Un village rubané en Basse-Normandie ? L'évaluation du site de la ZAC du Lazzaro à Colombelles (Calvados) - article ; n°3 ; vol.97, pg 405-418

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 2000 - Volume 97 - Numéro 3 - Pages 405-418
Le diagnostic puis l'évaluation d'une zone industrielle dans la périphérie caennaise a permis l'observation d'un site d'habitat. Le mobilier livré, par ce qui peut être considéré comme les fosses latérales de bâtiments, présente de nombreuses caractéristiques permettant de l'attribuer à la fin du Rubané Récent du Bassin-Parisien (R.R.B.P. final) ou au début du Villeneuve-Saint-Germain (V.S.G. initial).
Evaluation and trial excavations in a development zone on the outskirts of Caen identified a dwelling site. The finds from apparent lateral quarry-ditches for several buildings allow attribution to the Late Bandkeramik of the Paris Basin or the early Villeneuve-Saint-Germain.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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Emmanuel Ghesquière
Cyril Marcigny
David Giazzon
Éric Gaumé
Un village rubané en Basse-Normandie ? L'évaluation du site de
la ZAC du Lazzaro à Colombelles (Calvados)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 2000, tome 97, N. 3. pp. 405-418.
Résumé
Le diagnostic puis l'évaluation d'une zone industrielle dans la périphérie caennaise a permis l'observation d'un site d'habitat. Le
mobilier livré, par ce qui peut être considéré comme les fosses latérales de bâtiments, présente de nombreuses caractéristiques
permettant de l'attribuer à la fin du Rubané Récent du Bassin-Parisien (R.R.B.P. final) ou au début du Villeneuve-Saint-Germain
(V.S.G. initial).
Abstract
Evaluation and trial excavations in a development zone on the outskirts of Caen identified a dwelling site. The finds from apparent
lateral quarry-ditches for several buildings allow attribution to the Late Bandkeramik of the Paris Basin or the early Villeneuve-
Saint-Germain.
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Ghesquière Emmanuel, Marcigny Cyril, Giazzon David, Gaumé Éric. Un village rubané en Basse-Normandie ? L'évaluation du
site de la ZAC du Lazzaro à Colombelles (Calvados). In: Bulletin de la Société préhistorique française. 2000, tome 97, N. 3. pp.
405-418.
doi : 10.3406/bspf.2000.11129
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_2000_num_97_3_11129Un village rubané en
Emmanuel GHESQUIÈRE Basse-Normandie ? L'évaluation
et Cyril MARCIGNY
avec la collaboration du site de la Z.A.C. du Lazzaro
de David GIAZZON
et Éric GAUMÉ à Colombelles (Calvados)
Résumé a Le considéré permis diagnostic l'observation comme puis les l'évaluation fosses d'un latérales site d'une d'habitat. de zone bâtiments, industrielle Le mobilier présente dans livré, de la périphérie par nombreuses ce qui caennaise peut caracté être
ristiques permettant de l'attribuer à la fin du Rubané Récent du Bassin-Parisien
(R.R.B.P. final) ou au début du Villeneuve-Saint-Germain (V.S.G. initial).
Abstract
Evaluation and trial excavations in a development zone on the outskirts of Caen
identified a dwelling site. The finds from apparent lateral quarry-ditches for several
buildings allow attribution to the Late Bandkeramik of the Paris Basin or the early
Villeneuve-Saint-Germain.
L'évaluation du " Lazzaro ", réalisée en sept jours, fait du site et en l'absence de fouille dans un délai court, il a
suite aux travaux de diagnostic archéologique effectués paru opportun de publier les premières données de
par Mireille André (A.F.A.N.) et Antoine Chancerel l'opération, malgré le caractère incomplet des résultats,
(S.R.A.) en 1996 sur le projet d'aménagement d'une de manière à offrir à la communauté scientifique un
zone artisanale et commerciale. Devant l'importance premier aperçu du potentiel de ce gisement.
û Orne -— _ ^ 20
1km 0 Fig. " Z.A.C. 1 - du Colombelles Lazzaro ". Lo
calisation géographique
du gisement (dessin E.
Ghesquière, A.F.A.N.).
n° 3, p. 405-418 Bulletin de la Société Préhistorique Française 2000, tome 97, 406 Emmanuel GHESQUIÈRE et Cyril MARCIGNY avec la collaboration de David GIAZZON et Éric GAUMÉ
Fig. 2 - Colombelles " Z.A.C.
du Lazzaro ". Plan masse des
structures identifiées lors de
l'évaluation et du diagnostic,
en noir les structures néoli
thiques (DAO, D. Giazzon,
A.F.A.N.).
Le site est situé sur la commune de Colombelles, à décapés, le labour peut affecter la totalité de la format
l'ouest de Caen, au lieu-dit " Le Petit Plan " rebaptisé ion de limon brun lessivé.
pour l'occasion ZAC du Lazzaro. Il est implanté sur un L'évaluation a été réalisée sous la forme d'une fenêtre
plateau dominant les vallées de l'Orne à l'ouest et de la large de 12 à 10 m et par deux tranchées (fig. 2). L'épais
Gronde au sud (fig. 1). Sur le plan géologique, les ter seur de sédiment décapée lors des travaux archéologi
rains sont ici sous-tendus par le calcaire de Ranville ques est comprise entre 0,30 m et 0,60 m. Lorsque les
(Bathonien supérieur). Ce substrat, profondément couches superficielles n'ont pas été remaniées, les
affecté par la gélifraction quaternaire, apparaît aujour structures archéologiques apparaissent, après décapage,
d'hui sous forme de plaquettes ou plus souvent sous la sous la forme d'anomalies sombres qui contrastent
forme d'une couche déstructurée de calcaire et de avec le limon brun lessivé ou le lœss.
limon mélangés. Ce calcaire est recouvert de format
ions superficielles de différentes natures. La première,
et la plus profonde, consiste en un lœss fortement LES RESULTATS DU DIAGNOSTIC DE 1996 carbonate, d'une cinquantaine de centimètres d'épais
ET LES DONNÉES DE L'ÉVALUATION seur, altéré à sa partie supérieure par le sol holocène de
0,70 mètre d'épaisseur (limon brun lessivé pauvre en
carbonates). Ces différents types de sols ont ensuite été À l'issue du diagnostic archéologique réalisé en 1996,
recoupés par les labours. Dans certains secteurs très une grande partie des terrains disponibles était libérée
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de toute contrainte archéologique. Cependant une
zone d'un peu plus de 2 ha située au nord du projet de
la Z.A.C. recelait les restes bien conservés d'un site
attribué au Néolithique ancien (sur un peu plus de
7 000 m2). Ces vestiges semblaient alors correspondre à
une occupation dense qu'il était tentant de comparer
aux villages Rubané du Bassin parisien. Cette impres
sion était de plus renforcée par la présence de vastes 5m fosses orientées nord-ouest-sud-est à proximité st6
desquelles une et peut-être deux sépultures (non fouil
lées) étaient repérées à l'instar des sites R.R.B.P. ou
V.S.G. connus plus à l'est. Devant l'importance scienti
fique du site et de manière à évaluer au plus juste le
potentiel d'un tel gisement, une nouvelle phase de son
dage en aire ouverte a alors été envisagée par le Service
Régional de l'Archéologie. Les buts fixés sont divers
ifiés. Ils concernent dans un premier temps la r
econnaissance partielle de l'habitat et en particulier v ; l'évaluation du nombre de bâtiments composant le
village (en évitant la fouille nécessairement destruct
rice), puis dans un second temps et par le biais des
comparaisons extra régionales, tenter une première st32
approche de la culture matérielle. À l'issue de l'évalua
tion, les résultats concernent au minimum trois hori
zons chronologiques. Les structures néolithiques sont
bien entendu les plus nombreuses sur Je site. Elles
couvrent l'ensemble de la zone explorée et sont relat
ivement denses. En dehors de ces structures, un enclos a lithique
attribué à l'époque protohistorique et plusieurs fossés a céramique
qui appartiennent sans aucun doute à un parcellaire ° silex récent ont été observés (fig. 2). Ils perturbent en partie
w structures aux contours diffus la zone septentrionale du site, mais ne semblent pas
avoir affecté outre mesure les vestiges néolithiques. Fig. 3 — Colombelles " Z.A.C. du Lazzaro ". Les
structures 6 et 32 et la répartition du mobilier
(DAO, D. Giazzon, A.F.A.N.).
LES STRUCTURES NEOLITHIQUES
ET L'ORGANISATION DU SITE
mais où le mobilier archéologique est abondant. Dans
Les structures néolithiques se répartissent uniformé un tel cadre opératoire, il a été décidé non pas de relier
ment sur la surface évaluée (fig. 2). Elles couvrent une le mobilier à telles ou telles structures, mais plutôt, à
l'aide d'un carroyage orienté suivant les points cardivaste zone de plus d'1,5 ha. Le mode opératoire utilisé
lors de cette évaluation était conditionné par des pres naux, de relever l'ensemble des vestiges dans les trois
criptions limitant la fouille à son strict minimum, ce qui dimensions.
a occasionné de nombreux problèmes lors de la " lec Deux types de structures ont ainsi pu être mis en
ture " des structures. En effet, dans cette partie de la évidence. Les premières et les plus conséquentes
Plaine de Caen, la formation limoneuse superficielle correspondent à de vastes fosses aux contours flous
est épaisse et les structures en creux sont parfois diffi et irréguliers généralement orientées selon un axe
ciles à identifier. Lorsque les remplissages sont consti est-ouest (fig. 2, 3 et 4 : St. 1, 3, 6, 32, 44, 7, 9, 16, 22, 58,
tués de limon brun semblable à l'encaissant et qu'ils 59 et 60). Les secondes correspondent plutôt à des
sont dénués d'éléments exogènes naturels ou anthropi- anomalies dans le limon qu'il est difficile de qualifier
ques, seule la partie inférieure des structures inscrites de véritables structures (fig. 2, 3 et 4 : St. 41, 32 à 37, 48,
dans le lœss clair sous-jacent permet de distinguer des 50 à 53 et 15). Elles ont cependant systématiquement
contours. Dans ce cas, les vestiges contenus dans le piégé en surface des éléments anthropiques (essentie
seul limon brun ne peuvent être assignés à une struc llement des charbons de bois de petite taille). Dans le
ture déterminée. De même, aucun lien stratigraphique cadre de l'évaluation, aucune structure n'a été fouillée
unissant éventuellement des structures différentes ne mais la vidange d'une ancienne tranchée à proximité de
la structure St. 6 a permis d'observer son creusement peut être perçu. De manière à limiter la destruction des
éléments néolithiques (et répondre ainsi aux prescrip qui entame le lœss. La répartition spatiale des fosses a
tions), le décapage s'est limité à l'interface terre végé permis l'identification de couples de fosses du premier
tale/limon brun lessivé dans un horizon où il est part type (au nombre de quatre ou cinq) peu éloignées
iculièrement difficile d'identifier les contours des fosses (entre 7 et 8 m de distances), qui encadrent dans deux
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labour/limon brun lessivé). La plupart des éléments
ayant fait l'objet d'une restitution graphique sont repré
sentés par un ou deux tessons (à l'exception du vase
St8 fig. 6, St. 3).
Au total plus d'une centaine de tessons ont été mis au St9 jour entre l'opération de diagnostic et l'évaluation. Le 5m décompte des récipients est quasiment impossible à
réaliser et sa fiabilité ne peut être assurée ; on peut juste
signaler qu'une douzaine de récipients ont été indivi
dualisés sur des critères typologiques mais cette évalua
tion ne correspond pas au nombre minimum d'indist 10
vidus.
Technologie
Les pâtes céramiques ont été observées à l'œil nu
(observations visuelles macroscopiques et complément
à la binoculaire lors du diagnostic par Gaëlle Chan-
cerel). Deux grands groupes ont ainsi été déterminés.
Le premier et le mieux représenté est composé des
pâtes à dégraissant fin, voire très fin (invisible à l'œil
nu, groupe A). Le dégraissant est dans ce cas constitué
de petits grains de quartz (grains roulés ou anguleux) et
parfois quelques paillettes de mica blanc sont visibles
sur la surface des vases (parallélisées lors du lissage). Le
second groupe, utilisé préférentiellement pour les récist 16
pients moins soignés (groupe B), utilise une matrice
argileuse essentiellement limoneuse (fine d'un point de
vue granulométrique). La pâte est extrêmement vacuo-
laire en raison de l'adjonction d'un dégraissant végétal
en forte proportion. Lors du diagnostic, une humidifi
cation de surface de quelques tessons avec de l'acide
chlorhydrique n'a rien donné (réalisé lors de l'étude de
Gaëlle Chancerel), visiblement aucun dégraissant
calcaire ne semble avoir été utilisé.
L'observation des techniques de façonnage atteste
a lithique uniquement de la technique de montage au colombin.
ПП céramique Les cassures ou décollements sur joints de colombins
° silex sont toujours bien visibles sous la forme de fractures en
sifflet ou en biseau observables sur la tranche des O structures aux contours diffus tessons. Les surfaces des vases sont toujours régulariс fragment de bracelet de schiste sées ; les traces laissées après montage sont visiblement
Fig. 4 — Colombelles " Z.A.C. du Lazzaro ". Les structures 9 et 16 et la effacées mais la méthode utilisée pour l'égalisation des
répartition du mobilier (DAO, D. Giazzon, A.F.A.N.). récipients reste difficile à percevoir.
D'une manière générale, les couleurs de la surface des
vases sont peu contrastées. Les teintes sont chamois,
cas plusieurs fosses de la seconde catégorie (fig. 3 et 4). brunes, noires. Elles sont le plus souvent homogènes, à
Il a semblé alors logique d'identifier ces couples de part sur les formes les plus épaisses. Les atmosphères
fosses, particulièrement riches en mobilier archéolo de cuisson ont été définies en fonction de la couleur de
gique, comme les fosses latérales de bâtiments néolithi la tranche des tessons (code utilisé pour l'étude de la
ques réutilisées en dépotoirs lors de l'occupation du céramique de Noyen, Henocq, 1985). Les chamois, les
site. Il est cependant plus délicat, en l'absence de orangées, les oranges et les rouges ont été considérées
fouille, d'interpréter les anomalies comprises entre les comme des teintes claires et les brunes et les noires
fosses même s'il est séduisant de les comparer à des des foncées. À partir de ces considérat
trous de poteaux. ions, six atmosphères de cuisson ont été remarquées et
trois ensembles se distinguent : le mode de cuisson Ibl
et Ib2 domine la moitié du corpus (réduction et oxyda
LE MOBILIER CERAMIQUE tion partielle), le reste du mobilier céramique se
partage entre les cuissons du type la et Ib3 (respectiv
Le corpus céramique étudié correspond à l'ensemble ement : réduction complète et réduction et oxydation
des fragments de récipients découverts dans le comble terminale). Les cuissons oxydantes sont rares et ont été
ment sommital des fosses du premier type (à l'interface préférentiellement utilisées pour les vases à paroi
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us 1 terre végétale
us 2 limon brun-orangé
us 3 à 11 brun à limon noir
a lithique
a céramique st22
ONO О ° silex О US1 ESE 30,53rr a_ У--1 ""---___ us 4 us 7 US 4
0 2m
Diag 13
Fig. 5 - Colombelles " Z.A.C. du Lazzaro ". Coupes de structures, St. 22, St. 55 et Diag. 13 (DAO, D. Giazzon, A.F.A.N.).
La structure St. 3 a livré le seul récipient " archéologi- épaisse sans que l'on puisse juger du volume de ces
récipients. quement complet ", lors du diagnostic de 1996 (fig. 6,
St. 3). Il s'agit d'un vase globuleux en 3/4 de sphère
muni d'au moins une anse à perforation horizontale. Les groupes morphologiques Cette céramique particulièrement soignée présente un
décor incisé sur pâte sèche constitué d'un premier Le taux de fragmentation du mobilier et le mode opérat
registre de triangles hachurés pointes en haut sur le col. oire de l'évaluation n'ont pas facilité les remontages, la
La liaison col/panse est soulignée par une bande, définition des groupes morphologiques s'en trouve
constituée de deux traits horizontaux avec incisions donc fortement affectée. Le corpus ne peut alors être
verticales, sur laquelle prend appui la base des triangles appréhendé qu'à travers quelques trop rares éléments
pour la partie haute du vase et un décor en échelle pour de formes.
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5 cm
St. 3
St. 55 Diae. 13 Diag. 13 Diaç. 13
St. 55 5 cm Dias- 13
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St. 16 1 i
St. 16 St. 6
Fig. 6 — Colombelles "Z.A.C. du Lazzaro ". Le mobilier céramique (dessin, D. Giazzon, A.F.A.N.).
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sa panse (motif formé de bandes plus ou moins verti tronquée(s). Les trois exemplaires qui possèdent un
cales remplies d'incisions transversales). lustre le portent sur leurs faces inférieure et supérieure
La structure Diag. 13 a livré quatre tessons portant un sur une de leurs extrémités, ce qui suggère un emman
décor impressionné (fig. 6, Diag 13). Les motifs sont chement en "escalier".
disposés en bandes horizontales ou obliques (possible
disposition en chevron). Ils sont réalisés à l'aide d'un
peigne à dents séparées de section quadrangulaire. Un Évaluation 1999 Total Total
1996 Gal cinquième tesson appartient à la partie sommitale d'un S С В ВС T
récipient fermé qu'il est difficile de restituer graphique Éclat de décallotage 1 1
Éclat d'entame 6 4 4 10 ment (bouteille ?, fig. 6, Diag 13).
Un tesson recueilli dans la structure St. 55 permet Éclat de sous-entame 17 9 9 26
d'observer le seul décor plastique, il s'agit de deux bou Éclat indéterminé 26 4 2 6 32
tons accolés disposés sur la panse d'un récipient à paroi Éclat de façonn. épais 9 6 7 13 22
épaisse (fig. 6, St. 55). Cette structure a aussi livré un Éclat de mince 24 10 4 14 38
tesson orné de sept incisions parallèles (fg. 6, St. 55) et Éclat de plein débitage 30 16 44 74 27 1
une large anse en ruban cassée. Lame perc. directe 8 1 1 9
La structure St. 16 a elle aussi permis l'observation de Fgt de lame perc. dir. 15 1 1 16
décors incisés : un motif de triangle hachuré sur un tes Lame perc. indirecte 9 9
son et de lignes parallèles sur un second (fig. 6, St. 16). Fgt lame perc. indirect 33 18 3 21 54
Ces deux fragments de céramique appartiennent vis 7 7 Lamelle
12 14 iblement à deux récipients différents. Fragment de lamelle 1 1 2
Un dernier tesson associant le décor de l'incision et de Éclat à enl. lamellaire 11 11
l'impression a été mis au jour dans la St. 6. Il s'agit Éclat laminaire 24 9 3 12 36
probablement d'un décor couvrant réalisé au peigne Pièce à crête 3 1 1 4
ornant la panse d'un vase visiblement globulaire (fig. 6, Pièce d'avivage 1 1
St. 6). Flanc de nucleus 2 2
Casson 8 1 3 4 12
Débris brûlé 8 2 2 10
Nucleus à éclat 5 3 4 7 12
ETUDE DE LA SERIE LITHIQUE à lame 1 1
Total débitage 260 82 55 2 2 141 401
Plusieurs types de matière première ont été utilisés Éclat nucleus bouch. 1 1 1 2
dans le cadre du débitage lithique. Il s'agit pour la Esquille lamellaire 17 17
presque totalité des pièces d'un silex de provenance d'avivage 11 11
locale (dans un rayon de 5 km) ou régionale (moins de Autre esquille 176 2 1 196 17 20
15 km). Esquille façon, crête 10 10
Entre le diagnostic de 1995 et l'évaluation de 1999, 401 OUTILLAGE
vestiges et plus de 200 esquilles ont été découverts. Armature faucille 3 2 2 5
Trois types de débitage coexistent au sein de la série. perçante 6 1 1 7
Le débitage par percussion indirecte est présent à Burin sur éclat 4 1 1 5
travers 63 supports entiers ou fragmentés qui présen 8 1 9 Burin sur lame 1
tent des stigmates comme le facettage du plan de Éclat épais retouché 9 9
frappe, le bulbe bombé, le talon large ainsi que la régul Éclat mince 7 7
arité de la lame. Un débitage de lames par percussion Grattoir b. lame court 5 2 2 7
directe et un débitage d'éclats sont également présents. sur éclat 4 5 4 9 13
On dénombre 97 outils dans la série (24,3 % de l'assem Grattoir/burin 1 1
1 1 blage, esquilles non comprises). Ce chiffre trop faible Hache taillée
limite une étude statistique du corpus, certaines catégor Lame esquillée 12 12
ies (en particulier les plus petites) étant sous-représen- Lame lustrée 1 1
tées en raison des techniques de fouille mises en Lame tronquée 3 3
œuvre. Lamelle retouchée 4 3 3 7
L'outillage est dominé par les grattoirs (un outil sur Outil prismatique 1 1
4 1 1 5 cinq), le plus souvent réalisés sur éclat. Les deux caté Perçoir
gories les plus nombreuses après cela sont les burins Total outillage 73 15 5 20 93
(neuf sur lame et cinq sur éclat), les lames retouchées Rognon testé 2 2
ou utilisées et les éclats retouchés. Dolérite taillée 1 1
Sept armatures de faucille sont présentes dans la série. Éclats roche dure 9 9
Trois d'entre elles portent des traces de lustré. Les Schiste face polie 1 1
4 autres ont été incluses dans cette catégorie uniquement Microburin 4
sur une base morphologique. Il s'agit dans tous les cas Chute de burin 9 9
de fragments de lame, presque toutes obtenues par Tabl. 1 - Colombelles " Z.A.C. du Lazzaro Inventaire du mobilier
percussion indirecte, qui ont vu leur(s) extrémité(s) lithique.
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Fig. 7 — Colombelles "Z.A.C. du Lazzaro ". L'industrie lithique (dessin E. Ghesquière, A.F.A.N.).
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19
Fig. 8 — Colombelles " Z.A.C. du Lazzaro ". L'industrie lithique (dessin E. Ghesquière, A.F.A.N.).
Bulletin de la Société Préhistorique Française 2000, tome 97, n° 3, p. 405-418

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