CO2 et activités économiques de la France.

De
L’empreinte carbone de la demande finale française est supérieure de 33 % à la quantité de CO2 émise en France, une fois pris en compte le solde des émissions liées respectivement aux importations et aux exportations. La quantité de CO2 émise en France résulte pour 70 % des activités de production ; 30 % sont directement générés par les ménages (voiture et chauffage). Au cours de la période 1990-2007, le progrès technique réalisé en France a entraîné une baisse du niveau d’émissions unitaires de CO2 de la production et de la consommation.
Cependant, l’augmentation du niveau de la production et de la consommation a de façon générale compensé les effets de cette baisse. Les émissions de l’ensemble de l’industrie ont toutefois baissé de 10 % au cours de cette période.
Pasquier (Jl). Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0067522
Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Commissariat
général au
développement Études & documents
durable
CO et activités économiques
2
de la France
n°27
Août Tendances 1990-2007
2010
et facteurs d’évolution
environnement
Service de l’observation et des statistiques
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
observation et statistiques CO et activités économiques
2
de la France
Tendances 1990-2007
et facteurs d’évolution
Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiques études & documents n°27 août 2010

Directeur de la publication : Bruno Trégouët
Rédacteurs en chef : Michel David et Valéry Morard
Auteur : Jean-Louis Pasquier
Coordination éditoriale : Corinne Boitard
Traducteur : Geoffrey Bird
Maquette-réalisation : Chromatiques Éditions
Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiquesétudes & documents n°27 août 2010
sommaire
évolution des émissions de Co de 990 à 007 .................................................5

Les émissions totales .........................................................................................15
Les émissions de CO directes des ménages ......................................................16
2
Les émissions de CO des branches ....................................................................16
2
émissions de la production intérieure attribuée à la demande finale ...............0
Les émissions de la production versus de la demande finale intérieure ..........20
Les émissions directes et indirectes ...................................................................21
Les différentes composantes de la demande finale .........................................22
Facteurs d’évolution des émissions de Co des ménages ...................................5

Les émissions du chauffage ...............................................................................25
Les émissions des voitures particulières ............................................................26
Facteurs d’évolution des émissions de Co des branches ...................................8

L’économie dans son ensemble .........................................................................28
Décomposition par branches/produits ..............................................................30
Quantité totale de Co de la demande finale française

(empreinte carbone de la demande finale française) ........................................
L’économie dans son ensemble .........................................................................33
Ventilation par composantes et par produits de la demande finale ................35
références bibliographiques ...............................................................................9
glossaire ...............................................................................................................4
Comptes d’émissions de Co par activités pour la période 990-007 ..............44

Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiques études & documents n°27 août 2010

liste des illustrations
Le périmètre des comptes d’émissions de CO de type Namea ........................................................................................................................ 15
2
Répartition des émissions de CO des français entre ménages et branches d’activité de 1990 à 2007 ...................................................... 16
2
Émissions de CO des ménages français par type d’usage de 1990 à 2007 .................................................................................................... 16
2
Émissions de CO des branches en 1990 et 2007 ................................................................................................................................................ 17
2
Émissions de CO des branches d’activités économiques entre 1990 et 2007 ................................................................................................ 17
2
Importances relatives des branches responsables des principales variations des émissions de CO entre 1990 et 2007 ......................... 18
2
La ventilation par branches dans les comptes de CO pour la Namea .............................................................................................................. 19
2
Comparaison des émissions de CO entre branches et produits (année 2006) ............................................................................................... 20
2
Analyse input-output étendue à l’environnement .............................................................................................................................................. 21
Émissions de CO directement et indirectement associées à la demande finale
2
des produits issus de la production intérieure (année 2006) ............................................................................................................................ 22
Émissions de CO des différentes composantes de la demande finale
2
des produits issus de la production intérieure (année 2006) ............................................................................................................................ 23
Répartition des émissions de la production intérieure attribuées à la demande finale
par composantes et groupes de produits (année 2006) .................................................................................................................................... 24
Facteurs d’évolution des émissions de CO liées au chauffage des ménages entre 1990 et 2007 ............................................................... 25
2
Facteurs d’évolution des émissions de CO des ménages avec leurs voitures particulières entre 1990 et 2007 ........................................ 26
2
Méthode de décomposition des facteurs d’évolution des pressions environnementales .............................................................................. 27
Découplage entre le niveau de l’activité économique et les émissions de CO en France ............................................................................. 28
2
Facteurs d’évolution des émissions de CO de l’ensemble des branches entre 1990 et 2007 ...................................................................... 29
2
Facteurs d’évolution des émissions de CO de la demande finale satisfaite
2
par la production intérieure entre 2000 et 2006 ................................................................................................................................................. 30
Facteurs d’évolution des émissions de CO par groupes de branches entre 1990 et 2007 ............................................................................ 31
2
Facteurs d’évolution des émissions de CO de la production intérieure
2
par groupes de produits de la demande finale, entre 2000 et 2006 ............................................................................................................... 32
Émissions de CO associées au commerce extérieur de la France ..................................................................................................................... 34
2
Émissions de CO intérieures versus empreinte carbone de la demande française (année 2005) ............................................................... 34
2
Émissions de CO intérieures et importées par la demande finale (année 2005)........................................................................................... 35
2
Émissions de CO du commerce extérieur de la France par produits (année 2005) ........................................................................................ 36
2
Estimation des pressions environnementales associées aux importations ...................................................................................................... 37
Émissions de CO y compris l'utilisation de biomasse à des fins énergétiques...........................................................................................44-45
2
Émissions de CO hors utilisation de biomasse à des fins énergétiques ..................................................................................................... 46-47
2
4 Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiquesétudes & documents n°27 août 2010
synthèse
L’empreinte carbone de la demande finale française, une fois pris en compte le solde des émissions liées respectivement
aux importations et aux exportations, est de l’ordre de 9 tonnes de CO par personne et par an, soit 33 % de plus que la quan-
2
tité de CO émise en France. Au cours de la période 1990-2007, le progrès technique réalisé en France a entraîné une baisse
2
du niveau d’émissions unitaires de CO de la production et de la consommation. Cependant, l’augmentation du niveau de la
2
production et de la consommation a de façon générale compensé les effets de cette baisse. Les émissions de l’ensemble de
l’industrie ont toutefois baissé de 10 % au cours de cette période. La quantité totale de CO émise en France en 2007 est quasi-
2
identique à celle de l’année 1990. 70 % de ces émissions résultent des activités de production (entreprises et administrations
publiques). 30 % sont directement générés par les ménages (voiture et chauffage). Deux tiers des émissions de CO issue de
2
la production française sont destinés à satisfaire une demande en France ; l’autre tiers est associé à la production exportée.
a lutte contre les changements climatiques est dorénavant des émissions directement générées par les ménages (voitures et
parmi les sujets de discussion internationale prioritaires en vue chauffage) : un tiers du total national (y compris l’utilisation de l d’une coordination des politiques publiques à l’échelle biomasse comme combustible).
mondiale. Pour la préparation de la période post 2012 du protocole de L’attribution des émissions de la production intérieure à la demande
Kyoto, les pays membres de l’Union européenne se sont engagés dans finale, grâce à la combinaison des comptes d’émissions avec les TES,
1une voie ambitieuse en adoptant le paquet législatif climat-énergie , permet de distinguer les aspects directs (utilisation de combustibles)
dont les trois objectifs phares sont dorénavant identifiés par la formule et indirects (consommations intermédiaires de produits dont la fabri-
des trois fois vingt : réduction de 20-30 % des émissions de gaz à effet cation est plus ou moins génératrice de CO ) des émissions de CO asso-
2 2
de serre (GES) d'ici 2020, par rapport au niveau de 1990 ; 20 % d’énergie ciés aux produits. Cette approche met en évidence l’importance du rôle
produite à partir de ressources renouvelables en 2020 et amélioration d’entraînement d’activités comme les services ou la construction dans
2de 20 % de l’efficacité énergétique par rapport aux projections établies l’ensemble des émissions de la production intérieure, malgré des niveaux
à l’horizon 2020. relativement modestes d’émissions directes. En outre, cette approche
montre qu’un tiers environ du CO de la production intérieure française
2
Le suivi de ces objectifs s’appuie sur le système d’inventaire d’émis- est généré pour satisfaire une demande extérieure (exportations).
sions de GES mis en place par la convention-cadre des Nations unies L’analyse des facteurs influant sur l’évolution des émissions de CO
2
sur les changements climatiques (CCNUCC). Cependant, ce système de révèle à tous les niveaux (ménages et branches, quel que soit le
comptabilisation ne permet pas de relier systématiquement les émis- domaine d’activité) les gains enregistrés durant les deux dernières
sions avec les activités et les acteurs économiques responsables. Il ne décennies grâce à l’évolution technique. Cependant, compte tenu de
permet pas non plus d’appréhender pleinement la dimension interna- l’augmentation du volume de la production et de la consommation, la
tionale des activités économiques. L’étude présentée dans ce docu- quantité de CO émise en France est globalement restée stable.
2
ment, qui porte uniquement sur les émissions de dioxyde de carbone Enfin, la première estimation du CO associée aux importations
2
(CO ), s’appuie essentiellement sur les comptes économiques et envi- donne un bilan des émissions de la demande finale nationale (y
2
ronnementaux intégrés de type Namea (National Accounting Matrix compris les importations et hors exportations) nettement plus élevé
including Environmental Accounts) qui consistent à combiner le tableau que celui qui est actuellement rapporté à la CCNUCC. Ce dernier prend
entrées-sorties (TES) de la comptabilité nationale avec des comptes uniquement en compte la quantité de CO émise sur le territoire
2
environnementaux (physiques) ventilés par activités économiques national.
(Ifen, 2006).
répartition des émissions de Co L’étude traite successivement :
1) de la répartition par activités économiques des émissions de CO en France par activités économiques 2
générées en France et de leur évolution en France entre 1990 et
et évolution entre 990 et 007
2007 ;
2) de l’affectation des ces émissions à la demande finale ;
3) de la décomposition des facteurs influant sur l’évolution de ces Sur le total des émissions de CO (y compris la biomasse énergé-
2
émissions ; tique), environ deux tiers résultent de l’activité des branches de
4) de l’estimation des émissions de CO associées aux importations de production et un tiers émane directement des ménages (équipements
2
la France. de chauffage/eau chaude sanitaire/cuisson et voitures individuelles).
Sur la base des modalités de comptabilisation propres à la métho- Cette répartition est stable sur l’ensemble de la période 1990-2007.
dologie Namea, on confirme un certain nombre de résultats connus
par ailleurs (baisse des émissions de CO de l’industrie, hausse de celles En 2007, les émissions résidentielles des ménages avec leurs propres
2
des activités de service, y compris les services de transport), mais à un systèmes de chauffage (y compris l’eau chaude sanitaire et la cuisson)
niveau de détail plus fin ; ces comptes montrent par ailleurs l’importance représentent 56 % des émissions directes de CO des ménages : 38 % pour
2
les combustibles fossiles et 18 % pour la biomasse (i.e. essentiellement
Le paquet climat-énergie est constitué de 4 textes législatifs (directives 2009/28/CE, le bois de chauffage). La quantité totale de CO directement générée par
22009/29/CE et 2009/30/CE et décision 406/2009/CE) adoptés par le Conseil européen
les ménages en 2007 est très proche (+ 1 %) de celle de 1990 (la hausse des -2 décembre 2008, approuvés par le Parlement européen le 7 décembre 2009
et publiés au Journal officiel de l’Union européenne le 5 juin 2009 (n° L. 40). est de 4,4 % hors biomasse énergétique). Les émissions résidentielles des
2 L’efficacité énergétique est envisagée ici d’un point de vue macro-économique et ménages ont diminué de plus de 5 %, alors que celles émanant de leurs
elle est appréhendée par le calcul de l’intensité énergétique de l’économie nationale : véhicules personnels se sont accrues de près de 10 %.
consommation totale d’énergie sur le territoire national/produit intérieur brut.
Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiques 5études & documents n°27 août 2010

affectation des émissions de C o répartition des émissions de Co en France de 990 à 007

de la production intérieure en France
En millions de tonnes de CO
2 à la demande finale500
447438 436 439
400
149 157 150154
Les biens et services produits par les entreprises et les administra-300
76 tions sont destinés soit à satisfaire directement un usage final en 9284 95
200
France (consommation des ménages et des administrations publiques,
198100 182 184 181 investissement) ou à l’étranger (exportations), soit à d’autres entre-
prises, qui les utilisent comme consommation intermédiaire. Chacune 16 16 14 130
de ces consommations est incorporée dans un bien ou un service qui, 1990 1995 2000 2007
Branches primaires (agriculture, sylviculture, pêche, extraction) in fine, est destiné à un usage final qu’elle contribue par conséquent
Branches secondaires (industrie, énergie, construction)
indirectement à satisfaire.Branches tertiaires (commerce et services)
Ménages (voitures et chauffage)
Total On observe une différence entre la répartition des émissions de CO
2
Source : Citepa/SOeS.
qui émanent des branches et celle des émissions associées à la
En ce qui concerne les branches de production, les activités primaires demande finale des produits correspondants. Les branches les plus
(principalement l’agriculture, les émissions de CO de la sylviculture, fortement émettrices produisent notamment des biens intermédiaires
2
de la pêche et des activités extractives étant marginales en France) destinés à être consommés à des fins productives par d’autres
génèrent 3 % des émissions de CO émis en France. Les activités secon- branches (e.g. ciment, métaux, l’électricité lorsqu’elle est utilisée dans
2
daires (industries manufacturières, production d’énergie et construc- l’industrie). À l’inverse, certaines des branches dont la production est
tion) en génèrent un peu plus de 40 % (15 % pour les branches de faiblement émettrice sont consommatrices de biens intermédiaires
production d’énergie) et les activités tertiaires (commerce et services) dont le contenu en CO est élevé. C’est notamment le cas de la
2
3environ 22 %, dont 9 % pour les services de transport . construction avec le ciment ou de l’automobile avec les métaux.
Certaines branches cumulent à la fois des émissions directes et indi-
La quantité totale de CO émise par les branches de production en rectes importantes, comme la chimie ou les industries alimentaires.
2
France en 2007 (289 millions de tonnes) est quasi-identique (- 0,4 %)
à celle de 1990. Les émissions de l’industrie ont dans l’ensemble reculé
de 10 %, alors que celles des activités de services se sont accrues de
près de 25 % ; la hausse est de 35 % pour les services de transport.
émissions de Co de la production intérieure versus de la demande finale intérieure, année 00

En millions de tonnes de CO2
80
Émissions directes de la demande finale70
Émissions directes des ménages60
Émissions indirectes de la demande finale
50
Émissions des branches (production intérieure)
40
30
20
10
0
Lecture : en France, les entreprises de la branche construction ont émis 8,6 Mt de CO en 2006. La même année, la demande finale en construction a induit l’émission de 29,5 Mt de CO en France (hors
2 2
importations), dont 23 Mt indirectement via le CO associé à la fabrication des consommations intermédiaires de la branche construction. (Une partie des produits de la branche construction est utilisée comme
2
consommation intermédiaire par les entreprises d’autres branches.)
Source : SOeS, calculs d’après Citepa (comptes d’émissions) et Insee (TES).
3 Ce chiffre ne tient pas compte du solde entre le CO émis par les Français à l’étranger et 2
le CO émis par des étrangers en France lors d’activités de transport international, tel que
2
le recommande le principe de résidence, qui s’applique aux comptes de type Namea. Des
travaux ont été engagés par le SOeS en vue d’appliquer ce principe dans la prochaine
version des comptes. Dans le cas de la France, le transport aérien international devrait
être la principale source de différence avec le périmètre du territoire national.
Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiques
Ménages -
voiture individuelle
Ménages - chauffage
hors bois
Ménages - chauffage au bois
Industries des biens intermédiaires
Énergie
Services de transports
Services aux entreprises
Industries agricoles et alimentaires
Industrie des biens de consommation
Agriculture, sylviculture, pêche
Commerce
Éducation, santé, action sociale
Construction
Administration
Services aux particuliers
Industries des biens d'équipement
Industrie automobile
Activités financières
Activités immobilièresétudes & documents n°27 août 2010
Sur cette base, l’affectation des émissions à la demande finale fait maintien des émissions de C o des branches
apparaître que la consommation des ménages français est à l’origine de production malgré un progrès technique
de 60 % du CO émis en France du fait de leur consommation : un peu relativement marqué
2
plus d’un tiers directement lié à l’utilisation de leurs voitures et de leurs
équipements de chauffage et un peu plus d’un quart, via la production Toutes choses égales par ailleurs, les résultats de l’évolution tech-
des entreprises, pour la satisfaction de leurs achats de biens et services. nique (baisse de l’intensité énergétique de la production et du contenu
6Les administrations publiques et les institutions sans but lucratif au en CO de l’énergie utilisée) auraient entraîné une réduction de 33 %
2
service des ménages (associations, fondations…), d’une part, et les des émissions de CO de l’ensemble des branches. Cependant, compte
2
investissements, d’autre part, sont responsables respectivement de tenu de l’ampleur de l’effet joué en sens inverse par la croissance de
78 et 9 % du total des émissions. Les 22 à 23 % restants sont associés la production , la quantité de CO émise dans les branches en France
2
à la satisfaction d’une demande finale étrangère via l’exportation en 2007 est quasi-identique à celle de l’année 1990.
d’une partie de la production intérieure.
On retrouve pour la plupart des branches l’opposition, en termes
d’émissions de CO , entre les effets de l’évolution technique et celui
2Facteurs d’évolution des émissions de Co
qui est lié au volume de la production. Les effets de l’amélioration
en France entre 990 et 007 technique ont pris le dessus sur l’augmentation de la production dans
l’industrie notamment, alors que l’on observe l’inverse pour les
Les émissions de CO résultent principalement de la consommation activités de services.
2
4énergétique . Cependant, l’évolution du lien entre cette consomma-
tion et le niveau des émissions, ainsi que l’évolution du niveau même
Facteurs d’évolution des émissions de Co
de la consommation d’énergie dépendent essentiellement de facteurs
des branches entre 990 et 007
techniques et économiques, dont il est intéressant d’apprécier l’impor-
tance respective. C’est l’objet de l’analyse dite de décomposition des En % de CO de l'ensemble de la production intérieure
2
pour l'année 1990facteurs d’évolution des pressions environnementales.
35
l’amélioration technique des équipements
25des ménages est compensée par l’intensification
de leur utilisation
15
Outre la différence sur le sens de l’évolution générale (baisse des Composition Contenu en CO5 2émissions résidentielles et hausse des émissions liées à la voiture de la productionde l’énergie Total
individuelle), on observe certaines similitudes dans le rôle joué par les Niveau -5
de la productiondifférents facteurs d’évolution des émissions de CO des ménages. Alors
2
que les facteurs techniques (contenu en CO de l’énergie consommée,
2 -15
5mais surtout l’intensité énergétique ) ont nettement joué dans le sens
d’une baisse des émissions, les facteurs économiques (la surface occupée Intensité énergétique-25
de la productionpar personne dans le cas des émissions résidentielles et la distance
Source : SOeS, calculs d’après Citepa (émissions), CVS consultants (énergie),
parcourue par personne pour celles de la voiture individuelle) et Insee (production, prix chaînés, base 2000).
démographique ont en revanche tiré les émissions vers le haut.
un effet d’entraînement important
Dans les deux cas (voiture et chauffage), on est en présence d’un de la demande finale
effet rebond, situation dans laquelle l’amélioration de l’efficacité envi-
ronnementale dans l’utilisation d’une ressource ou d’un équipement Entre 2000 et 2006, l’augmentation de la demande finale aurait,
est compensée, totalement ou en partie, par un usage accru de cette toutes choses égales par ailleurs, entraîné une augmentation de plus
ressource ou de cet équipement. Ici, la baisse de la consommation de 10 % des émissions de CO de production intérieure, compensant
2
moyenne par kilomètre parcouru ou par mètre carré abaisse le prix de en cela les effets de l’évolution technique au cours de la même
chaque kilomètre parcouru ou de chaque mètre carré chauffé, de telle période. Cette augmentation résulte principalement de l’accroissement
sorte qu’elle permet une augmentation du confort ou de la mobilité à du niveau de vie moyen (demande finale par personne) et très peu
8un coût équivalent (dans le cas des émissions résidentielles, cette de l’effet démographique (accroissement de taille de la population) .
évolution a été influencée aussi par la baisse du nombre moyen de
personnes par ménage).
6 Intensité énergétique : rapport entre l’énergie consommée (exprimée en termes
physiques) par une branche ou par l’économie nationale dans son ensemble et la
production (exprimée en termes monétaires) de cette branche ou de l’économie
4 De l’ordre de 95 % des émissions de CO (hors UTCF, i.e. Utilisation des terres, leur 2 nationale.
Changement et la Forêt) de la France résultent de la consommation d’énergie. Toutefois, Contenu en CO de l'énergie : rapport entre le CO émis par une branche et l'énergie 2 2
dans le cas des industries de produits minéraux non métalliques, une part non négligeable consommée par cette même branche.
des émissions de CO provient de la décarbonatation (transformation en CO , sous l’effet 2 2
7de la chaleur, du carbone contenu dans une matière première non énergétique, e.g. le La décomposition de chacun des effets « toutes choses égales par ailleurs » qui est
calcaire) ; cette part est de plus de 60 % pour le ciment et la chaux, et environ de 20 % effectuée ici, ne permet pas d’apprécier dans quelle mesure la croissance de la production
pour le verre et tuiles/briques Citepa (2009b), pp. 38-39. a favorisé ou non l’évolution technique.
5 8 Rapport entre l’énergie consommée et le service rendu par cette consommation Outre la population française, la population concernée inclut celles des pays destinataires
(distance parcourue, surface chauffée). des exportations françaises.
Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiques 7études & documents n°27 août 2010

obtient un total de 545 Mt de CO . On passe alors de 6,7 tonnes de CO
2 2Facteurs d’évolution des émissions de Co liées
par personne par an sur la base des émissions en France à environ
9aux produits (production intérieure) entre 000 et 00
9 tonnes de CO par personne sur le périmètre de la consommation
2
française. Soit un accroissement de 33 % environ.
En % du CO de l'ensemble de la production intérieure en 2000
2
10
émissions de Co intérieures versus empreinte carbone

de la demande française, année 005
5
Intensité Composition de
énergétique de la demande Taille de la En millions de tonnes de COla production finale population 2
0 600
Structure de Demande Total 6,7 tonnes/personne 9 tonnes/personne
la production finale parContenu
(CI des branches) personneen CO de-5 2 500l’énergie
Émissions associées
aux importations
-10 400 (hors importations Émissions associées
ré-exportées)aux exportations
Source : SOeS, calculs d’après Citepa (émissions), (hors importations
CVS consultants (énergie), Insee (TES symétrique). ré-exportées)
300
Émissions Émissions
de la production de la productionÀ l’échelle de l’ensemble des services et du commerce, l’effet
nationale destinée nationale destinée200cumulé des facteurs économiques a dominé celui qui résulte de l’évo- à la demande à la demande
intérieure intérieure
lution technique au cours de cette période. A contrario, pour les
produits industriels pris dans leur ensemble, les effets de l’évolution 100
Émissions directives Émissions directives
technique ont été supérieurs à ceux des facteurs économiques. des ménages des ménages
(voiture et chauffage) (voiture et chauffage)
0
Territoire national Consommation nationaleQuantité totale de Co de la demande
Source : SOeS, calculs d’après Citepa, Insee, Eurostat et AIE.
finale française
Les échanges extérieurs de la France se faisant très majoritairement
Compte tenu de la mondialisation de l’économie, il apparaît néces- avec les pays européens, en 2005, environ 70 % des CO attribués aux
2
saire de compléter le suivi des émissions de CO (et plus généralement biens et services importés par la France auraient été générés dans
2
des GES) tel qu’il est actuellement effectué à l’échelle des territoires d’autres pays européens. Environ 15 % l’auraient été en Asie
nationaux, par un suivi des émissions associées à la consommation des (y compris le Moyen-Orient), 7 % en Amérique du Nord, 6 % en
populations concernées, pour des raisons à la fois d’efficacité et Afrique, 2 % en Amérique du Sud et moins de 1 % en Océanie. Les
d’équité des politiques publiques de lutte contre les changements émissions de GES associées aux exportations de la France présentent
climatiques. Cela suppose alors d’estimer les émissions associées aux une répartition géographique entre les pays destinataires relativement
10biens et services importés et exportés . similaire.
11Les premières estimations réalisées pour l’année 2005 montrent
que l’ensemble des importations de la France serait directement et
indirectement responsable de l’émission de plus de 340 Mt de CO .
2
Une partie de ces émissions, environ 110 Mt, qui est associée à la
production d’exportations françaises (importations ré-exportées) n’est
pas imputable à la demande française. Pour leur part, l’ensemble des
exportations françaises serait à l’origine de 205 Mt de CO , dont 95 Mt
2
émises sur le territoire et 110 Mt émises à l’étranger (importations
ré-exportées). Le solde des émissions de CO des échanges extérieurs
2
de la France qui en résulte est de 135 Mt ; ajoutées aux 410 Mt émises
sur le territoire national (hors CO issu de la biomasse énergétique), on
2
9 Décomposition effectuée à partir d’une version préliminaire de TES symétrique en
volume (prix chaînés, base 2000). Les calculs portent sur la période 2000-2006 en raison
de la disponibilité des données de la comptabilité nationale nécessaires.
0 L’indicateur qui en résulte a été présenté sous l’intitulé « Empreinte carbone de la
demande finale nationale » lors de la Conférence nationale sur les indicateurs de
développement durable, organisé le 20 janvier 200 conjointement par le ministère de
l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, le Conseil économique,
social et environnemental et le Conseil national de l’information statistique. http://www.
developpement-durable.gouv.fr/Indicateurs-du-developpement,4064.html.
Ces estimations tiennent compte des données complètes (émissions et TES) de cinq
pays de l’Union européenne (Allemagne, Belgique, Espagne, Royaume-Uni et Italie), d’où
provenait en 2005 près de la moitié des importations françaises en valeur, ainsi que des
intensités en CO de la production par branche de pays considérés comme représentatifs 2
pour les autres régions du monde (pour plus de détail, voir le chapitre « Quantité totale
de CO de la demande finale française »).2
8 Commissariat général au développement durable • Service de l'observation et des statistiques

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