Un cimetière à incinération de la Tène Initiale à Oulchy-la-Ville (Aisne) - article ; n°10 ; vol.81, pg 382-409

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1984 - Volume 81 - Numéro 10 - Pages 382-409
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1984
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Jacques Hinout
A. Duval
Un cimetière à incinération de la Tène Initiale à Oulchy-la-Ville
(Aisne)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1984, tome 81, N. 10-12. pp. 382-409.
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Hinout Jacques, Duval A. Un cimetière à incinération de la Tène Initiale à Oulchy-la-Ville (Aisne). In: Bulletin de la Société
préhistorique française. 1984, tome 81, N. 10-12. pp. 382-409.
doi : 10.3406/bspf.1984.8600
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1984_hos_81_10_8600382
U* * ^. * * а *
n cimetière à incineration
de La Xène Initiale
à Oulcny Ja~ Ville (Aisne)
par J. Hinout et A. Duval A la mémoire de et Mauricette de Gilbert Bailloud Lobjois
fouilles n'ont pas cessé. Après une mise au point de
INTRODUCTION Mauricette Bailloud (1967), malheureusement non
publiée alors qu'elle apporte de nombreux éléments
Le rythme des grandes fouilles relatives aux de réflexion des plus intéressants à partir des
nécropoles du faciès champenois de la Tène I, le collections Moreau, Piette et Tatté du Musée des
« Marnien » s'est notablement ralenti lors de ces Antiquités Nationales, Gilbert Lobjois a su, dans ses
dernières décennies, et en ce sens l'on peut dire que fouilles des grandes nécropoles de Pernant et de
les travaux des L. Simonnet, J. Dupuis ou A. Brisson Bucy-le-Long, joindre à des méthodes de fouilles
marquent la fin d'une tradition inaugurée au début rigoureuses, un grand soin apporté à la publication.
de la seconde moitié du XIXe siècle. Il est vrai que les Malheureusement, si Pernant a été l'objet d'une
méthodes ont bien évolué, et que le soin apporté à la étude assez complète (Lobjois, 1969), encore qu'on
fouille interdit aujourd'hui à un « chercheur » d'ex puisse regretter que la présentation du mobilier n'ait
plorer deux ou trois cimetières dans son année. Il est pas été ordonnée par ensembles clos, une mort
vrai aussi que l'énorme documentation amassée par prématurée l'a empêchée, en dehors de quelques
les fouilleurs du XIXe et du début du XXe siècle reste articles spécialisés, d'agir de même à propos de
en grande partie à exploiter. Le gros livre de D. Bucy-le-Long. Ensuite, alors qu'à côté des fouilles
Bretz-Mahler (D. Bretz-Mahler, 1971), autant que précitées en Ardennes, Jean-Loup Flouest et Ian
l'enquête centrée sur une partie de la collection de Stead commençaient un vaste programme de r
echerches, d'autres fouilles étaient conduites dans Baye (Thénot, 1982) essentiellement typologique,
sont loin d'avoir épuisé le sujet. Les deux grandes l'Aisne : Jean-Luc Massy à Davregny (Massy et
directions de travail aujourd'hui imaginables consis Thirion, 1960), et J. Hinout enfin à Oulchy-la- Ville,
dont la nécropole fait l'objet de la présente publitent d'une part dans la publication critique, à l'aide de
tous les documents possibles, du mobilier accessible cation.
des nécropoles autrefois fouillées, tâche à laquelle
Mais, en dehors du fait qu'elle s'insère donc dans s'est consacré de façon exemplaire P. Roualet
un mouvement de recherches qui avait connu ses (Roualet, 1976, Morgen et Roualet, 1975/76, Kruta
débuts avec les fouilles de F. Moreau, elle possède et Roualet, 1982 ; Hatt et 1976 et 1981), et
des caractéristiques qui lui sont propres. Tout par ailleurs en une étude synthétique des différents
d'abord, comme on pourra le constater, à Oulchy type de mobilier, céramiques, objets métalliques ou
nous sommes dans un La Tène tout à fait initial, à un autres, dans laquelle la morphologie et la structure
point tel que le mobilier pourra surprendre par son des objets auront le pas sur la typologie tradition
archaïsme ; et la question du « passage » du Hallstatt nelle.
à La Tène vient immédiatement à l'esprit, autant que
l'irritante conception du « Jogassien ». Ensuite, il y a Il convient cependant de noter, que dans la partie
là une pièce importante à verser au dossier du occidentale de l'aire marnienne, correspond à une
grande partie du département de l'Aisne — tout « Marnien » : nous avons affirmé à plusieurs reprises
(notamment in Duval et Buchsenschutz, 1976) l'exicomme d'ailleurs dans le département des Ardennes,
stence d'un « marnien occidental » différent quelque à Manre (Quatreville, s.d.) à Aure (Quatreville,
peu du Marnien proprement dit (rareté des armes et s.d.), au Mont-Troté (Erlté, 1970) — les grandes :
383
des fibules, grande variété des céramiques et inventi
vité particulière dans le décor de celles-ci), concept
ion qui fut combattue par plusieurs collègues, alors
que de notre côté nous les mettions en garde contre
le Marnocentrisme.
Enfin, il s'agit d'une nécropole à incinérations. M.
Bailloud avait déjà insisté sur la présence de tombes à
incinération dans différents cimetières de l'Aisne ; à
Pernant, au moins une de ces tombes ont été
reconnues ; mais c'est la première fois que, dans un
cimetière, ne sont découvertes que des incinérations
à l'exclusion de toute inhumation.
Enfin cette nécropole pose de nombreuses ques
tions quant à son organisation interne, tant dans les
rapports de tombes « riches » et de tombes
« pauvres », que dans la division spatiale due,
semble-t-il, à une discrimination sexuelle. Ces él
éments seront exposés ci-après et débattus à la fin de
l'étude. SOISSONS ^,'-"-w
N.B. Sauf les vues cavalières de certaines incinérations, dues à
la plume de Ch. Jacquin, tous les dessins sont dus aux auteurs.
(
7" PARTIE LOurcq .._ • -OULCKÏ _>— -/^--^/ У^
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1 - Situation géographique
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Oulchy-la- Ville est une petite commune dépendant CHATEAU- rHIERRY/^~í ^Г 4^ du canton d'Oulchy-le-Château, entre Château-
С' Thierry et Soissons, au sud du département de
l'Aisne (fig. 1). Le relief actuel de cette contrée est le t
) a Marní résultat d'une évolution lente et complexe où la
structure et la résistance inégales des roches ont
contribué à la formation des plateaux qui correspon
dent aux affleurement des calcaires de Saint-Ouen à
l'altitude de 175 m, des grossiers à l'altitude
de 100 m, séparés par le talus des sables et grès de Fig. 1 - Oulchy-la- Ville, plan de situation. Beauchamp à l'altitude moyenne de 150 m. Enfin
vient le relief en creux de la vallée de l'Ourcq qui
entame le calcaire grossier, l'étiage de cette rivière
étant de 85 m, à la hauteur d'Oulchy-Brény.
Le site d'Oulchy (fig. 2) au nord de l'Orxois, petit
pays aux limites assez floues et situé entre le
Tardenois et le Valois représente la partie moyenne
du bassin miniature de l'Ourcq. Cette rivière entame
les assises du calcaire grossier dans les falaises
desquelles les hommes ont creusé les « creuttes »,
grottes artificielles qui ont donné naissance aux noms
des villages ou hameaux qui bordent cette vallée :
Cugny-les-Grouttes, Moulin-les-Grouttes, etc.. an
ciennes habitations troglodytiques, maintenant aban
données ou transformées en granges ou caves.
Au-dessus, quelques plateaux actuellement en
culture séparent le fond de la vallée avec les hauteurs
L boisées des sables et grès de Beauchamp qui rendent
si pittoresque cette région ; c'est précisément sur le Fig. 2 - Nécropole d'Oulchy-la-Ville, « Bois de la Baillette », localisation. :
384
bord d'une de ces platières encore en place que se au sommet de la table en grès en place à cet endroit à
trouvait le cimetière d'Oulchy. Il était situé sur la l'altitude de 164 m. Présentement, cette platière est
parcelle cadastrée, section A, n° 225, au lieu-dit « La sans couverture forestière clairiérée composée de
Bayette ». Ce lieu-dit était anciennement appelé La pins, chênes, bouleaux, noisetiers, acacias, bruyères
Baillette (XIVe siècle - terre donnée par un noble à et genêts (fig. 3).
un serf ou à un vilain). On y accède par le chemin Coordonnées Lambert : feuille de Fère-en-Tarde- rural de La Baillette qui commence sur la route nois 5,6. y = 674,32 ; x = 169,18. départementale n° 80 près de l'église d'Oulchy-la-
Ville. Il permet, à travers les grès éboulés, d'accéder
Fig. 3 - Nécropole d'Oulchy-la-Ville, coupe théorique montrant la situation stratigraphique des incinérations, au-dessus du grès tabulaire faille surmontant le sable
tertiaire.
2 - Conditions de la découverte désignées par la lettre I (= incinération), suivie d'un
numéro allant de 1 à l'infini, mais nous y adjoindrons
la localisation d'après le carroyage métrique : par
C'est en 1962, au cours des fouilles du gisement exemple I 16 (en P 7/8). Enfin, les objets seront
tardenoisien de La Baillette (Hinout, 1962) que également désignés par un numéro allant de 1 à
furent mises au jour les premières incinérations, l'infini, tels qu'ils ont été numérotés par l'inventeur
objets de cette étude. C'est René Joffroy, Conservat en cours de fouille, de façon à éviter les confusions
eur en Chef du Musée des Antiquités Nationales, possibles entre deux objets de même nature (vases
qui révéla l'importance de ce cimetière, considéré par exemple) provenant de deux tombes différentes.
d'abord d'un mauvais œil, car il perturbait les Quatre cas particuliers (voir fig. 5) le vase 90, couches archéologiques des premiers occupants. isolé, de même que le vase 51 isolé et n'appartenant Mais J. Hinout s'attacha bientôt avec la même pas à l'incinération 22, les ensembles 17 et 37 n'ont minutie à cette nouvelle découverte. Les fouilles pas été précédés de la lettre I, à cause de l'absence furent conduites selon le processus habituel, car- d'incinérations. Trente-neuf incinérations et ces royage métrique avec report sur papier millimétré. ensembles nous permettent d'arriver à un total de C'est ainsi que fut rêve lu с au bout du compte une quarante et une structures, alors que 103 objets au nécropole composée d'au moins trente-neuf tombes à moins ont été repérés. incinération presque toutes accompagnées de mobil
ier (fiV >ï I ors de la fouille les ensembles avaient Le mobilier, notamment la céramique, se présent
été désignés selon leurs coordonnées en x et en y ; ait sous une forme très fragmentée. Le seul récipient
dans l'étude qui va suivre, les sépultures seront qui fut trouvé entier est la coupelle n° 59. Bien des :
:
:
:
:
385
vases n'étaient représentés que par quelques tessons. selon qu'elles étaient situées dans un horizon d'accu
J. Hinout a dû mener un long travail de consolidation mulation ou de lessivage ; dans la plupart des cas les
des fragments récupérables. C'est la raison pour os calcinés et les offrandes étaient cimentés dans des
laquelle tous les exemplaires n'ont pu être dessinés. concrétions ferrugineuses qui englobaient tout ce qui
Toutefois, la forme générale des vases incomplets a constituait l'incinération, cet ensemble adhérait au
pu être appréhendée ; dans ce cas, tout en étant grès par un lacis de racines très ténu (a, c, i) ; dans
conscient que la part d'interprétation est plus ou d'autre cas seuls les ossements étaient agglomérés
moins importante, nous renvoyons aux planches dans ces boules aliotiques (b) ; quelques incinéra
typologiques (fig. 23 à 27). tions, surtout celles situées au-dessus de la table
gréseuse, étaient peu affectées par le podzol et de ce 3 - Aspect du sol fait mieux conservées (b', h') ; le torque et le bracelet
de bronze étaient soudés à la roche par l'oxydation La figure 3 restitue sous une forme schématique la qui les enrobait (k). couverture végétale, le sol et le sous-sol du gisement
au moment de sa découverte. De bas en haut la
masse des sables marins tertiaires que surmonte la 4 - Structure de la nécropole et rites funéraires
table en grès de Beauchamp (étage Auversien). (fig. 4 et 5)
Cette lentille de grès est fracturée par endroits, les
ravinements anciens lors du creusement des vallées La surface occupée par le cimetière était d'environ l'ont disloquée, et les blocs de grès se sont éboulés 180 m2. Comme nous l'avons dit, il s'agit en totalité sur les versants donnant un aspect chaotique à ce site. d'incinérations. Le contour des fosses était pratiqueAu-dessus de la table de grès un dépôt de sables ment indécelable, et seule la formation aliotique soufflés (6 bis, 6 ter) de faible épaisseur à 00000 ? laissait voir qu'il y avait une incinération. Ces sols l'occupation tardenoisienne à environ 0,10 à 0,12 m n'ont pas non plus reçu une couverture végétale à du grès. La sédimentation se poursuivit jusqu'à toutes les époques. Au fond, reposaient les cendres l'époque de la Tène, c'est-à-dire une épaisseur de en général surmontées par un vase (sauf I 26 et I 41). 0,40 à 0,50 m. C'est à partir de ce sol que les Deux cas particuliers doivent être décrits : le vase 90 utilisateurs du cimetière ont creusé des petites fosses a été trouvé isolé, on ne sait donc si l'incinération a subcirculaires et déposé les ossements calcinés et les disparu, ou bien s'il faut le rapprocher des incinéraoffrandes sur la table de grès ainsi mise au jour en tions voisines I 6 et I 8. Nous penchons en faveur de bouleversant la couche mésolithique. C'est ainsi que la première hypothèse. Par ailleurs, l'incinération lors du décapage au-dessus d'une incinération nous I 22 ne comportait pas de mobilier, mais, tout proche avons remarqué que les dix premiers centimètres le vase 51 et la dalle de grès qui l'accompagne ne sont étant marqués par la présence des vestiges tardenoi- pas associés, eux, à une incinération : il semble siens et du dépôt de pente, sans que jamais dans le toutefois qu'il s'agit de deux ensembles bien distincts. niveau des incinérations soient présents les artefacts
Bien qu'à première vue la répartition des dépôts mésolithiques. L'épaisseur de cette couche sableuse
semble avoir été faite sans ordre bien défini, l'on peut varie de 0,40 à 0,60 m suivant la surface de la roche
constater que les incinérations ne se chevauchaient mère qui présente des cuvettes plus ou moins
en aucune manière, à l'exception des incinérations profondes. Il s'agit ici d'un sol podzolique humo-
I 38 et I 39 dont les fosses étaient contiguës. ferrugineux, avec concrétions ferrugineuses au
contact de la roche, notamment dans le fond des La nécropole est nettement séparée en deux
cuvettes. Un dépôt de pente représenté par de petits parties dans la partie centrale Q5 et Q7 et R5 et R7,
blocs de grès rouge repose directement sur la table de aucune incinération ou offrande n'a été décelée.
grès dans un niveau sablo-argileux à certains empla Dans la partie Ouest, se trouvent en général les
cements. incinérations avec les torques et les bracelets (I 3,
La figure 4 donne une coupe est-ouest du site (sur I 12, I 15, I 16) ; dans la partie Est, les incinérations
laquelle ont été projetées un certain nombre de avec les rasoirs (I 24, 1 33, 1 38, 1 40) ; une exception
fosses de la nécropole) 1 - sol actuel ; 2 - sol notable près de I 35, dans la partie orientale de la
d'occupation du cimetière ; l'on observe à ce niveau, nécropole, se trouve une fosse — que nous avons
dans la partie supérieure du remplissage, des él appelée 37, sans faire précéder ce nombre de la lettre
éments lithiques provenant de la couche tardenoi I, puisqu'il ne s'y trouvait pas d'incinération — qui
sienne et du dépôt de pente sous-jacent perturbés comporte un torque et un bracelet : le problème se
lors du creusement des petites fosses ; 3 - couche pose de savoir s'il s'agit d'une incinération simulée ou
tardenoisienne interrompue çà et là par les incinéra d'un dépôt votif. Mais en dehors de cette exception,
tions ; 4 - table de grès en place. Cette coupe résume on est en droit d'affirmer que la nécropole est
différentes observations que l'on a pu faire au cours séparée en deux zones : l'une avec des tombes
des fouilles la podzolisation très inégale du sol à cet féminines et l'autre avec des tombes masculines. Cette
emplacement a altéré plus ou moins les incinérations séparation est d'ailleurs renforcée par la présence, i
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386
dans les fosses des incinérations I 20, I 21, I 22-22 Nous avons observé, sur la plupart des bols,
bis, I 23 de petits blocs de grès couchés sur le flanc, coupelles, vases ou des assiettes servant de couvercle,
qui accompagnaient le mobilier : s'agit-il de sortes de des traces très nettes d'utilisation, qui se traduisent
bornes ? Un bloc de grès se trouve également en par des stries en tous sens, au niveau du bord de
I 12. Mais si l'on admet qu'il s'agit d'un bornage on l'ombilic, et sur les fonds bombés ou plats. Il s'agirait
peut alors penser que cette dernière tombe — la plus donc d'objets ayant été utilisés par le défunt ou par
riche d'ailleurs des tombes féminines — marquait le ses proches ?
début (ou la fin) de la nécropole. Toutefois, ces En I 24, une petite dalle de calcaire avait un usage pierres n'étaient pas visibles, et on doit tenir compte bien distinct, puisqu'elle servait de couvercle au vase de leur position dans le fond des tombes. 58.
1 m
Fig. 4 - Nécropole d'Oulchy-la-Ville. coupe montrant en projection la situation de certaines des incinérations dans le sable au-dessus du grès tabulaire faille. On
notera la disposition des os calcinés, à la base de l'incinération, sous l'un des vases, ainsi que la présence de blocs de grès intentionnellement déposés.
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Fig. 5 - Plan d'ensemble de la nécropole d'Oulchy-la-Ville. Les chiffres et les lettres correspondent au carroyage d'1 m x 1 m utilisé lors de la fouille. Les ensembles
ont été ensuite redéfinis de I (incinération) 1 à I 41. :
387
On est en mesure de parler de tombes « riches » : ments dans la recherche française permettant de
on peut noter — sauf encore une fois le cas mener à bien une telle entreprise.
particulier de la structure 37 — que les incinérations Notons, pour terminer cette présentation, qu'à associées à un mobilier métallique le sont également l'exception éventuelle de la dalle de grès de I 12, à plusieurs céramiques — qui sont alors parfois aucune limite matérialisée de la nécropole, enclos ou décorées autre, n'a été repérée.
1 3 - torques, 2 bracelets, 2 céramiques, dont 1
ornée ;
IIe PARTIE 1 8 - torques, 5 céramiques dont 1 très ornée ;
I 12 - bracelet, boucle d'oreille, 5 cérami INVENTAIRE DES FOSSES ET DU MOBILIER
ques dont 2 très ornées ;
I 16 - torques, bracelet, 5 céramiques (aucune Incinération 1 (КЗ du plan)
ornée) ;
I 20 - lame. 3 céramiques dont 1 ornée ; 1 - Quatre tessons d'un vase, à pied légèrement
marqué, à fond plat ; la forme d'ensemble est I 24 - rasoir, trousse de toilette ?, 4 céramiques
peut-être tronconique, comparable au n° 28 (fig. 25), (aucune ornée) ;
ou encore situliforme ; pâte grossière qui s'exfolie, I 32 - trois objets en fer, 2 à 5 céramiques (aucune engobe extérieur brun/noir d'aspect mat (fig. 6). D ornée) ; du fond = 11 cm. I 33 - rasoir, lame en fer, 3 (aucune
Une dizaine de fragments d'os calcinés accompagornée) ;
naient ce vase. I 38 - rasoir, poinçon ?, 4 céramiques, dont 1 très
ornée ; Incinération 2 (M3 du plan)
I 40 - rasoir. 3 céramiques (aucune ornée).
22 - Vase caréné, carène basse, fond bien détaché
II y a deux exceptions : en I 15, à un torque n'est extérieurement et légèrement creux, mais non ombi-
associée qu'une seule céramique. En I 36, à un liqué, panse arrondie, épaule courte et légèrement
scalptorium n'est associée également qu'une seule convexe, col haut allant en s'évasant très largement
céramique. Ces deux vases ne sont pas ornés. vers la partie supérieure, bord arrondi ; pâte fine,
engobe brun/noir marbré de brun/clair (surcuisson), Face à ces tombes riches, de nombreuses fosses ne
lustrage sur extérieur et à l'intérieur du col (fig. 24 et possèdent qu'un seul vase : I 1, I 2. I 6, I 9, I 10,
fig. 6). H = 9,6 cm. I 11, I 14, I 17, dans le secteur « féminin » ; 22 bis,
I 23, dans le secteur intermédiaire ; I 25, I 27, I 28, Sous ce vase reposaient une centaine de bouts d'os,
I 30, I 31, dans le secteur « masculin », ou ne les moins brûlés de toute la nécropole ; on y
recèlent même aucun mobilier (I 22, I 26, I 41). Ces reconnaît de nombreux grands fragments d'os longs
tombes pauvres sont parfois groupées ou alignées : et de calotte crânienne.
I 9, I 10, I 11 d'une part ; I 25 à I 31 d'autre part.
Incinération 3 (J4 du plan)
Enfin, il existe des tombes que l'on pourrait
qualifier ď « intermédiaires ». Elles recèlent soit un 4 - Vase caréné, carène haute, fond à pied creux assez grand nombre de vases, soit une poterie ornée : bien marqué, panse légèrement arrondie, épaule I 4 (2 vases dont 1 très orné), I 7 (vases), I 13 (4 concave, col d'abord droit allant en s'évasant, bord vases), I 19 (2 vases dont 1 I 39 (4 vases dont 1 arrondi ; engobe brun/noir, lustré sur tout l'extérieur très orné). et l'intérieur du col ; décor, au peigne à trois dents,
Le vase 54 avait contenu des ingrédients car le de deux séries de trois lignes horizontales, la
sable contenu à l'intérieur était encore coloré d'une première à la base du col, la seconde à la base de
teinte noirâtre, comme du reste le vase 90, dont le l'épaule, légèrement au-dessus de la carène (fig. 23 et
dépôt avait coloré la roche-mère sous-jacente (voir fig. 6). H = 14,2 cm.
coupe fig. 8). Peut être s'agirait-il dans ces deux cas 5 - Vase caréné, carène haute, fond légèrement de viatiques ? Malheureusement, à l'époque de la creux, panse rectiligne, épaule rectiligne, col recti- fouille, aucune détermination n'était possible. ligne s'évasant, bord arrondi ; pâte fine, engobe
Par contre, nous devons souligner que, les osse brun/noir, lustré sur tout l'extérieur et l'intérieur du
ments brûlés ayant été soigneusement isolés et col (fig. 25 et fig. 6). H = 14,3 cm.
conservés, leur étude reste entièrement à faire. Cette Les os calcinés se trouvaient sous ce vase. carence rend d'ailleurs le travail que nous présentons
incomplet. Mais il n'existe pas encore, à notre 6 - Torque ouvert en bronze, à tige pleine de
connaissance, de moyens en personnels et en section ronde, petits tampons tronconiques à peine 388
И
12
13
14 '18 (17=U)
Fig. 6 - Incinération I : vase n° 1. Incinération 2 : vase n° 22. Incinération 3 : vase n° 4 ; vase n° 5 ; torque n° 6 ; bracelets nm 1 et 8. Incinération 4 : vase n" 18
(vase n° 17 non figuré). 389
marqués, détachés de la tige par deux légers Ensemble 6 bis (M7 du plan)
bourrelets cantonnés de sillons gravés ; décor gravé
de séries de 3 à 6 lignes, en réalité sillon unique 90 - Vase caréné, carène plutôt basse, fond plat à
en pas de vis (fig. 26 et fig. 6). D = 14,6 cm. pied détaché bien marqué, panse arrondie, épaule
convexe, col légèrement concave et évasé, bord à 7 et 8 - Paire de bracelets ouverts, en bronze, à
lèvre arrondie bien marquée vers l'extérieur ; pâte tige pleine, de section ronde, sans tampons, décor
fine, engobe brun/noir à brun/clair (plages de obtenu par torsion partielle de la tige (fig. 26 et
surcuisson), lustré sur tout l'extérieur et l'intérieur fig. 6). D = 7,6 x 5,5 cm et 6,8 x 5,2 cm.
du col (fie. 25 et fig. 7). H = 9.3 cm.
Ce vase n'était pas associe a une incineration. Par Incinération 4 (L5 du plan)
contre, la roche-mère en place avait été fortement
colorée, comme par une tache d'encre, par les 17 - Vase caréné, carène surbaissée, col évasé, ingrédients qu'avait contenu le vase, comme le fond à ombilic, comparable au n" 26 ; pâte fine, montre la coupe (fig. 8). engobe brun/noir lustré (non figuré).
Quelques fragments d'os calcinés se trouvaient
sous cette poterie.
18 - Petit vase caréné, le fond manque, panse M 7 arrondie, épaule bien marquée légèrement convexe,
col légèrement concave très évasé, bord à lèvre bien
détachée et peu saillante ; pâte fine, engobe brun
clair, lustré sur l'extérieur, et brun/noir, lustré à
l'intérieur. Décor de lignes incisées horizontales
soigneusement dessinées : une ligne sous la lèvre,
deux lignes au milieu du col, une ligne à la jonction
du col et de l'épaule, deux lignes à la partie inférieure
de l'épaule, au-dessus de la carène ; sur le col, décor
de lignes obliques, cette fois-ci hâtivement réalisées,
de part et d'autre des deux lignes horizontales
médianes et d'orientation opposée (fig. 23 et fig. 6).
H supposée — 5,7 cm.
Fig. defferifiée roche 8 - Coupe en place blanche de l'ensemble - 5, - ingrédients 3, zone 6 d'accumulation bis, du où vase fut trouvé qui ont avec le coloré vase niveau n° la 90 archéologique roche : 1, sol en - place. 2, zone - 4, Incinération 5 (L6 du plan)
20 - Vase tronconique à paroi très évasée, fond
plat (très épais), bord à large lèvre aplatie et Incinération 7 (M5 du plan) fortement rentrante ; pâte grossière s'exfoliant,
engobe brun/noir, lustré extérieurement (fig. 25 et 23 - Vase caréné, carène haute, fond plat à pied fig. 7). H = 12,1 cm. assez marqué, panse rectiligne ou arrondie, de même
Quelques fragments d'os calcinés sous ce pot. que l'épaule, col d'une hauteur indéterminée, éversé,
bord légèrement éversé et d'arrondi à biseauté vers 21 - Vase caréné, carène assez haute, fond plat
l'intérieur ; très incomplet ; pâte fine, engobe brun/ plutôt étroit, panse légèrement arrondie, épaule très noir lustré (fig. 7). D à la carène = 16,2 cm. légèrement convexe, col haut concave et fortement
évasé, bord arrondi ; pâte fine, engobe brun/noir 24 - Vase tronconique, sans doute de forme « pot à
lustré sur tout l'extérieur et l'intérieur du col (fig. 7). fleur », dont il manque toute la partie supérieure,
H = 10,7 cm. font plat, panse de convexe à très légèrement
galbée ; pâte très grossière, engobe brun/noir à
l'extérieur, ocre/jaune sur l'intérieur, lissé sommaire
Incinération 6 (M6 du plan) ment sur le pourtour (fig. 7). D du fond = 8,6 cm.
Les débris d'os calcinés gisaient sous ce pot. 2is - Vase tronconique, a paroi très évasée, tond
25 - Deux tessons d'un vase caréné (semblable au plat (très épais), bord biseauté vers l'intérieur ; pâte
n° grossière, engobe ocre/bran, lissé grossièrement de teinte ocre/jaune (non figuré). 22)
(fig. 25 et fig. 7). H = 14.5 cm. 26 - Vase caréné, carène basse, fond bombé à
Plusieurs centaines de fragments d'os calcinés se ombilic bien marqué, panse arrondie, épaule courte
trouvaient sous ce pot. et rectiligne, col haut et concave, évasé, bord 390
6 bis .25)
24
Fig. n° 7 - Incinération 27 (vase n" 25 5 : non vase figuré). n° 20 ; vase n° 21. Incinération 6 : vase n° 28. Ensemble 6 bis : vase n° 90. Incinération 7 : vase n° 23 ; vase n° 24 ; vase n° 26 ; vase

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