Economie urbaine. Rassemblement de la connaissance. : 9

De
L'étude rassemble la connaissance disponible en exploitant un large éventail de sources et aborde le champ de l'économie urbaine sous plusieurs angles :
- une vision d'ensemble prenant la forme de fiches de synthèse,
- des présentations d'études ou de recherches permettant d'avoir rapidement une idée des travaux similaires qui ont pu être menés, de la méthode et des données mobilisées ainsi que des principaux résultats,
- des présentations d'outils ou de méthodes d'analyse des dynamiques urbaines qui peuvent être schématiquement de deux types : des outils d'observation et des cadres d'analyse économique,
- des présentations de diagnostics territoriaux, en s'attachant à en extraire les analyses des facteurs et impacts de l'étalement urbain.
La classification retenue repose sur des thèmes illustrant le fonctionnement des territoires urbains et les principales politiques publiques :
- formes urbaines, étalement urbain,
- localisation résidentielle,
- marchés foncier et immobilier, logement,
- localisation des entreprises,
- transport, mobilité,
- aménités, environnement.
Ayong Le Kama (A), Calvet (M), Castel (Jc), Delache (X), Duprez (F), Favre Bulle (E), Gadais (M), Goujon (S), Quere (G), Rolin (O), Tetu (P). Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0055262
Publié le : dimanche 1 janvier 2006
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Source : http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0055262&n=17298&q=%28%2Bdate2%3A%5B1900-01-01+TO+2013-12-31%5D%29&
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  ministère des Transports de l’Équipement du Tourisme et de la Mer
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Economie urbaine   Rassemblement de la connaissance    
  CHAPITRE 3 : OUTILS ET METHODES
 
 
 
 
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Hypothèse de «mismatch » (disparité) spatiale................................................................................ 169
Localisation des ménages : revue sommaire des modèles théoriques ............................................. 172
Mixité sociale : carte nationale de la typologie socio-économique des quartiers et communes...... 174 Les mesures de l’étalement urbain................................................................................................... 176
Indices de concentration et de spécialisation ................................................................................... 178
Les préférences des ménages et des entreprises pour la localisation et l'environnement urbain L'utilisation des enquêtes contingentes ............................................................................................ 182
Définitions et délimitations des pôles d’emploi............................................................................... 192
Accessibilité : définitions et mesure ................................................................................................ 198
HEARTS-ISHTAR : modèles d'exposition aux nuisances des transports en milieu urbain............ 204
Consommation de ressources des aires urbaines : Evaluation des nuisances environnementales dues à la circulation automobile ............................................................................................................... 207
Théorie de la base économique ........................................................................................................ 209
Analyse économique des territoires selon le schéma « pression – état – réponses ».....................213
L’outil de diagnostic territorial cartographique Diagnoskit............................................................. 216
Observation des effets des TCSP sur l’urbanisme ........................................................................... 220
Evaluation socio-économique des TCSP ......................................................................................... 222
dèle dynamique de SIMulAtion de l’interaction Urbanisation-Trans SRIéMgiAonU ÎRleI-Fd :e -mFroance......................................................................................................p..o..r.t..s. .e..n.. .....228 
Bilans spatialisés des émissions de gaz à effet de serre des ménages : Eléments de méthode ........ 229
Politiques publiques de localisation des entreprises : la méthode ABC aux Pays-Bas.................... 232
Liens entre secteurs d’activités et types de mobilités : présentation qualitative.............................. 234
Projections de population à l’horizon 2050 et de ménages à l’horizon 2030 .................................. 236
Projections locales de population à l’aide de l’application OMPHALE ......................................... 243
Méthode d’analyse rapide des marchés de l’habitat ........................................................................ 248
La mesure de la vacance dans le logement : concepts, sources et utilisations possibles ................. 250
Typologie des profils d’occupation de l’habitat .............................................................................. 254  
 
 
 
 
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FICHE OUTIL-METHODE  Hypothèse de «mismatch » (disparité) spatiale  Source: Richard ARNOTT, «Economic theory and the spatial mismatch hypothesis ». Department of Ecnomics, Boston College, Septembre 1997   1. Problématique  L’hypothèse de « Mismatch » (en français : disparités) spatiale a été introduite par John Kain en 196413. Depuis lors, de nombreux travaux ont essayé, avec plus ou moins de succès, de tester la validité empirique de cette hypothèse.  La problématique à laquelle l’hypothèse de « mismatch » essaie d’apporter des éléments de réponse est la suivante : existe-t-il un lien de causalité avéré entre d’une part le faible potentiel de choix résidentiels offerts aux populations noires américaines, contraintes de se loger en centre-ville, combiné à une forte dispersion spatiale des emplois, dont la localisation se fait de plus en plus en périphérie et/ou en banlieue et, d’autre part, la persistance de taux de chômage élevés et de bas salaires pour ces populations ?  Deux acceptions de ce lien de causalité existent et continuent de s’affronter dans la littérature : une « forte » et une « faible ». Selon les tenants de l’acception forte de l’hypothèse de « mismatch », Ce lien de causalité ne fait aucun doute. C’est bien la combinaison de ces deux facteurs –éloignement des emplois des centres-ville et discrimination dans l’accès au logement- qui estresponsable de la situation des noirs américains sur le marché du travail. En revanche, les auteurs qui ont une acception faible de ce lien de causalité considèrent tout simplement que ces deux facteursoctnirubnet, plus que n’importe quel autre pris isolément, à la situation de la population noire américaine sur le marché du travail.  Malgré ces oppositions conceptuelles, il existe un consensus dans la littérature sur les deux canaux par lesquels agissent ces deux facteurs. Le premier canal estl’existence de coûts spécifiques induitspar l’éloignement des emplois et qui ont tendance à décourager les salariés vivant en centre-ville. Dans le cas étudié en effet, les Etats-Unis, les transports collectifs desservant certaines zones périphériques, où sont proposés des emplois, sont quasi inexistants. Et quand bien même ils existent, les services qu’ils offrent sont de qualité approximative et les temps de trajet très importants. Le second canal par lequel agissent les facteurs à l’origine de la situation des noirs américains sur le marché du travail est lié àla capacité même à trouver un emploiet peut être appréhender de trois manières : la difficulté pour des résidants en centre-ville de se procurer des informations sur les offres d’emploi en périphérie ; l’importance des réseaux de relations/connaissances, que n’ont pas nécessairement les salariés noirs américains, majoritairement non qualifiés, dans la capacité à obtenir un emploi : et les coûts supplémentaires de transport et en temps que cela implique de rechercher un emploi en périphérie pour un résidant en centre-ville.                                                       13Kain, “The spatial mismatch hypothesis : three decades later”,Cf. : J. Housing Policy Debate,3, 371-462, 1994.
FICHE OUTIL-METHODE : Hypothèse de «mismatch » (disparité) spatiale
 
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2. Objectifs de l’étude  L’auteur (R. Arnott) part d’un triple constat de l’incomplétude conceptuelle de l’hypothèse de « mismatch » spatiale.  Tout d’abord,l’hypothèse est difficile à appréhender les liens de causalité sous-jacents sont car incomplets. Par exemple, il n’est pas toujours dit que la dispersion spatiale des emplois réduise nécessairement les salaires des résidants en centre-ville : en effet si la majorité de ceux-ci trouvent un emploi, leurs revenus vont augmenter et par conséquent le salaire moyen des résidants en centre-ville.  Ensuite,la dispersion spatiale des emplois ne peut être conçue comme un phénomène exogène. La manière dont cette dispersion affecte les résidants en centre-ville dépend elle aussi des facteurs à l’origine de la dispersion des emplois.  Enfin, le caractère incomplet de la conceptualisation de l’hypothèse de « mismatch », qui n’intègre pas nécessairement les « réels » facteurs d’incomplétude de marché,peut conduire à la mise en œuvre de politiques publiques inefficaces, voire contre productives. En effet, sur la base de cette hypothèse, de nombreux auteurs ont prôné une amélioration des transports collectifs dans l’objectif de facilité l’accès aux informations relatives aux emplois des populations noires résidantes en centre-ville. Même si cette proposition est faite sur la base de sentiments louables, elle ne correspond pas aux fondamentaux de l’analyse économique. Selon celle-ci, la réponse apportée devrait s’inspirer plutôt de politiques redistributives.  Partant de ce diagnostic, cette étude se propose de construire un cadre d’analyse plus large qui est celui des modèles d’équilibre général. Outre la capacité de ces modèles à permettre l’évaluation des effets sur le bien-être collectif des mesures proposées, ils intègrent toutes les interdépendances entre les différents facteurs mis en cause par l’hypothèse de « mismatch », les liens de causalité sont ainsi considérés comme endogène (donc appréhendés dans les deux sens).   3. Méthodologie  L’étude propose, après en avoir testé plusieurs dans une version précédente de son article14, un modèle d’équilibre général adapté à l’analyse de l’hypothèse de « mismatch » spatiale. Ce modèle est construit à partir de deux exigences principales. La première veut que le modèle soit consistant avec la formulation originelle de l’hypothèse de « mismatch », qui insiste plus fortement sur l’existence de coûts spécifiques induits, comme canal par lequel agissent les liens de causalité considérés, que sur la capacité à trouver un emploi des salariés. La seconde impose de prendre en compte aussi bien l’ensemble des facteurs à l’origine de la dispersion spatiale des emplois que ceux susceptibles de provoquer la persistance de cette situation particulière des salariés noirs américains sur le marché du travail.                                                        14R. Arnott, «Economic theory and the spatial mismatch hypothesis », mimeo, Department of Ecnomics, Boston College, Septembre 1996.  
FICHE OUTIL-METHODE : Hypothèse de «mismatch » (disparité) spatiale
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4. Résultats  Les résultats obtenus par l’utilisation de ce modèle d’équilibre général, parce qu’ils intègrent les interactions entre les différents facteurs, et entre ces facteurs et l’économie dans son ensemble, permettent de nuancer les conclusions de l’hypothèse de « mismatch » spatiale sur quatre points.  ·de bien distinguer, ce que ne fait pas nécessairementtout d’abord, il est important l’hypothèse de « mismatch » spatiale, les effets qui émanent de la discrimination dans l’accès au logement des populations noires américaines de ceux qui résultent d’une simple ségrégation sur la base des revenus. La dispersion spatiale des emplois a une incidence sur l’ensemble des ménages à bas revenus, même si évidemment les populations noires sont majoritairement représentées dans cette population.  ·Par ailleurs, la question de la localisation des ménages en fonction de leur revenu et de leur race est beaucoup plus complexe que ne le laisse supposer l’hypothèse de « mismatch » spatiale.  ·Aussi, l’hypothèse de « spatiale conclut que l’éloignement des emplois des mismatch » centres-ville et la discrimination dans l’accès au logement des populations noires sont à l’origine de l’augmentation du taux de chômage de ces populations. Ce résutat n’est pas aussi immédiat. En particulier, il est nécessaire d’identifier les raisons qui feraient que ces deux facteurs aient un impact sur le taux de chômage et pas, simplement, sur le niveau des salaires. Est-ce parce que de toute évidence l’existence d’un salaire minimum engendre un chômage involontaire ou est-ce simplement parce que le taux de chômage naturel est toujours supérieur en centre-ville ?  
     
·spatiale semble se centrer sur une population de salariésEnfin, l’hypothèse de « mismatch » noirs américains non qualifiés, qu’en serait-il de l’effet de la dispersion des emplois sur les salariés noirs américains qualifiés ?  
FICHE OUTIL-METHODE : Hypothèse de «mismatch » (disparité) spatiale
 
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FICHE OUTIL - METHODE  Localisation des ménages : revue sommaire des modèles théoriques  Cette fiche vise à présenter les principaux modèles de localisation intra-urbaine des ménages, avec un accent mis sur l'impact du niveau de revenu.  Toutes les villes n’ont pas les mêmes structures spatiales en termes de revenus des ménages. L’agglomération parisienne se caractérise par exemple par des ménages plutôt aisés au centre et des populations plus pauvres en périphérie. Les villes américaines ou certaines villes européennes comme Bruxelles, sont caractérisées par des banlieues aisées en périphérie et des quartiers populaires au centre. Plusieurs explications peuvent être avancées pour expliquer ces différences, et notamment les aménités offertes respectivement par le centre et la périphérie des agglomérations.  L’économie urbaine formalisée permet d’apporter quelques éléments explicatifs de ces différents profils d’agglomérations. Elle ne permet naturellement pas d’expliquer toutes les situations, notamment l’impact des aménités ou le développement urbain polycentrique, mais elle présente l’avantage de décrire de façon simple les arbitrages de ménages dans leurs choix de localisation  1. Formalisation de base : le modèle standard de l’économie urbaine  On peut expliquer la localisation des ménages dans une agglomération en fonction de leur niveau de revenu en s’intéressant en premier lieu à la demande de logement, et en supposant, pour simplifier que l’on a à faire à une « ville monocentrique » où tous les emplois soient regroupés au centre-ville et où les coûts monétaires de transport ne dépendent que de la distance au centre.  Encadré : le modèle standard de l’économie urbaine (Brueckner, 1987 ; Fujita, 1989).  On considère une ville monocentrique (tous les emplois et services sont au centre-ville). Il y a N individus identiques. Chaque individu vit dans un logement de surface q dont le prix de marché à une distance x du centre-ville est R(x), consomme un bien composite non-spatial z vendu au prix unitaire, supporte un coût monétaire de transport domicile-travail à une distance x du centre-ville donné par T(x) = t.x et gagne un salaire w au centre-ville. En conséquence, sa contrainte budgétaire est la suivante :  W - t.x= R(x)q + z (1)  
Chaque travailleur choisit q et z qui maximisent U(z,q) sous la contrainte de budget (1) ou de manière équivalente, il résout le programme suivant : Max U(w,t.x –R(x)q,q)  q,x  On suppose que les propriétaires fonciers allouent le sol à ceux qui offrent les prix les plus élevés en chaque point de la ville. L’utilité des individus devant être la même en tout point de la ville, on obtient : T + R’(x)q = 0  Ainsi, dans la formulation de base du modèle, à l’équilibre urbain, chaque travailleur arbitre entre coût de transport et prix du logement, c’est-à-dire que sa dépense marginale de logement doit être égale à son coût marginal de transport. Si l’individu habite près du centre-ville, il paiera un prix de logement élevé mais aura un coût de transport faible. S’il vit près de la périphérie, le prix du logement sera faible mais le coût de transport important.  On peut alors montrer que la valeur foncière décroît avec la distance au centre. Ainsi, dans l’hypothèse (simplificatrice) où le coût marginal de transport est le même pour tous les individus,
FICHE OUTIL : Localisation des ménages : revue sommaire des modèles théoriques
 
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les travailleurs les plus riches résident à la périphérie de la ville alors que les moins riches vivent près du centre-ville.  2. Revenus et valeur du temps  Il faut également tenir compte du temps de transport dans la localisation des individus dans la ville. En particulier, les ménages riches sont supposés attribuer une valeur au temps passé dans les transports plus élevée que les ménages à faibles revenus. Ainsi, le salaire permet de mesurer, dans les modèles d’arbitrage loisirs / travail, le prix du temps passé dans les transports. Le coût généralisé de transport (à la fois monétaires et en temps) doit alors être utilisé au lieu du simple coût monétaire de transport.  En tenant compte de la valeur du temps, on montre qu’il existe une force d’attraction au centre pour les ménages riches en raison du coût du temps de transport, qui contrebalance la force de répulsion au centre déterminée par la surface de logement. On montre qu’alors, si l’on tient compte du temps de transport, les travailleurs les plus riches se localisent en périphérie si et seulement si l’élasticité du coût marginal de transport par rapport au salaire est plus faible que celle de la surface de logement par rapport au salaire. Dans le cas contraire, les vivent près du centre-ville.  On peut interpréter le résultat précédent de la manière suivante : si les individus ne sont pas très sensibles à taille du logement, les plus riches résident près du centre-ville pour éviter de perdre trop de temps en transport. En revanche, si le désir d’avoir un logement spacieux est important, les riches accepteront de longs trajets pour bénéficier de grands logements.  En pratique, si les temps de transport sont très faibles relativement aux coûts monétaires, les ménages à revenus élevés sont localisés en périphérie. En revanche si les temps de transport constituent une part très importante du coût généralisé les ménages à revenus élevés se localisent au centre.  Dans le même ordre d’idées, on montre également que les familles ayant la plus grande part d’inactifs ont tendance à se localiser en périphérie si l’élasticité-revenu de la demande de logement est inférieurs à 1, et au centre si cette élasticité est supérieure à 1.  3. Impact schématique des aménités  La présence d’aménités (espaces verts, lieux historiques, pollutions) joue un rôle déterminant en milieu urbain. Les modèles reflètent difficilement l’influence de ces aménités, qui sont en général très localisées, et ont une valeur intrinsèque liée aux préférences culturelles des différents pays, voire, catégories de ménages. On peut cependant schématiser la question des aménités dans l’approche de la ville « monocentrique » en retenant deux types d’aménités : celles qui croissent en fonction de la distance au centre (espaces verts, qualité de l’air, calme) et celles qui décroissent en fonction de la distance au centre (biens historiques et culturels).  La formalisation ci-dessus fait apparaître alors un arbitrage entre trois forces à l’équilibre urbain : l’effet des coûts de transport, celui de la demande de logement et celui des aménités.  On montre alors, que si les aménités sont croissantes avec la distance, les ménages à revenus élevés se localisent toujours en périphérie si l’élasticité-revenu de la valeur marginale accordée aux aménités est supérieure à l’élasticité-revenu de la demande de logement. Dans les autres cas, on ne peut tirer de conclusion générale sans résoudre formellement le modèle.
FICHE OUTIL : Localisation des ménages : revue sommaire des modèles théoriques
 
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FICHE OUTIL  Mixité sociale : carte nationale de la typologie socio-économique des quartiers et communes  Source : TABARD Nicole, MARTIN-HOUSSART Géraldine,Représentation socio-économique du territoire, Typologie des quartiers et communes selon la profession et l’activité économique de leurs habitants, France métropolitaine, recensement de 1999, INSEE, septembre 2002.  DUCASSE Dominique, BARRY Alain,de la typologie socio-économique des quartiers et communesCarte de France , 2005, DGUHC.   La typologie socio-économique des quartiers et communes, si elle sert à l’analyse des enquêtes nationales pour améliorer l’explication des différences de comportements15 (consommation logement, épargne, etc.) en introduisant la dimension économique dans les caractéristiques de localisation, est utilisée également pour l’analyse spatiale du peuplement : mise en évidence des formes de disparités socio-économiques et d’inégalités, contribution à l’étude des mécanismes de production des inégalités territoriales, des processus d’exclusion et de ségrégation.   Méthode  La typologie socio-économique des quartiers et communes de France métropolitaine est réalisée à partir des données des recensements de la population depuis 1975 qui sont exhaustifs. Elle repose uniquement sur les caractéristiques d’emploi des habitants des quartiers ou communes.  Les information choisies concernent les positions d’emploi cernées par la profession des actifs, leur statut et la branche d’activité de leur entreprise (variable « profession-branche »). Pour avoir une information homogène, seuls les hommes personnes de référence du ménage sont retenus parce que leur activité couvre le champ le plus large des emplois possibles. Les femmes et les jeunes ne sont pas retenus.  L’unité géographique retenue relève de trois niveaux différents. Les villes de plus de 10 000 habitants sont découpées en triris (trois iris, soit 5 000 habitants); les communes de 5 000 à 10 000 habitants sont conservées au niveau communal ; les communes plus petites sont réunies au niveau supra (canton, arrondissement, rarement plus grand). La typologie intègre ces trois niveaux hétérogènes, alors que l’analyse des processus de ségrégation sociale nécessite le niveau infra-communal. Au total le territoire métropolitain est couvert par 7 571 unités géographiques de résidence.  Quartiers et communes ne relèvent pas des mêmes principes générateurs d’activité : par exemple la migration des activités industrielles à la périphérie diffère selon les branches. A taille égale les communes ont un rôle socio-économique différent de celui des quartiers : par exemple un quartier d’une ville peut-être homogène (quartier d’étudiants, résidentiel, de bureaux, etc.), mais une commune a des fonctions multiples : administratives, commerciales, etc. La méthode de classification utilisée atténue cette difficulté. Elle fait ressortir la relation entre la morphologie socio-économique des unités géographiques et le type de découpage.                                                   15typologie a été utlisée dans l’étude des besoins en logement en Ile de France de 1999 pour cette base, la  Sur délimiter des sous-marchés du logement (cf. Bosvieux Jean (ANIL), Coloos Bernard (FFB), Mouillart Michel (Université de Nanterre), Taffin Claude (USH), Evaluation des besoins en logements en Ile-de-France,Direction Régionale de l’Equipement de l’Ile-de-France GESL/GORE, décembre 1999)
FICHE OUTIL : Typologie socio-économique des quartiers et communes
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La classification des unités géographiques selon leur dominante socio-économique fait appel à la méthode d’analyse factorielle des correspondances (AFC). La typologie comprend 27 types reliés à 8 grands groupes. Le niveau de découpage est un élément pertinent de caractérisation des types : par exemple plus des deux tiers (68%) des ménages appartenant au groupe « direction tertiaire supérieur, haute technologie, direction d’entreprise », qui se place au sommet de la hiérarchie socio-économique, vivent en Ile de France et 86% relèvent du niveau quartier ; le type « direction 1 : activités artistiques ou à clientèles aisées » comprend des ménages habitant pour 94% à Paris.  Les critères les plus discriminants du comportement des ménages sont le statut socio-spatial opposant les types les plus aisés aux plus pauvres (ou communes les plus pauvres aux quartiers les plus aisés), le chômage opposant les types où domine le chômage à ceux où domine l’emploi, la coupure entre fabrication et services, entre travail industriel et travail artisanal opposant les types les plus tertiaires aux plus industriels et aux plus artisanaux. Trois groupes, qui sont les plus distants, correspondent aux plus grandes oppositions (direction/conception, industrie, artisanat-agriculture). Les cinq autres groupes sont dits de « spécialisation moyenne » ; ils sont intermédiaires ; leur composition est diverse.  Chaque type peut être éventuellement caractérisé par d’autres spécificités : localisation des ménages du type (centre ou banlieue, zone intérieure ou littorale, rurale ou urbaine, degré d’urbanisation), logement (individuel ou collectif, HLM ou parc privé, taille des immeubles, date de construction), ménages (composition, âge, nationalité, statut familial). Par exemple le type « direction 1 » présenté ci-dessus concentre 5,1% des femmes personnes de référence actives contre 2,4% d’hommes actifs ; ce type vient au troisième rang pour le poids des étrangers (13,3%) ; situé à 94% à Paris, il a les caractéristiques de la population de la capitale : un maximum d’hommes et de femmes seules, peu de familles ; le poids des personnes vivant en foyer ou dans une HLM construits avant 1949 ou dans des immeubles d’au moins 20 étages est maximum ; ce type n’est pas situé dans les quartiers les plus aisés de Paris, il est plutôt concentré dans les quartiers du centre-est et de l’Est et certaines communes proches : Le Kremlin-Bicêtre, Vincennes. En province il n’est représenté que dans le premier arrondissement de Lyon.  La localisation des ménages est le résultat du fonctionnement du marché du logement : les ménages se logent en faisant des arbitrages entre leurs besoins/souhaits concernant le logement, leurs revenus/position socio-économique et l’offre. Les types ou dominantes socio-économiques correspondent à des différences de prix du foncier étant donné les fortes corrélations entre position socio-économique et prix des logements.
FICHE OUTIL : Typologie socio-économique des quartiers et communes
 
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FICHE OUTIL  
Les mesures de l’étalement urbain   Deux concepts sont généralement utilisés dans la définition de l’étalement urbain :  oladécentralisationqui fait référence à la dispersion des emplois et de la population dans l’aire métropolitaine ;  oladensité fait référence au degré de concentration de l’emploi et de la qui
population dans des zones d’emploi et d’habitat à forte densité.  Des zones peuvent être à la fois denses et décentralisés mais il est courant de considérer que le corollaire de la décentralisation est une moindre densité.  Les mesures de la décentralisation:  Les mesures de la décentralisation nécessitent de fixer un centre de l’aire urbaine étudiée. La pertinence des centre-ville généralement utilisés (dit CDB pour Central Business District en anglais ou« centre des affaires) peut être vérifiée en comparant la densité d’emplois dans la zone contenant ce centre et les zones alentours avec un découpage géographique suffisamment fin.  Un exemple de mesure est la part de l’emploi/de la population contenue dans un rayon de n km autour du centre de la ville ; en faisant varier la distance on peut construire une fonction de répartition.  Les mesures de la densité :  Les plus couramment utilisées sont la densité d’emploi ou de population au km² pour une zone dans son ensemble. Pour mieux différencier les villes selon leur type d’habitat, on peut utiliser une mesure de la densité à une échelle plus fine que la commune. On peut alors calculer à quelle densité « l’individu I moyen » vit ou travaille dans la ville découpée en N zones i de surface A :11NNialNAi i Tot i  L’estimation de fonctions de densité :   Les fonctions de densité mettent en relation dispersion et densité en décrivant la densité de population ou d’emploi en chaque point d’une aire urbaine à la distance au centre.  Les travaux les plus nombreux ont porté sur la dispersion de la population La forme fonctionnelle la plus traditionnelle utilisée est une exponentielle négative16(Clark 1951) : D x! 1D0e%Χx, oùD x! est la densité résidentielle,D0 la densité au centre de la ville, x la distance au centre etΧlegradient de densitéde variation de la densité selon la distance, c’est à dire le taux au centre.                                                      16 forme fonctionnelle a pu être dérivée du modèle standard de l’économie urbaine (AMM) moyennant des Cette hypothèses sur la fonction de production de logement et la demande de logement.
FICHE OUTIL : Les mesures de l’étalement urbain
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L’étalement urbain étant généralement considéré comme une augmentation de la taille de la ville s’accompagnant d’une croissance des densités en périphérie (voire de leur diminution au centre), l’interprétation de cette fonction est simple : l’étalement urbain correspond à une diminution du paramètreΧdans le temps, avec ou sans diminution du paramètreD0.  La contrepartie de la simplicité de cette forme fonctionnelle sont les écarts observés avec la réalité urbaine. Ainsi, ont été utilisées des spécifications et des méthodes d’estimations des fonctions de densité de plus en plus sophistiquées. Ce pendant, les formes les plus complexes rendent difficiles l’obtention d’indicateurs synthétiques simples du phénomène étudié.  Sources:   Edward L. Glaeser et Matthew E. Kahn, “Sprawl and ur ban growth”,Handbook of Regional and Urban Economics, Volume 4,2004  P.Y. PEGUY, F. GOFFETTE-NAGOT, B SCHMIDTT, “L’étalement u rbain”, in C.Baumont, P.P. Combes, P.H. Derycke, H. Jayet (ed.),Économie géographique.Les théories à l’épreuve des faits.Paris, Economica, pp241-276, 2000.  Bibliographie:  CLARK C., Urban population densities, Journal of the Royal Statistical Society, 1951.
FICHE OUTIL : Les mesures de l’étalement urbain
 
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