Investissement direct étranger et performances des entreprises

De
Pourquoi une entreprise fait-elle le choix de s'implanter à l'étranger ? Quelles sont les entreprises concernées ? Comment évoluent l'emploi, le chiffre d'affaires, la valeur ajoutée d?une entreprise française après qu'elle a fait le choix de s'implanter à l'étranger (investissement sortant) ? Quelles sont les cibles privilégiées par les investisseurs étrangers (investissement entrant) ? Ces cibles pâtissent-elles de l'absorption ou, au contraire, gagnent-elles la possibilité de mieux exploiter leurs avantages compétitifs ? Les réponses apportées par les auteurs du présent rapport montrent les bénéfices nets de l'internationalisation des entreprises concernées. Ils attirent toutefois l'attention sur le grand nombre d'effets en présence (effet de sélection, effet de substitution, effet de revenu...) et sur l'impact différencié de l'internationalisation selon le type d'entreprises. La nature des sources statistiques utilisées qui font appel à des données individuelles d'entreprises : données d'enquêtes, données de douanes... fait l'objet d'une présentation méthodologique distincte.
Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000163-investissement-direct-etranger-et-performances-des-entreprises
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Investissement direct étranger et performances des entreprises
Rapport Lionel Fontagné et Farid Toubal
Commentaires Michèle Debonneuil Anne Épaulard
Compléments Jean-Charles Bricongne, Guillaume Gaulier, Alexandre Gazaniol, Colette Héricher, Nicole Madariaga, Sylvie Montout, Dominique Nivat, Frédéric Peltrault et Bruno Terrien
Conception et réalisation graphique en PAO au Conseil dAnalyse Économique par Christine Carl
© Direction de linformation légale et administrative. Paris, 2010 - ISBN : 978-2-11-008154-4 « En application de la loi du 11 mars 1957 (article 41) et du Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction partielle ou totale à usage collectif de la présente publication est strictement interdite sans lautorisation expresse de léditeur. Il est rappelé à cet égard que lusage abusif de la photocopie met en danger léquilibre économique des circuits du livre. »
Sommaire
Introduction............................................................................................ 5 Christian de Boissieu
RAPPORT Investisssement direct étranger et performances des entreprises..................................................... 7 Lionel Fontagné et Farid Toubal
1. Introduction.......................................................................................... 7
2. Mesurer lactivité des entreprises multinationales............................ 11 2.1. Lentreprise et sa réalité statistique ........................................... 11 2.2. Linvestissement direct, trace statistique de lactivité des entreprises multinationales .................................................. 12 2.3. Linvestissement direct, reflet de lactivité financière intra-groupe ................................................................................ 14 2.4. Des données de stocks difficiles à évaluer ................................ 21 2.5. Des données dactivité à létranger des entreprises multinationales encore parcellaires ........................................... 25
3. Limpact de linvestissement direct sur lactivité, lemploi et les échanges : revue de littérature................................................. 29 3.1. Les entreprises se multinationalisent pour exploiter leurs avantages spécifiques ........................................................ 29 3.2. Leffet « revenu » de la multinationalisation des entreprises lemporte généralement sur leffet de substitution .................... 36 3.3. Propos détape ............................................................................ 42
4.
Limpact de linvestissement français à létranger........................... 44 4.1. Les entreprises françaises simplantant à létranger sont les plus efficaces ................................................................ 44 4.2. La première implantation à létranger a un impact positif sur lemploi en France de lentreprise qui investit sauf pour les filiales françaises de groupes étrangers ............... 45 4.3. Lintensité de lactivité à létranger na pas dimpact négatif sur lactivité en France .................................................. 49
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5. Limpact de linvestissement étranger en France............................. 56 5.1. La présence étrangère dans lindustrie française ....................... 57 5.2. Les filiales de groupes étrangers sont plus efficaces ................. 63 5.3. Les groupes étrangers acquièrent des entreprises françaises plus efficaces que la moyenne .................................. 72 5.4. Les entreprises acquises par les groupes étrangers renforcent leurs performances sauf à lexportation ............... 75
6. Conclusion........................................................................................... 79
COMMENTAIRES
Michèle Debonneuil.............................................................................. 85
Anne Épaulard....................................................................................... 89
COMPLÉMENTS
A. Application de la règle du principe directionnel étendu aux statistiques dinvestissements directs................... 93 Dominique Nivat et Bruno Terrien
B. Implantation à létranger des entreprises françaises : un impact différencié selon lappartenance à un groupe...... 117 Alexandre Gazaniol et Frédéric Peltrault
C. Une analyse descriptive des données individuelles dIDE de la Banque de France....................................................... 143 Jean-Charles Bricongne et Guillaume Gaulier
D. Impact des investissements directs sur le commerce extérieur de la France : une analyse sur données macroéconomiques......................................................................... 169 Nicole Madariaga
E. Les projets dimplantation dorigine étrangère en France............................................................................................ 197 Sylvie Montout
F. Les sources statistiques pour le suivi des groupes........... 209 Colette Héricher
RÉSUMÉ.............................................................................................. 213
SUMMARY........................................................................................... 221
CONSEIL DANALYSE ÉCONOMIQUE
Introduction
La question des délocalisations occupe une place importante dans le débat économique et social, en France comme à létranger. Le rapport qui suit place cette question dans le contexte plus large de la mondialisation, des investissements directs étrangers (IDE) et de la stratégie des entreprises multinationales. Lanalyse concerne en particulier les IDE sortants réalisés par des groupes français, mais elle ne néglige pas pour autant les IDE entrants effectués par des groupes étrangers en France. Elle est doublée de résultats empiriques originaux, appuyés sur un échantillon de plus de 800 entreprises multinationales, qui permettent de tester la perti-nence ou non dun certain nombre dhypothèses théoriques. La première étape consiste justement à décortiquer les données disponi-bles, en corrigeant celles fournies par la balance des paiements et en repre-nant les séries calculées par la Banque de France. Plusieurs clivages struc-turent les démonstrations : celui entre lIDE horizontal (lactivité de la filiale à létranger réplique lactivité domestique) et lIDE vertical (lactivité à létranger est un complément de lactivité domestique, car lune et lautre ne se situent pas au même niveau de la chaîne de production) ; celui entre leffet-revenu et leffet-substitution de limplantation à létranger. Alors que leffet-substitution souligne limpact net négatif de lIDE sortant pour le pays dorigine, leffet-revenu met en lumière, via lélargissement des marchés et des ventes, les implications positives de limplantation à létranger pour le pays dorigine. Le rapport étudie de près sous quelles conditions lun des deux effets lemporte sur lautre. Il apparaît en particulier que leur combinaison diffère selon que limplantation est réalisée dans un autre pays développé ou bien dans un pays à bas salaires. Ce rapport éclaire aussi, chiffres à lappui, les liens entre les performances des entreprises et leur caractère multinational, quil sagisse dIDE sortants ou entrants. Comme chacun sait, corrélation ne vaut pas causalité. Les impli-cations de politique économique sont de ce fait suggérées avec beaucoup
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de prudence et de nuances plutôt quassenées. Tant mieux pour lintérêt du lecteur et dun débat très rapidement passionnel lorsquil devient public, et qui est loin de se stabiliser. Ce rapport a été présenté à Madame Anne-Marie Idrac, secrétaire dÉtat au Commerce extérieur, le 26 janvier 2010. Il a bénéficié du concours efficace de Jézabel Couppey-Soubeyran, conseillère scientifique au CAE.
Christian de Boissieu Président délégué du Conseil danalyse économique
CONSEIL DANALYSE ÉCONOMIQUE
Investissement direct étranger et performances des entreprises
Lionel Fontagné Professeur à lUniversité de Paris I-Panthéon-Sorbonne, École déconomie de Paris, Conseiller scientifique au CEPII
Farid Toubal Professeur à lUniversité dAngers, École déconomie de Paris, Chercheur associé au CEPII
1. Introduction Le rapport du CAE sur la comparaison des performances commerciales de la France et de lAllemagne (Fontagné et Gaulier, 2008) a mis en évi-dence des différences de stratégie des entreprises en matière dinternatio-nalisation entre les deux pays. Les grandes entreprises françaises semblent avoir privilégié linvestissement à létranger et la production (éventuel-lement lexportation) depuis leurs filiales étrangères, tandis que les entre-prises allemandes segmentent plus la chaîne de valeur et utilisent leurs loca-lisations ou fournisseurs étrangers comme source de compétitivité pour les activités industrielles maintenues outre-Rhin. Ces conclusions posent la question de limpact de linvestissement et de lactivité à létranger sur les performances des entreprises . Si une entreprise étrangère investit en France, cest que la rentabilité apportée par cet investissement est élevée. Si une entreprise française in-vestit à létranger, le même raisonnement sapplique. Lentreprise investis-sant à létranger valorise alors des actifs spécifiques (marque, techno-logie) lui apportant un avantage par rapport aux entreprises du pays de destination, et compensant les coûts divers liés à cette opération. Et si ces coûts ont été supportés, cest que lentreprise réalisant cet investissement était plutôt plus productive et plus rentable que ses concurrentes dans son pays dorigine. Ce raisonnement économique simple constituera la trame de lanalyse conduite dans ce rapport.
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Le présent rapport comporte quatre contributions. Il pose tout dabord des questions de nature méthodologique. Si un tel questionnement peut sem-bler inopportun dans un rapport de politique économique, la définition de lobjet détude, tout comme sa mesure, a une grande importance en termes détude dimpact. Nous tentons également de présenter de façon syn-thétique les questions méthodologiques soulevées par les études dimpact elles-mêmes, afin de mieux en apprécier la pertinence pour guider la poli-tique économique. La deuxième contribution est plus traditionnelle, puis-quil sagit de passer en revue létat de lart. La troisième contribution est factuelle. Nous utilisons des données individuelles dentreprises localisées en France concernant leur commerce extérieur, la détention de leur capital et leurs performances et répondons à deux questions : quelles sont les entre-prises qui simplantent à létranger ou qui sont acquises en France par des groupes étrangers ? Dans les deux cas, cette « multinationalisation » entraîne-t-elle une amélioration des performances en France des entre-prises françaises concernées ? Nous accordons ici une importance particu-lière aux entreprises indépendantes par rapport à celles appartenant à des groupes. La dernière contribution est une analyse préliminaire des données de lenquête FATS-O(1)sur lactivité des entreprises multinationales fran-çaises à létranger. La contribution est tout dabord descriptive. Elle pré-sente la distribution spatiale et sectorielle de ces activités. Puis, on sinté-resse à limpact de ces activités sur lemploi des groupes français. Notre groupe de travail a largement bénéficié de la participation active de toutes les administrations concernées, sans lesquelles il naurait pu être mené à bien. Les membres du groupe de travail ont aussi fortement contri-bué, par leurs compléments et par leur participation active aux débats. Une mention particulière pour les administrations ayant fourni les données in-dividuelles nécessaires et, plus spécifiquement, à nos interlocuteurs ayant tou-jours répondu à nos demandes de la façon la plus efficace. Que tous soient remerciés. Les erreurs subsistant sont de notre fait. Le reflet des travaux du groupe se retrouve dans les compléments au rapport. Nous remercions Jézabel Couppey-Soubeyran pour la part active prise, au titre du CAE, au travail de notre groupe. Ce travail a bénéficié enfin des commentaires de Michèle Debonneuil et Anne Épaulard. Dominique Nivat et Bruno Terrien expliquent lapplication du principe directionnel étendu aux données fran-çaises dinvestissements directs étrangers. Jean-Charles Bricongne et Guillaume Gaulier proposent une analyse descriptive des données indivi-duelles dinvestissement en sintéressant aux marges extensives et intensives. Le complément dAlexandre Gazaniolet Frédéric Peltrault sintéresse à lim-pact des IDE français sur la productivité et lemploi en France. Nicole Madariaga analyse la relation de complémentarité entre les IDE et le com-merce en utilisant des données dinvestissement direct en balance des paie-ments. Colette Héricher présente les premiers résultats de lenquête pilote FATS-Out de lINSEE. Enfin Sylvie Montout présente les statistiques
(1) PourFATS Outwardou statistiques dactivité des filiales à létranger.
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collectées à loccasion des projets dinvestissement en France des groupes étrangers. Nous reprenons dans le corps du rapport les principales conclu-sions de ces compléments. Les implications de ce travail en termes de politique économique sont importantes et chaque mécanisme ou fait stylisé rapporté devra être com-menté, répétons-le, en pleine connaissance des questions méthodologiques sous-jacentes. Un sujet important de politique économique concerne limpact sur les performances en France (activité, emploi) de limplantation des entre-prises françaises à létranger. On sattend à ce que les entreprises françaises ayant une implantation étrangère soient plus productives que la moyenne (et plus performantes que les entreprises exportatrices, elles-mêmes plus productives que les entreprises purement domestiques). Mais a-t-on ici une relation de cause à effet, allant de linternationalisation vers la performance, ou une simple sélection des plus performantes par la concurrence interna-tionale ? Nous allons découvrir que la relation est double : les plus perfor-mantes simplantent à létranger ; elles peuvent devenir plus performantes encore à cette occasion, tout dépendant de leur statut. Cinq principaux résultats se dégagent de notre rapport :  les données dinvestissement direct à létranger sont une mauvaise approximation de lactivité des entreprises multinationales. Cela est dû à ce que les données de balance des paiements ne retracent au mieux que le montant du capital investi, sans information sur lactivité réelle. Mais surtout, les données dinvestissement direct en balance des paiements sont elles-mêmes de moins en moins le reflet dune réalité économique, en raison de limportance prise par les prêts intra-groupes et les entités spécifiques cen-tralisant à létranger les opérations financières des groupes français. Des données dactivité sont désormais collectées à titre expérimental, mais les premiers résultats montrent que des informations importantes vont faire défaut, comme le commerce extérieur des groupes enquêtés ;  si linternationalisation de léconomie française est probablement su-restimée par les données dinvestissements directs, il reste que des pans entiers de lactivité économique, de lemploi, dépendent des groupes étrangers. Cela constitue une forte contrainte pesant sur lautonomie de la politique économique : les groupes étrangers ont une grande liberté de localisation Parallèlement, les groupes français ont tiré les conséquences de la dyna-mique de léconomie mondiale. Ils réalisent une grande partie de leur acti-vité, et peut-être encore plus de leur rentabilité, à lextérieur du territoire ;  limpact de linvestissement étranger sur lactivité et lemploi dépend du type dinvestissement réalisé, du pays de destination de linvestissement et de limportance respective des effets de substitution et de revenu. Les implantations de type horizontal (la réplication des unités de production pour accéder aux marchés étrangers) ont en termes nets un impact positif sur lactivité et lemploi en France. La littérature nous montre par ailleurs
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que les emplois créés sont plutôt plus qualifiés. Les implantations à létran-ger sur le mode vertical (les délocalisations) nont pas impact significatif sur lemploi globalement, même si dautres travaux soulignent un impact négatif sur les non-qualifiés. Mais cet impact reste limité et surtout la dis-tinction vertical/horizontal reste assez théorique et rend imparfaitement compte des motivations de limplantation dans les pays émergents (mar-chés prometteurs, bas coûts de main duvre). Au final, la combinaison des effets de substitution et de revenu nest pas défavorable à lemploi en moyenne, mais pourrait lêtre pour les non-qualifiés. La mondialisation de lappareil productif est ainsi assimilable à un progrès technique biaisé ;  les entreprises localisées en France et appartenant à des groupes étran-gers sont plus efficaces que celles appartenant à des groupes français, et ces dernières dépassent les entreprises indépendantes : elles créent plus demplois, exportent plus, importent plus et sont plus rentables. Sans aucun doute, avons-nous là limage des groupes français exploitant leurs avantages spéci-fiques sur les marchés étrangers, mais nous ne disposons pas de linformation pour laffirmer. Ceci est dû à deux effets : un effet de sélection, les cibles acquises étant plus efficaces ; un effet de complémentarité, ces cibles béné-ficiant de lapport des actifs spécifiques de la tête de groupe étrangère ;  les entreprises multinationales françaises investissent majoritairement dans les pays développés. Cest dans ces pays que se concentrent majoritairement les filiales des groupes français mais aussi les effectifs et les ventes étrangers. Les activités étrangères sont principalement concen-trées dans le secteur du commerce puis dans des secteurs manufacturiers tels que lindustrie chimique ou le matériel de transport. Nous montrons que lemploi des groupes en France est positivement corrélé à leur activité à létranger, sauf si la filiale est localisée dans un pays à bas salaires. Dans ce cas, aucune relation statistiquement significative napparaît. Nous observons également que les importations « comptent ». Elles sont associées à de meilleures performances et surtout une bien meilleure renta-bilité. Une mauvaise lecture de ce résultat serait de conclure quil est plus rentable dimporter que de produire en France. En réalité, dans une éco-nomie globalisée, les entreprises globalisées peuvent tirer parti de la variété de consommations intermédiaires, de technologies, de produits à distribuer, présente sur le marché mondial. Celles qui importent sont donc plus effi-caces. Ce rapport étant réalisé à la demande de la secrétaire dÉtat chargée du Commerce extérieur, nhésitons pas à souligner que la compétitivité de lindustrie française et sa capacité à créer des richesses, dépendent aussi de ses importations. Il est donc important de préserver louverture du marché. Enfin, quelle est limportance de la nationalité de lentreprise, à suppo-ser quon sache la définir ? Cette question est cruciale par rapport au sujet du patriotisme économique que certaines de nos conclusions ne manque-ront pas de réveiller. Nous accorderons une importance particulière dans ce travail au statut de lentreprise indépendante ou non et, pour les entreprises contrôlées, à la nationalité, française ou non, de la tête de groupe. Les filiales
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françaises de groupes étrangers sont plus efficaces parce que ces groupes ont acquis des fleurons de lindustrie ; mais cette acquisition a révélé le potentiel de performance des cibles françaises. Seul le commerce extérieur français nen bénéficie pas. Les entreprises françaises qui simplantent à létranger sont les plus efficaces, mais cette implantation leur permet de mieux exploiter leurs avantages spécifiques et les rend aussi plus efficaces en France. Cependant, ceci nest pas vrai si lentreprise française qui inves-tit à létranger est contrôlée par une tête de groupe étrangère. Ces différents résultats suggèrent que des positions tranchées en matière de politique éco-nomique, se traduisant par une intervention systématique dans ce domaine, auraient des effets complexes et probablement peu favorables. Le reste de ce rapport est organisé comme suit. La deuxième section sintéresse à la mesure de lactivité des entreprises multinationales. La troi-sième section propose une revue de littérature. La quatrième section décrit limpact de la présence à létranger, de la décision de simplanter à létran-ger et du niveau dactivité à létranger, sur les performances en France en termes dactivité, de productivité, et demploi. La cinquième section sinté-resse à limpact de la nationalité de la tête de groupe sur les performances des filiales localisées en France, et à limpact dune acquisition par un groupe étranger sur les performances de la filiale française. La dernière section conclut.
2. Mesurer lactivité des entreprises multinationales Commençons par un point de définition : une entreprise multinationale est une entreprise disposant de filiale(s) à létranger. La question est dès lors comment mesurer lactivité à létranger des entreprises résidentes et lactivité en France des entreprises non résidentes. Nous procédons en trois temps : nous interrogeons la notion dentreprise comprise comme centre de décision autonome par rapport à sa réalité statistique ; nous examinons si la trace laissée par les entreprises en balance des paiements à loccasion de leurs opérations de capital social et de prêts entre affiliées constitue une information pertinente ; enfin, nous adoptons une stratégie plus directe con-sistant à essayer de recueillir de linformation sur lactivité des entreprises résidentes contrôlées par des têtes de groupe non résidentes, et réciproque-ment sur lactivité des entreprises non résidentes contrôlées par des têtes de groupe résident en France. Ces détours méthodologiques sont nécessaires avant de tenter de répondre à la question de limpact de lactivité des entre-prises multinationales sur léconomie française.
2.1. Lentreprise et sa réalité statistique À partir de quel seuil de contrôle une entreprise peut-elle être considérée comme détenue par des capitaux étrangers ? Toutes les filiales étrangères ne sont pas détenues à 100 %. Par convention, le seuil de 10 % du capital
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