Terrorisme(s) : qui joue avec nos peurs ? Le 11 septembre 2001 ...

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Terrorisme(s) : qui joue avec nos peurs ? Le 11 septembre 2001 ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Terrorisme(s) : qui joue avec nos peurs ?
Le 11 septembre 2001, les citoyens du monde entier se sont réveillés sous les
images apocalyptiques des attentats sur les Twin Towers à New York. La
diffusion en boucles des attentats sur toutes les télévisions du monde entier a
crée une psychose, donnant aux gens le sentiment qu’ils pouvaient être victimes,
à tout moment et partout dans le monde des terroristes. Ce n’est qu’à la suite
des attentats commis sur le World Trade Center que la notion de « terrorisme »
est devenue planétaire.
Les attentats du 11 septembre ont donné lieu à une lutte globale contre le
terrorisme, une vraie chasse aux sorcières qui a pris de multiples formes dans
plusieurs pays du globe sous le nom générique de « guerre globale contre le
terrorisme ». Et cette « guerre contre le terrorisme » a eu un impact non
négligeable tant dans les relations internationales qu’au niveau de la politique
intérieure des pays». L’Amérique a adopté un discours radical et guerrier
(Axe du
Bien contre Axe du Mal, Croisés contre Djihadistes)
qui s’est matérialisé dans sa
politique
étrangère,
par
différentes
interventions
militaires
à
l’étranger
(Afghanistan, Irak, etc.) pour traquer les terroristes présumés. Au niveau des
institutions
internationales
(ONU,
UE),
il
y
a
eu
l’intensification
et
le
renforcement de coopération en matière de sécurité et de renseignement, etc.
En effet, des acteurs tant internationaux que nationaux se sont dotés d’arsenaux
juridiques pour lutter contre le terrorisme. Un élément majeur se dégage des
différentes législations : la lourdeur des peines appliquées à un acte qualifié de
terrorisme.
Le battage médiatique consécutif aux attentats de New York, de Madrid et de
Londres, ainsi que différents actes de violence qui nous sont rapportés
quotiennement au Moyen Orient notamment a réussi et réussit toujours à faire
naître l’idée dans l’esprit de nombreux citoyens que le terrorisme est à présent
une des menaces principales (sinon LA menace principale) de nos sociétés
occidentales voire de l’humanité toute entière !
Pourtant, en suivant le fil de l’Histoire, on peut constater que les actes terroristes
ne sont pas nés à New York le 11 septembre 2001. Quel choc auraient provoqué
des bombardements d’Hiroshima dans le monde, si les journalistes avaient
disposé des mêmes technologies de diffusion qu’aujourd’hui ?
De même, différentes sources concordent sur le fait que le terrorisme n’est pas
un concept proprement attaché à l’islam, ni le seul apanage du Moyen Orient,
malgré ce que nous fait croire l’actualité. C’est une idée qui a souvent été
véhiculée, par les médias.
Cette obsession sécuritaire a eu un impact considérable sur les droits publics et
individuels des citoyens avec des effets concrets. « La guerre contre le
terrorisme » que les Etats-Unis ont menée en Afghanistan par exemple a laissé le
pays dans le chaos et a mené plusieurs personnes suspectées de terrorisme dans
les geôles de Guantanamo
et ailleurs sans se soucier des conventions
internationales en matière de droits humains…
Dans notre outil qui sort bientôt, la CNAPD essaie de mettre en évidence par
exemple la fragilité des critères retenus par plusieurs Etats pour incriminer des
individus de terrorisme. S’attarder sur ces critères a tout son mérite lorsqu’on
sait qu’ils servent de base pour l’élaboration des fameuses listes noires. Par
exemple, n’est-il pas curieux que sur ces listes des criminels notoires, tels que
les auteurs des attentats du 11 septembre, côtoient des lauréats de prix Nobel
1
comme Mandela ?
Aussi, sur
base de ces critères
des organisations
internationales (ONU, UE) et différents pays ont élaboré plusieurs stratégies de
lutte contre le terrorisme. Ces stratégies s’étendent du gel de fonds, au contrôle
des transferts de fonds, à la coopération avec les services de renseignements
étrangers ou encore à la conservation et l’échanges des données relatives à la
vie privée des citoyens (écoutes téléphoniques, sms et mails envoyés…) ; autant
de mesures qui vont à l’encontre des droits humains et des libertés
fondamentales .
En effet, les personnes placées sur ces listes ou surveillées voient leur vie
complètement détruite. Leurs comptes bancaires sont bloqués, elles n’ont donc
plus les moyens de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires (logement,
factures, consommation courante, etc.), ils n’ont plus le droit de voyager et en
outre, ils n’ont pas accès à leur dossier lorsqu’ils veulent préparer leur défense !
Ces mesures s’avèrent souvent abusives et arbitraires, car même si tout le
monde s’accorde sur l’importance de mettre les terroristes hors d’état de nuire,
la tâche s’avère laborieuse puisqu’aucune définition unique ne ressort en droit
international. L’origine de ce problème est que le phénomène terroriste
appartient avant tout au champ politique ; et il existe à travers le monde autant
de politiques qu’il y a des nations ! Il n’est dès lors pas étonnant de trouver
plusieurs définitions du terrorisme.
Dans les faits, on peut seulement affirmer que beaucoup d’actes de guerre ou
du moins, de violence, se recoupent sous les éléments les plus souvent avancés
pour définir le terrorisme (utilisation de la violence, à des fins politiques, en
faisant des victimes civiles, …). Mais ces éléments sont-ils suffisants pour
parvenir à une définition claire du concept de terrorisme ? De plus, doit-on
mettre tous les types d’actes terroristes dans le même panier ?
Il apparait évident que le qualificatif « terroriste » peut cacher diverses réalités
et conséquences. D’ailleurs, un terroriste ne se qualifie jamais comme tel. Par
contre, un état ou une organisation peuvent trouver des raisons politiques à
qualifier un groupement de « terroriste ». Le régime politique de l’état dans
lequel ou contre lequel se déroule un acte terroriste peut-il nous aider à
déterminer qui est un terrorisme ou simplement un résistant ? La réponse n’est
pas aussi sûre.
Alors quelle réponse apporter au terrorisme ? S’il est difficile de définir le
terrorisme, il est encore plus laborieux de lui donner une réponse. Les réponses
dépendent de l’analyse de la situation, des définitions et des causes d’un acte
terroriste. Ainsi, chaque pays, chaque institution, répliquera à un acte terroriste
en fonction de sa vision du terrorisme mais aussi de ses intérêts et de ses
priorités.
1
Nelson Mandela a été retiré de la liste noire américaine en 2008 !
C’est ainsi que nous pouvons parler d’un « label » terroriste qui est utilisé pour
disqualifier un opposant et délégitimer son action. Alors quelle légitimité, quelle
efficacité des mesures dirigées contre un mal qu’on ne sait pas nommer ?
Dix ans après les attentats du 11 septembre, il parait utile de faire le point sur le
phénomène terroriste et, avec un peu plus de recul, d’essayer de lui donner sa
juste place dans le nouvel ordre mondial. Ce thème s’inscrit d’ailleurs dans le
projet de la CNAPD pour l’année 2010. Il fera l’objet de formations, cafés
citoyens et d’un outil pédagogique.
Notre travail en effet consiste à rassembler l’information auprès des meilleurs
experts et de la présenter de façon simple, structurée et synthétique. Ainsi les
(jeunes) citoyens trouveront une aide à la construction de leur opinion :
compréhension des enjeux et développement d'un regard critique sur l’actualité
présentée dans les médias, et les différentes mesures prises par le monde
politique et les institutions internationales à ce sujet.
Nous sommes
convaincus que travailler à
prévenir la violence revient en
premier lieu à comprendre ce qui la cause et la favorise.
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