L'émergence des politiques de développement durable dans un contexte transfrontalier : l’exemple du Rhin supérieur (1914-2000). 15 décembre 2009.

De
Ce rapport présente les résultats d´une recherche historienne relative à l´émergence des politiques pour un développement durable du paysage du Rhin supérieur au cours du XXe siècle.
La question clé de ce projet est de savoir s´il y a une pré-histoire des efforts sociaux politiques et scientifiques pour un développement « avant la lettre». Jusqu'à présent le Rapport Brundtland de 1987 et la Déclaration de Rio de 1992 marquent, dans le débat scientifique et dans la perception du public, la naissance du concept «développement durable». Cependant le concept et le terme « durabilité » existent déjà depuis le milieu du XVIIIe siècle. A cette époque l’exploitation des forêts domaniales est planifiée dans le très long terme pour éviter l’épuisement de la ressource. Si on peut soutenir que ces approches se sont poursuivies et renforcées jusqu’au XXe siècle, alors le fameux Rapport n’est plus pionnier dans l’harmonisation du développement économique, social et environnemental, mais plutôt la modernisation d´une catégorie discrète des politiques paysagères, car au cours du dernier siècle des initiatives sociales ou politiques ont ouvert la voie à ce Rapport pour un brillant avenir politique.
Bernhardt (Christoph), Guillerme (André), Vonau (Elsa). Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0075315
Publié le : jeudi 1 janvier 2009
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1
Christoph Bernhardt
André Guillerme
Elsa Vonau






L´émergence des politiques de développement
durable dans un contexte transfrontalier :
L’exemple du Rhin supérieur (1914-2000)



Rapport final
15 décembre 2009


Programme de recherche
"PAYSAGES ET DÉVELOPPEMENT DURABLE"
financé par le MEDD


















Groupe de recherche
PD Dr. Christoph Bernhardt (Responsable) Prof. Dr. André Guillerme
Dr. Elsa Vonau Centre d´Histoire des Techniques et de
Leibniz-Institut für Regionalentwicklung und l´Environnement (CDHTE
Strukturplanung (IRS) Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM)
Flakenstr. 28-31 5 Rue du Vertbois
15537 Erkner 75003 Paris
Germany France 2
Sommaire


1. Introduction 4

2. Les antécédents : 1815-1905 20

3. Nouveaux paysages, regards nouveaux (fin XIXe - début XXe s.) 32

4 Régularisation et dérivation éclusée (1915 – 1945) 57

5 Le paysage, objet de savoirs 91

6 Trente ans de renversement (1945-75) 148

7 Les différentes voies de développement régional 171

8 La modification des sols : Conclusions de l’analyse cartographique 183

9 L´émergence des politiques pour un développement durable 188

10 Directive Cadre et Paysage 194

11 Conclusion 238
Bibliographie 249
Annexe 260
I. Programme Journée d´étude « Directive Cadre sur l’Eau et 261
paysage : le cas du Rhin supérieur », 19 mars 2009, Strasbourg

II. Programme de la Conférence internationale et finale du projet : 264
« Fleuves frontaliers et paysages au XXe siècle/Border Rivers and
landscapes in the 20th century », 13 -14 novembre 2009, CDHTE –
CNAM Paris
II.I. Abstraits des présentations de la Conférence finale du projet
III. Activités scientifique et de valorisation dans le cadre du projet 297


3 4
I

Introduction

Nous présentons ici les résultats d´une recherche historienne relative à l´émergence des
politiques pour un développement durable du paysage du Rhin supérieure au cours du XXe
siècle. La question clé de ce projet mené dans le cadre du programme « Paysage et
1Développement Durable » du MEEDT est de savoir s´il y a une pré-histoire des efforts
sociales, politiques et scientifiques pour un développement «avant la lettre». Jusqu´à présent
le Rapport Brundtland de 1987 et la Déclaration de Rio de 1992 marquent, dans le débat
scientifique et dans la perception du public, la naissance du concept «développement
2durable». Cependant concept et terme « durabilité » existent déjà depuis le milieu du XVIIIe
siècle. A cette époque l’exploitation des forêts domaniales est planifiée dans le très long terme
3pour éviter l’épuisement de la ressource. Si on peut soutenir que ces approches se sont
poursuivies et renforcées jusqu’au XXe siècle, alors le fameux Rapport n’est plus pionnier
dans l’harmonisation du développement économique, sociale et environnemental, mais plutôt
la modernisation d´une catégorie discrète des politiques paysagères, car au cours du dernier
siècle des initiatives sociales ou politiques ont ouvert la voie à ce Rapport pour un brillant
avenir politique.

Le propos est d’abord le récit d’une invention au sens premier : une reconstitution de la
« préhistoire » du développement durable dans les politiques régionales pour contribuer a une
meilleure connaissance des forces sociales et des racines théoriques qui ont soutenu et
soutiennent encore le concept de la durabilité. Le Rhin supérieur, bien connu comme
4laboratoire des politiques transfrontalières et environnementales sert d’exemple. Ce rapport
montre qu’une multitude de stratégies et de projets pour un développement durable se sont
croisés avec des politiques et des interventions bien connues et « non durables », comme le
Grand Canal d´Alsace.

1 Voir https://pdd.cemagref.fr/contacts
2 CHARLES, L., KALAORA, B, « De la protection de la nature au développement durable : vers un nouveau
cadre de savoir et d’action ? », Espaces et sociétés, 2007, n° 130, p. 121-133.
BARTENSTEIN, K., « Les origines du concept de développement durable », Revue juridique de
l’environnement, 2005, n° 3, p. 289-297. C’est l’un des objectifs de la création des Eaux et Forêts par le Roi de
France Philippe VI de Valois en 1346. Au XVIIIe siècle, suite aux grands gels qui déciment les forêts, les
chèvres sont interdites de pacage pour permettre la repousse et sauvegarder le patrimoine forestier.
4 MÖLLENKAMP, S., , La coopération franco-allemande pour la protection sur le Rhin, L’Harmattan, Paris,
2001
5
Tandis que théories et discours scientifiques sur le développement durable sont incohérents et
font l’objet d’âpres débats académiques, le Rhin et ses paysages portent des mythes depuis
des siècles. Pour déconstruire ces mythes et évaluer les approches divergentes on mène une
réflexion sur «les Rhins» : regards portés par les historiens, les géographes et des acteurs clé
de la région pour ensuite discuter les enjeux méthodologiques d´une recherche historienne sur
le développement durable. On reconstruit d’abord les fondements historiques de la
dégradation du paysage rhénan et de la coopération transfrontalière — la Commission du
Rhin — tout au long du XIXe siècle (chapitre 2). Cette protohistoire justifie un continuum
d’interventions techniques de grande envergure depuis le Premier Empire et qui ne cesse de
s’amplifier. Pour comprendre ce qui se passe au XXe siècle, il est apparu nécessaire de saisir
les nouvelles perceptions et appropriations paysagères autour de 1900 du fait de l´extension
de la mobilité, du tourisme et des medias : « nouveaux paysages » perçus, analysés dans le
troisième chapitre. On montre ensuite comment la sensibilité pour le paysage se déploie parmi
les élites et se manifeste dans les premières législations modernes.
Le quatrième et le sixième chapitre montrent comment s’élabore le plus grand projet de
transformation du paysage rhénan au début du XXe siècle : le Grand Canal d´Alsace. Ce canal
et ses effets destructifs sur le paysage marquent le point culminant des interventions « non-
durable ». En même temps ces effets provoquent des questionnements et des mouvements
parmi les ingénieurs hydrauliciens, les premiers paysagistes, les pêcheurs et d´autres groupes
qui promeuvent des initiatives pour concilier les intérêts économiques et les demandes
écologiques (chapitre 5). L´ambigüité profonde entre interventions « durables » et « non-
durables» se prolongent et s’aggravent durant les « Trente glorieuses ». Mais on montre
qu’alors les forces sociales favorables au développement durable sont capables d´infléchir une
modification décisive des plans de construction du Grand Canal d’Alsace et de préparer les
reformes des années 1970 – 2000 (chapitre 7-9). Enfin on observe l´état actuel des relations
entre fleuve et paysage en prenant à témoin les enjeux de la Directive Cadre de l´eau de
l`Union Européenne : orientation de la politique de l´eau au-delà des rives vers
l´hydrosystème et le bassin – approche révolutionnaire pour l´Allemagne et pour d´autres
pays européens – adopte en fait un point de vue paysager (chapitre 10).
La démarche est globalement historienne : elle discerne les temporalités, adopte les
différentes postures — environnementale, urbaine, technique, organisationnelle, politique,
militaire — et s’associe la sociologie, la cartographie. Le parcours heuristique s’est réalisé à
partir de l’habilitation de Christoph Bernhardt relative à l’aménagement des abords du Rhin
aux XIXe et XXe siècles, des réflexions d’André Guillerme quant au paysage du XXe siècle 6
et aux techniques de génie civil et militaire, au développement des travaux d’Elsa Vonau sur
les discours français et allemands sur l´eau et sur le paysage au Rhin, aux travaux d’enquête
d’Elodie Piquette pour son mastère de sociologie des organisations à Strasbourg sous la
direction de Maurice Wintz.
André Guillerme est l´auteur des chapitres 2-4, et co-auteur avec Christoph Bernhardt des
chapitres 1,6 et 11. Christoph Bernhardt est l´auteur des chapitres 7-9, Elsa Vonau du chapitre
5 et Elodie Piquette du chapitre 10 (sous la direction de Maurice Wintz). Les systèmes
d’information géographique ont été exploités par Andreas Keller, géographe.



La Région du Rhin supérieure (source Region Alsace, 2000) 7
Les Rhins
La vallée du Rhin supérieur — qui va de Bâle à Strasbourg — est aujourd`hui une des plus
5dynamiques et des plus densément peuplées d´Europe Elle est aussi riche pour ses
expériences de confrontation et de coopération transfrontalière, surtout dans le champs de la
6politique environnementale . L´espace qui fait objet de référence comprend la Région Alsace,
française — les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin —, et la Région Südlicher
Oberrhein, allemande. Elle s´inscrit dans un couloir long de 220 km et large d´environ 80
2km : une étendue de 17.000 km , dont 49% se situent en France, 48% en Allemagne, et 3% en
7Suisse.
Cette région a été non seulement un territoire de confrontations nationalistes et militaires —
deux guerres de position l’ont meurtrie — et, de fait, de dégradation, voire de déchéance
environnementale. Mais elle a vu aussi de nombreuses initiatives pour protéger
l’environnement transfrontalier notamment la coopération dans le secteur de l´eau — bassin et
nappe —, secteur stratégique pour le développement durable du paysage. C’est dans cette
région du Rhin supérieur, surtout dans la bande rhénane et la forêt alluviale du Rhin, que se
sont déployés les premiers projets de protection du fleuve contre la pollution (ICPR, 1950), de
protection contre les crues et de sauvegarde de la biodiversité (contrat franco-allemand 1982,
Integriertes Rheinprogramm 1988). Aujourd’hui encore, les programmes de restauration de la
biodiversité fluviale (Saumon 2000) et de protection transfrontalière de la nappe phréatique
8(1996) , sont pilotes. Toutes ces initiatives, coopérations et programmes sont largement
documentés et représentent une mémoire extraordinaire des expériences pour l´étude de la
genèse des concepts du développement durable.

« L’histoire jusqu’au XIXe siècle connaît « des Rhins », de fortune inégale aux diverses
époques. Rhins dont chacun s’est élaboré grâce à une multitude d’efforts indépendants les uns
des autres, en fonction d’échanges et de trafics perpétuellement mouvants — « mouvants de
9la mobilité même des peuples riverains purgeant leur inquiétude… » A chacun son Rhin
pourrait-on dire. Chaque écrivain en fait son encre, faiseur d’histoire qui vêt différents
costumes : les médecins affichent leurs « topographies médicales » pour décrire le paludisme,

5 CONFÉRENCE FRANCO-GERMANO-SUISSE (1999), pp. 22-34.
6 BERNHARDT (2003)
7 COCO-GERMANO-SUISSE (1999), p. 22.
8 CONSEIL RÉGIONAL D`ALSACE (1998).
9 FEBVRE, L., « Quelques réflexions sur l’histoire économique du Rhin » Études strasbourgeoises, Strasbourg,
1953, p. 23. 8
l’humidité salpêtreuse, les émanations délétères, les agronomes l’indescriptible forêt alluviale,
les ingénieurs l’impétuosité, etc..
« Le Rhin est un fleuve dont tout le monde parle et que personne n’étudie, que tout le monde
visite et que personne ne connaît, qu’on voit en passant et qu’on oublie en courant, que tout
10regard effeure et qu’aucun esprit n’approfondit » .



« En faisant le Rhin, la nature avait prémédité un désert, l’homme en a fait une rue. Du temps
des romains et des barbares, c’était la rue des soldats. Au Moyen Âge, comme le fleuve

10 HUGO, V., Le Rhin, « Lettres à un ami (1838-39) », 9
presqu’entier était bordé d’Etats ecclésiastiques… On nommait le Rhin la rue des Prêtes.
11Aujourd’hui c’est la rue des Marchands » .
« L’ancienne navigation rhénane, que perpétuent les bateaux à voiles, contraste avec la
navigation nouvelle, que représentent les bateaux à vapeur. Les bateaux à vapeur, riants,
coquets, élégants, confortables, rapides, enrubannés et harnachés de couleurs de six nations,
Angleterre, Prusse, Nassau, Hesse, Bade, tricolore hollandais, ont pour invocation des noms
de princes et de villes. Ludwig II, Gross-Herzog von Hessen, Kœnigin Victoria, Herzog von
Nassau, Prinzessinn Mariann, Gross-Herzog von Baden, Stadt Mannheim, Stadt Coblenz. Les
bateaux à voiles passent lentement, portant à leur proue les noms graves et doux, Pius,
Columbus, Amor, Sancta Maria, Gratia Dei. Les bateaux à vapeur sont vernis et dorés, les
bateaux à voiles sont goudronnés. Le bateau à vapeur, c’est la spéculation ; le bateau à voiles,
c’est bien la vieille navigation austère et croyante. Les uns cheminent en faisant une réclame,
12les autres en faisant une prière. Les uns comptent sur les hommes, les autres sur Dieu » .

Le Rhin des historiens
Les historiens portent leur attention sur les villes — donc les malheurs physiques,
économiques, commerciaux — bien moins les campagnes — l’agriculture qu’ils opposent à la
13pêche et la pâture . Plus d’un millier de livres traitent tout ou partie de l’histoire du fleuve
de sa source à son embouchure, de son occupation, de ses humanités. Beaucoup se
ressemblent , se complètent, se pillent ; tous font paraître les opinions de leur rédacteur et tout
particulièrement dans le premier XXe siècle qui voit les systèmes totalitaires naître, grandir,
14meurtrir et exploser. Concernant notre grande rivière, l’ouvrage — l’essai — de Lucien
Febvre et Albert Domangeon écrit en 1931, analysé par les collègues français et allemands,
réédité en 1935 puis 1953, mérite toute l’attention. Les regards que portent le chef d’école —
15des Annales — et le chef de file sont à la fois académiques, curieux, souvent opposés mais

11 HUGO, V.
12 HUGO, V.,
13 Description du Département du Bas-Rhin, Strasbourg, 1861-64. DEMANGEON, A., FEBVRE, L. Le Rhin,
problèmes d’histoire et d’économie, Paris, 1935. PONTEIL, F. Brève histoire de l’Alsace, Strasbourg, 1937.
14
15 On a souvent l’impression de règlement de compte entre l’historien et le géographe : la géographie use de
termes « anachroniques », FEBVRE, op. cit., p. 260 ; ses « classifications toujours entachées d’arbitraire — et de
simplisme », p. 259 ; « l’histoire économique du Rhin, qu’il [Demangeon] semblait d’ailleurs réduire à la
circulation », p. 255. « Le géographe observe », p. 59 ; « L’historien lit, écoute, courageusement, il cherche à
s’élever au-dessus de la masse contradictoire des faits et des interprétations », p. 61. L’opposition entre les deux
auteurs est fréquente : Demangeon à beaucoup d’estime pour la Prusse, ne croit pas dans le trait d’union
politique mais économique. 10
originaux. La partie historienne a été très bien analysée par Peter Schöttler en 1997 ; la partie
géographe attend.
Le parti de Lucien Febvre est de montrer que le Rhin n’est ni un fleuve français, ni allemand
mais un trait d’union européen : il s’oppose ainsi à l’opinion d’historiens-chercheurs
nationalistes revanchards côté allemand ou suffisants côté français. Style alerte, convainquant,
métaphorique, érudit, débordant : le futur membre du Collège de France règne sur l’histoire
urbaine rhénane et fait du fleuve le porteur de la Civilisation, de la démocratie des marchands,
des valeurs égalitaires chrétiennes, de la culture occidentale, de l’économie de marché ; un
Rhin humaniste, plein d’urbanité, très heureusement maîtrisé au fil du temps par l’Homme qui
n’est ni roi, ni général, ni évêque, mais commerçant. Face à lui, le monde sauvage, négatif,
primitif….
« Dans la plaine d’entre Vosges et Forêt-Noire, j’imagine — derrière ce rideau d’arbres, de
roseaux, de marais hantés par les castors et les oiseaux migrateurs et mille fois plus encore
qu’aujourd’hui cachant aux regards un fleuve moins profond, moins rapide, encombré de
sables mouvants et de troncs enlisés ; derrière cet épais fourré saturé de miasmes, infesté de
moustiques, qui isolait à peu près totalement le Rhin des terres habitables, des champs
cultivés, des fermes et des villages pour n’en laisser l’accès qu’à quelques petits groupes
amphibies de pêcheurs, de chasseurs ou d’orpailleurs lavant les sables de quartz — comme
elle était facile, dès lors que personne ne surveillait le cours des eaux ; comme elle pouvait
aisément passer inaperçue ; la concentration d’un peuple de guerriers en mal d’aventure,
guettant le moment propice pour passer l’obstacle, à gué ou à glace — et se ruer brusquement
16par delà sur les moissons tentatrices, sur les huttes bien garnies . » Monde de brutes, suggère
Lucien Febvre, écosystème dirions-nous :
« Le monde du fleuve, replié sur lui-même et qui n’épouse qu’à intervalles certains la vie des
contrées bordières ». Là, « il y a des zones d’isolement, de vie ralentie, protégées par la fange
qui fermente, la fièvre qui monte, l’insecte qui pullule. Il y a des bandes sylvestres répulsives,
ceinturées de loups pullulant aux lisières, abritant dans leurs réserves naturelles un reliquaire
vivant des temps quaternaires : élans pattus, aurochs hirsutes, bisons à crinière, ours brun du
17Nord — sans compter le menu peuple des lynx, des chats sauvages, et des gloutons… »
Continuons cette lecture, brève, selon l’ordonnancement du développement durable.



16 FEBVRE, op. cit., p. 77.
17, op. 80.

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