dans la partie supérieure des dépôts fluviatiles
13 194 JEAN DE HEINZELIN ET PAUL HAESAERTS
de la haute terrasse de la Somme que l'on moyen, attestée par les données obtenues
peut attribuer vraisemblablement à l'un des depuis une dizaine d'années pour les formations
derniers épisodes du Complexe Gromérien lœssiques, ainsi que pour les séquences polli-
(cf. W. Zagwijn, 1978). En effet, vers l'amont, niques et les enregistrements des grands fonds
les dépôts fluviatiles de Boismont s'inscrivent marins. Aux Pays-Bas par exemple, au moins
dans le prolongement de la terrasse du Champ- deux améliorations climatiques importantes
de-Mars à Abbeville dont l'incision est de peu ont été détectées par la palynologie au sein
postérieure aux marnes blanches de la carrière de l'avant-dernière glaciation ; ce sont les
Garpentier considérées comme un équivalent interstades de Hoogeveen et de Bantega
probable des Cromer Forest Beds d'East Anglia caractérisés respectivement par un environne
(R. Agache et al. 1963). ment forestier tempéré et par une végétation
forestière de type boréal (W. Zagwijn, 1973). Une seconde séquence, montrant certaines
Des épisodes similaires sont également exprimés similitudes avec celle de Croix-l'Abbé, fut
observée par nous en 1978 à La Madeleine- dans les séquences lœssiques sous la forme de
sols lessivés, notamment à Saint-Pierre-lès- sous-Montreuil, au-dessus d'une très haute
Elbeuf près de Rouen (J.-P. Lautridou et al., terrasse de la Ganche (fig. 4). Au moins deux
1974) et à Cagny près d'Amiens (P. Haesaerts générations de poches de sable blanc pulvé
rulent (SB1 et SB2) développées dans un sable et al., à paraître), mais les corrélations entre
ces différents enregistrements demeurent incerocre (SL) y étaient préservées sous une couver
ture limoneuse montrant à la base un sol taines.
Dans ce contexte, le sol lessivé inférieur de lessivé fortement développé (LF2). L'ensemble
Groix-l'Abbé (unité ZM) pourrait représenter reposait au sommet d'un sol marmorisé fort
soit l'interstade de Hoogeveen, soit l' Interement tronqué (LF3), semblable au sol lessivé
glaciaire holsteinien, ou encore un épisode plus inférieur (ZM) de Groix-l'Abbé ; ici également,
une troisième pédogenèse faiblement déve ancien. Par contre, la faible pédogenèse au
sommet du sable ocre, vraisemblablement loppée était présente dans la partie supérieure
formée sous une végétation de type taïga, du sable limoneux ocre, sous les poches
pourrait être l'équivalent de l'interstade de cryoturbées SB1.
Bantega. Aux Pays-Bas, celui-ci précède nette
3. Contexte chronostratigraphique. ment le développement maximum des moraines
saaliennes, auquel pourraient correspondre les Dans l'ensemble, les dépôts de couverture
sables caillouteux SG et les poches cryoturbées de Groix-l'Abbé montrent une séquence compar
SP de Croix-l'Abbé. En conséquence l'industrie able à celles enregistrées ailleurs dans la
lithique de Groix-l'Abbé, incorporée dans la Basse Somme et dans la vallée de la Ganche,
partie supérieure du sable ocre SO, paraît donc tant par la succession des principales unités
pouvoir être attribuée à la première moitié de lithologiques que par la nature et le degré de
l'avant-dernière glaciation (Saalien) et serait développement des sols fossiles qui les séparent.
de peu antérieure à l'interstade de Bantega. Si l'on se réfère aux profils de Boismont, le
sol lessivé supérieur de Groix-l'Abbé (unité ZL) P. H.
et les sables limoneux qui y font suite SJ)
peuvent être rapportés respectivement à l' Inter
C. ARCHÉOLOGIE. glaciaire éemien et à l'un des épisodes froids
de la dernière glaciation (Weichselien). Selon
1. Inventaire. ce schéma, l'ensemble des dépôts sableux
Au total 133 objets ont été récoltés et sous-jacents au sol lessivé ZL, y compris le
sable ocre contenant l'industrie lithique, appar répertoriés, dont les 2/3 (87) ont été extraits
tiendrait à la seconde moitié du Pleistocene en place lors de la fouille de la paroi et dont
moyen. 1/3 (46) provient de récoltes dans les éboulis
Rappelons à ce propos la complexité de et du tamisage des déblais situés au pied de la
l'évolution du climat au cours du Pleistocene coupe. Par fouille nous entendons une récolte DÉBITAGE LAMINAIRE AU PALÉOLITHIQUE ANCIEN 195
stratigraphiquement contrôlée ; carroyage et contact. La lame n° 40 qui vient s'insérer
relevé sur plan n'eussent rien apporté de plus entre les nos 18 et 21 est figurée sur une seule
étant donné l'allure fluée et cryoturbée des des projections.
sédiments. Le nucleus en tant que tel n'est donc pas
Nous estimons avoir extrait environ 3 m2 présent, soit qu'il ait été entièrement débité,
des couches SO à SP5, après quoi le rendement soit que la partie centrale ait été emportée ou
s'est amoindri alors que les difficultés techni perdue.
ques augmentaient. Le stade de préparation présenté ici est
Nous croyons avoir récupéré une bonne partie essentiellement celui de l'enlèvement du cortex.
d'une concentration lithique déjà entamée Dès ce moment, les traits majeurs de la
depuis longtemps par les travaux de carrière. technologie sont mis en place. Aux extrémités
Nous avons récupéré par tamisage tout ce qui d'un nodule épais mais allongé on a préparé
s'était ensuite éboulé sur la pente. Il faut donc d'abord deux chapeaux opposés par des déga
s'attendre à ce que l'ensemble recueilli ne soit gements obliques. L'obliquité est, dans la
pas complet. mesure du possible, progressivement réduite
grâce à l'enlèvement de tablettes d'inégale Les 133 objets répertoriés se décomposent
épaisseur. Ce faisant, le dégagement du nucleus comme suit :
en long commence et ceci, dès le début à partir 81 éclats dont 25 éclats de cortex,
des deux plans de frappe déjà préconçus. 3 éclats de chapeau de nucleus, 1 éclat de bord
On obtient ainsi des lames de cortex qui se de nucleus et un éclat de crête de nucleus.
rencontrent en sens opposé ; leurs dimensions 39 lames et fragments de lames (21).
sont de 9 à 15 cm de long sur 3 à 4 cm de 5 lamelles dont une avec petites retou
large environ. Le plan de frappe au talon des ches.
lames n'est pas toujours préparé ; hormis un 2 tablettes et 2 demi-tablettes de nucleus.
seul facettage, le choc, par percussion semble- 3 chapeaux de nucleus.
t-il lancée, est donné soit sur une arête existante 1 pointe levallois fragmentaire, brûlée.
soit sur un dégagement plat, soit sur un coin. 1 fragment de bord de nucleus.
Malgré cela, la taille est assez habile et régul
Sur les 133 artefacts répertoriés, 55 objets ière : la technique, à ce stade, est plutôt
ont pu être réassemblés en 11 remontages fruste mais le maniement est judicieux.
allant de 16 à 2 composants ; 3 de ces objets
portent des encoches ou retouches non accident Remontage B : 11 lames et fragments
elles ; 52 sont des non-outils. assemblés. Paquet de lames prenant place à
Parmi les 71 objets non réassemblés, il y a l'intérieur du tour de nucleus A (côté le plus
3 outils : une pointe levallois partielle et large vers le haut, conformément à l'orientation
brûlée, 1 lamelle avec petites retouches et admise pour A).
1 encoche ; 68 sont des non-outils. D'autre Ce ne sont plus des lames de cortex et c'est
part, 7 objets furent exclus de l'ensemble car du nucleus proprement dit qu'elles sont issues.
ils en diffèrent par la patine, l'émoussé des Elles sont plus petites que les lames de cortex :
arêtes et aussi par la matière première. 8 à 10 cm de long sur 2,5 à 3,5 cm de large.
Le débitage est aussi plus régulier, bidirec2. Remontages - Description (fig. 5 à 7). tionnel en alternance. Les plans de frappe sont
Remontage A : 16 pièces assemblées. Environ aussi nettement plus petits et mieux préparés,
la moitié du tour d'épannelage d'un nucleus sans toutefois atteindre le beau facettage
allongé présentant en outre le dégagement du régulier de la technique levalloisienne. Certains
chapeau à l'une des extrémités (celle-ci dite bulbes sont cassés et esquilles par la violence
inférieure par convention). du coup de débitage. Il n'y a aucun « chapeau
L'autre chapeau (dit supérieur) est représenté de gendarme ». La lame la plus régulière (93)
par le remontage D et le paquet de lames B a été mise à longueur, on en possède la partie
vient s'insérer à l'intérieur avec un très faible proximale. JEAN DE HEINZELIN ET PAUL HAESAERTS 196
5 a, tour de nucleus A, paquet de lames B et chapeau D Schéma explicatif des projections présentées : b, paquet de
lames B, en projection ; c, sommet du tour de nucleus A, vue de l'extrémité partiellement ombrée ; d, chapeau de
nucleus D, vue interne ; e, lamelle utilisée n° 82 ; f, encoche sur lame n° 95 ; g, encoche distale n° 76 ; h, extré
mité de pointe levallois retouchée, partielle, brûlée n° 100. LAMINAIRE AU PALÉOLITHIQUE ANCIEN 197 DEBITAGE
6 Deux projections du tour de nucleus A. A gauche, sans le chapeau D ni la lame n° 40.

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