L'autonomie fiscale en outre-mer

De
La Cour des comptes rend public un rapport sur l'autonomie fiscale en outre-mer. Sont concernés la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna. Nonobstant le statut spécifique de la Nouvelle-Calédonie, ces six territoires ont en commun, pour l'exercice de nombreuses compétences, un régime institutionnel de large autonomie. Cette particularité constitutionnelle les différencie des autres collectivités de la République, y compris des départements et régions d'outre-mer.
Publié le : vendredi 1 novembre 2013
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Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/134000801-l-autonomie-fiscale-en-outre-mer
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 L'autonomie fiscale en outre-mer  
  Nouvelle-Calédonie Polynésie française Saint-Barthélemy Saint-Martin Saint-Pierre-et-Miquelon Wallis-et-Futuna     Rapport public thématique
 
 
 
Sommaire 
DELIBÉRÉ ......................................................................................... 7
INTRODUCTION GÉNÉRALE .....................................................13
CHAPITRE I - UNE FISCALITÉ ET DES CONTEXTES ATYPIQUES ....................................................................................23
I - Des taux de prélèvements obligatoires inégaux mais significatifs ........ 24A - Un poids variable selon les collectivités ............................................. 24B - Un écart important avec la situation en métropole ........................... 28
II - Une source déterminante du financement des dépenses publiques .. 30A - Le poids de la fiscalité dans le budget de la collectivité centrale ....... 31B -Les dotations de l’ État................................................23.........................
III - Des situations financières globalement tendues ................................ 39A Des dépenses rigides financées par des recettes volatiles ................. 39-B - Le desserrement des effets de ciseaux dans certaines collectivités ... 41C -L’ apparition d’ effets de ciseaux dans certaines collectivits.............. 42
CHAPITRE II -UNE FISCALITÉ INSUFFISAMMENT ADAPTÉE AUX BESOINS DES TERRITOIRES .......................45
I - Une fiscalité indirecte prédominante .................................................. 46A - Une fiscalité héritée en grande partie de l’ histoire............................ 46B - Une imposition inégale des revenus des particuliers et des entreprises ............................................................................................... 50C - Une imposition du patrimoine généralement faible ........................... 53
 
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COUR DES COMPTES
II - Une fiscalité aux objectifs parfois mal articulés .................................. 55A - Un rendement réduit par de nombreuses exonérations et dépenses fiscales ...................................................................................................... 56B - La fiscalité : une contribution inégale au développement économique ............................................................................................. 59C - La fiscalité : un outil peu mobilisé au service de la redistribution ...... 63
III - Les insuffisances de la fiscalité des collectivités infra-territoriales ..... 65A - La fiscalité locale existante ................................................................. 66B - Les limites des modalités de financement en vigueur ........................ 68
CHAPITRE III -LES VOIES D’UNE FISCALITÉ PLUS PERFORMANTE ............................................................................73
I - Une administration fiscale à moderniser ............................................. 74A -Des modalits d’ organisation diverses issues des dispositions statutaires ................................................................................................ 75B - Des difficultés de gestion dues en partie à des moyens insuffisants .. 78C Une coopération fiscale à maintenir ou amplifier .............................. 85-II - Un système fiscal à faire évoluer ........................................................ 87
CONCLUSION GÉNÉRALE...........................................................93
RÉCAPITULATION DES RECOMMANDATIONS ...................95
ANNEXES ........................................................................................97
ANNEXE N° 1 : FICHES MONOGRAPHIQUES ........................99
ANNEXE N° 2 : EXTRAITS DE LA CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 ......................................................................... 115
RÉPONSES DES ADMINISTRATIONS ET DES COLLECTIVITÉS CONCERNÉES ............................................. 119
 
 
Les rapports publics de la Cour des comptes
- élaboration et publication -
La Cour publie, chaque année, un rapport public annuel et des rapports publics thématiques.
Le présent rapport est un rapport public thématique.
Les rapports publics de la Cour s’appuient sur les contrôles et les enquêtes conduits par la Cour des comptes ou les chambres régionales et territoriales des comptes et, pour certains, conjointement entre la Cour et les chambres régionales et territoriales ou entre celles-ci. En tant que de besoin, il est fait appel au concours d’experts extérieurs, et des consultations et des auditions sont organisées pour bénéficier d’éclairages larges et variés. Au sein de la Cour, ces travaux et leurs suites, notamment la préparation des projets de texte destinés à un rapport public, sont réalisés par l’une des sept chambres que comprend la Cour ou par une formation associant plusieurs chambres.
Trois principes fondamentaux gouvernent l’organisation et l’activité de la Cour des comptes, ainsi que des chambres régionales et territoriales des comptes, et donc aussi bien l’exécution de leurs contrôles et enquêtes que l’élaboration des rapports publics: l’indépendance, la contradiction et la collégialité.
L’indépendance institutionnelle des juridictions financières et statutaire de leurs membres garantit que les contrôles effectués et les conclusions tirées le sont en toute liberté d’appréciation. 
Lacontradiction implique que toutes les constatations et appréciations ressortant d’un contrôle ou d’une enquête, de même que toutes les observations et recommandations formulées ensuite, sont systématiquement soumises aux responsables des administrations ou organismes concernés; elles ne peuvent être rendues définitives qu’après prise en compte des réponses reçues et, s’il y a lieu, après audition des responsables concernés.
 La publication d’un rapport public est nécessairement précédée par la communication du projet de texte que la Cour se propose de publier aux ministres et aux responsables des organismes concernés, ainsi qu’aux autres personnes morales ou physiques directement intéressées. Dans le rapport publié, leurs réponses accompagnent toujours le texte de la Cour.
Lacollégialité intervient pour conclure les principales étapes des procédures de contrôle et de publication.
 
 
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COUR DES COMPTES
Leur rapport d’instruction, comme leurs projets ultérieurs d’observations et de recommandations, provisoires et définitives, sont examinés et délibérés de façon collégiale, par une chambre ou une autre formation comprenant au moins trois magistrats, dont l’un assure le rôle de contre-rapporteur, chargé notamment de veiller à la qualité des contrôles. Il en va de même pour les projets de rapport public.
Le contenu des projets de rapport public est défini, et leur élaboration est suivie, par le comité du rapport public et des programmes, constitué du premier président, du procureur général et des présidents de chambre de la Cour, dont l’un exerce la fonction de rapporteur général. 
Enfin, les projets de rapport public sont soumis, pour adoption, à la chambre du conseil où siègent en formation plénière ou ordinaire, sous la présidence du premier président et en présence du procureur général, les présidents de chambre de la Cour, les conseillers maîtres et les conseillers maîtres en service extraordinaire.
Ne prennent pas part aux délibérations des formations collégiales, quelles qu’elles soient, les magistrats tenus de s’abstenir en raison des fonctions qu’ils exercent ou ont exercées, ou pour tout autre motif déontologique.
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Les rapports publics de la Cour des comptes sont accessibles en ligne sur le site internet de la Cour des comptes et des chambres régionales et territoriales des comptes :www.ccomptes.fr Ils sont diffusés parLa documentation Française.
  
 
 
Délibéré
La Cour des comptes, délibérant en chambre du conseil réunie en formation ordinaire, a adopté le présent rapport intitulétuamono ieL fiscale en outre-mer. Le rapport a été arrêté au vu du projet communiqué au préalable aux administrations et aux collectivités concernées et des réponses adressées en retour à la Cour. Les réponses sont publiées à la suite du rapport. Elles engagent la seule responsabilité de leurs auteurs. Ont participé au délibéré : M. Migaud, Premier président, M. Bertrand, Mme Froment-Meurice, MM. Durrleman, Levy, Lefas, Briet, Mme Ratte, M. Vachia, présidents de chambre, MM. Pichon, Picq, Babusiaux, Descheemaeker, Bayle, présidents de chambre maintenus en activité, MM. Ganser, Cazala, Braunstein, Mme Dayries, MM. Phéline, Barbé, Mme Darragon, MM. Bonin, Lair, Mmes Trupin, Froment-Védrine, MM. Ravier, de Gaulle, Vialla, Sépulchre, Mme Malgorn, MM. Léna, Glimet, Senhaji, Mme Fontaine, conseillers maîtres. Ont été entendus : -en leur présentation, MM. Monti et Diringer, présidents de chambre territoriale des comptes, chargés de coordonner les travaux sur lesquels le rapport est fondé et de préparer le projet de rapport ; -en son rapport, M. Bertrand, rapporteur général, rapporteur du projet devant la chambre du conseil, assisté de MM. Bertucci et Lachkar, présidents de chambre territoriale des comptes, de M. Maccury, premier conseiller de chambre régionale des comptes, rapporteur général chargé de préparer le rapport, Mme François, première conseillère de chambre régionale des comptes, rapporteure générale adjointe, de M. Beauviche, président de section de chambre régionale des comptes, rapporteur, et de Mme Ulmann et M. Uguen, conseillers maîtres, contre-rapporteurs ;  
  
 
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COUR DES COMPTES
-en ses conclusions, sans avoir pris part au délibéré, M. Johanet, Procureur général, accompagné de M. Lefort, avocat général.
        *** M. Gérard Terrien, secrétaire général, assurait le secrétariat de la chambre du conseil.
  
 Fait à la Cour, le 19 novembre 2013.
 
DÉLIBÉRÉ
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Le projet de rapport a été préparé par les cinq chambres territoriales des comptes concernées, présidées par MM. Bertucci, président de la chambre territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon, Diringer, président des chambres territoriales de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, Monti, président de la chambre territoriale de Nouvelle-Calédonie, Lachkar, président de la chambre territoriale de Polynésie française, et par la quatrième chambre de la Cour des comptes, compétente pour Wallis-et-Futuna, présidée par MM. Bayle puis Vachia (à compter du 4 octobre 2013), présidents de chambre. Les travaux ont été coordonnés par MM. Monti et Diringer, présidents de chambre territoriale des comptes, avec le concours de Mme Ulmann et M. Uguen, conseillers maîtres. Le projet de rapport a été délibéré par les cinq chambres territoriales des comptes et par la quatrième chambre de la Cour, compétente pour Wallis-et-Futuna, chacune pour ce qui la concerne. Il a été examiné et approuvé, le 4 septembre 2013, par le comité du rapport public et des programmes de la Cour des comptes, composé de MM. Migaud, Premier président, Bayle, Bertrand, rapporteur général du comité, Mme Froment-Meurice, MM. Durrleman, Levy, Lefas, Briet et Mme Ratte, présidents de chambre, et M. Johanet, procureur général, entendu en ses avis.   
 
 
 
L’outre-mer français
Les territoires français situés outre-mer couvrent, au total, une superficie de plus de 120 000 km2 où vivent2,5 millions d’habitants.À l’exception desespaces inhabités des Terres australes et antarctiques françaises et de Clipperton, cet ensemble est constitué en majorité d’îles et d’archipels situés dans trois grandes zones géographiques: les abords atlantiques du continent américain, le sud-ouest del’océan Indien et le Pacifique sud. La Guyane, avec 91 000 km2localisés au nord du Brésil, est le seul outre-mer qui fasse exception à l’insularité.  Depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003(articles 73 et 74 de la Constitution), une grande diversité institutionnelle caractérise ces territoires. 
Dans les cinq départements/régions d’outre-mer la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et Mayotte, les lois et règlements sont applicables de plein droit, mais, à la différence de la métropole, peuvent être adaptés au regard des caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités.
La catégorie des territoires d’outre-mer (TOM), qui existait depuis 1946, a été supprimée et remplacée par celle des collectivités d’outre-mer (COM). Cinq collectivités sont concernées : la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna, , et. Elles bénéficient d’un régime juridiqueparticulier, dit de la spécialité législative, etd’un statut qui leur est propre,assorti d’une autonomie normative plus largequ’en métropole dans les départements/régions ou d’outrecadre institutionnel particulier est toutefois appliqué de façon-mer. Ce différente dans chacune des cinq collectivités.
Depuis l’accord de Nouméa de mai1998 et la révision constitutionnelle de juillet 1998, la Nouvelle-Calédonie est soumise à un statutsui generis évolutif et. Son cadre juridique fait ainsi l’objet d’un titre spécial au sein de la Constitution (le titre XIII) et, selon son régime juridique particulier, elle peut adopter des lois de pays soumises au contrôle du Conseil constitutionnel.Toutefois, dans l’état actuel, ce régime comporte de larges similitudes avec le statut des cinq collectivités précitées.
Les cinq collectivités et la Nouvelle-Calédonie couvrent une superficie de 22 000 km2pour une population de 600 000 habitants.
Deux autres territoires ou ensembles de territoiresn’ont pas de population permanente, Clipperton dans l’océanPacifique et les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), ces dernières étant dotées d’un statut particulier.
 
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